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Tous les livres de Roland Barthes

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Comme son nom l'indique, 'Carnets de voyage en Chine' est rédigé à partir des impressions de voyage notées par Roland Barthes sur trois carnets de poche. Hormis ses palais anciens, ses affiches, ses ballets d'enfants et son Premier Mai, la Chine n'est pas coloriée. La campagne est plate ; aucun objet historique ne la rompt (ni clochers, ni manoirs) ; au loin, deux buffles gris, un tracteur, des champs réguliers mais asymétriques, un groupe de travailleurs en bleu, c'est tout. Le reste, à l'infini, est beige (teinté de rose) ou vert tendre (le blé, le riz) ; parfois, mais toujours pâles, des nappes de colza jaune ou de cette fleur mauve qui sert, paraît-il, d'engrais. Nul dépaysement.

Dans la leçon inaugurale de cette chaire, on avait postulé la possibilité de lier la recherche à l'imaginaire du chercheur.

On a souhaité, cette année, explorer un imaginaire particulier : non pas toutes les formes de " vivre ensemble " (sociétés, phalanstères, familles, couples), mais principalement le " vivre ensemble " de groupes très restreints, dans lesquels la cohabitation n'exclut pas la liberté individuelle ; s'inspirant de certains modèles religieux, notamment athonites, on a appelé cet imaginaire fantasme d'idiorrythmie.

Beaucoup de matériaux qui ont servi au cours ont donc été empruntés au monachisme oriental, le corpus proprement dit restant cependant littéraire. Ce corpus a réuni (d'une façon évidemment arbitraire) quelques œuvres documentaires ou romanesques, dans lesquelles la vie quotidienne du sujet ou du groupe est liée à un espace typique : la chambre solitaire (A. Gide, La Séquestrée de Poitiers) ; le repaire (D.

Defoe, Robinson Crusoé) ; le désert (Pallade, Histoire lausiaque) ; le grand hôtel (Th. Mann, La Montagne magique) ; l'immeuble bourgeois (Zola, Pot-Bouille).

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6 lecteurs

" ...

Tant que la critique a eu pour fonction traditionnelle de juger, elle ne pouvait être que conformiste, c'est-à-dire conforme aux intérêts des juges. Cependant, la véritable " critique " des institutions et des langages ne consiste pas à les " juger ", mais à les distinguer, à les séparer, à les dédoubler. Pour être subversive, la critique n'a pas besoin de juger, il suffit de parler du langage, au lieu de s'en servir.

Ce que l'on reproche aujourd'hui à la nouvelle critique, ce n'est pas tant d'être " nouvelle ", c'est d'être pleinement une " critique ", c'est de redistribuer les rôles de l'auteur et du commentateur et d'attenter par là à l'ordre des langages. On s'en assurera en observant le droit qu'on lui oppose et dont on prétend s'autoriser pour l'" exécuter ". R.B. Ce livre, loin d'être seulement une mise au point dans une querelle périmée - réponse de l'auteur aux attaques faites contre son ouvrage Sur Racine -, veut éclairer le changement profond de notre culture par rapport à la question centrale de l'interprétation, et introduire à cette nouvelle histoire qui touche au passé comme à l'avenir : la science de la littérature, sa critique et sa lecture devenant ainsi trois aspects complémentaires d'un même acte de vérité.

Lorsque Yvon Lambert appelle Roland Barthes dans la seconde partie des années 1970 pour lui parler de Cy Twombly, l'accueil est réticent. L'auteur des Fragments d'un discours amoureux ne veut plus répondre à des commandes et ferme les portes. Mais le galeriste, encore situé rue de L'Échaudé, insiste. Et il fait bien.

Barthes, imprégné de culture gréco-latine, fasciné par l'acte d'écriture (au point de pratiquer lui-même des écritures imaginaires), semble trouver son artiste en la personne de Twombly. Il transforme notre regard et nourrit à jamais notre approche de l'artiste américain installé en Italie.

(Source : Seuil)

10 lecteurs

Roland Barthes a porté un intérêt passionné au théâtre, comme spectateur, témoin, critique, animateur de revue, et ceci, à une époque exceptionnelle où se dessinaient les grandes lignes qui constituent le paysage théâtral actuel.

Dominé par le modèle de la Grèce antique et l'éblouissement brechtien, l'ensemble de ces textes, qu'il s'agisse d'éditoriaux ou de critiques de spectacles à jamais invisibles, d'éléments d'histoire, de théorie ou de politique, touche à l'essence du théâtre, tel qu'il peut concerner chacun dans sa vie intime et son existence sociale.

1 lecteurs

Montrer le déboîtement, la duplicité du mythe par rapport au langage, en révéler les étapes de constitution, les mécanismes, les fonctionnements, en freiner, si possible, l'activité éhontée et superfétatoire, voilà le projet barthien tout tracé. Encore faut-il passer d'analyses plus ou moins impressionnistes à une formalisation plus poussée. À cet égard, « Le Mythe, aujourd'hui », synthèse et condensation théorique des tableautins narquois de Mythologies, pose les premiers jalons et commence à mettre les codes « ventre à l'air ». Mais Barthes, bien vite, va beaucoup plus loin et se propose, tout bonnement, de tenter de construire la sémiologie, « science qui étudierait la vie des signes au sein de la vie sociale » telle que, dès 1910, Saussure l'avait postulée dans son Cours de linguistique générale. C'est ce à quoi s'emploient Système de la mode et surtout Éléments de sémiologie. Barthes, d'emblée, y retourne l'hypothèse saussurienne. Saussure, en effet, pensait que la linguistique proprement dite serait appelée à se fondre dans une science générale des signes. Barthes démontre le contraire : la signification passant toujours par le langage, la sémiologie ne sera qu'une spécification et non une extension de la linguistique : « La sémiologie n'a eu jusqu'ici à traiter que de codes d'intérêt dérisoire, tel le code routier ; dès que l'on passe à des ensembles doués d'une véritable profondeur sociale, on rencontre de nouveau le langage » (la mode, en particulier, n'a de système qu'en tant qu'elle est écrite, c'est-à-dire représentée et appuyée de légendes). Manière de dire, Benveniste le montrera, que le langage, c'est le social même.

7 lecteurs

Ces Essais critiques sont un pan essentiel de la réflexion de Roland Barthes sur le théâtre et la littérature.

Des auteurs classiques, comme Voltaire ou Baudelaire, y rencontrent des modernes, comme Queneau ou Robbe-Grillet ; mais il ne s'agit ni d'un palmarès ni d'une galerie d'exemples : du combat brechtein à " l'activté structuralise ", en passant par la naissance du " nouveau roman ", se dessine ici le tracé d'une des expériences intellectuelles exemplaires de notre époque, qui est la découverte et l'exploration - à travers les domaines privilégiés de l'écriture littéraire et du langage théâtral - de cet inépuisable empire des signes, où la pensée moderne mesure son espace et son pouvoir.

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54 lecteurs

S'abîmer Absence Adorable Affirmation Altération Angoisse Annulation Ascèse Atopos Attente Cacher Casés Catastrophe Circoncire Cœur Comblement Compassion Comprendre Conduire Connivence Contacts Contingences Corps Déclaration Dédicace Démons Dépendance Dépense Déréalité Drame Ecorché Ecrire Errance Etreinte Exil Fâcheux Fading Fautes Fête Fou Gêne Gravida Habit Identification Image Inconnaissable Induction Informateur Insupportable Issues Jalousie Je-t-aime Langueur Lettre Loquèle Magie Monstrueux Mutismes nuages Nuit Objets Obscène Pleurer Potin Pourquoi Ravissement Regretté Rencontre Retentissement Réveil Scène Seul Signe Souvenir Suicide Tel Tendresse Union Vérité Vouloir-saisir

Composé principalement d'aphorismes marocains écrits en 1969 et de pages de journaux (les seules qu'il ait jamais rédigées) datant de l'automne 1979, Incidents nous montre, en effet, un Roland Barthes solitaire, en quête, entre maux de tête et aigreurs d'estomac, de touche-pipi exotiques et d'amours vénales... Bref, un Roland Barthes intime comme on ne l'avait jamais lu auparavant.

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L'endroit de la chambre où elle a été malade, où elle est morte et où j'habite maintenant, le mur contre lequel la tête de son lit s'appuyait j'y ai mis une icône - non par foi - et j'y mets toujours des fleurs sur une table.

J'en viens à ne plus vouloir voyager pour que je puisse être là, pour que les fleurs n'y soient jamais fanées. Du 26 octobre 1977, lendemain de la mort de sa mère, au 15 septembre 1979, Roland Barthes a tenu un journal de deuil, 330 fiches pour la plupart datées, et constituées en un ensemble publié ici pour la première fois.

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5 lecteurs

Roland Barthes a été aussi un chercheur au plein sens du terme, un de ceux qui, après Saussure et Greimas, ont fondé la sémiologie.

Ce sont les travaux où il pose les assises de cette discipline nouvelle qui sont ici réunis, et notamment Elements de sémiologie, l'Ancienne Rhétorique, Introduction à l'analyse structurale des récits. Autant de textes proprement fondateurs et auxquels toute recherche doit désormais s'adosser. On trouvera, à côté d'eux, une série de projets sur ce que pourrait être l'enquête sémiologique méthodique dans des domaines aussi divers que la réflexion sur l'objet, la publicité, l'ethnologie, l'urbanisme, la médecine.

Enfin, la mise en œuvre de l'analyse structurale sur deux fragments de la Bible et sur un conte de Poe. Il y eut, chez Roland Barthes, un bonheur de la science ; il y eut aussi l'anxiété de la dépasser, de ne pas laisser se refermer le sens. Et c'est ce double mouvement qu'on verra ici à l'œuvre.

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26 lecteurs

Pourquoi le Japon ? Parce que c'est le pays de l'écriture : de tous les pays que l'auteur a pu connaître, le Japon est celui où il a rencontré le travail du signe le plus proche de ses convictions et de ses fantasmes, ou, si l'on préfère, le plus éloigné des dégoûts, des irritations et des refus que suscite en lui la sémiocratie occidentale.

Le signe japonais est fort : admirablement réglé, agencé, affiché, jamais naturalisé ou rationalisé. Le signe japonais est vide : son signifié fuit, point de dieu, de vérité, de morale au fond de ces signifiants qui règnent sans contrepartie. Et surtout, la qualité supérieure de ce signe, la noblesse de son affirmation et la grâce érotique dont il se dessine sont apposées partout, sur les objets et sur les conduites les plus futiles, celles que nous renvoyons ordinairement dans l'insignifiance ou la vulgarité.

Le lieu du signe ne sera donc pas cherché ici du côté de ses domaines institutionnels : il ne sera question ni d'art, ni de folklore, ni même de " civilisation " (on n'opposera pas le Japon féodal au Japon technique). Il sera question de la ville, du magasin, du théâtre, de la politesse, des jardins, de la violence ; il sera question de quelques gestes, de quelques nourritures, de quelques poèmes ; il sera question des visages, des yeux et des pinceaux avec quoi tout cela s'écrit mais ne se peint pas.

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4 lecteurs

" Il me semble distinguer trois niveaux de sens.

Un niveau informatif, ce niveau est celui de la communication. Un niveau symbolique, et ce deuxième niveau, dans son ensemble, est celui de la signification. Est-ce tout ? Non. Je lis, je reçois, évident, erratique et têtu, un troisième sens, je ne sais quel est son signifié, du moins je n'arrive pas à le nommer, ce troisième niveau est celui de la signifiance. Le sens symbolique s'impose à moi par une double détermination : il est intentionnel (c'est ce qu'a voulu dire l'auteur) et il est prélevé dans une sorte de lexique général, commun, des symboles : c'est un sens qui va au devant de moi.

Je propose d'appeler ce signe complet le sens obvie. Quant à l'autre sens, le troisième, celui qui vient " en trop ", comme un supplément que mon intellection ne parvient pas bien à absorber, à la fois têtu et fuyant, lisse et échappé, je propose de l'appeler le sens obtus ". Ce volume d'essais critiques est consacré au seul domaine du visible (image, photo, peinture) et de la musique ; C'est un véritable corpus, une réflexion continue qui va du strict déchiffrement du sémioticien à un au-delà de la sémiotique.

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39 lecteurs

Dans cet essai, Roland Barthes s’interroge sur la photographie, non pas en tant que photographe, mais du point de vue du spectateur. Il tente ainsi de déterminer ce qu’est la photographie « en soi » et ce qui précisément le touche lorsqu’il regarde une photo. Il dégage ainsi deux phénomènes constants de ces observations : il appelle studium le sentiment qui s’empare de lui à la vue d’une photo (il s’agit de l’intérêt général qu’il éprouve pour une image, l’expression d’un goût déterminé par la culture et la sensibilité et dont le mouvement va de la photo vers le spectateur) ; il évoque ensuite le punctum qui « vient casser (ou scander) le studium » et qui, à l’inverse, part de la photo pour venir percer le spectateur (il s’agit d’un sentiment se rapportant à quelque chose de précis, souvent indéfinissable - presque d’ordre psychanalytique - qui diffère pour chaque spectateur en ce qu’il se rapporte à quelque chose d’enfoui), le punctum est ce qui confère à la photo toute sa valeur pour le spectateur, puisqu’il entraîne le sujet observant au-delà de la simple expérience passive de spectator.

2 lecteurs

Depuis l'année dernière, je m'interroge devant vous, avec vous, sur les conditions de préparation d'une Œuvre littéraire, appelée par commodité Roman.

J'ai d'abord examiné le rapport de l'Œuvre et de cet acte minimal d'écriture qu'est la Notation, principalement à travers une Forme exemplaire de Notation, le Haïku. Cette année, je veux suivre l'Œuvre de son Projet à son accomplissement : autrement dit, du Vouloir-Écrire au Pouvoir-Écrire, ou du Désir d'Écrire au Fait d'Écrire. Si vous le voulez bien, nous allons considérer le Cours qui commence comme un film ou comme un livre, bref comme une histoire.

R.B.

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La Tour Eiffel est un livre double qui réunit le texte passionnant de Roland Barthes et les très belles photographies d'André Martin.

Symbole de Paris pour le monde entier, ce monument que l'on voit de partout, nous propose lui-même en retour un regard panoramique pour contempler la ville et en faire la conquête. Édifice longtemps décrié, pleinement et ouvertement inutile, il est d'abord un objet d'une grande prouesse technique, un signe d'audace et de modernité qui est devenu au fil du temps une oeuvre artistique, une dentelle de fer, signe de légèreté et, par sa verticalité, de l'impossible tentative de l'homme pour atteindre le ciel.

Le texte éclairant de Roland Barthes contient aussi des références aux réactions de l'époque de la construction de la Tour Eiffel, comme celle de Maupassant qui avait signé une pétition contre son édification et allait y manger ensuite parce qu'elle était le seul endroit de Paris d'où on ne la voit pas.

Il est par ailleurs suivi d'une chronologie relatant les différentes étapes de sa construction, d'une fiche technique très détaillée, le tout étant illustré de photographies d'époque.

4 lecteurs

e bruissement de la langue Essais critiques IV " C'est le frisson du sens que j'interroge en écoutant le bruissement du langage qui est ma Nature à moi, homme moderne ". Dans la lignée des autres Essais critiques, ce dernier recueil rassemble les écrits de Roland Barthes, entre 1964 et 1980, sur la littérature, la langue et le signe.

Considérés dans leur ensemble, ils forment un monument impressionnant à la fois sur le mouvement de la pensée autour des années soixante-dix et sur le développement d'un écrivain qui s'approchait toujours davantage de lui-même, qui faisait toujours coller davantage l'écriture à la subjectivité et même au corps.

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44 lecteurs

Le degré zéro de l'écriture. Dans toute l'œuvre littéraire s'affirme une réalité formelle indépendante de la langue et du style : l'écriture considérée comme le rapport qu'entretient l'écrivain avec la société, le langage littéraire transformé par sa destination sociale.

Cette troisième dimension de la Forme a une histoire qui suit pas à pas le déchirement de la conscience bourgeoise : de l'écriture transparente des Classiques à celle, de plus en plus trouble, du XIXe siècle, puis à l'écriture neutre d'aujourd'hui. cette relation entre Littérature et Histoire (entre l'écrivain et la société) est illustrée par huit " Nouveaux essais critiques " (ici réunis pour la première fois) sur divers auteurs, de la Rochefoucauld et Chateaubriand à Flaubert, Proust, Verne, Loti... " L'écriture littéraire porte à la fois l'aliénation de l'Histoire et le rêve de l'Histoire : comme Nécessité, elle atteste le déchirement des langages, inséparable du déchirement des classes ; comme Liberté, elle est la conscience de ce déchirement et l'effort même qui veut le dépasser.

" Roland Barthes.

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"Du milieu de la tempête qui me déracine, me dépossède de mon identité, je veux parfois revenir à l'origine - à mon origine.

Une pente invincible me fait glisser, descendre (je coule) vers mon enfance. Mais la force qui produit ce souvenir est ambiguë: d'une part, je cherche à m'apaiser par la représentation d'un temps adamique, antérieur à tout souci d'amour, à toute inquiétude génitale, et cependant empli de sensualité, par le souvenir, je joue ce temps contre le temps du Souci amoureux; mais aussi, je sais bien que l'enfance et l'amour sont de même étoffe: l'amour comblé n'est jamais que le paradis dont l'enfance m'a donné l'idée fixe."

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" ...

ce qui perd dans la transcription, c'est tout simplement le corps - du moins ce corps extérieur (contingent) qui, en situation de dialogue, lance vers un autre corps, tout aussi fragile (ou affolé) que lui, des messages intellectuellement vides, dont la seule fonction est en quelque sorte de le maintenir dans son état de partenaire. Transcrite, la parole change évidemment de destinataire, et par là même de sujet sans Autre.

Le corps, quoique toujours présent (pas de langage sans corps), cesse de coïncider avec la personne, ou, pour mieux dire encore : la personnalité. L'imaginaire du parleur change d'espace : il ne s'agit plus de demande, d'appel, il ne s'agit plus d'un jeu de contacts ; il s'agit d'installer, de représenter un discontinu articulé, c'est-à-dire, en fait, une argumentation. " R.B.

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L'argument du cours a été le suivant : on a défini comme relevant du Neutre toute inflexion qui esquive ou déjoue la structure paradigmatique, oppositionnelle, du sens, et vise par conséquent à la suspension des données conflictuelles du discours.

Le relevé de ces inflexions s'est fait à travers un corpus qui ne pouvait être exhaustif ; cependant, les textes des philosophies orientales et mystiques se sont trouvés naturellement privilégiés. [...] À travers des touches successives, des références diverses (du Tao à Boehme et à Blanchot) et des digressions libres, on a essayé de faire entendre que le Neutre ne correspondait pas forcément à l'image plate, foncièrement dépréciée qu'en a la Doxa, mais pouvait constituer une valeur forte, active.

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28 lecteurs

Que jouissons-nous du texte ? Cette question, il faut la poser, ne serait-ce que pour une raison tactique : il faut affirmer le plaisir du texte contre les indifférences de la science et le puritanisme de l'analyse idéologique ; il faut affirmer la jouissance du texte contre l'aplatissement de la littérature à son simple agrément. Comment poser cette question ? Il se trouve que le propre de la jouissance, c'est de ne pouvoir être dite.

Il a donc fallu s'en remettre à une succession inordonnée de fragments : facettes, touches, bulles, phylactères d'un dessin invisible : simple mise en scène de la question, rejeton hors-science de l'analyse textuelle.

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Le texte de la leçon inaugurale prononcée le 7 janvier 1977 au Collège de France.

Du pouvoir inscrit dans la langue comme code, à ce qui dans la langue même l'esquive : la littérature. Et du signe comme objet de science autorisée, au texte comme plaisir d'être par le signe imaginairement capturé.

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Pour les écrivains du XVIIIe et du XIXe siècle, comme pour leurs lecteurs, le réalisme en littérature est un idéal : celui de la représentation fidèle du réel, celui du discours véridique qui n'est pas un discours comme les autres. Pour les théoriciens de la littérature de la seconde moitié du XXe siècle, le réalisme est un style littéraire ni plus ni moins valorisé qu'un autre, mais dont une des caractéristiques est un peu particulière : en lisant les œuvres réalistes, le lecteur doit avoir l'impression qu'il a affaire à un discours sans autre règle que celle de nous mettre en contact immédiat avec le monde tel qu'il est. Les études réunies ici nous font mesurer l'abîme qui sépare ces deux positions et permettent d'entrevoir les raisons de son existence.

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■ PAU LE PETITIER, université de tours

Le Michelet de Roland Barthes

UNE ŒUVRE À DEUX TÊTES

Dans l'œuvre pourtant polymorphe de Roland Barthes, le Michelet par lui-même des éditions du Seuil tient une place particulière. Bien que Le Degré zéro de l'écriture soit paru l'année précédente, en 1953, le Michelet, du point de vue de sa genèse, peut être considéré comme la première œuvre du critique. En effet, Barthes s'est intéressé à l'historien dès 1942 et a commencé à relever des citations sur fiches en 1945 (il en avait déjà réuni près de mille à la fin de cette année-là). Pendant les années suivantes, ses fiches l'ont accompagné à l'étranger, en Roumanie et en Egypte. Michelet est, de son aveu, le seul auteur qu'il ait lu entièrement. Il songeait à lui consacrer une thèse, sous la direction de René Pintard, en 1946 (1). De 1942 à 1954, Barthes a donc baigné dans Michelet, et la très longue maturation de ce livre contribue à lui donner une place à part. J.-P. Richard a remarqué la particularité de ce «discours critique [se donnant] constamment comme homologue, presque comme homogène à son objet » (2).

Contrairement à la série des ouvrages qui se rattacheront explicitement à une théorie externe (structuralisme, sémiologie, textualité...), le Michelet semble bénéficier d'une sorte de privilège d' extraterritorialité, manifesté par son absence du tableau récapitulatif des œuvres et de leur intertexte (Sartre, Marx, Brecht, Saussure...) proposé dans le Roland Barthes par Roland Barthes (3). De cette indépendance, le Michelet garde une valeur particulière, soulignée par son auteur, qui avoue à plusieurs reprises sa préférence pour ce livre.

Ainsi, je n'ai pas de liens très étroits, personnels, corporels, avec un livre bien connu comme Le Degré zéro de l'écriture, ou même les Mythologies. Alors que j'ai un lien profond avec un livre dont on a moins parlé, le Michelet par lui-même. (4)

On avancera ici l'hypothèse que l'intertexte sollicité pour l'analyse de Michelet est Roland Barthes lui-même, et que, fidèle à la lettre au

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72 lecteurs

Parues en 1957, les Mythologies de Roland Barthes constituent un cas à part dans l'édition : depuis plus de cinquante ans, elles ont eu des centaines de milliers de lecteurs ; attachées à saisir une époque, elles n'ont pourtant pas pris une ride. Bref, les Mythologies sont désormais inscrites dans notre patrimoine littéraire.

Pourquoi illustrer les Mythologies ? Avant tout parce que leur objet est très souvent visuel. On sait l'intérêt que Barthes portait à la photographie. Son regard sur la presse (Paris-Match, Elle), la publicité, etc. est tout aussi omniprésent dans le livre. Ce volume entend donc donner à voir l'univers visuel de Barthes, le texte caché en quelque sorte.

5 lecteurs

Le degré zéro de l'écriture. Dans toute l'œuvre littéraire s'affirme une réalité formelle indépendante de la langue et du style : l'écriture considérée comme le rapport qu'entretient l'écrivain avec la société, le langage littéraire transformé par sa destination sociale. Cette troisième dimension de la Forme a une histoire qui suit pas à pas le déchirement de la conscience bourgeoise : de l'écriture transparente des Classiques à celle, de plus en plus trouble, du XIXe siècle, puis à l'écriture neutre d'aujourd'hui. cette relation entre Littérature et Histoire (entre l'écrivain et la société) est illustrée par huit " Nouveaux essais critiques " (ici réunis pour la première fois) sur divers auteurs, de la Rochefoucauld et Chateaubriand à Flaubert, Proust, Verne, Loti... " L'écriture littéraire porte à la fois l'aliénation de l'Histoire et le rêve de l'Histoire : comme Nécessité, elle atteste le déchirement des langages, inséparable du déchirement des classes ; comme Liberté, elle est la conscience de ce déchirement et l'effort même qui veut le dépasser. " Roland Barthes.

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" Dans ces écritures neutres, appelées ici " le degré zéro de l'écriture ", on peut facilement discerner le mouvement même d'une négation, et l'impuissance à l'accomplir dans une durée, comme si la Littérature, tendant depuis un siècle à transmuer sa surface dans une farine sans hérédité, ne trouvait plus de pureté que dans l'absence de tout signe, proposant enfin l'accomplissement de ce rêve orphéen : un écrivain sans Littérature " R.B.

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" Il est cependant un point où la Femme de Mode diffère d'une façon décisive des modèles de culture de masse : elle ne connaît pas le mal, à aucun degré que ce soit.

Pour n'avoir pas à traiter de ses fautes, et de ses drames, la Mode ne parle jamais d'amour, elle ne connaît ni l'adultère, ni la liaison, ni le flirt : en Mode, on ne voyage qu'avec son mari. " R. B.

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" Si j'étais écrivain, et mort, comme j'aimerais que ma vie se réduisît, par les soins d'un biographe amical et désintéressé, à quelques détails, à quelques goûts, à quelques inflexions, disons des " biographèmes ", dont la distinction et la mobilité pourraient voyager hors de tout destin et venir toucher, à la façon des atomes épicuriens, quelque corps futur, promis à la même dispersion.

" R. B.

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" Le plaisir du texte, c'est ce montent où mon corps va suivre ses propres idées - car mon corps n'a pas les mêmes idées que moi.

" R. B.

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" Savoir qu'on n'écrit pas pour l'autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimer de qui j'aime, savoir que l'écriture ne compense rien, ne sublime rien, qu'elle est précisément là où tu n'es pas - c'est le commencement de l'écriture.

" R. B.

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Sous ses formes presque infinies, le récit est présent dans tous les temps, dans tous les lieux, dans toutes les sociétés ; le récit commence avec l’histoire même de l’humanité ; il n’y a pas, il n’y a jamais eu nulle part aucun peuple sans récit ; toutes les classes, tous les groupes humains ont leurs récits, et bien souvent ces récits sont goûtés en commun par des hommes de culture différente, voire opposée. Le récit se moque de la bonne et de la mauvaise littérature : international, transhistorique, transculturel, le récit est là, comme la vie.

Les spécialistes de plusieurs pays (France, États-Unis, Allemagne) se trouvent réunis ici autour d’une problématique commune : récit, narrateur, narration, personnage.

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14 lecteurs

" Il supporte mal toute image de lui-même, souffre d'être nommé. Il considère que la perfection d'un rapport humain tient à cette vacance de l'image: abolir en soi, de l'un à l'autre, les adjectifs ; un rapport qui s'adjective est du côté de l'image, du côté de la domination, de la mort. "

S/Z
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Sous ce titre, ou ce monogramme, transparaît une nouvelle particulièrement énigmatique de Balzac, dont Georges Bataille, déjà avait signalé

l'importance Sarrasine. Texte qui se trouve ici découpé en " lexies ", stratifié comme une partition inscrite sur plusieurs registres, radiographié,

" écouté " au sens freudien de ce mot.

Méthode de lecture qui amène à " la pluralisation de la critique, à l'analyse structurale du récit, à la science du texte, à la fissuration du savoir dissertatif, l'ensemble de ces activités prenant place dans l'édification (collective) d'une théorie libératoire du Signifiant ".

" J'ai pilé, pressé ensemble des idées venues de ma culture, c'est-à-dire du discours des autres, j'ai commenté, non pour rendre intelligible, mais pour savoir ce qu'est intelligible : et en tout cela, j'ai continûment pris appui sur ce qui s'énonçait autour de moi ".

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Sade, Fourier et Ignace de Loyola ont été des classificateurs, des fondateurs de langues : langue du plaisir érotique, langue du bonheur social, langue de l'interpellation divine, chacun a mis dans la construction de cette langue seconde toute l'énergie d'une passion. Cependant, inventer des signes (et non plus, comme nous le faisons tous, les consommer), c'est entrer paradoxalement dans cet après-coup du sens, qu'est le signifiant ; en un mot, c'est pratiquer une écriture. L'objet de ce livre n'est pas de revenir sur les propositions de contenu dont on crédite ordinairement nos trois auteurs, à savoir une philosophie du Mal, un Socialisme utopique, une mystique de l'obéissance, mais de tenir Sade, Fourier et Loyola pour des formulateurs, des inventeurs d'écriture, des opérateurs de texte. Je crois ainsi poursuivre un projet ancien, dont l'intention théorique pourra se lire à travers ces études concrètes et spéciales : jusqu'où peut-on aller d'un texte en ne parlant que de son écriture ?

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Philippe Sollers incarnait, aux yeux de Barthes, la figure même de l'écrivain contemporain, celui qui interroge son art et le renouvelle sans cesse. Par son attention portée à l'oeuvre et à l'écrivain, Barthes éclaire les enjeux d'une littérature en train de se faire, de s'inventer. Il le fait avec amitié et complicité, en s'engageant résolument derrière Sollers. "Les vicissitudes de l'imagerie sociale font qu'on oublie parfois, me semble-t-il, que Philippe Sollers est un écrivain. C'est pour le rappeler que je réunis ici les textes critiques dont j'ai accompagné son oeuvre, au fur et à mesure qu'elle se faisait ; c'est aussi pour suggérer que les habitudes qui règlent l'engagement littéraire sont peut-être en train de changer : abandonné des anciennes classes et inconnu des nouvelles, l'écrivain, au sens magnifique du terme, est de plus en plus seul ; la portée de son travail doit être évaluée selon des règles nouvelles. Ce sont les difficultés, les risques, mais aussi la nécessité de ce changement, dont l'écrivain Sollers porte témoignage, et c'est ce témoignage dont j'ai voulu rappeler la nécessité.", Roland Barthes. Les six textes de Barthes consacrés à Sollers écrivain ont paru entre 1965 et 1979.

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19 lecteurs

Parler de Racine, ce n'est nullement proposer une vérité définitive de Racine, c'est participer à notre propre histoire en essayant su Racine notre langage : celui qui est utilisé ici doit à la psychanalyse et au structuralisme, sans cependant prétendre les accomplir l'une et l'autre. Voici donc réunis des textes qui constituent finalement une réflexion sur la critique littéraire, soit d'une façon directe lorsque l'auteur demande à la critique universitaire d'assumer la psychologie sur laquelle elle se fonde, soit indirectement, lorsqu'il confronte Racine avec l'un des langages possibles de notre temps.

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Imprévue et cependant régulière, toujours nouvelle et toujours intelligible, la Mode n'a cessé d'intéresser les psychologues, les esthéticiens, les sociologues. C'est pourtant d'un point de vue nouveau que Roland Barthes l'interroge : la saisissant à travers les descriptions de la presse, il dévoile en elle un système de significations et la soumet pour la première fois à une véritable analyse sémantique : comment les hommes font-ils du sens avec leur vêtement et leur parole ?

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Voici enfin recomposé, et présenté pour la première fois, un ambitieux projet de Roland Barthes : celui de suivre, dans l'histoire de l'humanité, le processus de lent dépôt de la trace de l'écriture, signe monumental, matière gravée ou peinte, allant jusqu'à la composition du texte, des textes, jusqu'à l'émergence de la lecture, du lecteur, de la jouissance de lire.

Conçus entre 1971 et 1973, subdivisés en rubriques et paragraphes suivant un schéma homogène, Le Plaisir du texte et Variations sur l'écriture eurent des destins différents : alors que le premier connut immédiatement un grand succès, le second, destiné à une collection italienne, ne fut jamais publié qu'à titre posthume dans les Œuvres complètes de Barthes. Relire aujourd'hui ces deux textes dans la reconstruction historique proposée ici, ainsi qu'ils avaient été conçus, cela signifie retrouver les raisons d'une " pratique infinie " : celle de la mémoire et de la fidélité de l'écriture.

c'est peut-être là, avant l'essaimage éphémère des signes sur les écrans d'ordinateur, le dernier hymne au texte comme " marque indélébile " d'une civilisation, hymne à la fidélité du scribe et à la liberté du lecteur. "

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