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Au détour d’un rayon, je rentre en collision avec un caddie. Bah tiens ! Encore un homme qui ne sait pas piloter ça ! Il ne peut pas faire attention ? Ah je vous jure, ces bonshommes ! Puis, je relève la tête. Ce n’est pas un homme. Camille, t’as été mauvaise langue ! C’est une femme ! Oups, au temps pour moi ! Comme quoi…

— Oh ! Pardonnez-moi Mademoiselle, je suis vraiment désolée ! J’étais en train de vérifier ma liste, et je ne vous ai pas vue, me dit-elle avec un accent… pas français du tout.

— Ce n’est pas grave, la rassuré-je avec un petit sourire.

Sourire qui s’efface bien vite… Je m’apprête à contourner pour reprendre mes courses quand je me fige.

— Chérie, j’ai trouvé ce que…

Et il n’y a pas que le sourire qui me quitte. Ma contenance. Mon sang. En fait, tout me quitte. Benjamin… Je ferme les yeux, peut-être qu’il aura disparu quand je les rouvrirai. Non…

— Je…

— Camille ?

Il semble surpris de me trouver là.

— Il faut que j’y aille.

Ma voix tremble, et je ne veux pas qu’il le voie. Je ne lui ferai pas ce plaisir ! Sans ajouter autre mot, je fais vite demi-tour, en oubliant le restant de ma liste.

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Elle, elle suffirait amplement à mon équilibre amical et à ma vie ! Sauf que ce n’est absolument pas possible. Je dois voir autre chose. Elle me manquera, c’est une certitude… Et je sais d’avance que les premières semaines seront difficiles pour moi, comme pour elle.

On a vécu et traversé tellement de choses… Des bons et des mauvais moments ! La fois où elle était en colère et qu’elle a débarqué dans les vestiaires après l’entraînement, se fichant bien de savoir si on était sous la douche ou non… Tout ça parce que je lui avais ruiné un coup sans le vouloir ! Bah quoi ? Il était lourdingue, ce gars ! Et en plus, il avait sale réputation ! Eh bien, elle a déboulé dans les vestiaires, je venais juste de sortir de la douche, une serviette autour des hanches. Certains étaient carrément à poil ! Mais cela ne l’a pas dérangée le moins du monde ! Elle m’a engueulé… Vraiment !

***

— T’es qu’un con ! Je te déteste, Ben Delors ! lâche-t-elle en me poussant de son index sur mon torse.

— Moi aussi, je t’aime, Cam !

Elle m’a foudroyé de ses yeux noirs… Elle s’est mise sur la pointe des pieds, pensant m’impressionner, a inspiré longuement tout en contractant les mâchoires.

— Tu fais chier ! Tu peux t’asseoir sur ta tarte de ce soir !

Puis, elle a tourné les talons en grognant, avant de faire claquer la porte derrière elle. On avait ce rituel. Quand on gagnait, j’avais une tarte aux pommes, qu’elle seule parvenait à faire à la perfection ! S’en est suivi un long silence dans le vestiaire. Tout le monde s’était arrêté pour assister à la scène. Et quand elle est repartie, mon coach et mes potes étaient bouche bée par son aplomb ! Parce que quand elle est en colère, ma Cam, ses yeux… Ce sont des mitraillettes, et tout le monde la ferme et écoute ! Même moi ! Enfin, c’est ce qu’elle croit, parce que je laisse passer l’orage. Mais ça me passe au-dessus !

— Putain, ta nana, Ben, elle te tient par les couilles ! a lâché Olivier, notre meneur.

Je lui ai foutu mon poing dans l’épaule.

— C’est pas ma nana ! ai-je rétorqué.

Et voyant qu’il voulait ajouter autre chose, je l’ai coupé.

— Et n’y pense même pas ! Tu la touches pas, tu la dragues pas, et tu l’emballes pas !

Elle les avait bien scotchés, ce jour-là !

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— Toc toc !

— Entrez ! me répond-elle de sa voix fluette.

— Est-ce que vous accepteriez de recevoir un charmant jeune homme ?

— Oh Benjamin ! Quelle bonne surprise ! Je me demandais quand tu passerais me voir, me répond-elle

Visiblement, elle savait que j’étais de retour. Camille lui en aurait-elle parlé ? Elle tend ses bras, et j’accours à ses côtés. Je la serre contre moi, ou elle me serre contre elle, je ne sais pas trop. Mais c’est tellement réconfortant et doux de la voir et de la prendre dans mes bras… Elle est la mamie que tout le monde aimerait avoir. Pas très grande, d’une honnêteté à toute épreuve, sage, droite, douce et toujours coquette. Même à presque 80 ans !

— Vous m’avez manqué, Mamie Lucette ! Vous êtes superbe !

— Oh petit flatteur !

Je souris. N’y voyez rien de tordu dans ces remarques. Je n’essaie pas de l’acheter par des compliments !

— C’est vrai ! Vous êtes toute pimpante, ajouté-je avec un clin d’œil.

Elle pince ma joue et m’invite à m’asseoir dans le fauteuil à côté d’elle.

— Comment tu vas, Benjamin ?

— Ça va bien ! Mais et vous ? Que s’est-il passé ? Vous ne faites pas trop de misères au personnel, j’espère !

Elle éclate de rire avant de poser sa petite main fripée sur la mienne, immense.

— Ah Benjamin ! Je ne leur fais pas de misères… Mais je fais bien comme je l’entends ! Il manquerait plus qu’on m’interdise de faire à ma guise ! À mon âge ! On ne va pas me brimer maintenant ! Non mais !

Elle détourne la tête et ses yeux se posent sur la boîte de la pâtisserie que j’ai prise en chemin. Je l’ai posée sur la petite tablette à côté d’elle. Je l’observe, elle fronce les sourcils avant de me demander.

— Mais qu’as-tu amené ?

— Ouvrez !

Je lui tends la boîte et un sourire vient éclairer encore plus son visage. On dirait que j’ai tapé dans le mille !

— Oh, un chou à la crème qui dégouline de crème ! Et qui vient de ma boulangerie préférée ! Tu es un ange, mon petit ! Mais ne le dis pas aux infirmières, elles me gronderaient !

Je lui fais un bisou sur la joue et je l’installe afin qu’elle puisse déguster sa pâtisserie adorée… qu’elle engloutit !

— Eh bien, on ne vous nourrit pas ici ?

— Oh si ! Ma petite Camille a trouvé une excellente structure. Ici, j’ai mon indépendance, mais nous avons aussi des parties communes où, chacun notre tour et en fonction de nos validités, nous faisons à manger, ou aidons ceux qui ne peuvent pas. Une sorte de grande collocation entre papys et mamies ! Mais il y a quand même du personnel soignant au cas où, et deux gardiens de nuit. Mais c’est sympa, comme une colonie de vacances ! Si tu savais ! On voit de ces choses ! M. Dupont fricote avec Mme Sagnol et essaie aussi de tripoter cette vieille rombière de Mlle Abbruzo ! C’est un vieil obsédé !

Je ne peux m’empêcher de me marrer ! J’imagine déjà la scène ! Hilarant ! Au moins, elle est bien traitée et elle n’a pas l’air grabataire ! Et ça me rassure.

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— Dis, Maman, tu pourrais me donner l’adresse de la maison de retraite où est Mamie Lucette ?

— Bien sûr, mon chéri. Tu vas y aller pendant que Maddie passe son entretien ?

— Oui. Elle m’a manqué, et j’avoue que j’avais été surpris quand Cam m’a annoncé son placement…

— Et tu lui avais demandé les raisons ?

— Non… Maman, c’était au début où… tu sais. Je ne voulais pas lui imposer ça…

— Je sais, mon grand, mais elle aurait pu tout supporter. D’abord parce qu’elle est solide malgré ce que tu crois, et surtout parce qu’elle tient à toi. Ensemble, vous avez toujours laissé paraître que rien ne pouvait vous atteindre. Vous étiez deux moitiés qui s’assemblaient, comme si l’une était dépendante de l’autre…

— Tenait... Elle tenait à moi. Tu aurais vu son regard... Triste, surpris, mais j’ai perçu une lueur de colère. Je comprends, mais je ne suis pas sûr qu’elle veuille m’écouter. Il faut que je lui parle et je le ferai. Mais je ne sais pas quand.

— Je sais que ce n’est pas évident et que ça va être compliqué. Surtout que Camille… Elle a la tête dure ! Mais prenez votre temps, sois patient, ça ira.

— Merci Maman, lui dis-je en la prenant dans mes bras.

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