Livres
466 763
Membres
431 171

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

Extrait ajouté par paultuc 2018-06-20T12:50:18+02:00

- Prie pour moi, Madre. Je ne suis pas aussi innocente que tu le crois, mais prie quand même pour moi.

Bakhita ferme les yeux, c'est un oui, très doux, très vrai, Elvira s'éloigne, ne lui laisse que la foule et la fumée, la panique habituelle des voyageurs qui se mêle déjà aux regrets et aux remords, aux baisers qu'on envoie et aux larmes qu'on porte jusque chez soi, avec tellement de courage qu'on se demande pourquoi la vie est cette montagne de renoncements et de chagrins.

Afficher en entier
Extrait ajouté par paultuc 2018-06-20T12:45:25+02:00

Au début elles n'osent pas se regarder, et à peine se parler. Un soir, la gêne les fait rire, alors elles gardent se rire et les soirs suivants elles rient à l'avance de ce qu'elles doivent faire ensemble, dans la terre, et même si leurs rire sont plus forcés que sincères, ils donnent à la honte un peu de dignité. Bakhita apprend cela, qu'elle gardera toute sa vie comme une dernière élégance : l'humour, une façon de signifier sa présence, et sa tendresse aussi.

Afficher en entier
Extrait ajouté par fanfan50 2018-05-12T18:35:14+02:00

Sur le seuil de la porte une vieille femme mange. Avec un rythme lent elle racle sa gamelle. Elle lève le visage, et hurle. La gamelle tombe à terre, elle part en courant en faisant des signes affolés et rapides sur son front, sa poitrine, elle crie des choses incompréhensibles, mais terribles sûrement. Du jardin et de la maison surgissent des femmes, quelques hommes, qui s’avancent prudemment pour prendre les bagages du maître et regardent Bakhita avec une terreur muette. Une femme crache, une autre brandit les doigts croisés devant elle, bras tendus vers Bakhita, elle murmure une prière inaudible. Bakhita ne connaît pas cette cérémonie. Il est vrai que le maître rentre chez lui après un si long voyage. Alors elle sourit, si elle pouvait participer elle le ferait, mais elle ne connaît pas ce rite. Maria Michieli frappe dans ses mains et crie trois fois. Mais tous rentent là. Immobiles et craintifs, ils attendent quelque chose. En vitesse, Augusto fait entrer Bakhita dans la maison, dans laquelle les domestiques n’osent plus venir, et leurs visages blêmes s’écrasent contre les vitres.

- Ils ont plus peur que toi, va !

- Si Padrone…

- Ils vont s’habituer, et ils finiront bien par comprendre que tu n’es pas le diable.

- Elle connaît le diable, il est craint par tous les musulmans.

- Le diable, Padrone ?

- Eh bien oui ! Le diable noir ! Et appelle-moi paron. Fais un effort, apprends leur dialecte.

Il y a sur les vitres les traces de doigts et de respiration des domestiques apeurés. Elle regarde ces traces et elle se dit qu’elle va nettoyer la vitre. Elle est venue pour ça. C’est pour ça qu’on l’a offerte à la padrona… la parona… Pour que tout soit propre. Et elle se demande ce qui est pire. Etre Djamila ou Sheitan.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Pschitt 2018-03-12T20:34:45+01:00

A force de dévider le fil des souvenirs, les images affluent, brutales et vraies. Parfois, le souffle lui manque et l'angoisse monte en elle comme une chaleur, ça l'enveloppe, la tient serrée, elle doit se relever dans la nuit pour ne pas succomber à la panique. Est-ce que ces souvenirs sont réels ?

Afficher en entier
Extrait ajouté par 0Aelita6 2017-11-02T14:30:46+01:00

(p100 et autres)

Je ne te lâche pas la main

(p287)

-Il était là pour ne jamais te laisser seule.

Afficher en entier
Extrait ajouté par chacha77 2017-09-22T20:56:19+02:00

Ce qui se passe après, le saccage, être battue dehors et dedans, c'est le gouffre sans fin, sans secours, c'est l'âme et le corps tenus et écrasés ensemble. Le crime dont on ne meurt pas.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Sara-Rose 2017-09-02T14:08:34+02:00

Sa mère avait tant d'enfants. C'est comme ça que toujours elle s'est souvenue d'elle, avec des enfants tenant ses mains, ses jambes, gonflant son ventre, suçant ses seins, endormis dans on dos. Un arbre et ses branches. C'est sa mère.

Afficher en entier

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode