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- Mon chou, ronronnai-je à Rory en vidant mon verre. Je dois aller voir un homme, à propos d'un chien.

Ce que je venais de dire n'avait aucun sens. Mince, j'oubliais toujours que le champagne n'avait pas le même effet que le vin sur moi. Je ferais mieux de me contenter d'encore un seul verre. Au moins je ne sentais plus ma hanche.

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- Nous avons des images de vous en train d'enrouler Deana dans une couette du cinquante-neuvième étage en lui chantant une berceuse. Quand je vous ai donné le pass-partout, vous m'aviez assuré que c'était pour choisir une chambre avec un meilleur feng shui.

Sérieusement ?

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Je hoquetai les paroles de "Frères Jacques" au bord des larmes, en installant la nouvelle couverture dans la dernière chambre.

En attendant les fournitures pour mes décorations faites main, j'avais décidé que tous les Débiteurs avaient besoin d'une nouvelle couette. J'avais donc appelé Angelica, lui avait arraché le passe-partout des mains avant de piller aléatoirement les chambres de la tour pour prendre des couvertures. Certaines de ces chambres semblaient habitées, mais ça n'avait aucune importance. Eux ils avaient de l'argent, contrairement aux Débiteurs.

Je hoquetai le reste de la berceuse et bordai Fernando, que j'avais trouvé en train de faire une sieste. Il avait désormais les yeux écarquillés et regardait par-dessus mon épaule.

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Chapitre Un

Je décollai ma joue du sol trempé de l’allée en grognant. Être SDF, c’était surfait. Cela dit, la plupart des gens à la rue n’avaient sûrement pas le choix. Un peu comme moi.

Enfin, pas tout à fait.

Il me restait encore une option, mais je n’avais pas voulu enclencher le plan B sans avoir d’abord donné sa chance à la vie de bohème. Après tout, ça aurait très bien pu être le secret pour mener la belle vie.

Mais ça n’était pas le cas.

Pas du tout.

Une douleur me vrilla le crâne, à cause de la lumière clignotante du lampadaire au bout de l’allée. Ce qui expliquait l’absence d’autres SDF dans cette ruelle humide et isolée, coincée entre deux blocs de béton.

La tête entre les mains, je m’assis et un morceau gluant d’ordure se décrocha de ma joue pour atterrir sur ma cuisse, où je l’ignorai pour essayer d’entretenir l’illusion que ça avait un jour été un journal. Je m’étais d’abord assise contre le mur, sursautant à chaque écho de bagarre lointaine, mais j’avais dû finir par m’écrouler dans les bras de Morphée… et les sacs poubelles à côté de moi. Dire que ma vie avait pris une tournure inattendue serait un euphémisme.

J’étais passée d’héritière de la plus grande fortune de Bluff City – et de la septième plus grande du monde – à SDF. En une nuit.

Par choix.

Les mains sur les jambes, je me redressai. J’étais une héritière auto-exilée. J’avais des raisons pour me retrouver ici, dans cette situation, des raisons qui ne seraient pas ébranlées par une simple nuit passée sur le sol dur et froid, ni par un déchet gluant.

Je me penchai pour attraper mon sac à dos en cuir et tartan Élégance, enfilai les lanières sur mes épaules et me levai.

— Il est temps de se reprendre, Basi, affirmai-je en m’époussetant.

À peine en marche, je me rendis compte qu’il y avait un gros problème dans mon plan.

Merde.

Où habitait Tommy ? C’était elle mon plan B.

Une boule se forma dans mon estomac alors que je lançais des regards d’un côté et de l’autre de la rue commerçante déserte. J’avais horreur de me prendre mon ignorance de snob dans la face, elle ne faisait que me rappeler que je n’étais pas comme les autres, et donc généralement seule. Comment les personnes normales se déplaçaient-elles donc ? Enfin, je savais qu’elles prenaient des bus, des trains et des voitures, mais je n’avais aucune idée de comment tout cela fonctionnait.

Mon cœur s’emballa et j’essayai tant bien que mal de calmer la crise de panique que je sentais monter.

Réfléchis, Basi, espèce de petite bourge !

J’étais venue me réfugier ici car l’endroit m’était vaguement familier. Cette rue avait beau s’appeler Baroness Street, il n’y avait que peu de boutiques de luxe, dans lesquelles je m’étais parfois rendue. On y trouvait beaucoup plus de bâtiments à l’abandon et de chaînes de magasins, donc chaque passage ici m’avait fait l’effet d’une petite rébellion. C’était une des raisons pour lesquelles j’avais choisi de passer ma première nuit d’héritière auto-exilée dans cette rue : j’avais l’impression de me retrouver quelque part entre la vie que j’avais laissée derrière moi et celle que je voulais mener.

Une vie qui n’était pas déjà toute tracée, où je n’aurais pas l’impression d’être un pion sans aucun contrôle dans une partie d’échecs à l’issue déjà prédéterminée.

Le problème, c’était que je n’étais pas arrivée ici par mes propres moyens, j’avais demandé à mon chauffeur de me déposer à quelques rues de là.

La boule dans mon ventre s’alourdit, et je tentai de me rassurer en me disant que je ne resterais pas si ignorante des choses communes bien longtemps, que j’apprendrais vite.

Seules deux possibilités me venaient à l’esprit : la première, c’était de marcher au hasard des rues jusqu’à tomber sur un arrêt de bus ou de train. J’avais encore un peu d’argent sur moi. La deuxième, c’était de demander de l’aide.

Étant donné que le soleil commençait à peine à se lever derrière le toit des bâtiments gris, il y avait peu de chances que je croise qui que ce soit à qui demander de l’aide. Je me frottai le front, faisant tomber plus de morceaux gluants.

Un sourire fatigué éclaira mon visage.

Il devait sûrement y avoir quelques SDF aux alentours.

Je rajustai mon sac à dos sur mes épaules et commençai à descendre Baroness Street, lançant des regards en direction des espaces étroits entre les bâtiments. J’ignorai les allées éclairées par des lampadaires clignotants, je savais désormais qu’il valait mieux les éviter.

Je trouvai mon salut près du croisement entre Baroness et King Street, un homme au crâne rasé habillé d’un sweat à capuche noir.

— Excusez-moi…, l’interpellai-je

Il se retourna d’un bond, et je lui fis un petit signe de la main avant de m’avancer dans l’allée sombre. Son regard se posa sur ma joue gauche avant d’inspecter les alentours. Il avait les yeux écarquillés et injectés de sang. Peut-être avait-il passé une mauvaise nuit ?

Et pourquoi n’arrêtait-il pas de se passer la langue sur les lèvres ?

Dormir dans la rue devait sûrement donner soif, en tout cas j’espérais que ce n’était que ça. Mais je gardai tout de même mes distances avec l’homme, au cas où ce serait un psychopathe.

— Dites, est-ce que vous pourriez m’aider à retrouver mon chemin ?

— Tu es toute seule ? me demanda-t-il après avoir jeté un regard derrière moi.

De plus en plus flippant.

— Absolument, répondis-je en rajustant à nouveau mon sac à dos sur mes épaules. J’essaie d’aller chez une amie.

L’homme reprit ce qu’il était en train de faire avant que j’arrive, c’est-à-dire enrouler ce qui ressemblait à une fine couche de mousse, tout en continuant à se lécher les lèvres.

J’observai les coupures sur son crâne chauve et la couche de crasse recouvrant sa peau. Même si ce qu’il dégageait ne me rassurait pas, mon cœur se serra en le voyant comme ça. J’étais d’autant plus convaincue d’avoir fait le bon choix en partant. Le système était corrompu. Il récompensait quelques élus et punissait le reste du monde. Comment cet homme s’était-il retrouvé à la rue ? Pourquoi personne ne lui venait en aide ?

L’homme posa son matelas de fortune contre le mur fissuré du bâtiment le plus proche avant de me demander :

— Elle habite où ton amie ?

Sa question me laissa coite. Mince. Je n’avais aucune idée d’où vivait Tommy. Pourtant, même si c’était généralement elle qui venait chez moi, son père étant le maître d’écurie du domaine, je m’étais rendue chez elle un nombre incalculable de fois.

— Euh…

Je regardai autour de moi et remarquai le toit gris de la boutique de l’autre côté de la rue. Évidemment. Je devais vraiment être fatiguée.

— Elle habite à Orange, déclarai-je fièrement.

L’homme se passa à nouveau la langue sur les lèvres et me lança un regard dubitatif.

— Toi, tu viens d’Orange ?

Je trouvai fort ironique qu’il se permette de juger le manque d’argent de mon amie.

— Oui, Orange, répétai-je en forçant mes bras à rester le long de mon corps alors que l’envie de poser mes mains sur mes hanches montait.

Poser les mains sur les hanches et taper du pied étaient de mauvaises habitudes de snob dont j’essayais de me débarrasser, pour pouvoir mieux me fondre dans la masse.

Il se redressa, ce qui m’apprit qu’il était très grand. Et ses yeux… Il venait juste de se réveiller, donc il était normal qu’ils soient injectés de sang. Mais le fait qu’ils soient perpétuellement écarquillés était quelque peu déconcertant. Les gens n’étaient-ils pas censés cligner des yeux un certain nombre de fois par minute ? Sans parler de cette manie de se lécher les lèvres…

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“I won’t say anything,” I managed, the lingering adrenaline shaking my voice.

Everyone but Angelica laughed quietly.

“Why do they always say that?” Business Shoes asked.

My head snapped up. I glowered at the sandy blond. “Because I want to live, you fucking dumbass.”

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“You just cock-blocked me! That’s low.”

He grinned.

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I was fluent in all three dialects of bitch—passive-aggressive bitch, sly bitch, and confrontational bitch.

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Groaning, I peeled my cheek off the damp ground in the alleyway. Being homeless was overrated. Most people who slept on the street probably didn’t have a choice. Kind of like me.

Well, nearly.

There was another option left to me, but I hadn’t wanted to explore Plan B without giving homelessness a try. For all I knew, it could have been the secret high life.

It wasn’t.

Not at all.

A pain stabbed in my temple—a result of the flickering lamp post down the end of the alley. Which explained why this godforsaken, slimy sliver of space between two concrete buildings was empty of other upstanding homeless citizens.

I held my head and sat, and a pulpy chunk of miscellaneous garbage peeled off my cheek. The soggy pulp fell onto my lap and I ignored it to better keep up the illusion it was newspaper in a past life. I’d started sitting up against the wall, jumping at every echoing scuffle, but at some point, I must’ve slid into oblivion—and the pile of garbage beside me. To say my life had taken a sudden turn would be an understatement.

Heiress to the largest fortune in Bluff City—and the seventh largest in the world—to pauper. Overnight.

By choice.

Fists curling in my lap, I snapped my back into a straight line. I was a self-exiled heiress. I had my reasons for being here. Reasons that wouldn’t be shaken by a night on the cold, hard ground—or by miscellaneous pulp.

I reached over to grab my plaid and leather Elegance backpack, throwing the skinny straps over my shoulders as I stood.

“Time to get your shit sorted, Basi,” I said in a firm voice, dusting myself off.

Setting off for the end of the alley, I realised the massive hole in my plan.

Crap.

Where did Tommy live? She was my Plan B.

Ugliness churned in my stomach as I searched left and right down the empty shopping street. I hated when my snobbish ignorance showed. It only ever hammered in the lonely fact that I wasn’t like everyone else. How the hell did normal people get around? Scrap that. I knew they got around with buses and trains and cars. The details of how those systems ran? No fucking clue.

My heart thumped and I swallowed down the hysteria creeping up my chest.

Think, Basi—you rich bitch.

I’d come here because the area was semi-familiar. Baroness Street, despite its misleading name, had only a few high-end boutique shops, but I’d visited them on occasion. There were far more run-down buildings and clothing chain stores around—so visiting here had always felt like a small rebellion. Which was also why I’d picked this place for my first night as a self-exiled heiress. Baroness Street felt somewhere between the life I’d left and the life I wanted.

A life that wasn’t planned for me. A life where I didn’t feel like part of a well-run, predetermined game that I had no control over.

The problem being that I didn’t actually get here by myself. I’d asked my chauffeur to drop me off a couple of blocks away.

The ugliness churning in my gut intensified, but I had to remember that I wouldn’t always be so ignorant of how real people lived.

I could only think of two options.

One, walk around aimlessly until I found a bus or train stop thing. I did have a small amount of pocket change on me.

Two, ask for help.

Considering the sun was just peeking over the tops of the concrete shops around me, finding a person to ask seemed unlikely. I rubbed my forehead, dislodging more miscellaneous pulp.

A tired smile graced my face.

Homeless people.

There had to be a few around.

Hoisting my Elegance pack higher on my back, I set off down Baroness Street, peering into the grey depths of the narrow gaps between buildings. I ignored the alleys with flickering lamp posts at the ends. Even I knew to avoid those.

I struck gold near the corner of Baroness and King Street. A man with a shaved head and black hoodie was there.

“Excuse me,” I called, waving when he jumped and whirled.

Stepping into the shadowed alley, I approached the tall man.

He darted his eyes to my left cheek, and then to our surroundings. His eyes were wide and bloodshot. Bad sleep?

But why did he keep licking his lips?

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