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Boussole



Description ajoutée par x-Key 2015-05-30T11:40:40+02:00

Résumé

Insomniaque, sous le choc d’un diagnostic médical alarmant, Franz Ritter, musicologue viennois, fuit sa longue nuit solitaire dans les souvenirs d’une vie de voyages, d’étude et d’émerveillements.

Inventaire amoureux de l’incroyable apport de l’Orient à la culture et à l’identité occidentales, Boussole est un roman mélancolique et enveloppant qui fouille la mémoire de siècles de dialogues et d’influences artistiques pour panser les plaies du présent.

Après Zone, après Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, après Rue des Voleurs… l’impressionnant parcours d’écrivain de Mathias Énard s’épanouit dans une magnifique déclaration d’amour à l’Orient.

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Classement en biblio - 55 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par Stephanelefort 2016-12-23T20:24:03+01:00

Si nous entrons dans ce travail par Hedayat et sa Chouette aveugle, c’est que nous nous proposons d’explorer cette fêlure, d’aller voir dans la lézarde, de nous introduire dans l’ivresse de celles et ceux qui ont trop vacillé dans l’altérité ; nous allons prendre la main du petit homme pour descendre observer les blessures qui rongent, les drogues, les ailleurs, et explorer cet entre-deux, ce barzakh, le monde entre les mondes où tombent les artistes et les voyageurs.

Ce prologue est décidément bien surprenant, ces premières lignes sont toujours, quinze ans après, aussi déroutantes – il doit être tard, mes yeux se ferment sur le vieux tapuscrit malgré le zarb et la voix de Nazeri. Sarah avait été furieuse, au moment de la soutenance de sa thèse, qu’on lui reproche le ton “romantique” de son préambule et ce parallèle “absolument hors sujet” avec Gracq et Kafka.

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Commentaire le plus apprécié

Argent

Un livre d'une grande érudition, ce qui en fait une lecture très (trop parfois) exigeante. Difficile en effet d'accrocher pour un non initié à l'orientalisme et ses conséquences artistiques, le roman ne s'y limite pas mais cela en est une partie prépondérante.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par Lena-Geynet 2019-05-31T12:32:21+02:00
Lu aussi

Dès les premières lignes, le narrateur, Franz Ritter, apprend par un courrier qu’il est malade. Dès lors, rongé par l’angoisse de la maladie et de la mort et n’arrivant pas à trouver le sommeil, le musicologue va se plonger dans un état léthargique et revenir sur des souvenirs qui ont marqué sa vie. Au centre de ceux-ci se trouve Sarah, la femme dont il a toujours été amoureux et avec qui il a beaucoup voyagé avant de s’en séparer sans jamais réussir à l’oublier. Est aussi présent son amour pour la musique et, inévitablement, on en revient toujours à l’Orient.

Il y a dans Boussole beaucoup de phrases très longues qui suivent le fil de pensée de Franz et qui peuvent essouffler, voire perdre certains lecteurs. La première phrase fait par exemple une page entière. C’est un monologue intérieur du personnage principal, un stream of consciousness. Ses souvenirs se transforment, varient, se mélangent entre eux et se confondent avec le rêve : on ne sait plus démêler le vrai du faux. Le beau se mêle à l’horreur, la mort à la vie, l’érotisme au dégoût.

Les titres des chapitres donnant l’heure qui avance procurent une sensation d’insomnie, comme si le temps s’écoulait lentement. Il revient beaucoup à sa maladie, à la peur de la mort et à ses angoisses. L’idée du Rien est omniprésente, ainsi que celle du vide, du manque et de l’absence : il essaie de combler cela par la profusion de souvenirs. Il y a dans le récit énormément de références (historiques, géographiques, mais surtout artistiques) qui peuvent étouffer le lecteur sous un trop-plein d’informations destinées à combler ce vide que ressent Franz. Les multiples biographies contées par Mathias Enard dans Boussole contribuent à cette sensation. Cependant, cela a le mérite de rendre le texte plus réaliste : que ce soit les titres d’œuvres, les noms de lieux, ou encore les nombreux extraits de livres, articles et thèses, toutes ces références nous ancrent dans le réel.

Cette dimension concrète détonne parfois avec le style d’écriture. En effet, le texte est empli de nombreuses figures de style et métaphores qui le rendent très poétique. L’auteur joue avec les différents genre : journalistique, théâtral (on a plusieurs dialogues qui sont rendus comme au théâtre), poétique, surnaturel ou encore épistolaire… Cela donne un peu plus de rythme au récit.

Le titre de l’œuvre, Boussole, apparaît pour la première fois lorsque Franz pense à celles présentes sur les tapis de prière, évoquées vers le milieu du roman. Mais c’est finalement à la « boussole de Beethoven » offerte par Sarah qu’il semble faire référence. Cette dernière pointe à l’Est au lieu du Nord, vers l’Orient, et on peut y voir une dimension mystique. Dans le livre, c’est comme si les pensées de Franz étaient orientées par cet objet. Nous pourrions également faire un parallèle avec le fait que son personnage soit totalement déboussolé, qu’il n’ait aucun repère et se perde dans ses souvenirs. Enfin, il est possible de tisser un lien entre la boussole et la figure du voyageur qu’il souhaitait être sans avoir les épaules pour, se désignant lui-même comme « un fils à maman » en dépit de ses voyages.

A travers ces derniers, on en apprend énormément sur l’Orient, son histoire, ses habitants ou même sur les rapports entretenus avec l’Occident. Cet apprentissage se fait par le spectre de différents regards : celui de Sarah, de par les dialogues rapportés et les extraits de sa thèse sur les images et les représentations de l’Orient, ou bien celui de Franz, mais aussi celui de différents artistes, écrivains, peintres ou musiciens. L’une des phrases de Sarah est assez méta quant au roman, car il peut donner l’impression parfois de voir principalement l’Orient sous le prisme « sexualité-Orient-violence » qu’elle critique. Franz se fait à lui-même une réflexion similaire en écoutant les informations, à propos du traitement de l’Islam et du terrorisme par les médias occidentaux, trop centrés sur l’Europe et pas sur l’Orient.

Sarah s’invite dans tous ses souvenirs, même quand il pense à quelque chose ou quelqu’un d’autre. Il se plie en quatre pour elle, jusqu’à se faire passer pour ce qu’il n’est pas, un rêveur au lieu d’un coincé, un explorateur et non un fils à maman. Il est totalement amoureux d’elle, et cet amour prend de la place dans le récit, mais il n’est pas la seule passion de Franz. En dehors de l’amour qu’il porte à Sarah, il y a aussi l’amour qu’il porte à la musique, et il est tout aussi présent, voire plus par moment. « Le souvenir de Sarah et de la musique me pousse à la mélancolie. » Ils sont tous deux des éléments déclencheurs des souvenirs de Franz.

Finalement, le roman qui peut parfois paraître lourd ou défaitiste se conclut sur une note d’espoir, à travers la correspondance qu’entame le personnage avec Sarah, et cela mettra sans doute du baume au cœur aux plus perplexes des lecteurs.

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Commentaire ajouté par ERoussel 2019-04-27T17:17:22+02:00
Diamant

Longue, longue, longue nuit d'angoisses, de souvenirs qui s'enchaînent ,se mêlent et se démêlent, nous transportent où nous épuisent. L'orient et ses parfums , sa violence et ses contrastes de sucres amers. Tous ces personnages que l'on croise, que l'on reconnaît où que l'on découvre , le présent et l'histoire ancienne se superpose... un ouvrage complexe très riche à relire à petite dose.Très bel ouvrage à lire, riche en informations et agréable ; un monument de culture et une œuvre d'art littéraire. Malgré la difficulté pour rentrer dans le livre, c'est un des romans les plus intéressants que j'ai lus dernièrement. J'y ai pris un plaisir infini; c'est réellement bien écrit, c'est riche, on apprend des tas de choses, on ne voudrait pas que ça s'arrête, mais ce type d'écriture demande un gros effort au lecteur !

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Commentaire ajouté par Cecile-127 2019-03-17T21:49:45+01:00
Bronze

Livre d’une grande érudition. À se demander pourquoi Mathias Enard n’a pas plutôt penché sur un essai tant je ne vois aucun intérêt au roman. L’histoire est vide. De nombreuses redites, des descriptions longues et lassantes, comme s’il fallait toujours plus de mots pour prouver sa grande culture. On est à la limite du prétentieux. Certains passages ont cependant réussi à me faire voyager et à m’intéresser. Mais ils ne furent que trop rares.

Je peux comprendre que Enard ait gagné le prix Goncourt avec un tel pavé, parce qu’il y a tout de même un grand travail, mais il n’est pas à la portée de tout le monde d’avoir la patience de le lire. En tout cas je n’irai pas plus loin dans la découverte de cet auteur !!!

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Commentaire ajouté par maxoxford1995 2018-12-21T13:17:31+01:00
Argent

Un peu trop d'érudition affichée non sans une certaine prétention ...Cela finit par rebuter. ! Longue, longue, longue nuit d'angoisses, de souvenirs qui s'enchaînent ,se mêlent et se démêlent, nous transportent où nous épuisent, . L'orient et ses parfums , sa violence et ses contrastes de sucres amers. Tous ces personnages que l'on croise, que l'on reconnaît où que l'on decouvre , le présent et l'histoire ancienne se superposent. livre souvent passionnant, autant qu' indigeste, car parfois trop, c'est trop. J'ai passé quelques chapitres, mais je garde ce roman sous le coude, car j'ai l'impression d'être passé à côté d'un ouvrage très riche à relire à petite dose. Lecture pas facile !!!

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Commentaire ajouté par trebor 2018-03-28T21:35:27+02:00
Pas apprécié

J'avais beaucoup aimé "parles leur de batailles ..." alors je me suis jeté sur cet ouvrage et j'ai vite été déçu.

Il n'y a pas réellement d'histoire , que des réflexions de tout genres, surement intéressantes, mais cela rend le livre peu lisible pour un simple lecteur qui attend sa dose de distraction, d’émotion et d'aventure. Et oui, il y aussi des lecteurs qui veulent lire pour s'embarquer dans une histoire et se faire plaisir. Là je me suis embarqué dans rien du tout, donc j'ai arrête rapidement passé les 30 pages..

Il n'y a pas grand chose d'autre à ajouter, curieux que cela déclenche un prix littéraire mais cela ne fait rien, j'attend de pied ferme celui qui prétendra que seuls les cerveaux inférieurs ne peuvent pas apprécier ce type d’écrits..

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Commentaire ajouté par richard83 2016-08-11T10:58:34+02:00
Or

Dévoré du début à la fin, les paysages traversés sont magnifique. Mérite son prix littéraire.

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Commentaire ajouté par Mietje 2016-07-07T11:06:13+02:00
Or

Je classe ce livre dans la catégorie d'Or " parceque l'auteur fait preuve d'un réel travail de recherche, et prouve son érudition. C'est comme il est dit dans le résumé, un pont jeté entre l'Orient et l'Occiddent et sert surtout à nous apprendre que grande a été pour tous les auteurs et intellectuels, l'attirance pour l'Orient et sa culture, fin du 19ième et début du 20ième siécle. De plus l'écriture fluide de l'auteur est un vrai régal. Mais ce livre n'est pas une histoire facile et il exige un grand effort d'attention. J'ai déjà essayé de le faire lire dans mon entourage, sans grand succès !

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Commentaire ajouté par hcdahlem 2016-02-12T12:00:38+01:00
Or

En voyant les images d’Alep se vidant de ses habitants, contraints à l’exil sous le poids des bombes qui s’abattent sur la ville, j’ai repensé à mon voyage en Syrie et aux fortes émotions de ce voyage au Proche-Orient. J’ai alors recherché dans le livre de Mathias Enard ce passage où il parle de cette superbe cité qui est en train d’être rasée : «Nous sommes rentrés à l’hôtel par le chemin des écoliers, dans la pénombre des ruelles et des bazars fermés – aujourd’hui tous ces lieux sont en proie à la guerre, brûlent ou ont été brulés, les rideaux de fer des boutiques déformés par la chaleur de l’incendie, la petite place de l’Évêché maronite envahie d’immeubles effondrés, son étonnante église latine à double clocher de tuiles rouges dévastée par les explosions : est-ce qu’Alep retrouvera jamais sa splendeur, peut-être, on n’en sait rien, mais aujourd’hui notre séjour est doublement un rêve, à la fois perdu dans le temps et rattrapé par la destruction. Un rêve avec Annemarie Schwarzenbach, T. E. Lawrence et tous les clients de l’hôtel Baron, les morts célèbres et les oubliés …»

Si la lecture de ce roman couronné du Prix Goncourt 2015 résonne aussi fort en moi, c’est d’abord pour les souvenirs qu’il évoque et que doivent partager tous ceux qui ont arpenté le site de Palmyre, les ruelles d’Alep ou le souk à Damas. Cette impression d’un drame absolu, né de la folie d’hommes qui ont oublié d’où ils venaient, combien leur culture, leur art, leur science et même leur religion était riche.

Avec une époustouflante érudition – je vous l’accorde, il faut quelquefois s’accrocher pour suivre le récit – Mathias Enard en témoigne. En nous entraînant sur les pas de Franz Ritter, musicologue installé à Vienne, il jette sans cesse des ponts entre les occidentaux avides de connaître cet orient au-delà des fantasmes. A moins que ce ne soit à cause de ces fantasmes qui ont nourri leur œuvre de musicien, de poète, d’écrivain.

Entre colloques universitaires et récits de voyages, entre découvertes archéologiques et conversations autour d’un verre ou d’un feu de camp, on découvre la richesse de l’orientalisme inventé par Napoléon Bonaparte «c’est lui qui entraîne derrière son armée la science en Egypte, et fait entrer l’Europe pour la première fois en Orient au-delà des Balkans. Le savoir s’engouffre derrière les militaires et les marchands, en Egype, en Inde, en Chine.»

Derrière lui, les écrivains et les musiciens seront nombreux à raconter leur vision de cet orient. De Victor Hugo avec «Les Orientales» à Chateaubriand, de T. E. Lawrence à Agatha Christie, de Klaus Mann à Isabelle Eberhardt, sans oublier les poètes comme Rimbaud, Nerval, Byron.

Pour le musicologue, il y a tout autant à raconter, tant les influences orientales parsèment les œuvres de Schubert, Beethoven, Mendelssohn, Schumann, Strauss, Schönberg. Il semble que l’occident tout entier ait eu cette soif d’Orient. «Les Allemands, dans l’ensemble, avaient des songes bibliques et archéologiques ; les Espagnols, des chimères ibériques, d’Andalousie musulmane et de Gitans célestes ; les Hollandais, des visions d’épice, de poivriers, de camphriers et de navires dans la tempête, au large du Cap de Bonne-Espérance.» Quant à Sarah et aux Français, ils se passionnent non seulement pour les poètes persans, mais aussi pour ceux que l’Orient en général avaient inspirés.

Voilà justement le moment de dire quelques mots de cette Sarah que Franz rencontre lors d’un voyage et qui va servir de fil rouge au romancier. Tout au long du roman, on suit en effet la quête de Franz, amoureux transi. La belle rousse, spécialiste de cet Orient qui le fascine tant, avec qui il va pouvoir partager ses découvertes. Même si cette femme ne possède rien («Ses livres et ses images sont dans sa tête ; dans sa tête, dans ses innombrables carnets»), il s’imagine, depuis une nuit à la belle étoile passée au pied de la forteresse d’Alep, ne plus jamais la quitter.

Mais c’est elle qui s’envolera pour enterrer son frère, traumatisme dont elle ne se remettra pas et que l’entraînera à «l’orient de l’orient».

Des années plus tard, il va pourtant la croiser à nouveau en Autriche : «L’avenir était aussi radieux que le Bosphore un beau jour d’automne, s’annonçait sous des auspices aussi brillants que cette soirée à Graz seul avec Sarah dans les années 1990, premier dîner en tête à tête…»

Sauf que «la vie est une symphonie de Mahler, elle ne revient jamais en arrière, ne retombe jamais sur ses pieds. Dans ce sentiment du temps qui est la définition de la mélancolie, la conscience de la finitude, pas de refuge à part l’opium et l’oubli».

Mathias Enard dit avec élégance la souffrance du manque. Au soir de sa vie, il a beau ressortir «la boussole qui pointe vers l’orient, la boussole de l’illumination, l’artefact sohrawardien. Un bâton de sourcier mystique», il compris que le monde qu’il a rêvé n’est plus, que seuls les récits témoignent de la beauté et de l’amour. Que le paradis est artificiel.

«Une bouffée d’opium iranien, une bouffée de mémoire, c’est un genre d’oubli de la nuit qui avance, de la maladie qui gagne, de la cécité qui nous envahit.»

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Commentaire ajouté par onirisme 2016-02-03T13:13:10+01:00
Argent

Une écriture splendide qui nous fait voyager. Néanmoins, le niveau de connaissance que demande la lecture de ce livre est très exigent ce qui a rendu ma lecture très difficile.

Il s'agit toutefois d'une bonne découverte.

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Commentaire ajouté par Phael 2015-09-18T12:49:57+02:00
Argent

Un livre d'une grande érudition, ce qui en fait une lecture très (trop parfois) exigeante. Difficile en effet d'accrocher pour un non initié à l'orientalisme et ses conséquences artistiques, le roman ne s'y limite pas mais cela en est une partie prépondérante.

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Dates de sortie

Boussole

  • France : 2015-08-19 (Français)
  • France : 2017-08-16 - Poche (Français)

Activité récente

Les chiffres

Lecteurs 55
Commentaires 11
Extraits 8
Evaluations 8
Note globale 6.25 / 10

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