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Une chanson familière passait à la radio. J’essayai sans succès de m’en rappeler le titre et cela me contraria tellement que j’ouvris soudain les yeux. Une sorte de mur noir, lisse et doux comme du verre fut la première chose que je vis. J’essayai de le toucher pour savoir ce que c’était et c’est à ce moment-là que je me rendis compte que j’avais les mains liée.

Le titre de la chanson : Silent Lucidity de Queensryche, jaillit dans mon esprit avant que je ne prenne vraiment conscience que j’étais attachée sur le siège arrière d’une voiture. Une voiture dont le propriétaire prenait visiblement grand soin à en juger par ce toit panoramique qui brillait comme un sou neuf. Les trous de ma mémoire se rebouchèrent et je me rappelais désormais ce qui c’était passé avant que je m’évanouisse. Et avec qui j’étais.

« Pourquoi est-ce que mes mains sont attachées ? », dis-je me redressant.

Pour je ne sais quelle raison, Adrian n’avait pas de rétroviseur, c’est pourquoi il dut se retourner pour me regarder.

« Y a-t-il quoi que ce soit qui te fait paniquer ?, demanda-t-il amusé. Tu es attachée sur le siège arrière de la voiture d’un tueur de flics, mais j’ai vu des gens plus énervés que toi quand il y a une pénurie de Frappucchino caramel chez Starbuck!

N’importe qui de normal aurait paniqué à ma place, non pas que ça ait quoi que ce soit de productif. Cependant, la normalité m’avait fui il y a bien longtemps, lorsque je m’étais rendue compte que je voyais des choses que personne d’autre ne pouvait voir. En parlant de normalité, pourquoi n’étais-je pas en train de me contorsionner de douleur ? Mon t-shirt était toujours rouge sang, mais la bosse signalant l’endroit où Mme Paulson m’avait frappée avait disparu et à part un léger torticolis, je me sentais bien. Quand je remontais ma chemise pour m’ausculter, je ne fus pas surprise de voir une peau douce et comme neuve sur mon ventre. Ca et quelques miettes, comme si j’avais mangé un dessert un peu trop distraitement.

« Pourquoi j’ai l’impression d’avoir du pain perdu sur l’estomac ? » me demandais-je à haute voix.

Adrian pouffa de rire. « T’es pas loin de la vérité, c’est un remède. Tu étais blessée.»

« Et tu peux me dire comment ça se fait que je ne le sois plus ?, dis-je en levant mes mains liées, une fois que tu m’auras détachée bien sûr. »

Il me jeta un autre regard par-dessus son épaule, mais avec un air de défi cette fois-ci.

« Tu es sans doute la personne la plus calme qu’on m‘ai demandé de récupérer, mais si je te révèle ce que tu veux savoir, ça pourrait bien changer. Alors choisi, je peux te détacher ou te dire la vérité.

« La vérité, dis-je instantanément. »

Il se mit à rire. « Encore une première, tu es décidément pleine de surprises ! »

Il l’était aussi. Il venait d’admettre que kidnapper des gens faisait partie de sa routine-c’est en tout cas ainsi que j’interprétai le mot «récupérer »-alors j’aurai du essayer coute que coute de me libérer. J’avais cependant besoin de réponses plus que de toute autre chose. En outre je n’avais toujours pas peur de lui et d’une certaine manière, ça n’avait rien à voir avec le fait qu’il m’ai miraculeusement guérie.

« La vérité Adrian», répétais-je.

Il se retourna une nouvelle fois et son regard se riva au mien, ses étranges yeux bleus surprenant d’intensité. Pendant un moment, je ne pus que le dévisager, et toute pensée cohérente déserta mon esprit. C’est pourquoi je n’ai aucune idée de comment ma main atterrit, maladroitement, sur son bras, mais je sentis ses muscles durs sous son immense veste. Si j’avais pensé avant d’agir, je ne l’aurai pas fait. Toutefois, je ne pouvais me résoudre à retirer ma main.

Je me mis à haleter quand il couvrit ma main de la sienne. Il avait dû enlever ses gants à un moment où un autre car la sensation de sa peau chaude et nue se propagea en moi comme une onde de choc. Ce contact sembla affecter Adrian aussi. Ses lèvres se séparèrent et il se rapprocha doucement du siège arrière.

Il braqua soudain à fond, dans un bruit de pneus crissant, et évita de justesse une autre voiture. L’autre conducteur klaxonna et, quand il passa à notre niveau, agita furieusement son majeur dans notre direction. Je m’adossais au siège, mon cœur martelant furieusement ma poitrine à cause de la peur de la collision… C’est du moins la raison que j’invoquais intérieurement.

« Dyate », marmonna Adrian.

Je ne reconnus pas le mot ni son accent. Il avait une tonalité musicale comme l’italien, mais en dessous, le timbre était sombre et râpeuse.

« C’est quoi cette langue?», demandais je, tout en essayant de masquer les soudains trémolos de ma voix.

Cette fois-ci, ses yeux ne quittèrent pas la route. « Rien que tu aies jamais entendu ».

« J’ai choisi la vérité, tu te rappelles ? » dis-je en levant mes mains entravées pour appuyer mes propos.

Cela me valut un regard rapide. « C’est l’exacte vérité mais tu n’en sauras pas plus avant d’avoir rencontré Zach. Ensuite, on pourra zapper tous les « Oh non, ce n’est pas possible ».

Je pouffai de rire « Après ce que j’ai vu sur le visage de l’inspecteur Kroger, ma définition de « impossible » a changé. Adrian fit une nouvelle embardée mais cette fois-ci, il n’y avait aucune autre voiture.

« Et qu’est-ce que tu as vu ? »

Je me crispai sur mon siège. Comment expliquer cela sans avoir l’air folle à lier ? Il n’y avait aucun moyen alors je choisi de l’attaquer plutôt que d’avoir à m’expliquer.

« Qu’est-ce que tu faisais dans ma chambre d’hôtel et comment as-tu réussi à me guérir ? Il n’y a même pas de marque… »

« Qu’as-tu vu sur son visage Ivy ? »

En dépit de son ton dur, quand mon nom franchir ses lèvres, quelque chose vibra à l’intérieur de moi, comme s’il avait tiré sur un fil dont j’ignorai l’existence. Cette sensation était aussi troublante que celle que j’avais ressentie quand il avait touché mes mains.

« Des ombres, dis-je rapidement pour penser à autre chose. Il y avait des lignes qui ondulaient comme des serpents sur tout le visage.»

Je m’attendais à ce qu’Adrian me dise que j’avais imaginé tout ça-une réponse que j’avais l’habitude d’entendre-au lieu de cela, il se gara mais laissa le moteur tourner. Puis, il se retourna et me fixa.

« Est-ce que c’est la seule chose étrange que tu as vu ? »

Je déglutis car je savais bien qu’il ne valait mieux pas parler de ces choses-là. Cependant, j’avais demandé à Adrian de me dire la vérité, ça ne semblait pas juste de lui mentir en retour.

« J’ai vu deux versions du même bed and breakfast tout à l’heure. Une était belle, mais l’autre était vieille et en ruines. Ma sœur était piégée à l’intérieur. »

Adrian ne dit rien tandis qu’il continuait à me clouer à mon siège avec son regard dur. Quand il prit finalement la parole, sa question était si étrange je crus l’avoir mal entendu.

« A quoi je ressemble pour toi ? »

« What ? »

« Mon apparence, dit-il lentement comme s’il s’adressait à une simple d’esprit. Décris-moi. »

Alors quoi, tout d’un coup, il voulait des compliments ? J’avais peut être finalement rencontré quelqu’un d’aussi dérangé que moi.

« C’est ridicule, bredouillais-je en commençant avec le plus évident. « Un mètre quatre-vingt, la vingtaine, bâti comme Thor, des cheveux châtains clair avec des reflets blonds, des yeux bleus argenté… tu veux que je continue ? »

Il se mit à rire, un rire profond et riche de baryton qui aurait pu être sensuel s’il ne m’avait pas mise aussi en colère.

« Maintenant je sais pourquoi ils en ont après toi, dit-il toujours en gloussant. Ils ont dû se rendre compte que tu étais différente, mais s’ils avaient su ce que tu pouvais voir, tu ne serais jamais sortie de cet hôtel. »

« Tu peux arrêter de rire dis-je brusquement. J’ai bien compris que c’est complètement fou de voir les choses que je vois. »

Beaucoup d’enfants grandissent avec des amis imaginaires. Moi, j’avais des endroits imaginaires, même si au début, je ne savais pas que j’étais la seule à les voir. Quand mes parents ont réalisé que ce que je décrivais allais bien plus loin que de simples fantaisies d’enfant, les interminables visites chez le médecin et les examens commencèrent. Une par une, des maladies et des psychoses ont été écartées jusqu’à ce qu’on me diagnostique un déséquilibre de la monoamine dans le système cholinergique de mon cortex cérébral.

En d’autres termes, je voyais des merdes qui n’étaient pas là pour une raison que personne ne pouvait déterminer. Les pilules qu’on me donnait m’aidaient un peu, mais en réalité, je mentais à tout le monde en prétendant que mes hallucinations avaient cessées. J’en avais plus que marre des piqures des médecins. Alors, même si je voyais des choses que personne d’autre ne pouvait voir, je me forçais à les ignorer…jusqu’à ce que Mme Paulson et l’inspecteur Kroger essaient de me tuer bien sûr.

Adrian avait cessé de rire et cette intensité sans faille était de retour dans ses yeux.

« Hé bien Ivy, j’ai des bonnes et des mauvaises nouvelles. La bonne c’est que tu n’es pas folle. La mauvaise c’est que tout ce que tu as pu voir est réel et maintenant, ils en ont après toi. »

Source : chapitre32.com/2014/07/27/broken-destiny-extrait-inedit/

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Le temps que je retourne au motel, les quelques nuits blanches que je venais de passer se firent finalement sentir. Je pénétrai dans ma chambre, laissai tomber mon sac comme s’il pesait plus lourd qu’une ancre, puis allumai la lumière. Tous mes sens se mirent brutalement en alerte. Le canapé aurait du être vide, mais ce n’était pas le cas. Un homme aux cheveux couleur miel ambré était assis là, son corps massif occupant presque tout l’espace. Je pensais que c’était une autre de mes hallucinations…jusqu’à ce qu’il parle. Mes hallucinations ne m’avaient jamais parlé.

" Salut, dit-il, d’une voix grave, teintée d’une émotion que je ne connaissais pas. Je suis désolé de t’annoncer ça, mais tu t’apprêtes à vivre une soirée vraiment pourrie! "

J’aurai dû me retourner, ouvrir la porte et courir, en criant de préférence. C’était la seule réponse logique. Je restai néanmoins figée, pas le moins du monde effrayée par cet intrus. Génial, mes instincts de survie avaient du signer un pacte de suicide collectif à mon insu.

"Si vous aviez la moindre idée de la journée que je viens de passer, vous sauriez que peu importe ce que vous avez prévu pour moi, ça ne peut que la rendre meilleure", m’entendis-je dire.

Un sourire prit forme sur un coin de sa bouche. Quelque soit la réponse à laquelle il s’était attendu, ce n’était pas celle-là. Bon sang, je me surprenais moi même. Je suppose que mes cordes vocales faisaient parti du pacte elles aussi…

* source : chapitre32.com

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"Salut, Je suis désolé de t’annoncer ça, mais tu t’apprêtes à vivre une soirée vraiment pourrie! "

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