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Commentaires de livres faits par Cacoethes-scribendi

Extraits de livres par Cacoethes-scribendi

Commentaires de livres appréciés par Cacoethes-scribendi

Extraits de livres appréciés par Cacoethes-scribendi

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
date : 16:42
Je ne connaissais pas ce roman avant de tomber dessus pendant une foire aux livres. Le résumé, qui évoquait une psychanalyse à Vienne et une histoire d’amour qui entraîne le héros dans une affaire d’espionnage dans toute l’Europe au début de la première guerre mondiale, m’avait vraiment alléchée. Après ma dernière lecture qui était moyenne, je me suis dit que ce roman d’aventure historique serait parfait pour renouer avec le plaisir de lire.

Je n’ai pas eu tout à fait tort, car cette lecture, qui me change un peu de es habitudes, a été très agréable. On suit Lysander, un acteur londonien, d’abord à Vienne où il soigne un problème psychologique auprès d’un disciple de Freud et se retrouve finalement contraint de rentrer à Londres sous couverture suite à une plainte pénale mensongère. Ses capacités à se déguiser donne des idées à deux gros bonnets de l’armée, qui le recrutent pour dénicher une taupe… Au centre d’une machination, notre héros a le sentiment de se faire manipuler… mais par qui ?

L’histoire prend son temps, mais ça ne m’a pas dérangée. J’ai aimé rencontrer des personnages différents, découvrir des lieux différents (Vienne <3, Londres…) et les différentes étapes du roman. Je suis toujours friande de héros qui se déguisent (Arsène Lupin, Monte Cristo…) et cet aspect m’a donc beaucoup plu !
En revanche, le dénouement m’a pas un déçue. L’auteur insiste sur quelques éléments qui semblent donner des pistes et au final ça n’est pas le cas, donc je n’ai pas vu l’intérêt de cette insistance…

De même, j’ai réalisé à la fin un défaut, nouveau pour moi : la vision « masculiniste » de ce roman. Au bout de 300/400 pages, j’ai eu l’impression que ce roman était fait par un homme, pour des hommes, avec une vision de la virilité que je ne partage pas. Par exemple, le héros déshabille des yeux quasiment toutes les femmes qu’il rencontre, jusqu’à s’imaginer au lit avec elles, quand bien même il n’y a aucun contexte romantique. Si j’ai apprécié cet aspect sensuel eu début, cela a fini par me lasser et à me donner l’impression d’une sorte de « James Bond » (sauf que du côté du héros, rien n’est fait par l’auteur pour charmer les femmes ou les lectrices, il n’est pas du tout décrit physiquement par exemple). Je ne sais pas comment l’exprimer, il y a sans doute d’autres éléments que je n’ai pas identifiés mais qui participent de cette impression globale.

Un roman d’espionnage historique plutôt sympathique, qui m’a bien tenu en haleine et fait voyager, mais qui me laisse une impression finale un peu mitigée !
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date : 12-02
Si ce roman ne faisait pas 215 pages, je ne serais jamais allée jusqu’au bout : j’ai lutté, lutté pour avancer.
Sulayma et Nassim se rencontrent dans la salle d’attente de leur psychiatre, à Damas, en 1991. C’est tout ce que j’ai compris de l’histoire. En effet, le roman est plutôt composé d’une succession de réflexions, de bribes de souvenirs, de rêves. Avec également des extraits d’un manuscrit écrit par Nassim, dont les pages se confondent avec ce que l’on comprend de la vie de Sulayma.

Ce roman parle de la peur, celle de perdre les gens qu’on aime. Il parle de familles séparées par des idéologies insensées. De la fuite, du renoncement à ses idées pour survivre.
Au final, ce roman nous plonge dans un état d’esprit plus que dans une histoire. Et malheureusement, ce n’était pas assez palpable pour moi ; mon intérêt était très très peu souvent tenu en éveil…

Je suis donc sans nul doute passée totalement à côté de ce roman, que j’ai trouvé au hasard des rayons de ma médiathèque mais dont le résumé me promettait beaucoup.
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date : 10-02
Valentine Goby a un grand talent pour imaginer des histoires qui dépassent la simple « histoire de vie » : non seulement ses personnages traversent des crises, des évènements d’une gravité extrême, mais en plus elle inscrit leur parcours dans un contexte historique, culturel, qui nous apprend quantité de choses passionnantes.

Ce roman débute en 1956, lorsque le jeune François subit un accident électrique qui oblige les médecins à l’amputer des deux bras. Entiers, jusqu’aux épaules. A 22 ans, comment apprend-on à re-aimer la vie, sans mains pour toucher et manipuler, sans bras pour effectuer le moindre geste, conserver son équilibre ?
Avec une grande sensibilité, Valentine Goby décrit le parcours de ce jeune homme brisé. Humilié, obligé d’avoir recours à « une tierce personne » pour l’aider à la moindre action quotidienne : s’habiller, manger, se laver, aller aux toilettes. A la fin des années 50, si les prothèses se développent pour aider les mutilés de guerre, elles ne sont tout de même pas bien pratiques… et François préfère se passer de cette armure lourde et encombrante et se fait réaliser de multiples systèmes pour être le plus indépendant possible : crochets pour tirer sur ses vêtements, éponges accrochées à des ventouses sur le mur de la salle de bains pour se laver…
De fil en aiguille, François reprend goût à la vie, jusqu’à devenir murène : il apprend à nager. Toujours sans bras. On assiste alors aux débuts du handisport, avec des compétitions d’abord réservées aux paralysé.e.s (et non aux mutilé.e.s…). En parallèle de la guerre d’Algérie, se mène une bataille pour la reconnaissance des sportif.ve.s handicapé.e.s.

Murène c’est un roman poignant sur la résilience, le handicap, la différence. Un roman historique également, avec la technologie et les préoccupations des années 50/60 en France. Un grand roman comme Valentine Goby sait si bien les écrire.
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Andrus Kivirähk est un peu l’auteur incontournable pour découvrir la littérature estonienne. J’avais un peu peur de me lancer, craignant que ce soit trop loufoque pour moi.
Je ressors donc de ma lecture contente d’avoir tenté le coup : ça a été un bien meilleur moment de lecture que ce que je craignais ! Certes, c’est farfelu. Mais on comprend bien où va l’histoire, il n’y a pas de longueur… Ce roman aux allures de conte s’est révélé plutôt facile à lire et même addictif à certains moments !

Nous sommes dans un petit village estonien comme les autres, avec les paysans estoniens et les nobles allemands du manoir. A ceci près que les gens du village passent leur temps à se voler les uns les autres et à tromper les nobles pour mieux les voler. Ils sont aussi très vengeurs, gare à ceux qui dépasseraient les bornes… Ainsi, ils font des pactes avec le diable à tours de bras, réclament des philtres à la sorcière, fabriquent des créatures de bric et de broc pour les servir… Bref, l’auteur s’en est donné à cœur joie avec le folklore estonien.
Sur 30 chapitres, un par jour du mois de novembre, nous suivons la vie du village, avec les petites aventures de chacun et les problèmes collectifs. Faire fuir la peste en l’enfermant dans un four, trouver des trésors, tomber amoureux de la mauvaise personne… il s’en passe des évènements dans ce village et j’ai plutôt pris plaisir à suivre tout cela.

Certain.e.s m’ont fait part de leur coup de cœur pour L’homme qui parlait la langue des serpents du même auteur, donc je n’hésiterai pas à le lire, maintenant que je sais à quoi m’attendre ;)
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Qu’il est doux de se plonger dans l’univers de Jane Austen. Entre les pages de ce magnifique album, vous retrouverez des passionné.e.s de la romancière anglaise.
Le style poétique de Nathalie Novi, ses couleurs souvent flamboyantes, parfois mélancoliques, illustrent à merveille les atmosphères des romans de Jane Austen.
Les textes de Fabrice Colin, qui résume les six romans majeurs de l’écrivaine et les analyse, sont autant de petites chroniques d’un passionné et c’est tellement agréable d’entendre parler de Jane Austen de cette façon, de ressentir notre affection et notre admiration communes pour elle !

Attention : il vaut mieux avoir lu les six romans majeurs de Jane Austen pour lire entièrement ce roman – à défaut, je vous conseille de ne pas lire les textes liés aux romans que vous n’avez pas encore lus, vous risqueriez de vous faire spoiler…

Tourner les pages de cet album, c’est passer un moment de partage et de nostalgie. Cela faisait des années que j’espérais le posséder, ou tout au moins le lire, et je suis enchantée de pouvoir maintenant l’exposer dans ma bibliothèque !
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date : 03-02
Onyesonwu, le prénom de l’héroïne, signifie « qui a peur de la mort ? ». C’est une façon de défier la mort, le thème central du roman.
Elle est différente, discriminée car son physique trahit qu’elle est issue d’un viol de guerre, donc une honte. Mais lorsqu’elle démontre des capacités magiques, un sorcier se trouve obligé de la prendre en apprentissage malgré ses préjugés. C’est le début d’une quête pour vaincre son violeur de père et pour rassembler les peuples.

Encore une fois, c’est un roman de SF/fantasy qui pourrait parfaitement plaire à des lectrices/lecteurs qui ne sont pas friands habituellement de ce genre. C’est un roman qui parle de viol comme arme de guerre, qui parle de coutumes africaines ancestrales, de discriminations (sexuelles, ethniques…), de spiritualité, de liberté sexuelle…
L’histoire fonctionne très bien, mais ce n’est pas donc elle qui me marquera. Ce sont plutôt les thèmes évoqués et l’ambiance, le fait que pour une fois dans un roman imaginaire, l’histoire met en scène d’autres héro.ïne.s que des personnes blanches et/ou occidentales… et cette mise à l’honneur des traditions et croyances africaines m’a bien plu. Entre les personnages qui « tchipent » régulièrement, qui ont des coupes afro ou les cheveux tressés, etc… C’est un peu triste à dire car cela devrait être plus courant, mais c’était rafraîchissant et d’autant plus dépaysant.
L’autrice déploie un message engagé : féministe, pacificateur… J’ai eu l’impression qu’elle évitait beaucoup des clichés habituels de Fantasy. Notamment, malgré ce que laisse entendre mon résumé express, la formation d’Onye est très courte, elle apprend finalement beaucoup plus à l’instinct, par elle-même et grâce à l’aide de ses ami.e.s.
Je me rappelle une phrase de J.K. Rowling, qui disait qu’elle ne se voyait pas mélanger des licornes avec du sexe. Eh bien ici, c’est plutôt bien fait par Nnedi Okorafor, qui évoque le sexe sans pour autant décrire les scènes. Dans son roman, les héroïnes ont des relations sexuelles, ont leurs règles, etc.

Qui a peur de la mort ? est un roman de SF/Fantasy original qui casse un peu les codes de l’imaginaire. Cela me donne envie de découvrir d’autres récits de cette autrice !
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date : 30-01
Je suis sans doute passée à côté de ce qui fait la saveur de ces nouvelles.
La plupart évoquent les Mouvements, les différentes factions de lutte pour l'indépendance des Tamouls. L'auteur ne prend pas la peine d'expliquer ou de contextualiser, donc qui ne connaît pas est un peu perdu - comme moi.
Réfugié en France, certaines des nouvelles se passent à Paris : un réfugié politique qui tente de convaincre un juge en l'attendrissant avec une cousine décédée sous les bombes, un homme qui observe le quartier tamoul près de la Chapelle à Paris...
Aucune nouvelle n'est joyeuse, la plupart ont une chute assez triste ou glauque.
J'ai emprunté ce livre en voyant que l'auteur était sri-lankais, mais ce ne fut pas une réussite pour moi !
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En 1757, la guerre fait rage entre Français et Anglais pour la conquête du « Nouveau Monde ». Les tribus indiennes sont prises entre deux feux et n’ont pas d’autres choix que de « s’allier » à l’une des deux nations. Au milieu de tout cela, Œil-de-faucon, un éclaireur, et ses amis amérindiens, Chingachgook et son fils, Incas, tombent sur un officier anglais veillant sur les deux filles d’un colonel. Les dangers sont partout, d’autant plus lorsqu’un chef huron, Renard Subtil, qui hait Œil-de-Faucon, veut mettre la main sur l’une des deux jeunes filles…
Au milieu des bois, un jeu du chat et de la souris prend place… qui a fini par me lasser sur les cent dernières pages. C’est dommage, car je termine ce roman avec une pointe de déception, alors que pendant les deux-tiers de ma lecture, j’avais beaucoup de plaisir malgré quelques petits défauts.

J’ai beaucoup aimé l’atmosphère, la psychologie des personnages, le narrateur qui parle directement à la lectrice/au lecteur… C’était super immersif. Pendant plus de la moitié du roman, j’étais à fond dans l’action. Mais petit à petit… c’était répétitif, ça n’avançait pas, et mon intérêt a totalement dégringolé sur la fin.
D’autres défauts, qu’on peut certes imputer au contexte de l’époque, m’ont un peu dérangée, à savoir le machisme et un certain racisme dans le choix des mots. Les femmes, bien qu’admirables, tendres et tout, sont aussi fragiles et impressionnables que l’on peut s’y attendre de par leur sexe. Les Amérindiens sont, même les « gentils », qualifiés de sauvages, leurs coutumes de barbares… Au bout d’un moment, ça pique un peu l’oreille même si on garde à l’esprit l’époque d’écriture.

Comme tout classique, je suis tout de même contente de l’avoir enfin lu et d’avoir maintenant un avis dessus !
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date : 23-01
Encore un classique à ajouter sur la longue liste de ceux que j’aurais aimé étudier en cours, pour mieux les apprécier…
Car ce roman, fable philosophique, de moins 150 pages, se lit d’une traite. Dans une ferme, les animaux, sous l’impulsion des intelligents cochons, se rebellent et décident de travailler pour eux et non pour l’Homme. Des règles sont mises en place pour vivre en harmonie.
Mais très vite, un cochon élimine son rival (qui permettait une balance des idées et des pouvoirs), met en place une milice personnelle… et les animaux se retrouvent à travailler non plus pour l’Homme, mais pour une élite qui les dirige et les manipule.

Tout cela a un petit air familier, à la fois historiquement et actuellement. Notamment, l’idée d’une peur à brandir à la population pour lui faire accepter des restrictions de liberté et d’égalité (ici, le retour du fermier ; en France, la dette nationale ou le terrorisme…).
Bref, en moins de 150 pages, Orwell décortique les mécanismes de création d’une dictature, mais également ceux de manipulation des masses et, finalement, malheureusement, on y retrouve plein d’éléments qui ne sont pas seulement l’apanage des dictateurs, tel qu’on entend habituellement ce terme.
Franchement, il manquait plus qu’un risque de destruction de la ferme sur lesquels la majorité ne croirait pas ou minimiserait, pour un petit côté écologique, et on avait tout !

Clairement, c’est un roman à avoir lu et, même, à relire de temps à autres. C’est assez éclairant, même si encore une fois, je suis sans aucun doute passée à côté de plein d’interprétations.
Je vous le conseille, surtout qu’il se lit très très vite ;)
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date : 23-01
J’ai toujours eu un faible pour les histoires de pirates, de marins. Ce roman ne fait pas exception et, sans que ce soit un coup de cœur, j’ai passé un vrai bon moment de lecture entre ses pages.

Au tout début du 18ème siècle, le sort s’acharne sur Arzhur de Kerloguen : alors que le froid fait rage et que la famine s’est abattue sur le pays, son dernier enfant encore en vie décède. Il renie alors toute foi en Dieu et entame une nouvelle vie. On le retrouve 10 ans plus tard sous les traits de l’Ombre, capitaine pirate cruel et impitoyable.
Auprès d’Arzhur, du fidèle Morvan, du père Anselme et du jeune Tristan, on retrouve diverses facettes de la piraterie et de la vie des forbans des Caraïbes. Entre chasse aux galions, abordages et combats, on boit du rhum, on joue aux échecs et on débat de l’existence de Dieu.

Je voulais avoir un peu d’action avec cette lecture et je n’ai pas été déçue. J’ai dévoré ce roman historique d’aventures qui m’a apporté ce que je souhaitais : du dépaysement et de l’immersion.
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date : 21-01
Dès la lecture du résumé, je me doutais de deux choses : que ma lecture aurait tout me plaire, mais qu’elle serait exigeante. Je ne me suis pas trompée.

Nous sommes en 6361 selon le calendrier du Katiopa, gigantesque pays d’Afrique né il y a 5 ans, au prix de nombreuses luttes, à la fois symboliques et physiques, dans l’objectif devenir pleinement indépendant et de retrouver une identité qui ne soit pas dénaturée par la colonisation et la mondialisation.
Les héros de cette histoire sont Ilunga, chef d’Etat de ce nouveau pays-continent, et Boya, universitaire qui s’intéresse aux Fulasi, petit groupe d’immigrés qui restent accrochés à leur culture ancestrale et qui refusent de s’intégrer aux locaux. Ilunga et Boya vont vivre leur histoire d’amour malgré les obstacles (vie déjà bien réglée, besoin d’indépendance, première épouse, suspicion d’atteinte à la sûreté de l’Etat…).

Ça c’est la base du roman, qui aurait pu tenir en 300 ou 400 pages. Mais Léonora Miano a choisi d’envelopper ce qui aurait pu être une simple romance sur fond d’intrigues politiques dans une gangue de réflexions sociales, philosophiques, spirituelles… qui, aussi intéressantes peuvent-elles être, ne servent absolument pas l’avancement de l’histoire et obscurcissent même sa compréhension.
C’est bien dommage, car la lecture est sacrément alourdie par toutes ces analyses longues et souvent superflues. Je comprends parfaitement que de nombreuses.x lectrices/lecteurs aient été découragé.e.s dans les premières centaines de pages, car il demande beaucoup de concentration et de persévérance ! Heureusement pour moi, j’ai trouvé que la lecture était plus fluide aux alentours de la page 200, ce qui m’a permis d’y trouver enfin du plaisir et de la terminer sereinement.

Du plaisir, car j’ai beaucoup aimé l’histoire de fond (aussi en filigrane soit-elle) et les idées développées par l’autrice (aussi excessives soient-elles). Elle analyse finement tant la psychologie de ses personnages (dans les couples notamment) que des questions comme l’identité d’un groupe. Elle évoque indirectement le nationalisme identitaire actuel en le détournant de manière intelligente – et certaines remarques m’ont beaucoup fait rire, mais elles en feraient enrager certain.e.s !

Pour simplifier : l’intelligence du propos est sans doute, malheureusement, son point faible. Trop, c’est trop, peut-être qu’un essai aurait été plus indiqué. Néanmoins, mon plaisir grandissant au fil de ma lecture, je serais assez curieuse de découvrir la suite, le cas échéant. Maintenant que j’ai dépassé et saisi les développements que l’autrice voulait absolument faire savoir, j’ai envie de profiter à fond de l’univers, de l’histoire, des personnages et voir comment va évoluer Katiopa.
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date : 17-01
Saul est enfant lorsqu’il est emmené dans un pensionnat pour Indiens. Tenu par des prêtres et des bonnes sœurs, c’est plutôt l’antichambre de l’enfer. Les enfants sont détruits psychologiquement et usés physiquement. On leur interdit de parler leur langue, ils sont battus pour rien, utilisés pour toutes les tâches, enfermés dans une boîte en métal comme châtiments. Sans parler des visites nocturnes dans les dortoirs. Entre les morts « accidentelles » et les suicides, le cimetière se remplit bien vite…
Saul arrive à s’en sortir en trouvant sa passion : le hockey sur glace. Il devient un petit génie sur patins et peut partir du pensionnat pour vivre dans une famille amérindienne et participer à des tournois de hockey entre réserves. C’est le début d’une nouvelle vie, mais le racisme et les traumatismes l’empêchent de vivre son rêve…

Lorsque je lisais Quand les étoiles s’éteignent à l’aube l’année dernière, beaucoup m’ont dit qu’ils avaient aimé ce roman, mais qu’ils avaient encore préféré Jeu Blanc. C’était donc pour moi une valeur sûre et je n’ai pas hésité à l’acheter.
Je n’ai pas été trompée. Là où Quand les étoiles s’éteignent à l’aube était un roman de nature writing un peu éthéré, spirituel, Jeu Blanc est plus accessible, car l’histoire est plus rythmée. On y retrouve les thèmes de la résilience, des Amérindiens privés de leur dignité, de l’alcoolisme, avec ici en plus l’amour du sport.
J’ai aussi découvert l’existence de ces « écoles pour Indiens », faites pour que les enfants perdent toute trace de leurs origines, de leur langue (et bien sûr, peu d’instruction et beaucoup de châtiments corporels et de travail manuel…). Un procédé d’une horreur sans nom tant sur le principe qu’en pratique, même si j’imagine que cela a dû dépendre des endroits.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup beaucoup aimé ce roman. L’auteur a une grande pudeur, il n’y a aucun pathos et pourtant c’est très émouvant. Comme souvent, j’ai adoré lire les passages où Saul joue au hockey, j’aime apprendre de nouvelles choses et c’est toujours agréable d’en entendre parler avec passion.
Un roman court, mais qui fait un grand effet…
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date : 15-01
Née en 1909, Jean Batten est une Néo-Zélandaise parfaitement accomplie : elle pourrait devenir, au choix, danseuse professionnelle ou pianiste de concert. Mais non : suivant les rêves de sa mère, à contre-courant de la volonté de son père, sa passion se tourne vers un passe-temps dans l’air du temps, plus dangereux : l’aviation. Jean veut battre les records de vol de l’époque, notamment le trajet Angleterre-Australie.
Avec sa mère, qui sera toujours à ses côtés pour la soutenir, elle décide de partir pour Londres pour prendre des cours de pilotage. De fil en aiguille, Jean Batten devient « la Garbo des cieux ». Après les crashs de ses débuts, elle devient rapidement une aviatrice hors pair et devient célèbre, rencontre les personnalités de son temps, reçoit des médailles.
Ainsi, au travers de l’aviation et de l’histoire de Jean Batten, nous suivons toutes les péripéties du vingtième siècle.

C’est un roman un peu lent, pas spécialement addictif, et pourtant très immersif. L’autrice arrive très bien à décrire les lieux, la personnalité de son héroïne… je me suis parfaitement adaptée à ses côtés.
Comme d’habitude, c’était très agréable de savoir qu’il s’agit d’une biographie, que tout est à peu près vrai, en tout cas plausible.
J’ai été éberluée par le nombre de voyages, notamment d’aller-retour Nouvelle-Zélande-Angleterre, que font Jean et sa mère au fil des ans : pour l’époque, vu la difficulté du trajet (si Jean le fait rapidement en avion, seule, sa mère prend toujours le bateau)…
Jean Batten est une femme qui force l’admiration ; elle savait ce qu’elle voulait et elle était prête à tout pour y arriver. Mais sa mère, qui s’est mis toute sa vie au service du rêve de sa fille (le sien par procuration) est tout aussi impressionnante.

Une belle biographie sur une personnalité peu commune, une jolie immersion dans la littérature néo-zélandaise !
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date : 08-01
1956. Bill a 48 ans, son comptable lui demande de penser à son testament. Elle se replonge dans ses souvenirs en réfléchissant à qui elle distribuerait une part de sa fortune. Le présent alterne donc avec deux périodes du passé : lorsque Bill a 17 ans et fugue avec son amant et lorsque, à 27 ans, elle est embauchée pour tenir compagnie à une riche dame dépressive sous la houlette de son mari.

Honnêtement, je trouve ce roman un peu raté. Même s’il s’y passe plein de choses intéressantes, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. Plein de passages ont de quoi bouleverser : accouchement quasi seule, vente de bébé, viols conjugaux, voir ses enfants comme des inconnus… mais la narration reste si détachée que, si j’ai été souvent gênée par les actes et dérangée par l’ambiance un peu glauque, je n’ai pas du tout été en empathie avec l’héroïne, sauf à quelques rares reprises.

J’aurais bien aimé plus m’imprégner de la culture sud-africaine du début du 20ème siècle, mais l’autrice ne s’est pas du tout attachée à la faire ressortir. L’histoire aurait pu se dérouler aux Etats-Unis, il aurait juste fallu changer les mois pour les faire correspondre aux saisons (en hémisphère sud, c’est l’été en décembre, ça fait bizarre sur le coup).

Ce roman n’est pas une grande réussite, mais il a le mérite d’être assez court et tout de même original. Je pense que j’en resterai avec Sheila Kohler, dont j’avais déjà été un peu déçue avec son Quand j’étais Jane Eyre.
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date : 07-01
Ce récit est un témoignage de deuil. Un simple, un universel récit de deuil. Comment survivre à la mort brutale d’un être cher, comment accepter cette disparition tellement injuste.
A ceci près que les évènements qui touchent Antoine Leiris sont récents et sont encore frais dans notre mémoire. : l’attentat du Bataclan du 13 novembre 2015. Cet attentat dont on sait qu’il aurait pu toucher n’importe qui, que c’est juste une question de malchance.

Dès le 14 novembre, Antoine Leiris écrit ce qui deviendra ce livre. Ce sont donc les jours qui suivent le décès de sa femme qu’Antoine nous décrit.
Rien ne sera plus jamais pareil, mais Antoine a une bouée de sauvetage : son fils de 17 mois. La routine l’ancre dans le présent et la nécessité d’être là pour lui, et pas juste une épave, le force à rester à la surface.

Ce récit se lit en une heure. Une heure poignante, dont on ne peut sortir les yeux secs. La plume est juste, l’émotion affleure sans être envahissante.
Un témoignage parmi des milliers d’autres, mais qui a le mérite d’être positif et plein d’espoir.
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Avez-vous déjà entendu parler du Biafra ? C’est un pays qui a existé pendant 3 ans à la fin des années 60, après avoir fait sécession avec le Nigeria. Je ne crois pas en avoir entendu parler avant, mais avec ce roman, je suis maintenant calée !

Chimamanda Ngozi Adichie fait partie de l’ethnie igbo et c’est cette ethnie qui a voulu créer son propre Etat, en 1966 (sachant que le Nigeria était indépendant depuis 1960).
Dans son roman, elle se concentre sur un couple d’intellectuels, universitaires, Odenigbo et Olanna, et leurs proches : leur boy et la sœur d’Olanna et son mari britannique. Avant que le Biafra ne proclame son indépendance, avant la guerre, on découvre le quotidien de la classe moyenne, avec les petits tracas universels et les problèmes plus spécifiques à l’Afrique (le schisme entre les personnes instruites et urbanisées et les personnes de la campagne et leurs croyances ancestrales, le contrôle des Occidentaux sur le pays…).
Mais en 1966, tout bascule : Olanna et Odenigbo perdent leur confort de vie et subissent la guerre. De plein fouet. Les bombes qui tombent, le rationnement, se cacher dans les bunkers, manquer de nourriture et d’eau, voir les plus pauvres mourir de maladie et de dénutrition… (d’ailleurs, le syndrome de l’enfant en dénutrition qui a un gros ventre s’appelle le kwashiorkor)

Plus de 600 pages. Il fallait bien ça, car les explications historiques ne sont pas absentes au profit de l’intrigue, les deux coexistent en harmonie et je suis contente que le roman ait été aussi agréable à lire que pédagogique, même si cela commençait à faire long !
C’est un roman passionnant à tous les points de vue que je ne peux que vous recommander.
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Ce troisième tome de la trilogie du Tearling aura donc été ma dernière lecture de 2019 et j’en suiss ravie ! Cette trilogie est une vraie belle réussite, c’est bien dommage que l’autrice n’ait rien écrit d’autre…

Le premier tome était résolument de la Fantasy : une jeune orpheline cachée qui devient reine, de l’aventure, un peu de magie, beaucoup de mystère… Mais on voyait déjà des liens avec notre propre monde, liens qui ont été bien explicités dans le deuxième tome avec des parties dystopiques alternant avec l’histoire que l’on connaissait ! Bien qu’un peu étonnée, cette originalité m’avait conquise.
Le dernier tome poursuit dans la même veine : on suit en parallèle les aventures de la Reine Kelsea et de ses amis pour sauver le royaume et les débuts d’une société utopique… dont on sait qu’elle a fâcheusement déraillé.

Encore une fois, ma lecture fut géniale. Addictive tout en soulevant des réflexions intéressantes, avec des personnages super attachants… un vrai régal !!
La fin est étonnante. J’étais un tout petit peu triste et déçue pour l’héroïne, mais j’ai trouvé le dénouement très intelligent et dans la logique de l’histoire.

Je vous recommande mille fois cette trilogie, que vous soyez ou non amateurs ou amatrices de littérature de l’imaginaire. Chaque tome fait autour de 500 pages, mais je vous garantis qu’ils se lisent presque tout seuls et qu’ils sont très très difficile à lâcher :p
Mes avis précédents ont déjà persuadé quelques lecteurs/lectrices, qui ont été tout aussi conquis.es que moi… Qu’attendez-vous pour tenter le coup ?!
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date : 29-12-2019
Après la mort de sa mère, décédée dans ce qu’on appelle aujourd’hui un EHPAD, Annie Ernaux retrace ses souvenirs de cette femme, née au début du 20ème siècle, qui a vécu dans la campagne normande.
Un tel livre, il n’y a que deux façons d’en parler. Soit en développant à quel point Annie Ernaux excelle à décrire une époque, des habitudes sociales, des états d’esprit dont on ne parle pas, avec des mots d’une justesse infinie et sans jamais aucun pathos. Soit en expliquant que ces mots nous touchent en plein cœur, parce qu’on a une mamie qui est décédée dans les mêmes conditions que sa mère, parce que notre familles maternelle et paternelle a vécu dans la même région que la sienne, parce que ça fait bien trop de points communs – malgré les différences d’époque et de détails – pour ne pas rester de marbre face à cette réalité.

Je ne sais faire vraiment bien ni l’un ni l’autre des deux exercices, donc je vais en rester à cette petite prétérition, car il n’y a pas grand-chose à ajouter, les mots d’Annie Ernaux se suffisent à eux-mêmes !

Ce roman très court reposait dans ma PAL depuis deux ans, j’avais gagné à un concours deux livres de l’autrice et commencé par La Place. Je reculais la lecture de celui-ci, il me faisait un peu peur. Au final, il ne le méritait pas, mais je l’ai lu pile au bon moment pour qu’il me touche vraiment, après avoir moi-même vécu le point de départ de l’histoire.

Un roman très court, sidérant de justesse, d’une puissance rentrée qui en est d’autant plus forte. C’est gagné : je n’en resterai pas là avec Madame Ernaux…
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date : 27-12-2019
Quatre lettres, de la plus récente à la plus ancienne.
En 2015, Ahmed écrit à sa mère décédée depuis cinq ans, lui parle de son homosexualité, de leurs ressemblances, de sa conscience de n’avoir été rien pour elle.
En 2010, Vincent écrit à Ahmed pour lui rappeler ces 24 heures passées ensemble il y trois ans, son coup de foudre immédiat, sa difficulté à se remettre de ce qu’il ressent comme un abandon. Et lui proposer de se revoir.
En 2005, Ahmed écrit une lettre de rupture à Emmanuel, le Français qui l’a pris son sous aile et a fait du pauvre gosse marocain un intellectuel parisien.
En 1990, Lahbib écrit une dernière lettre à Ahmed et lui demande de se venger.

C’est sans doute cette dernière lettre qui donne la clé de lecture de ce court roman épistolaire. « Se venger » : est-ce là le sens qu’Ahmed a donné à sa vie ? Se venger de sa mère qui a failli le tuer avant même sa naissance ? Se venger des hommes français, forcément sûrs de leur supériorité sur les Marocains, les utiliser avant qu’ils l’utilisent ? Les détruire parce que d’autres ont détruit ?

Je ne suis pas certaine que ce soit la bonne compréhension de ce roman, mais c’est la seule que je trouve.
C’est la deuxième lettre, celle de Vincent, qui m’a vraiment touchée et qui m’a permis de rentrer dans la lecture, car la première était un peu absconse.
J’ai également compris le parallèle entre le paternalisme d’Emmanuel envers Ahmed et une forme de néo-colonialisme : Ahmed s’occidentalise, peut vivre son homosexualité au grand jour, mais en y perdant sa langue et sa culture.

Ce roman n’est pas inintéressant, loin de là, mais il ne m’a pas vraiment emportée avec lui.
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date : 26-12-2019
Virgile et Lucas, trentenaires, sont meilleurs amis pour la vie. A tel point qu'ils n'hésitent pas à acheter ensemble un chalet dans les Alpes pour y bâtir leur vie, entraînant compagnes et enfants dans cette cohabitation. Tout se passe bien pendant des années, jusqu'au jour où l'ex jaloux et violent de Clémence refait surface et vient menacer le bonheur de tout le monde...

Ce n'est pas du tout mon style de lecture, mais au final j'ai bien aimé. Je n'en lirais pas tous les jours, c'est certain, mais je me suis prise au jeu de ces personnages "proches de nous" (mais en mieux, avec leurs yeux bleu foncé pailletés d'or, leur bienveillance toujours au rendez-vous et à qui la vie sourit toujours malgré les ex menaçants).
La narration est omnisciente, ce qui a l'avantage de bien nous immerger dans l'histoire, de comprendre parfaitement le point de vue de tout le monde et l'évolution du roman.

Je me suis sentie plutôt bien dans ce grand chalet parfait niché dans la montagne, ça m'a fait un peu rêver ! Malgré la différence d'âge, je me suis également identifiée dans les réflexions liées aux choix de vie des personnages, ce qui est plutôt chouette.
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date : 22-12-2019
Quand les éditions Casterman m'ont proposé de recevoir ce roman graphique, je n'ai pas hésité une seconde. J'ai lu le récit de Sylvain Tesson l'année dernière, le journal de bord tenu pendant les six mois passés dans une cabane sibérienne, à boire de la vodka, pêcher, randonner, lire et penser.

J'étais curieuse de voir comment ce mélange de récit et de réflexions personnelles serait amené en bande dessinée et je suis plus que ravie ! Moi qui ne suis pourtant pas très roman graphique, je pense que j'ai préféré cette adaption.
À peu près chaque page correspond à une journée, piochée parmi les plus représentatives du récit de Tesson. L'illustrateur a très bien rendu les différentes atmosphères : la tranquillité glaciale et impériale des paysages contraste avec la chaude virilité de l'intérieur des cabanes...
Le tout est très fluide et je n'ai pas ressenti la lassitude qui m'avait conduite à entrecouper ma lecture du roman.

Cette BD est un très chouette complément au récit original ! J'ai eu tout autant l'impression d'être au côté de Tesson au bord du lac Baïkal : une vraie réussite !
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De temps à autres, j’aime lire de petits contes modernes, qui dédramatisent le malheur avec humour et tendresse. Parfois les ficelles sont un peu grosses et il faut trouver le bon moment pour savoir apprécier ce type d’histoire. Le pari est réussi avec Alors vous ne serez plus jamais triste !
Ce jour-là, le Docteur (rien à voir avec celui auquel vous pensez peut-être) l’a décidé : depuis que sa femme est morte, il n’est plus bon à rien, il n’a plus goût à rien, autant qu’il en finisse. C’était sans compter la vieille Sarah, qui bouleverse ses plans bien contre son gré et l’oblige à reculer l’échéance d’une semaine. Une semaine pendant laquelle la pétillante excentrique vieille dame essaiera de lui redonner goût à la vie et aux petits plaisirs de l’existence.

Ce genre de petite fable est rarement surprenant, mais reste souvent agréable à lire. Celle-ci ne fait exception et j’ai même été charmée par la plume de l’auteur. Simple, mais naturelle, avec un peu d’humour ou d’émotion là où il faut.
Ce petit roman dédramatise la mort, le suicide, la maladie et, dans le bon état d’esprit, ça fait du bien à lire ! Je n’ai pas boudé mon plaisir et je n’hésiterai pas à lire un autre roman de Baptiste Beaulieu.
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date : 20-12-2019
Nos Richesses est un roman engagé et porté par une très belle plume. Il m’a manqué un peu d’empathie envers les personnages pour être pleinement embarquée, mais l’histoire en elle-même est primordiale.

Nous suivons principalement deux époques.
Deux chapitres sur trois sont consacrés à l’époque où a vécu Edmond Charlot, éditeur et libraire, à Alger et Paris. Des années 30 à 60, son journal de bord nous décrit les aléas de son métier, associé aux vicissitudes de l’histoire : d’abord la Seconde Guerre Mondiale, l’Occupation ; puis les « évènements » d’Algérie, comme l’on disait hypocritement. Ces derniers sont beaucoup plus décrits par une narration au « nous » ou « vous », un chapitre sur trois : vers la fin du roman, ceux-ci, avec une économie de mots qui n’épargne pas grand-chose de l’horreur, nous racontent les massacrent de 45, la révolte de 54 et la guerre qui s’ensuivit.
En parallèle des rencontres de Charlot avec les grands auteurs de son temps (Camus, Saint-Exupéry, Gide…) et des évènements historiques, on suit Ryad en 2017, chargé de vider le local de la librairie algéroise de Charlot.

Dans ce roman, on sent tout l’amour de l’autrice pour l’Algérie et sa volonté de rendre justice tant à son pays qu’à un grand personnage de la littérature française (je cite Wikipédia) oublié. Cela m’a beaucoup touchée, tout comme la tendresse que l’on ressent dans la description des personnages.
J’ai énormément apprécié les passages historiques, tant ceux évoquant les évènements politiques que le journal de bord de Charlot, qui nous plonge dans le petit monde littéraire des années 40. C’était très agréable de côtoyer ces auteurs connus !
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J’ai beaucoup de mal à cerner les deux premiers tomes de cette saga. J’ai mis beaucoup de temps pour lire chacun d’eux, à quelques mois d’intervalle, alors qu’ils font moins de 200 pages.
Nous sommes dans la campagne norvégienne au 19ème siècle. Dans le premier tome, la jeune et sauvage Dina épouse un vieil « aubergiste » (terme flou, la famille tient une boutique mais point d’auberge à l’horizon). Dina a une personnalité totalement atypique : elle ne se fait pas dicter sa conduite, elle dit et fait ce qui lui chante et peu importe si cela choque. Sa belle-famille doit s’y habituer…
Le second tome poursuit sur cette lignée, après la mort de son époux.

L’histoire m’intéresse, mais la narration est tellement distante avec les personnages que je n’arrive pas vraiment à m’attacher à eux. Je lis un peu comme je regarderais un film : je suis immergée dans « l’action » - de ce côté-là, aucun souci - mais je ne ressens rien.

J’ai le troisième tome, donc je compte bien finir la trilogie ; j’espère y voir plus clair sur le chemin où l’autrice nous amène !
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Neige écrit par Pema Tseden
date : 13-12-2019
La nouvelle est un format que j’aime, mais malheureusement elles me touchent rarement… et ce petit recueil ne fait pas exception.
J’ai choisi ce livre pour son titre qui évoque l’hiver et parce que son auteur est tibétain.
Les nouvelles sont assez variées, parfois fantastiques, souvent réalistes, mais elles sont toutes un peu tristes. Dans la première, un berger quitte sa campagne et se fait dépouiller de toutes ses économies par une jeune femme qui le séduit ; dans une autre une jeune femme raconte à son « neuvième homme » ses déboires avec ses petits amis précédents ; un journaliste cherche à en savoir plus sur un écrivain d’histoires populaires ; un jeune berger fait la connaissance d’un Américain en septembre 2011…

A travers ces nouvelles, on découvre un peu la culture tibétaine : les histoires populaires, les croyances… Ce fut une immersion sympathique et assez loin des clichés que l’on peut avoir sur cette région du monde !
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date : 11-12-2019
Décidément, début décembre, sans doute en raison de la petite déprime saisonnière qu’il m’apporte, est pour moi le moment parfait pour plonger dans ce merveilleux conte (je l’avais lu il y a deux ans aux mêmes dates, à quelques jours près).

Pour celles et ceux qui connaissent le dessin animé Princesse Sara : il s’agit du roman qui l’a inspiré et, si vous êtes comme les autres personnes qui m’ont évoqué, émues, leur souvenir d’enfance avec ce dessin animé, je vous le conseille à 200 %.
Pour celles et ceux qui ne connaissent pas du tout l’histoire : une petite fille riche, pleine d’imagination et de gentillesse, est en pension lorsqu’un coup du sort la fait devenir orpheline et pauvre. Elle devient alors la petite bonne de la pension, mais la magie n’est jamais bien loin pour changer son destin…

F. H. Burnett, également autrice du magnifique Le jardin secret, a un talent de conteuse inouï. Dans ce roman, elle crée une atmosphère d’un cosy absolu : des objets luxueux aux tristes greniers, il y a une telle douceur qu’on se sent véritablement dans un conte de fées.
Alors certes, c’est plein de bons sentiments et l’intrigue est peut-être cousue de fil blanc. Et pourtant ce roman est un vrai délice et je suis certaine qu’il peut plaire à tout âge (je l’ai découvert à 24 ans et j’ai été émerveillée). On n’y parle pas de Noël et pourtant, pour moi, c’est le conte de Noël par excellence. Une petite fille qui fait face à l’adversité, la magie qui est dans chaque geste, une fin heureuse…

J’ai des frissons rien que d’en parler ; ce n’est pas compliqué : j’adore ce livre.
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