Votre profil Booknode a été créé !

Vous êtes  
 
Votre année de naissance  
 
Découvrez
vos lectures
de demain
Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !
En cliquant sur "Je m'inscris" j'accepte les CGU de booknode
- Créez votre bibliothèque en ligne
- Découvrez des livres proches des vos goûts
- Partagez votre passion avec d'autres lecteurs

Commentaires de livres faits par Cacoethes-scribendi

Extraits de livres par Cacoethes-scribendi

Commentaires de livres appréciés par Cacoethes-scribendi

Extraits de livres appréciés par Cacoethes-scribendi

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
date : 23-04
Cela faisait bien longtemps que je voulais découvrir la plume de Karen Blixen. J’avais commencé le recueil de nouvelles Contes d’hiver il y a quelques années, mais l’avais très vite abandonné. Je n’ai pas oublié mon idée pour autant et j’ai profité d’un challenge pour le sortir de m PAL.

Il s’agit en fait d’un recueil de cinq nouvelles, dont la plus courte fait dix pages et les autres environ une cinquantaine.
Trois m’ont le plus marquée :
Dans Le festin de Babette, deux sœurs très pieuses accueillent une gouvernante française. On y évoque les opportunités que les talents des sœurs auraient pu leur faire saisir, l’amour d’un militaire pour l’une d’elles et les grandeurs luxueuses que la mystérieuse Babette fait entrer dans la demeure morose.
Dans Tempêtes, un vieil acteur découvre en une jeune fille une somptueuse actrice, mais les caprices du destin en décideront autrement…
Et dans L’éternelle histoire, un vieil homme d’affaires, déçu de savoir qu’une histoire qu’on lui a racontée comme étant vraie n’est qu’une légende de marin, décide de la faire se réaliser pour de vrai.

J’ai aimé ces trois histoires, mais je ne sais pas trop quoi en retirer. Il n’y a pas vraiment de morale, ni de chute. On sent leur oralité, les histoires dans les histoires. Beaucoup ont en commun de recréer une fiction dans la réalité, de faire advenir ce qui n’existait pas.
J’ai été étonnée qu’à part la petite dernière, aucune ne se déroule au Danemark ! Deux se passent en Norvège et deux en Asie.

Je ne sais que penser de ces nouvelles. Je ne suis pas sûre qu’elles me donnent envie de relire Karen Blixen, mais je me laisserais sans doute tentée par La Ferme africaine si j'en ai l'occasion.
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
date : 23-04
Cette histoire bouleversante pourrait être de la science-fiction. Ou être inspirée des évènements les plus sombres de notre Histoire. Mais elle relate des faits bien réels, qui se sont déroulés chez nous, en France, il y a seulement cinquante ans.

Pendant les années 60 à 80, le gouvernement français a organisé le « transfert », la « déportation » d’enfants réunionnais.es vers la France. L’objectif était de dépeupler un peu la Réunion, en proie à une grande pauvreté et au chômage de masse, pour repeupler les campagnes françaises vides et vieillissantes. Il y avait de l’idée. Mais on aurait peut-être pu déplacer les familles en entier, voire même penser à demander leur avis éclairé aux personnes concernées, non ?
Au lieu de ça, on a arraché des enfants à leur famille, en faisant signer des contrats à des personnes illettrées, en se basant sur des critères sociaux à mesure variable, en mentant. Certains enfants seront chanceu.ses.x : adopté.e.s par une famille aimante, le traumatisme ne sera pas trop violent. Mais d’autres, surtout les garçons, ne serviront que d’esclaves à des fermiers cupides et violents…

Voilà l’histoire qui sert de base à ce récit. Pauline est une de ces enfants, elle sera traumatisée à vie, aura du mal à recoller les morceaux de son enfance au reste de sa vie, elle qui s’est si bien faite à la campagne française, malgré sa différence. C’est sa fille, Caroline, qui mènera l’enquête et découvrira l’ampleur de ce phénomène, la responsabilité du gouvernement français.

On ne peut sortir que révolté.e de cette lecture. C’est le sentiment qui prévaut, celui d’une vie brisée, de vies gâchées. Ce roman est réaliste et arrive à nous faire ressentir cette horreur sans recourir au misérabilisme.
L’auteure a parfaitement su dépeindre la psychologie de son héroïne traumatisée, sa façon de survivre.
Dans un autre registre, j’ai aimé découvrir non seulement la Réunion, mais aussi la France des campagnes dans les années 70.

Malgré son thème difficile, ce roman se lit de manière fluide, donc n’hésitez pas si ce sujet vous interpelle !
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
Niourk écrit par Stefan Wul
date : 22-04
Je ne savais pas à quoi m'attendre en ouvrant ce roman de SF française, mais j'ai bien aimé me laisser surprendre !
Nous sommes dans un futur bien lointain. Quelques siècles auparavant, la Terre s'est brusquement asséchée, transformant le fond des océans en plaines et les continents en montagnes. Les hommes et femmes survivant.e.s ont régressé à un stade préhistorique, malgré les quelques vestiges d'une civilisation technologique. L'enfant noir appartient à une tribu, entre les monts Cuba, Haït et Jamaï. Après une rencontre avec des monstres radioactifs, il arrive à Niourk, la ville des dieux...

Un roman étonnant, tant par son style que par son parti pris. L'auteur choisit une narration omnisciente, n'hésitant pas à parler de ce futur en le comparant avec les connaissances de sa/son lecteur.rice.
Vers la fin, on bascule vers de la SF pure et dure, avec des questions de science et de planètes, et j'ai aimé ce contraste avec le côté post-apo classique du reste du roman.
Encore une fois, on peut regretter la place inexistante des femmes dans ce roman. J'étais déçue, jusqu'à ce que j'apprenne que ce roman datait en fait de 1957 (donc assez pardonnable) ! D’ailleurs, pour un roman de cette époque, il y a beaucoup d'éléments très originaux (c’est sans doute pour ça que j'imaginais qu'il était récent ^^’).

Je pense que ce roman me marquera. En tout cas, j'ai eu beaucoup de plaisir à raconter l'histoire à mes proches ! Il se lit de façon très fluide et l'histoire est originale sans être très complexe.
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
date : 17-04
Je crois que c'est moi qui suis restée prisonnière le temps de ce roman… Je ne m'attendais pas à l'apprécier autant ; ce fut une lecture très belle !

De Kate Morton, j'avais lu Le Jardin des secrets, il y a une dizaine d'années. Ses thèmes de prédilection ne sont pas mes préférés (sauf l'Angleterre victorienne), mais de temps en temps, j'aime me plonger dans une atmosphère mystérieuse où les liens du temps tissent l'intrigue...
D’autant plus que cela tranche avec mes dernières lectures, donc je n'ai pas hésité à accepter de recevoir son dernier roman, La prisonnière du temps (The Clockmaker's Daughter en VO).

Kate Morton mêle avec art les fils de différentes histoires, chacune si riche et captivante qu'elle pourrait constituer un roman à elle seule.
C'est un peu l'histoire de Birdie à la fin du 19ème siècle, adoptée par malchance pour devenir une jeune voleuse des rues, qui a la chance de trouver l'amour en la personne d'un jeune peintre talentueux.
C'est aussi celle d'Elodie, en 2017, qui trouve une mystérieuse sacoche dans les archives où elle travaille et reste fascinée par son contenu...
Mais aussi les histoires de Leonard, hanté par la mort de son frère au front pendant la 1ère guerre mondiale, et de Janet qui doit vivre pour ses enfants malgré la mort de son mari pendant la guerre suivante…
Ce roman nous fait traverser différentes époques, mais tous ces personnages sont liés par une chose : Birchwood Manor, une maison de campagne qui a tout de magique…

Dès les premières pages, une touche fantastique se fait sentir. Je ne pensais pas qu'elle prendrait autant d'importance. J'étais à l'aise dans le conte tissé par l'autrice, dans l'émerveillement nostalgique de l'enfance. Mais la fin, inexorablement, nous mène vers le drame sur lequel est basé le mystère de ce roman et, peu à peu, on bascule presque dans le thriller, tant le suspense et l'effroi de la révélation qui se dévoile sont présents. Malgré cette évolution, le roman garde tout son charme légèrement onirique.

J'ai aimé le fait que le lecteur ait la majorité des pièces du puzzle en main. Je ne supporte pas quand la révélation arrive comme un cheveu sur la soupe, car totalement indécelable. Je préfère largement sentir les choses, voir arriver la vérité.

C’est aussi une histoire de deuil, de la culpabilité du survivant, de savoir dire au revoir. La grande sensibilité qui se dégage de ce roman m’a beaucoup touchée, tout autant que l’atmosphère onirique.

Malgré mes craintes, ce roman correspond tout à fait à ce que je souhaitais lire : une ambiance à la fois cosy et mystérieuse. Je vous le conseille chaudement !
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
date : 12-04
J’ai l’impression que c’est une période en ce moment, mais j’ai encore un avis très mitigé !
La vie sauvage, c’est l’histoire d’un bébé qui a survécu à un crash aérien et qui a été recueilli par un homme au fin fond de l’Afrique. On apprend qu’il a eu très tôt les armes à la main, qu’il a donné la mort… et qu’il a beaucoup beaucoup lu, notamment de la poésie (oui, par certains côtés, ce roman se veut fable).
Il a à peine rencontré Septembre, l’amour de sa vie, qu’il est retrouvé par sa famille suite à une photo de reporter postée sur les réseaux sociaux. Charles doit alors quitter son « monde sauvage » pour la « civilisation » - mais il a un plan pour retrouver sa vraie vie…

L’auteur nous dépeint une société occidentale au vitriol : les ados dont l’univers tourne autour de Snapchat et d’Instagram et qui n’ont qu’un horizon bouché et misérable comme perspective, les adultes qui n’ont qu’une petite vie médiocre et insipide.
Charles, lui, est loin au-dessus de tout ça, il a un vrai grand destin et il est terriblement intelligent et attirant (il manipule trois adultes pour avoir des relations sexuelles avec elles). Il a tellement de haine pour les gens que le lecteur ne peut qu’avoir que du mal à l’apprécier.

Déjà, certaines invraisemblances m’ont fait tiquer, comme la culture de Charles. Pas forcément la culture littéraire, mais il a certaines réflexions qui révèlent une connaissance qu’il ne PEUT pas avoir, sans parler de la maturité.
Ensuite, la description de notre société est déprimante. Quasiment personne pour rattraper les autres, sauf à la fin, où Charles semble daigner voir quelque chose d’intéressant sous le vernis navrant de ses congénères. Alors certes, il y a des accents de vérité, mais il y a nombre de clichés et d’exagérations. Et vu ce que Charles critique, je trouve la fin carrément cocasse et même ironique
Spoiler(cliquez pour révéler)
(ils sont bourrés d'argent et profitent de leur vie. C'est tout.)

Enfin, et malgré la volonté de faire de ce roman une sorte de fable, ça ne fonctionne pas bien. Le ton est trop sérieux, pour que les éléments irréalistes à l’extrême sonnent justes.

Pourtant, le message aurait être profond : montrer que « la vie sauvage » n’est pas celle que l’on croit, que la violence cachée peut générer autant de mal qu’une guerre (tiens tiens, c’est une réflexion d’actualité). Mais les exagérations et le pessimisme desservent totalement ce propos et c’est bien dommage, car l’auteur a une très jolie plume.
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
date : 09-04
Malevil est un classique de la littérature de science-fiction française, qui n’est pourtant pas très connu du grand public (un peu comme La nuit de temps de Barjavel).
Nous sommes dans une époque post-apocalyptique. Après une cinquantaine de pages pour raconter le « monde d’avant » (la campagne française dans les années 70), Emmanuel, le narrateur, explique ce que lui et ses compagnons ont ressenti lorsqu’un matin, alors qu’ils étaient occupés dans la cave à vins de son château de Malevil, une catastrophe – qu’il suppose nucléaire – a brutalement fait augmenter la température terrestre et a tout brûlé sur son passage. Il fallait être particulièrement protégé pour être épargné et ce fut le cas pour une poignée de personnes…
Emmanuel et ses compagnons organisent donc leur survie dans un monde dévasté, privé d’électricité et à la nature calcinée. Vie en communauté, rationnement, exploitation des talents de chacun, troc avec la ville voisine… Emmanuel devient vite le leader au sein de son groupe. Bien entendu, les dangers ne sont pas loin, puisque certains survivants extérieurs n’hésitent pas à manipuler des groupes pour les asservir ou à les attaquer.

J’ai entendu certains lecteurs critiquer la lenteur de l’action, le luxe de détails que se permet l’auteur. Je n’ai absolument pas ressenti cela ; au contraire, j’étais dans l’action de bout en bout ! Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et je ne crois pas avoir trouvé de passages superflus – tout au plus, la répétition d’un verbe méconnu chéri par l’auteur, parpaléger, m’a un peu agacée (il ne figure même pas dans les dictionnaires officiels).

Si le scénario ou la plume ne m’ont pas posé problème, un point m’a mis très mal à l’aise : la vision des femmes. J’ai du mal à poser le doigt sur ce qui me dérange tant, mais je vais essayer de vous l’expliquer.
Qu’elles soient vieilles ou jeunes, elles participent à la survie du groupe ; les jeunes surtout se battent et peuvent avoir de bonnes idées. Mais tout au long du roman, reste l’idée que « les femmes » posent quantité de problèmes, en semant la zizanie parmi les hommes.
Pour la première, Miette, le héros qui la ramène au château décide – quelle grandeur d’âme – de la laisser choisir avec qui elle veut être. Si elle veut mettre son corps à la disposition de tous (six hommes), c’est encore pour le mieux. C’est ce qu’elle fait, l’auteur mettant un point d’honneur à expliquer qu’en plus, elle-même n’y prend pas spécialement de plaisir. Miette ne pose donc pas trop de problème : elle n’est pas exclusive, mieux, elle n’est pas séductrice et elle est même muette !
En revanche, la seconde jeune femme qui rejoint le groupe aime jouer de ses charmes et se choisit un élu, sans lui promettre pour autant l’exclusivité : que de soucis en perspective…
Bref, tandis que les jeunes femmes empêchent les hommes de réfléchir clairement et sont un objet de discorde, les vieilles sont une gêne à la bonne cohésion du groupe, voire à sa survie.

Si l’aspect que je viens de développer est un point sensible pour vous, Malevil vous embêtera sans doute beaucoup, car c’est léger, mais très prégnant. C’est vraiment le seul point négatif pour moi et, sans cela, peut-être ce roman aurait-il été un coup de cœur, car il est passionnant, réaliste et plein de réflexion. Je suis très contente d’avoir enfin tiré ce roman des étagères parentales et d’avoir découvert cet auteur français bien connu.
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
Que dire de ce roman ? Ce n’est pas évident de m’exprimer…

Je vais commencer par le plus simple : l’objet-livre. C’est la première fois que je lis un roman des éditions Marchialy et j’ai été complètement conquise par le travail éditorial. La couverture est de toute beauté et la mise en page est à la fois jolie et originale (les titres de chapitres, les notes de bas de pages… qui ne sont pas en bas des pages). C’est si agréable de sentir qu’on ne tient pas un livre comme les autres entre les mains !

L’auteur est un spécialiste des FARC et il nous donne à les voir sous un angle précis : celui d’un jeune homosexuel, transsexuel, soldat « volontaire » (suite à son arrestation alors qu’il était en boîte en mini-jupe) et otage des FARC. On sent déjà que dans ce court roman de moins de 200 pages, beaucoup de thèmes sensibles sont abordés.

Je dirais que sa qualité est aussi son défaut : pas grand-chose n’est expliqué, explicité, dans ce livre. D’un côté, ça donne une certaine légèreté de ton, malgré la gravité de certains passages. Pour le narrateur, rien n’est grave et la vie continue. D’un autre côté, j’aurais aimé pouvoir mieux comprendre les tenants et les aboutissants de la lutte des FARC, avoir une vue un peu d’ensemble de cette problématique que je connais très peu. Par exemple, j’aurais aimé savoir ce que Manzana en pensait ou même le journaliste qui part à sa recherche.

J’ai aimé l’originalité de ce roman, le dépaysement. Attention, certains passages sont très durs (l’armée et l’homosexualité, ça ne fait pas bon ménage…). Passé un certain point, le temps de me plonger dans l’ambiance, je l’ai lu avec beaucoup de fluidité. Manzana est un personnage très sympathique, j’aurais bien aimé le suivre sur une plus longue période.

Je ne sais pas si j’aurais lu ce roman de moi-même, mais je suis contente de cette découverte, ne serait-ce que pour la maison d’édition !
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
date : 31-03
J'aime quand un roman qui ne paye pas de mine, emprunté un peu par hasard, se révèle profond et touchant !

Ce roman se déroule un 21 avril, le jour du mariage d'Anna. L'occasion pour sa mère de se replonger dans ses souvenirs et d'analyser sa relation avec sa fille unique.
Sonia a quitté son pays, l'île Maurice, à 17 ans pour ne jamais y retourner.
Anna est le fruit d'un amour de jeunesse, d'un amour de passage : il y a 23 ans, Sonia rencontrait Matthew avant qu'il parte pour l'Afrique. Disparu pour toujours, sauf dans la mémoire de Sonia.
Sonia est écrivain. Elle a l'impression que sa fille lui en veut de passer autant de temps dans son monde intérieur. D'ailleurs, elle est aussi bohème et anticonformiste qu'Anna est une fille bien comme il faut qui rêve de se ranger sagement.

Il y a peu de dialogues, c'est pour cela que ce roman de moins de 200 pages ne se fait pas dévorer. Peu d'action, et pourtant c'est passionnant. La personnalité de la narratrice est irrésistible et la plume de l'autrice est splendide ! Des thèmes variés sont abordés avec profondeur et justesse, de l'écriture à la relation de couple, en passant par l'immigration et bien sûr la relation mère-fille.

C’est au final un très beau portrait de femme, que je ne peux que vous conseiller sur vous apprécier les romans qui font réfléchir sur les petites choses de la vie.
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
date : 28-03
Cela faisait bien longtemps que je voulais lire ce roman à la forme atypique qui a tant fait parler de lui. Moi qui pensais tomber facilement sous son charme, j’ai été plutôt déçue…

Mais commençons par le début. Songe à la douceur est un roman Young Adult (donc plutôt jeunesse) qui a la particularité d’être écrit en vers libres. Oui, un roman écrit en vers : ça rime, c’est rythmé, c’est même parfois « calligrammé ».
Je m’attendais donc à ce que ce soit poétique. Sauf que ça ne l’est pas ; c’est même plutôt le contraire, en un sens. Si certains passages m’ont beaucoup plu, m’ont touchée ou m’ont fait rire, globalement j’ai trouvé l’écriture plate et même froide.

Passons à l’histoire. Je ne suis pas difficile en histoire d’amour et j’ai beaucoup aimé celle qui nous est proposée ici. Après un flirt estival et adolescent, Eugène et Tatiana se rencontrent dans le métro, dix ans plus tard. Alors que c’était le jeune homme qui l’avait éconduite en 2006, le froid et blasé Eugène s’enflamme et brûle de fantasme en retrouvant une jeune femme sûre d’elle…
J’ai dévoré leurs retrouvailles et les passages dans le passé. La Tatiana de 14 ans et l’Eugène du présent m’ont plus plu que leur présent et passé respectifs, qui sont beaucoup plus froids et rationnels !

De même, j’ai apprécié que la narratrice, qui ne joue aucun rôle dans le récit, donne son avis sur les réactions des personnages, tease un peu l’histoire. Cela donne un côté très frais au roman et une autre dimension.

Je me suis retrouvée dans les personnages. Paris, en 2016, à 24 ans : je l’ai vécu. J’ai aimé me sentir proche d’eux spatio-temporellement, me dire que j’aurais pu les croiser à Sainte-Geneviève, au musée d’Orsay ou flânant sur les bords de Seine. Cet ancrage ne m’a pas gênée, au contraire ! J’aime quand les histoires se font le témoignage d’une certaine époque.

Mon avis sur ce roman est donc un peu mitigé. Je suis contente de l’avoir découvert, mais soulagée de ne pas avoir craqué pour l’acheter à sa sortie en poche !
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
date : 27-03
Que voilà un roman inclassable. Entre drame familial, jalousies malsaines, problèmes d'artiste... il touche à beaucoup de sujets.

Le chef-d’œuvre est construit en trois parties. Dans la première et la troisième, on assiste au triomphe artistique de Johan, vu par divers protagonistes : son frère jaloux, une amie de la famille fascinée, sa mère dominatrice. La seconde partie nous fait faire sournoisement un saut dans le passé en se centrant sur le terrible drame qui secoue Johan et sa femme (d’ailleurs, il a fallu attendre de revenir au présent avec la troisième partie pour que je sois sûre à 100 % qu’il s’agissait bien du passé…).

Je parle beaucoup de Johan, car c'est le personnage central, mais ce n'est pas forcément le principal. Le héros, l'héroïne, c'est peut-être Ellen, sa femme. Elle apprend à se reconstruire et à se construire malgré son narcissique mari. C'est peut-être Alma, la grand-mère manipulatrice qui aime voir ses fils e déchirer. C'est peut-être Oscar, le frère qui a toujours tenté de le rabaisser.
Mais c'est Lisa et son mari Lawrence, les personnages que j'ai le plus aimés. Elle et il observent cette famille avec fascination et c'est à travers leurs yeux qu'on la comprend encore le mieux !
Spoiler(cliquez pour révéler)
Je ne m’attendais pas du tout à un événement aussi dramatique que le décès de la petite fille. J’ai été terriblement touchée par la détresse d’Ellen, d’autant que cela a un peu coïncidé avec un épisode à l’hôpital dans ma vie réelle…

Même si j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, beaucoup d'éléments m'ont touchée dans ce roman et beaucoup me marqueront. La vision de la peinture. La description de la confection magique et infernale d'une confiture. Pourquoi le thème du poisson est omniprésent, autant que celui de la musique. Les longues marches amicales.

En revanche, la fin m’a un peu déçue et je ne l’ai pas vraiment comprise…

La plume de l'autrice fut parfaitement à mon goût. Précise, poétique quand il faut, ironiquement prosaïque parfois. Un vrai délice de lecture, qui a participé à m'obliger à lire ce livre lentement (on parle de « déguster », dans ces cas-là).

J'aurais mis une semaine à lire ce roman de 350 pages. Une petite expérience littéraire, j'ai énormément aimé l'ambiance de ce livre.

Si je vous ai intrigué.e.s, n'hésitez pas à lire ce roman : je ne pense pas que vous le regretterez !
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
Et voilà, j’ai fini la fameuse trilogie des Ferrailleurs qui m’intriguait tant depuis plusieurs années. C’est une série originale, qui ne ressemble à aucune autre, que ce soit dans l’histoire, dans le ton, dans l’atmosphère…

Dans ce dernier tome, Clod est si désespéré qu’il est attiré par le côté obscur, tandis que Lucy continue de le rechercher et de persuader les gens. Une multitude d’autres personnages deviennent narrateurs de petits bouts de l’histoire, dans la lignée des rapports, journaux intimes et témoignages qui constituent les tomes précédents.

Je suis restée un peu sur ma faim, il m’a manqué un peu d’explications : sur les transformations en rats, sur la fin qui est très très rapide et un peu brouillon… De même, une belle réflexion sur l’identité est amorcée dans la trilogie, mais elle n’est pas aboutie…

Finalement, peut-être que cette série est un peu trop jeunesse. Elle aborde plein de thèmes intéressants, mais elle ne les approfondit pas, c’est un peu frustrant !

Si vous avez commencé la trilogie, je vous conseille de la finir. On voit Londres sous un autre jour, dans ce roman !
Si vous ne connaissez pas cette trilogie, je vous la recommande si vous aimez les ambiances étranges, voire loufoques. Pour ma part ce n’est pas vraiment mon cas, mais j’ai apprécié son originalité !
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
date : 16-03
Je veux lire Baguettes chinoises de Xinran depuis années. Le hasard a fait que j'ai d'abord lu Funérailles célestes, que j'ai énormément aimé, puis Chinoises, qui m'a déçue. C'est pour ça que j'ai attendu longtemps pour le sortir de ma PAL... et ce fut une excellente lecture !

Nous suivons les premiers pas à la ville de trois jeunes campagnardes, qui ont à cœur de se prouver et de prouver à leur père et à tous les clichés arriérés que des « baguettes » (surnoms des filles à la campagne, par opposition aux « poutres » que représentent les hommes) peuvent aussi gagner suffisamment d’argent pour soutenir leur famille.
Chaque sœur a droit à un chapitre dédié, à tour de rôle.
L’aînée, Trois, montre le chemin à ses sœurs. Elle met son talent pour faire de jolies compositions de fruits et légumes au service de sympathiques propriétaires d’un restaurant de quartier.
Dans son village, Cinq est réputée pour être un peu bête, un peu lente. On ne lui a pas donné l’opportunité d’aller à l’école. Malgré tout, elle réalise en travaillant dans un établissement de bains prestigieux qu’il n’est pas forcément nécessaire de savoir lire et écrire pour être reconnue professionnellement et que ses talents peuvent tout aussi bien être ailleurs…
En travaillant dans une belle maison de thé dédiée à la lecture, Six, l’intellectuelle, a l’occasion de rencontrer des gens bien différents de ceux de sa campagne, et même des étrangers (des « Longs nez ») ! Elle a l’impression que le monde ne demande qu’à être découvert.

Dans ce roman, Xinran nous dépeint la condition des femmes en Chine, mais également les différences abyssales qui existent entre la campagne et la ville (l’équivalent de plusieurs siècles les sépare). J’ai beaucoup aimé découvrir certains aspects de la culture chinoise tout en douceur, combinée à une petite critique de la politique « socialiste ». L'auteure - ou la traductrice ? - met un point d'honneur à expliquer les spécificités chinoises, y compris des éléments de langage comme la signification des prénoms ou de jeux de mots.
Il y a également quelques éléments humoristiques qui sont surprenants mais bienvenus dans un roman de ce type !

Je ne peux donc que vous conseiller Baguettes chinoises pour découvrir la culture de ce pays, au travers d’une jolie histoire tirée de faits réels.
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
Envie d’aventures, d’honneur peut-être, de combats pourquoi pas. Voilà l’état d’esprit qui m’a conduite à piocher le premier tome des aventures du capitaine Alatriste à la bibliothèque (le fait que l’auteur soit espagnol n’a PAS DU TOUT pesé dans la balance, bien entendu ;) ).

J’ai donc fait connaissance avec ce fameux capitaine par le biais de son page, Iñigo, le narrateur de l’histoire. A Madrid, au 17ème siècle, l’existence n’est pas de tout repos pour un ancien soldat fauché ! Alatriste a donc l’habitude de rendre des services d’épée, pour venger quelque question d’honneur d’un bourgeois ou faire la sale besogne d’un politique… Mais dans ce tome, il se fait prendre dans des rouages qui le dépassent et se retrouve mêlé aux affaires des puissants de cette époque.

Ce roman fait moins de 200 pages et se lit très rapidement. On s’attache aux héros, même si je déplore la manière dont les quelques personnages féminins sont dépeints. J’ai apprécié l’atmosphère de l’histoire et en savoir plus sur cette période historique, fastueuse pour l’Espagne.
La plume est sympathique, avec un vocabulaire riche, mais l’auteur semble mettre un point d’honneur à insister sur certains éléments qui en deviennent répétitifs : les six pouces d’acier dans le corps, « l’Espagne des Autrichiens »…

Il y a peu de chances que je lise la suite de la série, mais je pourrais peut-être me laisser tenter si une envie d’aventure historique me reprenait !

Peut-être ce livre vous dit-il quelque chose, car il est sorti en film avec Viggo Mortensen dans le rôle-titre ;)
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
date : 09-03
Quand une petite fille maltraitée veut se fabriquer son propre bonheur et que tout dérape... .

La mère de Jarka l'a eue à 16 ans. Enfant indésirée dont il faut bien s'occuper, mais le strict minimum. La fillette est souvent livrée à elle-même et il arrive même aux amants de passage de sa paumée de mère de s'occuper d'elle un peu trop intimement...
Un jour, Jarka voit deux jumeaux dans une poussette. Elle décide de prendre soin d'eux dans la cabane de jardin où elle vit ses plus jolis moments de rêve. Mais entre rêve et réalité, le fossé est bien large...

Sans en avoir l'air le moins du monde, ce roman est d'une grande violence. Que Jarka narre ses déboires en toute simplicité ou qu'elle se voile totalement les yeux sur la santé des deux enfants dont elle s'est octroyé la charge, le malaise est de plus en plus présent au fil du récit.

Je ne suis pas sûre d'avoir entièrement compris tout ce que l'auteure a voulu transmettre, donc je reste un peu dubitative maintenant que je l'ai terminé…

C'est une lecture atypique et je pense qu'elle me marquera. Cette première incursion dans la littérature slovaque est intrigante !
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
date : 07-03
Ce troisième tome est à la fois plus triste et plus captivant que les précédents. Je vois enfin où nous mène l’auteure, avec ses quatre personnages si différents et la vieille ferme.

Ce tome aborde de plein fouet la culpabilité engendrée par le suicide d’un proche et la pression familiale. Torunn essaie de reprendre l’élevage de porcs de son père. Malgré sa bonne volonté et l’aide d’un professionnel, difficile de s’improviser fermière…

J’ai bien aimé que les personnages évoluent et qu’on voie mieux leur personnalité. Après deux tomes à tout porter sur ses épaules, Torunn craque. Après deux tomes à apporter du scintillant à l’histoire, Erlend se révèle un poil narcissique. Quant à Margido, ses réflexions sont de plus en plus intéressantes ; il commence à comprendre qu’il doit agir pour aider les autres et être heureux, au lieu d’attendre dans sa vie un peu étriquée.

En mettant en parallèle la vie d’agriulteur.rice, une vie « banale » et une vie luxueuse, l’auteure arrive bien à nous faire comprendre à quel point la première demande des sacrifices et est incomprise des autres gens. Pour certains, une vie sans week-ends libres est inimaginable. Pour d’autres, c’est simplement le fait de ne pas pouvoir faire une soirée déjantée le samedi soir sans qu’une femme de ménage vienne le lendemain à 9h pour faire disparaître les tristes vestiges de la veille…

J’ai dévoré ce tome aussi vite que les autres. Une vraie bouffée d’air norvégien ! Je ne vais pas résister bien longtemps à l'envie de dénicher le tome 4...
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
Quel plaisir de lecture ! Je suis adepte des romans qui nous font voyager, découvrir une autre culture. J’aime particulièrement découvrir les coutumes de peuples très différents du monde occidental et j’ai été servie avec cette lecture !

L'étrangère, la taguitan, c'est Anna, une jeune ethnologue russe pleine d'ambition. Pour rédiger la thèse la plus complète possible, elle est prête à tout. Y compris traverser le pays et épouser un jeune tchouktche pour s'intégrer totalement au peuple sujet de sa thèse... On imagine bien les problèmes que cela peut engendrer.
Anna épouse Tanat et apprend très vite la façon de vivre de sa famille. Elle perd ses a prioris sur les peuples dits « primitifs » et consigne tout dans ses carnets. Mais elle ne peut pas s’imaginer à quel point son expérience, purement scientifique à la base, va bouleverser son existence et ses croyances…

Ce roman est extrêmement réaliste. Les personnages ne sont pas idéalisé.e.s, loin de là. Anna est prête à tout par ambition, Tanat et Rinto ne lui épargnent aucune coutume, même les plus dures… Mais ça ne s'arrête pas là, puisque le roman se déroule en 1947, soit au tout début de la Guerre Froide, et à l'extrême nord-est de la Russie, soit à quelques kilomètres de l'Alaska, donc des États-Unis... Le contexte de la Guerre Froide et de la collectivisation donne une dimension historique plus large et ajoute un peu d’action.

Cette lecture m’a beaucoup fait penser à Funérailles célestes de Xinran : une jeune femme de la ville, pour des raisons qui lui appartiennent, se fait « adopter » par un peuple nomade nord-asiatique, jusqu’à intégrer sa façon de vivre de manière presque irréversible.
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
La famille Ferrayor veille sur les déchets de Londres. Mais pour asseoir sa suprématie, elle a recours à des procédés assez malfaisants...
Dans ce tome 2, les aventures de Clod et Lucy se poursuivent. Ca commence mal : Clod est transformé en pièce de monnaie et Lucy est ensevelie dans la décharge…

Au contraire des avis que j’ai pu lire, j’ai préféré ce tome-ci. Il est moins dérangeant et le rythme est moins inégal. Peut-être que le fait de savoir à quoi m’attendre m’a aussi aidée à mieux m’immerger !
J’ai aimé voir Clod utiliser son don et Lucy devenir une passionaria ! J’ai l’impression que l’auteur aime jouer avec les codes du genre et cela m’a plu.
Je suis curieuse de voir ce que les Ferrayors vont bien pouvoir inventer comme machinations maintenant que tout a changé pour eux/elles…
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
date : 25-02
Avec ses mots, Liborio nous raconte la vie de clandestin, les passages à tabac, la crainte des policiers de la « migra », la fille qu’il aime, sa « marraine » qui le maltraitait avant qu’il traverse le Rio Grande au péril de sa vie.
Liborio a reçu le minimum d’éducation, mais il a beaucoup lu grâce à son job dans un bookstore. Du coup, tout comme sa jeunesse naïve est contrebalancée par une expérience de la vie qui l’a endurci, ses paroles oscillent entre simplicité, voire vulgarité, et poésie, mots inventés pour mieux retranscrire la vie.

Tout cela donne un roman touchant et original, vivifiant.
J’ai eu un peu de mal avec la première partie, qui nous en balance plein la tête sans beaucoup d’explications. Je me suis attachée au héros, tout en restant un peu dubitative.
Et puis le récit décolle dans la seconde partie. Plus lumineux, plus tendre… tout aussi connecté à la misère, mais d’une façon pleine d’espoir.

Ce roman a le mérite de faire réfléchir, tout en jouant avec les mots. Pour une fois, aucun de ces deux aspects n’est privilégié au détriment de l’histoire. Dès que j’ouvrais ce livre jaune soleil, j’étais auprès de Liborio, d’Aireen et de Naomi, du Boss et de l’entraîneur Bald.

C’est une très jolie découverte que je suis heureuse d’avoir faite grâce à Bookstagram !
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
date : 25-02
J'avais envie de plonger dans un classique, d'être emportée par le souffle lent et puissant que seuls des ouvrages écrits avant 1950 peuvent créer.
C’est en partie réussi, car ce roman est très bien écrit. Il y a des formules magnifiques à donner des frissons et une belle réflexion sur la littérature.
Mais qu'est-ce qu'il est répétitif !

Martin est un jeune marin qui fait la connaissance de Ruth, une jeune bourgeoise. Pour lui, c'est le coup de foudre, mais il se sent inférieur : ils ne font pas partie de la même classe sociale et il ressent douloureusement son inculture. Pour se hisser au niveau de sa dulcinée, il se met à lire : grammaire, sciences, philosophie...
Rapidement, lui vient le besoin irrépressible d'écrire et de donner son avis sur le monde qui l'entoure. Il envoie ses essais, ses poèmes et ses nouvelles à des dizaines de revues, persuadé de son génie littéraire. Mais tous ses manuscrits lui sont renvoyés. Qu'à cela ne tienne : il continue d'écrire et d'envoyer ses écrits dans tous le pays, même s'il est totalement fauché.

Durant presque 300 pages, il se passe inlassablement la même chose : Martin écrit, Ruth lui demande de trouver un vrai métier, ses manuscrits sont refusés, Martin est plus intelligent que tout le monde.
J'exagère un peu, mais c'est vraiment ce que j'ai ressenti ! Même les réflexions, intéressantes au début, finissent par être redondantes.

Pourtant, le début était agréable et promettait une belle histoire. Le rythme était très rapide, même s'il ne se passe pas grand-chose. En effet, l'élément déclencheur surgit avant la page 10 et Martin évolue très très vite !
Malheureusement, le reste du roman n'a pas suivi et j'ai dû m'accrocher pour le terminer. La fin le fait remonter un peu dans mon estime, mais pas suffisamment pour compenser le reste...

Je ne sais pas quoi penser des personnages. C'est étonnant : l'auteur arrive à dépeindre des héro.ïne.s qui semblent parfait.e.s, tout en les critiquant plus ou moins ouvertement. On oscille entre la tendresse et l'agacement envers Martin et Ruth et je pense que c'est voulu.

Globalement, Martin Eden fut donc une petite déception. Une grosse, même, au vu des avis dithyrambiques que j'avais lus !
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
date : 12-02
J’ai trouvé ce roman très original, bien différent de tout ce que j’ai pu lire, et pourtant je n’arrive pas à mettre exactement le doigt sur ce qui me donne cette impression…
La narratrice est une glaciologue en pleine mission polaire, sur le point d’accomplir ce pour quoi elle a travaillé toute sa vie. D’ailleurs, elle rêve depuis son enfance de devenir exploratrice polaire : avec son frère et sa meilleure amie, lui et elles y ont joué maintes et maintes fois, jusqu’à prendre les rôles de trois fameux explorateurs, dont celui qui a « découvert » le Pôle Sud.

Les quelques 150 pages du romans sont donc de constants aller-retours entre l’expédition professionnelle de Hanna et ses souvenirs de la meilleure période de sa vie, celle du trio Amundsen, Scott et Oates. Les souvenirs, douloureuse nostalgie, remontent, car un message de son frère l’informe que « Scott est mort ». Scott, le surnom de la meilleure amie qu’elle a jamais eue et qu’elle a perdue de vue depuis bien longtemps…

Je n’ai pas lu ce roman très vite et pourtant il m’a happée très facilement ; j’oubliais totalement le monde extérieur entre ses pages. Entre la tension de l’expédition de Hanna, aux réactions imprévisibles qui m’ont un peu fait penser à une ambiance de thriller, et la douceur chaleureuse des souvenirs, je me sentais plutôt bien dans cette histoire.

Ce roman est au final assez mystérieux, c’est une tranche de vie, une tranche de passé. Il aborde de front la solitude et la perte d’une amitié.

J’ai beaucoup aimé ce roman sensible et original. Avec l’évocation de la glace et du froid, c’est parfait pour cette période de l’année !
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
De la Fantasy un peu steampunk, avec un style à la Tim Burton très appuyé. Nous sommes dans un Londres victorien où une grande famille s'est enrichie en s'appropriant les vieilleries des autres. Un château au milieu d'une décharge à ciel ouvert, pestilentielle, dans lequel vit la grande famille des Ferrayor. Elle a ses codes stricts et particuliers, une armée de serviteurs et un rapport étonnant aux objets.
Cod Ferrayor et Lucy Pennant sont deux adolescent.e.s qui vont se rencontrer fortuitement et nous raconter leur histoire en levant le voile sur quelques mystères.

Il y a un aspect dérangeant dans ce roman. D'abord, les personnages sont assez inhumain.e.s, cruel.le.s sans raison, comme peuvent l'être les méchant.e.s dans les dessins animés. Les illustrations de l'auteur, (volontairement ?) assez affreuses, renforcent cette impression. Et puis il y a de la saleté partout, des petites bestioles plus ou moins sympathiques... Sans oublier le peu de cas que les Ferrayor font de ceux qui ne sont pas des Ferrayor. Inhumain.e.s, vous dis-je.

En l'écrivant, en y réfléchissant, ce pourrait bien être une petite métaphore de la société actuelle. Avec la minorité qui s'enrichit sur le dos des autres, qui leur impose ses règles et leur ment pour pérenniser le système, voire qui les vampirise.

Sans aller jusque là, l'histoire est tout de même sympathique. Je me suis prise d'affection pour les deux héro.ïne.s, il y a pas mal d'action... et l'univers est original, c'est indéniable.

Je lirai le deuxième tome dans quelques temps, ça me permettra de me faire une idée plus nette de tout ceci !
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
date : 07-02
La fin de ce roman me laisse une impression de malaise. Pendant toute l’histoire, j’ai attendu de découvrir le fin mot de cette disparition mystérieuse… et maintenant, j’hésite entre la tristesse et la colère, l’écoeurement.

Que je vous explique. En 1944 en Slovénie, Veronika et son mari disparaissent. Plus tard, cinq personnages, à différentes époques, se rappellent le couple et surtout la fascinante Veronika. Dans les cinq parties du roman, les narrateur.rice.s nous approchent de plus en plus près de la vérité, jusqu’à ce que le cinquième narrateur la fasse éclater.

Les souvenirs sont alourdis des sentiments qui animent chaque narrateur.rice : un amoureux perdu, une mère folle de chagrin, un ami qui ne veut reconnaître sa part de responsabilité, une amie qui n’a rien pu faire et celui qui a poussé un des premiers dominos.
J’ai eu peu de mal avec les trois premiers narrateur.rice.s. Leur complainte lancinante était très répétitive et une fois que l’on connaissait les principaux évènements, cela n’apportait pas grand-chose de les voir par les yeux de ceux/celles qui n’ont jamais percé le mystère. J’ai donc passé une grande partie de ma lecture à m’ennuyer un peu. En revanche, la fougue de Jozi et le remords mêlé de honte et de fatalisme de Jeranek ont dynamisé un peu le récit, jusqu’à finir par me faire vraiment réagir…

Ce roman, c’est une facette de la Seconde Guerre mondiale en Slovénie. Je regrette un peu le manque d’explications et de contextualisation ; j’aurais aimé mieux comprendre les évènements et pouvoir les situer historiquement.
C’est une expérience intéressante de voir le même personnage, l’héroïne, par les yeux de plusieurs personnes et ne jamais la connaître « de l’intérieur ». Chaque narrateur.rice a vécu une histoire différente avec elle, mais chacun.e s’accorde sur son excentricité, sur sa gentillesse, sur son étonnant magnétisme.
Spoiler(cliquez pour révéler)
Jusqu’au bout, j’ai espéré… la fin n’en a été que plus cruelle.


Ce roman a quelque chose d'unique. Je ne l'ai peut-être pas apprécié à sa juste valeur, mais je crois qu'il va me marquer pendant quelques temps...
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
date : 05-02
J’ai aimé ce second tome autant que le premier ! C’est fou comme on sent bien auprès des personnages d’Anne B. Ragde. Il ne se passe pas grand-chose, ce ne sont que des petites choses du quotidien… et pourtant on ne s’ennuie pas une seule seconde.

L’histoire poursuit son cours après la découverte du secret familial.
Tor continue son travail à la ferme, mais il doit maintenant subir le soutien de ses frères et de sa fille. Après une vie de routine figée, il a du mal à partager un peu de sa vie avec les autres... Son côté bougon, rageur et un peu pitoyable est donc toujours présent.
Erlend trouve sa vie parfaite auprès de Krumme, quand celui-ci lui confie son désir d’enfant. Encore une perspective qui bouleverse une existence, mais j’ai adoré suivre les réflexions du couple pour avoir cet.te enfant. C’est un élément de l’histoire auquel je ne m’attendais pas, résolument moderne. Je n’ai encore jamais lu/vu d’histoires de coparentalité de ce type, donc je suis très curieuse de voir comment cela va se développer dans les prochains tomes !
Quant à Torunn, elle fait face à plusieurs choix, et notamment savoir dès maintenant si elle prendra la suite de son père à la ferme. Entre son père isolé, sa mère qui vient de se faire quitter et son nouveau petit qui semble trop parfait pour être réel, la citadine fait face à quelques difficultés.
Margido est le personnage sur lequel il y a le moins à dire. Peut-être est-il un peu moins travaillé que les autres, car ses doutes sur sa foi ne sont pas très « crédibles »… En revanche, son besoin d’avoir son propre sauna me touche et me fait sourire. C’est une petite touche d’excentricité dans ce personnage au demeurant bien terne !

Voilà pour le petit tour d’horizon sur l’histoire et les personnages. Ce roman se lit vraiment très facilement, je me sens tellement à l’aise entre ses pages ! C’est juste la vie de quatre personnages en Norvège et au Danemark. Rien de plus. Je ne sais pas comment la magie opère, mais elle opère !
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
date : 31-01
Oui, ce n'est que maintenant que je lis ce petit roman qui aura tant marqué l'année 2016 ! Il m'a toujours tentée, pourtant, mais l'occasion de le lire ne s'était jamais présentée... jusqu'à ce que tombe dessus dans la section « soldes » d'une bouquinerie bruxelloise et que je n'hésite pas une seconde…

C'est un tout petit roman de moins de 200 pages qui se lit avec une certaine délectation. J'ai savouré la douce folie des premières pages, ces deux adultes qui font de leur vie un rêve éveillé, en adaptant la réalité à leurs fantasmes.
Je me suis laissée attendrir par ce que l'on découvre par la suite et la fin du roman.
Certaines sorties m'ont fait sourire ou rire, comme le petit humour noir sur Claude François...

Par-dessus tout, j'ai dégusté la plume pleine de rimes de l'auteur, qui fait que ce roman se lit comme un poème, comme une chanson ! Je n'ai réalisé ce détail que vers la fin, mais une fois décelé, je n'ai pas résisté à l'envie de lire le texte à voix haute !

La seule chose qui m'a un tout petit peu moins plu, c'est le narrateur. C'est un petit garçon qui s'exprime et dans certains livres c'est bien fait, dans d'autres moins. Dans ce roman, c'est à la limite, en étant parfois un peu lourd...

Je classe ce roman dans la catégorie des « romans doudous ». À cause de certains personnages et certains évènements, il s'apparente aux romans feel-good, mais en étant beaucoup plus original et mieux écrit (pardon aux adeptes du genre).

En attendant Bojangles est un très joli conte moderne, doux-amer, doux-dingue, bien écrit. Une découverte tardive, mais bien belle !
Avez vous apprécié ce commentaire ? +2
date : 31-01
Le Bhoutan. Un tout petit pays au nord-est de l’Inde. Son existence est quasi-inconnue, alors je ne vous parle pas de sa littérature ! Kunzang Choden est le.la seul.e auteur.e bhoutanais.e que je connais. J’avais déjà lu il y a quelques années Le Cercle du Karma et quand j’ai vu un recueil de nouvelles à la médiathèque, je n’ai pas résisté !

Dans chaque nouvelle, une histoire de femme. Mère, fille, épouse, sœur : Kunzang Choden nous décrit leur vie dans leur cabane, loin de la technologie et de la mondialisation qui ont pourtant déjà atteint les villes.
Je commence par cela car dans la nouvelle qui m’a le plus marquée, une jeune fille retrouve son village natal pour aider sa mère aux travaux domestiques, après avoir passé plusieurs mois à la capitale, où elle a découvert la mode, la télévision… Elle garde en souvenir de cette époque un piercing au nombril, qui devient l’attraction du village !

Kunzang Choden a à cœur de nous décrire la vie dans de petits villages bhoutanais et j’en retiens deux choses.
D’abord, l’importance de la communauté : dans la plupart des nouvelles, c’est tout le village qui participe à l’histoire, en commentant, jugeant… voire déclenchant le problème.
Mais plus encore, l’auteure dépeint une société dans laquelle les femmes subissent. Tous les travaux domestiques incombent aux épouses et aux filles, jamais aux fils. Les épouses sont soumises au bon vouloir de leur mari. Et que dire de cette jeune fille qui arrête l’école prématurément pour aider ses parents aux champs et afin que ses trois frères, eux, puissent faire des études plus longues ?

Chaque nouvelle est presque comme un petit conte, on y décèle parfois une morale. Rares sont celles qui « finissent bien ». Ce recueil de nouvelles permet de découvrir une société différente et de (re)découvrir l’importance du beurre pour les Bhoutanais…
Avez vous apprécié ce commentaire ? 0
date : 27-01
Qui n'a jamais entendu parler d'Oskar Schindler ? Qui n'a jamais vu le superbe film de Spielberg où Liam Neeson incarne magnifiquement cet homme d'affaires qui sauva des centaines de personnes juives en les faisant travailler dans son usine, au péril de sa vie ?

J’ai fini de lire La Liste de Schindler. Ce n’est pas un roman comme les autres. Ce n’est pas une fiction : il relate des faits, la plupart du temps du temps avérés, parfois supposés, toujours appuyés par des témoignages. Mais c’est une histoire tellement incroyable qu’elle peut passer pour un roman, pour un film.

C’est l’histoire d’un homme d’affaire. Doué pour nouer des relations, trouver des financements, il s’enrôle dans le parti nazi pour rester parmi les gens qui comptent. En 1941, il décide de reprendre une usine à Cracovie. Il engage des Juif.ve.s, participe au marché noir pour graisser les pattes utiles. Très vite, les persécutions envers les Juif.ve.s surviennent. Il aurait pu rester spectateur, être écœuré de loin. Mais non. Petit à petit, il protège certaines personnes. Il se lie « d’amitié » avec le commandant du camp de Plaszow, une zone de non-droits où des milliers de Juif.ve.s sont emprisonné.e.s, soumis.es à la brutalité des SS. En versant toujours plus de pots-de-vin, il fait transférer des dizaines de personnes pour qu’elles travaillent dans son usine. Ce n’est pas paradisiaque, mais elles survivront à la guerre. Oskar le leur a promis.

Un vrai héros de cinéma, je vous le disais. Plein d’imperfections ; l’auteur insiste dessus (coureur de jupons, buveur invétéré, impétueux…). Cela magnifie son héroïsme.

Le début du roman m'a enchantée ; j'ai parfaitement reconnu le Schindler du film dans celui du roman. Le même ton, aussi : un narrateur qui constate les faits tout en étant impartial vis-à-vis du héros et en ne taisant pas ses aspects moins reluisants.
Je dois tout de même avouer que le roman est assez exigeant à lire. De nombreux événements historiques sont décrits, parfois de plusieurs points de vue. Il y a aussi des considérations économiques, avec les magouilles d'Oskar avec l’administration et le marché noir.
C'est passionnant, mais cela demande de l'attention, donc ma lecture fut assez lente.

Je ne peux quand même pas laisser de côté les aspects historiques de ce roman. La vie dans le ghetto, les rafles, la vie dans les camps de travail, les wagons à bestiaux… La mort qui peut tomber n’importe quand, la faim, le froid qui vous tenaille. Ce sont les témoignages des survivant.e.s recueillis par l’auteur qui nous sont livrés.
Savoir cela joue un grand rôle dans l’intérêt de ce livre, puisque ce n'est pas une histoire de plus sur la Seconde Guerre mondiale. C'est presque un documentaire, un vrai morceau d'Histoire, à ne jamais oublier.
Avez vous apprécié ce commentaire ? +1