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Commentaires de livres faits par Cacoethes-scribendi

Extraits de livres par Cacoethes-scribendi

Commentaires de livres appréciés par Cacoethes-scribendi

Extraits de livres appréciés par Cacoethes-scribendi

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
date : 05-07
Je suis la fille unique du lecteur et de l’insulaire, je suis le bébé Tonnerre, l’orpheline, l’héritière, je suis la jeune maîtresse du professeur, la femme-enfant, la fille-fleur, la chica, la huasa, la patiente de Van Buren, la petite amie, la pièce rapportée, la traîtresse, l’épouse et la madone, la Norvégienne et la Bretonne. Je suis une mère, je suis une menteuse, je suis une fugitive, et je suis libre.
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date : 05-07
Elle pensait à toutes les fois où elle était partie, terrifiée, c’est vrai, mais sans un regard en arrière.
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date : 05-07
Ce souvenir était peut-être de tous celui qui lui rappelait le mieux qu’elle avait eu un libre arbitre autrefois, qu’elle avait eu une vie. Parfois, y repenser la faisait brûler de honte, mais d’autres fois, c’était plutôt comme un feu rougeoyant sous son nombril. C’était comme une bonne blague qu’elle avait faite au monde. En toute innocence. J’ai fait – ça. Et avec ce souvenir-là et tous les autres, elle se construisait quelque chose qui la remettait suffisamment d’aplomb pour traverser une nouvelle journée de cette nouvelle vie.
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date : 05-07
- Liv Maria, est-ce que tu lis des livres ?
- Oui. Pourquoi est-ce que tu me demandes ça ?
- Je veux dire, est-ce que tu lis vraiment des livres ?
- Mais oui, avait-elle dit en levant ses mains vers les étagères. Regarde autour de toi.
- C’est beaucoup plus compliqué que ça. On ne sait jamais si les gens lisent vraiment. C’est une des choses les plus difficiles à établir, en fait. J’ai vu les livres dans ta maison. Tu as vu les livres dans ma maison. Mais depuis presque un an que nous nous connaissons – que nous nous fréquentons – nous n’en avons jamais parlé ensemble. Réfléchis. Tu vois ce que je veux dire ? Ça pourrait aussi bien être un élément de décor, pour toi comme pour moi. Il y a des gens qui font ça.
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date : 05-07
[D]ans ce que nous taisons en croyant le dire, ce que nous disons en croyant le taire, nous sommes dans notre vérité, d’un coup.
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date : 05-07
Un petit marché s’était installé sur le port, et au stand d’un bouquiniste Flynn trouva le dernier recueil de poèmes de Ted Hughes. L’ouvrant au hasard, il sourit, puis lut à haute voix pour Liv Maria :
- Je t’ai fait venir dans le pays dont je rêvais / Je t’ai emmenée comme une somnambule / Dans mon pays de totems.
Elle sourit en retour. Flynn tendit le livre au camelot, paya. Ils montèrent dans le ferry. Le titre du poème, comme elle devait s’en apercevoir plus tard, tenait en un seul mot : Erreur.
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date : 05-07
Mystérieusement, Liv Maria retrouvait dans les cheveux de Flynn l’odeur de plusieurs maisons où elle avait vécu. Quelque part sur son ventre flottait celle des biscuits norvégiens aux épices que faisait son père pour Noël. Dans ses mains, il y avait l’odeur salée de ses mains à elle le jour où elle avait pleuré la mort de ses parents, et parfois aussi une odeur de sciure dans laquelle elle reconnaissait celle de son enfance. Les effluves puissants de son after-shave l’émouvaient en lui rappelant plusieurs hommes solides qu’elle avait connus et aimés – oncles, travailleurs journaliers, huasos. La nuit, quand il dormait à poings fermés à côté d’elle, son corps dégageait même le parfum inoubliable de sa mère, qu’elle avait cru perdu comme tout ce qui était elle, et parfois aussi son haleine était la même que celle des cow-boys taiseux qui avaient été ses amants sur la côte Pacifique. D’emblée, il lui avait paru inexplicablement familier.
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date : 05-07
Il savait ce qu’il voulait faire, même si ça ne semblait évident qu’à lui. Il voulait travailler dans une scierie. Les gens lui demandaient, surpris : Toi qui aimes tant les arbres, une scierie ? Autour de lui, on semblait plutôt s'attendre à ce qu’il travaille plutôt dans la préservation des forêts, la défense de l’environnement – peut-être, à la limite, comme ébéniste. Mais chaque fois qu’il prononçait le mot scierie, ses interlocuteurs sursautaient comme s’il les avait frappés en traître. Pourtant, Flynn tenait bon. Savoir combien d’arbres étaient plantés chaque année pour compenser la déforestation lui importait peu – il voulait être la sentinelle à l’autre bout de la chaîne, il voulait assister les arbres coupés, faire le compte net des disparus, être là dans les moments difficiles, parce que son amour était sincère.
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date : 05-07
[L]e contraire d’oublier, Liv Maria, ce n’est pas se souvenir – c’est apprendre.
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date : 05-07
La différence entre ta mère et les autres femmes – ou entre les femmes que moi, je connaissais à Namdalen – c’est la même qu’entre une pomme domestique et une pomme sauvage. Regarde-la. Elle est plus petite, plus dure, elle exige plus de subtilité pour être aimée. Mais elle est comme ça parce que rien ni personne ne la fait plier. Elle emprunte les chemins difficiles qui semblent être les seuls qu’elle connaisse, et c’est tout.
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date : 05-07
Cette surprise que les autres manifestaient devant ses parents, Liv Maria la balayait sans une hésitation. C’était évident. Son père était un lecteur, et sa mère était une héroïne. Son père aimait les histoires, et sa mère était un personnage. Jane Eye, Molly Bloom, Anna Karénine, et Mado Tonnerre dans son café, telle que son père l’avait vue pour la première fois.
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date : 28-06
Au début, j’avais un foyer, des parents, des sœurs et un frère. Ensuite, nous avions perdu notre maison, mais nous étions restés ensemble, au moins. Puis je m’étais retrouvé seul, quoique au sein d’un groupe. Et maintenant j’étais devenu sans doute l’être le plus esseulé au monde. Même le héros de Defoe, Robinson Crusoé, cet archétype de la solitude humaine, avait gardé l’espoir qu’un de ses semblables apparaisse, il s’était consolé en se répétant que cela finirait par se produire et c’était ce qui l’avait maintenant en vie. Alors que moi, il me suffisait de surprendre des pas pour être pris d’une terreur mortelle et pour aller me cacher au plus vite. L’isolement absolu était la condition de ma survie.
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Faut-il croire Mary Kinglsey, lorsqu’elle lance à qui veut l’entendre qu’il n’y a rien de tel pour explorer l’Afrique « qu’une bonne vieille jupe » ? Pas sûr… Mais elle fait bien de le dire tout de même, car ce sont de telles phrases qui vont ouvrir aux exploratrices les portes jusque-là hermétiquement closes aux femmes des Sociétés de géographie de Paris et de Londres. D’aucuns peuvent trouver peu séduisante, au premier abord, la Voyageuse des années 1880. Mais elle cache un trésor de passion, d’intelligence et souvent d’humour.
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Corset bien sanglé, jupes longues et sobres, chignon serré sous un chapeau ou un bonnet sage : le costume de la Voyageuse est son armure et son étendard. Il proclame qu’elle franchit les frontières pour la science et non pour l’amour.
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Dans les pires conditions d’existence, elles gardent un tel respect d’elles-mêmes, de ce qu’elles se doivent et de ce qu’elles doivent aux hommes qui les servent, qu’aucun autochtone ne les verra jamais faiblir, grelotter, transpirer, trébucher. Leur sens de l’honneur les oblige à ne se présenter que coiffées devant leurs guides, leurs porteurs et leurs chameliers. Chapeautées, bottées, sanglées.
Au cœur du désert ou de la savane, elles s’entourent de confort et d’apparat. Elles prennent leur bain dans des vasques de cuivre, boivent le thé à cinq heures, se changent, se parfument, et se rhabillent… Pour dîner seule, en robe du soir, tandis qu’alentour blatèrent les chameaux ou beuglent les hippopotames.
Trop flamboyantes, trop féminines pour être de grandes aventurières ? Allons donc ! Des chefs de guerre.
[…]
Asseoir leur dignité. Démontrer leur pouvoir. Garantir leur sécurité. Telle est la cible.
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date : 07-06
Deux nuits sans sommeil affaiblissent, ralentissent les réflexes, troublent la vue, mais elles donnent aussi une perception très subtile et précise de l’essentiel.
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date : 07-06
- Fitzgerald était un grand écrivain et un homme malheureux. Je pense souvent à cette citation de lui : « Dans la véritable nuit noire de l’âme, il est toujours trois heures du matin. »
Cette phrase et sa poésie sont restées gravées dans ma mémoire.
C’était une intuition fulgurante et, en même temps, j’avais l’impression qu’elle contenait aussi le contraire de sa signification apparente. C’est ce qui se produit avec les plus belles métaphores, au-delà des intentions de leurs créateurs.
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date : 07-06
Il m’avait toujours paru distrait, désintéressé des autres, uniquement centré sur son univers de symboles abstraits. Et maintenant, je découvrais qu’il était, entre autres, capable de saisir, d’interpréter des détails comme une main affectueuse qui remet en place une mèche rebelle.
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date : 07-06
- Qu’est-ce qui se passe, on est perdus ?
- J’ai l’impression.
- On vérifie sur le plan ?
- Quelle importance ? On n’a aucune obligation, pas vrai ? répondit-il avec un soupçon de joyeuse folie dans la voix.
Je l’ai regardé un instant, pour savoir s’il parlait sérieusement. J’en ai conclu qu’il ne parlait pas sérieusement, mais qu’il ne plaisantait pas non plus.
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date : 07-06
Parfois, je me demande ce que ça veut vraiment dire, être libre, ai-je dit de but en blanc.
- Je crois que la liberté n’existe pas sans un certain degré de risque, d’insécurité. La liberté, c’est un équilibre précaire, c’est n’être jamais tout à fait à sa place.
- J’aime bien cette idée : ne jamais être tout à fait à sa place.
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date : 19-05
Si nous ne luttons pas pour le droit des gens à la justice et à la liberté, toute la science que nous pourrons acquérir ne servira à rien.
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date : 13-05
La littérature peut en effet fasciner un être et capter toute son attention. Elle peut le soustraire aux petites misères du quotidien et le transporter vers d'autres mondes au point qu'il s'y abandonne corps et âme.
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date : 03-03
Son plan n'incluait pas de séances d'adieux, David le savait. Il y aurait des larmes et autre chose du même genre qu'il valait mieux éviter.
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« Chers sœurs et camarades, nous sommes des femmes qui essayons de gagner notre vie en cassant et en vendant la pierre. Il y a parmi nous des femmes qui sont allées à l’école et des femmes qui ne savent pas lire, il y a des jeunes et des plus âgées, il y a des femmes mariées et des célibataires, des veuves et des divorcées. Nous n’attendons pas que l’Etat nous donne un salaire. Non, nous sommes des femmes actives et tout ce que nous voulons, c’est qu’on nous achète notre marchandise à son juste prix. […] L’union fait la force. C’est parce que nous étions des dizaines devant la prison du commissariat qu’ils ont relâché nos camarades Moukiétou, Moyalo et Ossolo. Je vous le dis, mes sœurs, ce n’est que de la même façon que nous récupérerons les sacs qu’ils ont volés. Ces hommes qui ont volé nos cailloux pensent que parce que nous sommes femmes nous allons nous taire comme d’habitude. Quand ils nous battent au foyer, nous ne disons rien, quand ils nous chassent et prennent tous nos biens à la mort de nos maris, nous ne disons rien, quand ils nous paient moins bien qu’eux-mêmes, nous ne disons rien, quand ils nous violent et qu’en réponse à nos plaintes ils disent que nous l’avons bien cherché, nous ne disons toujours rien et aujourd’hui ils pensent qu’en prenant de force nos cailloux, encore une fois, nous ne dirons rien. Eh bien non ! Cette fois-ci ils se trompent ! Trop, c’est trop ! »
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date : 10-02
Son père résume l'état d'esprit général:
- Ce n'est pas du vrai sport.
Pas du vrai sport. La phrase résonnait dans la tête de François qui ne se défendait pas, plus vaincu encore qu'avant de passer à table. Pas un vrai corps, donc pas du vrai sport, la première assertion commandait toutes les autres, pas un vrai frère, pas un vrai fils, un vrai amant, un vrai amoureux, un vrai prof, un vrai ami, un vrai homme. Un handicapé en toutes choses.
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date : 10-02
Il ne pourra plus se brosser les dents, boutonner une chemise, se raser, cirer-lacer-délacer ses chaussures, enduire un mur, pincer la joue de Sylvia, boire une chope, attraper un ballon, écrire une lettre, sculpter un bâton, glisser la clé dans la serrure, déplier le journal, rouler une cigarette, tirer la luge, décrocher le téléphone, se peigner, changer un pneu de vélo, ceinturer son jean, se torcher, payer à la caisse, couper sa viande, se suspendre aux branches, tendre un ticket de métro, héler le bus, applaudir, mimer Elvis à la guitare, signer, serrer une fille contre lui, danser avec une fille, donner la main à une fille, passer les cheveux d'une fille derrière son oreille, dénouer un ruban, toucher l'oreille d'une fille, la cuisse d'une fille, le ventre d'une fille, le sexe d'une fille, son sexe à lui, se pendre, s'ouvrir les veines, se tirer une balle, même se foutre en l'air il ne peut pas.
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