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Extrait ajouté par Missy68 2014-07-23T21:06:57+02:00

- Je savais que tu cachait quelque chose,dit-il en me cherchant du regard.Si tu jouais franc jeu, pour une fois ?

- Et si tu arrêtais de tout prend pour un jeu, pour une fois ?

- Sidonie, ma patience a ses limites... gronde-t-il en faisant un pas vers moi.

- Si je te dis tout, tu vas me détester. Et me virer, murmuré-je en sentant une larme couler.

- Non, c'est si tu refuses de parler que tu perdras ton job. Je ne plaisante pas : je ne peux pas confier ma fille à quelqu'un en qui je n'ai pas totalement confiance. La décision te reviens, prend la bonne.

Je lève les yeux et les plongent dans les siens. J'y lis de la méfiance, de la ténacité et...serait-ce de la compassion ?

Tout lui dire ou le perdre pour de bon ? Quoi que je fasse, le résultat sera sûrement le même...

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Extrait ajouté par anonyme 2014-07-05T00:42:37+02:00

1. Une vie meilleure

Mon secret, je vis avec depuis neuf ans. Je n’ai pas de regrets, ma conscience ne me tourmente pas, ne m'empêche pas de dormir, de respirer. Finalement, le plus dur à supporter, c’est le regard des gens. Je ne sais même pas comment il s’appelle. Où il vit. S’il me ressemble. Tout ce que je sais, c’est que je tenais à lui offrir une vie meilleure. Lui donner la chance de grandir dans une famille heureuse, épanouie, stable, qui lui apporterait le meilleur, qui lui permettrait de réaliser ses rêves. Même les plus fous.

Moi, je n’avais presque rien à lui donner. Beaucoup d’amour... Mais parfois, ça ne suffit pas.

Retranchée à mon étage de la townhouse, je fixe une photo de Birdie – accrochée dans un cadre argenté, sur le mur du salon – et je pense à lui. Mes larmes coulent doucement, sans torrent ni sanglot. La tristesse est bien là, mais elle ne me submerge plus. J’ai appris à la gérer, avec les années. Pelotonnée dans le canapé moelleux, je tente de me remémorer chaque détail.

À seulement seize ans, je n’étais pas prête à être mère. Je m’étais comportée comme une gamine – que j’étais – et je n’avais même pas pensé à me protéger, lorsqu’Alex, le beau gosse du lycée, m’avait emmenée dans la salle de biologie, pendant l’heure du déjeuner. Il était drôle, charmeur, j’étais naïve, un peu timide et maladroite : ma première fois aurait dû s’arrêter à ça. Sauf que le destin en a décidé autrement, et que ces quelques minutes de sexe inconfortable m’ont valu de tomber enceinte.

Ma mère – qui nous élevait seule depuis le départ de mon père, se battait déjà avec son cancer et peinait à boucler les fins de mois – a pleuré toutes les larmes de son corps en l’apprenant, puis a remis son masque de maman en or/infirmière/assistante sociale à ses heures et m’a juré son soutien inconditionnel. Quoi que je fasse, que je garde l’enfant ou non, que je l’élève ou non, elle serait derrière moi. Avec moi.

Hélène Merlin était une sainte…

Le fameux Alex n’a rien voulu savoir, ses parents non plus visiblement, puisque toute la famille a choisi de déménager à l’autre bout de la France quelques mois avant la naissance. Le choix revenait à moi seule. J’étais tiraillée, mais au fond, je savais ce que je devais faire. Joe était du même avis que moi et déjà à l’époque, ma jumelle n’y allait pas par quatre chemins. Elle espérait un autre futur pour moi et pour ce bébé qui, je cite, « n’a rien demandé à personne, et surtout pas de naître dans cette famille de cinglés ».

La bouilloire se met à trembler, puis s’éteint. Je me lève, j’ai les jambes raides mais le dos voûté. En laissant infuser mon thé dans le mug aux couleurs de la Grande-Bretagne, un nouveau flash me revient. Après l’accouchement. Je l’ai serré quelques secondes dans mes bras, puis je l’ai tendu à l’infirmière. Lorsqu’elle l’a emmené loin de moi, j’ai ressenti une douleur aiguë mêlée à un sentiment de soulagement. Après lui avoir écrit une lettre – pour qu’il sache et surtout qu’il comprenne, dix-huit ans plus tard – je pouvais reprendre ma route, seule et sans regrets. Lui pouvait rejoindre la famille qui l’aimerait plus que tout au monde et lui assurerait le futur qu’il méritait.

C’était il y a neuf ans. C’était dans une autre vie.

La première gorgée me brûle un peu le palais. Mon esprit cesse de divaguer et revient se focaliser sur le présent. Les menaces de Camilla : « Si j’apprends que vous posez le petit doigt sur Emmett une seule fois de plus, je lui déballe tout. » La trahison de Mathias. Je ne sais même pas pourquoi ça m’étonne. Cet enfoiré de compétition n’en est pas à son premier coup bas. Pendant des années, il n’a cessé de me faire culpabiliser au sujet de l’enfant. Je ne compte plus le nombre de fois où il m’a traitée de lâche, de faible, d’égoïste. Il tenait des propos très durs sur Hélène, il la jugeait responsable et ça me rendait folle. Interdiction de toucher à ma mère, quelle que soit la raison. Il le savait et pourtant, il s’en donnait à cœur joie. Finalement, il adorait ça, me faire du mal.

Comment est-ce que j’ai pu vivre avec ce démon ? Le laisser me manipuler comme il respire ? Il n’a jamais compris mon choix. Il n’a jamais rien compris sur moi, en fait.

Mathias est un homme charismatique. Un homme puissant. Un écrivain satirique et voyeur qui enchaîne les best-sellers, qui vend ses mots sur le papier comme il vendrait son âme. Son talent est reconnu, son ambition sans limites. Si j’ai tout plaqué pour lui échapper, ce n’est pas pour rien. Si, à l’époque, je me pliais à ses quatre volontés, si j’évitais de le mettre en rogne, c’est que j’avais mes raisons. Je le savais capable de beaucoup de choses pour arriver à ses fins. Y compris me mettre plus bas que terre. Il vient d’en faire la démonstration…

Est-ce qu’il compte seulement s’arrêter là ? Il m’a retrouvée. Il sait pour qui je bosse, maintenant… La suite le 19 juillet !

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