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-Vous devez vraiment vous sentir seule et désespérée pour être aussi méchante avec les autres ! rétorque-t-il en me transperçant de son regard devenu noir de colère.

-Vous êtes apparemment tout aussi seul que moi, réponds-je d’une voix étranglée.

Les larmes au bord des yeux, je le pousse précipitamment pour m’enfuir. Je sens que je ne vais pas pouvoir les retenir bien longtemps. Je m’isole sur une petite terrasse, à l’arrière du manoir. Dans l’obscurité, je ne vois pas grand chose, mais l’air frais me fait le plus grand bien. Je m’adosse au mur et ferme les yeux quelques instants pour évacuer la tristesse qui me serre la gorge. Oui, je suis seule, je le sais, mais je refuse de le faire voir aux autres. Qu’Audric ait lu en moi aussi facilement me blesse et me vexe. Je ne veux pas de sa pitié.

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Une semaine qu’il pleut, même la météo semble s’être liguée contre moi ! Une semaine que je tourne en rond entre les murs de l’école de danse. J’ai beaucoup pleuré, c’est vrai. Les nuits, je les ai passées à me remémorer tous ces merveilleux moments partagés avec Audric. Je me suis posé dix mille questions, sans trouver aucune réponse… J’ai effacé tous ses messages, sans même y jeter un œil. Je me suis trouvée lâche d’être partie sans me battre, puis je me suis trouvée courageuse d’avoir pris cette décision, parce que, pour une fois, je ne me suis pas laissé manipuler. Je me suis aussi détestée de m’infliger tout ce mal.

J’ai commencé par nettoyer les locaux de l’école d’Éva. Je culpabilise tellement d’être responsable de tout ceci. J’ai aussi vidé le distributeur de barres de céréales pour me nourrir, mais aujourd’hui, j’ai besoin d’un vrai repas. Je me douche rapidement et j’enfile un pantalon noir moulant avec un chemisier blanc qu’Éva m’a offert pour mon anniversaire. Je décide de me maquiller pour cacher les cernes qui semblent ne plus vouloir quitter mes yeux. Je m’examine dans le miroir qui surplombe le comptoir de l’accueil et je me trouve toujours aussi mauvaise mine, mais je vais devoir faire avec. J’attrape mon sac à main, mes clés, et me dirige vers l’entrée. Je lâche un cri de surprise en tombant nez à nez avec Audric.

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Le taxi me dépose face à l’entrée du Palace. Je pénètre dans les lieux et reste immobile un moment, face aux portes de l’ascenseur, avant de me décider à appuyer sur le bouton. J’arrive devant la chambre 18, et je me demande ce que je fais là. Je suis stupide de jouer avec le feu. Je sais que cet homme m’attire, et je fonce tout droit dans le piège. Je fixe le bois verni de la porte, et prends plusieurs grosses inspirations. Je frappe deux petits coups et espère presque qu’il ne les entendra pas. Quelques secondes plus tard, il apparaît devant moi, mon cœur se fige dans ma poitrine. Je ne peux détacher mes yeux de son magnifique sourire. Il me dévisage aussi, puis me fait signe d’entrer dans sa chambre, mais je reste immobile.

Respire, respire…

Mon Dieu ! Je suis à la limite de l’arrêt cardiaque, il faut que je me ressaisisse. Mes mains deviennent moites et mes jambes flageolent. Il est superbe dans son costume gris. Sa chemise blanche fait ressortir sa peau mate.

Ça devrait être puni par la loi, le fait d’être aussi beau, pensé-je en déglutissant avec difficulté.

Je dois avoir l’air d’une cruche à le dévorer ainsi des yeux, avec limite un filet de bave au coin de la lèvre. Je secoue la tête pour redescendre sur terre et lance d’une voix un peu trop aiguë à mon goût :

– Bonsoir… J’espère que je ne vous dérange pas…

– Pas du tout, entrez ! dit-il en reculant pour me laisser passer.

– Non, je vais rester ici. Je suis pressée, me dégonflé-je à la vue des deux petites fossettes qui creusent ses joues.

– Entrez, s’il vous plaît. Je ne vais pas payer une prostituée au milieu du couloir d’un grand hôtel ! s’agace-t-il.

Voilà la douche froide dont j’avais besoin… Quel connard ! Je redresse les épaules et le toise du regard le plus mauvais dont je suis capable avant de grogner :

– Une petite pipe, vite fait bien fait, avec une pute dans ce même hôtel ne vous dérangeait pourtant pas !

– Je n’ai pas de temps à perdre, veuillez entrer ! m’ordonne-t-il d’un ton sec, le regard sombre.

Je redresse le menton, croise les bras, et lui lance sur un ton provocant :

– Et si je refuse, vous allez me faire quoi ?

– À vous, rien, mais je m’offrirai les services d’une autre avec votre argent ! Revenez me voir quand vous aurez fini votre petit caprice !

Il me claque la porte au nez. Je reste sans voix, la bouche grande ouverte. Je n’en reviens pas qu’il ait osé me faire ça !

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