Livres
388 625
Comms
1 362 363
Membres
277 178

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

Extrait de Ce que je n'oserai jamais te dire... ajouté par ilovelire 2017-03-16T22:40:55+01:00

Mes parents ne comprenaient pas pourquoi je souhaitais apprendre l’anglais ; pour eux, le restaurant devait être ma priorité. Pour moi, l’important était ailleurs : Paulo en premier lieu et le besoin de m’évader le plus loin possible. Puis l’anglais, devenu mon refuge, et ma formation d’hôtesse de l’air l’année suivante. Une de mes occupations favorites, lorsque les moments de cafard se faisaient trop intenses, c’était de dessiner avec mon doigt sur la mappemonde accrochée au mur de ma chambre tous les pays où l’anglais était la langue officielle. Par la pensée, je voyageais sur les cinq continents et cela me faisait du bien.

Afficher en entier
Extrait de Ce que je n'oserai jamais te dire... ajouté par ilovelire 2017-03-16T22:40:48+01:00

– J’espère que tu ne les as pas perdues, murmurai-je à l’oreille de Paulo, d’un ton bienveillant, au moment crucial de la messe de mariage.

Il haussa les épaules et me regarda avec ce visage d’ange qu’il affichait chaque fois qu’il savait que je serais fière de lui. Il serrait entre ses mains la petite boîte de velours bleue contenant les alliances.

Je n’avais presque rien imposé à Guillaume pour les détails de la cérémonie et l’organisation de la soirée au domaine des Lavandières situé à quelques kilomètres du village ; sa famille s’en était parfaitement chargée et cela ne me dérangeait pas : mes trente premières années d’existence avaient eu le mérite de me démontrer que les détails n’étaient pas le plus important dans une vie.

Afficher en entier
Extrait de Ce que je n'oserai jamais te dire... ajouté par ilovelire 2017-03-16T22:40:41+01:00

J’avais six ans lorsque, à la suite de plusieurs descentes de police, mes parents décidèrent de fermer leur établissement de Pigalle et de partir pour Bangkok ouvrir le même type de lieu de perdition. Un couple d’amis s’y était installé l’année précédente et leur réussite acheva de les convaincre de choisir la capitale thaïlandaise comme nouvelle destination.

Ce fut la période la plus difficile de mon enfance ; la langue m’était inconnue et je suivais ma scolarité dans une école thaïlandaise ; les écoles françaises étaient trop chères. Nous parlions français à la maison, il me fallut près de six mois avant de pouvoir communiquer aisément avec les enfants de mon âge. Mais nous étions très doués pour pallier le manque de mots par des gestes et des mimiques, et finalement nous nous comprenions, c’était pour moi l’essentiel.

Afficher en entier
Extrait de Ce que je n'oserai jamais te dire... ajouté par ilovelire 2017-03-16T22:40:33+01:00

Toujours la première debout, le lendemain de cette soirée, j’enfilai le pull de Guillaume et me dirigeai sans faire de bruit vers la porte-fenêtre que j’ouvris délicatement. Je m’assis sur la première marche de l’escalier qui descendait vers le verger qu’entretenait avec goût Gabriel. Je fermai les yeux, le soleil réchauffait mon visage. Après quelques minutes, je me levai et marchai en direction de la chambre. À travers la vitre, je regardai Guillaume qui dormait encore profondément, et me remémorai la conversation de la veille : serais-je encore son « mystère à lui » dans six mois, dans un an ?

Afficher en entier
Extrait de Ce que je n'oserai jamais te dire... ajouté par ilovelire 2017-03-16T22:40:17+01:00

Je m’y sentis bien dès l’instant où je franchis le pas de la porte. Il y régnait une atmosphère sereine. Moi, la fille de partout et surtout de nulle part, j’y trouvais une forme de plénitude ; les vieilles pierres et les poutres de bois semblaient veiller sur moi. Guillaume s’en était d’ailleurs rendu compte. Il me le fit remarquer lors de mon deuxième séjour, le soir de Noël, alors que ses parents, déjà partis se coucher, nous avaient laissés seuls sur l’immense canapé faisant face à la cheminée.

Afficher en entier
Extrait de Ce que je n'oserai jamais te dire... ajouté par ilovelire 2017-03-16T22:40:11+01:00

Guillaume avait vécu jusqu’à l’âge de neuf ans dans ce petit village de Provence niché sur les premiers contreforts du mont Ventoux, jusqu’à ce que ses parents s’installent à Paris pour reprendre la gestion d’un restaurant qu’une cousine, fraîchement retraitée, leur avait laissé à un prix défiant toute concurrence.

Cela faisait désormais vingt ans qu’il était « à la capitale », comme le lui rappelaient avec humour les anciens du village. Ils se moquaient de son accent parisien aux intonations chantantes qui évoquait son Sud natal. Malgré cela, il était toujours pour eux « le petit Guillau », le chenapan qui dérobait les pêches et les abricots dorés par le soleil dans les vergers.

Afficher en entier
Extrait de Ce que je n'oserai jamais te dire... ajouté par ilovelire 2017-03-16T22:40:01+01:00

D’ailleurs parlons-en, de Monsieur le Maire ! Plus soucieux d’éponger les énormes gouttes de sueur sur son front et d’en finir avec son piètre discours réglementaire que de nous accompagner dans notre engagement. À sa décharge, la chaleur écrasante de ce début d’après-midi de juin et le fait que les trois cent vingt-cinq habitants de son village du Brestet, qu’il administrait depuis plus de trente ans, ne lui permettaient pas de célébrer régulièrement des mariages, tout au plus un ou deux dans l’année.

Afficher en entier
Extrait de Ce que je n'oserai jamais te dire... ajouté par ilovelire 2017-03-16T22:39:54+01:00

Au fil de nos rencontres, le père était devenu plus un conseiller conjugal qu’un homme d’Église. Il avait bien essayé, à plusieurs reprises, de raviver notre foi dans le « Tout-Puissant », comme il se plaisait à le répéter, mais il avait abdiqué. Nous nous aimions sincèrement et cela semblait lui suffire.

Le père Bertrand n’eut qu’une seule exigence : que ma robe ne soit pas de couleur blanche, mais plutôt écrue. La tête baissée et un peu gênés, nous avions acquiescé, comme deux enfants qui se seraient fait prendre les doigts dans le pot de confiture.

À voir son sourire lorsque je m’étais approchée de l’autel au bras de Gabriel, l’oncle de Guillaume, j’avais compris que le contentement du père ne tenait pas qu’à la satisfaction de voir ses exigences respectées : il était vraiment heureux de nous unir. Lorsque je fus face à lui, ses yeux se posèrent sur moi avec bienveillance, je ne voyais que son regard, comme une enveloppe de douceur.

Afficher en entier
Extrait de Ce que je n'oserai jamais te dire... ajouté par ilovelire 2017-03-16T22:39:45+01:00

Combien de fois avais-je répété cette scène dans ma tête ? Des dizaines de fois sans doute. Depuis ce soir du mois de décembre où Guillaume m’avait fait sa demande en mariage.

Et voilà que le grand jour était arrivé… Je voulais vivre intensément ces instants précieux, au point que j’entendais à peine Guillaume prononcer ces mots, ceux qui allaient faire de nous, quelques instants plus tard, un couple… pour le meilleur et pour le pire.

Afficher en entier
Extrait de Ce que je n'oserai jamais te dire... ajouté par ilovelire 2017-03-16T22:39:29+01:00

Le mariage est une cérémonie bien étrange : la légèreté du bonheur associée à la lourdeur des responsabilités. Tout à coup, l’insouciance n’a plus sa place.

Ce jour-là, nous promettons bien plus que le raisonnable, comme si nous lancions une forme de défi à nos existences, mais nous l’aimons plus que tout, cet être qui nous fait face. Alors, nous serrons un peu plus fort sa main.

Afficher en entier