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Extrait ajouté par TERVERCHANTAL 2021-05-11T11:28:37+02:00

Novembre 1976

— Grand-père, parle-moi de ta mère.

Il m’a caressé la tête sans un mot, et pendant un long moment j’ai cru qu’il ne m’avait pas entendue.

— Elle était belle. Elle avait les cheveux noirs, les yeux verts, exactement comme toi.

— Elle te manque ?

Des larmes ont roulé de mes yeux et ont mouillé son épaule, sous ma joue. Ma mère me manquait terriblement.

— Plus maintenant, m’a consolée mon grand-père.

— Pourquoi ?

Tout à coup, j’étais en colère contre lui. Comment pouvait-il la trahir ainsi ? C’était son devoir de la regretter.

— Parce qu’elle est encore avec moi.

Cela m’a fait sangloter encore plus fort.

— Chut, Annie. Calme-toi. Si tu pleures, tu n’entendras pas.

— Entendre quoi ?

J’ai dégluti, un peu détournée de mon angoisse.

— Le vent. Il chante.

Je me suis ressaisie, ai redressé un peu la tête, et j’ai tendu l’oreille pour saisir ce que mon grand-père écoutait.

— Je n’entends rien.

— Écoute mieux. Peut-être qu’il chante pour toi.

Les rafales hurlaient, poussant contre la fenêtre de ma chambre.

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Extrait ajouté par Lipette 2021-09-19T18:28:47+02:00

Je ne peux imaginer que tous les hommes aiment leur femme comme j'aime Anne. S'ils le faisaient, les rues seraient désertes et les champs seraient laissés en friche. Les usines cesseraient de tourner car les hommes seraient prosternés aux pieds de leur épouse, ils ne verraient et ne voudraient qu'elle. Si tous les hommes aimaient leur femme comme j'aime Anne, nous serions tous des bons à rien. Ou bien le monde connaîtrait enfin la paix. Les guerres prendraient peut-être fin, et la lutte cesserait car notre existence tournerait autour du seul besoin d'aimer et d'être aimé.

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Extrait ajouté par Lipette 2021-09-19T18:13:19+02:00

- Je vous aime, Thomas. Je pense que je vous aimais quand vous n'étiez encore que des mots sur une page, un visage sur une vieille photographie. Quand mon grand-père m'a montré votre image et a dit votre nom, j'ai ressenti quelque chose. Un mouvement s'est produit en moi.

Thomas ne m'a pas interrompue, il n'a pas déclaré son amour. Il m'a simplement écoutée, me contemplant avec douceur, la bouche tendre, sa main dans mon dos plus tendre encore. Mais j'avais besoin de quelque chose à saisir, et j'ai glissé mes doigts sous sa chemise comme je m'étais accrochée à l'arbre. Sa peau était chaude d'avoir dansé, et son cœur palpitait sous mes poings serrés, me rappelant qu'à ce moment, il était à moi.

- Puis les mots sur la page et le visage des photos sont devenus un homme. Réel. Tangible. Parfait. (J'ai dégluti, en essayant de ne pas pleurer.) Je suis tombée amoureuse si vite, si fort et si entièrement. Pas parce que l'amour est aveugle, mais parce que... il ne l'est pas. L'amour n'est pas aveugle, il est aveuglant. Éblouissant. Je vous ai regardé et, dès le premier jour, je vous ai connu. Votre foi et votre amitié, votre bonté et votre dévouement. J'ai tout vu, et je suis tombée éperdument amoureuse. Et ce sentiment ne cesse de grandir. Mon amour est si vaste, si débordant qu'il m'étouffe. C'est terrible d'aimer autant, sachant combien notre existence est fragile. Vous allez devoir vous cramponner à moi, sinon j'éclaterai... ou bien je partirai simplement à la dérive. Dans le ciel, sur le lough.

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Extrait ajouté par Lipette 2021-09-19T17:49:07+02:00

- Aithníonn an gaoithe. Le vent sait tout. C'est ce que me disait Eoin quand j'étais petite. Peut-être tenait-il cette phrase de vous.

- Je la tiens de Mick. Mais il prétend que le vent est indiscret, et que si vous ne voulez pas que tout le monde connaisse vos secrets, vous feriez mieux de les confier à une pierre. Voilà pourquoi nous avon tant de pierres en Irlande. Les pierres absorbent tous les mots, tous les sons, sans jamais les répéter. C'est une bonne chose, parce que les Irlandais sont de grands bavards.

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Extrait ajouté par Lipette 2021-09-19T17:41:31+02:00

- J'ai eu un professeur qui affirmait que la fiction était l'avenir, et la non-fiction le passé. On peut modeler et créer l'avenir ; pour le passé, c'est impossible.

- Parfois, l'avenir et le passé ne font qu'un. Tout dépend de qui raconte l'histoire.

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Extrait ajouté par Lipette 2021-09-19T17:35:48+02:00

- Le vent et les vagues se souviennent encore de lui...

Il s'est arrêté brusquement, comme s'il ne se rappelait plus la suite.

- Se souviennent encore de qui ? ai-je insisté.

- De tous ceux qui ont vécu. L'eau et le vent savent déjà, a-t-il dit tout bas.

- Savent quoi ?

- Tout. Le vent que tu entends est le même qui souffle depuis toujours. La pluie qui tombe est la même. Ça recommence sans arrêt, ça tourne en rond, comme un cercle immense. Le vent et les vagues sont là depuis la nuit des temps. Les pierres et les étoiles aussi. Mais les pierres ne parlent pas, et les étoiles sont trop loin pour nous dire ce qu'elles savent.

- Elles ne nous voient pas.

- Non, sans doute pas. Mais le vent et l'eau connaissent tous les secrets de la Terre. Ils ont vu et entendu tout ce qui a été fait et dit. Et si tu écoutes, ils te raconteront les histoires et te chanteront les chansons. L'histoire de tous les gens qui ont vécu. Des millions et des millions de vies. Des millions et des millions d'histoires.

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Extrait ajouté par micaroval 2021-07-15T12:18:47+02:00

Il n’y avait pas de mot pour désigner ce que je ressentais ; il n’y avait que mon souffle qui entrait dans mon corps et en ressortait, le battement régulier de mon cœur, et la douleur de la séparation.

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Extrait ajouté par micaroval 2021-07-15T10:18:26+02:00

J’avais besoin du temps pour me ramener en arrière, pour m’emporter loin du présent. Le temps était la seule chose que je demandais, la seule chose que personne ne pouvait me donner.

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Extrait ajouté par micaroval 2021-07-14T16:51:33+02:00

Ma bouche a effleuré son front et ses joues, suivant les gouttelettes qui mouillaient encore sa peau et descendaient vers ses lèvres. Puis je l’ai embrassée doucement, chastement, de peur de la briser, cette poupée de papier qui risquait de se désintégrer dans le lough.

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Extrait ajouté par micaroval 2021-07-14T16:46:04+02:00

Nous sommes catholiques parce qu’ils nous ont dit que nous ne le pouvions pas. Ce que vous essayez de prendre à un homme, il le voudra d’autant plus. Ce que vous lui dites qu’il ne peut pas avoir, il le désirera à tout prix. La seule rébellion que nous ayons est notre identité.

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