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Extrait ajouté par Marie. 2011-03-15T18:31:50+01:00

"Au départ, il y avait un garçon qui se tenait sous les arbres. Il est d'environ mon age, entre un garçon et un homme, peut-être 17 ans. Je ne sais pas comment je sais cela, je ne peux que voir son dos, ses cheveux noirs bouclés qui tombent sur sa nuque. Il y a cet étrange ciel orange lumineux. Il y a cette odeur de fumée. J'avance d'un pas vers le garçon et sous mes pieds le sol craque. Il m'a entendue. Il commence à se tourner. Dans une seconde je verrai son visage. Et c'est là que la vision s'arrête.. Je cligne des yeux, tout est parti."

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Extrait ajouté par CroqueusedeB 2015-04-26T21:01:51+02:00

Je lui lance un sourire innocent. Ses yeux se rétrécissent.

— Qu’est-ce qui t’arrive ?

— Rien.

Il fronce les sourcils. Il le sait toujours quand je mens. C’est ennuyeux, car j’ai tant de choses à lui cacher. Je soupire.

— Ma mère est revenue, déclaré-je.

— Et tu ne veux pas qu’elle te voie avec moi ? demande-t-il, offensé.

Je jette un coup d’œil par-dessus mon épaule, par la vitre du camion, et je perçois clairement le visage de maman dans la fenêtre avant. Je la salue de la main, puis me retourne vers Tucker.

— Non, idiot, dis-je. Je suis excitée d’apprendre à pêcher à la mouche, c’est tout.

Il ne me croit pas plus, mais il laisse tomber. Il soulève son Stetson pour saluer maman à travers le pare-brise. Sa tête disparaît de la fenêtre. Je me détends. Pas que je ne veuille pas que maman me voie avec Tucker, mais je ne veux pas lui donner la chance de l’interroger. Ni de me questionner sur mes raisons de le fréquenter. Parce que j’ignore complètement pourquoi je fréquente Tucker Avery.

— C’est facile de pêcher à la mouche, dit Tucker environ deux heures plus tard, après m’avoir enseigné tous les rudiments de la pêche, à partir de la sécurité relative du gazon bordant Serpent River. Il suffit de réfléchir comme un poisson.

— Ouais. Réfléchir comme un poisson.

— Ne te moque pas, me prévient-il. Regarde la rivière. Que vois-tu ?

— De l’eau. Des cailloux, des branches et de la boue.

— Regarde plus près. La rivière est un monde en soi, où c’est à la fois vite et lent, où l’eau varie en profondeur, où il y a des ombres et de la lumière. Si tu la vois comme ça, comme un paysage dans lequel le poisson vit, ce sera plus facile d’en attraper un.

— Bien dit. Es-tu une sorte de poète cowboy ?

Il rougit, ce que je trouve tout à fait charmant.

— Contente-toi de regarder, marmonne-t-il.

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Extrait ajouté par CroqueusedeB 2015-04-26T21:48:02+02:00

— Je suis désolée de t’avoir menti, dis-je finalement. Tu ne sais pas à quel point je voulais te dire la vérité.

— Et alors, pourquoi tu ne l’as pas fait ?

— Parce que c’est contre le règlement.

— Quel règlement ? Quelle vérité ?

— Je vais tout te dire maintenant, si tu veux bien m’écouter.

— Pourquoi ? demande-t-il d’un ton brusque. Pourquoi tu me parlerais maintenant puisque c’est contre le règlement ?

— Parce que je t’aime.

Voilà. Je l’ai dit. Je n’arrive pas à croire que je l’ai vraiment dit. Les gens prononcent ces mots avec une telle insouciance. Cela me fait toujours grincer des dents quand j’entends cette déclaration de la bouche de jeunes qui se pelotent dans le corridor à l’école. Je t’aime, chérie. Je t’aime, aussi.

Ils n’ont que 16 ans et les voilà convaincus qu’ils ont trouvé le vrai amour. J’ai toujours pensé que j’étais plus sensée, que j’avais plus de perspective.

Mais me voici en train de le dire et de le croire.

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Extrait ajouté par Jensen-Addict 2013-12-19T21:44:28+01:00

- Elle m'a offert le cadeau parfait.

Sa façon de me regarder me donne des papillons dans l'estomac.

- Quoi?

- Toi.

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Extrait ajouté par lunehecate 2013-11-10T17:32:35+01:00

-Allez, dis-je. En quoi je suis différente? redemandé-je à Tucker.

-C'est dur à expliquer.

Il se masse la nuque.

-Tu cache tellement de choses sous la surface.

-Hum. Comme c'est mystérieux, dis-je en faisant mon possible pour garder un ton léger.

-Ouais, tu est comme un iceberg.

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Extrait ajouté par CroqueusedeB 2015-04-26T18:25:13+02:00

— Merci de m’avoir raccompagnée, dis-je. Frère.

Il grogne, puis sourit.

— Ça m’a fait plaisir.

C’est vraiment un gars étrange. De plus en plus étrange à chaque minute.

— À plus.

Je bondis du marchepied, claque la portière et mets le cap sur la maison.

— Eh, Carotte, crie-t-il soudain.

Je me retourne.

— Toi et moi, nous nous entendrions sans doute mieux si tu cessais de me donner ce nom.

— Tu aimes ça.

— C’est faux.

— Qu’est-ce qui t’attire chez un gars comme Christian Prescott ? demande-t-il.

— Je ne sais pas, dis-je d’un ton las. Tu veux savoir autre chose ?

Sa fossette apparaît.

— Nan, dit-il.

— Alors, bonsoir.

— B’soir, dit-il avant de disparaître dans le noir.

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Extrait ajouté par CroqueusedeB 2015-04-26T21:19:01+02:00

— Est-ce que tu…

J’hésite. Je regarde derrière lui vers le couloir, en direction du bureau de maman. Il jette un coup d’œil par-dessus son épaule, puis revient à moi, curieux.

— Quoi ?

— Tu veux que nous essayions ensemble ?

Il me fixe du regard une minute.

— Bien sûr, finit-il par dire. Allons-y.

Il fait si noir dans la cour que je ne vois pratiquement rien au-delà de la pelouse.

— Ce serait tellement plus facile le jour, dis-je. Je commence à détester m’entraîner le soir.

— Alors, pourquoi ne pas t’entraîner le jour ?

— Hum… parce que les gens pourraient nous voir ?

Il fait un sourire espiègle.

— Et puis ? dit-il.

— Que veux-tu dire ?

— Les gens ne te voient pas vraiment. Ils ne regardent pas en l’air.

— Quoi ? C’est fou, dis-je en secouant la tête.

— C’est vrai. S’ils te voient, ils croiront que c’est un gros oiseau ou autre chose. Un pélican.

— Pas question.

Mais aussitôt, je me rappelle la fois où j’ai volé au-dessus du lac Jenny et que j’ai aperçu mon reflet : un brouillard d’un blanc pur, comme un oiseau.

— Ce n’est pas si compliqué. Maman le fait constamment.

— Ah bon ?

— Elle vole presque tous les matins. Au lever du soleil.

— Comment se fait-il que je ne l’ai pas remarqué ?

Il hausse les épaules.

— Je me lève plus tôt que toi.

— Je ne peux croire que j’ignorais ça !

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Extrait ajouté par CroqueusedeB 2015-04-26T18:49:59+02:00

Christian est assis sur les marches avant quand je reviens chez moi. La lumière de la véranda crée un doux halo autour de lui, tel un projecteur. À la main, il a une grosse tasse de ce qui ne peut être que la tisane à la framboise de ma mère, qu’il pose aussitôt. Il saute sur ses pieds. Je souhaite ardemment pouvoir m’envoler au loin.

— Je suis désolé, dit-il d’un air sérieux. J’ai été idiot. J’ai été stupide. J’ai été bête.

Je dois admettre qu’il est adorable avec ses grands yeux de lune à me répéter combien il est stupide. Ce n’est pas juste.

Je soupire.

— Depuis quand tu es là ? demandé-je.

— Pas longtemps, dit-il. Genre trois heures.

Il désigne la tasse.

— Le remplissage à volonté m’a donné l’impression de deux heures seulement.

Je refuse de sourire à sa blague et je le dépasse pour entrer dans la maison, où ma mère bondit soudain du canapé pour se diriger dans son bureau sans dire un mot. Je lui en suis reconnaissante.

— Entre, lui dis-je puisqu’il est clair qu’il n’est pas prêt de s’en aller.

Il me suit dans la cuisine.

— O.K., dis-je. Voici mon offre. Plus jamais, au grand jamais, nous n’évoquerons le bal.

Ses yeux brillent de soulagement. Je saisis sa tasse et la place près de l’évier. Je prends le temps de retrouver mon équilibre en m’appuyant sur le comptoir.

— Nous recommencerons à neuf, dis-je, dos à lui.

Ce serait bien, pensé-je, de recommencer à neuf. Pas de vision, pas d’attente, pas d’humiliation.

Une simple rencontre entre un gars et une fille. Lui et moi.

— D’accord.

— Je m’appelle Clara.

Je me retourne vers lui, la main tendue.

Le coin de sa bouche se soulève en un sourire réprimé.

— Je m’appelle Christian, murmure-t-il en prenant ma main, qu’il presse doucement dans la sienne.

— Heureuse de te rencontrer, Christian, dis-je comme à n’importe quel garçon.

Comme si en fermant les yeux, je ne le voyais pas au cœur d’une forêt en flammes. Comme si son toucher ne soulevait pas actuellement en moi une vague de désir ardent et de reconnaissance.

— Tout à fait.

Nous retournons sur la véranda. Je refais de la tisane, prends une couverture pour lui et une autre pour moi, et nous nous assoyons dans les marches à contempler le ciel constellé de diamants.

— Les étoiles n’étaient jamais aussi brillantes en Californie, dit-il.

Je pensais exactement la même chose.

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Extrait ajouté par jess18 2014-06-22T23:32:00+02:00

Je vais à l’évier chercher un verre d’eau que je bois lentement. Je sens de la fumée, l’odeur du feu qui flotte dans l’air. Cela me fait penser à Christian. À cinq kilomètres d’ici, droit vers l’est, à vol d’oiseau. Cinq kilomètres, ce n’est pas si loin. Je m’imagine, filant à travers la terre, comme si je voyageais le long des racines des arbres et de l’herbe, traçant une ligne entre moi et la maison de Christian, telle une corde reliant deux boîtes de conserve, mon téléphone inventé.

Je veux sentir ce qu’il sent.

Et c’est ce qui m’arrive soudain. Je le trouve. Je sais quelque part en moi que c’est bien lui. Il ne dort pas. Il pense à moi, lui aussi. Il pense au moment où il a essuyé la tache de cendre sur mon cou, à la sensation de ma peau sous ses doigts, à la façon dont je l’ai regardé. Il est confus ; ses idées s’embrouillent et il est frustré. Il ne sait plus ce qu’on attend de lui.

Je comprends. Nous n’avons rien demandé de tout cela ; nous sommes nés dans cette situation. Et pourtant, nous sommes censés servir aveuglément, suivre des règles que nous ne comprenons pas, laisser une force plus puissante guider nos vies et nous dire qui nous devons aimer et ce que nous devons oser rêver.

À la fin, quand Christian et moi nous sommes envolés ensemble, il n’y avait pas de flammes en dessous de nous. Pas de feu qui nous faisait fuir. Nous n’étions pas en train de nous sauver l’un l’autre. Nous n’étions pas amoureux l’un de l’autre. Nous étions plutôt transformés. Nous étions précipités dans une boucle cosmique. J’ignore si je suis déchue ou si je suis engagée dans une sorte de plan B céleste. Cela n’a sans doute pas d’importance.

Une chose dont je suis sûre, c’est qu’il nous est impossible de revenir en arrière.

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Extrait ajouté par Lisylee 2012-05-06T16:40:52+02:00

Au début, il y a un garçon qui se tient au milieu des arbres. Il est à peu près de mon âge, dans cet intervalle, entre un enfant et un homme, peut-être 17 ans tout au plus. Je ne sais pas comment je le sais. Je peux juste voir l'arrière de sa tête, ses cheveux noirs bouclés et mouillés contre son cou. Je sens la chaleur du soleil, si intense, dessinant la vie de tout. Il y a une étrange lumière orange qui remplie le ciel. Il y a la lourde odeur de la fumée. Pendant un moment, une douleur étouffante m'assaille, et il m'est difficile de respirer. Je ne sais pas pourquoi. Je fais un pas vers lui, ouvre ma bouche pour appeler son nom, seulement, je ne le connais pas. Le sol crisse sous mes pieds. Il m'a entendu. Il commence à se retourner. Encore une seconde et je vais voir son visage.

C'est là que la vision s'arrête. Je cligne des yeux et tout est parti.

(Traduction personnelle)

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