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Extrait de Celle que vous croyez ajouté par bellajessica 2016-01-16T00:57:45+01:00

Va mourir.La phrase qui tue.Il y a des gens qui se défenestrent pour moins que ça, non ? Il y en a plein ici. À force d’être cognés à coups de mots, ils chancellent.Va mourir. VA MOURIR. Les paroles des autres les poursuivent comme des fantômes hostiles. Leurs voix profèrent des injonctions impossibles à fuir. Du harcèlement textuel, en quelque sorte, ah ah ! Moi aussi j’aime les jeux de mots, vous voyez. On devrait s’entendre.Bref, cela pour dire que je ne pouvais absolument pas prévoir ce qui s’est passé ensuite. Quand j’ai créé ma fausse page Facebook, Chris n’était pour moi qu’un parasite, un profiteur misogyne et grossier, un ennemi dans mon rapport vacillant à Jo. Je ne pensais même pas à communiquer avec lui, je voulais juste avoir accès aux actualités de Jo, par ricochet.Va mourir.C’est ce que j’ai fini par faire, au bout du compte, non ?Finalement, j’ai obtempéré. Ici, je ne vis pas. C’est ce que vous vous dites ? L’impératif, quand on est fou, sonne comme un ordre absolu, non ? Dites-moi, c’est ce que vous vous dites ? Un ordre qu’on peut renverser, aussi. Vas-y, toi. Qu’on peut retourner à l’envoyeur. Va mourir toi-même. Quand on est fou. Quand on est folle.Est-ce que c’est écrit là, que je suis folle ?Est-ce que toutes les femmes sont folles ?

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Extrait de Celle que vous croyez ajouté par MissDupont 2017-10-03T04:28:38+02:00

Les sms que j'avais échangés avec Claire Antunès, les photos que je lui avais envoyées, tout était là, et rien d'autre. Je pianotais comme un dingue sur le minuscule clavier sans qu'aucune explication vraisemblable parvienne à mon cerveau torpillé. Clé avait-elle piraté mon propre téléphone, copié mes textos ? Elle en qui j'avais la plus entière confiance. Mais non, non, puisque le numéro, le fucking numéro de ce putain de téléphone était celui de Claire Antunès. Et que dans le répertoire que j'ouvrais maintenant, il n'y avait qu'un seul contact : moi. Qu'un seul numéro : le mien.

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Extrait de Celle que vous croyez ajouté par lamadeleine 2016-06-08T18:57:21+02:00

La vie m'échappe, elle me détruit, écrire n'est qu'une manière d'y survivre- la seule manière. Je ne vis pas pour écrire, j'écris pour survivre à la vie. Je me sauve. Se faire un roman, c'est se bâtir un asile.

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Extrait de Celle que vous croyez ajouté par lamadeleine 2016-06-08T18:50:54+02:00

Nous sommes tous, dans les fictions continues de nos vies, dans nos mensonges, dans nos accommodements avec la réalité, dans notre désir de possession, de domination, de maîtrise de l'autre, nous sommes tous des romanciers en puissance. Nous inventons tous notre vie.

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Extrait de Celle que vous croyez ajouté par ilovelire 2016-01-26T19:38:36+01:00

Quand on a un peu fréquenté Jo, on peut se dire que c’était bizarre, cette timidité, parce que d’un autre côté c’était un type sans aucune limite, vraiment aucune – à peine celle de ne pas tuer pile au moment où la pulsion lui en venait, et encore : il y a tellement de manières de tuer. Il pouvait vous détruire en un rien de temps, d’un mot, d’un silence. Vous devez savoir que l’angoisse principale des femmes, c’est d’être abandonnées ? Oui, ces choses-là sont écrites dans vos livres. Eh bien Jo était comme ça – j’imagine qu’on pourrait dire « pervers » : il vous abandonnait dix fois par jour. Il savait où était la faille – les pervers, d’une certaine manière, sont ceux qui connaissent le mieux les femmes – et il y enfonçait le coin de l’absence pour réduire en poudre votre énergie vitale, votre envie de bonheur. Il vous tendait la main, il la serrait et puis il vous lâchait, pour rien, sans motif apparent, juste parce que vous comptiez sur lui, parce que vous vous reposiez dans la confiance. Les derniers temps, je ne lui disais plus ce que j’aimais, je cachais ce qui me faisait plaisir, car il se serait ingénié à l’éviter ou à l’empêcher. Quand je n’en pouvais plus, je le quittais, mais je ne reprenais jamais toutes mes billes. Et il revenait tout sucre ou je le rappelais tout miel, et le cycle recommençait, de mois en mois. Ne me demandez pas pourquoi. Je venais de me séparer de mon mari, je n’avais pas envie d’être seule, j’avais besoin d’amour, au moins de le faire, d’en parler, d’y croire, enfin vous devez connaître la chanson, on veut vivre, faut-il dire pourquoi ?

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Extrait de Celle que vous croyez ajouté par ilovelire 2016-01-26T19:38:17+01:00

Quand on a un peu fréquenté Jo, on peut se dire que c’était bizarre, cette timidité, parce que d’un autre côté c’était un type sans aucune limite, vraiment aucune – à peine celle de ne pas tuer pile au moment où la pulsion lui en venait, et encore : il y a tellement de manières de tuer. Il pouvait vous détruire en un rien de temps, d’un mot, d’un silence. Vous devez savoir que l’angoisse principale des femmes, c’est d’être abandonnées ? Oui, ces choses-là sont écrites dans vos livres. Eh bien Jo était comme ça – j’imagine qu’on pourrait dire « pervers » : il vous abandonnait dix fois par jour. Il savait où était la faille – les pervers, d’une certaine manière, sont ceux qui connaissent le mieux les femmes – et il y enfonçait le coin de l’absence pour réduire en poudre votre énergie vitale, votre envie de bonheur. Il vous tendait la main, il la serrait et puis il vous lâchait, pour rien, sans motif apparent, juste parce que vous comptiez sur lui, parce que vous vous reposiez dans la confiance. Les derniers temps, je ne lui disais plus ce que j’aimais, je cachais ce qui me faisait plaisir, car il se serait ingénié à l’éviter ou à l’empêcher. Quand je n’en pouvais plus, je le quittais, mais je ne reprenais jamais toutes mes billes. Et il revenait tout sucre ou je le rappelais tout miel, et le cycle recommençait, de mois en mois. Ne me demandez pas pourquoi. Je venais de me séparer de mon mari, je n’avais pas envie d’être seule, j’avais besoin d’amour, au moins de le faire, d’en parler, d’y croire, enfin vous devez connaître la chanson, on veut vivre, faut-il dire pourquoi ?

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Extrait de Celle que vous croyez ajouté par ilovelire 2016-01-26T19:38:05+01:00

CLAIRE

J’ai déjà tout raconté dix fois à vos collègues, vous n’avez qu’à lire mon dossier.

Je sais que vous êtes nouveau, je le vois bien. C’est votre premier poste ? Car vous n’avez que trente ans tout au plus.

Vous ne les faites pas.

Je ris parce que je vous récite du Marivaux et que vous n’y voyez que du feu. On n’a toujours pas mis la littérature au programme, chez vous.

Vous pourriez le sentir, je ne sais pas, au rythme, à l’intonation. C’est votre métier d’entendre comment ça sonne. De repérer ce qui cloche. Ding dong. Dingue donc.

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Extrait de Celle que vous croyez ajouté par ilovelire 2016-01-26T19:37:50+01:00

Je discutais avec lui depuis vingt minutes il me parlait d’un article que j’avais publié il avait écrit sur le même thème j’aimais bien ses yeux verts cheveux noirs les cheveux noirs j’avais envie de m’enfouir dedans il y avait du blanc sur les côtés des cheveux gris-blanc m’enfouir dedans y plonger le visage tout entier les toucher sentir leur masse les respirer et d’un seul coup sa voix a changé elle est devenue très douce je l’ai entendue très tendre pleine de suavité oui d’attention suave il répondait à oui une étudiante elle est venue lui poser une question une jeune fille brune avec une écharpe rose elle a demandé quelque chose et il m’a tourné le dos comme ça sans un mot d’une seconde à l’autre pfft sans un mot sans une excuse j’ai cessé d’exister comme ça sans je vous demande pardon je vous demande une minute me suis retrouvée toute seule idiote mauvaise sans pardon mon sourire suspendu dans le vide je le voyais je voyais ma bouche sourire ma bouche bête et rouge ils leur regardent les dents comme à des chevaux ils leur tâtent les seins les fesses on l’a pendue cette femme vous savez bien elle avait tué l’homme qui l’avait violée ils l’ont pendue ils nous tuent c’est la haine vous savez c’est la haine écoutez c’était dans le journal je l’ai découpé écoutez regardez je l’ai épinglé sur mon manteau là vous voyez

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