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Extrait ajouté par Whale 2012-11-14T15:44:26+01:00

J’aime bien ces gens. Je sais lire leurs yeux, leurs bouches tellement facilement celle-ci avec son soupçon d’amertume, va raffoler de mes zestes d’orange confits; celle-ci, avec son doux sourire, mes abricots fourrés au cœur si moelleux; cette petite fille aux cheveux ébouriffés par le vent va aimer les mendiants; cette femme vive et joyeuse, les noix du Brésil au chocolat. Pour Guillaume les florentins dégustés avec délicatesse au-dessus d’une soucoupe dans sa maison bien rangée de célibataire. Le goût de Narcisse pour les truffes aux deux chocolatsְ révèle sa bonté de cœur sous son extérieur bourru. … Je vends des rêves, de menues consolations, d’exquises tentations inoffensives pour qu’une multitude de saints dégringolent de leur piédestal et viennent se fracasser au milieu des noisettes et des nougatines.

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Extrait ajouté par x-Key 2011-03-29T21:13:39+02:00

Sur une étagère de marbre blanc sont alignés d'innombrables boites, paquets, cornets en papier argenté et doré, mais aussi des rosettes, des cloches, des fleurs, des cœurs et de longues spirales de ruban multicolore. Sous les cloches en verre, dans des plats, reposent les chocolats, les pralines, les tétons de vénus, les truffes, les mendiants, les fruits confits, les rochers pralinés, les coquillages en chocolat, les pétales de rose et les violettes en sucre..

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Extrait ajouté par x-Key 2011-03-29T21:13:39+02:00

C'est un art dont je me délecte. Il y a un élément de sorcellerie dans toute préparation culinaire : dans le choix des ingrédients, dans le processus consistant à mélanger, à râper, à faire fondre, à infuser et à aromatiser, dans ces recettes empruntées à des ouvrages anciens, dans ces ustensiles traditionnels.

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Extrait ajouté par x-Key 2011-03-29T21:13:39+02:00

Au milieu, elle a édifié une superbe pièce centrale. Une maison en pain d'épice, des murs en gâteau recouverts de chocolat et rehaussés de glaçage argenté et doré, des tuiles en florentins parsemés de fruits confits, d'étranges vignes vierges en glaçage en chocolat grimpant le long des murs, des oiseaux en pâte d'amandes chantant dans des arbres en chocolat...

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Extrait ajouté par Cacoethes-scribendi 2015-02-22T18:16:25+01:00

Une fois ou deux, je m’étais acheté du Suchard au supermarché, mais, cinq fois plus cher que l’autre, c’était un luxe que je pouvais rarement m’offrir. Mai là, c’est totalement différent : la brève résistance de la coquille chocolatée au contact des lèvres, la pâte moelleuse à l’intérieur… Je découvre plusieurs saveurs, comme le bouquet d’un grand vin : une légère amertume, un arôme aussi riche que du café moulu… La chaleur de ma bouche accentue cet arôme démoniaque qui, m’emplissant les narines, me fait gémir de plaisir.

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Extrait ajouté par Cacoethes-scribendi 2015-02-22T18:14:08+01:00

En contemplant la chocolaterie, de l’autre côté de la place, la superbe vitrine, les bacs de géraniums roses, rouges, orange disposés aux balcons et de chaque côté de la porte, je sens le doute qui s’insinue subrepticement dans mon esprit, et ma bouche se met à saliver au souvenir du parfum qui règne dans cette boutique, un parfum de crème, de marshmallows, de caramel, assorti à l’entêtant mélange du cognac et des fèves de cacao fraîchement moulues. C’est l’odeur d’une chevelure de femme, à cet endroit précis où la nuque rejoint la base cendrée du crâne, l’odeur des abricots mûrs sous le soleil, de la brioche toute chaude et des petits pains à la cannelle, du thé au citron et du muguet. C’est un encens porté par le vent, se déployant doucement telle une bannière de révolte : loin d’être sulfureux comme on nous l’a appris enfant, ces exhalaisons diaboliques constituent le plus subtil, le plus évocateur des parfums, l’essence combinée de mille épices, qui vous tourne les sens et vous élève l’esprit. Je me surprends debout devant Saint-Jérôme, la tête dressée dans la bourrasque, à m’efforcer de capturer une trace de ce parfum. Il imprègne me rêves, et je me réveille en sueur et affamé. Dans mes rêves, je me goinfre de chocolats, et leur texture n’est pas friable mais douce comme la chair, comme des milliers de bouches sur mon corps, qui me dévorent goulûment de leur délicat baisers. Mourir sous leur caressante gourmandise me paraît le summum délicieux de toutes les tentations que j’ai pu connaître, et dans ces moments-là j’arrive presque à comprendre Armande Voizin, qui risque sa vie à chaque voluptueuse bouchée.

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Extrait ajouté par Cacoethes-scribendi 2015-02-22T18:13:32+01:00

Les lieux ont chacun leur caractère propre, et retourner dans une ville où l’on a déjà vécu, c’et comme rendre visite à un vieil ami. Ce sont les gens qui finissent par se ressembler ; on voit les mêmes visages dans de villes situées à des milliers de kilomètres, les mêmes expressions. L’œil morne et hostile des fonctionnaires. Le regard curieux de paysans. Les mines indifférentes et blasées des touristes. Les mêmes amoureux, les mêmes mères de famille, les même mendiants, les mêmes infirmes, le mêmes vendeur ambulants, les mêmes joggeurs, les mêmes enfants, les mêmes policiers, les mêmes chauffeurs de taxi, les mêmes maquereaux. Au bout d’un certain temps, on finit par se sentir légèrement paranoïaque, comme si ces gens-là nous suivaient en secret d’une ville à une autre, changeant de tenues et de visages mais demeurant foncièrement identique, vaquant à leurs tristes occupations tout en nous gardant subrepticement à l’œil, nous les intruses. Au début, on éprouve un vague sentiment de supériorité. Nous formons une race à part, nous autres les nomades. Nous avons vu et connu tellement plus de choses que ces gens-là. Ces gens qui se contentent de mener leurs sinistres existences au gré de la ronde sans fin du métro-boulot-dodo, qui se contentent d’entretenir leurs impeccables petits bouts de jardin, leur coquet pavillons tous pareils, leurs rêves minables ; nous les méprisons un peu. Et puis arrive un temps où survient la jalousie. La première fois, c’est une sensation assez bizarre : une piqûre soudaine qui se dissipe presque aussitôt. Une femme dans un square, penchée sur un enfant dans sa poussette, leurs deux visages éclairés par quelque chose qui n’a rien à voir avec le soleil… Puis cette jalousie se manifeste une deuxième fois, une troisième : deux jeunes gens au bord de la mer, bras dessus bras dessous ; un groupe d’employées de bureau lors de leur pause-déjeuner, qui pouffent de rire en buvant du café et en grignotant des croissants… Il ne faut pas longtemps pour que la douleur devienne quasi permanente. Non, décidément, les lieux ne perdent pas leur identité, aussi loin qu’on puisse aller. C’est le cœur qui, à la longue, finit par s’éroder.

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Extrait ajouté par Cacoethes-scribendi 2015-02-22T18:12:51+01:00

Les gens qui ne savent rien de la vraie magie se figurent qu’elle relève d’une certaine extravagance. C’est sûrement pourquoi ma mère, qui raffolait du théâtral, en faisait un tel spectacle. Et pourtant la vraie magie n’a rien de spectaculaire ; c’est simplement la concentration de l’esprit sur un objet convoité. Il n’y a pas de miracle, pas d’apparitions subites.

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Extrait ajouté par Cacoethes-scribendi 2015-02-22T18:04:32+01:00

Les cartes, les cierges, l’encens, les incantations ne sont qu’une astuce enfantine pour tenir les ténèbres à distance.

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Extrait ajouté par Cacoethes-scribendi 2015-02-22T18:04:09+01:00

« Sodome et Gomorrhe à la paille ! Mmmm ! Je crois que je viens de mourir et de monter au ciel. Je n’en approcherai jamais autant, en tout cas.

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