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Liste des extraits

« - Pourquoi tu ne dis pas ce que tu penses, pour une fois ? hurla-t-il. Pourquoi ne te mets-tu pas en colère, pourquoi tu ne cries pas ? Fais quelque chose, nom d'un chien ! Dis moi que tu ne veux pas que je m'en aille ! Prouve moi que tu es encore une personne, et pas juste une épée ! »

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- Je ne me suis jamais vue en jupe, avoua-t-elle en rougissant.

Eleusi écarquilla les yeux :

- Mais...quel âge as-tu ?

- Presque dix-huit ans, murmura Nihal.

- Et tu n'as jamais mis de jupe jusque là ?

- Ben... Non.

Les deux femmes se regardèrent et éclatèrent de rire.

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« — Sennar... Je...

Le magicien sourit d'un air désabusé :

— Ça va. Je pars avec un souvenir de toi qui ne m'abandonnera pas.

Il effleura la blessure du bout des doigts :

— Reviens à la vie, Nihal. Fais-le pour toi. Ou peut-être pour Fen que tu aimes tant, même s'il n'est plus. »

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- Sennar, je peux te poser une question ?

- Je t'écoute.

- Est-ce que tu as déjà été amoureux ?

- Euh... Oui, je crois que oui...

- Et comment c'est ?

- C'est différent pour chacun, mais, en général, tu penses sans arrêt à la personne qui te plaît, dès que tu la vois ton estomac se noue, ton coeur se met à battre très la charmade... des trucs dans ce genre, quoi. Tu dois le savoir !

- Sennar...

- S'il te plaît laisse-moi me concentrer !

- Je crois que c'est toi qui avais raison.

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Nihal entra la tête baissée, incapable de soutenir son regard.

Le gnome tirait rageusement sur sa pipe et crachait de petits nuages compacts qui se dissolvaient dans l'air froid de la pièce. Il la dévisagea d'un air farouche.

Après un temps qui parut interminable à Nihal, il se décida à ôter la pipe de sa bouche :

- On peut savoir ce qui t'est passé par la tête ?

Nihal leva timidement les yeux :

- Je... je voulais combattre.

Le gnome explosa :

- Non seulement tu m'as désobéi, mais tu n'as pas respecté l'ordre de retraite, et tu as risqué de faire échouer le plan ! Tu as fait le jeu de l'ennemi, Nihal !

La jeune fille répondit dans un filet de voix :

- Pardonne-moi, Ido. Je ne savais pas ce que je...

- Ne me raconte pas de salades, jeune fille ! Tu savais on ne peut mieux ce que tu faisais ! Ah que oui, tu le savais ! Et tu veux que je te dise pourquoi tu l'as fait ? Parce que tu te moques bien de ta propre vie et de celle des autres ! Ce qui t'intéresse, c'est de tuer ! Tu n'es pas un guerrier : tu es un assassin !

Nihal serra les poings :

- Tu te trompes !

- Je me trompe ? Qu'est-ce qui différencie l'armée des Terres libres de celle du Tyran, selon toi ? Allez, dis-le-moi !

Nihal réfléchit, mais elle était si blessée par les paroles de Ido qu'elle n'arrivait pas à trouver une réponse.

- Ceci : nous combattons pour la liberté..., balbutia-t-elle.

- Tu n'y as jamais réfléchi, n'est-ce-pas ? ricana le gnome. Pour toi, il n'y a que la vengeance qui compte !

- Ce n'est pas vrai ! s'écria Nihal.

Ido sauta sur ses pieds et pointa un doigt vers elle :

- Silence ! La différence entre eux et nous, c'est que nous combattons pour la vie ! La vie, Nihal ! Celle que tu ne connais pas, celle que tu nies de toutes tes forces ! Nous combattons pour que tous aient le droit de vivre sur cette terre, pour que chacun puisse décider quoi faire de sa propre existence, pour que personne ne soit l'esclave de personne, et pour que règne la paix. Nous nous battons pour les gens qui ont dansé avec nous l'autre soir sur la place, pour les marchands qui nous ont offert l'hospitalité, pour les filles qui se sont amourachées de nos soldats. Et nous combattons avec la conscience que cette guerre est horrible, mais que, si nous ne la faisons pas, le monde que nous aimons sera détruit ! Ce n'est pas la haine qui nous meut ! C'est l'espoir qu'un jour cette tragédie finira ! La haine, c'est ce qu'éprouve le Tyran !

Ido se rassit d'un coup et baissa la voix :

- Tu n'as aucune raison de rester ici. Tu ne sais pas pour quoi tu combats. La seule chose que tu saches, c'est que tu veux mourir.

- Non ! Je ne suis pas comme ça ! hurla Nihal.

- Oh si ! Tu as peur de vivre ! Chaque fois que tu te rends sur le champ de bataille, tu espères inconsciemment recevoir un coup d'épée qui te délivrera de la responsabilité d'affronter ta vie. Qu'est-ce que tu crois, qu'il faut du courage pour mourir ? Mourir, c'est facile. C'est vivre qui demande du courage. Tu es lâche, Nihal.

- Je ne mourrai pas avant d'avoir aidé à sauver ce monde !

- Tu crois être une héroïne ? C'est ça que tu penses ? Eh bien, tu te trompes de beaucoup !

Nihal s'effondra au sol, les mains plaquées sur ses oreilles et les yeux plein de larmes :

- Tais-toi, tais-toi !

Ido se leva et marcha vers elle. Nihal pensa qu'il voulait la consoler, mais il lui ôta violemment les mains des oreilles :

- Non, maintenant, tu vas m'entendre ! J'ai cru qu'il y avait du bon en toi. Je l'ai vu enfoui sous une montagne de rancoeur, et j'ai espéré pouvoir le faire sortir. Mais tu n'as jamais voulu m'écouter, tu as toujours feint que tout allait bien...

- Non ! Non !

- Je te le répète, il n'y a plus de place ici pour toi. Si tu cherches un endroit où te battre, je te conseille l'armée du Tyran. Tu as choisi de devenir une machine de mort : va rejoindre tes semblables !

Nihal poussa un cri. Les larmes coulaient sans fin sur ses joues. Debout face à elle, Ido la regardait sans aucune pitié. Elle se recroquevilla à terre, secouée par des sanglots. Il lui semblait qu'elle ne cesserait jamais de pleurer.

- Et qu'est-ce que j'aurais dû faire, selon toi, hein ? demanda-t-elle à son maître en levant vers lui son visage. Je n'étais qu'une enfant, tu comprends ? Une enfant ! Que sais-tu de ce que je vois dans mes rêves, de ces carnages auxquels j'assiste chaque nuit ?

Ido se pencha vers elle et la regarda dans les yeux :

- De quoi parles-tu ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

- Je vois le massacre de mon peuple ! hoqueta la demi-elfe. Des femmes, des hommes, des enfants ! Nuit après nuit, depuis toujours ! Ils me murmurent des paroles incompréhensibles, ils me persécutent, ils répètent sans cesse que je dois les venger ! Qu'est-ce que j'aurais dû faire ?

Ido resta plongé quelques instants dans ses pensées, puis il s'assit devant son élève.

Sa voix s'était adoucie :

- Tu es libre, Nihal, tu comprends ? Libre ! La place des esprits n'est pas dans ce monde. Cette haine est la leur, pas la tienne.

Nihal secoua la tête :

- Et tous ceux qui sont morts ? Quelqu'un doit bien venger ce massacre ! Je suis l'unique survivante d'un peuple entier ! Pourquoi moi ?

- Les morts sont morts, Nihal. Tu ne peux rien pour eux. Mais tu peux faire quelque chose pour ceux qui sont en vie, pour ceux qui subissent chaque jour les atrocités du Tyran.

Le gnome repoussa les cheveux du front trempé de Nihal :

- Moi aussi, j'ai vu des choses terribles. Moi aussi, j'ai dû lutter contre la haine qui grandissait en moi. Et puis j'ai compris que des gens avaient besoin de moi. C'est pour cela que j'ai décidé de combattre. Je ne sais pas pourquoi tu as survécu. Mais tu es là, tu es vivante. Tu ne peux pas te permettre de gâcher ta vie, parce que ce n'est pas seulement ta vie, mais celle de ton peuple.

Nihal, désespérée, se remit à pleurer de plus belle, son corps mince secoué de hoquets.

Ido la prit par les épaules :

- Pleure, pleure tant que tu veux. Depuis combien de temps tu ne l'as pas fait ?

De toute façon, la jeune fille ne pouvait plus s'arrêter.

- J'ai vu mourir mon père, lâcha-t-elle. Et puis Fen. Je l'aimais, Ido. C'était lui qui me liait à ce monde, qui me donnait une raison de vivre. Après, il ne m'est resté que la haine. Rien d'autre.

Ido regarda cette créature égarée et se laissa toucher par la pitié.

- Ce n'est pas dans la haine que tu découvriras une réponse, Nihal, dit-il avec douceur. Seul un idéal donne un sens au combat : ce n'est pas facile d'en trouver un, ce n'est pas facile de lui rester fidèle et de le poursuivre, mais une vie, une lutte sans idéal, ça ne veut rien dire.

Il lui caressa la tête.

Nihal pleura tout le reste de la journée. Ses sanglots se calmèrent peu à peu, mais les larmes ne cessèrent de couler avant le soir.

(Extrait du chapitre 20, "Un coup de tête")

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« - Pardonne-moi, Ido. Je ne savais pas ce que je...

- Ne me raconte pas de salade, jeune fille ! Tu savais on ne peut mieux ce que tu faisais ! Ah oui, que tu savais ! Et tu veux que je te dise pourquoi tu l'as fait ? Parce que tu te moques bien de ta propre vie et de celle des autres ! Ce qui t'intéresse, c'est de tuer ! Tu n'es pas un guerrier : Tu es un assassin ! »

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« - Ça te fais vraiment plaisir que je sois venu ?

- Bien sur que ça me fait plaisir ! Pourquoi tu me demandes ça ?

- Cela fait si longtemps que nous ne sommes pas vus et... Je ne sais pas, Nihal, j'ai l'impression que tu n'as plus besoin de moi.

Le ton du magicien était amer. La demi-elfe s'arrêta :

- Je ne comprends pas ce que tu veux dire.

- Je veux dire que tu n'as plus besoin de personne. Tu as trouvé un moyen de vivre sans dépendre de qui que se soit, et je ne sais pas si ça me plait. Ou plutôt, je suis sûr que ça ne me plait pas du tout.

Nihal le regarda froidement :

- Pardonne-moi, ce que je fais de ma vie me regarde.

- Ta vie ne regarde pas que toi, figures-toi ! répliqua Sennar. Elle regarde aussi Soana et tous ceux qui te veulent du bien. Je ne te reconnais plus, Nihal . »

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"Nihal et Sennar scrutaient l'horizon, mais l'éclat du soleil couchant les aveuglait. La même peur sourde grandissait en eux, la même crainte.

Et puis, ils comprirent.

Une armée, une immense armée de guerriers noirs comme la nuit. Sennar attrapa Nihal par les épaules et l'obligea à l'écouter.

-C'est le Tyran, Nihal! C'est le Tyran qui vient s'emparer de Salazar! Nous devons prévenir la population, nous devons dire à tout le monde de fuir...

Mais Nihal le regardait avec des yeux vides. L'écho des voix résonnaient toujours dans son esprit. Les vociférations de l'armée étaient de plus en plus proches, de plus en plus menaçantes.

-Tu as compris ce que je viens de dire, Nihal? Cours!

Et Nihal courut. Elle se jeta dans la trappe qui menait à l'intérieur de la tour. Puis elle se précipita dans les escaliers en essayant de chasser de son cœur la peur glaciale qu'elle venait d'éprouver. Elle hurla de toute la force de ses poumons.

-Le Tyran arrive! Son armée est à nos portes!"

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- Apprécie la vie, Nihal, et tu sauras pourquoi tu combats.

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« — Oh si ! Tu as peur de vivre ! Chaque fois que tu te rends sur le champs de bataille, tu espères inconsciemment recevoir un coup d'épée qui te délivrera de la responsabilité d'affronter ta vie. Qu'est-ce que tu crois, qu'il faut du courage pour mourir ? Mourir, c'est facile. C'est vivre qui demande du courage. Tu es lâches Nihal. »

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