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Liste des extraits

Extrait ajouté par Root 2018-03-28T20:22:06+02:00

Première partie

"C'est pas Hollywood ici, c'est la Seine-Saint-Denis"

Commandant M.C. Damiani

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Extrait ajouté par Paraffine 2017-05-13T01:13:47+02:00

Ronan n'en avait pas terminé.

- Tu sais ce que je pense? Je crois que cette affaire peut nous péter à la gueule à tout moment et que tu veux t'assurer que l'équipe soit le moins éclaboussée possible. Genre sacrifice à la con.

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Extrait ajouté par Paraffine 2017-05-12T23:52:38+02:00

Chapitre 12

Coste reçut la première lettre anonyme le jour du départ d'Aubin. Parmi le courrier habituel récupéré au secrétariat du service, il trouva une enveloppe portant ses nom et prénom écrits à la main. Il la décacheta, en sortit une page pliée en deux qu'il ouvrit.

Code 93

Overdose - 16 mars 2011.

Squat de l'ancienne mairie des Lilas.

D'entrée, il se dit que les ennuis semblaient l'avoir définitivement adopté. Alors il fit le point quelques secondes, rangea les informations dans son esprit et établit la liste de toutes les actions qui devaient en découler. Il prit l'enveloppe et le courrier par un coin pour laisser le moins d'empreintes possible, profita de ce que les couloirs n'étaient pas encore animés et fit une photocopie des deux. Il glissa ensuite les originaux dans une enveloppe kraft plus grande qu'il cacha dans le tiroir de son bureau. Le papier kraft préserve mieux l'ADN.

Le texte le dirigeait vers une affaire vieille d'un an. Et cette affaire devait comporter une erreur, une omission, un raté, un grain de sable qui faisait qu'aujourd'hui il avait eu droit à un supplément de courrier.

L'enveloppe ne comportait aucune mention de son grade, ni de son service. Il trouva cela très privé et décida que pour l'instant, ça le resterait.

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Extrait ajouté par juju224 2016-02-10T15:56:00+01:00

Cela datait de plus d'un an et le souvenir le salissait encore, assez vif pour qu'il ressente à chaque fois cette même nausée, ce même écœurement. C'est assez rare de s’écœurer, assez rare pour ce le rappeler toute une vie.

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Extrait ajouté par annick69 2015-11-15T17:34:15+01:00

Dans ces cas-là, rien de plus simple que de truquer la réalité. L’entrepreneur ouvre une ligne budgétaire nommée « Aide à la promotion de la culture » ou « Association pour le développement des banlieues », n’importe quoi qui puisse donner l’impression d’une implication solidaire dans la vie des quartiers et laisse les maires en charge de la gestion de ces fonds. À nouveau, les maires arrosent ceux-là même qui génèrent la délinquance et l’insécurité, à la condition d’un calme relatif le temps de l’installation du projet.

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Extrait ajouté par ricou 2015-10-27T18:47:04+01:00

Les trois mots avaient juste réussi à sortir audibles. Faire partie de quelque chose. Appartenir à un groupe. Eux pour elle et elle pour eux. Sam s'adressa à Ronan ;

- Tu crois qu'elle va chialer ?

- Probable. Ça fait souvent les une filles.

Elle se reprit.

- Parce que je suis une fille, maintenant ?

- Je vois même pas de quoi tu parles.

Puis il y eu trois accolades et trois bienvenue.

Coste retrouvait son équipe.

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Extrait ajouté par juliesuitsonfil 2015-07-16T16:10:13+02:00

Longer les couloirs d'une PJ, c'est faire face à ce que l'homme recèle de pire en lui.

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Extrait ajouté par anonyme 2013-04-21T09:12:03+02:00

PROLOGUE

Mars 2011

La taille pouvait correspondre. L’âge certainement. Quant au physique, il était difficile d’être affirmatif.

Le vieux Simon décrocha son téléphone et, avec toutes les précautions nécessaires pour ne pas faire naître trop d’espoir, annonça :

– J’ai peut-être une piste.

À l’autre bout du fil, la voix de la vieille dame ne se fit pas plus forte qu’un souffle.

– Camille ?

– Sans certitude, madame.

Avant de raccrocher, Simon indiqua à son interlocutrice l’heure et l’adresse du rendez-vous, à la morgue de l’Institut médico-légal de Paris.

Découverte à moitié nue, sans vie et sans identité dans un squat de la commune des Lilas, en SeineSaint-Denis, elle devait avoir vingt ans. Au maximum. À l’autopsie, le docteur Léa Marquant l’avait entaillée de la base du cou au pubis, d’un trait de scalpel, sans forcer plus qu’une caresse. Dans son corps ouvert se lisaient les effets d’une consommation abusive de drogues et d’alcool ainsi que le résultat de relations sexuelles si violentes qu’on ne pouvait les imaginer consenties. Jamais auparavant dans sa carrière de médecin légiste elle n’avait utilisé l’expression de « délabrement périnéal massif ». Comment en était-on arrivé là ? Quelles barbaries avait-elle dû subir pour qu’il n’y ait littéralement plus de paroi entre le vagin et l’anus ? Dans les siennes elle avait pris ses mains salies, frôlé ses cheveux puis passé le bout des doigts sur les blessures de son visage. Elle avait regardé alentour, car ces choses-là ne se font pas. Elle avait ôté ses gants en latex et recommencé les mêmes gestes. Elle s’était laissée aller au pire des maux de son métier, l’empathie.

Alors quand, au hasard de sa lecture, elle avait vu quelques jours plus tard sur l’agenda de l’IML1 qu’une reconnaissance par un membre de la famille était prévue, Léa Marquant avait voulu en assurer le déroulement. Rien n’obligeait la légiste mais elle y tenait. Pour elle. Et pour Elle aussi.

À la levée du drap, les réactions sont diverses et imprévisibles. De la souffrance aphone qui pénètre et enlève toute force à ne pouvoir que se laisser choir, à moins que ce ne soit juste le sol qui s’ouvre sous les pieds. De la rage vengeresse qui ne sait que refuser et cherche une cible pour tirer à boulets rouges. De la peine larmoyante et bruyante jusqu’à l’agacement. Du calme impassible qui augure des plus gros orages.

La légiste vit arriver les trois visiteurs. Elle ne reconnut aucun d’entre eux et déduisit que celui qui dépassait les autres d’une tête et demie, avec ses allures de catcheur à la retraite, devait être le flic du SDPJ1. Il économisa ses mots.

– Lieutenant Mathias Aubin.

– Bonjour, lieutenant. Docteur Marquant. Le capitaine Coste n’aime plus notre service, ou vous êtes puni ?

– Juste une affaire que je voudrais terminer. Le capitaine m’a chargé de vous saluer.

Elle ferait avec. Dommage, elle préférait Coste, plus discret avec son regard bleu un peu triste. Elle se présenta à la famille. Tout d’abord à la vieille dame en fauteuil roulant puis au jeune homme qui le poussait, les invitant à la suivre jusqu’à la morgue. Le flic leur emboîtait le pas, silencieux comme une ombre.

Ils s’enfoncèrent dans les sous-sols de l’IML et elle ouvrit les portes d’une grande pièce, froide et silencieuse, comparable à une salle des coffres, faite de rangées de portes carrées d’environ soixante-dix centimètres de largeur. Chacune donnant sur une vie, une histoire et une fin. En quelques cliquetis de verre les néons éclairèrent la morgue. Elle vérifia dans son dossier le numéro d’enregistrement et, parmi les quatre cent cinquante cases de froid présentes, ouvrit la porte contenant le corps 11-1237. Elle tira la table roulante, révélant une forme humaine sous un drap blanc. Du regard elle interrogea la famille et crut déceler de l’appréhension dans leurs yeux. Elle retint son mouvement un instant, la main posée sur le tissu, puis elle baissa doucement le linceul de manière à ne montrer que le visage abîmé. Le flic imposant qui les accompagnait avait tenté de les prévenir quelques minutes plus tôt. Le corps qu’ils allaient voir était celui d’une toxicomane qui avait peut-être été leur fille et leur sœur mais qui avait certainement changé, vieilli et s’était usé dans un mode de vie marginal. Il avait volontairement choisi de passer outre aux sévices sexuels, ces précisions ne s’imposaient pas tant qu’ils ne l’avaient pas formellement reconnue. Cependant, aucun avertissement ni aucune préparation n’aurait pu leur éviter le haut-le-cœur qui les saisit lorsque le visage fut découvert.

Prisonnière de son fauteuil roulant, la mère poussa de ses bras sur les accoudoirs et comme elle put sur ses jambes fragiles afin de se donner un peu de hauteur. Sa voix, autoritaire et malgré tout perceptiblement blanche assura qu’il ne s’agissait pas de sa fille. Le fils n’émit pas un son. La figure était si tuméfiée qu’une possibilité d’erreur restait envisageable. La légiste abaissa alors totalement le drap sur un cadavre tacheté d’hématomes, de griffures, de plaies mal cicatrisées en croûtes brunes et de traces du passage d’un millier de seringues dans des cratères noircis et infectés. La vieille dame enserra dans sa main celle de son fils et, d’une voix plus assurée, comme résignée, affirma de nouveau que la personne allongée devant eux n’était pas leur Camille. Toujours à son côté, le fils avait entrouvert les lèvres sans poursuivre la phrase qu’il s’apprêtait à formuler et seul un soupir s’en échappa.

Le docteur Léa Marquant savait que l’éventail connu des réactions possibles devant un cadavre était infini. Toutefois elle ne put s’empêcher de recouvrir prestement le corps nu que ce jeune homme fixait avec un grain de quelque chose de malsain. D’autant plus qu’il assurait ne pas le reconnaître.

En retrait, le flic sortit de sa mallette un procès verbal, cocha la mention « reconnaissance négative » puis le fit signer aux deux visiteurs. Il avait pourtant espéré pouvoir donner une famille à cette anonyme.

Il se proposa ensuite de les raccompagner, ce qu’ils refusèrent poliment.

Une fois dans le taxi qui les conduisaient à leur domicile, dans les hauteurs de Saint-Cloud, ils n’échangèrent aucun mot. La mère se refusait à toute culpabilité. Elle avait agi pour le bien de la famille, quitte à devoir le payer de son âme si un dieu, un jour, venait à le lui reprocher.

Recroquevillé, le fils s’était concentré sur sa respiration. Il redoutait de se vider entièrement sur les sièges en cuir à chaque virage du taxi. Le cœur posé

sur les lèvres, il sentait son énergie le quitter, les extrémités de son corps envahies par un fourmillement, de ceux qui précèdent les malaises. Il partit une seconde ailleurs et mit un moment à se souvenir où il était et ce qu’il y faisait.

Camille. Il l’avait reconnue lui aussi. Sa Camille.

Sa presque sœur. Il l’avait reconnue et s’était tu.

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