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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-04-19T16:35:53+02:00

Cela faisait maintenant une semaine que Marion n’avait plus de nouvelles d’Yvan. Installée à l’ombre d’un saule dans l’un des jardins de la Sorbonne, elle était assise en tailleur, son ordinateur sur les genoux. Un groupe d’étudiants l’avait imitée, écouteurs aux oreilles. Tous connectés. Elle avait consulté sa messagerie près de dix fois depuis son réveil

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-04-19T16:35:42+02:00

Après avoir épuisé ses documents personnels et collecté un maximum de données sur les sites spécialisés du web, Yvan rassembla ses notes et les feuilles crachées par l’imprimante. Un écheveau de pistes et autant de questions s’offraient à lui. Satisfait de cette première approche et tenaillé par le désir de poursuivre, Yvan effleura de la main la salamandre. Hallucination ou pas, il crut sentir le dessin prendre du relief et vibrer sous sa paume

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-04-19T16:35:30+02:00

La vieille femme ne s’attarda pas, elle avait visiblement mieux à faire. Yvan prit son premier repas, un reste de pizza froide et un tiramisu rescapé des provisions de la veille sur un échafaudage de cartons. Après quoi, il se sentit trop fatigué pour entreprendre de déballer. Il rangerait au fur et à mesure de ses besoins. Que faire à cette heure ? Pas question de se replonger dans le dossier Salamandre : il y passerait la nuit et il lui fallait l’esprit clair. Il préféra se pencher sur ses rendez-vous à venir, et préparer l’étude d’une série de photos qu’un artiste comptait exposer et mettre en vente les jours suivants. Assis sur son lit, il resta moins d’une heure à prendre des notes avant d’être parcouru de frissons. Cette fois, rideau. Il ne prit même pas la peine de passer par la salle de bains – en réalité, un réduit pourvu d’un lavabo et d’une baignoire-sabot à l’émail douteux.

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-04-19T16:35:17+02:00

Yvan regarda les cendres tomber du mégot et se coller sur le côté d’un carton déjà bien humide. C’était moche. Tout était moche ce jour-là. Sa vie de célibataire, il ne l’avait pas choisie, elle s’était imposée à lui à la veille de ses quarante ans, et plutôt violemment. Il vit soudain son luminaire traverser la rue en diagonale et heurter l’un des battants de la porte, juste assez fort pour lui déboîter la coupole. Yvan se promit qu’au prochain déménagement il éviterait de faire appel à ces « pros de la casse ». Par chance, il s’était réservé le transport des objets les plus précieux. Sa petite berline, pleine à craquer, contenait de véritables trésors.Avec soin, il sortit deux toiles de maître qu’il avait emballées dans plusieurs épaisseurs de papier-bulle. Les porter immédiatement en lieu sûr. Ces tableaux valaient une fortune, ils lui avaient été offerts en remerciement de services rendus à un galeriste de la rive droite et à un collectionneur canadien. Yvan y tenait comme à la prunelle de ses yeux

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-04-19T16:35:05+02:00

Un ciel orageux assombrissait encore davantage cette journée. Le marche lente menant le cercueil du professeur Faure dans les allées du cimetière de Pantin s’étirait en une procession interminable. Durant toute sa vie, cet homme que l’on disait solitaire, absorbé dans l’étude, avait su entretenir d’indéfectibles amitiés, et suscité des liens d’estime qui s’étendaient bien au-delà du milieu de l’art et des cercles érudits. Autour du caveau, les proches se recueillaient, en proie à une réelle affliction.

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-04-19T16:34:45+02:00

Je tiens d’abord à balayer certains préjugés et à corriger la vision que l’on peut avoir de ce métier. Dans « commissaire-priseur », il y a « commissaire ». On associe aisément ce mot au registre de la police et des enquêtes. Vous verrez que parfois ces deux mondes se côtoient. L’investigation à propos d’objets d’art demande les mêmes compétences qu’un enquêteur. Le discernement, la sagacité, le souci du détail, la traque d’indices, si infimes soient-ils, sont indispensables pour déterminer la qualité de l’objet, tout comme son authenticité quand il s’agit de pièces anciennes. C’est grâce à ce travail minutieux qu’un commissaire-priseur peut estimer au mieux un bien mis en vente et susciter l’intérêt des acheteurs. Il lui faut aussi faire vivre l’objet, en raconter l’histoire pour mettre en évidence ce qui le rend unique et en fait la valeur.

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-04-19T16:34:34+02:00

Deux ans plus tôt, Yvan avait été sollicité par le directeur des études en Sorbonne pour intervenir devant des étudiants en master d’histoire de l’art. Il s’agissait, en complément des cours, de leur fournir un aperçu sur les métiers en rapport avec cette filière. Certains se destinaient à la conservation préventive, d’autres à la gestion culturelle. Yvan avait été flatté autant qu’embarrassé par la proposition de l’université parisienne.

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-04-19T16:34:19+02:00

Avant qu’Yvan trouve quoi lui répondre, l’interne avait disparu. Arrivé devant la porte de la chambre, Yvan inspira profondément et toqua d’un doigt qu’il s’efforça de rendre le plus léger possible, puis il tendit l’oreille. N’obtenant pas de réponse, il poussa doucement la porte. Le professeur était alité, ses bras reposant au-dessus des draps. Il avait le teint livide et semblait somnoler

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-04-19T16:34:05+02:00

Le visage collé à la vitre, Yvan était entouré de voyageurs silencieux, patientant comme lui jusqu’au prochain arrêt du métro. « Franklin D. Roosevelt ». Yvan laissa s’écouler le flot des passagers pour gagner tranquillement la sortie. Il contourna la place et franchit l’avenue des Champs-Élysées avant d’emprunter l’avenue Matignon. N’ayant pas pris de petit déjeuner, il fit halte au café Berkeley, un plaisir qu’il s’offrait à l’occasion. Il s’assit dans un angle de la salle, près du zinc. On le connaissait, et le serveur, après l’avoir salué du bar, vint lui apporter le journal et prendre sa commande. Yvan le parcourut, cherchant les échos de la vente à laquelle il avait pris part la veille. Souvent, la presse se contentait d’aligner des chiffres, passant sous silence le travail des professionnels. Il bougonnait, comme à son habitude, quand retentit la sonnerie de son portable. Henry Dumont cherchait à le joindre. Il décrocha.

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-04-19T16:33:06+02:00

Épuisé par la journée, Yvan s’affala dans le canapé et desserra son nœud de cravate avant d’envoyer valser ses mocassins sur le tapis. Il appréciait d’autant plus ce moment de détente qu’il avait le sentiment d’avoir remporté une bataille. Il contempla la mallette en cuir qu’il avait nonchalamment déposée à côté de lui. Elle ne l’avait pas quitté depuis près de dix ans. Il caressa le cuir tanné, toujours aussi souple sous la pulpe des doigts. C’était le premier cadeau que Lise lui avait offert. Aujourd’hui, il y tenait plus que jamais. Il laissa tomber sa tête en arrière et ferma les yeux. Lise était partie loin, très loin, de l’autre côté de l’Atlantique, à Manhattan.Ding… Le carillon venait de sonner. Yvan fit la moue avant de bondir. Il avait complètement oublié ce rendez-vous. Il rangea quelques affaires traînant sur le bar et courut ouvrir.

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