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Conquêtes en Hautes Terres, Tome 1 : Le Renard des Highlands



Description ajoutée par TerverChante57 2020-10-16T00:26:17+02:00

Résumé

Écosse, 1865.

Lorsque Gordon O'Donnell franchit la porte du domaine, Lady Jennifer sent son cœur accélérer sa course folle, tel le vent fouettant les Highlands. Cinq ans se sont écoulés depuis la dernière fois qu'elle a vu cet homme, qu'elle croyait aussi épris d'elle que la réciproque était vraie. Si Gordon n'a rien perdu de sa superbe et semble même s'enorgueillir de sa réussite sociale - odieuse explication de son abandon -, il n'en reste pas moins le fils du jardinier de sa famille....

Un Highlander que les Adaire ne consentiront jamais à lui voir prendre pour époux.

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Classement en biblio - 12 lecteurs

extrait

Prologue

Juin 1865

Adaire Hall, Écosse

— J’ignore quelle raison saugrenue l’a poussée à prendre une telle décision, mais la comtesse de Burfield vous a inclus dans son testament.

Gordon McDonnell se détourna de la fenêtre et dévisagea l’homme qui venait de parler.

Richard McBain était l’avocat responsable des intérêts de la famille Adaire, mais il avait aussi, pendant de nombreuses années, assumé le rôle de tuteur du jeune comte de Burfield, lequel avait précocement endossé le titre, à l’âge de cinq ans.

Gordon n’en était pas à sa première rencontre avec Richard McBain. Chaque fois qu’ils s’étaient croisés, ou que l’avocat l’avait convoqué dans le grand bureau, l’entrevue s’était rarement bien terminée pour Gordon.

En l’occurrence, il avait d’abord cru que Richard McBain avait, d’une façon ou d’une autre, découvert sa relation avec Jennifer Adaire.

Lady Jennifer était l’unique fille du comte et de la comtesse de Burfield. Gordon, quant à lui, n’était que « le gamin du jardinier ». C’était d’ailleurs ainsi que son entourage le désignait depuis qu’il était petit, un « titre » dont il se serait bien passé et qu’il était venu à mépriser au fil des années.

Gordon avait de nombreux projets pour son avenir, mais devenir jardinier, comme son père, n’en faisait guère partie. Il n’éprouvait qu’un intérêt modéré pour les jardins, et cultiver des fleurs sur de belles rangées bien droites ne lui prodiguait aucune fierté. Il préférait de loin la nature sauvage des bois et collines qui entouraient Adaire Hall, à ses haies bien entretenues et taillées au pouce près.

Gordon s’efforça d’enregistrer l’information transmise par Richard McBain, mais son esprit semblait incapable d’en saisir tous les enjeux.

— Que voulez-vous dire par « inclus dans son testament » ?

— À l’évidence, Milady voyait en vous quelque chose qui m’échappe, répondit son interlocuteur sur le même ton méprisant que Gordon avait appris à ignorer.

— Je ne m’y attendais pas, admit-il.

Mais peut-être aurait-il dû ? La comtesse s’était toujours montrée bienveillante envers lui, et Gordon l’avait beaucoup aimée. Cette relation inhabituelle avait commencé alors qu’il n’avait que sept ans.

Un jour, il avait vu l’infirmière de Lady Adaire pousser son fauteuil roulant jusqu’à la terrasse, pour permettre à la comtesse de profiter du soleil qui baignait les jardins. Bravant la colère de son père, Gordon avait cueilli quelques fleurs pour elle, puis avait gravi les quelques marches les séparant pour les lui fourrer entre les mains.

— Tenez, m’dame, avait-il dit avec le naturel d’un garçon de son âge. C’est un bouquet, pour vous rendre le sourire.

— Veuillez vous adresser à elle comme il se doit, jeune homme, l’avait sermonné l’infirmière. Vous devez l’appeler « Votre Grâce ».

Gordon n’avait toutefois pas pris la peine de se corriger, se contentant de fixer la comtesse.

Cette dernière avait pratiquement perdu la vue dans un incendie. Elle pouvait distinguer des formes et certaines couleurs, mais guère plus. Ce jour-là, elle avait tendu les mains et touché son visage, enveloppant ses joues de ses paumes tièdes et soyeuses.

— Quel est ton nom ?

— Je m’appelle Gordon, m’dame. Gordon McDonnell, Votre Grâce.

— Tu es le fils de Sean McDonnell ?

— Oui, m’dame.

— Et tu as cueilli les fleurs de ton père pour venir me les donner ?

— Mais moi, je pense que ce sont vos fleurs, m’dame. Votre Grâce. Je les ai juste… empruntées.

La comtesse avait pris le bouquet pour le porter à son visage avant de déclarer avec un sourire rayonnant qu’il avait le parfum du printemps.

À partir de ce jour, chaque fois que Lady Adaire s’était rendue dans les jardins, Gordon avait pris l’habitude de venir à sa rencontre. Leur relation n’avait jamais été celle d’une comtesse avec le gamin du jardinier, mais plutôt une étrange amitié. Il lui parlait de ses rêves, et la maîtresse du domaine partageait avec lui certaines de ses pensées. Elle lui avait également enseigné de nombreuses choses qu’il n’aurait jamais apprises sans son intervention, comme canaliser sa colère ou parler correctement.

Gordon fit de nouveau face à la fenêtre pour échapper à l’expression peu amène de Richard McBain.

La mort de la comtesse avait été aussi douloureuse que sa vie. Lorsqu’elle avait succombé, Gordon avait entendu plus d’une personne affirmer que c’était une bénédiction que la pauvre femme fût enfin libérée d’une telle agonie. Sa première réaction face à ces commentaires avait été une bouffée de colère. Le monde avait perdu de son éclat maintenant que la comtesse n’en faisait plus partie… et il était certainement bien moins amical.

— J’ai tenté de la convaincre de changer d’avis, poursuivit implacablement l’avocat. J’ignore comment vous dépenserez cet argent, mais je doute que vous en fassiez bon usage.

Puis Richard McBain lui communiqua un montant qui poussa Gordon à se retourner une nouvelle fois, les yeux écarquillés de stupeur.

— Combien ?

Richard McBain répéta la somme.

— Et tout est à moi ?

— En effet.

Il venait de recevoir une vraie fortune.

— Je pense que le moment est opportun, ajouta l’avocat, pour vous informer que vous n’êtes plus le bienvenu à Adaire Hall.

L’homme étira ses lèvres en un rictus prédateur, et Gordon eut soudain l’impression d’avoir devant lui un chat enchanté à la perspective de dévorer une grosse souris.

— On m’a averti que vous aviez des idées qui dépassaient largement votre condition, McDonnell. On m’a aussi demandé de vous prévenir que vos attentions envers Lady Jennifer ne seraient plus tolérées. C’est pourquoi je pense qu’il serait plus simple pour tout le monde que vous quittiez Adaire Hall séance tenante.

Gordon dévisagea l’avocat, brusquement figé.

— Personne n’ignore que vous avez causé beaucoup d’embarras à Lady Jennifer, reprit Richard McBain. Vous vous êtes montré bien trop obstiné dans votre poursuite.

— Je ne comprends pas.

Jennifer n’aurait jamais fait un tel commentaire à son sujet.

— C’est pourtant simple, répliqua l’avocat en se levant. Votre relation est terminée.

— Je ne vous crois pas.

— Je vous prierai d’épargner à cette jeune femme davantage d’indignité et d’adopter, pour une fois dans votre vie, les manières d’un gentilhomme. Lady Jennifer vient de partir pour Édimbourg et elle m’a expressément demandé de vous informer qu’elle souhaitait que vous ayez quitté les lieux avant son retour. Elle n’est guère la seule à appeler votre départ de tous ses vœux. Le comte de Burfield estime lui aussi que votre présence ici n’est plus désirée.

Le comte de Burfield. Laissez-le rire ! Le frère de Jennifer avait toujours été un imbécile et, en vieillissant, il avait recouvert son idiotie d’une couche de méchanceté.

— Puis-je également ajouter que votre père soutient l’avis du comte, asséna l’avocat.

Cette nouvelle était-elle censée le surprendre ? Sean et lui s’étaient heurtés à chaque occasion depuis qu’il était enfant.

— Je veux bien croire que mon père et Harrison souhaitent me savoir loin d’ici, admit Gordon, mais pas Jennifer.

La nuit dernière encore, ils s’étaient retrouvés au bord du loch et avaient passé des heures à discuter avant de finir la soirée par de tendres baisers. Elle n’avait quand même pas pu changer d’avis en quelques heures. Pas Jennifer !

— Elle ne rentrera pas d’Édimbourg tant que vous ne serez pas parti. Votre père s’est chargé d’empaqueter vos effets personnels, McDonnell. Plus tôt vous nous quitterez et mieux cela vaudra… Pour tout le monde. Cela fait trop longtemps que cette famille respectable subit votre mauvaise influence. Hélas, la comtesse ne partageait pas mon avis sur ce point.

De toute évidence, Gordon avait une raison de plus d’éprouver de la reconnaissance envers cette femme extraordinaire.

— Aucun de vos parents n’a exprimé le souhait de vous revoir avant votre départ. Pas plus que Monsieur le comte. Une voiture vous attend devant l’entrée principale. Elle vous conduira à Inverness.

— Je n’irai nulle part, tant que je n’aurai pas parlé à Jennifer.

Richard McBain s’approcha lentement de lui :

— Comprenez bien ceci, McDonnell, Lady Jennifer ne veut plus rien avoir à faire avec vous, ni maintenant ni jamais.

Gordon carra les épaules et baissa le regard vers l’homme. Bien que plus jeune, Gordon le dépassait de près d’un pied et il était également bien plus costaud que l’avocat. Il ne se laisserait pas intimider.

Comme il ne répondait rien, Richard McBain enfonça le clou :

— Lady Jennifer regrette de vous avoir retrouvé au loch hier soir, McDonnell, et de vous avoir autorisé à l’embrasser. Est-ce suffisamment clair pour vous, à présent ? Ouvrez les yeux, jeune homme. Vous n’étiez qu’un divertissement… Une passade dont elle s’est lassée.

La voix de Richard McBain se fit moins dure, plus compréhensive, et il y perçut même un brin de pitié.

Gordon s’était-il fourvoyé ? Était-il possible que Jennifer ne ressente rien pour lui ? Non, Richard McBain était un idiot s’il espérait lui faire avaler une telle couleuvre.

L’avocat s’approcha du bureau, ouvrit le tiroir et en tira une pile de feuillets que Gordon reconnut immédiatement. Jennifer et lui avaient échangé un grand nombre de notes, qu’ils avaient dissimulées à travers tout Adaire Hall. Dans le poulailler, dans la fourche d’un arbre qu’ils avaient appris à escalader non loin de la maison, derrière une brique mal fixée de la cheminée près de la salle de classe… N’importe quel endroit suffisamment bien caché. Lorsque Gordon ne pouvait retrouver Jennifer après avoir Prologue

Juin 1865

Adaire Hall, Écosse

— J’ignore quelle raison saugrenue l’a poussée à prendre une telle décision, mais la comtesse de Burfield vous a inclus dans son testament.

Gordon McDonnell se détourna de la fenêtre et dévisagea l’homme qui venait de parler.

Richard McBain était l’avocat responsable des intérêts de la famille Adaire, mais il avait aussi, pendant de nombreuses années, assumé le rôle de tuteur du jeune comte de Burfield, lequel avait précocement endossé le titre, à l’âge de cinq ans.

Gordon n’en était pas à sa première rencontre avec Richard McBain. Chaque fois qu’ils s’étaient croisés, ou que l’avocat l’avait convoqué dans le grand bureau, l’entrevue s’était rarement bien terminée pour Gordon.

En l’occurrence, il avait d’abord cru que Richard McBain avait, d’une façon ou d’une autre, découvert sa relation avec Jennifer Adaire.

Lady Jennifer était l’unique fille du comte et de la comtesse de Burfield. Gordon, quant à lui, n’était que « le gamin du jardinier ». C’était d’ailleurs ainsi que son entourage le désignait depuis qu’il était petit, un « titre » dont il se serait bien passé et qu’il était venu à mépriser au fil des années.

Gordon avait de nombreux projets pour son avenir, mais devenir jardinier, comme son père, n’en faisait guère partie. Il n’éprouvait qu’un intérêt modéré pour les jardins, et cultiver des fleurs sur de belles rangées bien droites ne lui prodiguait aucune fierté. Il préférait de loin la nature sauvage des bois et collines qui entouraient Adaire Hall, à ses haies bien entretenues et taillées au pouce près.

Gordon s’efforça d’enregistrer l’information transmise par Richard McBain, mais son esprit semblait incapable d’en saisir tous les enjeux.

— Que voulez-vous dire par « inclus dans son testament » ?

— À l’évidence, Milady voyait en vous quelque chose qui m’échappe, répondit son interlocuteur sur le même ton méprisant que Gordon avait appris à ignorer.

— Je ne m’y attendais pas, admit-il.

Mais peut-être aurait-il dû ? La comtesse s’était toujours montrée bienveillante envers lui, et Gordon l’avait beaucoup aimée. Cette relation inhabituelle avait commencé alors qu’il n’avait que sept ans.

Un jour, il avait vu l’infirmière de Lady Adaire pousser son fauteuil roulant jusqu’à la terrasse, pour permettre à la comtesse de profiter du soleil qui baignait les jardins. Bravant la colère de son père, Gordon avait cueilli quelques fleurs pour elle, puis avait gravi les quelques marches les séparant pour les lui fourrer entre les mains.

— Tenez, m’dame, avait-il dit avec le naturel d’un garçon de son âge. C’est un bouquet, pour vous rendre le sourire.

— Veuillez vous adresser à elle comme il se doit, jeune homme, l’avait sermonné l’infirmière. Vous devez l’appeler « Votre Grâce ».

Gordon n’avait toutefois pas pris la peine de se corriger, se contentant de fixer la comtesse.

Cette dernière avait pratiquement perdu la vue dans un incendie. Elle pouvait distinguer des formes et certaines couleurs, mais guère plus. Ce jour-là, elle avait tendu les mains et touché son visage, enveloppant ses joues de ses paumes tièdes et soyeuses.

— Quel est ton nom ?

— Je m’appelle Gordon, m’dame. Gordon McDonnell, Votre Grâce.

— Tu es le fils de Sean McDonnell ?

— Oui, m’dame.

— Et tu as cueilli les fleurs de ton père pour venir me les donner ?

— Mais moi, je pense que ce sont vos fleurs, m’dame. Votre Grâce. Je les ai juste… empruntées.

La comtesse avait pris le bouquet pour le porter à son visage avant de déclarer avec un sourire rayonnant qu’il avait le parfum du printemps.

À partir de ce jour, chaque fois que Lady Adaire s’était rendue dans les jardins, Gordon avait pris l’habitude de venir à sa rencontre. Leur relation n’avait jamais été celle d’une comtesse avec le gamin du jardinier, mais plutôt une étrange amitié. Il lui parlait de ses rêves, et la maîtresse du domaine partageait avec lui certaines de ses pensées. Elle lui avait également enseigné de nombreuses choses qu’il n’aurait jamais apprises sans son intervention, comme canaliser sa colère ou parler correctement.

Gordon fit de nouveau face à la fenêtre pour échapper à l’expression peu amène de Richard McBain.

La mort de la comtesse avait été aussi douloureuse que sa vie. Lorsqu’elle avait succombé, Gordon avait entendu plus d’une personne affirmer que c’était une bénédiction que la pauvre femme fût enfin libérée d’une telle agonie. Sa première réaction face à ces commentaires avait été une bouffée de colère. Le monde avait perdu de son éclat maintenant que la comtesse n’en faisait plus partie… et il était certainement bien moins amical.

— J’ai tenté de la convaincre de changer d’avis, poursuivit implacablement l’avocat. J’ignore comment vous dépenserez cet argent, mais je doute que vous en fassiez bon usage.

Puis Richard McBain lui communiqua un montant qui poussa Gordon à se retourner une nouvelle fois, les yeux écarquillés de stupeur.

— Combien ?

Richard McBain répéta la somme.

— Et tout est à moi ?

— En effet.

Il venait de recevoir une vraie fortune.

— Je pense que le moment est opportun, ajouta l’avocat, pour vous informer que vous n’êtes plus le bienvenu à Adaire Hall.

L’homme étira ses lèvres en un rictus prédateur, et Gordon eut soudain l’impression d’avoir devant lui un chat enchanté à la perspective de dévorer une grosse souris.

— On m’a averti que vous aviez des idées qui dépassaient largement votre condition, McDonnell. On m’a aussi demandé de vous prévenir que vos attentions envers Lady Jennifer ne seraient plus tolérées. C’est pourquoi je pense qu’il serait plus simple pour tout le monde que vous quittiez Adaire Hall séance tenante.

Gordon dévisagea l’avocat, brusquement figé.

— Personne n’ignore que vous avez causé beaucoup d’embarras à Lady Jennifer, reprit Richard McBain. Vous vous êtes montré bien trop obstiné dans votre poursuite.

— Je ne comprends pas.

Jennifer n’aurait jamais fait un tel commentaire à son sujet.

— C’est pourtant simple, répliqua l’avocat en se levant. Votre relation est terminée.

— Je ne vous crois pas.

— Je vous prierai d’épargner à cette jeune femme davantage d’indignité et d’adopter, pour une fois dans votre vie, les manières d’un gentilhomme. Lady Jennifer vient de partir pour Édimbourg et elle m’a expressément demandé de vous informer qu’elle souhaitait que vous ayez quitté les lieux avant son retour. Elle n’est guère la seule à appeler votre départ de tous ses vœux. Le comte de Burfield estime lui aussi que votre présence ici n’est plus désirée.

Le comte de Burfield. Laissez-le rire ! Le frère de Jennifer avait toujours été un imbécile et, en vieillissant, il avait recouvert son idiotie d’une couche de méchanceté.

— Puis-je également ajouter que votre père soutient l’avis du comte, asséna l’avocat.

Cette nouvelle était-elle censée le surprendre ? Sean et lui s’étaient heurtés à chaque occasion depuis qu’il était enfant.

— Je veux bien croire que mon père et Harrison souhaitent me savoir loin d’ici, admit Gordon, mais pas Jennifer.

La nuit dernière encore, ils s’étaient retrouvés au bord du loch et avaient passé des heures à discuter avant de finir la soirée par de tendres baisers. Elle n’avait quand même pas pu changer d’avis en quelques heures. Pas Jennifer !

— Elle ne rentrera pas d’Édimbourg tant que vous ne serez pas parti. Votre père s’est chargé d’empaqueter vos effets personnels, McDonnell. Plus tôt vous nous quitterez et mieux cela vaudra… Pour tout le monde. Cela fait trop longtemps que cette famille respectable subit votre mauvaise influence. Hélas, la comtesse ne partageait pas mon avis sur ce point.

De toute évidence, Gordon avait une raison de plus d’éprouver de la reconnaissance envers cette femme extraordinaire.

— Aucun de vos parents n’a exprimé le souhait de vous revoir avant votre départ. Pas plus que Monsieur le comte. Une voiture vous attend devant l’entrée principale. Elle vous conduira à Inverness.

— Je n’irai nulle part, tant que je n’aurai pas parlé à Jennifer.

Richard McBain s’approcha lentement de lui :

— Comprenez bien ceci, McDonnell, Lady Jennifer ne veut plus rien avoir à faire avec vous, ni maintenant ni jamais.

Gordon carra les épaules et baissa le regard vers l’homme. Bien que plus jeune, Gordon le dépassait de près d’un pied et il était également bien plus costaud que l’avocat. Il ne se laisserait pas intimider.

Comme il ne répondait rien, Richard McBain enfonça le clou :

— Lady Jennifer regrette de vous avoir retrouvé au loch hier soir, McDonnell, et de vous avoir autorisé à l’embrasser. Est-ce suffisamment clair pour vous, à présent ? Ouvrez les yeux, jeune homme. Vous n’étiez qu’un divertissement… Une passade dont elle s’est lassée.

La voix de Richard McBain se fit moins dure, plus compréhensive, et il y perçut même un brin de pitié.

Gordon s’était-il fourvoyé ? Était-il possible que Jennifer ne ressente rien pour lui ? Non, Richard McBain était un idiot s’il espérait lui faire avaler une telle couleuvre.

L’avocat s’approcha du bureau, ouvrit le tiroir et en tira une pile de feuillets que Gordon reconnut immédiatement. Jennifer et lui avaient échangé un grand nombre de notes, qu’ils avaient dissimulées à travers tout Adaire Hall. Dans le poulailler, dans la fourche d’un arbre qu’ils avaient appris à escalader non loin de la maison, derrière une brique mal fixée de la cheminée près de la salle de classe… N’importe quel endroit suffisamment bien caché. Lorsque Gordon ne pouvait retrouver Jennifer après avoir terminé son travail, ou quand les obligations de son amie l’empêchaient de sortir, c’était ainsi qu’ils communiquaient.

Jennifer lui avait récemment avoué qu’elle avait conservé tous les messages qu’il avait écrits pour elle, car ils étaient précieux à ses yeux.

À l’évidence, ce n’était plus le cas.

Richard McBain s’amusa à lui lire certaines de ses notes à haute voix. Les poèmes maladroits que Gordon avait rédigés en hommage à Jennifer ne lui parurent que plus idiots.

C’était une terrible trahison.

L’avocat ne prononça pas un mot lorsque Gordon quitta le bureau. Moins d’une heure plus tard, il était assis dans un carrosse en direction d’Inverness avec en poche une lettre adressée à la banque qui détaillait le contenu de son héritage. Pour la première fois de sa vie, il disposait d’une petite fortune, mais le terrible gouffre dans sa poitrine l’empêchait de s’en réjouir.

Source : kobo.com

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Commentaires récents

Or

L’intrigue du Renard des Highlands est plutôt intéressante et bien menée par l’auteure. C’est le deuxième ouvrage de cette auteure que je parcours. Et comme précédemment, l’auteure prend le temps de mettre en place son intrigue, de développer les liens et les émotions entre les protagonistes. Les rebondissements sont quant à eux nombreux....

https://www.sariahlit.com/2021/04/le-renard-des-highlands.html

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Lu aussi

On sent bien la romance historique écossaise dans la description du décor. J’ai apprécié les 2 grands secrets de famille qui m’ont fait penser à des histoires de Kate Morton mais... mais... mais... mais... oui je fais exprès de répéter ce mot car AU SECOURS les répétitions ! Ces répétions ont gâché totalement ma lecture car quand j’ai lu pour la cinquième fois le même paragraphe mais écrit différent ça m’a soûlé et énervé. À ce moment là, l’auteur aurait dû mettre des scènes de flash-back mais pas ces répétitions. Ça a freiné le rythme de l’histoire presque tout le temps. J’ai apprécié les 2 personnages principaux : Gordon et Jennifer tout comme j’ai adoré détester Harrison. On a un point de vue à la troisième personne, comme à chaque fois. Les personnages sont hyper intéressants à suivre... quand il n’y a pas de répétitions. C’est assez fluide, légèrement addictif mais...je ne vais pas me répéter. Et dans cette lecture, tout le long, on se demande pourquoi ils peuvent pas être ensemble et alors... révélations ! Et là...!

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Or

Quelle belle histoire !!!

Des secrets de famille, les généalogistes y sont confrontés lors de leurs recherches et bien plus souvent que l'on ne croit ; des vies chamboulées et parfois détruites, cela existe encore aujourd'hui.

Mais cette histoire nous confronte aussi aux valeurs humaines, celles qui régissent le cœur tant dans le bonheur que dans la douleur.

Il existera toujours des êtres méprisants et jaloux mais le bien triomphe car l'instinct de survie reste l'essentiel de la vie. Les êtres bons connaîtront le bonheur de l'amour.

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Argent

La plume de l’auteure est riche et soignée, dans un langage soutenu, en parfaite adéquation avec l’époque. Seulement le rythme est lent, sans trop d’action, je me suis quelque peu ennuyée… Certes l’histoire de cœur de nos deux protagonistes est particulièrement touchante quoi que souvent emplie de tristesse mais était-ce suffisant ? Et les répétitions si nombreuses, freinaient de beaucoup mon rythme de lecture, elles étaient redondantes et pas toujours nécessaires. Je dois bien avouer que si l’écriture n’était pas si belle et poétique, je n’aurai peut-être pas poursuivit ma lecture… et je n’aurais pas découvert qu’elle merveilleuse histoire se cachait derrière cette magnifique couverture !

Ce n’est qu’à la moitié du livre – pile à 50 % – qu’un retournement de situation inattendu à enfin retenue mon attention ! Et pas des moindre, quelle bombe ! Je n’ai rien vu venir, pas même de loin. Suite à cette révélation, l’intrigue va être conduite par bien des rebondissements et ce jusqu’à la fin du roman.

Finalement, j’ai été agréablement surprise par cette lecture : un roman qui se lit comme on regarde un bon feuilleton.

J’ai appris le décès de l’auteure, Madame Karen Ranney, ça m’a beaucoup touchée même si c’était le premier roman que je lisais d’elle : le monde de la littérature perd l’une de ces plus belle plume à n’en point douter. Une chose est sûre, je vais m’attarder sur ses autres romans.

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Date de sortie

Conquêtes en Hautes Terres, Tome 1 : Le Renard des Highlands

  • France : 2020-12-01 - Poche (Français)

Activité récente

Akyrah l'ajoute dans sa biblio or
2021-02-28T11:48:06+01:00

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Note globale 7.5 / 10

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