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Extrait ajouté par Ellea 2021-06-13T20:29:56+02:00

Le bruit se reproduisit.

Elle demeura complètement immobile, les yeux grands ouverts. La clarté de la lune lui permettait – à peine – de distinguer la forme de la porte, légèrement plus claire que le mur qui l’entourait.

Quelques secondes s’écoulèrent. Rien.

Elle commença à se détendre. Les battements sourds de son cœur se ralentirent. Ce devait être le fruit de son imagination. Cela n’avait rien d’étonnant, avec tout ce qui se passait. Bien réveillée à présent, elle se redressa sur les coudes.

Inutile d’espérer se rendormir. Elle était maintenant parfaitement en alerte. Autant descendre et se trouver quelque chose à faire en attendant de se calmer. Elle pourrait toujours somnoler devant un film idiot sur le canapé.

Elle s’apprêtait à rabattre les couvertures quand elle l’entendit à nouveau.

Cette fois, aucun doute : il s’agissait du long craquement produit par le poids d’un adulte sur une latte de parquet.

Juste de l’autre côté de la porte de sa chambre.

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Extrait ajouté par Ellea 2021-06-13T20:29:10+02:00

Elle n’avait jamais pris la mesure de sa propre vulnérabilité. Celle de tout un chacun. Facebook, Twitter, Craigslist, les emails, les comptes divers protégés par un mot de passe piratable et tout le reste de nos empreintes numériques exposent notre vie privée d’une façon qui aurait été jugée imprudente voire irresponsable une décennie plus tôt.

À cette époque, qui donc aurait annoncé au monde entier les dates de ses vacances ? L’anniversaire de ses enfants ? De son mariage ? Son nom de jeune fille ou son deuxième prénom ? Cela revenait à poser un panneau d’affichage devant chez soi, à y inscrire toutes ces informations et à les mettre à jour quotidiennement. Personne n’aurait fait ça.

C’est pourtant exactement ce que nous faisons sur Facebook. En fait, c’est même pire : alors qu’un panneau d’affichage n’est visible que par ceux qui passent devant, les réseaux sociaux donnent accès à ces informations au monde entier.

Certes, il y a des réglages de sécurité, mais la plupart des gens ne s’en servent pas, manquent la mise à jour qui les modifie ou ignorent purement et simplement leur existence. Et quand bien même on les utilise à bon escient, il suffit à une personne mal intentionnée de devenir un ami d’ami, ou de se faire passer pour quelqu’un que vous connaissez pour s’introduire dans vos données personnelles et votre vie digitale.

Tout ce qu’on peut faire, c’est attendre qu’elle veuille bien s’en aller et espérer que ça ne contaminera pas votre vie réelle.

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Extrait ajouté par Ellea 2021-06-13T20:28:49+02:00

- Plus ou moins. Et merci de m’épargner ce ton professionnel ; nous ne sommes pas devant un juge.

- Pardon. Mais attends la fin, je te prie. J’en arrive aux explications. Première hypothèse : quelqu’un qui a une dent contre toi, capable de faire toutes ces choses, t’a traquée en ligne et en personne pendant des mois, mais sans jamais t’approcher d’aucune façon. Quelqu’un qui t’a suivie à Londres.

Il but une gorgée de café.

- Hypothèse numéro deux, reprit-il. Cette personne n’est autre que toi. Tu souffres d’une maladie mentale qui te pousse à faire des choses dont tu ne gardes aucun souvenir. Presque comme s’il y avait deux entités distinctes. En tant que docteur, l’autre toi sait que tu as besoin d’aide, aussi essaie-t-elle de communiquer avec toi. Lettres, livres, peu importe. Et tu as toi-même dit que tu avais eu des idées suicidaires quand tu as eu tes crises d’angoisse.

- Ben ! Je n’arrive pas à croire que tu utilises ça contre moi.

- Je n’utilise rien contre personne, Sarah. Je me contente d’exposer les faits. D’envisager les alternatives. Si tu étais à ma place, quelle hypothèse te paraîtrait la plus probable ?

- La seconde, répondit Sarah.

Elle se sentit soudain profondément triste. Un fossé les séparait, et elle ne voyait pas comment le franchir. Encore moins comment le combler.

- La seconde me paraîtrait la plus probable, reprit-elle.

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Extrait ajouté par Ellea 2021-06-13T20:27:32+02:00

- Tu m’as trompé, Sarah. Tu avais plein d’excuses – ton état d’esprit à cette époque, ou quelque autre connerie –, mais le fait est que tu as couché avec un autre homme, et que je l’ai découvert dans une lettre envoyée par quelqu’un qui prétend être toi – ce que tu nies.

- Parce que c’est faux.

- Mais ne vois-tu pas que tu aggraves ton cas ? (Il secoua la tête.) Ça veut dire que tu n’avais pas la moindre intention de me le dire. Tu ne me l’as avoué que parce que tu t’es fait pincer. Ou alors c’est toi qui m’as envoyé cette lettre, ce qui signifie que tu as également fait tout le reste, et dans ce cas tu me mens aussi.

- Ou bien je suis folle. Dr Jekyll et Mme Hyde. (Elle eut un rire de dépit.) Je perds à tous les coups, c’est ça ?

- Oui. Et donc, pour répondre à ta question, oui, on en est là. Pour l’instant, du moins.

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Extrait ajouté par Ellea 2021-06-13T20:27:03+02:00

- Quelqu’un utilisant mon nom – toujours le même compte Gmail – a envoyé un message à Marla pour lui dire que son oncle viendrait chercher Faye, car j’avais dû partir voir mon père.

- Ton père est mort.

- Ce que Marla ne savait pas. (Sarah sentit sa lèvre se mettre à trembler, elle ravala ses larmes.) Il se trouve… reprit-elle d’une voix brisée, il se trouve que, par chance, Ben, par un pur concours de circonstances, je suis arrivée tôt là-bas. C’est donc moi qui ai récupéré Faye, et personne d’autre.

Ben la dévisagea.

- Tu es sérieuse ?

Sarah acquiesça et se couvrit la bouche d’une main.

- Elle aurait pu être enlevée. Notre petite fille. Elle aurait pu être enlevée…

- Putain ! fit Ben, blanc comme la craie. Putain ! Qu’est-ce qu’on fait ?

Sarah secoua la tête.

- On rappelle la police. On a besoin d’aide.

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Extrait ajouté par Ellea 2021-06-13T20:26:02+02:00

- Ça… a recommencé. Un statut. À propos du poisson rouge.

- Sur le faux compte Facebook ?

Elle confirma de la tête.

- Son auteur a raconté que j’avais acheté un poisson rouge à la pause déjeuner.

Ben se raidit.

- C’est vrai ? Mais comment a-t-il su ?

- Je l’ignore. Il a dû… il a dû me suivre.

- Merde ! Si c’est l’idée que quelqu’un se fait d’une blague, elle n’est vraiment pas drôle.

- Ce n’est pas une blague, Ben. Aucun de mes amis ne ferait ça.

- Alors qui ? Qui t’aurait suivie ?

- Je n’en ai pas la moindre idée.

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Extrait ajouté par Ellea 2021-06-13T20:24:49+02:00

'Pleinement' éveillée. Le vin lui avait collé une sacrée migraine, qu’un ibuprofène était parvenu à atténuer. En revanche, le médicament ne pouvait rien contre les questions qui s’entrechoquaient vainement sous son crâne en quête de réponses. Elle voulait savoir qui était derrière ça, et pourquoi.

Et elle voulait savoir si elle était en danger. C’était en tout cas l’impression que ça lui donnait. L’auteur de cette mystification s’était introduit dans la maternelle de sa fille. Les avait suivis, Ben et elle, au restaurant.

Était entré 'chez elle.'

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Extrait ajouté par Ellea 2021-06-13T20:24:06+02:00

- À part une farce, je ne vois pas ce que ça pourrait être. Quelqu’un te mène en bateau.

- C’est possible, mais ça ne nous dit pas qui pourrait faire une chose pareille. Qui s’est trouvé dans tous ces lieux.

- Ce n’est pas forcément nécessaire. Plusieurs de tes amis pourraient être de mèche et s’envoyer les photos les uns aux autres.

- Sans doute… Mais ce serait une farce très élaborée.

- En tout cas, je ne m’inquiéterais…

Le téléphone de Sarah en mode vibreur lui coupa la parole. Elle regarda l’écran et leva la main pour réduire son mari au silence.

Une notification était arrivée. De Facebook.

Elle l’ouvrit et cligna des paupières plusieurs fois. Elle n’en croyait pas ses yeux.

- Bordel de merde ! lâcha-t-elle.

- Quoi ?

- C’est une demande d’ami. (Elle tourna le regard vers son mari.) De moi. De Sarah Havenant. Du faux compte.

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Extrait ajouté par Ellea 2021-06-13T20:23:49+02:00

Elle a fini par mordre à l’hameçon. Elle en a mis, du temps. L’appât gigote dans l’eau depuis six mois. Mais elle vient seulement de le voir. Elle n’est pas très observatrice – étonnant, pour un médecin –, ce qui rend les choses encore plus faciles.

Manifestement, elle n’a jamais lancé de recherche Google sur son nom. C’est une erreur. Il vaut toujours mieux être conscient de ce qui se passe, avoir un maximum d’informations, connaître les cartes de son ennemi. Mais encore faut-il savoir qu’on en a un.

Elle va se demander qui est derrière tout ça, qui a mis ces photos en ligne et pourquoi, mais elle ne trouvera pas. Son esprit ne fonctionne pas de cette manière. Elle est incapable d’imaginer les raisons qui pousseraient quelqu’un à agir ainsi. Elle ne sait même pas 'comment' cette personne s’y est prise, et pourtant le 'comment' et le 'qui' sont étroitement liés : comprendre l’un mène nécessairement à l’autre.

Mais elle ne trouvera ni l’un ni l’autre.

En tout cas, pas avant qu’il ne soit trop tard.

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Extrait ajouté par Ellea 2021-06-13T20:22:54+02:00

La climatisation de la voiture tournait maintenant à plein régime, soufflant sur elle un air froid dont elle avait à peine conscience. Elle avait les bras et les jambes hérissés de chair de poule, mais pas à cause de la température.

À cause des photos. D’elle, de Ben, de leur maison.

De ses enfants.

Qui avait pu les prendre ? Forcément quelqu’un qui s’était trouvé à tous ces endroits, la veille à la plage, lors de ces dîners en amoureux, de ces sorties entre filles, à la fête de l’école.

Mais il n’y avait personne. Pas même Ben.

Et pour quelle raison ? Était-ce une blague ? Peut-être que tous ses amis étaient dans le coup – ce qui expliquerait la quantité de photos –, mais pourquoi ? Qu’est-ce qu’ils avaient à y gagner ? Et pourquoi faire ça depuis six mois dans son dos ? Pourquoi faire ça tout court ?

Cela n’avait aucun sens.

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