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Extrait ajouté par DELMAN 2017-07-06T20:35:26+02:00

Un remous secoua les rangs des prisonniers et des insultes fusèrent. Elles redoublèrent lorsqu’un soldat, armé d’un fouet, se plaça derrière la jeune femme. Il y eut un nouveau roulement de tambour.

— Capitaine Noëlle-Marie Danière, connue pour vos nombreuses exactions contre les intérêts de Sa Majesté le roi George, êtes accusée, ainsi que vos complices ici présents, d’actes de piraterie. Le châtiment pour une telle conduite est la mort par pendaison.

Il attendit un instant pour juger de l’effet produit par ses paroles. Un silence atterré planait sur l’assistance. Lorsqu’il estima avoir assez joui de son triomphe, il poursuivit :

— Toutefois, pour avoir attenté à ma vie, vous allez d’abord être condamnée à recevoir quarante coups de fouet.

— Je ne suis pas pirate. J’ai des lettres de marque qui prouvent mon allégeance à Sa Majesté Louis XV, roi de France. En vertu de cela, vous n’avez pas le droit de me soumettre à ce simulacre de jugement.

— Nous n’avons trouvé aucune trace de ces lettres.

Elle ricana.

— Ce qui vous arrange fort bien.

— Vous n’êtes plus rien ni personne, mademoiselle Danière. Votre vaisseau sera mis à disposition de mes hommes sous le commandement d’un nouveau capitaine. Vous pourriez croupir ici des années que votre roi ne s’en inquiéterait point. À quoi bon jurer fidélité à quelqu’un qui vous méprise !

Il enveloppa la silhouette de la jeune femme d’un regard triomphant.

— Néanmoins, mon souverain bien-aimé est enclin à vous rendre votre liberté si vous faites amende honorable. À vous de décider.

Noëlle-Marie était devenue encore plus pâle. Ses lèvres et ses narines frémissaient de rage. Elle se trouvait en proie à une émotion si violente qu’elle se sentait incapable de prononcer une seule parole.

— Quelle est votre réponse ?

— Plutôt mourir ! cracha-t-elle.

Son visage exprimait une détermination farouche. Elle ne plierait pas, quel que soit le prix à payer pour cela.

— Fort bien, soupira-t-il.

Le fouet s’abattit une première fois. La lanière de cuir s’enfonça dans sa chair et son corps se cambra instinctivement, faisant tinter ses chaînes. Elle serra les dents, noua les doigts autour des anneaux et pas une plainte ne franchit ses lèvres. Horrifié, Rémi fit mine d’intervenir, mais Ambroise et Miguel l’en empêchèrent.

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Extrait ajouté par DELMAN 2017-07-06T20:30:13+02:00

— C’est vraiment ton père ? questionna Rémi, inquiet de la façon douteuse dont il la fixait.

— Oui.

Il pinça les lèvres.

— Tu lui as fait une drôle d’impression, dirait-on.

— Que veux-tu dire ?

— À le voir, je dirais qu’il a plus envie de te faire l’amour que la conversation.

— Rémi !

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Extrait ajouté par DELMAN 2017-07-06T20:27:45+02:00

Sur le pont, elle découvrit un homme dans un piteux état : habits déchirés, perruque poisseuse et teint de cire. Il était de petite taille, au corps gracile, et paraissait peu âgé, à peine trente ans. Malgré son apparence souffreteuse, il gesticulait dans tous les sens en s’époumonant.

D’où peut-il bien venir ? s’interrogea-t-elle en scrutant la mer calme par-dessus le bastingage.

— Je veux parler à votre chef ! hurla le naufragé d’une voix aiguë. J’exige de le rencontrer ! Je ne suis pas n’importe qui, espèce de forbans ! Bandes de vauriens !

Rassemblés autour de lui, les hommes riaient à gorge déployée. Noëlle-Marie ne put s’empêcher de sourire aussi. Le pauvre hère s’en aperçut et sa colère redoubla.

— Pourquoi vous gaussez-vous de mon malheur, catin ?

Un des marins lui donna une violente bourrade dans le dos. Sa faiblesse était telle qu’il tomba à genoux sur le sol. Noëlle-Marie serra les dents et jeta à son matelot un regard noir qu’il capta aussitôt. Il n’était pas dans ses habitudes de rudoyer ses prisonniers, surtout quand ils présentaient si peu de danger que celui-là.

— Adresse-toi avec respect à notre capitaine !

— Quoi ? s’exclama-t-il en roulant des yeux comme s’il venait de voir un fantôme.

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Extrait ajouté par DELMAN 2017-07-06T20:24:50+02:00

Un éclat de boulet avait endommagé la jambe droite du jeune homme. Par un malheureux concours de circonstances, il s’agissait du même impact qui avait ôté la vie à Victor. Les chairs gonflaient et l’infection s’installait lentement. Malgré ses soins, Saoud se savait impuissant.

— Comment te sens-tu ? demanda Noëlle-Marie.

Il gémit.

— Pas très bien. On dirait qu’un feu intérieur me brûle.

— Paul, il y a un moyen de te sauver.

Un acte que certains pouvaient trouver barbare, mais qui avait le mérite de stopper le mal et de préserver la vie.

— Non, je ne veux pas ! gronda-t-il.

— Pour l’amour de Dieu, Paul ! Enfin ! Sois raisonnable ! La blessure de ta jambe est la plus sérieuse. C’est elle qui t’affaiblit ! La gangrène te ronge. Si l’on te la coupe, tu pourras survivre !

— Non !

Il s’agitait. La fièvre le faisait délirer. Il en devenait même violent, repoussant ses draps et les mains salvatrices qui tentaient de l’aider.

— Paul, une jambe de bois n’a jamais tué personne, intervint le médecin.

Mais il secouait la tête. Des gouttes de sueur glissaient le long de son front et ses vêtements étaient trempés. Son expression ressemblait à celle d’un dément.

— Je ne veux pas ! Je refuse d’être un objet de pitié ! gémissait-il en se débattant de plus belle. Et je me moque de ce que vous pensez ! Je suis fermement décidé à mourir comme je suis né : tout entier !

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