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Le médecin s’empresse depuis plus d’une heure à refermer proprement la profonde plaie d’Adrian. Il ne se réveille que par intermittence et hurle mon prénom, pour exorciser sa douleur.

— Émilie !

Il me broie la main, tellement la souffrance doit être atroce. L’odeur de sa chair brûlée me donne la nausée. Dans son agonie, il crache encore du sang.

— Adrian…

Je murmure, en essayant de l’aider comme je peux. Claude tourne en rond comme un fauve, en gémissant comme sa sœur.

— Non ! Bon sang, il ne doit pas mourir maintenant !

Nous sommes entourés par quelques soldats qui assistent à ses soins. Pourtant, il manque toujours un assassin. Mais à cet instant je m’en moque. Je veux juste qu’il arrête de souffrir. Je pleure en lui disant.

— Tiens bon ! Je t’en supplie !

Adrian s’agite soudain.

— Je dois te protéger ! Vous protéger !

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Adrian défait mon manteau d’un regard anxieux.

— Tu sembles épuisée, Émilie !

Je ferme les yeux en répondant.

— Je suis à bout de forces !

Il me soulève dans l’urgence, pour me poser sur le lit. Claude est en train d’allumer toutes les bougies de la pièce en enjambant les cadavres.

— S’en prendre à une femme enceinte, c’est minable ! Quelle bande de monstres !

La main d’Adrian se pose encore sur mon ventre. Il me demande anxieusement.

— Tu voulais m’en parler, n’est-ce pas ?

Je pleure sans lui répondre, il semble avoir tout compris. Il me dit aussitôt.

— Si je n’étais pas si inquiet, je serais tellement heureux !

Claude me propose de l’eau.

— Dame Émilie, buvez un peu !

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Ils sont enfin rentrés au palais. Il fait nuit noire, je suis épuisée. Je les regarde traverser la grille, définitivement soulagée.

— En ce lieu, tu es en sécurité !

Je m’assieds à même le sol, pour me reposer un instant. Mais je suis soudain parcourue d’un frisson. Les cinq hommes les ont suivis. Je geins alors.

— Non, ce n’est pas encore fini !

Je me relève en les suivant du regard. Ils se dispersent pour pénétrer l’enceinte du palais. Je déglutis en choisissant de suivre celui qui est le plus près de la chambre d’Adrian. Je gravis le mur difficilement, puis je saute de l’autre côté. Je soutiens mon ventre en gémissant.

— Ce n’est plus possible de faire cela !

Un ricanement léger me surprend.

— Tu étais bien là, « tueuse de l’ombre » !

Il m’a piégé. C’était moi la cible et non Adrian. Je protège mon ventre d’une main tout en ayant l’autre sur mon poignard.

— Tu es enceinte ! Est-il de Léon ?

Je rétorque froidement.

— Il ne m’a jamais souillée !

L’homme me dévisage.

— C’est bien dommage pour lui !

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J’observe la situation d’un rapide coup d’œil. Dix hommes vont leur tomber dessus, s’ils ne sortent pas rapidement. Je m’approche d’eux lentement pour être prête à intervenir en cas de danger. C’est alors, que l’un des hommes dans le dos d’Adrian sort un poignard pour le brandir contre lui. Je réagis par instinct, je le bouscule pour enfoncer ma lame dans son cœur. Il s’effondre et c’est la panique.

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Ils ont quitté la chambre, mais cela va être difficile pour moi de faire de même. Il est presque midi, sortir, c’est me mettre en danger. Cependant, je n’ai pas le choix, je dois le suivre. Je remonte ma capuche en soupirant.

— Ne pouvais-tu pas rester ici sagement ?

J’ouvre la fenêtre portant sur le balcon pour me pencher discrètement. Il y a une patrouille de trois soldats dans le jardin et je ne peux plus me déplacer aussi vite qu’auparavant. J’étudie leur mouvement, avant de descendre la paroi du bâtiment. Je me cache derrière un buisson tandis que l’un d’eux demande.

— N’avez-vous pas entendu quelque chose ?

Tout mon être se met à trembler. Je porte une arme. Si l’on me trouve, c’est le cachot puis l’échafaud. Ils semblent avoir repris leur route, alors je sors de ma cachette pour courir vers la prochaine. Mon ventre rond ne m’aide pas.

— Adrian…

Ma respiration est un peu bruyante. Je faiblis de jour en jour sans nourriture, car j’ai épuisé l’or que j’avais pris à Adrian. Je me relève une nouvelle fois, pour atteindre le mur caché par quelques arbres. Je l’escalade quand des soldats hurlent dans mon dos.

— Un intrus ! Tuez-le !

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Didier et son beau-père sont partis, mais je suis toujours coincée dans la chambre. Claude commence à raser Adrian en lui disant.

— Vous devriez vous méfier de la princesse, car elle a une très mauvaise influence sur vous !

Il lui répond en soupirant.

— Elle veut ce que je ne donnerai qu’à Émilie !

Claude glousse de curiosité.

— Vraiment ! Vous êtes drôlement fidèle, pour rejeter les avances de la princesse d’Agris.

Adrian lui répond avec tendresse.

— Ce n’est pas si dur ! Je n’ai toujours voulu qu’Émilie.

Son écuyer ricane.

— D’où vient cette obsession ? Elle est jolie certes, mais la princesse l’est autant.

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Je me réveille soudain, entendant toquer de légers coups. Je réalise que je me suis endormi près d’Adrian.

— Mon seigneur ?

Je sursaute immédiatement en comprenant que c’est Claude. J’essaie de délier ma main de celle d’Adrian, car il me la tient fortement. Juste avant qu’il ne pousse la porte, je me dégage et je fuis me cacher derrière le paravent. Je l’entends le secouer.

— Eh ! Êtes-vous mort ?

Adrian ronchonne.

— Laissez-moi ! Je fais un doux rêve !

Sir Gravis entre à son tour.

— Balancez-lui un seau d’eau dessus, pour le dégriser !

Claude lui répond.

— Vous êtes fou ! Il va me faire pendre !

Il rétorque vivement.

— Laissez-moi faire alors !

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Il est près de minuit, je me faufile dans la chambre d’Adrian. Il fait sombre, le ciel est couvert. J’ai de plus en plus des difficultés à monter jusqu’ici. Peut-être que ce sera la dernière fois que je puisse le faire avant des mois. Je pousse lentement la porte du balcon laissée ouverte, pour m’introduire dans la pièce. Dans un silence complet, je m’approche du lit pour découvrir finalement, qu’il n’est pas là. Je soupire de dépit, je voulais tant le voir.

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Cela fait trois mois que j’ai quitté Adrian. J’erre dans les alentours du palais désespérément. J’ai le cœur si brisé de l’avoir laissé. La nuit, je m’introduis parfois dans sa chambre pour le regarder dormir. Bientôt, j’en serai incapable, car je suis enceinte de cinq mois. Adrian a tant pleuré mon départ. Je ne l’ai jamais vu dans un tel état de déchéance. Je crois qu’il boit, au point de s’écrouler. Les premiers jours ont été terribles pour lui. Il hurlait sans cesse mon prénom, persuadé que Léon m’avait enlevé. D’ailleurs, il croit encore que c’est la seule possibilité à mon départ.

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Je m’arrête près de la grille pour observer le balcon de la chambre d’Adrian. Je n’ai que quelques secondes pour le faire, sinon les gardes vont intervenir pour me repousser. Alors, je le fixe dans l’espoir de l’apercevoir sur celui-ci.

Que fais-tu de tes journées ? Pleures-tu toujours autant ? Me détestes-tu ? Essaies-tu de convaincre le roi de me sauver ? J’aimerais tellement le savoir. Oui, en réalité, j’aimerais tellement pouvoir être à tes côtés comme nous l’étions, avant mon départ. Je t’aime si fort. J’aurais tout donné, pour être ta femme et enfanter dans le bonheur…

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