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Rouleur de bosse interculturelle, tu aimes gondoler les pages de livres qui, pour avoir appartenu à tous, n’appartiennent plus à personne. Ces récits qui restent le temps d’un souffle dans le coin d’une étagère poussiéreuse ; ceux en instance de mains liseuses sur la table d’un hostel. Ceux qui portent, donnent des ailes, franchissent les limites de la réflexion pour découvrir que, de limites, il n’y en a pas. Le “Why Café” de John P. Strelecky est de cette trempe. Je viens d’en finir la lecture, confiée par Tomek et Simon, qu’ils transmettent comme une chaîne vertueuse.

Un homme arrive à une intersection de sa vie et se demande si tout cela a un sens. Perdu en voiture, il se trompe de route et entre dans un café où son existence prend une autre tournure. Entre récit et conte philosophique, ce livre oriente ceux prêts à envisager les choses sous un autre angle.

Point de message alambiqué : qui vit intensément ignore l’échec. Les viveurs de rêve entraînent les autres rêveurs, les reconnectent à leurs propres passions. Comme une chaîne vertueuse.

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Délice de goûter sous d’autres latitudes les nouvelles saveurs des vieilles amitiés ! Je cours vers la voix claire et chaude de Stéphane lorsqu’elle franchit le seuil de notre hôtel. Après les « Alors ? Raconte ! » et les « Qu’est-ce que t’as visité ? », la terrasse de l’hôtel, Belikin bien en main, ne se fait pas prier. Alors que l’or amer pétille sur nos langues et ravigote notre palais, je cherche, sur le site internet Couchsurfing, un hôte au Guatemala. Les profils défilent, s’épluchent pour trouver commun intérêt. L’un d’entre eux titille mes pupilles. Dans la description, une phrase : “Je ne suis vraiment moi-même qu’en voyage”. Le goutte à goutte oppressé du quotidien ne nous rendrait-il que la moitié, le quart de nous-mêmes ? Dans le reflet des nouveautés, l’aventure donne corps à l’être. Disparues, les grimaces des démons que nous avons nous-mêmes forgés.

Dessiner nos vérités exige parfois que l’on rature ce qui, pense-t-on, nous illustre.

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"Alors que l’or amer pétille sur nos langues et ravigote notre palais, je cherche, sur le site internet couchsurfing, un hôte au Guatemala. Les profils défilent, s’épluchent pour trouver commun intérêt. L’un d’entre eux titille mes pupilles. Dans la description, une phrase : “Je ne suis vraiment moi-même qu’en voyage”. Le goutte à goutte oppressé du quotidien ne nous rendrait-il que la moitié, le quart de nous-mêmes ? Dans le reflet des nouveautés, l’aventure donne corps à l’être. Disparues, les grimaces des démons que nous avons nous-mêmes forgés.

Dessiner nos vérités exige parfois que l’on rature ce qui, pense-t-on, nous illustre."

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Le tram de la Vallée du requin

Origines du nom Shark valley (Vallée du requin) dans une région marécageuse où il n’y a nulle trace de ces prédateurs ? La rivière Shark (Requin), dans le Golfe du Mexique, où l’eau des Everglades s’écoule.

En route pour une heure trente de petit train. L’anhinga* étire son long cou duveteux sur un arbre tacheté de soleil ; le grand héron bleu s’élève sans effort, brassant l’air de ses interminables ailes ; un alligator se dore les écailles, écrasé sur le sol fumeux.

Il ne bronche pas d’un iota lorsque le guide, ex-flic coiffé d’une casquette “forces spéciales”, deux boucles à l’oreille gauche, barbiche-moustache, pointe sa dangerosité.

Notre tram’ dégueule les touristes dont deux Afro-Américains sortis d’un clip de rap US et deux retraités, chemise patriotique aux mini drapeaux américains et représentations de guerre, bandana-casquette noire “Fort Lauderdale, Floride”. Comment ne pas penser à la remarque de Stéphane sur le bateau de croisière : « Les Américains sont souvent une caricature d’eux-mêmes. »

À mi-parcours se dresse la tour d’observation de la Vallée du requin.

Dîner à Florida City, moustiques fidèles à l’appel. Le ciel bleu roi se teinte de rouille autour du disque lunaire. Notre hamburger-frites-maison s’arrose de bière dans un bar distillant ses néons. Un homme au costume râpé accoudé au comptoir, écrasant les paupières en guise de point ou de virgule, nous conseille une photo avec l’alligator en plastique géant de l’entrée : « Demande à Debbie ! »

Deux quinquagénaires replètes se laissent emporter dès les premières notes de musique country. Tout ce beau monde échange éclats de rire et opinions sous levers de coude déclamatoires. On s’étonne de notre visite dans ce « trou perdu ».Un homme élégant s’approche, parle non sans fierté de son épouse, auteur de trois livres de cuisine irlandaise. Il connaît bien la Ville Lumière et d’autres points d’éclairage du monde, admire mon courage de voyager seule.

Seule ? Je ne le suis jamais. Ou en tout cas, pas très longtemps. Les lignes de rêve vagabondes se chevauchent souvent. Des rencontres qui, même brèves, se gravent dans l’éclat brut des souvenirs.

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