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Extrait ajouté par AnteikuUta 2016-05-11T17:13:56+02:00

« Matthieu se redressa légèrement et chuchota.

— Joël… je t’aime… je t’aime depuis si longtemps que tu ne me croirais pas sur le nombre d’années où je t’admire de loin. Où j’ai l’impression de mourir à chaque fois que tu adresses un sourire à un autre, une parole agréable… alors que moi tu ne me réserves que ton venin. Malgré ton foutu caractère, malgré tous les principes et les barrières que j’ai tenté de dresser entre toi et moi, je t’aime. Alors, n’ai pas peur. Je ne te ferai jamais de mal, et si je t’en fais, cela ne sera jamais fait consciemment. Je ne dis pas que je suis parfait, alors pardonne-moi de t’aimer à en perdre la raison.

Joël se détendit en écoutant les paroles de Matthieu. La voix qui chuchotait était apaisante. Le timbre criant de sincérité. Sa terreur se mua en appréhension… celui de démarrer une relation amoureuse où tout était incertain. Le souffle de Matthieu caressait sa joue pour descendre vers sa bouche. »

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Extrait ajouté par Folize 2014-10-02T20:21:46+02:00

« Monsieur Morencet… Monsieur Antonelli est avec moi… »

Joël se crispa inconsciemment dès que Matthieu fut entré dans la pièce. Il lui fit malgré tout un signe de la main pour l’inviter à le rejoindre. Il détestait ce type ! Il n’avait qu’une seule hâte, qu’il dégage… Il n’avait rien oublié de ses paroles et elles lui restaient encore au travers de la gorge.

« Il serait plus facile pour moi que vous vous teniez debout, Monsieur Morencet. »

Joël nota le retour au vouvoiement. Il tourna son visage vers son interlocuteur sans toutefois le relever en fait. Il ne ferait certainement pas cet honneur à cet enfoiré de mes deux.

« Je ne peux pas le faire…

— Pourtant, vous n’êtes qu’aveugle pas handicapé, si ? »

Le sang du peintre ne fit qu’un tour. L’ironie perçue dans la voix grave râpa ses nerfs tendus. Il releva brusquement la tête et ses yeux, il le sentait, s’écarquillaient sous le coup de la colère.

« Espèce de…

— Attention à votre manière de me parler ! Je tiens la seringue… je peux ou non vous faire du mal.

— Une menace ? Souffla Joël complètement incrédule. Comment osait-il ce petit infirmier ?

— Je n’oserais pas Monsieur… Morencet. Comptez-vous rester oisif où allez-vous vous prendre en main un jour ou l’autre ?

— Pardon ?

— Vos journées doivent vous paraître horriblement ennuyeuses, non ? Poursuivit Matthieu imperturbable. À moins que vous ne soyez revenu pour le paysage ? Termina-t-il persifleur.

— Enfoiré ! » Grogna Joël absolument furieux.

Sous le coup de son émotion, le peintre se redressa brusquement. Il bascula en avant, lorsque son pied se prit dans le marchepied de son fauteuil roulant. La peur le saisit. Où et à quoi pouvait-il se rattraper ? Il tendit les mains en avant par reflexe, mais ne rencontra que le vide. Son cœur tambourinait de terreur quand une grande main ferme l’enlaça brusquement, stoppant sa chute.

« Je ne pensais pas que vous seriez imprudent. Le gourmanda l’infirmier.

— Espèce de salaud, personne ne me parle comme tu le fais !

— Je pense que c’est une erreur qui aurait dû être corrigée, il y a fort longtemps… »

Joël releva une nouvelle fois la tête et la tourna à demi, comme pour regarder Antonelli qui se trouvait derrière lui. Ce type devait être immense. Son souffle chatouillait sa nuque. L’infirmier le retourna doucement et Joël tendit ses mains devant lui, cherchant un obstacle où s’appuyer. Le corps qu’elles rencontrèrent était ferme et… musculeux. Rien à voir avec la personne rondouillette dont il se souvenait et…

« Pouvez-vous seulement essayer de tenir quelques minutes debout où sinon, j’irai vous allonger. »

Joël serra les dents. Merde ! Pas question qu’il se montre faible une nouvelle fois devant cet homme.

« Prenez appui sur moi… »

Le peintre allait refuser tout net, mais ses jambes en coton le trahiraient d’ici quelques secondes. Il ravala son reste de fierté et chercha à tâtons une prise plus sûre. Ses doigts rencontrèrent un biceps et ce contact l’électrisa. Il fronça légèrement les sourcils sous ce trouble inattendu, mais la voix sèche d’Antonelli le dissipa.

« Cela ne durera pas longtemps, rassurez-vous… »

Visiblement, il avait mal interprété l’expression de son patient. Son parfum interpella Joël brusquement. Une odeur boisée, suspendant son souffle pour s’assurer de ses perceptions. Elle était agréable, bien plus que son propriétaire.

Lorsque les mains de l’infirmier firent glisser son pantalon, le peintre rougit sans pouvoir se retenir.

Pourquoi cela le troublait soudainement ? Ce type voyait son cul depuis une semaine, alors une fois de plus ou de moins… Il sentit à peine la piqûre et fut soulagé, il se retrouva assis plus vite qu’il ne le pensait. Ses muscles criaient de protestation.

« Vous devriez faire ce type d’exercice un peu tous les jours… pour retrouver de la tonicité mus…

— Je n’ai pas besoin de tes conseils ! Maintenant si tu as fini… »

Il y eut un bref silence. Morencet entendit clairement Antonelli ranger son matériel. Lorsqu’il reprit la parole, son ton était ironique.

« Vous ne me raccompagnez pas ? Ironisa Matthieu perfidement.

— Enfoiré ! Murmura Joël.

— Pas autant que vous… »

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