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Extrait de Danse de Mort ajouté par feedesneige 2015-07-16T15:21:12+02:00

chapitre 1

Les paupières de Dewayne Michaels pesaient des tonnes, ses tempes bourdonnaient et sa langue était pâteuse, mais il faisait tout pour donner l’impression de s’intéresser à ce que disait le prof. Il était arrivé en retard, l’amphi était bondé et la seule place encore libre se trouvait au deuxième rang, pile en face du prof.

Génial.

Dewayne suivait des études d’ingénierie électrique et il s’était inscrit à ce cours-là par facilité, comme tous ses condisciples depuis des lustres. Littérature anglaise - Une perspective humaniste Une unité que n’importe quel abruti obtenait les doigts dans le nez sans ouvrir un bouquin. Le prof habituel, un vieux fossile du nom de Mayhew, faisait cours d’une voix monocorde, quittant rarement des yeux les mêmes notes jaunies qu’il conservait depuis quarante ans. Un raseur de première, capable d’endormir un hypnotiseur, dont la principale qualité était de donner chaque année le même sujet à l’examen. Quelle mouche avait bien pu le piquer de se faite remplacer ce semestre-là par un universitaire de haut vol, un certain Torrance Hamilton ? Les pontes de la fac en avaient plein la bouche, on aura pu croire qu’Eric Clapton avait accepté de venir jouer à la fête de fin d année.

Dewayne, les fesses endolories, s’agita sur son siège en plastique et jeta un coup d’œil furtif autour de lui. Les autres, une majorité de petits bourges, prenaient studieusement des notes sur leurs ordinateurs portables quand ils n’enregistraient pas le cours à l’aide d’un magnétophone miniature, suspendus aux lèvres du prof. Jamais l’amphi n’avait été aussi plein, et pas un seul élève d’ingénierie électrique en vue.

Quelle merde.

Dewayne se rassura en se disant qu’il lui restait une semaine pour changer de cours. D’un autre côté, il fallait bien choisir une option et ce Hamilton avait peut-être la note facile. Comment expliquer autrement qu’il y ait autant de monde un samedi matin ?

En attendant, exposé comme il l’était, il avait intérêt à faire semblant de suivre le cours.

Hamilton faisait les cent pas sur l’estrade en dissertant d’une voix sonore. On aurait dit un vieux lion avec sa crinière grise tirée en arrière et son costume anthracite dont l’élégance tranchait avec les vestes en tweed de ses collègues. Hamilton avait un drôle d’accent, mais il n’était manifestement ni yankee ni anglais. Assis derrière lui, un assistant prenait consciencieusement des notes.

— Aujourd’hui, poursuivit Hamilton, nous nous intéresserons à La Terre vaine, le poème d’Eliot qui aura le mieux résumé la vanité du XXe siècle. Une œuvre poétique majeure.

La Terre vaine... Dewayne se souvenait vaguement avoir vu ça sur la liste des bouquins au programme. Avec un titre pareil, il ne l’avait pas ouvert. Un roman, passe encore, mais un poème. Autant le lire tout de suite, ça ferait passer le temps.

Il prit son recueil de poésies. Ou plutôt celui du copain auquel il l’avait emprunté. Dewayne avait autre chose à faire de son fric que d’acheter une connerie pareille. Le portrait de T. S, Eliot figurait sur la page de garde. Un gringalet avec des petites lunettes de grand-mère, les lèvres pincées. Encore un qui devait avoir un manche à balai dans le cul. Il feuilleta le livre en ricanant. La Terre vaine, La Terre vaine... Ah, voilà !

Putain de merde. En fait de poème, il y en avait des pages et des pages.

— Les premiers vers nous sont aujourd’hui si familiers qu’il est difficile d’imaginer à quel point cette œuvre a pu choquer lors de sa parution dans la revue The Dial, en 1922. Il s’agissait de tout sauf de poésie aux yeux des lecteurs de l’époque. Il ne pouvait même s’agir que d’anti-poésie L’auteur s’effaçait derrière son œuvre et les gens se sont immédiatement interrogés sur ce poète qui accumulait dans ses strophes une telle somme de pensées dérangeantes. À commencer par la référence acerbe à Chaucer que Von découvre dès le premier vers. Mais Eliot ne s’arrête pas là. J’en veux pour preuve les images sur lesquelles s’ouvre son œuvre, ces « lilas émergeant d’une terre morte », ces « racines mornes » cette « neige amnésique » Aucun poète avant lui n’avait décrit le printemps avec un tel vocabulaire.

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Extrait de Danse de Mort ajouté par anonyme 2014-01-24T13:37:18+01:00

Il avait eu le nez fin. L'affaire Duchamp était un cadeau du ciel. Un gros coup, avec tous les ressorts dramatiques dont un journaliste pouvait rêver. Les gens ne parlaient que de ça dans toute la ville. Et pour cause ! Un peintre inoffensif, assassiné sans raison apparente, poussé depuis la fenêtre de son appartement avec une corde autour du cou, avait eu la bonne idée de s'écraser sur la verrière d'un restaurant français à la mode, le tout en plein jour et sous l’œil horrifié de centaines de témoins.

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Extrait de Danse de Mort ajouté par wizbiz06 2012-04-11T20:10:40+02:00

Le 891 Riverside Drive. L’adresse, ou plutôt l’une des adresses de l’inspecteur Aloysius Pendergast du FBI. L’ami fidèle en compagnie duquel D’Agosta avait mené les enquêtes les plus marquantes de sa carrière. Un être mystérieux, en apparence indestructible, que le lieutenant connaissait sans tout à fait le connaître..

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Extrait de Danse de Mort ajouté par wizbiz06 2012-04-11T20:10:32+02:00

Quelque chose dans la voix de sa compagne lui fit comprendre que c’était grave. Lâchant tout, il sortit de la cuisine. Debout sur le pas de la porte, Laura discutait avec un visiteur en pardessus chic dont le visage était dans l’ombre. La silhouette lui était pourtant familière

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Extrait de Danse de Mort ajouté par wizbiz06 2012-04-11T20:10:24+02:00

Du nouveau dans l’affaire de l’Agitateur ? interrogea-t elle depuis le salon. Le surnom donné au type qui dévalisait les distributeurs d’argent à l’aide d’une carte trafiquée avant d’agiter son sexe devant la caméra de contrôle. La plupart des vols avaient eu lieu dans le secteur de D’Agosta

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Extrait de Danse de Mort ajouté par wizbiz06 2012-04-11T20:10:16+02:00

Un type qui touche à tout casser mille cinq cents dollars par mois, il ne faut pas s’attendre à des miracles, pensa D’Agosta. Mais il préféra ne rien dire. C’était elle qui payait le loyer. Jusqu’à présent, en tout cas, mais il comptait bien que ça change très vite

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Extrait de Danse de Mort ajouté par wizbiz06 2012-04-11T20:10:08+02:00

Depuis son petit coin de paradis, la vieille femme dut lui souffler la réponse d’une voix trop faible car il n’entendit rien. Un sifflement strident interrompit le tours de ses pensées : l’eau des pâtes qui débordait. Ravalant un juron, il baissa le gaz, ouvrit à la hâte le paquet de lasagnes qu’il déversa dans le fait-tout

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Extrait de Danse de Mort ajouté par wizbiz06 2012-04-11T20:09:58+02:00

Je disais que je risquais de rentrer tard demain soir. Rocker a prévu de réunir tous les capitaines le 22 janvier, je n’ai plus que demain pour mettre à jour mes dossiers. — Quel bureaucrate, ce Rocker. À propos, comment va-t-il, ton préfet de police chéri ? — Arrête ton char, ce n’est pas mon préfet de police chéri

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Extrait de Danse de Mort ajouté par wizbiz06 2012-04-11T20:09:48+02:00

Depuis qu’ils vivaient ensemble, Laura s’était chargée de leur-mitonner des petits plats chaque fois que leurs horaires de travail respectifs leur permettaient de se croiser. Elle faisait la cuisine avec un naturel qui surprenait d’autant plus D’Agosta que sa future ex-femme, désormais installée au Canada, avait toujours considéré la préparation des repas comme une corvée qu’elle accompagnait de soupirs et de bruits de casseroles, avec des résultats peu probants

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Extrait de Danse de Mort ajouté par wizbiz06 2012-04-11T20:09:41+02:00

Il jeta un coup d’œil à la pendule au-dessus de sa tête. Bientôt 9 heures. Deux minutes, tu parles Il aurait de la chance si le dîner était prêt à 10 heures

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