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1. Oh my God !

– Il ne s’ennuie pas, dis donc, Matthew Ferris ? lance Chaplin en rigolant à moitié. Intéressant…

Je ferme les yeux au moment où les vignettes miniatures des photos de la surveillance de la soirée apparaissent sur l’écran de mon ordinateur. Je crispe les paupières et visualise très clairement un avion abattu en plein vol par un missile. Autant ne pas rester dans le symbolique, ma carrière vient d’exploser en pleine ascension…

Parce que je n’ai pas eu l’intelligence d’imaginer que Matthew Ferris puisse être placé sous surveillance H24, tout le service va se délecter de clichés de mes ébats de la veille avec l’homme sur lequel je suis censée enquêter, dans la cuisine de son penthouse de Key Biscayne.

J’entends toujours glousser Chaplin qui consulte les photos – alors que je l’aurais plutôt imaginé se mettre à me hurler dessus en découvrant ma trahison –, je daigne enfin ouvrir les yeux pour affronter la vérité.

J’ai une bonne trentaine de vignettes devant moi, toutes assorties de la mention de la date et de l’heure. Pas de doute, c’était bien hier.

La main tremblante, je clique sur celle affichant l’heure approximative à laquelle Matthew Ferris et moi, nus comme des vers, avions complètement oublié que j’étais flic et qu’il était supposé être voyou.

Oh merde… mais qu’est-ce que…

J’ouvre la bouche de surprise et je crispe de nouveau les paupières pour tenter de faire le vide dans ma tête, parce que là, je ne saisis plus rien.

– Alors, Clancy, c’est trop cru pour tes petits yeux innocents ? me balance Chaplin depuis son bureau.

J’ouvre les yeux et secoue la tête. C’est toujours la même photo devant moi. Une photo que je ne comprends pas, ou alors que je comprends trop.

La scène a été volée dans un salon, apparemment, à travers une baie vitrée. La lumière est tamisée, on n’y voit pas comme en plein jour en tout cas. Il y a un canapé, des fauteuils, des bibelots qu’on ne trouve que dans les musées d’art contemporain. Matthew est de dos, nu, je reconnais ses cheveux souples, sa carrure puissante.

Et il n’est pas seul. Il est avec une femme.

Une brune plantureuse qui a ce qu’il faut là où j’ai la petite moyenne. Poitrine généreuse et un postérieur comme un cœur. Des cheveux longs. Elle n’est pas très habillée non plus, c’est le moins qu’on puisse dire… Son visage est juste sublime et me rappelle quelqu’un. Je ne vois pas la figure de Matthew qui lui fait face, mais il a l’air d’avoir les mains bien occupées.

Passé l’énorme trouille, le rouge me monte aux joues et je ne sais si c’est par gêne de la scène que j’ai sous les yeux ou parce que je suis terriblement et soudainement en colère… Grosse fureur même.

Ce type se fiche tout simplement de moi !

Je clique sur une autre photo, puis une autre, m’infligeant le spectacle insoutenable de ces scènes explicites du couple dénudé. Et de toute évidence, ils ne jouent pas au bridge…

Je déglutis, pince les lèvres, j’ai tout simplement envie de prendre le moniteur et de l’exploser par terre, de tout ravager dans le bureau.

Matthew Ferris, cet homme avec qui je croyais qu’il se passait quelque chose, qu’il s’était passé quelque chose de très fort même, a fait l’amour à une autre femme hier soir.

Je regarde encore une fois la mention de l’heure au bas de la photo.

Mais ça ne colle pas…

Je mets de côté ma fureur, mon humiliation, et je déglutis avant de demander d’une voix blanche, presque administrative, à Chaplin :

– C’était hier soir, c’est ça ? Et c’est qui, cette femme ?

Chaplin se lève pour contourner le bureau et se poster derrière moi, pendant que je fais désormais défiler toutes les photos avec un calme qui m’étonne et me réjouit à la fois. J’ai enfin retrouvé mes esprits et des idées claires pour faire mon boulot de flic – et pas celui de potiche soumise au bon plaisir de M. Matthew Ferris !

– Ouais, hier soir, après le départ de son comptable, Ferris s’est payé un peu de bon temps avec sa petite amie régulière, dit Chaplin avec détachement, sans quitter des yeux, j’en suis sûre, les photos sur mon écran.

Cela me dégoûte un peu qu’on soit tous les deux, là, comme deux mateurs, puis je me rappelle que ça fait partie du métier : voir des choses secrètes, cachées, pour essayer de faire justice, de découvrir une certaine vérité.

Mais pas cette vérité-là !

– Elle, c’est Lucia Flores, poursuit Chaplin. Sa tête ne te dit rien ?

– Si, mais je n’arrive pas à la situer, je réponds.

Enfin là, pour le coup, je la situe très exactement là où je n’avais pas envie de la voir…

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