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Extrait de De l'eau pour les éléphants ajouté par Pamie 2011-10-15T01:58:46+02:00

— Dis-moi, crois-tu vraiment que ce soit le plus grand spectacle du monde ?

Je ne réponds pas.

— Eh bien ? dit-il en me donnant un coup d’épaule.

— Je ne sais pas.

— Tu parles ! On en est loin ! On marche au tiers des capacités de Barnum. Tu sais déjà que Marlène n’est pas une princesse roumaine. Quant à Lucinda… ? Elle est loin de faire quatre cent quarante kilos, plutôt deux cents, tout au plus. Et crois-tu vraiment que Frank Otto ait été tatoué par les cannibales de Bornéo ? Tu parles ! Il plantait des piquets avec les gars de l’Escadron Volant… Ses tatouages sont le fruit de neuf années de travail ; et tu veux savoir ce qu’a fait Oncle Al, quand l’hippopotame est mort ? Il l’a mis dans du formol pour pouvoir continuer à l’exhiber. Pendant deux semaines, on a voyagé avec un hippopotame en bocal… ! Tout n’est qu’illusion, Jacob, et c’est très bien ainsi. C’est ce qu’on nous demande, ce qu’on attend de nous.

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Extrait de De l'eau pour les éléphants ajouté par Pamie 2011-10-15T01:58:46+02:00

Quelquefois, il m'arrive de penser que, si je devais choisir entre déguster du maïs en épi et faire l'amour, je choisirais le maïs. Certes, je ne serais pas contre une bonne bonne partie de jambes en l'air - je suis encore un homme et certaines choses ont la vie dure - mais rien qu'à imaginer ces petits grains bien sucrés, croquant sous la dent, l'eau me vient à la bouche.

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Extrait de De l'eau pour les éléphants ajouté par Pamie 2011-10-15T01:58:46+02:00

— Qui s’assoit là-bas… les artistes ?

Camel me lance un regard noir.

— Bon sang, môme ! Ferme-la tant que tu sais pas comment qu’on appelle les gens… !

Il s’assoit et, aussitôt, fourre un morceau de pain dans sa bouche. Ayant mastiqué pendant une bonne minute, il me regarde.

— Oh, voyons, te vexe pas ! C’est pour ton bien. T’as vu Ezra, et, lui, c’est une bonne pâte. Allez-ramène-toi…

Je le considère encore un moment, puis m’approche du banc. Ayant déposé mon assiette, j’examine mes mains dégoûtantes, les essuie sur mon pantalon, et, ne les trouvant pas plus propres, attaque néanmoins mon repas.

— Alors, comment les appelle-t-on… ?

— Des saltimbanques, dit-il, la bouche pleine. Et ton rayon, c’est les chevaux de trait. Jusqu’à nouvel ordre.

— Et où sont-ils, ces saltimbanques… ?

— Ils vont arriver d’un instant à l’autre. Il y a encore deux sections du train qui sont attendues. Ils se couchent tard, se réveillent tard, et arrivent juste à temps pour le p’tit déj’. Et, au fait, va pas les traiter de « saltimbanques » en face… !

— Comment veulent-ils qu’on les appelle ?

— Des artistes.

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Extrait de De l'eau pour les éléphants ajouté par Pamie 2011-10-15T01:58:46+02:00

On se met à oublier des mots: ils sont sur le bout de votre langue-et le hic, c'est qu'ils y restent! On va chercher quelque chose, et en cours de route, on ne se rappelle pas quoi. On appelle un enfant par le nom de tous ses frères et soeurs et même celui du chien, avant de tomber sur le bon.

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Extrait de De l'eau pour les éléphants ajouté par Pamie 2011-10-15T01:58:46+02:00

J'ai 90 ans. Ou 93. C'est ou l'un ou l'autre. Quand on a 5 ans, on sait son âge - au mois près. Même à 20 ans, on sait son âge.

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Extrait de De l'eau pour les éléphants ajouté par Pamie 2011-10-15T01:58:46+02:00

Ce matin j'avais des parents. Ce matin, ils ont pris leur petit déjeuner.

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Extrait de De l'eau pour les éléphants ajouté par Pamie 2011-10-15T01:58:46+02:00

Un homme reste toujours un homme et bien que nonagénaire, j'ai parfois des montées de sève .....elles ne voient en moi qu'un inoffensif vieux bonhomme exhibant un inoffensif vieux pénis qui a , de temps à autre, la folie des grandeurs.

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Extrait de De l'eau pour les éléphants ajouté par Pamie 2011-10-15T01:58:46+02:00

Donner l'impression qu'on a toute sa tête c'est fatiguant mais essentiel. D'ailleurs je ne suis pas vraiment gâteux. Simplement j'ai plus de choses en tête que la plupart des gens.

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Extrait de De l'eau pour les éléphants ajouté par Pamie 2011-10-15T01:58:46+02:00

J’ai quatre-vingt-dix ans. Ou quatre-vingt-treize. C’est ou l’un ou l’autre.

Quand on a cinq ans, on sait son âge – au moins près. Même à vingt ans, on sait son âge. J’ai vingt-trois ans, dit-on, ou vingt-sept. Puis, à la trentaine, un étrange phénomène se produit. Ce n’est qu’une simple hésitation, au début. Quel âge as-tu ? Oh, j’ai… – dit-on avec assurance, et là on cale. On allait dire : trente-trois, mais on n’a pas trente-trois ans. On en a trente-cinq. Et là, c’est embêtant, car on se demande si c’est le commencement de la fin. C’est le cas, bien sûr, mais il se passera des dizaines d’années avant qu’on ne l’admette.

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Extrait de De l'eau pour les éléphants ajouté par Pamie 2011-10-15T01:58:46+02:00

"C'est cruel l'âge. Au moment où vous commencez à vous débrouiller dans la vie, il vous prive de vos jambes, vous rend bossu. Il vous inflige des douleurs, vous brouille les idées et répand sournoisement le cancer à l'intérieur de votre épouse."

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