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Extrait de Désaxé ajouté par ilovelire 2016-01-27T00:43:42+01:00

Elle va directement à la petite fenêtre et écarte le rideau. De ses mains tremblantes elle essaie d’enlever un des deux crochets de fermeture. Il ne bouge pas. Elle le secoue et essaie de se calmer, le titille un peu, le tire sur le côté et parvient juste à le défaire quand elle entend un raclement dans la serrure de la porte. Elle s’y précipite et agrippe le bouton de condamnation quand il commence à tourner. Elle contre le mouvement des deux mains et sent son cœur s’emballer de terreur.

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Extrait de Désaxé ajouté par ilovelire 2016-01-27T00:43:26+01:00

En sortant de la salle de bains, Susanna entend les acclamations du public à la télé. La mince soie du kimono colle à sa peau humide.

Un courant d’air froid à ras du sol.

Ses pieds laissent des traces mouillées sur le parquet fatigué.

Les fenêtres de la salle à manger scintillent dans l’obscurité. Du verre noir miroite derrière les fougères en suspension. Susanna se sent observée, mais s’oblige à ne pas regarder dehors, de peur de s’affoler davantage.

Pourtant, en se dirigeant vers la cuisine, elle se tient éloignée de la porte fermée de la cave.

Ses cheveux détrempent le dos du kimono. Les pointes sont tellement mouillées que des gouttes coulent sous le tissu, jusque dans la raie des fesses.

Le sol est plus froid à mesure qu’elle approche de la cuisine.

Son cœur bat fort dans sa poitrine.

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Extrait de Désaxé ajouté par ilovelire 2016-01-27T00:43:00+01:00

Quand elle baisse sa culotte humide et la lance sur le fauteuil, Susanna Kern sent ses cuisses frémir après la course.

Depuis qu’elle a trente ans, elle court cinq kilomètres trois soirs par semaine. Après le jogging du vendredi, elle a pris l’habitude de regarder la télé en mangeant de la glace, puisque Björn ne rentre que vers minuit.

Quand Björn a obtenu ce boulot à Londres, elle pensait qu’elle se sentirait seule, mais elle s’est vite rendu compte qu’elle apprécie énormément ses heures de liberté les semaines où Morgan est chez son père.

Elle a particulièrement besoin de ce calme depuis qu’elle suit une formation continue de neurologie assez exigeante à l’institut Karolinska.

Elle dégrafe son soutien-gorge trempé de sueur et se dit qu’elle l’utilisera encore dimanche avant de le mettre au sale.

Elle ne se souvient pas qu’il ait fait aussi chaud de tout l’été.

Elle se retourne en entendant un grattement à la fenêtre.

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Extrait de Désaxé ajouté par ilovelire 2016-01-27T00:42:47+01:00

La caméra avance lentement sur les derniers mètres à travers le jardin sombre, s’arrête juste devant la fenêtre et oscille légèrement, comme si elle flottait sur l’eau.

— Si elle lève les yeux, elle le voit, chuchote Margot, et elle sent son cœur accélérer.

La lumière de la chambre éclabousse les feuilles des rosiers et jette un reflet sur le bord supérieur de la lentille.

Adam a posé une main sur sa bouche.

La femme retire son débardeur, le jette sur le fauteuil et, vêtue seulement de sa petite culotte délavée et de son soutien-gorge sale, elle regarde un instant le téléphone qui est en train de charger sur la table de chevet à côté d’un verre d’eau à moitié plein. Ses cuisses sont tendues et gorgées de sang après sa séance de sport, la ceinture du pantalon a laissé une trace rouge sur son ventre.

Son corps ne porte aucune cicatrice visible, aucun tatouage, on ne distingue que de légères lignes de vergetures laissées par une grossesse.

La chambre est comme des millions d’autres chambres. Rien ne permettrait de la localiser.

La caméra tremble soudain et glisse en arrière.

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Extrait de Désaxé ajouté par Stephanelefort 2016-01-07T20:50:22+01:00

Vingt heures quarante-cinq le vendredi 22 août. Après les crépuscules enchanteurs et les nuits lumineuses du plein été, l’obscurité arrive désormais à une vitesse surprenante. Il fait déjà nuit noire de l’autre côté du hall vitré de l’hôtel de police.

margot Silverman sort de l’ascenseur et se dirige vers les por- tes de sécurité. Elle est vêtue d’une chemise blanche sous un cache-cœur noir qui lui comprime la poitrine et d’un pantalon noir dont la haute taille épouse son ventre de femme enceinte.

Sans hâte, elle s’approche de la porte à tambour encastrée dans le mur en verre. Le gardien est assis derrière le comptoir en bois, le regard rivé sur un écran. Des caméras de surveil- lance lment la moindre parcelle du grand bâtiment vingt- quatre heures sur vingt-quatre.

Les cheveux de margot ont la teinte claire du bois de bou- leau poli, ils sont ramassés en une lourde tresse dans son dos. Elle a trente-six ans, c’est sa troisième grossesse et elle est res- plendissante avec ses yeux humides et ses joues roses.

Après une longue semaine de travail, elle rentre chez elle. Elle a fait des heures sup tous les jours, on lui a signalé deux fois déjà qu’elle exagérait.

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