Livres
521 233
Membres
537 493

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

Extrait ajouté par Ludo-1 2018-07-15T16:19:29+02:00

« La douleur trace une ligne de démarcation entre ceux qui ont marché pieds nus dans la gueule du volcan et les autres. Et si tu ne l’as pas fait, c’est impossible à comprendre. »

Extrait de 

Déséquilibres synthétiques

Lunch, Lydia

Ce contenu est peut-être protégé par des droits d’auteur.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Ludo-1 2018-07-15T15:28:17+02:00

« Maintenant, le temps est mon geôlier. En se dissolvant lentement, les heures s’enfuient une à une, les secondes s’étirent à l’infini. Les minutes sont de simples interludes pendant lesquels je compte les battements de mon cœur. Ils rythment la vie qui s’échappe de mon existence derrière les barreaux, grains de sable dans un sablier sans fin ni fond qui me raille sans pitié… me volant la plus précieuse de mes possessions. Le choix de décider comment je veux perdre ma journée. Ne prenez pas cela à la légère. C’est le plus grand des luxes. Maintenant, les journées, on les perd pour moi. Je suis enfermé et perdu dans des pensées qui tournent en boucle et dont la répétition immédiate est mon seul salut. »

Extrait de 

Déséquilibres synthétiques

Lunch, Lydia

Ce contenu est peut-être protégé par des droits d’auteur.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Ludo-1 2018-07-15T15:26:41+02:00

« Maintenant, c’est Son tour de Se débattre. À gauche, à droite… Un lent gargouillement d’excitation Lui échappe, derrière Son bâillon pâteux. Ses deux orifices sont désormais remplis de la puanteur du cuir moisi. Je force un autre doigt à l’intérieur, puis encore un. Tous sauf mon pouce. Que j’appuie sur ce petit renflement, la source de Son plaisir. Écrasé sous ma pression. La faisant ruer, comme une sauvage petite chienne, soudain en chaleur. Je commence un martèlement régulier. Cogne ce petit trou, le pilonne, La force à s’ouvrir largement, à exploser, à expulser. Elle jouit en inondant le gant, mon manteau et mon jean, le banc.

Portrait abstrait exécuté avec du foutre. »

Extrait de 

Déséquilibres synthétiques

Lunch, Lydia

Ce contenu est peut-être protégé par des droits d’auteur.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Ludo-1 2018-07-15T15:14:27+02:00

« Le bruit est presque aussi pénible que l’odeur. Les bavardages débiles, les plaisanteries incessantes, les petites chamailleries, les prises de bec chroniques, les fanfaronnades prétentieuses. C’est une torture sans fin que de devoir endurer les innombrables conversations qui se chevauchent, dont l’objectif principal est de remplir chaque seconde d’un vacarme odieux qui assassine le silence… La plus cruelle des punitions… les miaulements d’imbéciles amoureux du son de leur propre voix… De temps à autre, l’ennui interminable et la routine ô combien monotone laissent place aux sons statiques des rediffusions merdiques sur le poste de télé cassé noir et blanc au bout du couloir. Uniquement le meilleur des programmes pour adultes. »

Extrait de 

Déséquilibres synthétiques

Lunch, Lydia

Ce contenu est peut-être protégé par des droits d’auteur.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Ludo-1 2018-07-15T15:11:53+02:00

« Dans le centre-ville, une ruelle derrière un cinéma jadis florissant et désormais en ruine… un navet érotique d’origine européenne pompe ce qu’il reste de vie à la demi-douzaine de pauvres types qui ont réussi à sortir deux dollars et cinquante cents pour entrer. Les synthés 70s kitsch de la bande-son rivalisent avec des surimpressions sonores de grognements et de gémissements qui simulent la vraie passion. Le son traverse le mur de briques. Je suis appuyé au mur rendu glissant par la pluie huileuse. Sa main droite se referme autour de ma gorge. Sa main gauche déboutonne mon jean. Elle sort ma queue à moitié dure, brillante de sueur. Je sens ma propre odeur. Elle commence à me serrer. À me secouer. À murmurer Je vais te sucer jusqu’à ce que tu pleures comme une fillette. Je l’attire à moi, mes lèvres touchent Son cou. Le musc piquant qui causera ma perte… Elle repousse mes mains, me frappe la bouche, m’ordonne de ne pas bouger. Reste tranquille. Ne parle pas. Ne respire pas. Je retiens ma respiration. »

Extrait de 

Déséquilibres synthétiques

Lunch, Lydia

Ce contenu est peut-être protégé par des droits d’auteur.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Ludo-1 2018-07-15T14:40:25+02:00

« S’étalent en salissures brunes comme des taches de nicotine et dessinent dans chaque coin un test de Rorschach. En progression constante, collant au toucher, répugnant à la vue. Je me couvre la tête de mon tee-shirt. Au moins, l’odeur m’appartient. Ça sent le chagrin. Ça sent la viande gâtée. Ça sent l’homme vaincu, dupé par sa propre crédulité. Amené à croire… amené à adopter les croyances d’un autre… »

Extrait de 

Déséquilibres synthétiques

Lunch, Lydia

Ce contenu est peut-être protégé par des droits d’auteur.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Ludo-1 2018-07-14T22:36:39+02:00

« Dans la cellule d’à côté, le détenu n° 32578 se chie dessus à en crever. Toutes les vingt minutes, un nouvel accès lui déchire les entrailles. Il tousse, gémit, crie, se tape la tête contre les murs en parpaing. L’odeur est abominable. Aussi épaisse que de la bouillie d’avoine. Sa mort imminente par déshydratation fait espérer une légère accalmie tandis que l’arôme effroyable, insupportable pour les sens, flotte le long du couloir, se mélange au parfum déjà entêtant des milliers d’urines stagnantes déversées par des vessies fourbues depuis le début du siècle, et pour l’éternité. L’odeur de la matière fécale des vieux prisonniers, dont la chair gâtée et rance n’est plus que pourriture, empeste jusqu’à souiller l’intérieur de votre propre cavité nasale, vous forçant à ne faire qu’un avec l’odeur. Un bouillon de culture en odorama, nourri par le délabrement de centaines d’hommes perdus dont l’âme même a commencé à puer. »

Extrait de 

Déséquilibres synthétiques

Lunch, Lydia

Ce contenu est peut-être protégé par des droits d’auteur.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Ludo-1 2018-07-14T22:35:39+02:00

« Le fossoyeur des rêves brisés et des fausses promesses, ce gardien de la spirale obsidienne tend à se matérialiser au hasard, puis disparaît pendant des années et revient quand on l’attend le moins. Son talent pour couper une femme en deux, l’équarrir, la regarder se fendre, se rompre et se dissoudre dans la poussière d’où il a surgi, dans le seul but de la ressusciter et qu’elle vive et meure et vive encore alors que sa gorge explose de souffle étranglé, témoigne de la domination qu’il exerce sur cette mystification qu’on appelle l’autre royaume de la mort. Parce que la mort doit être une plaisanterie, une arnaque, un labyrinthe, un passage secret dont l’interrupteur est caché, seulement séparé de la vie par la perception qu’on en a. Si l’on croit, comme moi, à l’invisible, l’inanimé, l’inaudible, l’impossible, alors aucun doute : un jour, l’Homme mort appellera votre nom. Je le connais bien. Il est ma meilleure moitié. »

Extrait de 

Déséquilibres synthétiques

Lunch, Lydia

Ce contenu est peut-être protégé par des droits d’auteur.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Ludo-1 2018-07-14T22:25:28+02:00

« Tu affirmais que ma passion était intéressée et hédoniste. Mon pouvoir fasciste par nature. Mon adaptabilité, une ruse pour m’infiltrer. Ma beauté, un sort dont j’usais pour plier autrui à ma volonté, et mon sexe un moyen de manipuler les addictions. Ma force était monstrueuse. Mon aptitude à vivre en dehors des contraintes frustrantes de l’étau oppressant du monde était une utopie frauduleuse. Ma croyance en notre capacité à dépasser le trauma, une preuve de mon ignorance de ton immense et terrible souffrance. Ton fardeau, qui fait de toi un saint et un martyre, me dépeint comme une pécheresse, et tu adores à genoux un dieu de pacotille devant la cruauté duquel je ne veux plus me soumettre. »

Extrait de 

Déséquilibres synthétiques

Lunch, Lydia

Ce contenu est peut-être protégé par des droits d’auteur.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Ludo-1 2018-07-14T17:58:46+02:00

« Personne ne pleure les morts. Ils pleurent pour eux-mêmes... ceux qui vivent à travers la mort. Nous qui, dans nos douleurs individuelles, rejouons les mêmes scènes horribles dans les métros et les appartements et les boîtes de nuit et les bars et baignons dans cette nécropole gorgée de sang où la fatigue et l’intuition de la catastrophe rendent insupportable le sexe sans sécrétions – où les palais du plaisir sont devenus des chambres de torture, dans cette zone morbide de la mémoire fausse. »

Extrait de 

Déséquilibres synthétiques

Lunch, Lydia

Ce contenu est peut-être protégé par des droits d’auteur.

Afficher en entier

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode