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Bibliothèque de DesLivresEtMoi7 : Liste de bronze

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En attendant Bojangles En attendant Bojangles
Olivier Bourdeaut   
Petit bijou de poésie dans un écrin de tendresse : "En attendant Bojangles" d'Olivier Bourdeaut, publié aux éditions Finitude, et au format poche chez Folio.

Le pitch : Elle s'appelle Marguerite, Renée, Georgette, Hortense, Marine, Pauline, Suzon, Louise... Ou encore Liberty Bojangles. Appelez-là comme vous voulez, elle change de prénom chaque jour que Dieu fait. C'est ainsi que son mari procède. C'est ainsi que son fils est habitué. Ce joyeux trio vit la vie comme une fête dans son appartement comme dans son château en Espagne. Ils vivent en compagnie de Mlle Superfétatoire, une grue de Numidie, et dansent sur "Mr Bojangles" de Nina Simone. Et ils s'aiment. Oh oui ils s'aiment, comme des enfants... Ils s'aiment, comme avant... Avant les menaces et les grands tourments... Alors laissons-les s'aimer...

Voilà bien longtemps que ce livre me fait de l'oeil... Qu'il m'aguiche de ses chroniques élogieuses... Qu'il me séduit de ses multiples récompenses (Grand Prix RTL/Lire - Prix du Roman France Télévisions - Prix du Roman des étudiants France Culture/Télérama)... Seulement voilà : Bien loin de m'attirer, la couverture a toujours refreiné mes ardeurs... Comme quoi, il ne faut jamais s'arrêter aux apparences... Car il m'aura finalement fallu une invitation émanant des éditions Folio afin de fêter la sortie du roman au format poche pour m'inciter à plonger dedans... J'en profite d'ailleurs pour les remercier de m'accorder un tel honneur, et les féliciter pour la magnifique couverture qui, de toutes les façons, m'aurait sans doute conduit à succomber à la tentation dans les plus brefs délais...

Et me voilà bien embarrassée quand l'heure de partager avec vous mon sentiment est arrivé. Que vous dire si ce n'est qu'il s'agit là d'une histoire d'amour... Juste une histoire d'amour... Mais quelle histoire d'amour... "L'amour fou n'a jamais si bien porté son nom" dixit la quatrième de couverture, et rarement ai-je lu propos plus justes au dos d'un roman.

Avec douceur et poésie, l'auteur nous plonge ainsi au coeur d'une histoire d'amour hors du commun entre deux êtres qui se sont trouvés et ont su s'aimer d'un amour fou et passionné, donnant naissance à un enfant qui grandira à leurs côtés et les observera de ses yeux émerveillés vivre cette folle vie qui est la leur. Adoptant le point de vue de cet enfant justement, l'auteur nous fait donc partager la vision de ce dernier, emprunte de fraicheur et de simplicité, d'insouciance et de naïveté, nous révélant peu à peu cette douce folie qui les accompagne pour une drôle de vie. Usant dès lors d'un ton faussement léger, l'auteur entrecoupe son récit de quelques parenthèses paternelles pour nous dévoiler peu à peu la triste réalité. Parce qu'un lecteur averti en vaut deux, soyez assuré qu'une fois votre lecture enclenchée, il vous sera impossible de lâcher ce court roman, emporté par ce tourbillon d'un vent de folie qui vous subjuguera tout au long du récit jusqu'à un dénouement particulièrement bouleversant bien qu'inconsciemment prévisible, où vous ne pourrez retenir les larmes qui se présente à l'arrivée du point final.
Parce que j'y ai pour ma part retrouvé l'ombre d'un Boris Vian diablement bien inspiré, on s'attache à cette famille autant qu'on peut s'attacher à Colin et Chloé dans "l'Ecume des jours". On trouve ici une mère fantasque et extravagante, qui considère la vie comme une fête de tous les instants, entraînant sans condition mari, enfant et lecteur dans son sillage. Ils sont beaux, ils sont heureux... N'est-ce pas là ce qu'il y a de plus précieux ?
Pour autant je n'ai pas fini car il y a autre chose dans ce livre qu'il est important de souligner ici : c'est la poésie des mots, la magie de cette plume, la beauté de ce style. Incontestablement l'auteur est un magicien de l'écriture, jouant des mots avec autant de doigté que s'il jouait d'un instrument de musique, nous livrant une partition digne du grand titre de Nina Simone évoqué ici, retraçant en toutes lettres moult sentiments qui percuteront le lecteur de plein fouet, expliquant par là même l'émotion qui est la sienne et le submergera à coup sûr en refermant ce livre. C'est une lecture tendre et romantique, émouvante et poétique, passionnante et fantastique, folle et humoristique, belle et dramatique...

En bref, je ne sais pas si j'ai su restituer le plaisir que j'ai pris à lire ce roman... Mais peu importe : Lisez-le !
La Vie rayée La Vie rayée
Sacha Stellie   
Un véritable trésor de l'autoédition : "La vie rayée", de Sacha Stellie, disponible sur Amazon.

Le pitch : La famille Eyme compte trois enfants devenus grands : la sensible Vivienne, l'indécis Paul-Ely et l'altruiste Julien, auxquels s'ajoute une petite dernière qui fait partie de la fratrie, peu importe comment elle s'y est glissée, la jeune et spontanée Lola. La famille Eyme est particulièrement soudée et a toujours su se battre et aller de l'avant au delà des difficultés. La famille Eyme a toujours su préserver les siens comme son passé, bien décidée à le faire subsister le plus longtemps possible. La famille Eyme a cependant besoin de regarder vers l'avenir et de tourner une page de son histoire pour faire avancer la vie et conquérir le bonheur. Parce que la famille Eyme, c'est une famille, avant tout...

Le hasard a voulu que je croise la route de cette très charmante auteure à l'occasion de l'atelier sur l'autoédition organisée en juin dernier à Paris par l'Association "La Plume en Question" et la plateforme d'autoédition "BOD". Le hasard fait décidément bien les choses, puisque j'ai ainsi eu la chance de faire la connaissance d'une auteure fort sympathique et particulièrement généreuse, celle-ci ayant eu la gentillesse de m'offrir un exemplaire papier de son dernier roman, alors tout juste sorti... Je n'ai à ce jour que deux regrets : celui d'avoir tant tardé à le lire, et celui de l'avoir déjà refermé...

Qu'il m'est donc difficile de chroniquer ce roman à présent, bien consciente de ne pas être en capacité d'être à la hauteur du coup de coeur que j'ai eu pour celui-ci. En effet, quelle ne fut pas ma surprise de tomber sur un livre qui a su m'atteindre en plein cœur dès les premières pages... Plus que touchée, ce roman a même su me parler et faire remonter en moi bien des souvenirs tant je me suis sentie proche et familière de son histoire au gré de lieux évoqués... Je vous le dis, le hasard fait décidément bien les choses... Aussi vais-je essayer de faire de mon mieux pour vous faire ressentir ce que j'ai moi-même vécu à la lecture de ce formidable roman...

Armée d'une extrême délicatesse doublée d'une incroyable sensibilité, l'auteure nous entraîne ici au cœur d'une histoire pourtant si simple mais tellement émouvante, celle de la Famille Eyme, malmenée par la vie mais solide à toute épreuve, soudée face à l'adversité et toujours debout, peu importe les embûches. Envoûté dès les premières pages, le lecteur se sent immédiatement adopté par cette si belle famille qui a le cœur sur la main, ce qui lui permet instantanément de vivre plus qu'elle ne lit cette magnifique histoire d'une douceur sans égale. Dès lors le lecteur se retrouve emporté dans un véritable tourbillon de sentiments vifs et d'émotions pures qu'il partagera avec les membres de cette famille à l'instar d'un grand frère ou d'une petite sœur, avant de refermer ce livre les larmes aux yeux, vide et le cœur lourd, presque orphelin d'une famille à laquelle il se sentait pleinement appartenir...
C'est finalement l'archétype de la famille formidable que l'auteure parvient ici à nous dresser. Celle qu'on a idéalisée... Celle qu'on aimerait tous avoir. Celle dans laquelle on aurait rêvé de grandir... Ou peut-être pas finalement, car c'est probablement ce message que ce récit parvient aussi à nous faire passer : De famille nous n'en avons qu'une, elle n'est sûrement pas parfaite mais elle est unique, et c'est à partir d'elle que nous entrons dans la vie, quoi qu'il arrive et quoi qu'il en coûte... C'est peut-être bien cette magnifique leçon de vie que ces personnages, si différents et pourtant si attachants, dépeints avec grand soin par leur auteure, nous soufflent au creux de notre âme. Pour autant les autres protagonistes de ce récit ne sont pas en reste, car c'est finalement bien grâce à eux que NOTRE famille ouvre les yeux pour envisager l'avenir et les jours heureux.
Servi par une écriture aussi belle que soignée, un style aussi fluide qu'agréable, le lecteur ne peut dès lors plus quitter ce roman, et voit dès lors les lignes, les pages et les chapitres défiler sous ses yeux sans qu'il puisse arrêter le cours du temps, contribuant ainsi à lui faire ressentir chaque émotion transmise par ce récit.

En bref, et vous l'aurez donc compris, ce roman est un véritable coup de cœur pour moi, et la famille Eyme, c'est finalement presque la mienne...
Vingt ans et quelques Vingt ans et quelques
Charlotte Orcival   
Une nouvelle plongée ô combien prenante et émouvante dans les méandres de la vingtaine : "Vingt ans et quelques", de Charlotte Orcival disponible sur Amazon dès demain !

Le pitch : Ils s'appellent Anna, Laure, Patrice, ou encore Pierre, Elise ou Camille. Ils ont vingt ans et quelques. L'âge d'une éternité à vivre en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. L'âge de s'aimer aussi vite qu'on se quitte. L'âge de croquer la vie à pleines dents en toutes circonstances, sans forcément penser à demain... Au travers de cinq nouvelles bouleversantes, Charlotte Orcival nous retrace quelques lignes de cet âge "beau de tous les possibles qu'il contient"...

Autant vous dire que, lorsque cette formidable auteure que j'affectionne particulièrement m'a contactée pour me proposer de lire en avant première ce nouveau recueil de nouvelles, je ne me suis évidemment pas fait prier, tellement heureuse de retrouver son inimitable plume qui ne manque pas de faire mouche au détour de chaque page. Et... Pas manqué, j'en ressors encore une fois toute "émotionnée"...

Parce que je dois vous révéler un petit secret : Charlotte est une magicienne. Elle ne le sait sûrement pas elle-même, pour tout vous dire. Et pourtant sa plume vous envoûte inévitablement et vous invite à remonter le temps l'instant d'une lecture. Peu importe votre âge, vous comprendrez enfin ce que le mot "Nostalgie" veut dire.
Car c'est là toute la prouesse de l'auteure. Au travers des cinq nouvelles composant ce charmant recueil, l'auteure nous permet de retrouver pour notre plus grand plaisir les personnages qui nous ont tant émus dans son roman "Forever Young", ainsi que de nouvelles têtes, pour une plongée vertigineuse dans cette fabuleuse décennie qu'elle nous permet ici de revivre pleinement. L'âge "d'avoir le droit de ne pas être raisonnable et de faire des trucs stupides", "l'âge de se dire que la vie est officiellement dégueulasse" aussi parfois. Et la magie opère alors, le lecteur se replongeant inévitablement dans sa propre vingtaine, sentiment renforcé par les paroles de chansons qu'on retrouve au début de chaque histoire...
Et on les aime ces personnages, parce qu'on est heureux de les retrouver pour certains, de les rencontrer pour d'autres, mais pas seulement. On les aime pour les sentiments qu'ils nous inspirent et les souvenirs qu'ils font remonter. On les aime pour leur insouciance et leur impatience à vouloir tout vivre. On les aime pour leur inconscience du temps qui défile. On les aime. Un point c'est tout. Et c'est peut-être là que le bas blesse... Car on les aime tant qu'on ne veut pas les quitter. Le temps passé en leur compagnie est bien trop court, il en faut plus, il m'en faut plus !
Car c'est peut-être de cette plume, si pure, si belle, si élégante, qui fait défiler les pages à une vitesse alarmante tant elle nous captive, que je suis finalement tombée amoureusement nostalgique. Il me faut la retrouver, vite...

En bref, et vous l'aurez sans doute compris, mon petit coeur n'a pas résisté à la beauté de ce magnifique et si touchant recueil de nouvelles. Il sort demain mes amis, et le temps est précieux : Ne perdez pas une seconde et précipitez-vous dessus !
Dieu 2.0 - Bye Bye Internet Dieu 2.0 - Bye Bye Internet
Henri Duboc   
Quand le diable ne s'habille plus en Prada, Dieu se dope à la Permafrostine et les plus éminents scientifiques de cette planète sont invités à retourner fissa chez leur mère ! Ou, plus sobrement : "Dieu 2.0 - Bye Bye Internet" de Henri Duboc, aux éditions Lajouanie.

Le pitch : Le monde, 04/05 août 2058 : Gabriel s'apprête à quitter l'hôpital universitaire Axel Kahn de Paris, après avoir subi une opération cardiaque "à l'ancienne" selon son souhait. La Papesse Oranne est quant à elle sur le point de célébrer une messe au Mexique après avoir visité un Mémorial dédié aux victimes des cartels. De leur côté, Yosa Takahara et sa compagne Ariane contemplent les merveilles dont regorge le majestueux Parc de Yosemite. C'est l'instant précis que Dame Nature choisit pour faire du monde le triste théâtre d'un cataclysme sans précédent. Les victimes sont innombrables et les dégâts colossaux. Complètement défiguré pour en voir une grande partie rayée de la carte, la face du monde a changé. Totalement démunis, les rescapés n'ont d'autre choix que de rejoindre l'Europe, seul continent plus ou moins épargné. Contraints de vivre dans des camps et de se sevrer des nouvelles technologies, désormais trop rares, coûteuses et énergivores, les survivants font des proies faciles de l'obscurantisme...

Souvenez-vous... C'est à l'occasion d'une sympathique soirée de juin, organisée par Bookeen, que je faisais la rencontre de ce formidable auteur et de son roman "Dieu 2.0 - La Papesse Online" qui l'est tout autant. Au terme d'une captivante lecture qui me laissait irrémédiablement conquise, je concluais ma chronique en qualifiant ce roman comme "un OVNI littéraire sûrement, mais un petite pépite sans aucun doute dont j’attends la suite avec impatience"... La suite ? Elle est là, juste sous mes ongles fraichement manucurés, engloutie en moins de temps qu'il ne m'en faut pour vous l'écrire... Oui, parce que maintenant me voilà en charge d'une lourde mission : rédiger une chronique à la hauteur de ce roman... Pari perdu d'avance, mais soyons fous, je relève le défi !

Après un prologue de la Mort qui tue tant il est accrocheur (Naaaan mais sans déconner, ce Prologue mes amis! Désolée mais fallait vraiment que je vous exprime mon éblouissement!), l'auteur poursuit admirablement sur sa lancée, et s'attelle à une tâche... Pas simple, mais qu'il réussit pourtant avec brio : Faire s'effondrer le monde. Si si. Rien de plus, rien de moins. Tout cela en une poignée chapitres. Si si. A grands coups de tremblement de terre apocalyptique. Si si. Et au sens propre hein, parce que la maison ne recule devant aucun sacrifice pour vous ébahir !
Alternant dès lors les chapitres avec subtilité, entre la deuxième moitié du XXIème et la fin du XXIIIème siècle pour un suspense de tous les instants et une tension qui monte crescendo au fil des pages, l'auteur nous livre ici une intrigue toujours aussi bien construite et rondement menée, ne manquant pas d'aborder une fois de plus des sujets qui ne sont pas si futuristes qu'on pourrait le croire... Evoquant les névroses numériques quand on parle du tout connecté... Evoquant le risque des dérives fanatiques quand on voit nos concitoyens se faire massacrer pour un Dieu qui, vraisemblablement, n'en a jamais demandé tant... Evoquant des "camps de réfugiés tectoniques" à l'heure même où l'on rase la "jungle de Calais"... Pour rappel : Un roman d'anticipation... Mais pas que...
J'ai en outre pris grand plaisir à retrouver ces personnages rencontrés dans le premier tome. Déjà soignés dans le roman précédent, j'ai trouvé ceux-ci plus approfondis, plus mûris encore. Mention spéciale pour ce cher W3, pourtant pas si présent mais omniprésent, et décidément le plus humain dans ce qu'on fait de mieux en matière d'I.A., peut-être plus humain... Que les humains eux-mêmes ! Qui l'eut cru ? Et pourtant n'est-ce pas l'homme et sa profonde humanité qui se révèlent bien prompt à dispenser maux et jugements, bien capable de réveiller ses plus bas instincts lorsqu'il se sent en danger... L'humanité en somme est une notion bien relative... Bref...
Servi par une plume toujours aussi fluide et savoureuse, l'auteur n'oublie pas le thème qu'il avait abordé dans le premier tome, à savoir le conflit intemporel qui existe entre science et religion, et ne cesse ici de l'approfondir... Et les deux prennent cher, c'est moi qui vous le dis ! Faisant l'objet, selon moi, d'un traitement digne de la grande querelle des Anciens et des Modernes qui a animé la fin du XVIIème siècle ! Pour autant, n'est-ce pas là une guerre qui n'a pas lieu d'être ? Quand on entend d'un côté que la phrase la plus importante en science est "Je ne sais pas", et qu'on nous répond de l'autre que "La croyance est quelque chose de terriblement beau, et humain. Parce que c'est mettre de l'espoir là où il n'y en a plus aucun" (Ca c'est, même une phrase qu'aurait pu sortir Galadriel à Frodon lorsqu'il était dans une sacrée panade... Rhooo je les vois d'ici, dans la forêt de Lothlorien... Hum... Mais je m'égare, excusez-moi!) ? Pourrions-nous donc vraiment nous passer de l'un ou de l'autre ?
Bon... La suite au prochain épisode... Quoi? Quoi ?! QUOI?! Sacré nom de Dieu (oui, encore lui, pardon!) mais qu'est-ce que c'est que cette fin ?! Car oui l'auteur, non satisfait de nous avoir servi un roman plus sombre où le suspense se révèle particulièrement haletant, pousse le sadisme jusqu'à nous laisser en plan avec un sa***erie de p***tain de sablier... Ca, ça je vous le dis : C'EST FRANCHEMENT PAS GENTIL ! (Oui, désolée mais fallait vraiment que je vous exprime ma frustration!)

En bref, et au risque de me répéter : Une véritable petite pépite du futur... Dont j'attends la suite avec impatience... Mais je sais qu'elle est écrite. Autrement dit : Monsieur l'auteur, va falloir qu'on cause !!!
Un chat des rues nommé Bob Un chat des rues nommé Bob
James Bowen   
Un témoignage aussi magnifique qu'émouvant : "Un chat des rues nommé Bob", de James Bowen, aux éditions JC Gawsewitch et Pocket.

Le pitch : Alors qu'il décidait de s'installer à Londres 10 ans plus tôt, dans l'espoir de monter un groupe et jouer de la musique, James Bowen n'a malheureusement connu que la rue. Toxicomane luttant pour se sevrer, c'est désormais avec sa guitare que James Bowen fait la manche pour en tirer ses maigres revenus et avancer au jour le jour. Un soir, alors qu'il rentre dans le studio qui lui est alloué, James tombe sur un chat roux bien mal en point. N'écoutant que son cœur, il sacrifie toutes ses économies auprès du vétérinaire pour retaper cette petite bête qui, dès lors, ne va plus le quitter. Partout où ils vont, Bob devient vite une attraction, et la coqueluche des passants qui s'arrêtent désormais volontiers. Un retournement de situation qui va permettre au maître qu'il s'est choisi de reprendre pied dans cette vie qui l'a trahie...

Voilà un livre dont j'aurais dû vous parler depuis longtemps... Ayant littéralement craqué sur sa couverture au moment de sa sortie sans même en connaître le contenu, c'est lorsque j'ai réalisé qu'il était depuis sorti en poche, connaissait une suite et qu'il allait même être adapté au cinéma que j'ai réalisé que le temps passait trop vite et qu'il me fallait rattraper cet injuste retard...

Ce n'est certes pas de la grande littérature, mais qu'est-ce que ça change ? Avec pudeur et humilité, l'auteur nous livre tout simplement l'histoire sa vie et du petit être qui l'a bouleversée, bouleversant le lecteur à son tour. Nous livrant dès lors un témoignage avec des mots simples mais poignants, James Bowen nous raconte ici la rencontre qui lui a permis de reprendre goût de la vie, de se relever, d'avancer et voir plus loin qu'au lendemain. Ces deux là étaient décidément fait pour se trouver, se lier et ne jamais se quitter. Alors même qu'il lui semblait compliqué de s'encombrer d'un compagnon à quatre pattes, lui qui n'est déjà pas fichu de prendre soin de lui-même, c'est ce petit être qui va le responsabiliser et l'aider à affronter les épreuves de la vie... Une vie qui va connaître un sérieux tournant dès lors que le désormais nommé Bob va attirer l'attention, les regards et la tendresse... Il était invisible, James et son compagnon vont rapidement connaître le succès de la simplicité dans les rues londoniennes, les passants ayant toujours une petite attention pour Bob, plus touchés qu'ils sont par le sort de l'animal que celui de l'humain qui l'accompagne... Qu'à cela ne tienne, c'est ainsi que le duo va s'entraider et prendre ensemble un nouveau départ...

En bref, et je vous l'accorde, ce n'est pas une chronique habituelle que je vous écris là, mais ce livre ne l'est pas non plus. Plus qu'un récit autobiographique, c'est l'histoire d'une amitié hors du commun et bouleversante, émouvante, un véritable message d'espoir qu'il vous fait découvrir si ce n'est pas déjà fait!
1974 1974
Arnaud Codeville   
Un second roman tout aussi délicieusement terrifiant : "1974", d’Arnaud Codeville, disponible sur Amazon et sur le site de l’auteur.

Le pitch : Le petit village de Sebourg, situé dans le Nord de la France, est sur le point d’assister à une scène qui n’est pas commune. Les pompiers s’apprêtent en effet à mettre le feu à la grande et sinistre bâtisse qui se dresse au 16 de la rue Jean Jaurès. Officiellement pour détruire la vermine qui l’infeste depuis trop longtemps, les habitants se réjouissent pourtant de la voir partir en fumée pour bien d’autres raisons, la rumeur voulant que celle-ci soit hantée…
Une silhouette encapuchonnée, cigarette en bouche et sourire aux lèvres, ne rate rien du spectacle et ne part pas avant d’avoir la certitude que la tâche est remplie…

Une fois n’est pas coutume, je ne vous en dirai pas davantage sur l’histoire pour vous en laisser la pleine découverte au moment de votre lecture qui, je vous le promets, s’avérera follement passionnante et angoissante ! Je ne regrette d’ailleurs qu’une chose : D’avoir tant tardé à le lire !

Avec toujours autant de talent et dans la lignée des grands King et Lovecraft, l’auteur nous plonge une nouvelle fois dans une intrigue particulièrement bien construite et machiavélique à souhait. Captivé dès le premier chapitre, le lecteur se met dès lors à tourner frénétiquement les pages, et ne voit pas le piège diabolique, d’un auteur qui l’est tout autant, se refermer sur lui, plongeant ainsi dans l’horreur sans échappatoire possible. Ce dernier passe dès lors du questionnement à l’inquiétude, puis de l’inquiétude à l’angoisse, et de l’angoisse à la terreur au fur et à mesure que les chapitres défilent sous ses yeux. Le suspense est ainsi brillamment maintenu et la tension monte crescendo avant un dénouement tout simplement époustouflant.
Richement étoffés, les personnages se révèlent particulièrement intéressants et même attachants, tant et si bien que le lecteur se retrouve à partager volontiers leurs sueurs froides, poils dressés, palpitations cardiaques et autres signes de franche peur bleue.
Particulièrement fluide et efficace, la plume de l’auteur est vraiment soignée et procure à elle seule frissons et sensations fortes pour un moment de lecture particulièrement intense.

En bref, un roman aussi sombre qu’effrayant ! Allez donc faire un petit tour à Sebourg, au 16 de la rue Jean Jaurès… Mais prenez garde, vous pourriez faire de mauvaises rencontres…
Les sorcières de la République Les sorcières de la République
Chloé Delaume   
Un roman politique délicieusement loufoque : "Les sorcières de la République", de Chloé Delaume, aux éditions du Seuil.

Le pitch : Alors que la fin du monde, prévue en décembre 2012… N’a pas eu lieu, les déesses grecques ont décidé de quitter le charme cosy de l’Olympe pour s’infiltrer dans la population française, instaurant ainsi une sorte de matriarcat avec l’élection d’Elisabeth Ambrose, membre du Pari du Cercle, à la Présidence de la République. Mais trois ans plus tard, c’est le drame, et le 21 juin 2020, la France vote oui à 98% sans abstention pour le Grand Blanc, autrement dit l’amnésie générale, l’effacement de trois années apparemment peu glorieuses.
C’était il y a 42 ans. Mais ce lundi 06 février 2062 annonce la fin de la politique de l’autruche. En effet, sous l’impulsion de l’actuel Président, Barnabé Pouguel-Castelain, s’ouvre au Tribunal du Grand Paris (plus communément appelé « Stade de France ») le grand procès du XXIème siècle en vue de déterrer ces trois années rayées de l’Histoire de France, avec pour seule présente sur le banc des accusés la Sybille, 29213 ans au compteur, dont on a hâte d’apprendre ce qu’il s’est réellement passé…

Membre du Cercle des Lecteurs du Furet du Nord, c’est dans ce cadre que j’ai eu l’immense privilège de recevoir ce livre. Quatrième de ma sélection, j’apprenais avec horreur et appréhension qu’il s’agissait d’un roman politique… Autant vous dire que c’est sans enthousiasme que je me suis jetée à l’eau… Et grand bien m’en a pris puisque la magie a rapidement opéré, me procurant ainsi un excellent moment de lecture que je vais essayer de partager !

Au terme d’une performance de haute voltige remarquablement réalisée, l’auteure nous entraîne ici en 2062 dans une République fantaisiste, où les places du fameux procès se sont arrachés à prix d’or, où les scellés sont vendus aux enchères, où la greffière est une égérie de mode, où les concours permettent de gagner des visites chez le dentiste, où les ténors du FN ont été transformés en bichons maltais et Jean-François Coppé en pain au chocolat, où le Président de la République est aimé et adulé… Vous voyez, fantaisiste… Mais aussi un pays qui a dû ouvrir des Centres de réfugiés climatiques et a rétabli le Franc comme monnaie nationale… Fantaisiste, oui mais… « A même la peau, le réel brûle », comme dit si bien l’auteur…
Sous couvert de fantaisie donc, l’auteure ne manque pourtant pas de livrer une critique parfois acerbe de notre société, bien actuelle cette fois-ci, mettant en exergue les grandes questions politiques, économiques, religieuses et environnementales, qui font tant débat de nos jours et qui pourraient un jour nous conduire au drame si nous ne sommes pas en mesure de les aborder. « Il fallait un pays où la foi fut une blessure, la déception une habitude, la notion d’avenir une boutade. Un pays en attente d’un miracle politique, qui était prêt à croire en la magie du « Dire c’est faire ». (…) Un pays de bonne volonté, mais qui rechigne aux sacrifices et est expert en grommellements. (…) Où l’ascenseur était en panne et les escaliers hors service »…
Ayant l’art de la formule savoureuse, de la citation délicieuse et autres truculents jeux de mots que l’on rencontre avec plaisir au fil des pages tant la plume est de grande qualité, l’auteure use et abuse d’humour et de folie tout en glissant subtilement quelques notions pourtant fort inquiétantes telles que le « programme participatif obligatoire » ou « l’empowerment ».
Et plus qu’elle ne tente, l’auteure même ose ! Est-il seulement possible d’envisager un seul instant pouvoir, dans un roman dit politique, glisser une citation de Buffy Summers, célèbre tueuse de vampires qui a bercé toute ma jeunesse, et balancer l’adresse mail de Jésus Christ en personne (d’ailleurs pour les personnes intéressées, c’est jesus-christ.superstar@royaumedescieux.org), Artémis disant de lui « T’es trop puiss comme keum, je suis mdr » ? Impossible, me direz-vous ? Mais impossible n’est pas Chloé !

En bref, un défi réussi avec brio pour l’auteure de ce roman aussi loufoque que révélateur ! Peuple de France, un conseil : Lis ce livre !
L'appétit des ombres L'appétit des ombres
Olivier Saraja   
Une nouvelle angoissante à souhait: "L'Appétit des Ombres", d'Olivier Saraja, disponible gratuitement sur le site de l'auteur le 22.08 et sur Amazon dès le 23.08.

Le pitch: Dans un monde dévasté, terrassé par les ombres, Wade est un survivant et un ancien détenu qui a beaucoup de mal à contrôler ses pulsions meurtrières et bestiales. Alors qu'il roule entre cadavres et ruines, il manque de renverser la jeune Angie, elle aussi survivante, qui lui confie son projet: se rendre à Genève pour retrouver un groupe de survivants...

C'est suite à un appel de l'auteur lancé sur Twitter que ce dernier m'a fait l'immense honneur de m'envoyer cette nouvelle en avant première, me permettant ainsi de découvrir sa plume dans le cadre de ce service presse.

Sans perdre une seconde, l'auteur donne le ton dès les premières lignes et nous plonge au cœur d'un monde apocalyptique, totalement et pour l'heure mystérieusement anéanti, où la mort est omniprésente, toute trace de vie disparaissant peu à peu et laissant place aux ombres qui règnent désormais en maître. Le lecteur déjà fébrile s'inquiète, puis s'angoisse avant de se liquéfier tant l'intrigue est haletante. La tension monte crescendo au fil des pages, et le lecteur fasciné ne peut alors s'empêcher de tourner frénétiquement les pages pour venir à bout de ce suspense implacable, littéralement suspendu aux ahurissantes révélations qui vont le laisser totalement abasourdi, prenant dès lors que la survie de notre espèce tient à bien peu de choses...
Remarquablement bien construits, le lecteur est immédiatement conquis par cet étrange duo constitué de Wade, ex détenu aussi inquiétant qu'impressionnant, et d'Angie, jeune fille aussi courageuse qu'attachante, duo de choc qui se révélera plein de surprises tout au long du récit.
Le style, fluide et nerveux, servi par une écriture vive et agréable, accentue le rythme soutenu et ajoute au plaisir qu'on prend à lire cette nouvelle.

En bref, une nouvelle aussi affolante que captivante, à découvrir gratuitement sur le site de l'auteur le 22 août 2016, mais aussi sur Amazon dès le 23 août 2016!
Cyanure Cyanure
Camilla Läckberg   
Une famille riche, un dîner de fin d'année, une île où il n'y a personne d'autre, une grosse tempête. Le patriarche meurt au cours du repas... Un huis-clos qui aurait mérité plus de profondeur. Les personnages et l'intrigue ne sont pas assez creusés à mon goût. Dommage il y avait de l'idée pourtant : Un faux-semblant tout de même d'un best seller d'Agatha Christie, ou simplement l'auteure a été bien inspirée par la reine du crime...
Le Tailleur de pierre Le Tailleur de pierre
Camilla Läckberg   
Troisième opus d'une auteure que j'adore: "Le Tailleur de Pierre", de Camilla Läckberg, chez Actes Sud et Babel noir.

Le pitch: Un pêcheur de Fjällbacka découvre le corps sans vie d'une enfant. Patrik Hedström, inspecteur en charge de l'enquête, reconnaît de suite la victime: il s'agit de Sara, 7 ans, petite fille hyperactive de Charlotte, la meilleure amie d'Erica, sa compagne avec qui il vient tout juste d'avoir un bébé. Alors qu'il est déjà difficile d'apprendre la douloureuse nouvelle aux parents, les investigations révèlent vite qu'il ne s'agit pas d'un accident, la pauvre petite ayant de l'eau savonneuse dans les poumons. Et les suspects potentiels ne manquent malheureusement pas, révélant ainsi de sombres et lourds secrets...

J'avais adoré la Princesse des Glaces et le Prédicateur. Il était donc évident que le Tailleur de Pierre se trouvait dans ma PAL, tout comme les suivants. Honte à moi d'avoir autant tardé, je me suis donc enfin décidée à ouvrir celui-ci et je n'ai pas été déçue!

Comme dans ses deux premiers romans, l'auteur nous livre une histoire hautement maîtrisée. Ici deux intrigues se mêlent, l'une, remontant aux années 20, se mêlant subtilement à l'enquête en cours, la première apportant l'éclairage nécessaire à la résolution de la seconde. L'auteur sait habilement brouiller les pistes, permettant au lecteur de découvrir que Fjällbacka n'est pas qu'un innocent havre de paix, il est aussi un petit monde parfois cruel, parfois sordide. En outre il est agréable de retrouver les personnages au fil des romans, nous permettant ainsi de les suivre, ce qui les rend incroyablement humains, proches, familiers même. L'auteur sait brillamment conjuguer une policière et les histoires personnelles de chaque personnage, traitant ainsi de la vie et de ses multiples déboires, tout en gardant le suspense du bon polar avant la révélation finale.

En bref, un excellent troisième épisode d'une série addictive!
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