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Bibliothèque de DesLivresEtMoi7 : J'ai lu aussi

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L'affaire Julie Hugo L'affaire Julie Hugo
Caroline Fabre-Rousseau   
Une pièce de théâtre originale : "L'affaire Julie Hugo" de Caroline Fabre-Rousseau, aux éditions Chèvre-feuille étoilée.

Le pitch : "Vous avez donné votre livre à vos lecteurs, qu'ils se débrouillent avec.
Ce que je vous reproche, ce qui est inacceptable, c’est que vous avez donné une mauvaise version des faits. Vous avez cherché à défendre votre héroïne, cette fameuse Julie Duvidal, épouse Hugo, en nous faisant croire qu’il était juste est souhaitable qu’elle arrête de peindre après son mariage.
Vous avez donc mal fini votre livre. Je vous demande à présent de le finir correctement.
Ce livre m’appartient, puisque je l’ai lu. Je suis en droit de vous demander d’écrire une fin différente."

Voilà un genre qui ne m'est plus familier depuis bien des années, la dernière pièce de théâtre que j'ai pu lire remontant sans aucun doute à mes années de lycée. Aussi me suis-je finalement réjouie de retenter l'expérience lorsque je me voyais sélectionnée pour ce livre à l'occasion d'une opération Masse Critique Babelio... Pour autant je dois avouer que mon sentiment à son sujet est plutôt... Mitigé...

C'est parce qu'elle a reçu un mail d'un lecteur, mécontent après avoir lu "La belle-sœur de Victor H", déçu que l'artiste dont il est question dans ce livre se consacre à sa famille au détriment de la peinture, que germait dans l'esprit de l'auteure l'idée de produire une suite, sous la forme d'une pièce de théâtre, narrant le procès d'un lecteur ayant séquestré l'auteure afin qu'elle écrive une autre fin, une "meilleure" fin, celle qui aurait dû être à la place de celle qui est.

Léger au premier abord, le propos est bien plus profond qu'il n'y paraît, traitant bien plutôt de la place de la femme au sein de la société, non seulement à l'époque des "faits" mais aussi de nos jours. Car il est bien vrai que, si l'on en croit les illustrations recouvrant ce livre, l'artiste avait du talent et aurait pu poursuivre ses travaux pour le plus grand plaisir des yeux. Mais parce que le sujet allait nécessairement faire débat, à l'époque comme aujourd'hui, c'est tout un panel d'artistes de l'époque qui participent à la pièce pour défendre leur point de vue, leur opinion sur la question. Cela étant, il également prévu que trois spectateurs participent au "procès", ce qui ajoute un aspect délicieusement interactif à la pièce.

Mais le débat ne s'arrête pas en si bon chemin et pourrait être axé sur bien d'autres sujets encore. Il en va ainsi pour ce qui est des choix de l'auteur et de l'écriture, du "droit" ou non pour un auteur de modifier la fin d'une biographie au motif qu'elle n'est pas conforme à ses principes. Il en est de même pour la place et le statut du lecteur quant à l'écriture... Un lecteur a-t-il seulement voix au chapitre au stade de l'écriture ? Peut-il prétendre exiger quoi que ce soit de l'auteur ? Un bon nombre de questions susceptibles de déclencher de folles et affolantes discussions qui sauront tenir le lecteur éveillé jusqu'aux heures les plus sombres de la nuit...

Pour autant c'est ici justement que le bas blesse et que mes faveurs s'arrêtent... Car pourquoi se contenter d'une petite centaine de pages pour traiter de si vastes sujets, de questions si sensibles, de thèmes si passionnants... Au-delà de quelques légèretés procédurales, c'est finalement toutes ces thématiques qui n'ont été qu'évoquées, effleurées, survolées, et voilà qui est bien dommage.

En outre une telle pièce, où le côté interactif est mis en avant, requiert nécessairement d'être jouée pour être traitée avec respect. Une simple lecture ne peut en aucun cas permettre au lecteur de se laisser embarquer aussi loin que besoin est... Il se doit de vivre la pièce plus que de la lire, ce d'autant plus que la fin est ouverte...

En bref, ce n'est pas tant le sujet que la façon dont il a été traité qui me chagrine... L'idée est belle, elle mérite juste... "Plus" à mon sens...
Tombée pour lui Tombée pour lui
Claire Bianchi   
Un petit concentré d'humour et de bonheur : Tombée pour lui, de Claire Bianchi, disponible dès aujourd'hui sur KOBO !

Le pitch : A 30 ans, Louise est une jolie rouquine travaillant dans un bureau d'études spécialisé dans l'aéronautique, mais surtout une serial gaffeuse d'exception, atteinte de maladresse congénitale, dotée de deux mains gauches dont les catastrophiques prouesses n'ont d'égale que les situations embarrassantes dans lesquelles elles placent leur propriétaire qui, au moins, ne manque pas d'anecdotes... Mais un beau jour, Louise fait d'une pierre deux coups : Elle rencontre le Prince Charmant en visitant l'appartement de ses rêves! Prête à tout pour conquérir son homme avant même de signer l'état des lieux de son nouveau logement, Louise décide de mettre toutes les chances de son côté, en commençant par se débarrasser de son étourderie légendaire, et s'en remet donc à Léa, coach de vie conseillée par son patron. Le changement, c'est maintenant... Certes, mais si l'on chasse le naturel, ne revient-il pas au galop...?

C'est à la suite d'un échange sur Twitter que cette charmante auteure, bien plus connue qu'elle ne vous le laisse entendre, m'a très généreusement envoyée son roman avant sa sortie officielle, prévue ce jour ! Aussi est-ce avec délice et curiosité que je me suis plongée dans ces chroniques d'une maladroite invétérée...

Irrémédiablement séduit dès les premières lignes, le lecteur accompagne donc Louise au gré de ses truculentes péripéties avec pour mission, si vous l'acceptez, de conquérir l'Homme de sa vie, faire en sorte que le Prince n'existe pas qu'au rayon biscuits... Dès lors embarqué par cette intrigue savoureuse, le lecteur se met à sourire, à pouffer, et même à rire au gré des situations cocasses et autres scènes burlesques.
Véritable centre d'intérêt de cette histoire, Louise se révèle être une héroïne, certes gauche, mais tellement attachante ! Remarquablement bien construite, brossée avec réalisme et étoffée avec soin, l'auteure a su nous livrer une jeune femme à laquelle on peut facilement s'identifier, tout en nous soufflant une jolie leçon de vie : A quoi bon vouloir changer ce qui fait qu'on est soi ?
Les personnages gravitant autour ne sont pas en reste, et contribuent grandement au plaisir qu'on prend à lire ce livre. Ainsi Agathe est finalement la meilleure copine qu'on aimerait tous avoir : Aussi charmante qu'envahissante, aussi généreuse qu'exaspérante, aussi rusée que tordante... Mention spéciale aussi pour Lisa qui ne fait certes qu'une apparition, toutefois grandement remarquée et dont Louise saura se rappeler à bon escient, mais qui ne manquera surtout pas de vous rappeler quelqu'un, j'en suis sûre... Mais si, elle fait équipe avec un certain David, ne voyez-vous pas... Quand on pense que Louise se demande quel métier elle peut bien exercer... Ah Louise, si seulement tu savais...! Oups, mais voilà que je m'égare !
La plume de l'auteure est fluide et dynamique, son style léger et particulièrement agréable, ce qui ne fait qu'ajouter au plaisir qu'on prend à lire ce roman.

En bref, l'auteure m'avait parlé de 250 pages "garanties qui se lisent vite"... Faux : Elles se dévorent ! Foncez donc découvrir ce petit roman drôle et original à souhait !
La Sainte Famille La Sainte Famille
Florence Seyvos   
Un roman atypique et délicat pour une rencontre qui s'annonce prometteuse : "La Sainte Famille", de Florence Seyvos, aux éditions de l'Olivier.

Le pitch : Suzanne se replonge dans son passé et ses souvenirs d'enfance, ces instants de vie qui l'ont marquée, elle et son frère Thomas... Ces étés passés chez leur grand-mère maternelle, dans cette demeure qui ne cesse de craquer... Ces promenades au bord du lac et autres sorties en compagnie de leur grand-tante qui les aime énormément... Cet instituteur particulièrement imaginatif pour ce qui est d'humilier ses élèves... Ces parents qui décident un beau jour de divorcer et de séparer les enfants...

Ayant eu le privilège de recevoir ce roman en tant que membre du Cercle des Lecteurs du Furet du Nord, le hasard a voulu que j'aie également la chance de pouvoir rencontrer cette auteure dans le cadre de Grands Entretiens organisés par le théâtre de ma ville, raison pour laquelle je me suis volontiers plongée dans ce roman si intriguant.

Pour autant je dois bien admettre que vous me trouvez fort embarrassée au moment de rédiger cette chronique, tant il m'est difficile de vous livrer mon sentiment à son sujet, ne sachant trop qu'en penser une fois la dernière page tournée. Avec d'infinies précautions doublée d'une extrême douceur, l'auteure nous entraîne ici dans un stupéfiant voyage dans le temps. Emprunt de nostalgie, les fragments de mémoire qui nous sont ici livrés de manière éparse permettent au lecteur de mener sa propre réflexion intérieure sur ses propres souvenirs, parfois anodins et qui, pourtant ,ont pu façonner sa vie et l'homme ou la femme qu'il est aujourd'hui devenu(e).
Dotés d'une certaine substance ou profondeur, et brossés avec beaucoup de soin, les protagonistes de ce récit n'ont cependant suscité chez moi aucune empathie, ne m'étant pas sentie à l'aise en leur compagnie. A défaut d'être attachants, ils se sont pourtant révélés fort intéressants, permettant au lecteur une certaine introspection lui permettant de comprendre ce qui l'a personnellement construit, tel un miroir de l'âme sous nos yeux ébahis.
Aussi délicate que soignée, la plume de l'auteure est particulièrement fluide, sensible et se révèle très agréable à lire.

En bref, une lecture à laquelle j'aurais aimé être plus sensible et réceptive. Il me tarde en conséquence d'en écouter la lecture par une comédienne dès demain !
30 ans, en théorie 30 ans, en théorie
Mathieu Narbonnet   
Un roman délicieusement décalé : "30 ans, en théorie", de Mathieu Narbonnet, chez Librinova, disponible sur Amazon.

Le pitch : Il voulait devenir astronome... Il est devenu libraire aux cotés de Bernardo, ou SuperNacho, ou Pancho Villa (appelez-le comme vous voudrez!)... Son colocataire est gay, son meilleur pote est LE parfait connard... Lui enchaîne les soirées (trop?) alcoolisées à la recherche de la femme avec qui il partagera peut-être le reste de sa vie... A l'aube de ses 30 ans, l'auteur dresse un bilan sans fioritures de ses trois premières décennies d'existence en vue d'améliorer (ou pas?) cette vie ordinaire...

C'est à la suite d'un échange avec l'auteur sur Twitter que ce dernier m'a très gentiment proposé la lecture de ce roman au titre évocateur et dont le synopsis m'a immédiatement séduite, persuadée que j'allais passer un bon moment... Gagné !

L'auteur nous plonge ici dans un univers qu'il connaît bien : Le sien... Mais aussi le mien, le vôtre... Chroniques d'un trentenaire ordinaire, tant ce texte est susceptible de parler à chacun d'entre nous. Retraçant ainsi l'histoire de toute une génération avec autant de talent que de mordant, incluant de multiples références qui raviveront inévitablement vos souvenirs à leur simple évocation, petit sourire aux lèvres en prime, l'auteur se livre à nous tel un journal intime, nous balançant toutes ces vérités qui ne manqueront pas de susciter chez le lecteur un véritable tourbillon de sentiments allant de la nostalgie à l'incontrôlable fou rire ! Et cette impression qu'on a d'avoir écouté un pote autour d'un verre en refermant ce livre... Mathieu, c'est un peu ma Bridget Jones version masculine en fait !
De ce qui précède découle un inévitable attachement pour le "personnage" principal et son entourage, qui sont finalement nos amis tant ils s'avèrent proches des nôtres, proches de nous.
L'écriture de l'auteur est fluide et rythmée, et sa plume, parfois cynique, souvent hilarante, toujours touchante, fait mouche à chaque instant.

En bref, un roman sincère et croustillant! Allez Saturne, viens m'affronter si tu l'oses !
Continuer Continuer
Laurent Mauvignier   
Plus qu’un roman, une aventure humaine bouleversante : "Continuer", de Laurent Mauvignier, aux éditions de Minuit.

Le pitch : Mère désabusée à la bien piètre opinion d’elle-même, Sybille assiste, impuissante, à la déshérence de son fils Samuel, dommage collatéral d’un mariage raté et d’un divorce malheureux. Refusant l’inévitable destruction de ce fils qu’elle perd un peu plus chaque jour, elle se lance dans le projet, très courageux mais un peu fou, de partir avec lui pendant trois mois à cheval dans les montagnes du Kirghizistan, pour lui permettre de se retrouver, se reconstruire et renouer avec lui un dialogue depuis longtemps rompu… Tentative inespérée d’une mère désespérée de sauver son fils comme elle n’a pu le faire pour elle-même…

Membre du Cercle des Lecteurs du Furet du Nord, c’est dans ce cadre que j’ai eu l’immense privilège de recevoir ce roman à la couverture simple et au titre laconique. La quatrième de couverture a définitivement suscité mon intérêt, et c’est donc avec plaisir et curiosité que je me suis plongée dans ce formidable roman.

Avec autant de simplicité que de sensibilité, l’auteur nous entraîne ici au cœur d’un voyage à double sens : tout d’abord un périple époustouflant au fin fond des terres kirghizes, dont les sublimes descriptions nous révèlent, avec une justesse désarmante, l’environnement rude dans lequel évolue un peuple simple et avenant, où l’hospitalité est une évidence en dépit de conditions de vie souvent précaires, authentique et heureux avec ce qu’il a. Mais c’est aussi une quête intérieure de chaque personnage, parti à la découverte de soi pour se retrouver, se reconnaître, se reconstruire et se révéler.
Mais la rencontre entre les personnages et le lecteur permet à ce dernier de comprendre dès les premières pages que cette aventure ne sera pas de tout repos, qu’il s’agira bien plutôt d’un parcours parfois plaisant mais aussi périlleux, semé de joies et de peines, de réussites et de chutes, de bonnes et de mauvaises rencontres… Une intrigue riche, remarquablement construite et maîtrisée, belle métaphore de la vie en somme…
Remarquablement étoffés et approfondis, nos protagonistes constituent justement la vraie force de ce roman et nous livrent une magnifique leçon d’amour, de courage, de tolérance. On ne peut en effet que s’émouvoir du combat de cette femme que la vie n’a pas épargné, pourtant promise à un bel avenir avant une dramatique descente aux enfers, blessée dans son corps, son cœur et son âme, sans cesse bafouée, humiliée, ayant depuis longtemps baissé les bras pour elle-même, et qui pourtant se réveille, pleine de fougue, de courage et de volonté par amour pour ce fils qui la rejette inexplicablement.
On peut en outre relever la forte présence des chevaux, braves et fidèles compagnons de route de nos protagonistes qui vont les accompagner bien plus loin qu’on ne peut le penser, pour aboutir à un chapitre 49 qui m’a personnellement déchiré le cœur.
C’est bien la plume de l’auteur qui permet autant de beauté dans ce roman. Le souci du détail apporté par l’auteur est en effet impressionnant, que ce soit pour les paysages dont les descriptions sont à couper le souffle, ou au contraire pour des scènes anodines, du quotidien, et pourtant captés avec autant de minutie, à l’instar de ce fameux robinet qui goutte et qu’on ne remarque pas jusqu’à un soir de déprime où il peut vous rendre fou… Tout est ici crédible, authentique et pourtant traité avec pudeur et respect.

En bref, plus qu’un roman, un petit diamant brut de cette rentrée littéraire.
Ce qui reste de la nuit Ce qui reste de la nuit
Ersi Sotiropoulos   
Une invitation à la poésie : "Ce qui reste de la nuit", d’Ersi Sotiropoulos, aux éditions Stock.

Le pitch : Voyageant depuis un mois et demi à travers l’Europe, Constantin Cavafy et son frère John font escale à Paris, en pleine affaire Dreyfus. D’origine grecque mais ayant vécu entre Liverpool et Constantinople avant de rejoindre Alexandrie, ayant souffert de la faillite de sa famille qui l’a conduit à vivre dans la précarité durant son enfance, ce jeune homme ambitionne ardemment de devenir un poète reconnu par ses pairs. Profitant d’une rencontre avec Nicos Mardaras pour tenter d’approcher l’influent Jean Moréas à qui il a envoyé deux de ses poèmes, trois mots de ce dernier ne manqueront cependant de remettre en cause ses espoirs, résonnant telle une sentence lapidaire aux oreilles et au cœur du jeune poète qui, déjà tourmenté, va dès lors les ressasser jusqu’à l’obsession…

Membre du Cercle des Lecteurs du Furet du Nord, c’est dans ce cadre que j’ai eu l’immense privilège de recevoir ce roman dont le titre comme la couverture se révèlent intrigants.

Ce roman m’a permis de faire la connaissance de Constantin Cavafy, poète d’origine grecque qui a réellement existé. Très peu connu de son vivant, il semble désormais avoir acquis une certaine notoriété dans la littérature grecque du XXème siècle.

Avec un talent remarquable, l’auteur nous permet ici de découvrir cet auteur et plonger dans les affres de sa création. Soutenu par une écriture particulièrement soignée et soulignant à merveille la poésie évoquée, je n’ai cependant jamais réussi à pénétrer ce roman tant j’ai ici manqué d’empathie pour ce personnage pourtant intéressant.
Tel un de nos poètes maudits, cet homme, déjà tourmenté par une enfance douloureuse, une mère envahissante et une sexualité qu’il semble difficilement assumer, vit pleinement sa poésie, obsédé qu’il est d’atteindre la perfection et le niveau de ses maîtres. Jamais satisfait et particulièrement soupe au lait, il n’aura dès lors de cesse de créer en s’inspirant de tout ce qui l’entoure, de remanier ses textes jusqu’à l’excès, et d’en détruire un bon nombre sur un coup de tête tant il doute de lui-même.

En bref, un rendez-vous que je regrette d’avoir manqué mais qui fera sûrement le bonheur des amoureux de la poésie.
La mésange et l'ogresse La mésange et l'ogresse
Harold Cobert   
Un roman tant prenant que poignant : "La Mésange et l'Ogresse" de Harold Cobert, aux éditions PLON.

Le pitch : "Pour mémoire - Roman du réel. Si ce livre est basé sur "l'affaire Fourniret", s'il suit au plus près les faits tels qu'ils ont été révélés lors du procès, cet ouvrage est avant tout une œuvre de fiction. Par l'angle intime et intérieur qu'il permet, le roman aide à comprendre des personnes, des mœurs, une société" [...] Hormis certaines phrases, les pensées et les propos prêtés à Monique Olivier et à Michel Fourniret ainsi qu'aux différents personnages de cette histoire relèvent de la pure invention et de la seule création littéraire".

Il n'est malheureusement nul besoin de rappeler les horreurs perpétrées par le tristement célèbre Michel Fourniret, surnommé l'Ogre des Ardennes, arrêté en Belgique le 26 juin 2003 et condamné en 2008 à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 30 ans. Mais le traitement qu'en fait l'auteur force au respect et à l'admiration.

Avec un talent exceptionnel, l'auteur nous fait revivre ici les heures sombres d'une enquête hors du commun, et nous amène au plus près des époux Fourniret, couple diabolique d'une des affaires les plus marquantes de notre époque qui a particulièrement défrayé la chronique. Principal protagoniste de cette affaire sordide, l'auteur choisira pourtant de ne pas (ou si peu) donner la parole à Michel Fourniret, pour concentrer tous ses efforts sur l'énigmatique et incompréhensible Monique Olivier épouse Fourniret.
Alternant avec beaucoup de subtilité les récits, le lecteur se voit contraint d'assister au piège qui se referme sur chacune des victimes de Michel Fourniret, que l'auteur décrit avec un effroyable réalisme. Il est ensuite entraîné aux côtés des policiers lors des différentes auditions de Monique Fourniret, et devient alors le témoin de cette terrible lutte silencieuse qui s'instaure lentement mais sûrement entre le Commissaire et cette femme qui ne cesse d'étonner par sa froideur et son calme. Puis il en vient à partager les pensées de ces deux protagonistes, pénétrant dès lors au plus profond de l'intimité de chacun d'eux : celles de ce Commissaire courageux et acharné, prêt à mettre en péril sa santé pour venir à bout de cette enquête et faire éclater la vérité, mais surtout celles de l'esprit torturé et malsain de Monique Fourniret, peut-être plus monstrueuse que le monstre elle-même, dévoilant peu à peu cet impressionnant lien qui l'unit à son mari dans une effrayante complicité. Et alors même qu'il lui est impossible d'oublier la triste réalité et le dénouement de cette affaire, le lecteur se voit pourtant soumis à une tension palpable, un suspense implacable, angoissé à l'idée qu'un tel monstre puisse passer entre les mailles du filet judiciaire grâce au silence de cette femme.
Et c'est justement elle qui se retrouve finalement au cœur de ce roman. Sans jamais manquer de tact, sans jamais tomber dans le voyeurisme ou l'excès, l'auteur tente de percer à jour cette insondable épouse dont le statut change au fil de l'enquête, en dépit de ses silences qui ne bernent en rien la perspicacité du Commissaire. De simple témoin, elle passe rapidement à complice et même - c'est là que tout le travail fourni par l'auteur impressionne - à celui, sérieusement envisageable, d'inspiratrice de la folie de son mari, l'Ogresse manipulant son Ogre des Ardennes... Qu'elle fera finalement tomber, craquant subitement devant ce courageux policier qui a mené cette rude enquête d'une main de maître malgré ses doutes et ses problèmes, et a fini par remporter cette guerre des nerfs qui se jouait dangereusement avec ce couple.
Renforcé par le style de l'auteur aussi cru que percutant, cette plume vive et précise, ce roman fera passer son lecteur par moult sentiments, du trouble à l'effroi, du doute à la colère, de la pitié à l'écœurement.

En bref, un récit aussi passionnant qu'horrifiant, dont on ne peut sortir indemne.
Des nouvelles des morts Des nouvelles des morts
Stéphane Boudy   
Un recueil de nouvelles bien curieux: "Des nouvelles des morts", de Stéphane Boudy aux éditions Gunten, disponible sur Amazon.

Le pitch: La Mort. Personnage à part entière de notre vie, la mort se vit de bien des manières... Entre ce résistant qui la sent s'approcher, ce groupe de jeunes qui l'embarque dans ses pérégrinations vers l'Est, ou encore cet orphelin qui affronte celle de ses parents en venant au secours de son prochain... Oui, chacun l'appréhende décidément à sa façon...

Découvert par hasard sur Twitter, c'est à la suite d'un échange avec cet auteur fort sympathique que ce dernier a eu l'extrême gentillesse de m'envoyer ce recueil, me permettant ainsi de me plonger volontiers dans ces intrigantes nouvelles...

Chers passagers, embarquez à bord du train de la Vie qui vous mènera vers cette inéluctable destination qu'est la Mort. Car c'est bien de cela qu'il s'agit ici tout au long de ce recueil.
Débutant sur un prologue, écrit d'une autre main et présentant le sujet avec autant de justesse que d'élégance, ce recueil nous confronte à la mort sous tous ses aspects, aux morts qui l'ont connue et aux vivants qui la côtoient, avant de s'achever sur une nouvelle qu'on sent bien plus intimiste, nous permettant ainsi de nous glisser dans les pas de l'auteur lui-même pour mieux comprendre sa propre vision des choses...
S'agissant pourtant d'un sujet délicat, l'auteur le traite avec subtilité et délicatesse, faisant ainsi passer son lecteur par moult sentiments et émotions, conformément à ce que nous promet cette couverture et ce titre si judicieusement choisis, tellement révélateur de la difficulté du travail de deuil pour ceux qui restent...
De longueur et profondeur certes inégales, les nouvelles s'enchaînent et ne se ressemblent décidément pas, ce qui permet au lecteur d'effectuer ce curieux voyage sans jamais se lasser...
La plume de l'auteur fluide et soignée, soutient avec brio la finesse de ces nouvelles.

En bref, un petit recueil de nouvelles... Mortel!
Marathon men Marathon men
Flo Renard   
Parce qu'il n'est pas besoin de fioritures pour rendre une histoire magnifique : "Marathon Men", de Flo Renard, disponible sur Amazon.

Le pitch : C'est une rencontre plutôt percutante et inattendue dans les rues de Marseille qui va rapprocher Gwenaël, jeune Bordelais fraîchement largué et licencié, et Victorien, jeune homme rayonnant et croquant la vie à pleines dents malgré son handicap... Une rencontre percutante oui... Qui va sans nul doute bouleverser leur vie à jamais...

Voilà bien peu d'éléments, j'en conviens, mais est-il seulement nécessaire de vous en dévoiler davantage lorsque l'essentiel se trouve sous vos yeux ? Ayant eu un véritable coup de cœur pour son premier roman paru sous le titre "Aux petites heures de la nuit", c'est avec un immense plaisir que je me voyais offrir le second au format papier dédicacé par l'auteure elle-même... Mais, je peux bien vous l'avouer désormais, l'enthousiasme cédait vite la place au scepticisme lorsque je découvrais qu'il était une nouvelle fois question de handicap et d'homosexualité mêlés autour d'une tendre histoire d'amour... Si ces éléments constituaient admirablement la trame du premier roman, gagnant brillamment un pari qui s'annonçait pourtant risqué, l'idée même de renouveler l'expérience me semblait complètement folle... Aussi dois-je admettre avoir laissé traîner ce roman... Traîner encore... Traîner toujours... Tant et si bien qu'il finissait pas se retrouver noyé dans ma monstrueuse PAL, puis odieusement expulsé de ma mémoire... Avant de revenir s'échouer sur le bord de mes souvenirs par un beau matin de la fin avril... Tournant autour comme on peut tourner autour d'un pot, je me suis finalement lancée... Et que de regrets d'avoir tant attendu...

C'est un beau roman... C'est une belle histoire... C'est une romance... D'aujourd'hui... En effet, bien loin de son premier roman, l'auteure parvient à réunir ces mêmes ingrédients d'une redoutable force, pour nous livrer une toute autre histoire ô combien passionnante, aussi simple qu'elle est belle à souhaits. Telle une conteuse à l'indéniable talent, l'auteure nous invite à la rencontre de nos deux jeunes héros qu'elle prend soin de nous présenter avant de nous entraîner à leur suite dans le tourbillon de leur vie. Avec autant de douceur que de sincérité, autant de finesse que de sensibilité, l'auteure nous offre un bien beau récit, véritable leçon d'optimisme, de tolérance, de fraicheur et de bonne humeur... Autrement dit une formidable leçon de vie que tout un chacun devrait retenir. Irrémédiablement conquis, le lecteur dévore avec plaisir les pages de ce roman d'amour bourré d'humour pour n'en faire qu'une bouchée.
Véritable pilier sur lequel repose ce magnifique récit, l'auteure nous offre cette fois le plaisir de faire connaissance avec deux sympathiques jeunes hommes, foncièrement différents mais identiquement attachants. Guignards de compétition, tout deux vont se rencontrer et se découvrir, se chercher et se trouver autour d'une même activité qu'est la course. Cet amour fort et sincère qui les unit va nous émouvoir et nous ébahir tant il va se révéler salvateur et annonciateur de biens beaux évènements. Sachant pertinemment que la vie n'est pas un cadeau et qu'ils ne sont pas au bout de leurs épreuves, chacun va puiser le soutien nécessaire en l'autre pour en faire une véritable force, ce qui aura pour conséquence de les transformer et leur offrir une nouvelle vie voire même une renaissance au fur et à mesure que les chapitres défilent.
Une fois encore la plume est légère et soignée, fluide et délicate, ce qui contribue à rendre cette lecture particulièrement plaisante et agréable.

En bref, je regrette d'avoir tant tardé à me plonger dans cette formidable histoire qui s'achève comme elle a commencé sur la belle et adorable Milla... Vous comprendrez mon propos en vous plongeant SANS ATTENDRE dans cette douce romance !
Le Sens du Sacrifice Le Sens du Sacrifice
Philippe Fuzellier   
Un polar machiavéliquement bien pensé : "Le Sens du Sacrifice", de Philippe Fuzellier, paru chez Mon Petit Editeur.

Le pitch : Alors qu'Eric Dampierre, Commissaire de Police et profiler au 36 Quai des Orfèvres, prend quelques jours de congés pour rendre visite à sa mère hémiplégique, ce dernier est contacté par le Capitaine Evelyne Soulat à St Etienne, qui requiert son assistance afin de résoudre l'enquête sur le meurtre de Mohamed Ismoura, 42 ans, célibataire et sans profession, retrouvé dans un cimetière de voitures, étranglé puis égorgé, la main tranchée et introuvable. Arrivé sur place, le Commissaire décide de reprendre l'enquête depuis le début avec le Capitaine et son équipe. Mais les cadavres commencent à s'empiler, à Tours, puis Clermont Ferrand, et Roanne... Alors que le temps presse, le Commissaire Dampierre va devoir user de toute sa perspicacité pour résoudre cette enquête hors norme...

Découvert après avoir été contacté par son auteur sur Twitter, ce dernier m'ayant gentiment proposé deux de ses manuscrits avant leur parution, je me suis volontiers plongée dans ce roman policier dont le synopsis m'intriguait décidément beaucoup et qui s'est révélé à la hauteur de mes attentes !

L'auteur nous entraîne ici au cœur d'une enquête complexe, incroyablement solide et bien ficelée. Le rythme s'accélère au fur et à mesure des chapitres, ce qui accroît le sentiment de réalisme prégnant durant toute la lecture. Le suspense est brillamment maintenu tout au long du roman, l'auteur ayant habilement glissé quelques fausses pistes au fil des chapitres pour semer le doute dans l'esprit de son lecteur avant de lui asséner un dénouement totalement imprévisible et stupéfiant.
Les personnages sont réalistes et intéressants, et plus particulièrement ce Commissaire en charge de l'enquête qu'on apprend d'abord à connaître sur le plan personnel avant de le voir évoluer dans son milieu professionnel.
Le style est soutenu et soigné, La plume très agréable, ce qui ne fait qu'accroître le plaisir de lire ce roman.

Bref, un polar original et intelligent !