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Désunion nationale - La légende noire des soldats du Midi



Description ajoutée par x-Key 2011-03-20T15:55:55+01:00

Résumé

Le 21 août 1914, près de Nancy, le XXe corps, un bataillon lorrain, et le XVe, composé en majorité de soldats marseillais, se voient confrontés à un terrible tir de barrage de l'artillerie allemande. En quelques heures, les troupes engagées sont décimées : dans certaines compagnies, on compte 80 % de pertes. C'est la retraite, catastrophique, et la fin du plan de campagne de Joffre : les Allemands déferlent par les plaines du nord et la Picardie. Dans ces premières semaines de guerre où tout se joue, l'État-major et le gouvernement cherchent des boucs émissaires. Ce seront les soldats du Midi. En pleine Union sacrée, l'antagonisme resurgit, viscéral, entre la France du nord et celle du Sud, nourri de préjugés racistes issus du XIXe siècle et diffusés jusque dans la littérature populaire comme en témoigne la figure de Tartarin de Tarascon. L'affaire du XVe corps empoisonnera les esprits pendant toute la durée du conflit, provoquant à Paris interpellations à la Chambre, démissions et règlements de comptes politiques, et dans les tranchées humiliations, persécutions, voire exécutions arbitraires contre des combattants accusés d'être, par nature, de mauvais patriotes.

Un essai d'histoire culturelle : un épisode méconnu et toujours controversé de la Grande Guerre, revisité à travers le prisme des théories racistes et des préjugés ethniques du XIXe siècle.

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Classement en biblio

Extrait

« Le XVe corps n'a pas tenu sous le feu » - Août 1914. Tout est prêt pour le grand massacre. L'état-major se félicite d'une mobilisation sans défaut et, comme en 1870, pourrait prétendre qu'il ne manque pas un bouton de guêtre. Le plan de campagne, élaboré par le général Joffre, a pourtant de quoi susciter quelques objections. En effet, il n'est pas certain que se lancer à l'assaut de l'Alsace et de la Moselle, sur des positions fortifiées par les Allemands depuis quarante ans, soit la meilleure des stratégies. Mais le culte de l'offensive, de l'élan généreux, baïonnette au canon, et la foi dans l'ardeur du soldat français, balayent toutes les oppositions. Joffre est idolâtré par la France entière et personne n'ose douter de son génie militaire. Et puis, tout commence idéalement : le 7 août, Mulhouse est prise sans grand effort, et l'offensive se poursuit jusqu'au 19, pour atteindre les faubourgs de Colmar.

Mais le repli des Allemands est purement tactique : leur contre-offensive oblige les Français à battre précipitamment en retraite. Qu'à cela ne tienne, il reste la carte de la Moselle. Plusieurs jours durant, trois corps d'armée, le XXe de Nancy, le XVe de Marseille et le XVIe de Montpellier, s'enfoncent donc en territoire ennemi, en direction de Dieuze et de Morhange, tandis que les Allemands se dérobent curieusement au combat. Le 21, le piège se referme sur des Français trop confiants : l'artillerie lourde se déchaîne, les pantalons rouges sont écrasés par des forces supérieures en nombre. C'est la retraite catastrophique sur le Grand Couronné de Nancy, l'invasion du pays, la fin du plan de campagne de Joffre. Plus rien ne peut s'opposer aux soldats du Kaiser qui, après avoir bousculé les forces belges, s'apprêtent à déferler par les plaines du nord et de Picardie.

Tandis que le spectre de la défaite se profile, la nervosité gagne le ministère de la Guerre et l'état-major, où Joffre cherche un bouc émissaire pour ne pas endosser la responsabilité du drame qui s'annonce. Il ne tarde pas à le trouver : non, ce n'est pas sa stratégie qui fut inopérante, mais les hommes qui ne l'ont pas exécutée convenablement. Maudits soldats qui n'ont pas été assez courageux pour tenir sous le bombardement !

Revenant sur l'effondrement de son plan de campagne, Joffre explique au ministre de la Guerre Adolphe Messimy que les soldats français « n'ont pas montré en rase campagne les qualités officielles que nous avaient fait espérer les succès partiels du début ». Plus encore, il livre des coupables à la colère du ministre : les mauvais soldats du beau pays de Provence. Le XV corps, en effet, « n'a pas tenu sous le feu et [...] a été la cause de l'échec de notre offensive ». Furieux, décidé à faire un exemple, quitte à clouer au pilori toute une région, Messimy dicte un article à son ami, le sénateur Gervais, et le charge de le publier dans les colonnes du Matin, l'un des plus grands journaux contemporains.

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Date de sortie

Désunion nationale - La légende noire des soldats du Midi

  • France : 2011-02-09 - Poche (Français)

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