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Bibliothèque de Do : Liste d'Or

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Meucs Meucs
Terry Bisson   
Lu en 2005, je me suis promise de relire (un jour) ce choix de nouvelles de SF, dont l'ensemble m'a laissé un fort agréable et savoureux souvenir. Quinze histoires (écrites entre 1990 et 2003) à la verve inventive toute personnelle de T. Bisson : satiriques ou au humour noir, frôlant souvent l'absurde, voir le loufoque et parfois... parsemées de touches poétiques... comme, p.e., dans la dernière nouvelle (plus Fantasy) du recueil : "Les Ours découvrent le feu" (prix Hugo, Nebula et Th. Sturgeon Award).

Mais me sont particulièrement restée en mémoire :
"Meucs" (Grand prix de l'imaginaire, Nebula et Locus)... récit dans lequel l'Etat fait cloner 168 fois un terroriste afin que les familles des victimes puissent, par loterie (le "vrai" étant compris dans le lot), se procurer un exemplaire pour la mise à mort de leur choix... Inutile de préciser que Bisson, en tant que humaniste reconnu, milite ici contre la peine de mort.

"L'Angleterre lève l'ancre"... dérive... et s'approche (!) de l'Irlande. le rythme plutôt lent de cette nouvelle s'accorde bien avec le fameux flegme britannique.

"Suivant !" : sur une terre où la couche d'ozone s'est encore agrandie, la mélanine de la population noire est déclarée patrimoine génétique nationale et les noirs, n'ayant plus le doit de se marier entre eux, doivent désormais s'accoupler uniquement avec des blancs... Un texte de satire par excellence !

Comme c'est souvent le cas dans les recueils, les récits sont certes de appréciabilité inégale, mais il est tout aussi frappant que Bisson n'écrit pas pour ne rien dire !

par Do
Need Need
Joelle Charbonneau   
NEED est un nouveau réseau social qui propose aux lycéens dans une petite ville américaine de leur procurer ce dont ils ont envie ou besoin en échange d'un absolu anonymat et quelques "missions" parce qu'on n'a -évidemment- rien pour rien !
Or, si au départ ces commissions sont ou semblent anodines, elle prennent rapidement une ampleur assassine...
Ce thriller YA montre clairement l'étendue des médias sociaux et permet d'observer les éventuelles conséquences d'un monde matérialiste. Si beaucoup de ces lycéens estiment qu'un nouvel ordinateur, appareil de musculation ou le dernier cri en matière de smartphones leur est indispensable, seule Kaylee a réellement besoin d'un rein à greffer pour son jeune frère malade.
Elle est la protagoniste par laquelle est véhiculée l'histoire qui pose la question de savoir jusqu'où on est prêt à aller pour obtenir quelque chose. Un brin agaçante au début, on s'attache néanmoins à cette fille de 16 ans, plus déterminée et plus intelligente que la plupart des autres personnages souvent dépeints comme nombrilistes.
Dans les courts chapitres qui s'enchaînent, les changements constants de personnes permet aussi de moduler les perspectives et de faire monter habilement le notable suspense.
En tant qu'adulte je suis parfois restée ébahie devant la stupidité de certains jeunes, j'ai également deviné très vite qui était le marionnettiste ou encore pour quelle raison le père de Kaylee avait abandonné sa famille... et malgré la fin qui ne répond (volontairement ?) pas à toutes les questions, finir au plus vite ce livre au très bon suspense était pour moi un besoin (!) impératif.

par Do
La Saison de la sorcière La Saison de la sorcière
Roland C. Wagner   
Lu, il y a une petite dizaine d'années, ce livre d'anticipation fantastique d'un auteur de SF française (hélas ! décédé en 2012), m'avait bien séduit. Repêchant les bribes de l'histoire dans mes souvenirs (avec l'aide de notes retrouvées dans un vieux cahier), voici ce que ma mémoire m'a soufflé...

Dans notre monde de demain, des changements géopolitiques ont quelque peu changé la donne. La Chine s'est emparée de la Mongolie, l'Inde et la Mexique sont en ébullition sous les feux des révoltés, et la France est de nouveau occupée... par les Amerloques ! Mais au chaos ambiant se rajoutent des interventions terroristes, de surcroît, surnaturelles : un espèce de ptérosaurien géant enlève la Tour Eiffel, les grandes statues de Mao viennent à la vie, Godzilla ressuscité s'énerve au Japon...
Les Yankees décident alors que "ça suffit !" et recrutent à droite et à gauche, de gré ou de force, chaque pékin, possédant de près ou de loin des pouvoirs magiques. C'est ainsi qu'ils mettent la main sur une bien étrange sorcière...
Entretemps la France s'est réveillée et un "Front de la libération" compte bien piétiner les orteils trop longs des soldats ricains...

Cette fiction politico-satirique jubilatoire (de 2003) brocarde sur les thèmes toujours d'actualité aujourd'hui : le terrorisme international, l'ultralibéralisme, les adolescences difficiles dans les quartiers "sensibles" (où l'auteur a vécu) et surtout le dirigisme d'Oncle Sam qui met son grain de $el partout !

l'intrigue tumultueuse et imaginative m'avais "charmée" et j'avais bien rigolé à chaque gnon que les etazuniens se prenaient sur le pif !

par Do
Les beaux étés, tome 1 : Cap au sud ! Les beaux étés, tome 1 : Cap au sud !
Zidrou    Jordi Lafebre   
Une BD familiale et road-trip, dans les années 1970, en 4L de Bruxelles jusqu'en Auvergne par les petites routes et nationales, qui m'a rappelée mes propres souvenirs d'enfance et de vacances en famille, dans les seventies : les chansons qu'on chantait à tue-tête, les pique-niques -avec et sans bestioles qui piquent-, les "bonnes" petites disputes de la fratrie, qu'on aimaient tant et qui agaçaient nos parents...
Un album qui peut remplacer chaleureusement le soleil quand il nous fait défaut, bien que les nuages dans cette histoire ne sont pas absents de l'horizon azuré : une mésentente entre les parents, une tante (et belle-sœoeur) aimée bien malade... Mais on retient au final que les scènes cocasses de cette famille belge un brin loufoque et la tendresse que les parents comme les quatre enfants savent se témoigner. C'était un bon moment de lecture.

par Do
La Petite Fille en Rouge La Petite Fille en Rouge
Roberto Innocenti    Aaron Frisch   
Tout le monde (ou presque) connaît le Chaperon rouge.
Des contes contemporains et livres d'images dans lesquels auteurs et illustrateurs ont fait traverser quelques siècles à cette petite étourdie, pour la transposer dans notre monde, dit "moderne", il en existe quantité. Cet album en fait partie.

Sophia habite avec sa mère et petite soeur dans un immeuble quelconque, situé dans une très grande ville. Sa maman lui a demandé d'apporter quelques biscuits et oranges à sa grand-mère souffrante et Sophia se met en route. Pour arriver jusqu'à chez sa mamie, habitant à l'autre extrémité de la ville, Sophia doit passer d'un bout à l'autre l'immense centre commercial "The Wood". Or, elle se laisse distraire par une vitrine alléchante et prend alors la mauvaise sortie. Elle se retrouve ainsi dans un quartier défavorisé où des petits délinquants l'acculent dans une ruelle, à moins qu'un chasseur souriant de toutes ses dents lui vient à l'aide ?...mais, vous connaissez l'histoire !...enfin, vous croyez (!) la connaître.

Ce n'est pas le texte, quasi minimaliste, d'Aaron Frisch qui donne corps et essence à ce livre, mais bien les illustrations grouillantes d'une multitude de détails de Roberto Innocenti. Ce sont les images qui racontent "l'histoire", que Sophia ne fait que parcourir tel un fil d'Ariane. Ces images qui nous content l'agressivité de la vie urbaine avec son trafic, les publicités omniprésentes, la surconsommation, les quartiers sordides, la petite criminalité...
La lecture de cette critique de société demande un oeil attentif et un esprit analytique dont peu d'enfants en-dessous de 8 ans sont capables...parce que la violence présente dans certains dessins, eh bien, ils la connaissent déjà !

par Do
Plus de morts que de vivants Plus de morts que de vivants
Guillaume Guéraud   
Je soupçonne G. Guéraud de bien aimer les films d'horreur série B, genre "massacre à la tronçonneuse" ou "saw"... ce n'est pas un reproche, je m'en délecte aussi de temps à autre. Sauf qu'ici dans ce collège aux portes fermées à Marseille, ce n'est pas l'homme qui écharpe mais un virus foudroyant qui tue avec une extrême vélocité. L'histoire qui s'étire sur 24 heures vomit des faits sanglants, désossants, pourrissants, baveux, glaireux, pustuleux... entrecoupés par des flashs-info et échanges téléphoniques qui soulignent aussi bien les inepties que l'impuissance des autorités administratives et médicales devant le désastre épidémique. Un livre Gore à ne pas déposer entre les mains d'âmes émotionnables, d'autant que le style est très visuel (et méphitique !). Une écriture renforcée par le mitraillage de courtes phrases cadencées et le staccato de mots en enfilade ("La peur inaltérable-inébranlable-indéboulonnable") qui font monter la tension.
Or, rarement un récit (dans une collection pour ados) a su décrire de manière aussi méritante la véritable peur, pas seulement la terrible angoisse devant la maladie, la mort, la perte d'un être aimé, mais surtout la terreur grandissante, créant un gouffre de désespoir, qui détermine avec certitude qu'on ne survivra pas. La fin, peut-être un peu trop brusque, suggère que la violence, fortuite où consciemment gouvernée, peut se cacher absolument partout...Quant à savoir si l'espoir est permis... référez-vous au titre.

par Do
Vertige Vertige
Franck Thilliez   
Il s'en est fallu de peu pour que ce soit un putain de très bon bouquin! Il n'en reste pas moins que c'est un très bon thriller.
Écriture est parfaite, le livre se lit plutôt vite et sans soucis. ça y va crescendo. Plus on avance dans l'intrigue et plus la tension monte, plus on se sent pris au piège. On passe par tout un tas d'émotions diverses. Certains scènes sont assez "hard" (notamment celle du chien pour moi :/) Il arrive à nous faire aimer ces gens, puis douter d'eux, les haïr, puis en avoir pitié. Cela dit, vers les 50/60 dernières pages, c'est comme s'il tombe un peu dans un "déjà vu" (un passage fait carrément référence au premier film SAW) J'aurais peut-être souhaité aussi une autre fin, mais celle-ci est plutôt pas mal et totalement insoupçonnée.
Bref un très bon thriller. Et c'est assurément que je vais me faire d'autres Thilliez :)
Le Camp Le Camp
Christophe Nicolas   
Le Camp est un livre qui commence comme un thriller, dérive rapidement vers des faits qu'on peut supposer fantastiques et prend ensuite un nouvel tournant pour se diriger vers la SF. Ici aussi, l'auteur utilise un langage sobre sans fioritures et des chapitres courts pour tenir notre intérêt en alerte. Jouant habilement sur ce qui peut se cacher derrière des "portés disparus", en y rajoutant un zeste détourné de Star Wars, des éléments qui font penser aux faits historiques horribles d'une guerre du siècle dernier et un amour inconditionnel... on obtient une histoire surprenante et captivante dans laquelle il faut se laisser porter sans se poser des questions pour aboutir à une fin (peut-être un peu trop précipitée et)... terrible !

par Do
Stairways to hell Stairways to hell
Thomas Day   
"Quand on réunit trois des textes les plus violents qu'on ait jamais écrits pour en faire un livre à ne pas mettre entre toutes les mains, où la violence est omniprésente, où l'érotisme ne cesse de céder la place à la pornographie la plus pure, il faut sans doute, pour ses proches, les gens qui vous aiment, donner quelque explication"
Ce sont les mots de Thomas Day dans l'avant-propos de ce livre qui inclue trois nouvelles noires, sombres, dantesques. Il met au clair pourquoi : "je me débarrasse par l'écrit de mes ténèbres comme on vide un abcès de son pus."
Cette sanie de la vie qui a marqué les (anti-?)héros de ces récits qui s'appellent Tom et Thomas et qui recherchent l'Amour après la forclusion.

La 1e nouvelle "Extermination Highway" se déroule dans le Montana et est portée par une atmosphère fantastique. Tom Wolf se retrouve en prison pour un crime raciste. Il en sort plusieurs années plus tard, physiquement indemne avec sa haine des autres toujours intacte. Pendant tout ce temps il s'est senti protégé puisqu'il se considère comme le "Seigneur des loups". Au cours de son intégration sociale, Tom va côtoyer une amérindienne qui va lui révéler, d'une façon pour le moins douloureuse, qui est ce "Seigneur des loups", en vérité...

"Dirty Boulevard" : Quand au courant d'une soirée gothique dans les catacombes de Paris, Thomas Schuller, médecin urgentiste, fait la connaissance de l'énigmatique Maneki Neko, il est loin de douter que la "Transgression" dont elle lui parle, n'est pas une simple partie de "jambes en l'air" pour tromper sa femme. "Ce n'est pas de la transgression que vient le plaisir, mais comme dans tout autre activité, de la quête." lui-explique Maneki Neko. Là-dessus elle disparaît et Thomas va suivre un itinéraire parsemé de drogues, de whisky et de porno, afin de retrouver Maneki Neko...cette sorcière...
... C'est la nouvelle que j'ai le moins apprécié , non pas pour ses références pornographiques précises, mais bien à cause de son ambiance trop hallucinatoire, à mon goût.

Le titre du livre renvoie à la troisième novella : "Punishment Park".
L'entourage et la copine de Thomas croient qu'il est un grand écrivain après l'énorme succès de son roman sur une junkie : "Eddie". En réalité, Thomas a volé ce texte au fantôme qui hante désormais ses pensées : Eddie. Et Eddie lui a promis l'enfer. À moins que Thomas puisse aimer...réellement aimer une femme !
... Dans cette dernière histoire la violence atteint son paroxysme et mon coeur est remonté au bord de mes lèvres quand j'ai "vécu", avec Thomas, l'amour qui va le délivrer.

Le langage de l'auteur est brutal, percutant, fascinant dans sa violence et sa virulence. En même temps, Th. Day sait "sculpter" son texte à un point que les images s'imposent immédiatement à vous. C'est le pouvoir d'un style "coup-de-poing"...mais non exempt de poésie. de même que ses personnages, malgré leur violence, restent terriblement humains...
Parce que nous avons tous nos démons intérieurs. Et les démons sont incapables de s'exprimer en langage séraphique...

par Do
Dragon Head (Édition double), Tome 1 Dragon Head (Édition double), Tome 1
Minetaro Mochizuki   
https://jukeboxcornerblog.wordpress.com/

Dragon Head se veut avant tout un manga catastrophe. Les trois adolescents survivants de l'accident vont être confrontés à l'horreur immédiate de leur situation: le tunnel est obstrué des deux côtés, ils sont entourés de cadavres (ceux de leurs camarades et amis qui plus est), il fait terriblement chaud, il n'y a pas une once de lumière, et vivres et eau pourraient vite leur manquer si les secours n'interviennent pas rapidement.

A travers ces trois ados, Minetaro Mochizuki nous propose autant de façons différentes de réagir à cette situation de crise extrême. Tous sont en état de choc, évidemment, mais ils ne gèrent pas le stress et l'angoisse de la même manière.

Teru, avec qui nous avons pris connaissance des conditions de l'accident, essaie de rester solide, lucide et rationnel, s'autorisant des plongées dans la normalité de son quotidien familial pour garder un ascendant positif, aussi minime soit-il. Nobuo, lui, se laisse dévorer par la peur et perd pied peu à peu. Ako, quant à elle, semble vouloir s'en remettre à ses deux camarades masculins, incapable de gérer dans les situations de stress et d'angoisse, souffrant visiblement de narcolepsie.

Dans ce huis clos oppressant qu'est ce tunnel rempli de cadavres, d'obscurité et de petits bruits incessants, le temps passe et l'espoir de revoir le jour et la vie normale s'amenuise. Difficile d'occulter les peurs primales qui resurgissent du plus profond de l'être, héritage atavique de l'espèce humaine: la peur de ce qui est tapi dans l'obscurité, celle d'être enterré vivant ou encore de mourir lentement de faim...

Et tandis que chacun y fait fasse avec plus ou moins de succès, une paranoïa ambiante progresse, nourrie par la fatigue et l'angoisse qui se lisent en permanence sur les traits tirés et les pupilles dilatées des adolescents, flirtant dangereusement avec la folie.

Une folie qui les dépouille peu à peu de toutes les règles et convenances de la société civilisée, bien inutiles dans un contexte de survie, promettant à terme un retour à l'instinct primaire où la loi du plus fort prévaut.

Avec presque dix ans d'avance sur The walking dead de Robert Kirkman, Minetaro Mochizuki met en place une situation d'horreur qui promet d'explorer les zones les plus obscures de la nature humaine, celles qui ne sont plus muselées quand la société perd ses droits et qui dorment, effrayantes, en chacun de nous.

Grâce à une maîtrise impressionnante des trames et du noir opaque, ainsi que la présence constante d'onomatopées qui donnent littéralement vie à l'obscurité du tunnel, il installe progressivement une ambiance oppressante et angoissante qui contamine le lecteur. De plus, sa façon réaliste de dessiner ses personnages et le soin qu'il met à représenter leurs expressions horrifiées, souvent en gros plans, voire très gros plans (ces yeux !), achèvent de faire ressentir l'effroi de la situation présente et... plus encore.

Car on le pressent, et les trois adolescents aussi, ils ne sont pas au bout de leurs peines. Si l'enfermement dans ce tunnel est déjà horrible en soi, y survivre les mènerait à quoi ? La situation à l'extérieur est-elle plus enviable ? Est-ce qu'il ne vaut pas mieux se laisser mourir sur place plutôt que de risquer de connaître une mort encore plus atroce ailleurs ? Tous les camarades décédés dans l'accident, ne sont-ils pas, finalement, plus chanceux que les survivants ?

Bref, avec son scénario catastrophe et son histoire de survie, Dragon Head fait un démarrage remarquable qui parvient à saisir le lecteur, qui, de son côté, n'a plus qu'une envie: connaître l'état du monde à l'extérieur. Catastrophe naturelle ou pas ? Je saisi la seconde intégrale sur le champ en espérant le découvrir !