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Andy regardait ses camarades exaspérés avec un petit sourire. Elle faisait tournoyer son stylo dans sa main tout en songeant aux exercices inscrits sur sa feuille. Elle devait être la seule élève à aimer la géométrie et était également bonne pour les matières scientifiques. Certains de ses condisciples s'étonnaient de la voir en série L puisqu'elle aurait fait une brillante élève en section scientifique. Mais Sandy aimait les arts plastiques par-dessus tout et rêvait de poursuivre ses études dans ce domaine-là.

Elle baissa la tête sur sa feuille blanche et répondit aux premières questions sans difficulté. Elle n'avait jamais besoin de réviser pour avoir des bonnes notes. Madame Derreau, leur professeur, l'aimait bien. Sandy détestait cependant être considérée comme une élève modèle. Elle avait son caractère, et certains de ses pédagogues s'en souvenaient.

A peine Madame Derreau se fut penchée pour lire un passionnant ouvrage sur les chiffres que Sandy sentit un coup dans ses côtes et vit une feuille se glisser sur sa table. Elle releva la tête et regarda Amélie. Elle opina du chef d'un air qu'elle voulait suppliant. Sandy ne put s'empêcher de rire silencieusement.

Elle prit le bout de papier, jeta un vif coup d'œil à ce que faisait l'enseignante et le lut : « Donne-moi les solutions du premier exercice, s'il te plaît ! », lui disait sa cousine. Sandy se hâta de griffonner des nombres et le rendit à Amélie.

Puis, elle observa le reste de la classe. Son regard se posa sur celui d'Estelle de Lanuit, une fille qu'elle détestait cordialement. Elle la vit froncer les sourcils avant de se retourner sur sa propre copie. Sandy eut une légère appréhension : l'avait-elle vu tricher ? Elle soupira et n'y prêta plus attention.

Mais il était vrai qu'Estelle avait le don de l'embrouiller dans les ennuis. Elle la haïssait autant qu'elle, si ce n'était plus. Estelle était une fille aisée, venant d'une ancienne famille de nobles, et se vantait d'être la meilleure élève de la classe. Elle ne supportait pas que Sandy puisse obtenir des notes supérieures aux siennes.

Sandy ne se soucia plus de sa rivale et se concentra sur son devoir.

Lorsque la cloche sonna, elle avait terminé depuis longtemps. Une élève fut désignée pour ramasser les copies. Sandy s'étira, se leva, et commença à ranger ses affaires. Sa cousine fut l'une des premières à sortir. Du coin de l'œil, elle vit qu'Estelle parlait avec Madame Derreau. Celle-ci fronça les sourcils, releva la tête et considéra longuement Sandy avant de lui faire signe d'approcher.

- Et merde ! marmonna Sandy.

« Merci la cousine ! » pensa-t-elle avec ironie.

Elle s'avança vers le bureau à pas lents et fourra ses mains dans ses poches. Elle prit un air innocent et afficha son plus aimable sourire.

- Oui, Madame ? Qu'il y a-t-il ?

- Estelle vient de me dire que tu as communiqué avec Amélie Lenoir durant le devoir. Et ce, à plusieurs reprises. Est-ce la vérité ?

- As-tu des preuves de ce que tu avances, Estelle ? s'enquit Sandy en lui souriant.

Cet argument laissa un instant la peste sans voix.

- Je vous ai vu ! Vous vous lanciez une feuille !

Sandy fit une moue étonnée.

- Et alors ? Qui te dit que c'étaient les réponses du devoir ? lança-t-elle. Ce aurait pu être... je ne sais pas, moi. Le menu de ce soir ? Ou une liste des cadeaux pour le père Noël ? Ou alors...

- Je t'interdis de te moquer de moi ! gronda Estelle, lui coupant la parole.

- Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi, rétorqua Sandy. Et puis d'abord, comment se fait-il que tu aies pu me voir, alors que normalement, tu aurais dû avoir les yeux rivés sur ta propre feuille ?

Estelle poussa un cri de rage, s'empara de son sac et quitta la pièce en coup de vent. Elle bouscula Sandy au passage, qui se retint de rire.

La jeune fille alla récupérer ses affaires laissées au fond de la salle. Elle mit sa besace en bandoulière et se tourna vers Madame Derreau.

- Sandy, reprit l'enseignante, as-tu triché, oui ou non ?

Sandy s'humidifia les lèvres, ne sachant que dire. Elle détestait mentir. Elle fixa la fenêtre, dans l'espoir d'y voir une solution. Mais rien ne s'offrit à elle.

Sandy allait répondre lorsqu'un bruit détourna son attention.

Elle orienta sa tête vers la fenêtre et y découvrit, à son grand étonnement, un corbeau qui, à l'aide de son bec, toquait aux carreaux. Elle s'approcha de l'animal, qui poussa un cri effrayé en la voyant. Il battit furieusement des ailes.

Madame Derreau observait la scène, les lèvres entrouvertes, sidérée.

- On dirait qu'il cherche à te transmettre un message, souffla-t-elle, l'air pénétré.

- Vous avez trop d'imagination, madame, dit Sandy. Ce n'est qu'un piaf... ajouta-t-elle en haussant les épaules.

- On croirait qu'il a peur de toi.

Sandy fronça les sourcils et regarda Mme Derreau puis le corvidé. Serait-il possible qu'il puisse se souvenir de ce qu'elle avait fait le matin même ?

- Ne t'en fais pas, chuchota Sandy à l'oiseau, je ne compte pas te carboniser, toi...

- Comment ça ? demanda l'enseignante d'une voix brusque.

Sandy, surprise par le ton de la question, sursauta et fit volte-face.

- Quoi ? Qu'il y a-t-il ?

- Comment as-tu fait ?

- Comment j'ai fait quoi ?

- Carboniser le corbeau.

- Oh, vous m'avez entendu dire ça ? s'ébahit-t-elle. N'appelez pas la SPA ! Je ne l'ai pas fait exprès !

- Dis-moi comment... insista Mme Derreau d'une voix étrangement aiguë.

Sandy, perplexe, se gratta la nuque et réfléchit.

- Je ne sais pas... je... je crois que... de l'électricité a jailli de ma main.

Devant l'air abasourdi de son professeur, elle s'empressa d'ajouter :

- Mais c'est impossible, n'est-ce pas ?

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Damien ne me répondit pas et se pencha. Il prit un papier qui dépassait de l’une des poches du cadavre et le déplia pour le lire.

– Alors ? le pressai-je.

Je ne pouvais pas lire par-dessus son épaule : le peu d’espace et la raideur de la pente m’en empêchaient me condamnaient à attendre.

– Ce Chevaucheur était venu voir Édouard Stormrider.

J’assimilai l’information en cillant, dérouté.

– Le Chevaucheur de Foudre qui nous aide dans le plus grand secret…, souffla Damien.

Je sentais de l’émotion dans sa voix, ainsi qu’un profond respect : et pour cause, car c’était cet homme que je vénérais comme un dieu. Cette légende vivante. Non seulement il était l’un des CdF les plus puissants de son temps mais en plus il possédait un cœur d’or et de grandes qualités.

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Lentement, je baissai les yeux vers mon bras. Médusée, je regardai ma main : qu’avais-je fait ? Que s’était-il passé ? Pourquoi ? Comment ? Mille et une autre questions embrouillaient mon esprit en ébullition. J’avais besoin de réponses. Et vite. Voulant en avoir le cœur net, je me relevai, traversai ma chambre, ouvris précautionneusement la fenêtre et me penchai par-dessus les débris de verre.

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Les détails m’échappaient telle de l’eau me glissant entre les doigts.

Je relus mes autres notes et constatai que le mot « foudre » revenait à chaque fois, comme un champ lexical qui se voulait un entêtant messager.

Je haussai un sourcil, stupéfaite.

Oui, songeai-je, les éclairs zèbrent le ciel et me frappent à la fin. À chaque fois, ça se passe de cette manière.

L’éclair qui me frappe…

À cette pensée, un frisson grésilla chaque parcelle de mon corps...

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PROLOGUE

Le mythe des Trois Frères

Au commencement régnait le Chaos.

Puis les éléments se déchaînèrent: foudre, eau, feu. Ils possédaient leur volonté propre et ne toléraient aucune forme d'autorité. Ils ne désiraient pas avoir de maître. Ils étaient libres.

Mais ils furent domptés par trois frères.

En ces temps immémoriaux existaient trois grands dieux en quête de pouvoir. Ils voulaient devenir assez puissants pour unir toutes les déités sous une même bannière et ainsi apporter la paix dans le cœur des Hommes qui, à l'époque, s’entretuaient sans cesse.

Le premier des frères se confronta à la chaleur infernale des volcans. Après avoir pris le Feu par la ruse, il le scella en lui et le domina. Il devint le Maître des Flammes.

Le deuxième des frères s'empara de la fureur des eaux tumultueuses. Après maints combats, il soumit l'Eau à sa volonté. Il devint le Seigneur des Flots.

Le dernier des frères était plus ambitieux. Il projetait de s'octroyer la puissance indomptable du feu céleste. Par la brillance de son intelligence, il plia la Foudre et la contrôla. On fit de lui le Souverain des dieux. Il devint le Chevaucheur de Foudre.

Ensemble, les trois frères s'unirent pour régner sur la Terre, sur le Ciel et sur le monde sou-terrain. Ils établirent la paix dans le monde des Hommes, qui les vénérèrent durant plusieurs siècles.

Cependant, cet âge d'or ne pouvait durer et la fratrie finit par se déchirer.

La discorde fut lancée lorsque l'aîné, le Maître des Flammes, proposa aux deux autres de transmettre leurs dons aux humains. Le cadet s'y opposa avec force : il jugeait les Hommes trop corruptibles pour recevoir de tels présents. Le deuxième, le Seigneur des Flots, pensait quant à lui que seuls des élus pouvaient contrôler un élément. Les opinions divergèrent telle-ment qu'ils finirent par se séparer. Ils prirent des voies contraires et ne se parlèrent plus.

Jamais.

Le Maître des Flammes rendit au Feu une volonté propre. Il pouvait désormais léguer son pouvoir librement, à qui il le voulait, même aux humains. Des Maîtres des Flammes naquirent et se soulevèrent contre leurs rois.

Le monde s’embrasa et entra dans un conflit barbare.

Le Seigneur des Flots voulut stopper son frère. Il libéra la force de l'Eau qui transmit son don à d'autres hommes. La guerre, au lieu de cesser, s'amplifia. Les Seigneurs des Flots agres-sèrent les Maîtres des Flammes.

Le monde baignait dans le sang.

Les cadavres jonchaient le sol par milliers. C’était une véritable catastrophe. Les éléments se déchaînaient les uns contre les autres et même les dieux étaient impuissants. Le Chaos, peu à peu, reprenait ses droits originels.

Le Chevaucheur de Foudre ignorait quoi faire pour ramener la paix dans le cœur des Hommes. S'il libérait la Foudre, il savait que les choses empireraient. Il préféra agir avec pru-dence et s'incarna dans l'âme d'un Homme. Cet Élu naquit avec le Don du Ciel et devint le plus puissant des Chevaucheurs de Foudre. Le souverain des dieux voulait qu'il soit, et qu'il reste, le seul Chevaucheur ayant existé.

Hélas, son pouvoir échappa à son contrôle et la Foudre recouvrit sa liberté.

Les Maîtres des Flammes périrent ; les Seigneurs des Flots trépassèrent... Seuls les Chevau-cheurs de Foudre survécurent. Affaiblis, certes, mais toujours là.

Le dieu se replia et tenta d'oublier ces histoires d’éléments qui n'apportèrent que ruines et misère dans la relation qui l'unissait à ses frères.

Mais une nouvelle menace planerait bientôt sur les Chevaucheurs de Foudre.

Menace qui atteindra son paroxysme lorsque tout changera...

Des serments seront brisés, d’autres respectés.

Et le sang coulera à flot.

Extrait des Mémoires du lord Matthew Stormrider (1498 – 1560), narrant la Naissance des Enfants des Éléments.

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