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Extrait de Ennemis, tome 2 : Les trépassés ajouté par jOOh 2017-09-03T21:08:56+02:00

Les événements suivants se déroulent 1 an exactement avant ceux décrits dans "Ennemis" 1.

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Extrait de Ennemis, tome 2 : Les trépassés ajouté par jOOh 2017-08-24T21:31:52+02:00

-Mais j aime pas QUE le rugby, dit il.

J aime aussi la musique. Enfin, pas les trucs indé dépressifs, hein ?

Ni la soupe R&b. Je déteste ça. Non, moi, j'aime ce qui TABASSE !

Il ne se souvenait pas de la dernière fois qu'il avait écouté de la musique.

Il fallait de l'électricité pour faire marcher ces trucs.

Est-ce que toute la musique du monde s'était arrêté en même temps que le courant ?

Quelle idée de penser qu'il n'y aurait plus jamais ni AC/DC , ni Led Zep, pas plus que Nirvana, les Rolling Stones ou les Stone Roses...

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Extrait de Ennemis, tome 2 : Les trépassés ajouté par wizbiz06 2016-01-21T20:12:39+01:00

L’entrée s’effectuait par le faux abri antiaérien, soit un vulgaire cube de béton pourvu de bancs, avec des reproductions d’affiches de propagande aux murs. Ed le traversa et pénétra dans la galerie principale, dévolue à la scène de rue. Des décombres d’immeubles en ruine s’étiraient sur plusieurs mètres, en premier plan d’une toile peinte représentant la ligne des toits de Londres où l’on reconnaissait la silhouette familière de St Paul. Tout au fond de la galerie, assise sur une vieille chaise en bois, devant une échoppe supposément ravagée par les bombes, il aperçut bientôt Frédérique, pliée en deux, se tenant le ventre, le haut du corps disparaissant sous une épaisse veste matelassée. Une chaîne serpentait sous sa chaise, arrimée à une barre d’acier faisant partie du décor. Une assiette de nourriture à laquelle elle n’avait pas touché était posée près d’elle, à côté d’une bouteille d’eau et d’un seau dont elle n’avait pas eu l’utilité. Jeté par terre à côté de l’assiette, ce qui ressemblait à un petit pilon de poulet, à moitié mangé. — Frédérique… ?

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Extrait de Ennemis, tome 2 : Les trépassés ajouté par wizbiz06 2016-01-21T20:12:25+01:00

Il faisait noir dans le car. Un lourd silence planait. Seuls quelques cris résonnaient dans le lointain, ainsi que d’occasionnels fracas assourdis par la distance. Et puis il y avait les autres bruits, plus furtifs, plus difficiles à identifier, et dont on ne pouvait dire s’ils étaient le fait d’animaux ou d’êtres humains. Mince, pensa Ed, certains de ces sons étaient si bizarres qu’il n’aurait pas été surpris d’apprendre que c’étaient des extraterrestres en visite sur Terre. De fait, plus rien ne l’étonnait. Que de drôles de lumières vertes apparaissent dans le ciel et que, quelques instants plus tard, d’horribles monstres à gros yeux de mouche débarquent en ville, armés de pistolets laser, qu’il n’aurait pas été plus surpris que ça. D’autant que, dans son esprit, la maladie ne pouvait venir que de l’espace. Une première vague d’assaut des forces aliens, destinée à écarter du chemin toute menace adulte et militaire afin de pouvoir tranquillement réduire en esclavage le reste de la population, c’est-à-dire les jeunes Terriens. Après tout, ce n’était pas plus délirant que les élucubrations de Matt à propos de l’Agneau céleste. Ed descendit lentement l’allée en vérifiant que tout le monde allait bien. C’était le moins qu’il pouvait faire. Il se sentait toujours coupable d’avoir échappé à l’accrochage de la ZAC, quand de bons amis à lui y étaient restés. Jack était assis vers le milieu. — Que des conneries, dit-il quand Ed arriva à sa hauteur.

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Extrait de Ennemis, tome 2 : Les trépassés ajouté par wizbiz06 2016-01-21T20:12:17+01:00

De Dior, Frédérique ne voyait plus qu’un bout de queue pointant hors des hautes herbes. La pauvre chatte était terrorisée par le bruit, par les voix. Seule, elle l’aurait rattrapée depuis longtemps. Mais là… Combien de temps lui restait-il, au juste ? Pour la première fois, elle tourna son regard vers la route. Et son cœur s’emballa. La meute d’adultes était presque sur eux. Ils étaient bouffis par la maladie, la peau brillante à force d’être tendue, les pommettes saillantes, la lippe gonflée et tirée en arrière comme s’ils avaient tous subi de désastreuses opérations de chirurgie esthétique. Certains étaient totalement nus. Leur chair flasque ballottant d’un flanc à l’autre au rythme de leurs pas raides et chancelants. — Je t’en supplie, viens ! se lamenta Jack, visiblement au bord des larmes. Frédérique aussi était au supplice. Elle ne voulait surtout pas que quelque chose arrive à cause d’elle. « Tant pis, se dit-elle. Après tout, ce n’est qu’un chat. » Jamais son père n’aurait voulu qu’elle meure pour ça. Elle allait essayer encore une fois. Et si Dior s’enfuyait, elle la laisserait. C’était la seule chose à faire. Sans penser à rien d’autre, elle s’avança avec détermination, d’un geste rapide et fluide, sans à-coups. Dior la regardait avec méfiance, prête à s’esquiver d’un bond. Au dernier moment, Frédérique se pencha et tendit les bras.

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Extrait de Ennemis, tome 2 : Les trépassés ajouté par wizbiz06 2016-01-21T20:12:08+01:00

Quatre cents mètres plus loin, un camion et plusieurs voitures, dont, apparemment, une était en feu, bloquaient la route. De gros tourbillons d’épaisse fumée noire s’élevaient dans le ciel. Au milieu de la purée de pois, les contours d’une bagarre commençaient à se dessiner. À cette distance, difficile de dire qui elle impliquait. Des gamins ? Des adultes ? Ou à coup sûr les deux. Greg jura et appuya sèchement sur le frein. La carlingue du car trépida. Ils ralentirent rapidement. — Va falloir trouver une autre route, dit-il tandis que le véhicule s’arrêtait dans un dernier cahot. — C’est peut-être des mômes ! s’écria Jack. — Tant pis, dit Greg en jetant un œil dans ses rétros. Trop risqué. On n’a aucune idée de ce qui se trame. De ce qu’on en voit, ça pourrait aussi bien être une guerre ouverte. On ne peut pas prendre le risque d’endommager le car. À l’heure qu’il est, c’est notre unique atout. Ce truc est comme une forteresse sur roues et j’ai bien l’intention qu’il le reste. Tu veux aller voir si y a des gamins à sauver, Batman ? Pas de problème, je t’ouvre. Le car était trop long pour faire demi-tour à cet endroit. Greg enclencha donc la marche arrière pour entamer un long et fastidieux recul en suivant la route, dans les entêtants couinements du système d’alarme. Bip-bip-bip-bip-bip-bip… Jack gardait le silence, sans quitter des yeux ce qui se passait au loin. Au bout d’un moment, des silhouettes vacillantes et trébuchantes émergèrent cahin-caha de la fumée et avancèrent vers eux. Rapidement.

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Extrait de Ennemis, tome 2 : Les trépassés ajouté par wizbiz06 2016-01-21T20:11:57+01:00

C’était la faute de Jack, ça. C’était lui qui lui avait mis cette chanson dans la tête. Lui qui, maintenant, n’était même pas là pour en subir les conséquences. Ed l’avait entonnée alors qu’ils avançaient sous la bruine, grossièrement alignés en rang par deux, serpentant à chaque pas, et les autres avaient repris en chœur, telle une escouade indisciplinée de mioches du primaire en balade. Le problème, c’était que personne ne connaissait vraiment les paroles. « I will survive… hé hé hééé… » L’idée que ce tapage puisse attirer l’attention et qu’ils auraient mieux fait de se taire traversa bien l’esprit d’Ed, mais chanter semblait éloigner les mauvais esprits, ça leur donnait du courage. Tant qu’ils chantaient, ils étaient invincibles. « I will survive… hé hé hééé… » Ils marchaient vers le sud, loin du village, tournant le dos à l’institution et à l’église. Aucun d’entre eux n’avait quitté l’enceinte de l’école depuis au moins cinq semaines, quand le chaos s’était brutalement abattu sur la ville et qu’un flot de fous furieux s’était déversé dans les rues. Tout le contraire du désert d’aujourd’hui. Les gamins n’en revenaient pas. Les échoppes qu’ils avaient toujours vues débordantes d’activité étaient là, portes battant au vent, totalement vides, délestées de tout leur stock. Les maisons étaient sombres, sans vie, à l’abandon. Des ordures s’entassaient dans les jardins. Un lourd silence planait sur les petits commerces et les bureaux. Toutes les voitures étaient à l’arrêt. Seul signe de vie, un chien qui déboula soudain pour aboyer dans leur direction. Ils tressaillirent avant de se reprendre et d’éclater de rire en se traitant les uns les autres de poules mouillées. Le chien trottinait dans leur sillage, à distance respectable. Il était maigre et galeux.

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Extrait de Ennemis, tome 2 : Les trépassés ajouté par wizbiz06 2016-01-21T20:11:48+01:00

Il y était venu une dizaine de jours plus tôt, avec d’autres garçons. S’ils arrivaient à les persuader de les suivre pour chercher un endroit où s’établir, ils auraient au moins l’assurance du nombre. Jack, Ed et la fille passèrent le portail et entrèrent dans le cimetière. Le reste de la troupe attendait au seuil de l’église. Pourquoi n’étaient-ils pas entrés ? — Y veulent pas ouvrir la porte, expliqua Johnno. Y répondent même pas. Avisant la demoiselle, il se figea et grimaça d’un air interrogateur en dévisageant Ed et Jack. — La fille de M. Morel, répondit ce dernier en intimant d’un regard à l’assistance l’ordre de bien vouloir la fermer. J’sais pas son nom. Les regards se tournèrent vers la fille, qui semblait s’être refermée comme une huître. Elle contemplait fixement ses pieds, ses cheveux pendant en deux voiles opaques de part et d’autre de son visage. Johnno s’approcha d’elle. Plutôt beau garçon, il passait pour avoir quelque expérience avec les filles ; ce qui lui conférait d’ailleurs une certaine aura auprès de ses camarades. Rowhurst étant une école réservée aux garçons, la plupart d’entre eux n’avaient eu que très peu de contacts avec des filles. Johnno s’accroupit sur le sol de manière à la regarder dans les yeux. — Comment tu t’appelles, bella ?

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Extrait de Ennemis, tome 2 : Les trépassés ajouté par wizbiz06 2016-01-21T20:11:34+01:00

Apparemment, la voie était libre, mais une longue plainte bourdonnante s’éleva. Couverts de mousse, les profs émergeaient de l’internat, les furoncles, les plaies et les nécroses sur leur corps les contraignant à marcher comme s’ils avaient été pieds nus sur du verre pilé. Pourtant, d’expérience, les garçons savaient qu’ils ne s’arrêteraient pas. Une fois qu’ils avaient flairé une piste, ils la suivaient. Vaille que vaille. — On court ! cria Bam, démarrant en trombe en direction du portail de l’école, aussitôt imité par le reste de la troupe. Ed resta en arrière pour aider Wiki et Arthur. C’étaient les plus petits et, de ce fait, les plus lents. Il ne voulait pas penser à ce qu’il aurait ressenti s’ils en avaient perdu un en route. Il les tira et les poussa en les encourageant à pleins poumons, conscient tout du long de l’avancée menaçante des profs dans leur dos. Ils passèrent l’angle de la salle d’études et filèrent vers l’arche menant aux terrains. Ed avisa Jack qui, quelques mètres devant lui, quasiment immobile, fixait des yeux le bâtiment administratif, à côté du portail.

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Extrait de Ennemis, tome 2 : Les trépassés ajouté par wizbiz06 2016-01-21T20:11:27+01:00

Elle lui resta littéralement clouée dans le crâne. Dans un dernier sursaut, la planche grotesquement collée à la tête, telle une improbable queue-de-cheval, M. Morel tendit le bras vers Jack et se raidit. Après deux spasmes d’une rare violence, il bascula sur le côté, emportant dans sa chute Miss Warlock, qui se mit à pédaler tant et plus dans la mousse blanche qui couvrait le sol, sans pouvoir se relever. — Go ! hurla Bam depuis la porte. On s’arrache ! Vite ! — On sait ce qu’y a dehors ? demanda Ed d’une voix inquiète. — Qu’est-ce qu’on s’en fout ? Ça peut pas être pire qu’ici, répondit Jack en le bousculant pour passer. Ed ferma les yeux, inspira à fond, pour rassembler le peu de courage qui lui restait. Quand il les rouvrit, il était seul. Les autres, rassemblés dehors en une masse compacte, clignaient des paupières dans la lumière du petit matin, les mecs du Sport-étude étaient en état de choc. Ed comprit que leur pote y était passé. La gorge nouée, il les rejoignit.

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