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Bibliothèque de EthelXIX : Ma PAL(pile à lire)

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Trois amis en quête de sagesse Trois amis en quête de sagesse
Christophe André    Alexandre Jollien    Matthieu Ricard   
J'aime vraiment bien cette façon de voir, j'aime le concept de la sagesse, du positif, et surtout, tout ceux qui me connaissent doivent le savoir, je suis absolument fascinée par la force que l'esprit peut avoir sur le corps. Ca tombe bien, ces trois là pensent la même chose que moi. Alors ils le disent mieux, forcément, mais c'est ça. On parle de positif, de sagesse, de méditation, et de comment être mieux. Et être mieux, pour soi bien entendu, mais pour les autres tout autant! Un grain de sable de positif pour remplir la plage d'une humanité heureuse.
La façon de l'écrire aussi est très intéressante. Ce ne sont pas des dialogues de maîtres parfaits qui ne seraient pas adaptables à notre vie, pas du tout. Ils ont eux aussi leurs failles, nous les font partager pour que la réflexion avance, puis nous donnent des pistes. A nous de voir ce qu'on en fait!

par figolune
Demain j'arrête ! Demain j'arrête !
Gilles Legardinier   
Oh bon sang !!!!!!!!! Ce livre est tout simplement merveilleux !!! Sublime ! Tout les mots que vous voulez pour parler d'un chef d'oeuvre peuvent être employer pour cette petite merveille !! Je n'ai pas pu décroché !! J'avais beau avoir la rentrée le lendemain, il a fallut attendre 2h30 du matin pour que je sois raisonnable et que je m'arrête. Vous voulez passer un bon moment, prenez un livre au hasard dans votre librairie, ça marchera peut être. Vous voulez passé un moment formidable, vous dérider, rire à en perdre la tête ? Lisez ce livre ! Une fois les premières pages commencées, vous ne pouvez pas vous arrêter. On suit les aventures de Julie, qui est tout simplement déjantée. Elle est complètement folle. Folle à lier, et folle de Ric. Avant même de l'avoir vu, il la faisait rêver. Mais que dire de quand elle l'a rencontré. Julie et ses tentatives pour séduire le beau Ric, Julie et son imagination débordante, Ric, Xavier, Sophie, tous, on ne peut que les aimer. Parce qu'ils sont humains, ils sont français (pour la plupart), ils sont parfait ! Un roman magnifique et FRANCAIS !! Si c'est pas une raison de plus pour l'acheter !!!!! Lisez le ! Ce n'est pas une proposition, c'est un ordre, parce que quand vous aurez commencé, vous ne le regretterez pas !!!

par lalisa78
Aucun souvenir assez solide Aucun souvenir assez solide
Alain Damasio   
Alain Damasio. Que dire... Je pourrais sans doute écrire 20 pages remplie d'éloges sur cet auteur. Mais je vais faire plus court. J'ai adoré la Horde. J'ai adoré encore plus la Zone du Dehors. Grâce à Aucun souvenir assez solide, j'ai été émerveillée de retomber dans son univers, de retrouver son écriture, de me laisser entraîner à nouveau dans son imaginaire, de sourire, de pleurer, de vibrer et d'avoir peur pour et avec ses personnages. Le conseiller ? Oui ! Mais, avec un léger bémol tout de même :

Ceux qui connaissent déjà Damasio, ruez-vous dessus, vous ne pourrez pas être déçus.
Ceux qui voudraient découvrir cet auteur, je ne vous conseillerais pas forcément de débuter par ce recueil de nouvelles car, peut être, trop jusqu'au-boutiste, trop expérimental, déstabilisant de par l'écriture poussée dans ses retranchement qu'en use Damasio. Lisez un de ses deux autre livres avant.

Mais en détail, Aucun souvenir... contient quoi ? Il contient des nouvelles, 10 exactement. Chacune est un petit bijou ciselé avec précision par l'auteur, chacune détenant la vie, l'audace, l'amour, la musique, rire, pleurs, chants, vitesse, vol, vent... Tous ces thèmes, ses thèmes, on les retrouve dans la Horde et la Volte, ligne directrice, politique, éloge de la Vie, nous sommes en terrain connu et c'est un plaisir énorme qu'on lit, lentement, les 10 textes de l'ouvrage.

Impossible de parler précisément de ces histoires sans en dévoiler déjà trop; enfance volée par la technologie, monde vidé de sens par l'achat des mots, amoureux défiant la lourde logique d'un monde écrasant ou balloté par des contraintes absurdes, solitaire cherchant un sens à sa vie dans le mouvement, vie bridée, encore, par la techno-surveillance perpétuelle de la société... Terrain connu pour ceux qui ont lu ses romans !

Mes préférences à la première de toutes, "Les Hauts Parleurs" où l'auteur donne libre court à son art des jeux de mots à un rythme effréné, au très émouvant "Captcha" et ses enfants perdus, au très prenant "Une stupéfiante salve d’escarbille..." dont la lecture, pourtant, demande une grande attention (comme tous les textes présents, d'ailleurs, tant l'auteur donne l'impression d'avoir à chaque fois expérimenté, testé, essayé une nouvelle manière d'écrire pour notre plus grand plaisir !).
Les autres ne déméritent pas, chacun pourrait avoir son moment de gloire, même si tous ne sont pas au même niveau, chacun est, pris pour lui même, une petite réussite d'inventivité, de poésie, qui repousse à chaque fois plus loin les limites de l'écriture. Et toujours, encore, critique nos vies tenues en laisse dans nos sociétés bien pensantes et nous laissent pourtant à penser qu'il existe autre chose, espérance, vie, liberté... et que rien n'est encore fait (rien n'est écrit !). Tant que de tels textes existeront, certainement.
Le Horla Le Horla
Guy De Maupassant   
Un livre plutôt court dans lequel Maupassant décrit et raconte ses peurs. Paradoxalement, j'ai trouvé l'ambiance du roman, teintée par la future folie de son auteur, très dérangeante mais c'est également ce qui m'a beaucoup plu.

par x-Key
Contes de Terremer Contes de Terremer
Ursula Le Guin   
L'univers de Terremer m'a toujours semblé riche, complet et surtout très vivant, alors même que je trouvais qu'il y avait peu de descriptions du monde et de son histoire dans les tomes précédents. Avec les Contes de Terremer, j'ai été gâtée : entre les récits qui se passent à différentes époques et les annexes, on a de quoi faire question exploration.

J'ai préféré ce tome-ci au précédent, Tehanu : Terremer se prête particulièrement bien aux récits courts, bien plus qu'aux récits longs. Chaque petite histoire, proche ou non de la « grande » Histoire du monde ajoute un peu de crédibilité et de vie, une touche de plus à un grand tableau.
J'ai juste eu un peu de mal avec la fin de Libellule [spoiler]qui m'a rappelé celle de Tehanu, avec une femme qui se transforme en dragon.[/spoiler]

La lecture de ce cycle est toujours un voyage, apaisant en un sens, et pourtant jamais calme. Le Guin sait appuyer où ça fait mal, et les thèmes de l'esclavage et du féminisme (entre autres) reviennent régulièrement. La plupart des personnages principaux, détenteurs de grands pouvoirs ou non, semblent presque tous rechercher une vie proche de la terre, un quotidien simple et sans cette avidité qui n'apporte rien de bon.

L'écriture est très belle, poétique et précise à la fois. L'auteure fait preuve d'une justesse comme on en voit peu. Les histoires et les scènes dépeintes pourraient paraître grandiloquentes ou vieillottes, avec ce côté conte initiatique, mais ça n'est jamais le cas.

par Miney
Les aventures de Sherlock Holmes Les aventures de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle   
J'ai vraiment beaucoup aimé toutes ces nouvelles, dans l'ensemble. La seule chose que je craignais, c'était de me lasser, ou que les histoires se ressemblent, se répètent, mais pas du tout. C'est très varié, très agréable à lire, la plupart du temps surprenant. On ne peut qu'admirer le détective et ses talents cognitifs.
Sword Art Online, Tome 1 : Aincrad Sword Art Online, Tome 1 : Aincrad
Abec    Reki Kawahara   
Lien de la Chronique:
http://theshadowbooks.blogspot.fr/2013/12/sword-art-online-reki-kawahara.html

Pour commencer, il faut savoir que Sword Art Online est ce que l’on appelle un Light Novel. Pour ceux qui ne connaissent pas ce terme barbare, ce sont de courts romans (généralement autour de 40 à 50 000 mots) d’origine japonaise. Ils sont aussi principalement destinés aux adolescent et jeunes adultes. Il ne faut donc pas les confondre avec les mangas, car contrairement au genre précédemment cité, les light novel sont composé majoritairement de texte avec quelques illustrations ponctuelles au moment clé de l’action. Pour un mystérieuse et obscure raison, ce genre de livre n’est absolument pas édité dans notre pays, ce qui est bien dommage je trouve. Les Light novel pourrait être un élément de lecture pour tous les fans de manga et d'animation japonaise et pourrait ensuite ouvrir la passion des livres chez certains…

Suite à cette introduction sur le genre, parlons plus en détail de Sword Art Online. Certains se seront peut être posé la question vis-à-vis du nom, mais oui, Sword Art Online nous place dans un monde de jeux vidéo. Le concept est simple, nous suivons notre jeune héros qui porte le nom de Kirito dans le jeu appeler « Sword Art Online » qui est un VMMMO, ou tout simplement un M.M.O (Massive Multi-joueurs Online) mais virtuel. Le joueur doit placer une sorte de casque et se retrouve alors totalement plongé dans le jeu, le « full drive ». Sauf que ce qui pourrait être un simple jeu et passe-temps va vite devenir un cauchemar pour les 10 000 joueurs présents sur le serveur. Ils ne peuvent tout simplement pas se déconnecter du jeu. Cela peut sembler tout bête, mais ils se retrouvent donc totalement piéger physiquement dans le jeu, et leur seul moyen de retrouver la liberté est de parvenir à finir le jeu. Pour cela, il faut grimper les 99 paliers et tuer le boss final. Autre détail qui a son importance, toute mort est définitive c’est-à-dire que si le joueur meurt dans le jeu, il meurt dans la réalité. C’est donc dans un contexte de jeu assez compliqué que l’on suit la progression de Kirito au cours de son ascension des divers paliers, mais aussi dans ses rencontres avec les autres joueurs, chose difficile pour lui qui est un joueur solo.

Chose assez étonnante, c’est le comportement des personnages dans le light novel. Tout y est fidèlement retranscrit comme la perpétuelle menace de la mort. La moindre erreur peut être fatale à notre héros, et une seconde d’inattention peut avoir un goût amer. L’univers assez complexe au premier abord est bien expliqué ce qui permet de ne pas se perdre, même si l’on ne connaît rien au monde des M.M.O, et chaque personnage est typiquement un archétype d’un joueur que l’on pourrait retrouver dans un vrai jeu vidéo. On finit par s’attacher aux personnages, et à craindre pour leurs propres vies à chaque instant. On souhaite tellement que Kirito accède au combat avec le boss final, mais ce palier semble complètement inaccessible malgré son haut niveau et son expérience du jeu.

Il faut savoir aussi qu’il y a actuellement 12 tomes pour cette saga, mais qu'ils sont compliqué à trouver en français à cause de son non-licenciement, et donc il faut parfois se tourner vers l’anglais pour se fournir en Light Novel (heureusement pour moi, une partie de Sword Art Online a été traduit par des fans en français !). Pour les curieux, il y a aussi un animé licencié par Wakanim reprenant les 4 premiers volumes de la saga.

Pour conclure, un anime qui m’a fortement plus, et un coup de cœur confirmé et renforcé avec ma lecture du premier volume. Je vais donc me plonger dans les autres volumes (et donc vous les chroniquer au fur et à mesure bien entendu). Et c’est avec espoir que j’espère voir un jour naître en support physique ce genre de livre dans notre pays. En tout cas, je serais un acheteur conquis.

Saules Aveugles, Femme Endormie Saules Aveugles, Femme Endormie
Haruki Murakami   
Une écriture qui oscille entre rêve et réalité... une atmosphère emprunte de magie et de rêverie... Des nouvelles étonnantes, même étranges où s'expriment une douceur et une poésie parfois déroutantes.
Troie, Tome 3 : La Chute des rois Troie, Tome 3 : La Chute des rois
Stella Gemmell    David Gemmell   
Heureusement que Stella Gemmell a fini d'écrire Troie, c'est de très loin le meilleur cycle écrit par son mari. Dommage qu'il soit parti rejoindre ses héros sur les champs Elyséens.

par MyriamT
Nord et Sud Nord et Sud
Elizabeth Gaskell   
Mon premier roman lu en 2015, que j’ai adoré. Or comme je dis toujours : si une année commence par la lecture d’une pure merveille, alors elle sera très riche en nouvelles découvertes littéraires !
Je pense que je vais aimer la littérature victorienne, car j’en ai déjà eu un avant-goût avec « Nord et Sud », et franchement cela me donne envie de lire George Eliott et Dickens.
J’ai même préféré « Nord et Sud » à « Orgueil et Préjugés » (désolée Jane), car comme celle qui a écrit la préface le dit, Elizabeth Gaskell s’attaque à de vrais problèmes alors que Jane Austen, même si elle décrit la société d’une façon remarquable, ne fait que conter les petits tourments de ces héroïnes ainsi que ceux de leurs proches qui ne travaillent pas.
Moi qui ne m’intéresse pas trop à ce qui concerne les entreprises, là je me suis vue prise d’une véritable passion pour les problèmes financiers de la filature de coton Thornton. Je peux presque dire que ma conscience sociale s’est éveillé en même temps que celle de Margaret . Les débats sont incroyablement passionnants, surtout lorsque John Thornton affirme qu’il faut garder ses distances avec ses employés et n’avoir que des rapports strictement professionnels avec eux, alors que Margaret elle, proclame haut et fort que pour bien travailler il faut connaître ses ouvriers, les voir sous un autre jour. D’ailleurs, c’est elle qui va avoir raison puisque John se rend compte à la fin de son erreur et commence à parler avec ses employés, créer des infrastructures (cantine) pour leur rendre la journée de travail moins insupportable…. Mais d’autres problèmes sont aussi soulevés : la mutinerie avec le frère de Margaret Frederick, les doutes concernant Dieu avec Mr Hale, le danger de la spéculation…Un roman qui met bien en lumière que dans la vie tout n’est pas blanc ou noir : le syndicat peut également être quelque chose de mauvais, dans le sens où il adopte une attitude terrible avec l’ouvrier qui ne veut pas adhérer à ses projets ( cf Boucher).
De plus, le souci médical avec les graves problèmes de santé (qui vont jusqu’à entraîner la mort) résultant de l’absorption des particules de coton qui restent collés dans les poumons est aussi abordé avec la maladie de Bessy.
C’est en cela que le roman est complet et qu’on voit que tout ça n’est pas du survol : tous les problèmes sont étudiés un à un, parfois de manière scientifique mais toujours en finesse.
J’ai adoré le personnage de Margaret, une Elizabeth Bennet en plus obstinée et qui doit faire face avec courage à une situation bien plus difficile. Je pense qu’elle puise son courage dans le fait de voir tous les jours à Milton des gens qui ont une vie bien plus dure que la sienne. Pour le côté romantique aussi elle m’a plu, même si c’est toujours pareil « Mais pourquoi donc suis-je si énervée d’avoir baissé dans l’estime de Mr Thornton ? Mais comment se fait-il que ce qu’il puisse penser de moi me fasse peur ? » C’est un peu un roman d’apprentissage aussi car Margaret voit au fil des pages ses préjugés disparaître, que ce soit concernant Mr Thornton ou le Nord en général. Et cela va plus loin que ça, elle devient l’avocate du Nord dans la famille de sa cousine, et n’éprouve pas autant de plaisir à s’être rendu à Helstone qu’elle aurait pu s’y attendre. Par contre, certains passages m’ont énervée, on a l’impression qu’elle est lunatique avec Mr Thornton et qu’elle ne l’apprécie pas à sa juste valeur dès le début, tout en rajoutant du piquant à l’histoire m’a donné envie de la frapper.
John Thornton. J’ai adoré la façon qu’à Elizabeth Gaskell de traiter le personnage ; elle l’étudie sous toutes les coutures : dans la peau d’un amoureux transi, d’un fils modèle, d’un patron de filature toujours exigeant (d’abord peu aimé mais honnête puis apprécié), d’un élève avide d’apprendre. Je n’ai pas véritablement de préférence. Etant sadique, je reconnaîtrais quand même que je préfère l’amoureux transi, pour les souffrances morales et la torture que ça impliquent  Il incarne à la fois le courage, l’exigence, le sens pratique et la persévérance. Il m’a fait un peu pensé à Octave Mouret dans « Au Bonheur des Dames ». D’habitude, quand on parle de roman d’apprentissage, un seul protagoniste est concerné. Ici, John apprend aussi à être plus tolérant et plus proche de ses ouvriers.
J’ai apprécié le fait que Mrs Gaskell mette en valeur une domestique, Dixon (encore un point pour Elizabeth Gaskell dans son combat contre Jane Austen). En plus, j’ai senti qu’elle a vraiment voulu créer un caractère assez complexe pour ce personnage secondaire.
Bessy. Si un jour une personne faisant partie de l’équipe qui dirige "la collection grands romans points" lit ce commentaire, je le remercierai de bien veiller à ce que la faute récurrente soit corrigée. C’est Bessy par Bettie. Pff n’importe quoi… Bref, j’ai aussi bien aimé ce personnage, qui est courageux à sa manière, qui lutte d’une façon différente des autres. L’amour qu’elle porte à son père Nicholas Higgins (et vice-versa) est vraiment touchant. Bessy arrive à puiser une telle force dans la Bible que j’en suis ébahie : elle est convaincue qu’elle va rejoindre Dieu après sa mort. Parce qu’en plus, elle reste réaliste ; elle ne se ment pas à elle-même, elle sait qu’elle va mourir et le plus tôt sera le mieux. Par contre, elle ne devrait pas le dire devant son père car elle voit que ça lui fait de la peine. Je savais déjà qu’elle allait mourir parce que j’ai vu l’adaptation de la BBC avant de lire ce roman. Du coup, je ne sais pas si c’est le fait de le savoir à l’avance où le fait que le thème de la mort est omniprésent dans ce roman mais je n’ai pas été bouleversée (quand je pense que j’ai réussi à pleurer lorsque Tibby meurt dans « Quatre filles et un jean » oui, oui je sais c’est pathétique et là impossible de verser une seule larme. Honte à moi !)
Nicholas Higgins. Pour moi un des personnages central du roman, même si cela peut paraître bizarre à certains. D’abord, je le considère comme indispensable car ‘est lui qui représente les ouvriers en fait. Mais en même temps, je l’ai également considéré dans son individualité, et j’ai prêté grande attention à ses propos. Le seul petit reproche que je pourrais faire est qu’il est un peu stéréotypé : l’ouvrier bourru au grand cœur. Mais bon, Elizabeth Gaskell ne s’arrête pas là : elle creuse le personnage en profondeur, extirpe de son esprit des réflexions extrêmement intéressantes. En plus, il ne démord pas de ses opinions et est déterminer : il attend quand même Thornton pendant 5 heures pour lui demander s’il accepte de l’embaucher, tout en étant pratiquement certain qu’il va refuser.
Mary. Je la trouve également courageuse et elle a d’autant plus le droit de mériter mon admiration (et ma pitié) du fait que son père préférait sa sœur Bessy.
Boucher. Un personnage qui est parvenu à m’énerver lorsque l’auteur en parle selon le point de vue de Nicholas, et qui a réussi à susciter du chagrin chez moi lorsque Margaret prend sa défense. En fait, tout est une question de point de vue, comme veut sans doute nous montrer l’auteur. Après c’est vrai que le jugement de Nicholas est un peu dur, étant donné les circonstances. D’où le questionnement personnel du lecteur : Qu’aurai-je fait à sa place ? Moi, j’aurais certainement fait comme lui, aveuglée par la haine et le ressentiment : je dois travailler pour nourrir ma nombreuse famille, je suis obligée de faire la grève car sinon tous les ouvriers me mèneront la vie dure, mais on me promet que la grève ne durera pas plus de deux semaines, or elle dure plus d’un mois, je vois mes enfants devenir plus rachitiques de jour en jour et je suis moi-même affamé et pour couronner le tout le patron fait venir des Irlandais pour remettre les machines en route , travailler et être payer à ma place. Difficile de trouver pire comme situation. On ne peut pas lui reprocher son suicide, mais c’est vrai qu’il aurait pu penser à sa femme et à ses enfants et se demander comment ils allaient faire pour vivre sans lui, son travail étant leur source de revenu principal ?
La femme de Boucher est le seul personnage qui m’a agacée prodigieusement. Comment peut-on s’apitoyer sur son sort alors que son mari vient de se suicider et qu’on a une progéniture aussi importante à s’occuper ? Comme le dit la romancière anglaise, elle adopte une attitude animale, survivre à tout prix. Quand elle pleure, que d’atermoiements sur elle-même ! Elle pleure plus pour elle que pour son mari.
Mr Hale. Un personnage attirant dans le sens où il est difficile de comprendre sa réaction à son problème de doutes. Tout au long du roman, je me suis demandée : pourquoi a-t-il fait ça ? Certes il y a la question d’honnêteté envers soi-même et envers l’Eglise mais déraciner sa famille comme ça… Cependant, j’ai éprouvé de l’affection pour lui, et je ne pense pas qu’il soit la cause de la mort de Mrs Hale.
Celle-ci est juste d’une nature peu résistante, ce qui est plus difficile à pardonner que pour la femme de Boucher par exemple, qui connaît une situation 100 fois plus difficile. D’ailleurs, au début un passage m’a horrifiée bien qu’amusée. C’est l’opposition entre les deux sœurs, Mrs Hale et Mrs Shaw : la première a fait un mariage d’amour mais est dégoûtée de ne pas avoir plus d’argent et l’autre, bien qu’heureuse de sa situation financière, envie sa sœur pour s’être mariée par amour. Je ne comprends pas comment quand on fait un choix comme celui-là qui est d’une importance considérable on soit obligé de le regretter après. On ne peut pas avoir et le beurre et l’argent du beurre et ces filles Beresford auraient dû le comprendre depuis belle lurette.
Ce qui m’amène à parler du second personnage faible du roman, Fanny. A croire que dans une famille, il y a forcément un personnage d’une petite nature. Mais Fanny, à la différence de Mrs Hale fait rire notamment lorsqu’elle commence à dire qu’elle était terrifié et qu’elle a cru mourir lorsque les ouvriers étaient en bas de sa porte, quelques minutes après que Margaret est pris tout les risques pour sauver son frère.
Sa mère est d’un autre tempérament ! John a tout hérité d’elle. Tout en étant inflexible, Elizabeth Gaskell lui prête tout de même des sentiments comme la jalousie, lorsqu’elle s’aperçoit qu’elle n’occupe plus la première place dans le cœur de son fils. Une Lady Catherine plus intelligente et raisonnable, mais on retrouve le même schéma actanciel que dans Orgueil et Préjugés avec une mère sévère et exigeante et une fille toute fragile. Ce qui laisse à penser qu’Elizabeth Gaskell s’est forcément inspirée de J.A.
Je pense qu’il est inutile de parler d’Edith et du capitaine Lennox mais évoquer Henry Lennox serait sans doute une bonne idée, simplement pour faire une comparaison entre « his proposal » comme disent les Anglais et celle de John. Henry éprouve une véritable affection pour Margaret c’est indéniable mais il s’en remet assez facilement. Les deux gentlemen sont meurtris pas le refus de Margaret quoique pour des rasions qui diffèrent : Lennox est blessé dans son amour-propre plus qu’autre chose tandis que Thornton est véritablement meurtri par le fait de avoir que ses sentiments ne sont pas partagés même si il se montre d’abord énervé par le ton hautain de Margaret lorsqu’elle lui répond.
Frederick quant à lui permet simplement de servir l’histoire, avec cette soirée à la gare qui permet de rajouter des péripéties. Il sert aussi à évoquer la Marine, comme dit précédemment.
Les passages qui m’ont le plus marqués sont la mort de Boucher, la grève et les ouvriers aux portes de l’usine, et la déclaration de John à Margaret <3
Le titre Nord et Sud reste merveilleusement bien choisi : opposition entre le Nord et le Sud par les mœurs, les gens, les paysages, la vie mais aussi opposition entre John et Margaret.
Ce livre est magnifique car il raconte la vie, il mêle des existences de personnes aux caractères radicalement différents qui parviennent à s’entendre, un vrai message d’espoir. Il est plein de combats sublimes !
Enfin, merci aux courageux qui ont lu ce pavé en restant concentré et intéressé. J’essaierai de faire un commentaire prochainement sur l’adaptation cinématographique de la BBC (2004). RDV donc sur Cinénode !





par Tara99