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Quittant le désert, nous étions reparus à l'orée d'une forêt quelques dizaines de kilomètres plus loin. Assis tous deux au pied d'un arbre, je racontai mes deux dernières années à Alix ; il fit de même pour ses treize derniers mois. Nous n'étions pas plus à l'aise en présence l'un de l'autre, même après nos récit respectifs. Peut-être parce que nous nous en étions tenus aux explications terre à terre, évitant soigneusement d'aborder notre relation autrement que par le biais de notre coopération obligée. Toujours est-il que le silence avait repris ses droits et ne se privait pas pour envahir le moindre espace. Je cherchais désespérément comment rendre harmonieux les jours et les mois à venir. De guerre lasse, je soupirai, tandis que mon Cyldias en faisait autant, ce qui m'arracha un sourire. Je lui jetai un regard en coin pour découvrir que lui aussi m'observait.

- Que fait-on maintenant ?

Je ne doutait pas un instant qu'il avait compris le double sens de ma question. Il haussa les épaules. Il me répondit sans se tourner vers moi, fixant un point sur l'horizon, son sourire s'évanoui.

- Pas la moindre idée. Cette situation est pire que tout se que j'ai pu affronter jusqu'à ce jour...

Il se passa une main nerveuse dans les cheveux.

- Je n'arrive pas à imaginer ma vie si il fallait que... Je ne sais plus si... Et si jamais...

Il ne finit aucune de ses phrases. Il ferma les yeux et, comme s'il voulait chasser des images douloureuses de son esprit, appuya sa tête sur le tronc d'arbre derrière lui.

- Et si on essayait simplement..., murmurai-je dans un souffle.

Je m'interrompis avant de reprendre plus décidée ;

- Je veux dire... On sais que, en temps normal, c'est un calvaire. Ça ne peut pas vraiment être pire, non ? Peut-être qu'une certaine complicité nous aiderait à passer à travers ?

Je m'étais levée pour continuer, me tenant simplement debout devant lui, désarmée. Il me fixait de ses yeux troublant et, comme toujours, un désir presque douloureux m'envahit, comme une coulée de lave. Ce fut à mon tour de fermer les yeux. Nous en sortirions-nous jamais ?

- Qu'est-ce que tu crains tant ? La peur d'être déçu ? m'enquis-je d'une voix tremblante.

Je gardai les yeux fermés, redoutant ce que je pourrais lire dans ses iris étoilés. Un silence pesant, et interminable, me soumit littéralement à la torture.

- Non, celle de m'abandonner à l'amour pour ensuite te perdre...

Je tressaillis quand il posa une main sur mes hanches. J'ouvris les yeux pour regarder le sol à mes pieds, incapable de le confronter.

- Je suis un solitaire, Naïla. Depuis toujours, je mène une vie où il n'y a pas de place pour les sentiments ni l'amour, sauf celui que je porte à la Terre des Anciens...

Je comprenais très bien ce qu'Alix voulait dire. Je ne pouvais pas lui en vouloir ; son rôle de Cyldias avait chambardé son univers, comme celui de Fille de Lune avait chamboulé le mien.

Il pris mon menton entre ses doigts, m'obligeant à relever la tête. Ce simple contact électrisa mes sens, mais je m'obstinai à fuir son regard, craignant ce qu'il pourrait ajouter, convaincue que se serait d'une logique implacable.

- Naïla, regarde-moi.

Cette voix chaude et caressante, trop rare chez lui, et d'autant plus précieuse, me donna la chaire de poule. Mon besoin de cet homme était devenu viscéral. Je lui obéis, plongeant mes yeux dans les sien, souhaitant désormais m'y perdre.

- Je t'aime..., souffla-t-il dans un murmure à peine audible.

Sous le choc, je vacillai. Le calvaire qui m'attendait nécessairement dans cette univers mythique fut instantanément relégué au second plan. Plus rien d'autre n'existait qu'Alix et sa déclaration saisissante. Alors que je rêvais de cet instant depuis des années, je ne trouvai rien à répondre. J'ouvris la bouche, avant de la refermer bêtement. Je ne pouvais quand même pas rétorquer un moi aussi, aussi banal que ridicule.

- C'est bien la première fois que tu ne répliques pas à une déclaration aussi lourde de sens...

Ses lèvres s'étirèrent en un sourire mi-charmeur, mi-narquois qui me fit fléchir. Mon souffle devint presque haletant.

- Probablement parce que, pour une rare fois, je n'ai pas envie de m'opposer..., dis-je enfin, avec un sourire incertain qui accentua le sien.

- Dans ce cas, tu ne t'opposeras pas non plus à ceci...

Il se pencha pour m'embrasser, ses lèvres douce et voraces avivant le désir sourd qui imprégnait chaque parcelle de mon corps. Quand il se détacha finalement de moi, il chuchota simplement :

- Je pense que nous devrions poursuivre cette conversation ailleurs. Laisse-moi te guider...

Je n'opposai pas ma magie à la sienne et nous disparûmes. p 532-535

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Le désir de vengeance se nourrit des jours qui passent et profite de la douleur des deuils multiples pour s'exacerber.

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Il était malheureusement trop tard quand le Je t'aime tant attendu mourut sur ses lèvres alors qu'il serrait, à s'en blanchir les jointures, le talisman de sa Fille de Lune...

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-Naïla, regarde-moi.

[...]

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-Je t'aime..., souffla-t-il dans un murmure à peine audible.

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Certains dons sont une plaie pour autrui même s'ils sont une bénédictions pour leur possesseur.

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-Encore une fichue caverne ! Il n'y a donc rien d'autre dans cet univers ?

La réplique ne se fit pas attendre, cinglante.

-Désolé, Majesté, les châteaux étaient tous pris...

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" Alix s'arrêta à quelques mètres du guérisseur qui dormait profondément, aidé en cela par le contenu de la bouteille maintenant vide gisant à ses côtés. Près de trois mois s'étaient écoulés depuis la première rencontre de Zevin avec Naïla, mais les souvenirs alors ranimés ne semblaient pas vouloir regagner les replis d'où ils avaient surgi avec tant de force, dévastant la vie du jeune homme. Alix hésita, tiraillé entre son besoin de parler à Zevin et la sagesse de faire demi-tour.

[...]

Sa décision prise, il se pencha vers son compagnon et le secoua doucement par l'épaule. Ce dernier grogna, avant de se tourner sur le côté, marmonnant quelques paroles inintelligibles. Alix préféra ne pas insister. Il s'en retournait lorsque Zevin ouvrit un œil.

- J'espère que les nouvelles que tu m'apportes sont dignes d'intérêt pour que tu te permettes de me tirer d'un sommeil entamé il y a quelques heure à peine.

- J'ai bien peur que ce ne soit pas le cas. Mais j'avais trop besoin de ton opinion pour attendre que tu veuilles bien reprendre pied dans le monde des vivants.

Zevin feignit ne pas saisir l'allusion à peine voilée. Alix renonça à poursuivre dans cette direction, sachant que certaines blessures restaient vives pendant de trop nombreuses années.

- Elle est partie malgré tout ?

Trop directe, la question prit Alix au dépourvu. inconsciemment, il détourna les yeux, regardant l'horizon par une petite ouverture en saillit. Il comprenait mal pourquoi il se sentait soudain gêné.

- Tu crains de finir par me ressembler, n'est-ce pas ?

La question avait été posée sans méchanceté aucune, avec douceur. c'est toute la souffrance qu'elle contenait qui fit l'effet d'un coup de poignard à Alix.

- Ne t'inquiètes pas. Au moins, la tienne est toujours vivante ...

- Oui, mais pour combien de temps ? lança le Cyldias, amer.

Il se mordit la lèvre, conscient de son égoïsme, Il se sentait soudain si impuissant ... Il se retourna vers son ami, qui lui fit signe de s'asseoir à ses côtés. Alix s'exécuta, ne sachant que faire d'autre.

[...]

- Tu ne m'as jamais cru quand je t'avertissais qu'un jour la situation t'échapperait; tu disais que j'avais manqué de vigilance, que j'avais laissé Mélicis se rapprocher de moi et percer les défenses au lieu de garder mes distances, de m'en tenir à mon métier de guérisseur ...

- Et tu m'avais répondu que je ne pouvais pas comprendre, que l'amour échappait à toute forme de contrôle, qu'un jour je verrais et que ce serait à toi de me faire la morale ...

Malgré les souvenirs que cette conversation devait nécessairement ramener en lui, Zevin sourit.

- Que veux-tu que je te dise ? reprit Alix. Que j'avoue que tu avais probablement raison et moi tort ou que ...

- Non. Tu as malheureusement appris avec l'expérience ce que de longs discours ne seraient jamais parvenus à te faire comprendre ... Je n'ai nullement l'intention de tourner le fer dans la plaie, je me doute qu'elle est suffisamment vive ...

[...]

- Tu aurais laissé Mélicis mourir seule, loin de toi, sans rien tenter pour lui sauver la vie ?

- Parfois, j'ai l'impression que c'est exactement ce que j'ai fait et je ne cesse de me le reprocher."

Filles de Lune, Tome 3 : Le Talisman de Maxandre.

Chapitre 2 "Questionnement", page 35 - 36 - 38

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Alix sentit soudain la matière qui le retenait prisonnier perdre de sa consistance. Ses membres étaient moins à l'étroit et son corps ne subissait plus d'oppression, mais plutôt un poids réel, comme si quelque chose était tombé sur lui. Il tenta alors d'ouvrir les yeux

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Je ne sais combien de temps je demeurais prostrée, gémissant sur mon sort, sur ces mêmes berges que je chérirais dans quelques trois cents ans.

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