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Extrait ajouté par hcdahlem 2016-09-08T21:07:22+02:00

Jacky était arrivé un jour, à la forge, sur une drôle de moto dont personne jamais n’en avait vu de semblable et dont certains prétendaient qu’il l’avait lui-même entièrement fabriquée, pièce par pièce, hormis les pneus et les deux chambres à air. Peut-être était-ce vrai, il en était capable ; peut-être n’était-ce pas vrai ; peu importe dans quelle urne repose la vérité, les dieux ont leurs mystères, les hommes ont leurs légendes, ce qui est d’importance est l’étincelle en nous qu’ils ont su allumer, cette parcelle d’irréel à laquelle on a cru ; le reste n’est que poussière qui s’en va vers la mort et que nous balayons d’un revers de la main.

Jacky était un mystère. Un mystère de chair, de sang, de muscles et de silence. Pas un de ces mystères évangéliques façon Résurrection, Annonciation ou sainte Trinité, que l’on crée pour asservir les masses et qu’élucident en quelques phrases dogmatiques pour une foule un peu rustre de quelconques hiérophantes aussi rusés que fourbes. Non, Jacky était un vrai mystère. Un taiseux taciturne au visage sans lumière. Un humain sans parole. Un grand sac de secrets. Ma première statue grecque. Mon premier grand amour.

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Extrait ajouté par hcdahlem 2016-09-08T21:07:01+02:00

Souvent il arrivait que papa et Jacky martèlent de concert. Pas un mot, pas un cri, juste des souffles mêlés comme font les amants. De lourds coups sur l’acier, de petits sur l’enclume, en rythme cadencé, sorte de concerto pour enclume et marteaux où la basse continue n’était autre que celle de leurs respirations. Et puis ces escarbilles, toujours ces escarbilles, petites étoiles filantes que chacun d’eux apprivoisait pour qu’elles n’aillent pas, comme des baisers voraces, mordre le corps de l’autre. Et assis sur un banc ou sur un tas de ferraille, un enfant de cinq ans regarde leurs poitrails, écoute leurs silences dans cet orage d’acier et ne croit plus à rien, ni à Dieu, ni à Diable, ni à tous ces héros que déjà il pressent puisqu’il sent bien, ce gosse, qu’il arrive à la vie de parfois défaillir, ou simplement faillir, et qu’il faut certains soirs, pour supporter son poids, accepter les légendes et les mythes qu’ont inventés les hommes afin de s’endormir un petit peu plus grand et à peine moins mortel. Heureusement pour lui, foin d’Ulysse, de Titans, de dragons flamboyants et de dieux en jupette plus ou moins ridicules, il les a sous les yeux ces lares de pleine chair qui dressent des éclairs et créent des épopées avec chaque barre de fer.

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Extrait ajouté par Malloue 2019-01-30T20:09:53+01:00

[…] Je savais cet homme déjà mort. Mort de son vivant. A répéter inlassablement les mêmes gestes, à dire les mêmes mots et à feindre de vivre.

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Extrait ajouté par Malloue 2019-01-30T20:07:51+01:00

Je pressentais déjà ces masques à venir, persuadé en outre que les adultes jouaient, pour en arriver là, un rôle que les conventions leur avaient écrit, de la petite enfance à la vieillesse ; un rôle pour lequel on leur avait offert la boîte de maquillage et la boîte de répliques. Un rôle terne et contraint, sans grande imagination, confit de joie de carton-pâte, de deuils de salon et de chair plus ou moins étale. Et quand plus tard je tomberai maintes fois amoureux et que je m’entendrai dire « Je t’aime » comme font les comédiens dans les films d’amour, toujours derrière moi retentira une voix criant « Coupez ! » et assez fréquemment je verrai le décor s’effondrer

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Extrait ajouté par Sunlove 2018-11-12T19:56:02+01:00

Maman me conduisit dans le grenier où elle m'annonça que Corinne, la fiancée de mon frère, était désormais enceinte. Je lui demandai : tu es contente ? Elle me répondit : tu ne peux pas savoir la joie que j'ai de me savoir bientôt grand-mère.

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Extrait ajouté par AudacieuseErudite 2018-09-13T18:11:18+02:00

Et puis la vie reprit son cours. Ce n'est qu'une expression bien sûr : la vie ne pouvait pas reprendre son cours, puisque son cours ne s'était jamais arrêté; la vie ne s'arrête que pour celui qui meurt.

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Extrait ajouté par AudacieuseErudite 2018-09-13T18:10:54+02:00

Sur les étagères, épars, mes livres d’alors, ceux-là mêmes que je lisais avec frénésie et dont on m’accusait de les préférer aux être humains ! Ce qui n’était pas faux. Je lisais comme certains boulimiques se gavent de nourriture, et quand mon petit frère est mort, j’ai lu davantage, à outrance, de façon névrotique, je me suis enfermé à l’intérieur des pages comme derrière des barreaux.

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