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Extrait ajouté par ilovelire 2016-09-27T18:46:05+02:00

— Tu es mariée, lui dit-elle sur un ton qui semblait étrangement détaché. Tu vas aller vivre dans un autre village. Ta belle-mère est cruelle. Ton mari ne se soucie pas de toi. Nous préférerions que tu n’aies pas dû partir, mais toutes les filles doivent un jour se marier. Et toutes finissent par s’en accommoder. Tu peux pleurer, nous supplier de revenir parmi nous. Et nous pouvons de notre côté souffrir de ton départ. Mais ni toi ni nous n’avons le moindre choix. Un vieux proverbe le dit on ne peut plus clairement : « Si une fille ne se marie pas, elle n’a pas la moindre valeur ; si le feu ne rase pas la montagne, la terre ne sera jamais fertile. »

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Extrait ajouté par Kayumi 2012-06-19T14:44:57+02:00

"Le vent montre son corps au travers des feuilles qui frémissent."

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Extrait ajouté par ides60 2012-03-12T18:44:27+01:00

Quant à nous, la douleur que nous éprouvions ne diminuait pas. Comment cela aurait-il été possible ? Mais nous apprîmes ainsi la première des leçons que doivent retenir les femmes : il est préférable d'obéir, dans notre propre intérêt. Dès ces premières semaines, l'image du destin qui nous attendait commença à se former en nous. Belle Lune serait resplendissante et stoïque, en toutes circonstances. Ma petite soeur serait une épouse irritable, jamais satisfaite et se plaignant sans arrêt. Et moi - à qui l'on prédisait un destin soi-disant hors du commun - j'accepterais mon sort sans discuter.

Un jour, au cours d'une énième traversée de la pièce, j'entendis soudain un bruit sec : l'un de mes orteils venait de se briser. Je pensais être la seule à l'avoir perçu, mais le son avait été si violent que toutes les personnes présentes l'avaient entendu. Le regard de ma mère se posa aussitôt sur moi. "Ne t'arrête pas ! me lança-t-elle. Les choses bougent enfin !" Je continuai de marcher, bien que tout mon corps se soit mis à trembler. A la nuit tombée, mes huit petits doigts de pied s'étaient rompus l'un après l'autre, ainsi qu'il le fallait - seuls les deux gros orteils devaient être épargnés - mais on m'obligeait toujours à marcher. je sentais mes os désarticulés qui flottaient dans mes sandales à chaque pas que je faisais. J'avais l'impression que mes pieds n'étaient plus qu'une bouillie gluante et douloureuse. L'atmosphère glaciale ne calmait pas les affreux élancements qui me vrillaient le corps. Maman n'était pas pour autant satisfaite de ma soumission. Ce soir-là, elle demanda à mon frère aîné d'aller lui cuillir un roseau souple et ferme au bord de la rivière. Et durant les deux jours qui suivirent, elle s'en servit pour me cingler les mollets et m'obliger à marcher, en dépit de mes souffrances. Le jour où l'on refit mes bandages, je trempai mes pieds dans l'eau comme à l'ordinaire, mais la séance de massage qui s'ensuivit, au cours de laquelle il fallut replier mes os, dépassa tout ce que j'avais enduré jusque-là. Maman s'en chargea elle-même, plaquant contre la plante de mes pieds mes orteils brisés. Jamais je n'avais eu droit de sa part à une telle preuve d'amour.

- Une femme dinge de ce nom se tient à l'écart de la laideur, répétait-elleinlassablement, afin que ses paroles se gravent en moi. C'est seulement à travers la douleur qu'on acquiert la beauté - et à travers la souffrance qu'on atteint la paix. Aujourd'hui, c'est moi qui bande tes pieds : mais demain, tu en tireras les bénéfices.

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Extrait ajouté par Dan-1 2019-04-15T23:43:22+02:00

Ce qui se déroula ensuite me rappela la fable que ma tante nous chantait jadis, à propos de la jeune fille qui avait trois frères. Je comprenais à présent que nous avions appris ces chants et ces histoires non seulement pour apprendre à bien nous comporter, mais parce que nous étions destinées à en connaitre les diverses variantes, au fil de notre vie.

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Extrait ajouté par ilovelire 2017-05-07T01:04:29+02:00

Nous deux, la petite Fleur de Neige du village de Tongkou et la petite Fleur de Lis du village de Puwei, jurons d’être toujours fidèles l’une à l’autre. Nous nous soutiendrons réciproquement et épancherons nos cœurs. Nous parlerons à voix basse et broderons ensemble dans l’appartement des femmes. Nous pratiquerons la Triple Obéissance et les Quatre Vertus. Nous suivrons l’enseignement de Confucius concernant les femmes et nous nous comporterons toujours dignement. En ce jour, nous déclarons l’une et l’autre dire la vérité et attestons la réalité du lien qui nous unit. Sur dix mille li, nous serons deux courants descendant la même rivière. Pendant dix mille ans, nous serons deux fleurs du même jardin. Jamais une divergence, jamais un mot méchant n’auront cours entre nous. Nous serons laotong jusqu’à notre mort et nos cœurs s’en réjouissent.

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Extrait ajouté par ilovelire 2017-05-06T21:36:53+02:00

Ce soir-là, après le dîner, nous étions tous assis dehors, profitant de la fraîcheur ambiante et regardant mon père et mon oncle fumer leurs longues pipes. Tout le monde était fatigué. Maman allaitait une dernière fois le bébé, en essayant de l’endormir. Le labeur de la journée qui n’était pas encore terminé pour elle, semblait l’avoir accablée. Je passai mon bras autour de ses épaules afin de la réconforter.

— Il fait trop chaud, dit-elle en me repoussant doucement.

Papa dut se rendre compte de ma déception, car il me prit sur ses genoux. Dans le calme des ténèbres environnantes, j’étais tout à coup devenue précieuse à ses yeux. Durant ce bref instant, au moins, j’étais comme une perle dans le creux de sa main.

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Extrait ajouté par ilovelire 2017-05-06T21:36:40+02:00

Mon nom est Fleur de Lis. Je suis venue au monde le cinquième jour du sixième mois de la troisième année du règne de l’empereur Daoguang. Puwei, mon village natal, est situé dans le district de Yongming, le district de la Lueur Étemelle. La plupart des gens qui habitent la région appartiennent au vaste clan des Yao. J’ai appris de la bouche des conteurs qui passaient à Puwei dans mon enfance que les Yao sont arrivés pour la première fois dans la région il y a plus de douze cents ans, sous la dynastie des Tang. Mais la plupart des familles s’y sont établies un siècle plus tard, chassées par les armées mongoles qui avaient envahi le nord du pays. Les gens ne sont pas très riches dans notre région, mais la pauvreté ne les a jamais obligés à envoyer leurs femmes travailler aux champs.

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Extrait ajouté par ilovelire 2017-05-06T21:35:17+02:00

Pour moi, l’amour était un bien si précieux que je ne pouvais le partager : il a pourtant fini par me séparer du seul être auquel je tenais.

Je continue d’apprendre, en ce domaine. Je croyais connaître non seulement l’amour maternel, mais celui qu’on porte à ses parent, à son époux et à sa laotong. J’ai connu d’autres sortes d’amour – celui qu’inspirent la compassion, la gratitude ou le respect. Mais en regardant les messages que nous avons inscrits au fil des années sur notre éventail secret, Fleur de Neige et moi, je comprends que je n’ai pas su déceler le plus important – l’amour qui naît et monte en nous, du plus profond du cœur.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-08-09T18:50:04+02:00

L’année de nos treize ans, à Fleur de Neige et moi, le champ de nos études s’étendit brusquement dans plusieurs directions. Fleur de Neige avait reçu une brillante éducation artistique au sein de sa famille. Mais en matière de travaux domestiques, elle n’en savait vraiment pas lourd : aussi me suivait-elle à la trace dans mes diverses activités. Nous nous levions à l’aube pour allumer le feu de la cuisine. Après avoir fait la vaisselle, nous préparions la nourriture destinée aux cochons. A midi, nous sortions quelques instants pour aller cueillir des légumes frais dans le potager. Puis nous préparions le repas. Autrefois, c’était ma mère et ma tante qui se chargeaient de ces corvées, mais elles se contentaient désormais de superviser notre travail. Nous passions l’après-midi dans l’appartement des femmes et lorsque le soir arrivait, nous aidions à préparer et à servir le dîner.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-08-09T18:49:51+02:00

Fleur de Neige fut présentée à tous les membres de ma famille, y compris à mon frère aîné. Lorsque l’heure du dîner arriva, elle plongea ses baguettes dans sa tasse de thé afin de les nettoyer. En dehors de ce geste, elle se débrouilla de son mieux pour masquer ses sentiments. Mais mon cœur la connaissait déjà trop bien : Fleur de Neige se forçait à sourire et à faire bonne figure. D’après moi, elle ne pouvait manquer d’être consternée par la manière dont nous vivions.

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