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~ Page 154 ~

Le violent coup de brosse qu’elle m’assena pour la peine sur la tempe me fit perdre connaissance.

Quand je revins à moi, j’étais meurtrie de partout et une douleur lancinante me déchirait le crâne. Dans le grenier, un disque jouait l’Adagio de la rose de La belle au bois dormant. Vivrais-je un siècle, jamais je n’oublierai cette musique, jamais je n’oublierai ce que je ressentis en voyant, lorsque mes paupières s’ouvrirent, Chris penché sur moi en train de mettre un produit antiseptique et du sparadrap sur mes plaies. Ses larmes tombaient sur moi. Il avait ordonné aux jumeaux de monter dans le grenier jouer, colorier des images, étudier, faire n’importe quoi pour détourner leur esprit de ce qui se passait dans la chambre. Quand il m’eut soignée de son mieux avec les maigres ressources de l’armoire à pharmacie, je m’occupai à mon tour de son dos ensanglanté. Nous étions nus tous les deux : les vêtements auraient collé à nos plaies suintantes.

Quand j’eus fini de jouer les infirmières, nous roulâmes sur le côté et nous fîmes face, allongés sous le drap. Nos regards se rencontrèrent et se soudèrent. Il me caressa doucement, tendrement la joue.

— C’est ma faute, murmura-t-il d’une voix éteinte. Parce que j’étais derrière la fenêtre. Mais elle n’avait pas de raison pour te battre toi aussi !

— C’est sans importance. Tôt ou tard, elle l’aurait fait. Dès le premier jour, elle a décidé de nous punir sous le prétexte le plus anodin. Je m’étonne seulement qu’elle ait attendu si longtemps.

— Quand elle me fouettait, je t’ai entendue crier. Tu criais à ma place et ce n’était pas ma douleur que je sentais, c’était la tienne.

Nous étions dans les bras l’un de l’autre, nos corps se touchaient, mes seins s’écrasaient sur sa poitrine. Il murmura mon nom et ôta la serviette que je portais en turban pour libérer mes cheveux, puis, prenant ma tête dans ses mains, il approcha doucement mon visage de ses lèvres. J’étais nue dans ses bras et ce baiser était insolite… et déplacé.

— Arrête, chuchotai-je craintivement en sentant sa virilité se durcir. C’est exactement ce qu’elle croit que nous avons fait.

Il eut un rire amer avant de s’écarter en me disant que je ne connaissais rien à rien. Faire l’amour, c’est beaucoup plus que s’embrasser et nous n’avions jamais été plus loin que les baisers.

— Et nous n’irons jamais plus loin.

Mais j’avais dit cela d’une voix faible.

Cette nuit, avant de m’endormir, ce ne fut pas aux coups de badine et aux coups de brosse que je pensais mais à ce baiser. Un tourbillon d’émotions roulait en nous. Quelque chose qui dormait au fond de moi s’était réveillé, était venu à la vie. Comme la princesse Aurore qui dormait jusqu’au moment où le Prince Charmant avait posé sur ses lèvres immobiles un long baiser d’amant.

C’était comme cela dans tous les contes de fées. Ils s’achèvent sur un baiser – « et ils vécurent très heureux ». Il fallait qu’un autre prince vienne pour m’apporter l’heureux dénouement.

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~ Page 92 ~

— Maman, répéta-t-il dans un souffle quand il revint à lui. Je veux ma maman. Je veux ma maman…

C’était comme une litanie. J’aurais démoli les murs à coups de poing tellement c’était injuste ! Il lui aurait fallu sa vraie mère, pas une pseudo-mère qui ne savait à quel saint se vouer. Mais ce fut d’un air si calme que Chris leva la tête et m’adressa un sourire que je lui répondis :

— Eh bien, tu n’as qu’à faire semblant que je suis ta maman. Je te ferai tout ce qu’elle te ferait. Je te prendrai sur mes genoux et je te chanterai une berceuse jusqu’à ce que tu t’endormes, quand tu auras mangé un petit quelque chose et bu un peu de lait.

Nous étions à genoux, Chris et moi. Mon frère lui massait les pieds tandis que, de mon côté, je massais ses menottes glacées. Quand Cory eut retrouvé ses couleurs, nous le séchâmes, nous lui mîmes son pyjama le plus chaud et, lorsque nous l’eûmes enveloppé dans une couverture, je m’installai dans le vieux fauteuil à bascule que Chris était allé chercher au grenier, je le pris sur mes genoux et lui murmurai plein de mots tendres à l’oreille tout en l’embrassant. Il en gloussait de plaisir.

S’il pouvait rire, il devait aussi pouvoir manger. Je lui fis avaler un sandwich à petites bouchées, un peu de potage tiédasse et du lait en veux-tu en voilà. Et, ce faisant, je me sentais vieillir.

En dix minutes, j’avais pris dix ans. [...] Je continuai à me balancer dans le fauteuil en faisant câlin aux jumeaux et en leur chantant une berceuse.

[...]

— Cathy, fit soudain Cory d’une toute petite voix tandis que sa sœur, à demi assoupie, dodelinait du menton, Cathy, j’aime pas que j’ai plus de maman.

— Mais si, tu as une maman. Tu m’as, moi.

— Et tu es aussi bien qu’une vraie maman ?

— Je crois. Je t’aime beaucoup, Cory, et c’est ça qui fait une véritable mère.

Il leva vers moi ses grands yeux bleus pour savoir si j’étais sincère ou si je ne faisais que me moquer de lui. Puis il me prit par le cou et nicha sa tête contre mon épaule.

— J’ai très sommeil, maman, mais continue de chanter.

[...]

Il (Chris) s’assit sur le lit le plus proche, suivant des yeux les lentes oscillations du fauteuil et écoutant la berceuse que je fredonnais. Et je vis ses joues s’empourprer lentement comme s’il se sentait embarrassé.

— J’ai l’impression de ne pas être dans le coup, Cathy. Tu veux bien que je prenne ta place et que vous vous mettiez tous les trois sur mes genoux ?

C’était ce qu’on faisait du temps de papa. Tout le monde s’entassait sur ses genoux, même maman. Il avait les bras assez longs et assez forts pour nous serrer tous les cinq et cette étreinte nous donnait un merveilleux sentiment de sécurité.

— Il est dit dans la Bible qu’il y a un temps pour tout, dit Chris à voix basse pour ne pas réveiller les jumeaux quand nous nous fûmes empilés sur ses genoux. Un temps pour naître, un temps pour semer, un temps pour moissonner, un temps pour mourir, etc. Pour nous, c’est maintenant le temps du sacrifice. Plus tard viendra le temps de vivre, le temps du bonheur.

Je posai ma tête sur sa jeune épaule. Je lui étais reconnaissante d’être toujours aussi plein d’optimisme et de gaieté. C’était bon, ses bras robustes qui m’enlaçaient. Ils étaient presque aussi solides et protecteurs que ceux de papa.

Et il avait raison. Le temps du bonheur commencerait le jour où nous quitterions cette chambre et descendrions pour aller à un enterrement.

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~ Page 30 ~

Solidement plantée sur ses jambes comme un arbre, la grand-mère paraissait visiblement mécontente tandis que son regard se posait tour à tour sur les jumeaux couchés dans le même lit et sur Christopher et moi, serrés l’un contre l’autre pour nous soutenir mutuellement tant nous étions las. Une lueur d’intense désapprobation passa dans ses yeux durs. Maman eut l’air de comprendre – mais pas moi – son revêche froncement de sourcils et elle devint écarlate quand la grand-mère déclara :

— Les deux grands ne peuvent pas dormir dans le même lit. — Ce ne sont encore que des enfants, riposta maman avec une véhémence qui ne lui était pas coutumière. Tu n’as pas changé d’un pouce, mère, n’est-ce pas ? Toujours cet esprit méfiant qui voit le mal partout ! Christopher et Cathy sont des enfants purs et innocents ! — Purs et innocents ! C’était exactement ce que ton père et moi disions de toi et de ton demi oncle ! Je les regardai toutes les deux en écarquillant les yeux, puis je me tournai vers mon frère. On eût dit qu’il était redevenu un petit enfant. Il était aussi vulnérable et désarmé qu’un mioche de six ans. Comme moi, il était complètement dépassé.

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~ Page 153 ~

Les petits se précipitèrent sur moi et enfouirent leur visage contre mes genoux.

— Dis-lui d’arrêter ! m’implora Carrie. La laisse pas battre Chris !

Le sifflement de la badine parvenait à mes oreilles mais il ne proférait pas un son. Et chaque fois qu’elle mordait sa chair, j’avais mal. Depuis un an, c’était comme si nous ne faisions qu’un, lui et moi. Il était l’autre moitié de moi-même, il était ce que j’aurais voulu être : fort, énergique, capable de recevoir le fouet sans pousser un cri. Je la détestais. La haine qui m’étouffait était si intense qu’il fallait que je hurle pour la libérer, il n’y avait pas d’autre moyen. C’était Chris qui était fouetté et c’était moi qui poussais des cris de douleur à sa place. Je souhaitais que Dieu entende, que les domestiques entendent, que le grand-père moribond entende !

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~ Page 131 ~

Je me retournai vivement : Chris était immobile dans l’ombre du réduit de l’escalier. Je ne l’avais pas entendu descendre du grenier. Depuis combien de temps était-il là ? Avait-il été témoin de mes indécentes simagrées ? Pourvu que non !

Il était comme pétrifié et une lueur singulière brillait dans ses yeux bleus comme s’il ne m’avait jamais vue toute nue – et c’était pourtant loin d’être la première fois.

Son regard quitta mon visage enflammé, se posa sur mes seins et continua de plonger, plus bas, toujours plus bas jusqu’à mes pieds. Puis il remonta lentement.

Le temps semblait s’être figé tandis que, tremblante, j’hésitais devant la commode qui révélait aussi mon dos : je vis en effet les yeux de mon frère se diriger vers l’image que lui renvoyait la glace.

— Va-t’en Chris, s’il te plaît.

Il n’eut pas l’air d’entendre.

Il n’était plus qu’un regard.

J’étais rouge de confusion, mes aisselles étaient moites et je sentais que mon cœur commençait à battre bizarrement. J’étais comme un enfant surpris la main dans la boîte à biscuits, coupable d’un crime dérisoire et qui a follement peur de recevoir une sévère punition pour une peccadille. Pourtant, je n’avais aucune raison d’avoir peur. Ce n’était que Chris.

C’était la première fois que j’étais aussi gênée et que j’avais honte de mes jeunes appas. Je me hâtai de ramasser ma robe pour m’abriter derrière elle.

— Non, dit Chris.

De plus en plus tremblante, je bégayai :

— Tu ne dois pas…

— Je sais que je ne devrais pas mais tu es tellement belle ! C’est comme si je t’avais encore jamais vue. Comment as-tu fait pour devenir si jolie sans que je m’aperçoive de rien ?

Comment répondre à une pareille question autrement que par une muette supplication ?

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~ Page 138 ~

Je me retournai dans mon lit, m’assoupissant pour me réveiller aussitôt, tant j’étais agitée et énervée. Je souffrais de me sentir impuissante, je frémissais de rage et de frustration.

Soudain, entre deux sommes, j’aperçus Chris.

Il ne s’était pas déshabillé. Il avait poussé le plus lourd des fauteuils contre la porte et c’était là qu’il dormait, les grands ciseaux pointus à la main, afin que la grand-mère ne puisse pas entrer et s’en servir. Même dans son sommeil, il me protégeait.

Brusquement, il ouvrit les yeux. Il surprit mon regard dans l’ombre et un lent sourire naquit sur ses lèvres.

— Salut !

— Chris, sanglotai-je, va te mettre au lit. Tu ne peux pas lui interdire éternellement l’accès de la chambre.

— Si, pendant que tu dors.

— Alors, il n’y a qu’à monter la garde à tour de rôle.

— Qui est l’homme, toi ou moi ? D’ailleurs, je mange plus que toi.

— Je ne vois pas le rapport.

— Tu es trop maigre et si tu restais éveillée toute la nuit, tu maigrirais encore davantage tandis que moi, je peux me permettre de perdre un peu de poids.

Comme s’il n’avait pas fondu, lui aussi ! Si la grand-mère était vraiment décidée à ouvrir la porte, il était trop léger pour l’en empêcher. Je me levai et vins m’asseoir à côté de lui dans le fauteuil sans tenir compte de ses chevaleresques protestations.

— Chut ! Ensemble, on aura plus de chances de lui barrer le chemin et on pourra dormir tous les deux.

Nous nous endormîmes blottis dans les bras l’un de l’autre.

Et ce fut le matin… sans la grand-mère… sans nourriture.

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~ Page 97 ~

Le repas terminé, alors que je commençais à débarrasser la table, un miracle se produisit : Chris vint m’aider ! Je n’en croyais pas mes yeux. J’eus droit à un sourire désarmant et il m’embrassa même sur les deux joues. Eh bien, si la gastronomie était capable de vous transformer ainsi un homme, j’étais prête à devenir un cordon-bleu ! Et si je vous disais qu’il alla ramasser ses chaussettes sales avant de me donner un coup de main pour la vaisselle ?

Dix minutes plus tard, les petits y allèrent de leur numéro :

— On a faim ! braillèrent-ils d’une même voix. On a des crampes d’estomac !

Sans faire de commentaires, je leur donnai à chacun un des sandwiches au beurre de cacahuètes du panier pique-nique et les observai avec une certaine stupéfaction. Pourquoi aimaient-ils tant cet étouffe-chrétien ? Décidément, le rôle de parents n’était pas aussi simple que je me l’étais imaginé. Ni aussi gratifiant.

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~ Page 89 ~

Les petits adoraient être tout nus et faire les bébés. Ils gloussaient de joie quand nous utilisions des mots comme le « zizi » ou le « zaza » et la différence entre le « zizi » de l’un et le « zaza » de l’autre les plongeait dans des abîmes de perplexité.

— Pourquoi c’est comme ça ? demanda un jour Carrie en désignant les attributs que possédaient Chris et Cory, et qui nous faisaient défaut à elle et à moi.

Je continuai à lire Les Hauts de Hurlevent en faisant la sourde oreille à cette question idiote, mais Chris s’efforça de lui apporter une réponse exacte et véridique :

— Toutes les créatures mâles ont des organes sexuels extérieurs alors que ceux des femelles sont enfermés à l’intérieur. Sauf chez les animaux. Ceux du mâle sont également à l’intérieur.

J’étais intriguée.

— Comment le sais-tu ?

— Je le sais, c’est tout.

— Tu as lu ça dans un livre ?

— Dame ! Tu ne crois quand même pas que j’ai attrapé un oiseau pour l’examiner ?

— Cela ne m’étonnerait pas de ta part.

— Moi, au moins, quand je lis un bouquin, c’est pour me meubler l’esprit, pas seulement pour me distraire.

— Fais attention, Chris : si tu continues, tu vas devenir super-barbant quand tu seras grand. Mais je ne comprends pas pourquoi ce n’est pas pareil chez les oiseaux.

— Parce qu’il faut qu’ils soient profilés pour voler.

Je savais qu’il avait réponse à tout. Son cerveau était le roi des cerveaux.

— Je veux bien, mais explique-moi pourquoi les oiseaux mâles ont leurs organes sexuels à l’intérieur. Et ne me parle pas d’aérodynamisme, ce n’est pas une réponse.

Du coup, il se mit à cafouiller. Il devint tout rouge et s’efforça de trouver une manière délicate de répondre :

— Quand ils sont excités, ce qu’ils ont à l’intérieur ressort.

— Comment faut-il faire pour les exciter ?

— Tais-toi et occupe-toi de ton livre. Et laisse-moi lire le mien.

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~ Page 89 ~

Avec Chris, nous avions empilé plusieurs vieux matelas devant les mansardes orientées à l’est de façon à pouvoir ouvrir les fenêtres toutes grandes et profiter du peu de soleil que les carreaux incrustés de crasse laissaient filtrer. Les enfants ont besoin de soleil pour pousser. Alors, on se déshabillait sans complexe et essayait de bronzer pendant les quelques minutes où il effleurait nos fenêtres. Ce qui nous différenciait physiquement les uns des autres ne nous obsédait aucunement et quand nous mîmes franchement maman au courant de ce que nous faisions pour ne pas périr faute de soleil, elle se contenta de nous regarder tour à tour, Chris et moi, de murmurer avec un sourire évanescent :

— C’est très bien mais arrangez-vous pour que votre grand-mère n’en sache rien. Elle ne serait pas d’accord, vous vous en doutez.

Je sais maintenant que, si elle nous avait regardés de cette façon, c’était pour déceler les signes de notre innocence ou de l’éveil de notre sexualité. Et ce qu’elle avait vu l’avait vraisemblablement rassurée sur ce point : nous étions toujours des enfants, mon frère et moi. Elle aurait dû être mieux avisée.

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~ Page 88 ~

Avant, Chris passait son temps à m’empoisonner, quoi que je fisse, il fallait toujours qu’il y trouve à redire. Le frère aîné, quoi… Mais nous changions, lui et moi à l’instar du grenier que nous métamorphosions. Couchés côte à côte sur un vieux matelas taché et nauséabond, nous parlions, nous parlions pendant des heures, imaginant la vie que nous mènerions quand nous aurions recouvré la liberté et serions riches comme Crésus. Nous ferions le tour du monde. Il rencontrerait – et il en tomberait amoureux – la plus belle et la plus séduisante des femmes : brillante, compréhensive, pleine de charme et d’esprit et l’on se divertirait follement en sa compagnie. Ce serait la maîtresse de maison idéale, la plus fidèle et la plus dévouée des épouses, la plus aimante des mères. Jamais elle ne hausserait le ton, jamais elle ne grognerait, jamais elle ne mettrait le jugement de Chris en doute, elle ne serait ni déçue ni abattue si, à la suite de quelque bévue stupide, il perdait toute leur fortune à la Bourse. Elle comprendrait qu’il avait pensé faire pour le mieux et, d’ailleurs il ne tarderait pas, grâce à son astuce et à son esprit avisé, à refaire fortune.

Oh la la ! Je me sentais complètement démoralisée. Comment diable pourrais-je donner satisfaction à un homme comme Chris ? C’est que je pressentais qu’il définissait en quelque sorte les critères en fonction desquels je jugerais plus tard mes futurs soupirants.

— Mais, Chris, cette femme intelligente, charmante, spirituelle et merveilleuse, est-ce qu’elle ne pourrait pas avoir ne serait-ce qu’un petit défaut ?

— Pourquoi en aurait-elle ?

— Prends maman, par exemple. Tu crois qu’elle est tout cela ? Sauf brillante, peut-être.

— Maman n’est pas une idiote, répliqua-t-il avec fougue. Le milieu où elle a été élevée laissait à désirer, c’est tout. On la traitait en enfant et on lui inculquait l’idée qu’elle était inférieure sous prétexte que c’était une fille.

Moi, quand le moment sera venu de me marier et de m’établir après avoir été danseuse étoile pendant un certain nombre d’années, je ne savais pas quel homme je choisirais, s’il n’était pas l’égal de Chris ou de mon père. Il serait beau, cela, j’en étais sûre, parce que je voulais que mes enfants soient beaux. Et intelligent, faute de quoi je risquerais de ne pas le respecter. Avant d’accepter la bague de fiançailles, je l’obligerais à jouer à des jeux de société et si je gagnais tout le temps, je secouerais la tête en souriant et lui dirais d’aller rendre sa bague au bijoutier.

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