Livres
472 545
Membres
445 282

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Florence



Description ajoutée par PlzAllow 2018-03-07T05:33:20+01:00

Résumé

Montréal, milieu des années 50. Florence, 23 ans, est insatisfaite. Prenant conscience de la médiocrité et du vide de son existence, et constatant les limites de l'avenir qui l'attend, Florence décide de rompre avec son fiancé, qu'elle n'aime pas. Refusant un destin tracé d’avance, elle se retrouve face à elle-même, lucide et courageuse dans sa quête de liberté.

Afficher en entier

Classement en biblio - 7 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par mylouno 2013-02-11T02:39:08+01:00

GASTON — T'as accusé ta mère, maintenant je veux que tu m'accuses.

PIERRE — Tu ne devrais pas attacher d'importance à ses paroles.

GASTON, qui, pour la première fois, se fâche — Ferme-toi, Florence veut me parler, je veux qu'on la laisse me parler.

FLORENCE — Regarde papa, regarde tout ce qu'il y a autour de nous. Regarde les meubles, les murs, la maison : c'est laid, c'est vieux, c'est une maison d'ennui. Ça fait trente ans que tu vis dans les mêmes chambres, dans la même cuisine, dans le même « living-room ». Trente ans que tu payes le loyer mois après mois. T'as pas réussi à être propriétaire de ta propre maison en trente ans. T'es toujours resté ce que tu étais : un p'tit employé de Compagnie qui reçoit une augmentation de salaire tous les cinq ans. T'as rien donné à ta femme, t'as rien donné à tes enfants que le strict nécessaire. Jamais de plaisirs, jamais de joies en dehors de la vie de chaque jour. Seulement Pierre qui a eu la chance de s'instruire : c'est lui qui le méritait le moins. Les autres, après la p'tite école, c'était le travail ; la même vie que t'as eue qui les attendait. Ils se sont mariés à des filles de rien pour s'installer dans des maisons comme la nôtre, grises, pauvres, des maisons d'ennui. Et pour moi aussi, ce sera la même chose si je me laisse faire. Mais je ne veux pas me laisser faire, tu comprends papa ! La vie que t'as donnée à maman ne me dit rien, je n'en veux pas ! Je veux mieux que ça, je veux plus que ça. Je ne veux pas d'un homme qui se laissera bafouer toute sa vie, qui ne fera jamais de progrès, sous prétexte qu'il est honnête ; ça ne vaut pas la peine d'être honnête si c'est tout ce qu'on en tire ...

ANTOINETTE — Tu vas trop loin, Florence !

FLORENCE — Je préfère mourir plutôt que de vivre en esclavage toute ma vie.

ANTOINETTE — Tu ne sais plus ce que tu dis. Tu ne sais plus ce que tu dis parce que tu ne connais rien de la vie. Mais moi je vais t'apprendre ce que c'est. Pour avoir parlé de ton père comme tu viens de le faire, faut pas que tu l'aimes beaucoup, faut pas que tu le connaisses. Je vais te dire ce qu'il est ton père, moi !

GASTON — Je ne te demande pas de me défendre, ma vieille. Ce que Florence a dit de moi est vrai.

ANTOINETTE — C'est peut-être vrai dans un sens, mais ça ne l'est pas dans l'autre... Ton père, Florence, est d'une génération qui va s'éteindre avec lui... Pas un jeune d’aujourd’hui pourrait endurer ce qu'il a enduré. A vingt ans, c'était un homme qui avait déjà pris tous les risques qu'un homme peut prendre. Avoir une situation stable, sais-tu ce que ça représentait alors ? T'en doutes-tu ? Ça représentait le repos, la tranquillité, le droit de s'installer et de vivre en paix. Ton père, Florence... c'est pas un grand homme. Jamais été riche mais toujours resté honnête. Trois fois au cours des années il aurait pu gagner beaucoup d'argent à travailler pour un député rouge. Deux fois pour un député bleu. Il l'aurait achetée sa maison s'il l'avait voulu, mais il a refusé… Tu peux lui en vouloir pour ça, tu peux encore lui faire des reproches?... Parle! Réponds! (Accablée, Florence penche la tête incapable de répondre.) (p. 84-86)

Afficher en entier

Ajoutez votre commentaire

Ajoutez votre commentaire

Commentaires récents

Commentaire ajouté par coeurdechristal 2018-09-25T15:27:24+02:00
Bronze

Florence se déroule un peu après la deuxième guerre mondiale, alors que les syndicats commencent à devenir populaire. J'ai d'abord lu un extrait lorsque j'étais au secondaire (le Lycée en France) et puis 3 ans plus tard j'ai décidé de lire cette pièce au complet. Franchement, je n'ai pas été déçu car même si c'est plusieurs décennies plus tard, ça demeure toujours d'actualité. On retrouve la quête du bonheur et la quête de vouloir faire ses propres expériences. La quête de ce que l'on désire réellement. J'ai trouvé très crue la façon que Florence s'exprime à sa famille, mais j'admire son père qui accepte de l'écouter jusqu'à la fin et de savoir ce qu'elle a sur le coeur. On retrouve le désir des parents de vouloir rendre leurs enfants heureux, mais d'avoir peur de faire des bêtises qui pourraient gâcher leur vie. Vivre comme on l'a fait précédemment pour être sûr que tout ira bien. Une petite pièce qui révèle beaucoup de désirs cachés.

Afficher en entier

Activité récente

Meilleurs classements dans les Listes Booknode

Les chiffres

Lecteurs 7
Commentaires 1
Extraits 1
Evaluations 3
Note globale 6.67 / 10

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode