Lucy Weasley [Harry Potter]

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cochyo
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Re: Lucy Weasley [Harry Potter]

Messagepar cochyo » 2017-10-03T23:50:31+02:00

Perripuce a écrit :
cochyo a écrit ::lol: j'ai vu un gars sur fort boyar qui m'a tellement fait pensé a Montague ! Maintenant je penserai toujours a lui quand t'en parlera ...
C'est le champion olympique Flaurent Manaudou. Le gars il est géant et il a du decrocher un truc comme 3 mots en 2 heures ! :lol:


Je t'avoue que comme ça, je pense pas franchement à Manaudou quand je pense à Montague niveau physique :lol: :lol:


Bah pourquoi pas il est énorme et taciturne et en plus il devrait ne pas avoir peur du lac noir :mrgreen:

Perripuce
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Re: Lucy Weasley [Harry Potter]

Messagepar Perripuce » 2017-10-06T16:09:20+02:00

Merci pour tout vos commentaires, KEUR <3

Bff47 a écrit :Oh mon Dieu !!!

Jaaaames !!!!!!!!! l'événement du chapitre :lol: :lol: Je m'étais pas rendu compte à quel point il me manquait !!!! Ah la là !! Leurs réactions étaient justes trop belles quand il prenait conscience que l'antidote allait marcher !! Putain, j'imaginai trop bien la scène, leur réaction, leurs pleurs !! C'était trop touchant !!

Et au fait, je ne vois pas du tout en quoi tes chapitres sont bancals !!! ça doit être moi alors :roll:

Ah la la !! Putain, c'est moi ou il y a quelque chose de pas très net entre Henry et Luke ? En tout cas, c'est cool de le voir Henry, perso, moi je me rappelais pas du tout de sa personnalité et j'ai été contente de le redécouvrir je l'ai trouvé touchant !! J'ai trop de personnages je peux tous les mettre bien désolée :(

Et au fait, je viens de capter mais si James s'est réveillé, ça veut dire qu'il va pouvoir reprendre son poste au Quiddich, non ?? Qui va gagner ? Le suspens est insoutenable ! (moi je suis pour les Serpentards évidemment ^^) Vous verrez ça dans les prochains chapitre, vous aurez un retour fringuant de Quidditch ;)

Sinon, ça craint un max pour Luke !! J'ai pas envie que ses parents soient au courant moi !! Je le sens mal cette histoire !

Je suis trop contente que Louis soient venu avec eux au fait, c'était une bonne idée d'avoir sa réaction en live !! Dans toutes les versions que j'avais de cette scène, je sais pas pourquoi y'avait toujours Louis :lol: :lol:

Sinon pour les pronostics du prochain chapitre sur le POV ! Un chapitre qui traitera du réveil des victimes... Hum... bref, ça peut pas être le POV de Molly je pense. J'aurai bien voulu que ce soit de Harry (chui trop contente de le revoir d'ailleurs !) BIP moi j'aime pas trop Harry, alors non ce sera pas Harry :lol: :lol: ou James, ou Louis mais ça ne fera pas beaucoup avancé l'histoire, il nous manquera des infos.

Du coup j'hésite entre Adam, Luke et Shannon !!
Perso, j'ai un petit faible pour un POV de Luke !!! Alors j'ai envie d'y croire !!!! Même si ça semble plus vraissemblable que ce soit Adam ou Shannon !!

AH, j'ai trop hâte de lire la suite !! Elle arrive :D



addbook a écrit :OH Gott ich werde sterben :o Je comprends pas l'allemand. Lo siento.
Alsooo, j'ai pleuré a la fin...Oh désolée :oops:
C'est tellement triste


Morgane-Feroldi a écrit :Oh mon dieu !! C'était génial ! Tant mieux si ça t'a plu :mrgreen: :mrgreen:
James se réveille !!! L'antidote fonctionne ! Youpi !!!
K'ai trop trop hâte de lire la suite ça arrive ;)


cochyo a écrit ::lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:
Oui c'est ma reaction tout a fait normal a la fin de ce chapitre. En plus ce qui est bien c'est que tout va exploser d'un coup ! :twisted: Les questions du genre " si ils ont reussi alors faut se posee des questions sur ce qu'on a fait ! " et donc forcement panique voire attaque de groupe. Bref, beaucoup de bang et de boum ! :D Essaie pas de nous faire croire que tu ne kiffes que le sang et la baston, on sait parfaitement que tu as un petit coeur tendre.

Perripuce a écrit :
-Shannon, tu es vraiment une sorcière extraordinaire, décréta Lucy avec un immense sourire. Briser des sorts si vite à ton âge !

Lily et James :?: :mrgreen: J'ai teeeeeellement aimer le passage dans L&J.

Et pour le PDV c'est Molly ! ( ou Jina peut etre :? ) Mais je penche plus sur Molly . Je prends bonne note.
En bref un super chapitre MERCI :mrgreen:
Ah oui aussi ARRETE de te dire que c'est bancal ! Fais moi confiance pour te le dire franchement le jour ou ca le sera. Pour l'instant c'est toujours genial ! A bon entendeur .... Merci beaucoup de me rassurer ahah :)



valentine2905 a écrit :Punaise, j'j'ai le cœur qui va lâcher à force.Essaie de t'éviter l'arrêt cardiaque :lol: :lol: Entre mushu et maintenant James, vraiment trop d'émotions. Mais c'est vraiment génial, j'ai hâte de lire la réaction de tous le monde. D'accord pas de problème ahah merci !


SofiaLove05 a écrit :Magnifique, parfait et j'en passe :mrgreen: :mrgreen: Trop gentil :D

J'adore Henry c l'un de mes personnages préférés Ahah tant mieux ! :D

Lucy et Adam ❤️❤️ J'ai pas les mots
Je veux la même relation J'espère que ça t'arrivera ;)


Et le meilleur pour la fin JAMES VA SE RÉVEILLER Effectivement :mrgreen:
Sortez les confettis faisons la fête youpi :mrgreen: :mrgreen: :lol: :lol:

Bref vite la suite ❤️❤️❤️❤️ ça arrive ;)

Perripuce
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Lucy Weasley - Chapitre 35 [Harry Potter]

Messagepar Perripuce » 2017-10-06T16:48:23+02:00

JE NE VOUS REMERCIE PAS POUR LE TITRE DU CHAPITRE DE LA SEMAINE DERNIERE.

Bon. A part ça comment vous allez? :mrgreen:
J'ai pas fini le prochain chapitre, mais je vous livre quand même celui-ci. Normalement je devrais l'avoir fini mais il faut que je me décide parce que c'est un des chapitres que j'ai le plus imaginé donc il faut que je fige une version, c'est pas simple.

Ce chapitre n'était ABSOLUMENT PAS prévu dans le script. Et vous avez tous perdus pour ceux qui ont parié (pas assez de gens, j'ai pas pu bien rigolé :lol: :lol: Mais vous avez quand même tous perdus :twisted: ) Toujours est-il que je l'ai commencé sous forme de Bonus cet été mais que finalement je trouvais qu'il allait bien ici, pour faire une sorte de coupure avant d'entrer dans la dernière ligue droite. Il est assez bancale et peut-être trop riches et tout, toutes mes excuses :lol: :lol:

Allez bonne lecture les gens et à demain pour le chapitre d'Anna <3

ALERTE DEUX PARTIES

Pour de bon, cette fois, pas pour quelques caractères x)



Chapitre 35 : Alan Carl Donovan.


-Je sors voir ma mère, elle fait encore une crise d’exéma je dois aller la voir !

Alan Donovan releva les yeux sur sa fiancée, Eve, son petit ange aux cheveux bruns et aux yeux rieurs. Un sourire se dessina sur les lèvres de la belle quand elle s’accouda à la porte.

-Ne fais pas de bêtise en mon absence. Comme aller à la recherche de ta famille sans moi ….
-Eve ! On en a déjà parlé.
-Oui et si je me souviens bien, je t’ai clairement spécifié que si je ne rencontrais pas ta mère … (elle agita les doigts d’un air moqueur, où brillait la bague de fiançailles qu’il lui avait offerte). Je ne t’épousais pas ! Alors à toi de faire le choix, chéri. A tout à l’heure !

Avec un dernier sourire provocateur, Eve claqua la porte et Alan se laissa aller sur le dossier de sa chaise, exténué. Depuis trois mois elle le harcelait pour enfin connaître sa famille, après trois ans de relation et depuis trois mois, il lui répondait inlassablement qu’il n’avait plus de famille. Il l’avait quitté, il y avait cinq ans sous une pluie battante, quand un homme étrange nommé Denis Crivey était apparu à leur porte. C’était lui qui lui avait ouvert et avait fait entrer l’étrangeté dans leur maison. La goutte d’eau qui avait fait déborder le vase.
Un soupir passa ses lèvres quand cet épisode lui revint à l’esprit. Il agrippa sa béquille, son amie fidèle depuis des années qui ne le quittait pas, et se leva de sa chaise, avant d’avancer clopin-clopant jusqu’au canapé. Eve se moquait souvent de lui en lui trouvant une ressemblance marquante avec le Docteur House, et lui avait même acheté une canne pour ses vingt-deux ans. Il ne s’en était jamais servi, lui préférant la béquille qu’il avait emmenée de l’hôpital, cinq ans plus tôt. Il préférait la rafistoler cent fois plutôt que de la jeter. La seule chose qu’il avait prise en partant du Pays de Galles. Elle, ses souvenirs, et son amertume.

Alan se laissa tomber lourdement sur le canapé et massa son genou meurtri. Il ne se souvenait pas des circonstances de l’accident. Il se souvenait juste des pleurs d’un enfant, des cris d’un adulte, d’une forte odeur d’alcool et de sueur. L’adulte qui renverse un autre enfant à terre. Il s’était mis à la rouer de coup, avant qu’Alan n’intervienne. Puis ça avait été la chute brusque et vertigineuse dans les escaliers. Mais ça ne lui avait pas suffit. Les coups avaient plu, au point qu’il perde conscience. Quand il s’était réveillé, sa mère était penchée sur lui, le visage ruisselant de larme, lui assurant que s’était terminé. On ne lui ferait jamais plus de mal. Alan avait tout de suite su que c’était un mensonge illusoire et sa jambe se chargeait de le lui rappelait chaque jour que Dieu faisait.
Il soupira et prit la télécommande. Il fallait résolument qu’il se change les idées. La télé noire et vide lui renvoyant son visage blafard, ses traits tirés, ses cheveux bruns hérissés, et surtout ses yeux, ses yeux noisettes qu’il désirait par dessus-tout oublier. Malgré tout, son père le poursuivait encore, deux yeux noisettes et rieurs fixés sur lui à chaque fois qu’il se regardait dans une glace.

-Et encore j’ai de la chance, marmonna-t-il à lui-même en allumant la télé derechef. Comment tu fais pour te regarder dans le miroir, Adam ?

Evoquer son frère à haute voix lui faisait un drôle d’effet, comme remonter sur un vélo après des années d’inactivité. C’était ça. Il n’était plus habitué à dire le nom de son frère à voix haute. Même Eve ne savait pas le prénom de ses frères et sœurs.

-Meredith, décompta-t-il alors, avec une espèce de nostalgie. Adam. Morgan. Et … Gethin.

Gethin. Il avait six ans quand il avait quitté la maison, en pleine nuit sous une pluie battante, sans un mot ni une lettre. Il avait pris le bus pour Liverpool et … plus rien. Gethin, cet enfant chétif et bizarre qu’il s’était juré de protéger. Il savait que son petit frère avait un problème, il était évident qu’il n’était pas un enfant comme les autres. Il était calme, pour un enfant, trop calme. Il ne parlait pas, jamais. Alan se souvenait à peine du son de sa voix, si ce n’était ses cris. Des choses étranges arrivaient autour de lui. Il disait voir des choses, sentir les choses. Il paraissait toujours ailleurs. Leur mère, Meredith et lui s’étaient toujours pris à part eux que l’enfant avait sans doute un problème d’ordre mental, et que tout ces dessins, toutes ses choses qui arrivaient, n’étaient que des coïncidences. Ils songeaient à l’autisme et il avait été plusieurs fois question d’aller consulter un spécialiste. Mais leur père avait pris peur de Gethin. Il en avait eu peur de la pire des manières, faisant passé la différence de Gethin comme une tare, une faiblesse, une sorte de magie noire qu’il fallait corriger à coup de poings. Si diminué qu’était son frère, cela avait scandalisé Alan, qui était devenu le principal rempart de Gethin à la colère paternelle. Il n’y avait rien de pire qu’un homme qui avait peur. Mais Alan admettait qu’il y avait quelque chose d’effrayant dans son frère. Un jour, se fameux jour, leur mère était partie faire les courses avec Meredith et Morgan, et avait laissé Adam et Alan avec Gethin. Adam dormait dans le canapé : Gethin lui avait fait passé une mauvaise nuit. Le benjamin, lui dessinait tranquillement sur la table de la cuisine. Puis il s’était redressé et avait fixé son intense et transperçant regarde gris sur Alan. « Il arrive. Il vient chercher Adam. », avait-il déclaré avant de s’en retourné à son dessin.
Quelques secondes plus tard, la sonnette sonna dans son propre appartement. Une coïncidence, se répétait Alan en allant ouvrir. Mais pourtant, quand il ouvrit la porte, il fut presque surpris que ce soit simplement le facteur, et non un homme en robe tenant une baguette magique. Il signa son recommandé avec difficulté, et le facteur repartit un instant plus tard. Il pleuvait sur Londres en cette fin de mois de mai et pourtant quelques personnes bravaient le temps pour boire un café dans l’établissement en face de lui. Alan scruta sa vitrine et se rembrunit.

-C’est pas vrai …

Il venait de remarquer la rousse. Elle s’asseyait à la même table depuis trois jours et il avait plusieurs fois remarqué les coups d’œil fréquents qu’elle jetait sur son immeuble. Dans les premiers mois qui avaient suivis son départ du Pays de Galles, Alan avait vécu dans la crainte que sa famille (et pire que tout, son père), ne le rattrape. Alors il avait s’était efforcé de repérer les gens, leurs têtes, sentir s’il était suivi, et développé un véritable sixième sens. Un instinct de survie. Même des années plus tard, quand la peur s’était estompée, les vieux reflexes de sonder le paysage étaient restés. Et elle, elle était particulièrement repérables, avec ses cheveux de feu et son air propre sur elle. Décidant d’en avoir le cœur net une fois pour toute, Alan s’arma de sa béquille et de son coupe-vent, et s’engouffra dans la rue, sous la pluie. Il poussa la porte du café et commanda une boisson avant de s’asseoir à une table non loin de la jeune femme. Elle ne devait pas être beaucoup moins vieille que lui, et était assez élégante. Ses cheveux roux étaient attachés en un chignon soigné, elle portait un foulard bleu au cou, et son visage était tourné vers la rue. Pourtant, Alan l’avait vu, son petit regard surpris quand elle était entrée. Il ne comprenait pas pourquoi cette fille était là, ni pourquoi elle semblait s’intéresser à lui. Même de près, son visage ne lui disait absolument rien. La cloche d’entrée teinta doucement et une femme d’un âge plus mûr s’installa à la table de la rousse.

-Je viens te relayer, l’entendit-t-il dire. Désolée, j’étais bloquée au Département avec ta mère …
-Elle va bien ?
-Oh, comme d’habitude, tu sais. Elle est nerveuse en ce moment. Le vote pour la Loi d’Amnistie a lieu à la fin du mois …
-Ça doit te demander du temps … Je peux m’en charger seule, si tu veux, Susan …
-Oh, non, ne t’en fais pas ! Au contraire, ça me fait du bien, et je n’ai pas fait tous ces efforts pour rien. Il est sorti, tu as pu le reconnaître ?

Alan sentit son cœur se serrer. Il sentit le regard que la rousse posa sur lui plus qu’il ne le vit, car il fit mine d’être absorbé par sa boisson. Les chuchotements lui indiquèrent qu’elles avaient décidé d’être plus en privé, sans doute pour se soustraire à lui. Plus de doute, ces deux femmes le surveillaient. Et il voulait savoir pourquoi. Résolu, il agrippa à nouveau sa béquille et alla s’installer sans vergogne à la table des deux indiscrètes, un sourire moqueur aux lèvres. Sa mère l’avait un jour qualifié de « véritable emmerdeur » et sur ce point, il n’avait pas changé.

-Alors, entonna-t-il d’une voix faussement joyeuse. Comme ça vous me chercher ?

La rousse le dévisagea avec de grands yeux horrifiés qui lui firent le plus grand plaisir. Quant à l’autre femme – Susan ? – elle se contenta de soupirer l’air blasé. De près, Alan ne sut trop quoi penser d’elle. Elle avait de longs cheveux auburn à la limite du roux, un grand nez et de remarquables yeux verts. Mais la chose qui attira le plus son attention fut une cicatrice, assez récente, qui barrait sa tempe et dépassait sur sa joue. Elle s’adressa à sa compagne :

-Tu vois que tu aurais dû m’écouter … Tu es bien la fille de ta mère. (Elle se tourna vers Alan, et ajouta d’un ton professionnel : ) Alan Carl Garett Scampers, je présume ?

Alan eut l’impression qu’on lui enfonçait un pique glacé dans les entrailles. Il avait une éternité qu’il n’avait plus entendu son vrai nom au complet et très honnêtement, il s’en serait passé.

-Vous jartez le Garett. Et c’est Donovan, pas Scampers, merci.
-Oui oui, éluda Susan d’un air distrait. C’est d’ailleurs ses changements qui nous ont causé tant de soucis. Vous n’êtes pas facile à retrouver, Mr. Donovan.
-Sans doute parce que je ne voulais pas être retrouvé, répliqua sèchement Alan, comprenant dans les déclarations de son interlocutrice tout ce qu’il avait redouté. Qui vous envoie ? Mon père, ma mère, ma sœur ?

La rousse fit un vague geste pour prendre quelque chose dans sa poche, mais Susan lui attrapa le bras et secoua la tête. La plus jeune eut l’air contrariée mais se ramena contre le dossier de sa chaise.

-Aucun d’entre eux, répondit alors la rousse avec un soupir. Peut-être pourrions-nous discuté dans un endroit plus … discret ?

Un sourire cynique retroussa les lèvres d’Alan. Si elle avait voulu de la discrétion en le filant, elle aurait pu au moins dissimuler ses cheveux.

-Ce n’est pas assez discret pour vous ? Moi je me sens très bien ici.

Pour attester ces dires, il but une lampée du café de la rousse, sans gêne et se délecta de son air scandalisé. Susan parut faire tous les efforts du monde pour ne pas sourire. Elle fouilla dans son sac et posa doucement un objet sur la table. Alan ne vit bientôt que ça, et son sang se figea dans ses veines. Susan le rangea presque aussitôt, mais cela cette brève vision suffit à faire perdre à Alan toute sa superbe.

-Qui … Vous êtes … Pourquoi … ?
-On veut juste pour parler, Mr. Donovan, expliqua posément Susan. Pourrions-nous aller chez vous pour discuter ?

Non, fut sa première réponse. Certainement pas. Sortez de ma vie. Pourtant, le regard tranquille et maternel que posa Susan sur lui le fit hésiter et il se surprit à hocher la tête en signe s’assentiment. Ils se levèrent et la rousse régla sa boissons avant qu’il ne traverse la rue pour ne retourne chez Alan.

-Asseyez-vous, bougonna le jeune homme en tirant une chaise dans la cuisine.

Il s’y assit avec un gros soupir. Sa jambe le faisait souffrir quand il marchait trop, mais ce n’était rien par rapport au bazar que les deux femmes avaient apporté dans sa tête. Il n’en revenait pas. Après des années d’évitement et de prière, il était rattrapé de plein fouet parce qu’il avait fuis.
Des sorcières.
Malgré son cœur qui battait à la chamade et l’état de grande perplexité dans lequel il était plongé, Alan fixa les cheveux de la rousse avec un faux intérêt. Cela parut l’irrité car elle cingla :

-Qu’est ce qu’il y a ?
-Oh, rien je vérifiais juste si les légendes étaient vraies.
-Quelles légendes ?
-Celles qui disent que vous êtes en réalité des femmes chauves aux pieds sans orteils qui transforment des enfants en souris*.

Si la rousse eut l’air plus confuse qu’indignée, un éclat de rire sortit de la bouche de Susan.

-Ma fille a lu Sacrée Sorcières de Roald Dahl quand elle était jeune. Elle en a pleuré toute la nuit que les moldus nous considère si mal.
-Moldu, répéta Alan d’un air sceptique. J’ai déjà entendu ça. C’est pas pour désigner les gens comme nous ?
-C’est cela, si, confirma Susan avant de désigner la rousse. Je vous présente Molly Weasley. Moi je m’appelle Susan Finnigan. Vous devez vous demander pourquoi nous surveillions votre appartement ?

Alan n’eut la force que d’émettre un vague grognement qui fit lever les yeux de Molly au ciel. Décidemment, elle lui en voulait encore pour avoir bu dans son café.

-En réalité, entonna alors Susan d’une voix prudente. Nous sommes ici à la demande de ma fille.
-Et ma sœur, précisa Molly en fronçant du nez. Quelles idées elle n’a pas celle la …
-Votre fille et sa sœur ? douta Alan, surpris. Des sorcières aussi je suppose ?

Son ton ironique ne parut pas plaire à ses interlocutrices. Le regard de Susan se durcit et elle ressortit l’objet qu’elle lui avait montré dans le café. Une longue baguette de bois claire. Une baguette magique.

C’était tellement ridicule. Pourtant, Alan sentit une sueur froide couler le long de sa nuque.

-Mr. Donovan. Tout à l’heure, Molly voulait vous effacer la mémoire pour que vous oubliez que vous nous aviez vu. Je l’en ai dissuadée parce que je suis persuadée que vous ne méritez pas cela et qu’une explication vous ferez le plus grand bien.
-Ce n’est pas ce qui était censé se passé, répliqua Molly.
-Les plans changent, Molly. Et je déteste l’utilisation abusive des sorts d’oublis.
-Désolée. Déformation professionnelle.
-Toujours est-il, poursuivit Susan avec un regard d’avertissement pour la jeune femme. Que je vous ai laissé une chance. Donnez-moi raison et épargnez-nous cette peine.

Alan scruta les deux femmes qui se trouvaient devant lui, l’une l’air renfrogné mais vaincu et l’autre calme et posé. La perspective de se faire effacer la mémoire ne lui disait rien qui vaille, aussi décida-t-il de hocher la tête et de laisser une chance à ses interlocutrices de s’expliquer.

-Bien, soupira Susan avec un certain soulagement. Bien bien. J’ai reçu il y a quelques jours une lettre de ma fille, Shannon. Elle est à Poudlard – vous savez ce qu’est Poudlard ?
-Le gars qui est venu chercher mon frère m’a vaguement expliqué.
-Votre frère. Oui, c’est de lui dont Shannon m’a parlé, dans sa lettre. Adam, c’est cela ? Il se trouve qu’elle est dans la même année que lui et qu’ils seraient devenus amis. Assez en tout cas pour qu’elle sache quelques détails pour ce qui vous est arrivé dans votre enfance.

Alan sentit son rythme cardiaque s’accélérer et s’efforça de garder contenance. A son plus grand soulagement, Susan n’exprima pas de pitié et ne s’appesantit pas sur ce sujet.

-Alors elle m’a demandé de vous trouver. Son idée première était qu’on trouve votre adresse et qu’on la donne à Adam. C’était quelque chose de juste, je trouvais. Ne pas entrer en contact avec vous et laisser votre frère prendre la décision. Alors nous avons commencé des recherches qui se sont avérées difficiles – et les changements dans votre nom n’y sont pas pour rien. Quant à savoir si c’était bien vous à l’adresse que nous avions trouvé … Vous ne sortez jamais travailler, Mr. Donovan ?
-Non, je travaille depuis mon appartement à cause de ça (il prit sa béquille pour tapoter sa jambe). Alors non, vous n’avez pas dû me voir beaucoup sortir.

Cette fois, les yeux bleus de Molly s’adoucirent et Susan se trémoussa, mal à l’aise.

-Nous n’avions pas connaissance de tous les détails …
-Sans doute Adam n’a-t-il pas tout dit à votre fille. Ça m’étonnerait fort, même.
-Qu’on se le dise, intervint Molly avec un sourire. Ce n’est pas Shannon, le cerveau de l’opération. C’est ma sœur, Lucy. Je suis vraiment désolée, elle a une légère tendance à … se mêler de ce qui ne la regarde pas.
-Dixit la grande sœur qui a passé les derniers jours à me surveiller.

Maintenant que la surprise était passée et que toutes les cartes étaient mises sur la table, Alan balançait entre colère et confusion. S’il était parti, ce n’était pas pour que des sorcières se mettent à ses trousses. Elles encore moins que les autres. Il avait précisément fuis tout ça, toute cette folie qui était entrée dans sa vie de manière inopinée, au moment où tout s’arrangeait. De quel droit se permettaient-elles d’intervenir dans son intimité et de foutre à nouveau sa stabilité en l’air ? Mais malgré tout, leur présence soulevait des questions et des sentiments qu’ils avaient depuis longtemps refoulé.
Qui qu’elles étaient, ces Lucy et Shannon n’auraient pas demandé à le retrouver si Adam n’en n’avait pas émis le souhait.
Il s’était efforcé de maintenir la culpabilité à distance. Pour autant, à présent, elle lui rongeait les entrailles. Ce fut pour cela qu’il ne sut réagir aux explications des deux femmes. Elles parurent le sentir car elles échangèrent un regard et Susan dit doucement :

-Vous ne voulez pas avoir des nouvelles de vos frères ?

Vos frères. Ça n’aurait pas dû le surprendre, pourtant c’était une information en soi. Un rictus amer déforma ses lèvres.

-Alors Denis Crivey est aussi venu chercher Gethin ?
-En réalité, on n’envoie personne pour le second enfant, si second enfant il y a, lui apprit alors Susan. Toutes les explications avaient déjà étaient faites quand Adam a reçu la lettre. Mais oui, Gethin est bien à Poudlard. Il a été réparti comme Adam à Gryffondor.
-Griffon d’or ? répéta Alan, incrédule.

Soudainement, il se retrouva cinq ans en arrière, quand il était un garçon de dix-huit ans à peine sorti de l’adolescence, impressionné par un sorcier qui venait lui expliquer que tout ce qu’il croyait être la réalité n’était qu’en fait qu’un mirage. Il fut presque aussitôt saisi de la même peur irrationnelle qui s’était emparée de lui, il y avait cinq ans. Il secoua la tête d’un air buté.

-En fait, non, je veux rien savoir.
-Pourquoi ? s’étonna Molly.
-Ça ne m’intéresse pas. Tout cela … C’est tellement … absurde … La magie … Ce n’est pas censé exister !

Il avait tout parié, sur cette affirmation. Il en avait pris des coups, pour cette affirmation. « Ce que Gethin fait, ce sont des diableries », répétait sans cesse son paternel avec une haleine imbibée d’alcool, une ceinture à la main. « Je vais la faire sortir, moi, la magie noir du corps de ce gamin ». Alan avait tout essayé : lui parlait quand il était sobre, montrer le diagnostic du médecin traitant, lui hurler qu’il n’était qu’une brute superstitieuse et que Gethin n’était pas possédé par le diable parce que la magie n’existait pas.
Sauf que si. La magie existait.
Ça avait ruiné ses perceptions et son existence.
Putain de magie.
Il s’en était pris des bleus, des fractures, des séjours à l’hôpital, à cause de la magie. Et Adam, ça n’avait été guère mieux – si ce n’était qu’il n’en gardait que des séquelles psychologiques. Sauf qu’Adam faisait parti de ce monde.
Pas lui. Lui voulait rester à l’écart de ce qu’il l’avait fait souffrir durant toute son adolescence et l’avait définitivement privé de sa jambe.
Non, vraiment, il ne voulait rien savoir.
Molly ouvrit de grands yeux éberlués.

-Mais … C’est la vie de vos frères. Leur univers, le monde dans lequel ils vivent. Comment … Comment vous pouvez ne rien vouloir savoir ?
-Ça me regarde, ça, répliqua vertement Alan, les doigts crispés sur sa béquille. Tout ce que je sais, c’est que je veux rien à voir avec … ça.
-Ça, lâcha Susan, le visage impassible. Alors c’est ce que sont devenus vos frères pour vous ?

Alan s’efforça de ne pas laisser paraître sa gêne. La cicatrice qui s’animait quand elle parlait sur le visage de Susan le troublait, ainsi que la profondeur de son regard. Il avait également remarqué d’autres marques d’anciennes blessures sur ses mains. Elle semblait avoir vécu tant de choses, elle aussi. Des choses qui avaient brisé son corps mais pas son esprit. Elle avança sa main et poussa le vice à la poser sur le bras d’Alan.

-Ecoutez, Mr. Donovan. Je sais que vous avez vécu des moments difficiles, précisément parce que vos frères n’étaient pas des enfants comme les autres.
-Gethin, se sentit obliger de préciser Alan. C’était Gethin qui était différent.

C’était ça aussi, qui l’avait détruit, ce jour là. Toute sa vie, il s’était inquiété pour son plus jeune frère, s’était angoissé jusqu’à s’en arracher littéralement les cheveux et frappé contre les murs. Il aurait tout donné pour protéger sa famille, il s’en ruinait la santé. Meredith, sa grande sœur, avait toujours été là pour l’apaiser, mais c’était d’Adam de qui il s’était toujours senti le plus proche – sans doute parce qu’Adam encaisser les coups comme lui. Il s’était érigé bouclier de Gethin, et Alan les avait pris tout les deux sous son aile. De manière inexplicable, son père ne s’était pas intéressé à ses filles : elles étaient une source de déception qui ne méritait pas ses coups. Alan savait que c’était pour cela, qu’ils étaient beaucoup dans la famille : son père avait souhaité avoir le plus de garçon possible. Même quand Morgan hurlait ou que Meredith tentait de faire barrage, il n’y avait que les garçons qui gardaient son attention. Gethin était trop petit pour se rendre compte, mais Adam commençait à avoir conscience de tout cela. Il avait un esprit vif et curieux qui avait toujours plu à Alan – il avait toujours été persuadé que son frère avait un grand avenir devant lui et s’était juré de tout faire pour que cet avenir ne lui échappe pas.
Puis on lui avait pris. On était venu chercher une des choses pour lesquelles il s’était battu. Adam.
Pas Gethin. Adam.
Car lui non plus n’était pas normal.
Une voix invisible le souffla de s’en arrêtait là, pour Gethin. Il n’était pas encore prêt à parler de ses soi-disant visions. Susan eut un menu sourire.

-Certain enfants sont plus précoces que d’autre – sans que cela ne signifie quoique soit. Ma Shannon a passé son enfance repliée sur elle-même sans montrer le moindre talent magique alors que son petit frère faisait voler ses jouets dès le berceau. Pourtant quand on regarde leur bulletin de note … Bref. Ce n’est parce que Adam n’y paraissait pas qu’il n’était un sorcier. Peut-être même y-a-t-il eut quelques signes, mais vous les avez ignoré car vous étiez trop concentrés sur Gethin. Toujours est-il qu’ils étaient déjà des sorciers quand vous les aimiez encore. Pourquoi le simple fait de savoir cela a-t-il tout changé ? Ils restent vos frères.
-Et ils restent humain, enchérit Molly avec dignité. Vous pensez que parce que nous sommes des sorciers nous sommes foncièrement différents de vous – chauve avec des pieds sans orteils, comme vous le dites ? Bien sûr que non. Nous avons un corps comme le votre, avec le même métabolisme. Nous mangeons, nous dormons, nous vivons, nous aimons, exactement comme vous. J’ai plusieurs fois vu une jeune femme sortir d’ici. Votre petite-amie ? Ça vous intéresserait de savoir qu’Adam en a une aussi ?

Cette fois, Alan ne put masquer sa surprise de voir une telle information – légèrement décalée, dans le contexte – arriver ainsi sur la table. Molly eut un pauvre sourire.

-Non, vraiment, la seule chose qui nous différencie, c’est que l’on puisse faire de la magie. Et je ne dis pas que c’est une bonne chose : un monde magique n’est pas un monde meilleur. Nous restons humain, avec nos faiblesses. Nous faisons la guerre comme vous, nous commettons des massacres comme vous, nous sommes pourvoyeurs d’horreur comme vous. C’est un monde différent, avec ses institutions et ses infrastructures distinctes des votre, mais qui reste sommes toute juste un reflet magique de votre monde.
-Le mot « magique » fait tout, dans votre phrase, répliqua Alan en s’efforçant de masquer le doute que les paroles de Molly introduisait en lui. C’est ce que nous différencie.
-C’est la seule chose qui nous différencie, rectifia la jeune femme en dressant un sourcil. La magie n’est pas mauvaise. En refusant de ne serait-ce essayer de la comprendre, vous mettez effectivement une barrière entre vous et moi, qui vous paraît infranchissable. Mais si vous faites l’effort de comprendre notre monde, vous verrez que cette barrière s’amenuisera. Peut-être même que vous pourriez reprendre contact avec vos frères.
-Et qui vous dit que j’en ai envie ?

La phrase lui parut dure, même à ses propres oreilles. Lui aussi était curieux. Et elles en avaient trop dit : Gethin à Poux-de-lard, Adam et sa petite amie … Ces questions qu’il s’était posé un jour et qu’il avait enfouis au plus profond de lui. Pour la première fois il s’autoriser à s’imaginer ce qu’était devenu sa famille, sans qu’il ne grogne, ou que l’image de son père ne s’impose à son esprit. Susan pinça des lèvres.

-J’ai accepté de vous parler et de ne pas vous oublietter parce que je pense que si vous avez pris peur, il y a des années, c’est parce que vous n’avez pas pris la peine de comprendre notre monde – ce que je peux potentiellement comprendre, vu votre passé. En revanche, j’ai pensé qu’avec l’âge, peut-être que vous auriez choisi de cesser de fuir. Peut-être que vous auriez eu l’intelligence d’ouvrir votre esprit.
-Ouvrir mon esprit ? répéta Alan, incrédule. Parce que vous croyez que c’est une question d’ouverture d’esprit ?
-Exactement. Vous refusez de nous comprendre, vous bordant à songer que la magie n’existe pas et par conséquent à ignorer vos frères. Ce que vous faites, ça frise l’intolérance la plus totale.

Elle le toisa de haut en bas, la désapprobation emplissant son regard.

-Je suis désolée de vous le dire, mais cela fait que dans les faits, vous ne valez pas mieux que votre père.

Alan était déjà secoué avant. Mais à cette phrase, il se dressa sur ses pieds, s’appuyant fermement sur la table pour jeter un regard incendiaire à Susan. Il vit à peine le regard choqué de Molly ; il sentit à peine la douleur qui traversa sa jambe quand il se soutint sur elle. Susan gardait un regard calme où pointait le mépris, ce qui attisa sa rage.

-Dégagez.
-Veuillez rester poli, répondit-t-elle sèchement. Je vous rappelle juste que votre père croyait à la magie, il a refusé de vous écouter et ça a détruit votre famille. Vous ne croyez pas à la magie, vous avez refusé de nous écouter et vous avez aussi brisé votre famille. Votre intolérance égoïste vous empêche de voir plus loin que vos pensées. Vous avez décidé que la magie n’existe pas, et pour cette affirmation vous avez quitté votre famille sans songer en conséquences. Je suis mère, moi aussi, et ça m’aurait crevé le cœur de voir mon enfant partir.
-Parce que vous pensez tout savoir ? persiffla Alan avec hargne. Par ce que vous pensez que ça ne m’a crevé le cœur à moi de partir de chez moi, de tout ce que j’ai toujours connu ?! Vous croyez que je n’ai pas pensé aux conséquences ?
-Si vous y aviez pensé, il y a longtemps que vous auriez recontacter votre famille.

Alan avait envie de frapper quelque chose. D’effacer cette lueur affreuse dans les yeux de Susan, ce dédain, cette incompréhension. Parce qu’elle croyait que c’était simple, que parce qu’elle connaissait une infime partie de son histoire, elle pouvait se permettre de le juger, de le comparer à son père ?! Avant qu’il n’ait le temps de s’indigner d’avantage, elle se leva à son tour, drapée de toute sa dignité.

-Je pense que c’est bon. Nous dirons à Shannon et Lucy que nous n’avons rien trouvé. Si vous avez envie de revoir votre famille, aller voir votre mère. Au revoir.

Elle jeta un regard à Molly et s’en fut sans plus de mot vers la sortie. La rousse eut un instant d’hésitation, avant de se lever. Pour autant, elle ne sortit pas tout de suite : elle fouilla son sac et en sortit une photo qu’elle posa sur la table.

-Lucy m’a envoyé ça, pour qu’on ait une idée – même vague – de ce à quoi vous ressemblait. Je pense … Bref.

Elle le toisa un instant, un regard où se mêlait désappointement et perplexité. Puis elle secoua la tête et s’engouffra à l’extérieur. Alan fixa la porte avec rage, le cœur battant la chamade. Sa jambe finit par lui rappeler qu’il devait se rassoir et il se laissa tomber sur la chaise, toujours tremblant de fureur et de trouble. Ses yeux se posèrent alors sur la photo que Molly avait posé devant lui. Après une minute d’hésitation déchirante, il n’y tint plus et attrapa l’image.
C’était une photo de famille.
De ma famille.
C’était dans une chambre à l’hôpital. La première personne qu’il reconnut fut son grand-père, Adda Donovan, son visage rond et bienveillant. Il était assis sur une chaise à coté du lit, une adolescente sur les genoux, aux cheveux bruns et aux yeux gris qu’il eut de la peine à reconnaître comme Morgan. Quel âge avait-elle ? Douze ans, peut-être treize ? Qu’elle avait grandi … Il avait l’impression de voir le reflet de sa propre malice dans les yeux de sa jeune sœur. De l’autre coté, près de la fenêtre, une fille rousse qu’il ne connaissait pas ne regardait pas la caméra. Il put juste discerner son visage. Elle avait un nez un peu trop long pour qu’il soit qualifié de joli, mais Alan lui trouvait tout de même un certain charme. Elle fixait le lit avec un sourire attendri. Les yeux d’Alan s’écarquillèrent quand il vit ce qui se trouvait sur le lit. Meredith. Elle n’avait presque pas changé, avec ses boucles cuivrées et ses yeux gris rieurs. Elle tenait sur ses genoux une enfant blonde d’environ deux ans, qui suçait une tétine et lorgnait un homme à coté d’elle, blond lui aussi – et avec une alliance à la main gauche.
Meredith. Elle s’était mariée. Et elle avait un enfant.
Il avait une nièce.
Les larmes commencèrent à lui monter aux yeux et il caressa le doux visage souriant de sa sœur. Elle avait l’air tellement heureuse, entre sa fille et son mari. Comment était-il ? Les traitait-t-il bien, elle et la petite ? S’il en jugeait par le regard tendre qu’il réservait à l’enfant, oui. Il discernait à sa gestuelle que la fillette était son trésor. Il crut qu’il avait passé le pire quand il observa qui était non loin de Meredith sur le lit. Les cheveux cuivres qui tombaient sur ses yeux noisettes, son nez droit et un sourire en coin sur son visage, Adam le regardait, tenant entre ses bras un nourrisson. Alan bloqua un instant sur l’image, avant de se dire que cela ne collait pas.
Voilà pourquoi ils étaient à l’hôpital. Le deuxième enfant était celui que Meredith avait mis au monde.
Rectification. Il avait une nièce et … Une nièce ou un neveu, il était incapable de déterminer sur la photo.
En revanche, ce qu’il déterminait, c’était combien Adam avait grandi – et combien la ressemblance avec leur père s’était accentué.
Oh Adam … Comment fais-tu pour te regarder dans le miroir ?
Son pique d’émotion parvint quand il remarqua qui se tenait au bout du lit. Cette fois, les larmes coulèrent à flot sur son visage quand il croisa le regard gris de Gethin. Il avait six ans quand il avait quitté le Pays de Galles. Il avait à présent devant lui un adolescent d’une douzaine d’année, un immense sourire sur le visage. Il n’avait jamais vu un air aussi épanouis sur le visage de l’enfant.
Il lâcha soudainement la photo, comme si elle lui brulait les doigts, et enfouis son visage dans ses mains, désespéré.
Il n’aurait jamais pensé resonger à tout cela …

***


-Tu es de mauvaise humeur.

Eve lui jeta un regard mauvais depuis son bureau. Ses lunettes à épaisse monture étaient posées sur son nez retroussé et ses doigts tapotaient son ordinateur avec nervosité.

-J’ai du travail à finir, marmonna-t-elle en se remettant à taper. Madame Merrywather a fait son testament la semaine dernière et ses fils me harcèlent pour me demander une mise sous tutelle.

Alan eut un vague sourire. Eve travaillait comme avocate dans un cabinet dans Chelsea et avait toujours prit son travail très à cœur. Pourtant, dans le cas présent, son fiancé la trouvait un peu trop absorbée – et beaucoup trop boudeuse. Mais il n’avait pas forcément la force d’y remédier à l’instant. Sa conversation qu’il avait eu avec les sorcières ce matin lui trottait particulièrement dans la tête et il ne s’était pas remis de son émotion après l’étude de la photo. Quand Eve était rentrée de chez sa mère, elle s’était directement mise à son bureau sans décrocher un mot, si ce n’était une longue litanie de plainte concernant sa mère trop protectrice.

-Et toi ? fit l’effort de demander Eve d’un air distrait. Ça a été ta journée ? Tu as peu avancé dans ton projet ?

Alan grimaça. Il travaillait en tant qu’ingénieur généraliste en télétravail, sur une ligne TGV entre Londres et Manchester**. Mais avec la journée qu’il venait de passer, il n’avait pas songé une seule seconde à se pencher sur ce projet.

-Non. Pas vraiment.
-Il faudra que tu t’y mettes, le prévint Eve, un sourire relevant néanmoins la commissure de ses lèvres. Sinon ils vont exiger que tu reviennes travailler au bureau.
-J’aimerais bien les voir m’y obliger, ricana-t-il depuis le canapé. Allez viens, le match va commencer … Tu vas me faire croire que tu ne veux pas voir un derby londonien ?

Eve marmonna quelque chose d’inintelligible mais claqua son ordinateur et s’en fut vers la cuisine chercher les nouilles chinoises qu’ils avaient commandé. Alan sourit doucement. Ils s’étaient rencontrés dans un pub de Londres, pendant une soirée étudiantes. Le match qui était retransmis opposait Liverpool, son équipe de cœur qu’il n’avait pas abandonné, à Arsenal, l’équipe Londonienne que soutenait Eve. Rien ne valait une bonne vieille engueulade sportive pour forger les premiers liens. Cela faisait près de deux ans qu’ils vivaient ensemble et ils avaient rarement raté un match de Premier League. Eve revint de la cuisine, son écharpe écarlate frappée du canon d’Arsenal autour du coup, les nouilles dans les mains et un foulard bleu dans l’autre.

-A qui c’est, ça ?

Alan s’efforça de rester calme quand il reconnut le foulard que Molly portait ce matin.

-Oh … La voisine, la vieille Dawson, elle m’a tenu la jambe une heure, ce matin … Elle a dû oublier ça … J’irais lui rendre demain.
-Tu lui demanderas son parfum, dit Eve en humant le tissu. Ça sent vachement bon !
-Ce sera ton prochain cadeau d’anniversaire, railla Alan. Promis.

Pour toute réponse, Eve lui jeta le foulard à la figure, faisant sourire son fiancé. Elle s’installa sur le canapé, mit tranquillement ses jambes en travers de celles d’Alan, et lui tendit sa boite de nouille. Etant une naturelle râleuse, elle se mit à pester contre l’attaquant d’Arsenal dès les premières secondes de jeu.

-Bon sang Lacazette il sait vraiment mettre que des pénalty, râla-t-elle alors qu’il venait de rater une occasion. Je te jure …
-Il vous a déjà sauvé la mise plusieurs fois, ma chérie …
-Alan, ce n’est pas le moment de me contrarier, laisse-moi rager comme je veux j’ai besoin d’évacuer.

Le jeune homme lui jeta un regard surpris et elle consentit à se taire le temps d’enfourner quelques bouchées de nouilles. Eve était d’un naturel tumultueux, mais en ce moment, ses humeurs avaient tendances à être changeante. Alan mettait ça sous le compte de sa frustration qu’il ne veuille pas parler de sa famille et qu’elle ne savait pas comment réagir face à ça.
Ma famille …
La photo que Molly lui avait laissée flotta un instant dans son esprit – tout ses changements dont il n’avait pas été témoin, les membres qu’il n’avait pas vu venir … Cela lui retournait toujours les entrailles.
Tout comme les accusations de Susan.
Vous ne valez pas mieux que votre père.

-Mais bon sang, on ne te paie pas des millions pour que tu loupes ça ! gémit Eve alors qu’un joueur envoyait le ballon dans le décors. Oh mais je te jure le mercato on a fait n’importe quoi …
-Un peu, répondit machinalement Alan.

Eve étouffa sa rage et sa déception en enfournant une autre bouchée de nouille. Alan ne toucha pas aux siennes. Cette journée absurde lui avait coupé l’appétit et il donna volontiers sa boite à Eve quand elle la réclama.

-Dis donc, tu manges pour deux, la taquina Alan.

Eve s’en étrangla avec ses nouilles et lui donna un coup de poing dans le bras. Ils passèrent un moment tranquille devant le match, avec les extravagances d’Eve à chaque occasion d’Arsenal, son euphorie à chaque but de son équipe, son désespoir quand elle se fit rattraper au score. Elle en avala deux yaourts. Eve avait toujours fait passer le stresse en mangeant mais là, Alan commençait réellement à s’affoler : elle avait l’air dans un pire état que lui. Quand le match se finit sur un score de deux à deux, il éteignit directement la télé et se tourna résolument vers sa fiancée.

-Bon, dis-moi. Qu’est ce qui ne va pas ? Ta mère a encore dit que j’étais un incapable et qu’elle refusait que tu m’épouses ?
-Tu n’as pas oublié la condition à laquelle je veux bien qu’on se marie ?

Alan sentit une main invisible lui tordre les entrailles. Etrangement, parler de son mariage futur ne fit que lui rappeler le mariage auquel il n’avait pas assisté. Celui de Meredith, avec l’homme blond de la photo. Le père de ses deux enfants. Il avait ressenti un mélange d’étonnement et un étrange sentiment de perte.
Il avait regretté de ne pas avoir assisté au mariage.
Et connaissant sa chère Meredith, elle sera capable de le tuer si elle n’assistait pas au sien.
Merci beaucoup, Susan et Molly. Merci.

-Non, je n’ai pas oublié, souffla Alan en se rapprochant doucement d’elle. Eve, c’est … compliqué d’en parler, je ne veux pas …
-Je suis enceinte.

Des larmes perlèrent à ses yeux bruns. Elle ne le regardait pas : elle fixait la télé noire comme si elle venait de lire ses mots sur l’écran. Alan resta un instant à la contempler, interdit, incapable d’articuler quoique soit. L’information eut du mal à se frayer un chemin dans son esprit, et ce fut sans doute pour cela qu’il bredouilla de façon stupide :

-Tu … Tu … enfin, tu es …
-En-cein-te, articula Eve d’un ton dur. J’ai un bébé dans mon ventre. Ton bébé.

Mon bébé. Alan peina à intégrer cette information. Elle lui apparaissait presque plus absurde que tout ce qu’il avait pu entendre et découvrir aujourd’hui.
Il s’était découvert un beau-frère, avec des neveux et nièces. Il avait découvert tout ce qu’il avait raté : la croissance de Morgan, les débuts de la vie amoureuse d’Adam, la rentrée de Gethin.
Et maintenant un bébé.
Le sien.
Ce fut trop. C’était beaucoup trop intense pour une seule journée.
Il craqua.
Il enfouit son visage dans ses mains et sanglota éperdument.
Eve eut l’air déroutée, complétement dérouté par sa réaction. Elle abandonna sa mine courroucée pour prendre Alan dans ses bras, et caresser doucement ses cheveux alors que son corps entier était secoué par les sanglots.

-Alan …, s’étonna-t-elle avec douceur. Calme-toi, s’il te plait … Je sais qu’on n’en n’avait pas parlé, je sais que ça arrive … Oh Alan, je ne sais pas quoi faire …

Il reçut quelque chose d’humide sur la nuque et comprit que les larmes avaient commencé à dévaler le visage d’Eve. Elle le serra un peu plus fort et il sentit qu’elle tremblait également.

-Je sais que c’est trop tôt …, haleta Eve, tentant désespérément de reprendre contenance. On ne travaille que depuis quelques mois, on loue encore cet appartement … On n’a rien pour accueillir un enfant … Et … De toute manière je ne veux pas d’enfant si tu n’en veux pas non plus …

Alan hoqueta et trouva la force de se redresser un peu. Le beau visage de Eve était humides de pleurs et ses yeux couleur chocolat avaient rougis. Il caressa son visage, essuya ses larmes sans cesser de pleurer.

-Ne pas en vouloir …

Il n’avait jamais réfléchi à la question. Il avait demandé Eve en mariage parce qu’il l’aimait, sur un coup de tête alors qu’ils étaient en week-end à Brighton. Pendant une soirée chaude et parfaite durant laquelle, en un éclair, il s’était rendu compte qu’il ne pourrait pas trouver plus parfaite qu’elle. Elle n’était pas parfaite en soi : c’était une vrai râleuse avec un tempérament de feu. Mais elle était parfaite pour lui. Sans se rendre compte de ce qu’il faisait, ni des conséquences, ni de rien, il lui avait alors demander de l’épouser, ce soir-là sur la plage. Sa surprise de s’entendre formuler sa demande n’avait eu que d’égal que son immense bonheur quand elle accepta.
Mais cette demande, elle avait été faite comme leur relation : au jour le jour, sur l’instant, spontanément. Un bébé, ce n’était pas un coup de tête. Un enfant, ça se préparait.
Pourtant, quand il posa ses yeux sur le ventre d’Eve, une boule brulante se forma dans sa gorge. Ne pouvant s’en empêcher, il posa sa main sur le bas du Tee-shirt, comme s’il pouvait faire la connexion entre lui et ce minuscule être, si fragile, si tangible, qui dormait au sein de sa fiancée. Eve posa les mains sur les siennes et les pressa contre son ventre. Il sut alors qu’il se refuserait à faire le moindre mal à cette petite chose, issue de sa chaire et de son sang. Cet être qui était une partie de lui comme il était une partie d’elle.
Je ne suis pas mon père.
Etait-il prêt à l’être, père ?

-Ma sœur, Meredith, entonna-t-il alors d’une voix étranglée, les mains toujours plaquées sur le ventre d’Eve. Elle s’est mariée. Elle a deux enfants … Et je n’étais pas là …

Eve se tut religieusement, les larmes se figeant sur ses joues. Alan s’efforça de contrôler ses tremblements. Sa famille, celle qu’il avait quitté, se mélangeait à celle qu’il était en train de former avec Eve. Il éprouvait le besoin de parler à voix haute pour dénouer tout cela. Le souhait de sa fiancée était en train de se réaliser.

-Comment tu le sais ? s’enquit Eve avec douceur.

Pour toute réponse, il extrait la photo que Molly avait laissé sur la table et la donna à la jeune femme. Elle détailla l’image avec des yeux fascinés qui séchèrent définitivement ses larmes.

-Mon dieu … Mais tu as combien de frères et sœur ?
-Deux sœurs. (Il désigna les désigna sur la photo). Meredith et Morgan. Là ça doit être les enfants de Meredith – et son mari. Et puis mes deux frères, Gethin et Adam. Et grand-père.
-Vous vous ressemblez tellement, s’émerveilla Eve. Mais Alan … Depuis combien de temps … depuis combien de temps tu ne les as pas vu ?

Alan scruta le visage de sa fiancée, ses yeux chocolat, son nez retroussé, la fine courbe de ses lèvres. Comment lui expliquer ? Comment lui expliquer à elle, son amour si délicieusement normale, toute l’absurdité qui avait fait basculer sa vie ? Il continua de la dévisager, à graver ses traits dans sa mémoire, la main toujours tout contre son ventre. Il prit alors une décision. Une décision qui risquait de mettre le peu de stabilité, le semblant de vie qu’il avait créé ses dernières années à bat.
Mais il se refusait à construire une famille sur des mensonges et des cachotteries.

-Eve, souffla-t-il alors, le cœur brisé de tout jouer ainsi. Eve, il faut que je te parle de quelque chose. La seule chose que je te demanderais … C’est de garder … l’esprit ouvert, d’accord ?

Déboussolée, Eve hocha néanmoins la tête, docile. Alan soupira alors et se jeta à l’eau, corps et âmes, pleurant d’avance tout ce qu’il avait construit. Il lui raconta tout : les bizarreries de Gethin, les violences du paternel, l’arrivée de Denis Crivey et la révélation de la véritable nature de ses petits frères, sa lâcheté quand il avait refusé de comprendre et mit le cap sur Londres, ses longues années où elle avait son seul repère, la chose la plus précieuse qu’il avait eu, et l’intervention des deux sorcières, Molly et Susan ce matin, et tout le fouillis qu’elles avaient mis dans sa tête.
Eve écouta patiemment, et Alan se souvint alors, le cœur en miette, pourquoi elle lui avait tant plu. Quand il l’avait rencontré dans ce pub, elle n’avait pas regardé sa béquille ni ses vêtements bons marchés. Elle ne jugeait pas sans avoir toutes les cartes en main. Même quand il évoqua la magie, elle tressaillit à peine. Il acheva son récit sur le fait qu’il refusait qu’elle l’épouse sans avoir connaissance de tout cela, et qu’il comprendrait si elle quittait l’appartement maintenant pour ne plus jamais y revenir. Mais Eve resta clouée au canapé, un air perplexe peint sur le visage.

-Si ça ne venait pas de toi, commença-t-elle avec prudence. Je trouverais ça … Complétement fou. Et j’appellerais l’hôpital le plus proche pour te faire interner.
-Mais ? devina Alan avec un regain d’espoir.

Eve se mordit la lèvre inférieure. Elle resta un temps silencieuse. Ses doigts étaient toujours noués à ceux d’Alan sur son ventre.

-Mais c’est toi qui me parle et … Je te connais, Alan, je te connais comme si c’était moi qui t’avait fait. Ces histoires de violences parentales, je les avais deviné depuis longtemps – et pour ça pas besoin de ta béquille, crois-moi. Je suis spécialiste du droit des affaires familiales alors j’en ai vu passé quelques uns des enfants battus et vous avez tous la même lueur brisée dans les yeux. Quant à cette histoire de magie …
-Eve, plaida Alan avec désespoir. Je te jure que c’est la vérité, aussi incroyable que cela puisse te paraître …

Soudainement, il regretta de ne pas savoir comment contacter Molly et Susan. Sans doute auraient-elles pu lui prouver … La jeune femme soupira profondément.

-Tu as un esprit cartésien qui est parfois intolérable. Une des raisons pour lesquelles ma mère te déteste c’est que tu es athée. Et tu as un manque criant d’imagination.
-Euh … D’accord.
-Donc je ne te vois pas inventer une histoire à dormir debout comme quoi ton frère voyait un peu l’avenir et ton autre frère est un sorcier qui étudie dans je-ne-sais quelle école de magie …
-Poux-de-lard, je crois.

A sa plus grande stupéfaction, Eve fut secouée d’un petit rire.

-Rien que ça, tu n’aurais pas pu l’inventer ! Poux-de-lard !
-J’avoue que je ne comprends pas bien, admit Alan, ne sachant pas quoi penser de l’hilarité de sa fiancée. C’est même assez ridicule.

Eve sourit et son regard s’accrocha à son visage comme celui d’Alan l’avait fait un peu plus tôt. Ses doigts se crispèrent un peu plus sur les siens.

-OK. Bon. Même si je sais que tu ne mens pas … Oh Alan, c’est tellement … tellement difficile à assimiler …
-Je sais … Je sais et je suis désolée de te raconter cela, de te précipiter dans cette merde … Mais si ça doit être mon monde, alors je m’imagine pas que tu n’en ais pas connaissance. Que tu n’en fasses parti.

Eve parut vaguement gênée et serra un peu plus ses doigts. Il ne sut ce que ça voulait dire mais il s’accrocha à sa main comme si sa vie en dépendait. Bientôt il ne resta que cela : la chaleur de leurs doigts entrelacés, et le ventre plein de promesse d’Eve sous eux.

-Qu’est ce qu’on fait ? s’inquiéta-t-elle en baissant les yeux. Qu’est-ce qu’on fait pour le bébé ?

Alan eut un petit sourire. Raconter tout cela à Eve lui avait éclairci les idées et pleurer l’avait purgé de tout son trouble. Il caressa le dis de la main de la jeune femme.

-Je veux du bébé – si tu veux toujours de moi.

Les yeux d’Eve pétillèrent et se remplirent à nouveau de larme. Elle dénoua les doigts des siens pour prendre son visage en coupe et l’embrassa, délivrant ainsi sa réponse. Alan crut qu’il allait défaillir de soulagement. Il prit délicatement la nuque d’Eve pour lui répondre, dégustant ce baiser au goût de larme, où il pouvait sentir la détresse et la joie. Ils se séparèrent doucement et Eve ramena son front contre celui d’Alan, haletante, mais souriante.

-Evidemment que je veux de toi, imbécile. Tu crois vraiment que quelqu’un d’autre serait capable de me supporter pendant les matchs ? Ou mes crises de nerfs avant une plaidoirie ? (Elle s’interrompit, et perdit quelque peu son sourire). Laisse-moi simplement le temps … C’est … tellement fou, ce que tu m’as raconté … Il faut le temps que j’intègre … que je comprenne …
-Tu sais, je ne comprends pas moi-même, lui apprit Alan, euphorique. Si seulement j’avais gardé de quoi contacter les sorcières … Aïe !

Eve venait de lui donner une tape sèche derrière la tête, et la perplexité dans ses yeux fit place à un feu qui lui était plus familier.

-Elles étaient prêtes à t’expliquer, persiffla-t-elle. A t’aider à comprendre, ça aurait pu tout arranger ! Comment tu as pu être aussi buté, Alan ?
-C’est compliqué … Je … Je ne voulais pas entendre.
-Tu ne voulais pas entendre ? (Elle agrippa la photo de famille et l’agita sous le nez de son fiancé). Putain, Alan ! Ta sœur a eu le temps de se marier et de fonder une famille le temps que t’en ailles ! Et ta mère ! Je peux comprendre que tu en veuilles à ton père, c’est naturel mais ta mère ? Tu as pensé à elle quand tu es parti ? Et tes frères ? Tu ne t’es pas dit qu’ils pourraient se sentir coupable de ton départ ? Tu te rends compte ou pas du mal que tu as pu faire ?

A bien des égards, Eve était une rose, une rose rouge : belle, passionnée et passionnante, mais piquante et douloureuse. Elle savait appuyer là où ça faisait mal et même le moins scrupuleux des êtres éprouvait des remords après avoir croisé son regard flamboyant.

-Je t’aime, Alan. Et me marier et élever cet enfant avec toi, j’en serais très heureuse. Mais il est hors de question que j’épouse un homme qui abandonne sa famille à chaque fois qu’il prend peur.

Ça, il le savait parfaitement bien. Eve était habituée à la stabilité et exécrait l’abandon. Ses parents étaient certes divorcés, mais elle entretenait d’excellentes relations avec son père. Sa propre grand-mère était l’archétype de la mama italienne qui n’était heureuse qu’une fois l’intégralité de sa famille réunie autour d’une table garnie de ses plats. Cependant, elle avait souffert de précédentes relations, mélanges de tromperies et de d’abus, qui avaient déjà abouti à un avortement. Alan ne doutait pas que vivre une seconde situation de ce genre aurait sans doute détruit Eve, mais même sans son passé, Alan aurait eu dans l’idée de garder le bébé. Avec tendresse, il posa sa main sur le ventre d’Eve et se pencha pour l’embrasser. Eve passa une main douce dans ses cheveux.
-Jamais. Je ne vous abandonnerais jamais.


* Sacrée Sorcières, Roald Dahl (l'auteur de Charlie et la Chocolaterie) où les sorcières sont des femmes machiavéliques qui transforment les enfants en souris.
** Pour Cochyo, qui dit qu'il n'y a pas de TGV au RU, mon cousin m'a dit récemment qu'il était question d'une ligne entre Londres et Manchester :p

Allez la suite tout de suite !
Dernière édition par Perripuce le 2017-10-07T16:10:10+02:00, édité 1 fois.

Perripuce
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Lucy Weasley - Chapitre 34 - 2 [Harry Potter]

Messagepar Perripuce » 2017-10-06T17:02:51+02:00

Deuxième partie


Quand il se réveilla le lendemain matin, Alan crut que ce qui s’était passée la veille était un mélange étrange de cauchemar et de rêve, une sorte de songe aux sentiments contraires issu du passé. Il voulut se retourner sur Eve et l’enlacer pour se rendormir et oublier ce rêve, mais la jeune femme semblait déjà être sortie du lit. Alan s’efforça donc d’ouvrir un œil et de se redresser, frissonnant et grommelant. Il enfila un tee-shirt qui trainait et agrippa sa béquille pour sortir du lit. Eve était effectivement sur la table de la cuisine, une tasse de thé dans une main et son autre main tapant sur son ordinateur, ses lunettes plantées sur son nez. Alan lut l’heure sur l’horloge du four et poussa un grondement sourd.

-Eve … Il est sept heures, tu es au courant de cela ?
-Je suis enceinte, mon chéri. Mon corps a sa propre horloge. (elle releva un regard brun et rieur sur son fiancé). J’ai envie de pancake. Tu peux me faire des pancakes ?
-Tu détestes les pancakes.
-Oui, mais j’ai envie d’essayer.

Alan leva les yeux au ciel et finit par céder à sa belle. Les mots « je suis enceinte » provoquèrent des espèces de fourmillement au sein de son estomac et il picora un baiser sur les lèvres d’Eve.

-Je suis presque sûr que tu profites de la situation, dit néanmoins Alan en prenant les ingrédients.
-Absolument pas, je profite de ce répit pour regarder les prix pour le Pays de Galles.

Alan fit tomber de la farine sur le sol, pris de court. Eve eut un sourire méchant.

-Dommage qu’on n’ait pas une baguette magique pour nettoyer tout cela, pas vrai ?
-Très spirituel, ma chérie. Tu … Pourquoi tu cherches des billets pour le Pays de Galles ?
-Bien … Tu disais que ce qui te dérangeait le plus, c’était cette histoire de magie – ce que je peux parfaitement comprendre. Mais les garçons doivent être à l’école, non ? Alors je trouve que ça serait une bonne idée d’aller voir ta mère, un week-end. Briser la glace, faire les retrouvailles, tout doucement … Avant que les garçons ne reviennent et que le rush commence ?

Sur le papier, le plan d’Eve se tenait et était censé. Mais pourtant, entendre ça lui tordit les entrailles.

-Eve … ça va trop vite. Moi aussi j’ai besoin de digérer tout cela …

Il posa les yeux sur le ventre de sa fiancée, qui soupira profondément. Elle retira ses lunettes pour les pointer sur lui.

-OK, je te laisse une semaine pour t’en remettre. Après on va voir ta mère. Ça ne t’intéresse peut-être pas, mais moi je veux des détails sur la magie.
-J’en doute pas, ironisa Alan en se reprenant. Allez, tais-toi un peu que je me concentre pour vous nourrir.

Eve eut un sourire presque attendri et caressa son ventre d’un air rêveur. Alan se mit aux fourneaux, songeur. Il n’en revenait toujours pas qu’Eve ait accepté de rester avec lui, après tout les folies qu’il lui avait racontées.
Et qu’ils allaient avoir un enfant.
Après la journée qu’il venait de passer, il se sentait euphorique, sur un petit nuage. La détresse et la stupeur étaient passées. Maintenant, il était décidé à profiter. Et à arranger les choses. Il finit par servir ses pancakes à Eve et ils déjeunèrent ensemble, plaisantant légèrement. Toute la mauvaise humeur de la veille était passée. Elle se remettait même à râler et ragea contre l’un de ses clients copieusement quand la sonnette retentit dans l’appartement. Alan laissa sa fiancée à sa hargne, craignant qu’elle n’agresse le pauvre facteur si elle ouvrait la porte. Mais ce n’était pas le facteur qui se retrouvait sur leur seuil.
C’était Molly Weasley.
La jeune femme eut un sourire penaud. Elle portait toujours son long menton et ses cheveux étaient cette fois lâchés sur ses épaules.

-Je sais que vous ne voulez sans doute plus me voir … Mais il se trouve que j’ai oublié mon écharpe.

Alan la dévisagea un instant, hébété. Il n’aurait pas pensé la revoir si tôt. Mais à dire vrai, ça tombait assez bien. Malgré son empathie envers cette jeune femme – il n’avait pas apprécié d’être pisté, ni le fait qu’elle avait souhaité lui effacer la mémoire – il décida d’être aimable.

-Je sais. Eve demande votre parfum, d’ailleurs.
-Je doute qu’elle ne le trouve chez nous, fit valoir Molly, visiblement prise de court. Je l’ai acheté sur le Chemin de Traverse.
-Qu’est ce que c’est ?

Molly dressa un sourcil surpris et son regard s’assombrit.

-Pourquoi ? Ça vous intéresse maintenant ?

Alan prit la pique comme un pique glacé dans le ventre. Oui, il le méritait un peu, après tout ce qu’il avait dit la veille.

-Ma petite-amie est enceinte.

Il ne savait pas pourquoi il lui avouait cela. Sans doute parce que cela lui avait complétement retourné l’esprit. Qu’il avait besoin de s’exprimer – d’essayer de se faire comprendre. Molly parut déboussolée, mais eut assez de contenance pour lancer :

-Mes félicitations.
-Et je pense … enfin … que ma mère aimerait bien connaître ses petits-enfants.

Le sourire de Molly se fit plus franc, et ses yeux étincelèrent. Sans doute cernait-t-elle mieux les changements qui avaient eu lieu pendant la nuit.

-Oui, ça me paraît naturel. Ce qui veut dire … que vous êtes prêts à nous écouter … ?

A l’approbation d’Alan, le sourire de Molly s’élargit. Elle coinça une mèche rousse derrière son oreille.

-Vous voulez que je vous en parle maintenant ?
-Vous ne travaillez pas ?
-Nous sommes dimanche, rappela Molly avec amusement. Et les sorciers respectent le week-end. Quand je vous disais que nous n’étions pas si différent de vous …

Alan se sentit quelque peu stupide. Et ce fut pire quand il se rappela l’entretient de la veille. Si Eve l’avait vu ainsi … Peut-être l’aurait-elle vraiment quitté.

-Donc ? insista Molly.

Alan jeta un coup d’œil à l’intérieur. Il apercevait Eve depuis la cuisine, savourant ses pancakes et pianotant sur son téléphone. Son visage s’empourpra quand il songea à la réaction qu’elle aurait en considérant Molly. La jeune femme était assez belle en soi et Eve avait toujours détesté qu’on l’approche de trop près – c’était lourd à supporter, mais il acceptait pour la rassurer.

-Euh … Ce n’est pas que je ne veux pas mais … Ma petite-amie est assez jalouse.
-La mienne aussi, répliqua Molly avec un sourire amusé. J’espère que votre amie n’est pas trop jolie.

Alan dévisagea la jeune femme, qui le fixait avec des yeux étincelants. Il la considéra avec des yeux nouveaux. Rien ne laissait supposer en elle qu’elle était homosexuelle – mais rien n’indiquait non plus qu’elle était une sorcière et de toute manière de n’était pas censé être marqué sur le front. Mais cette information donnait une autre dimension à Molly, une dimension qui atténuait son coté sorcière. Cela attestait de ce qu’elle démontrait la veille : elle était normale. Il reprit alors contenance et eut un sourire sarcastique.

-Navrée pour votre copine, mais si, Eve est très jolie.
-Daphnéa fera avec, alors. Et vous lui … avez parlé de nous ?
-Hier soir. Il ne fallait pas ?

Mais Molly secoua la tête pour le rassurer.

-Non, non, c’est très bien. Si vous avez été capable d’assumer la bizarrerie de vos frères devant elle, c’est que vous êtes en bonne voie de guérison.
-Très drôle. Bon, vous voulez rentrer ?
-Volontiers.

Alan s’effaça et Molly entra dans l’appartement avec plus de légèreté et moins de rage que la veille. Quand elle déboucha dans la cuisine, le visage d’Eve se ferma immédiatement et elle la jugea de ses yeux plissés.

-Chérie, entonna alors Alan, amusé par la cocasse situation. Je te présente la propriétaire du foulard bleu.

Le regard d’Eve ne s’adoucit pas et se fit agressif quand il se posa sur Alan. « C’est qui elle ?! » semblaient-t-ils hurler.

-La vieille Dawson, marmonna-t-elle en secouant la tête. Tu n’as définitivement aucune imagination.
-Je m’appelle Molly, en réalité, se présenta la sorcière d’un ton presque professionnel. Je travaille au Ministère de la Magie au département de la Coopération Magique Internationale, et j’ai une petite-amie Daphnéa qui est journaliste sportive. Ma petite sœur m’a demandé de retrouver Alan pour son ami Adam.

Les yeux d’Eve s’écarquillèrent à mesure qu’elle emmagasinait les informations. Elle lâcha son téléphone et son visage blêmit tellement qu’Alan était persuadé qu’elle craignait que Molly ne la change en crapaud.

-Je …, bredouilla-t-elle, déroutée. Je suis désolée …
-Et au cas où vous vous poserez la question, poursuivit Molly avec un sourire affable. Non, nous ne sommes pas chauves et nous n’avons pas les pieds carrés.
-Et vous ne volez pas sur des balais ? s’étonna malgré tout Eve.

Les yeux de Molly roulèrent dans leurs orbites et Alan pouffa sous cape. Ça promettait d’être un moment épique.

-Certains d’entre nous le font, mais c’est plus sportif qu’autre chose.
-Donc les balais c’est vrai !

Molly lui jeta un regard éberlué. Eve parut soudainement honteuse et se tordit les mains de gêne.

-Désolée pour l’air désagréable.
-Pas de problèmes.

Pour se racheter, Eve consentit à se lever de sa chaise pour faire un café à Molly. La sorcière récupéra son foulard et s’installa sur une chaise, les mains dignement posées sur la table. Eve posa une tasse fumante devant elle et ils s’assirent devant elle.

-Dites, commença alors l’avocate avec indécision. Euh. Alan ne m’a mis au courant pour la magie que … y’a pas longtemps. Alors … j’ai du mal encore à y croire. Est-ce que vous pouvez juste me faire … Une petite démonstration ? ça m’aidera peut-être …
-Bien sûr, accepta Molly avec amabilité. Bien, euh … Je vais faire léviter ma tasse, d’accord ?

Eve hocha la tête et la jeune femme fouilla ses poches pour en sortir une longue baguette de bois sombre. Elle s’éclaircit la gorge et gazouilla des mots aussi ridicule qu’Alan se l’était imaginé. Pourtant, il resta cloué sur sa chaise quand la tasse s’éleva de quelques centimètres, suivant les mouvements la pointe de la baguette. Eve ouvrit de grands yeux tétanisés alors que Molly reposait tranquillement sa tasse et rangeait sa baguette.

-D’ac…cord, souffla alors l’avocate, figée. Euh … C’est …

Visiblement, Eve ne savait pas réellement c’était, car elle n’acheva pas sa phrase et fixa la tasse comme si elle allait s’envoler à nouveau. Alan avait vécu bien pire avec Gethin – toutes ses choses qu’il avait semblé voir avant qu’elles ne se passent – mais pourtant, cette autre forme de magie le glaça jusque la moelle. Molly parut gênée par leur malaise.

-C’est un sortilège qu’on apprend aux premières années. Gethin doit sans doute savoir le maitrisé, à l’heure qu’il est.
-Gethin c’est celui du milieu ? chuchota Eve à Alan.
-Non, le plus petit.

Molly eut un petit sourire indulgent.

-Bien. Si je peux vous être utile pour vous aider à mieux comprendre mon monde, j’en serais ravie.
-Est-ce que vous pouvez faire apparaître de l’argent ? s’enquit immédiatement Eve. J’essaie justement d’acheter des billets pour le Pays de Galles.

Alan la foudroya du regard alors que Molly souriait patiemment.

-Non, l’argent fait partie des exceptions des lois de Gamp sur la Métamorphose Elémentaire. Comme la nourriture, l’amour ou la vie.
-Et vous avez un sport où vous volez sur des balais ?
-Ça s’appelle le Quidditch. Et j’aimerais être plus précise, mais ça n’a jamais été ma passion. Il faudrait que vous parliez à Daphnéa ou à mon cousin Fred … La seule chose que je peux vous dire c’est qu’Adam y joue à Poudlard et qu’il a fait faire une chute à ma sœur. Elle en a ragé tout l’été.

Alan esquissa un petit sourire attendri. Adam avait toujours aimé le sport : le foot, le rugby, il avait tout testé quand il était petit. Rien d’étonnant qu’il ait adopté le sport des sorciers. Molly demanda s’ils avaient d’autres questions mais ni Eve ni Alan ne savaient par ou commencer. La sorcière sourit alors avec douceur.

-Bien. Je vais peut-être vous expliquer la magie en général. Ce qu’on fait, ce qu’on n’a pas le droit de faire, nos institutions. Ce sera peut-être un bon commencement, non ?

Alan acquiesça et Eve hocha vivement la tête, piquée par la curiosité. Les yeux de Molly pétillèrent.
Il est temps de s’ouvrir l’esprit.


***


Molly vint presque tous les jours, dès qu’elle rentrait du « Ministère de la Magie », leur gouvernement au sein duquel elle travaillait. Alan fut choqué d’apprendre qu’elle était la fille de l’équivalent sorcier du Premier Ministre. Les ramifications de la Communauté le fascinaient, à sa plus grande surprise. C’était plus facile d’imaginer et d’accepter une fois que l’on avait des détails qui rendaient la chose plus concrète, moins effrayante. Le lendemain de leur première discussion, Molly était revenue mais elle n’était plus seule. Un homme l’accompagnait, d’environ le même âge qu’elle – la petite vingtaine – la peau mate et les cheveux noirs attachés en catogan sur sa nuque.

-Je vous présente mon cousin Fred, l’avait-t-elle introduit avec un sourire penaud. Je vous demande d’avance d’excuser son comportement, il est assez démonstratif. Mais comme on va parler de Poudlard aujourd’hui, je me suis dit que ce serait mieux d’avoir un spécialiste.

Fred l’était effectivement, démonstratif, mais Alan apprécia immédiatement son franc parlé et son sens de l’humour. Il leur expliqua que pendant ses études, il était connu comme était le Chahuteur-en-chef de son école, mais également pour être un « grand Capitaine de Poudlard », ce à quoi sa cousine lui répondit par un long regard dubitatif. Il leur raconta ses pires frasques à Poudlard, faisant s’étrangler d’indignation Molly, qui eut l’air d’en apprendre autant qu’Alan et Eve. Fred leur vanta également les louanges d’Adam, un des meilleurs joueurs qu’il eut sous son aile – mais le sorcier avait une telle proportion à l’exagération qu’Alan ne sut s’il devait le croire. Ils les avaient alors interrogés sur leur famille, les Weasley. Ils étaient à présent très nombreux – les enfants de sept frères et sœurs – presque tous roux et très soudés. Malgré leur tableau qui faisait chaud au cœur, une ombre demeurait sur leurs visages et Molly finit par avouer à Alan en privé qu’un de leur cousin, James, était dans le coma depuis quelques semaines, conséquences d’attaques qui avaient lieu à l’école.

-Mais je ne pensais que Poudlard était dangereux ! s’étonna Alan, effaré.
-Ça ne l’est pas, habituellement, répondit tristement Molly. C’est juste que cette année … Mais ne vous en faites pas pour vos frères, des Aurors – euh, notre police d’élite si vous voulez – sont à Poudlard et depuis il n’y plus d’attaque.

La détresse avait percé son regard – sans doute, malgré ses paroles rassurantes, s’inquiétait-t-elle pour sa propre sœur. Vu son émotion apparente, Alan préféra ne pas insister. Malgré cela, ils rirent beaucoup, ce soir là et les cousins restèrent même mangé chez eux.
Quand ils ne parlaient plus magie, Alan et Eve essayaient d’organiser leur nouvelle vie : fixer une date pour le mariage, premiers rendez-vous gynécologiques, éplucher internet pour trouver un nouvel appartement (le leur était trop petit pour un enfant) … Cela leur fit deux jours bien vifs et chargés.
Fred revint avec Molly le mardi matin – Eve avait pris sa mâtinée et les sorciers ne travaillaient pas ce jour – et tentait désespérément de leur expliquer les règles du Quidditch.

-Mais c’est pourtant simple ! Le match se finit quand un Attrapeur attrape le Vif d’Or.
-Ce n’est pas les Poursuiveurs qui attrape ça ? se récria Eve avec un froncement de sourcil.

Fred soupira avec agacement et se tourna vers Alan :

-Dis-moi, c’est être enceinte qui la rend aussi stupide, ou bien c’est comme ça tout le temps ?
-Fred, siffla Molly en le frappant derrière la tête. Je ne t’ai pas demandé de te tenir ?
-Si tu voulais quelqu’un qui se tienne, t’avais qu’à demander à Teddy !

La sorcière abandonna son cousin avec un soupir et se réfugia dans le salon. Alan eut pitié d’elle et la suivit, laissant Eve s’échinait à comprendre le sport sorcier. Molly détaillait la pièce avec intérêt quand il la rejoignit.

-Ça doit différer de chez vous, non ?
-Beaucoup, confirma la jeune femme avec un petit sourire. Tout ce qui marche à l’électricité on ne l’a pas – ou alors différemment. Et nos photos bougent, aussi.
-Elles bougent ?

Molly opina du chef et sortit un porte-monnaie de son sac. Elle en extrait une photo qu’elle montra à Alan. Il y avait deux filles sur l’image, deux rousses qui effectivement étaient animées. Molly était reconnaissable et se tenait dignement, jetant un regard réprobateur à l’autre fille. Elle était plus petite, le visage plus mince et le nez long, mais respirait la vie avec ses grimaces et des éclats de rires qui se devinaient.

-Votre sœur ?
-Lucy, oui. Elle est intenable, elle aussi.

Alan eut un demi-sourire. Ça, il n’en doutait pas une seule seconde, cette gamine avait la malice qui se lisait sur le visage. Molly rangea la photo.

-Alors ? Vous ne regrettez pas d’apprendre à nous connaître ?
-Non, évalua Alan avec sincérité. Non, je pense que j’avais besoin de savoir. J’aurais fait une crise de conscience, un jour ou l’autre. A l’approche du mariage, etc … Votre arrivée et celle du bébé … On va dire que ça a accéléré le processus. Je ne dis pas que j’ai tout intégré. Je dis juste que ça m’aide à avoir les idées claires.
-C’est toujours mieux de comprendre, ça atténue la peur et l’appréhension. Eve m’a dit que vous essayez d’aller au Pays de Galles ?

Alan hocha doucement la tête. Oui, il commençait sérieusement à y songer. Depuis deux jours, il commençait à se remémorer les choses. La douceur de sa mère, le rire de Meredith, la moue boudeuse de Morgan, les histoires d’Adda, les plats de Gwen. Pour la première fois depuis cinq ans, il s’autorisait à effleurer ce vide qui s’était creusé dans son cœur depuis son départ de chez lui. Et de ce fait, il ressentait atrocement ce manque, cette perte qui saignait en lui.
Il fallait qu’il rentre chez lui.

-C’est une bonne chose, se réjouit Molly. Ce ne sera sans doute pas simple au début mais sur le long terme …
-Oui, je sais – et c’est pour ça que je le fais. Il est temps que je répare mes tords, non ?

Molly eut un sourire penaud et hocha doucement la tête. Elle l’interrogea sur quelques objets dans la pièce et Alan s’arma de patience pour tout lui expliquer – comme elle avait dû ronger son frein en lui présentant son monde.

-C’est fascinant, souffla Molly quand il eut fini de lui expliquer le rôle de l’ordinateur. Daphnéa adorerait.
-Ça fait combien de temps que vous êtes ensemble ?
-Trois mois, presque quatre. Sa mère est une moldue alors quand elle retrouve les trucs de son enfance, elle est euphorique. Et elle aime beaucoup le foot.
-Une sainte personne.
-Une affreuseté, intervint Fred en revenant avec Eve de la cuisine. Elle m’a privée de la coupe pour ma dernière année, cette gourde. Saloperie. Non, en fait la saloperie c’était Lucy. Et Montague. Et si, quand même Daphnéa.

Molly leva des yeux désabusés au ciel. Eve annonça fièrement qu’elle avait enfin compris quelque chose au Quidditch et exigea qu’il l’emmène voir un match de son frère.

-Et la deuxième femme dont tu m’as parlé ? s’enquit alors la jeune femme. Elle ne vient plus ?
-Susan ? devina Molly. Oh, elle a énormément de travail en ce moment, avec la Loi d’Amnistie qui ne va pas tarder à être votée … Les débats ouvrent aujourd’hui d’ailleurs, Fred ?
-J’en sais rien, répliqua vertement son cousin. Mon père déteste cette loi et moi aussi.

Molly fusilla Fred du regard, mais ne parut pas vouloir entrer dans la polémique sans y parvenir.

-Pour la millième fois, Freddy, Rookwood restera bien au chaud derrière les barreaux, cingla-t-elle avant de se tourner vers Alan avec un sourire. En tout cas, j’ai quand même parlé à Susan de nos réunions, poursuivit-t-elle néanmoins. Et elle est très contente.

Alan fut soulagé d’entendre cela. La déception qu’il avait lu dans les yeux de Susan le jour de leur seule rencontre l’avait blessé et il était heureux de redorer son blason auprès d’elle. Ils s’assirent dans le salon avec l’intention de boire l’apéritif et Fred leur sortit fièrement l’une de leurs spécialités sorcières, la « bière au beurre » - comment avaient-ils pu décemment faire une bière au beurre ? Eve eut un sourire malicieux.

-Bien, puisque j’ai fait l’effort de comprendre les règles du Quidditch … Fred, laisse-moi te rendre la pareille ! Tu as déjà entendu parlé du foot ?

Molly parut désespérée d’avance et Alan éclata de rire devant une Eve enthousiaste de les inviter au dîner pour regarder un match de Premier League au soir. Fred était déjà en train de négocier son départ quand on toqua à la porte. Eve alla ouvrir et ramena derrière elle, pour leur plus grande stupeur, Susan Finnigan.

-Ah Molly, tu es là, constata-t-elle avec crispation. Je ne m’y attendais pas.
-Je te l’ai dis pourtant, s’étonna Molly en se levant. Tu dois avoir l’esprit agité avec la loi …

Agitée, Susan avait l’air de l’être tout particulièrement. Ses doigts tripotaient son sac à main avec nervosité et ses yeux détaillaient la pièce sans jamais se poser nul part. Alan dressa un sourcil, perplexe.

-Vous allez bien, Mrs. Finnigan ?

Susan le scruta un instant, se mordant la lèvre inférieure. Eve l’interrogea du regard, mais Alan ne put qu’hausser les épaules. Puis la sorcière soupira profondément :

-Je ne pense pas que c’est utile de vous le cacher … (Elle posa des yeux résolus sur Fred et Molly). Ils ont enfin trouvé un antidote.

Les deux cousins ne réagirent pas dans un premier temps. Puis Molly plaqua brutalement ses mains sur sa bouche, les yeux brillant et Fred poussa un cri de victoire en sautant du canapé. Son euphorie était telle qu’il prit la première chose qui se trouvait sous sa main – en l’occurrence, Eve – et la souleva de terre pour plaquer un baiser sur sa joie, comme si c’était de son fait. L’avocate jeta un nouveau regard déboussolé à Alan, mais son fiancé était tout aussi perdu qu’elle.

-Donc … Donc ils vont soigner James ? haleta Molly, les larmes aux yeux.

Susan se dandina, passant d’un pied à l’autre et finit par lâcher :

-Cela a été testé sur James. Et c’est parce que ça marche qu’on sait que l’antidote est viable.

Alan comprit alors que cela concernait ces affaires d’agression à Poudlard. Il sentit son cœur s’envolait de soulagement. Quoiqu’il arrivait, si ça arrivait à ses frères, ils seraient sauvés.

-Mais c’est une formidable nouvelle ! s’écria Fred, surexcité. Quand est-ce qu’on peut aller le voir ?
-Pourquoi vous faites cette tête, alors ? s’enquit Molly au même moment.
-Il faut que j’aille voir tante Hermione pour l’embrasser, là !
-Hermione n’a rien à voir là dedans, finit par avouer Susan. Ce sont des élèves qui ont trouvé l’antidote.

Un silence s’abattit alors sur le salon. Eve continuait de chercher le regard d’Alan. « Mais de quoi ils parlent ? » articulait-t-elle silencieusement. « Je t’expliquerais », tenta de lui répondre son fiancé. Puis après un instant de silence pesant, Molly finit par lâcher en toute brutalité :

-Je vais la tuer.
-Ce n’est peut-être pas …, voulut dire Fred.
-Si, bien sûr que si c’est elle ! (Molly se leva de frustration et se mit à faire les cents pas devant le canapé). Par le caleçon de Merlin, elle fait tout de travers depuis le début d’année, qu’est-ce qui lui prend ?!
-C’est elle ? demanda Fred à Susan, qui lui servit un regard éloquent. D’accord, c’est elle. Bien dans ces cas là, elle vient de sauver James alors je ne crois pas que tu puisses lui en vouloir pour …
-D’abord il y a eu ce qu’il s’est passé sur le terrain de Quidditch ! cria Molly, visiblement hors d’elle. Et James qu’elle découvre ! Elle me fait ensuite le coup du dragon dans Poudlard, puis elle va jouer les héroïnes en allant sauver une gamine dans son dortoir inondé ! Et maintenant elle risque le renvoi !
-Avoue que c’est moins pire que le dragon, le renvoi …

Mais cela ne parut pas calmer Molly, qui passa ses mains dans ses cheveux avec hargne. Eve se rapprocha discrètement d’Alan et lui glissa :

-Des dragons, des inondations dans les dortoirs … Chouette école, Poudlard.

C’était précisément ce à quoi était en train de penser Alan. Il avait deviné que « elle » contre qui la sorcière était si en colère était sa petite sœur, encore à Poudlard. Susan leva les mains au ciel pour apaiser les tensions et précisa :

-Il n’y pas que Lucy, Molly. Ils étaient cinq, de ce que la directrice m’expliquait dans sa lettre.
-Luke Zabini, devina immédiatement Fred. Lucy ne saurait pas faire un coup sans lui.
-Lysander, ajouta Molly en s’efforçant de rester calme. Si elle a fait un antidote – non mais je vous jure … Bref. Ça me paraît impensable qu’elle n’ait pas associé Lysander.
-C’est qui, les deux autres ?

Susan se mordit la lèvre.

-Shannon. Ça explique pourquoi elles trainent ensemble maintenant alors que je n’ai pas entendu parler de Lucy en quatre ans.
-Oh par Merlin …, gémit Molly. Susan, je suis désolée que ma sœur ait mêlé votre fille à ça …
-Shannon est grande, elle sait prendre ses propres décisions. Elle aurait pu refuser. Quant au cinquième … C’est la raison de ma venue, à vrai dire. C’est Adam.

Alan s’en était douté, dès que Susan avait avoué qu’ils avaient été cinq dans la confection de l’antidote. Il devinait facilement, à la gêne de Susan et la fureur de Molly, que ce qu’ils avaient fait n’étaient pas franchement autorisé par le règlement intérieur de l’école. Les yeux de Susan tombèrent sur lui et Alan lui renvoya un regard dérouté.

-Je pars pour Poudlard, expliqua-t-elle alors en prenant place sur le fauteuil, près de lui. La directrice, Minerva McGonagall, à demander à voir les parents pour expliquer ce qu’il s’est passé. Je ne sais pas si Molly vous a parlé du contexte actuel à Poudlard …
-Vaguement. Des attaques, un cousin agressé ?
-Trois personnes, en réalité, sans lien apparent. L’enquête piétine, et personne n’arrivait à trouver d’antidote au poison qui mettait les garçons dans cet état.
-Mais ils ont réussi à trouver un antidote, comprit Alan avec un hochement de tête. Une bande de gosse qui a surement allégrement transgresser le règlement. Donc ils convoquent les parents pour une sorte de conseil de discipline, jusque là je pige. En quoi ça me concerne ?

Car il était clair maintenant qu’elle était venue pour lui. Pour lui parler d’Adam. Les doigts de Susan se tordirent un peu plus quand elle entonna :

-Je sais que ce serait beaucoup vous demandez … Enfin si nous avions un autre choix, je … Minerva savait que j’avais commencé des recherches sur votre famille et m’a demandé d’aller prévenir votre mère – pour les moldus, on préfère envoyer quelqu’un plutôt qu’une lettre. Mais votre mère est malade. Oh ce n’est rien de grave, le rassura-t-elle quand il ouvrit des yeux paniqués. Vos grands-parents s’occupent d’elle, mais elle ne peut pas se déplacer, elle est coulée au lit. Elle m’a dit d’aller chercher sa fille, votre sœur, mais là encore … Mrs. Barry – car elle s’est mariée, vous l’avez su ? – était débordée à son travail, et quand je suis arrivée vers elle, elle m’a beuglé d’aller voir quelqu’un d’autre, qu’elle n’avait pas le temps. (Susan secoua la tête). Les hôpitaux moldus … C’est à la limite de l’inhumain, autant pour les patients que pour le personnel.
-Vous voulez que je vienne avec vous ? saisit Alan avec stupeur. Que je vienne avec vous dans cette école et que je représente mon frère que je n’ai pas vu depuis cinq ans ?

Susan parut comprendre l’absurdité de la situation. Pourtant, elle hocha la tête.

-Oui, Mr. Donovan. C’est à peu près cela.

Alan n’en croyait pas ses oreilles. Il faisait des efforts pour un jour reprendre un contact avec sa famille, mais … Il n’était pas prêt. Il ne se sentait déjà pas encore armé pour revoir sa mère, alors Adam … Et Gethin, réalisa-t-il soudain. Parce que je ne peux pas aller là-bas sans voir Gethin.

-Je ne sais pas … Mrs. Finnigan, ça va trop vite, je …
-Je sais que vous avez juste commencé à vous ouvrir à notre monde, le coupa Susan. Et c’est admirable. Mais il faut un adulte présent pour représenter Adam. Je ne dis pas que ce sera facile …
-Lui ? douta alors Molly. Face aux Zabini ?
-C’est justement ce qui me fait peur, avoua Susan avant de se tourner vers Alan. Il y a des courants assez … anti-moldu, au sein des sorciers. Ils ne sont pas dominants, loin de là, mais ils existent. La famille Zabini fait parti de ce mouvement et sera sans doute hostile …

Comme c’est rassurant …

-Mais vous êtes la troisième personne à demander en cas d’urgence, si les circonstances l’exigent, lui apprit alors Susan avec un pauvre sourire. Et oui, même après votre départ, votre mère vous a mis sur cette liste qu’elle a confié à Poudlard. Et de toute manière, vous être le seul autre adulte qui puisse vous présenter …
-Mes grands-parents ? tenta Alan avec la force du désespoir. Grand-père serait comme un gosse à Poudlard …
-Ils s’occupent de votre mère, lui rappela Susan. Et ils sont âgés … Je ne préfère pas prendre le risque de confronter de vieilles personnes moldues à la magie. Vous n’êtes pas obligé d’accepter, je peux toujours aller kidnapper Mrs. Barry à l’hôpital …

Meredith la tuerait sans doute pour cet affront – elle était réellement du genre fougueuse, dans les souvenirs d’Alan. Il aurait voulu éviter cette peine à Susan, sincèrement. Mais la perspective d’aller à Poudlard revoir ses deux frères – qui devaient cordialement le haïr – le clouait sur place et lui glaçait les veines. Il crut qu’il allait faire une véritable crise de panique, acculé de toute part, quand la voix d’Eve emplit l’espace :

-Il faut que tu y ailles, Alan.

Il la dévisagea avec de grand yeux, un regard qui devait être (à sa plus grande honte) dominé par l’effroi. Eve ne sourcilla pas et posa distraitement la main sur son ventre. Sur leur enfant.

-Ton frère a besoin de toi, déclara-t-elle avec fermeté. Et laisse-moi te rappeler que si ce n’est pas toi, ni ta sœur, ni ta mère, on serait capable d’aller chercher ton père.

Alan ne dit rien, mais il savait que c’était impossible, pour la simple et bonne raison que son père était derrière les barreaux depuis trois ans pour avoir tué quelqu’un. D’après la lettre qu’il avait reçue de son avocat, il était alcoolisé au volant et n’avait pas vu la personne découcher sur le passage piéton. Cet enfoiré avait eu le culot de lui demander de venir à la barre prendre sa défense. Il avait brulé la lettre sans en parler à personne, pas même à Eve. Laquelle poursuivit sa plaidoirie avec la ferveur de l’avocate :

-De toute manière, ça allait bien arriver un jour, cette rencontre. Je sais que ça paraît tôt mais dis-toi que … c’est comme arracher un pansement. Ça va faire mal sur le coup, mais une fois que ce sera fait, tu seras tranquille. Tes frères t’en veulent peut-être, c’est vrai et qui pourraient les blâmer ? Mais si tu fais ça pour eux, que c’est toi qui vas vers eux … Alan, ça pourrait bien se passer. En plus avec les cours intensifs sur le monde magique que tu suis depuis deux jours, tu baignes dedans. Tu pourras les comprendre et peut-être que tu pourras aussi te faire comprendre. De toute façon, il faut bien que tu te jettes à l’eau un jour ou l’autre.

Alan la dévisagea, les yeux écarquillés. Il était terrifié à l’idée de revoir ses frères, de subir leurs yeux accusateurs posés sur lui, d’être inondé de leurs reproche. Non, il n’était pas prêt à cela.
Mais en même temps, le serait-il un jour ?
Ses yeux se posèrent sur la photo de sa famille, qu’Eve avait encadrée et poser sur un meuble. Les yeux d’espoir de ses frères le fixaient, figés. Alan pensa à tout ce qu’il avait appris ses derniers jours, à toutes ses choses qui s’étaient passées et qu’il avait raté, et à toutes celles qui venaient et qu’il refusait de ne pas voir, à la curiosité qui le rongeait de voir comme toute sa famille avait évoluée. Ça le rongeait : il fallait qu’il les voit.
Mais il avait peur de les voir.
Il chercha la réponse dans le regard intraitable d’Eve. Dans ses yeux chocolat il lut ses inquiétudes et ses espoirs. Sa main était toujours crispée sur son ventre.
C’est comme arracher un pansement. C’est comme arracher un pansement…
Sans savoir ce qu’il faisait, sur pilotage automatique, il hocha doucement la tête. Oui. Oui, il allait à Poudlard voir Adam. Et sans doute Gethin.
Susan soupira de soulagement et frappa une fois dans ses mains.

-Parfait. Merci beaucoup, Alan, merci pour eux …
-Tu es sûr ? s’enquit Molly, soucieuse. Les Zabini ne seront vraiment pas faciles, ils …
-Ils ne seront pas pires que mon père.
-Euh …

Molly se tut, mais son silence parut éloquent à Alan. Il dressa un sourcil, interloqué, le cœur battant à la chamade.

-Lucy m’a toujours dis qu’elle soupçonnait des sortes de violences chez eux, admit alors Molly dans un filet de voix. Donc bon …
-Oh génial … Vous en avez encore d’autres, comme ça ?
-Bien … La mère de Lysander – si elle est là. Elle est bizarre, ne faites pas attention et si elle vous parle de Ronflaks Cornus, ne répondez pas. Au fait … (elle se tourna vers Susan avec un froncement de sourcils). Je dois venir aussi ? Pour Lucy …
-Inutile, ton père se déplace.

Un air de profonde stupeur se peignit sur le visage de Molly. Alan se souvint que leur père était le Premier Ministre moldu et il s’imaginait son propre chef de gouvernement se déplacer lui-même pour les frasques de ses enfants. Hautement incongru.
Pas autant que se déplacer pour des frères qu’il n’avait pas vu depuis cinq ans.
Alan attrapa sa béquille et se leva avec difficulté, prétextant qu’il allait chercher ses affaires. Arrivé dans sa chambre, il s’écroula sur son lit, le visage entre ses mains. Ce fut ainsi qu’Eve le trouva un instant plus tard, toujours prostré. Elle le prit doucement entre ses bras et embrassa ses cheveux avec douceur.

-Mais qu’est-ce que je fais ? gémit-t-il en se blottissant contre sa fiancée.
-Quelque chose de bien, lui assura-t-elle en le caressant doucement. Ça ne sera pas facile, mais il faut que tu le fasses …

Alan expira profondément pour se calmer. Eve le serra un peu plus fort.

-Moi je suis fière de toi. (elle prit sa main pour la poser sur son ventre). On est fiers de toi.

Alan eut un petit sourire et Eve l’embrassa doucement pour lui insuffler du courage. Il finit par avoir la force de se lever, de prendre ses papiers d’identités et de mettre son menton. Son cœur s’emballait sous le coup l’appréhension. Quand ils sortirent de la chambre, Alan fut surpris de voir que Fred et Molly s’étaient rhabillés et s’insurgeaient contre Susan : celle-ci ne voulaient pas qu’ils les accompagnent quand les cousins souhaitaient se rendre à Poudlard (pour voir James ou tuer Lucy, le suspens était entier). Susan finit par céder devant leur air buté et ils s’empressèrent de s’excuser à Eve. Celle-ci gratifia son fiancé d’un sourire rassurant.

-Ne t’en fais pas, je vais allez voir ma mère. Il faut bien que je lui dise que je vais avoir un bébé avec son athée de beau-fils.
-Vous allez avoir un bébé ? se récria Susan, un immense sourire retroussant ses lèvres. Toutes mes félicitations !

Eve en rougit quand la sorcière l’enlaça pour la congratuler. Puis elle se tourna vers Alan avec une mine plus sérieuse.

-Vous êtes prêt, Mr. Donovan ? Bien, ajouta-t-elle quand il eut acquiescé. Molly vous a expliqué ce qu’était le transplanage ?
-Vaguement, oui. C’est de la téléportation, en fait ?
-On va dire ça. Et bien nous allons vous faire transplaner. Il se peut que vous ne vous sentiez pas bien pendant l’opération mais n’ayez nulle honte, c’est normal. Nous atterrirons près de Poudlard.
-La directrice c’est Minerva McGonagall, précisa Molly. Appelez là « Madame » ou « Professeur ».
-Faites attention à Peeves, l’esprit frappeur, enchérit Fred avec un sourire de coin. La dernière fois que ma mère est venue pour une de mes conneries, il lui a balancé une bouteille d’encre dessus.
-Dites donc, vous, vous ne tentez pas de lui faire peur, par hasard ?
-Non, répondirent les cousins en un ensemble harmonieux.

Alan eut un sourire indulgent. Bien au contraire, les babillages et les soins de Molly et Fred lui faisaient chaud au cœur. Il y avait longtemps qu’on ne s’était pas intéressé à ce qu’il ressentait, qu’on n’avait pas tenté de le protéger, lui. Susan lui prit doucement le bras.

-Vous êtes prêt ?
-Oui, répondit-t-il fermement. Allons-y.

Susan sourit tranquillement, et salua Eve. Alan contempla un instant son petit ange aux cheveux bruns et aux yeux rieurs et leva la main pour lui dire au revoir. Il y eut juste le temps de voir Eve lever la sienne avant que le décors ne s’efface et qu’il ne se sente aspirer dans un tourbillon de magie et s’étrangeté.

Voilààààà un peu d'originalité avec le point de vue d'un moldu sur le monde sorcier. Je comptais pas faire un chapitre sur Alan - A vrai dire de base, vous n'auriez jamais dû le voir, une des scènes de fin que j'avais imaginé c'était Adam et Lucy qui toquaient à la porte d'Alan et vous planter là :mrgreen: Vous m'auriez détesté non?

addbook
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Re: Lucy Weasley [Harry Potter]

Messagepar addbook » 2017-10-06T19:38:16+02:00

Oui je t'aurais detestée ptite sadique..
Dsl pr le titre ❤️J'ai oublié...
Merci ca fait du bien de voir le PDV d'un moldu c'est genre .... interresant comme idee.
J'adoreee Eve❤️❤️
J'ai hate d'avoir le chapitre prochain!
Merci

Bff47
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Re: Lucy Weasley [Harry Potter]

Messagepar Bff47 » 2017-10-06T19:46:01+02:00

Putain mais ce chapitre !!!! Je suis sur le cul !!!!!!


Il était vraiment trop cool !! Franchement bravo, je trouve que tu as d'excellentes idées !!!
Et puis surtout, j'ai hâte de lire le chapitre suivant !!Putain ça promet tellement !! Avec les retrouvailles Scampers, les parents de Luke, Percy qui se déplace ... Et puis revoir Luna aussi !!! Ah je suis trop contente !!!!!


Franchement, j'ai adoré ce chapitre !! Déjà j'adore la famille Scampers, du coup, les chapitres ou on parle d'eux sont toujours méga cool !! Et puis Alan, je l'ai trouvé cool aussi !! Sa réaction quand il a vu la photo était touchante !! ET quand il a su pour le bébé !! Et puis moi je le plains trop, il a un putain de passé de merde et il doit s'en vouloir à mort pour ses frères et puis il a gardé tout pour lui, et son handicap aussi ... T'as super bien réussi à retranscrire ses opinions, ses choix, ses intention !! Même moi je lui pardonne !! J'ai bien aimé sa relation avec Eve aussi, ça a vraiment l'air d'être une fille cool !!

Voila, sinon j'ai bien été contente de revoir Molly et Fred !

Et c'était hyper intéressant d'avoir un point de vue d'un moldu sur le monde sorcier !!

Voila voila !
Tes chapitres sont toujours de plus en plus intéressant, tu gères !!!

Morgane-Feroldi
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Re: Lucy Weasley [Harry Potter]

Messagepar Morgane-Feroldi » 2017-10-06T20:43:40+02:00

Hey !
Franchement c'est trop super et très original ! J'adore vraiment ! La rencontre entre Adam et Alan promet d'être superbe !
Et j’espère qu'on va revoir James !!! Et "l’affrontement" entre les adultes !
Enfin bref, j'ai trop envie de lire la suite qui s'annonce génial !

Cazolie
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Re: Lucy Weasley [Harry Potter]

Messagepar Cazolie » 2017-10-06T21:34:01+02:00

hey hey heyyyyy

Me voilà en babysitting dans une espèce de loft absolument ouf mais terriblement impersonnel donc JE COMMENTE (pour une fois)(pire lectrice de la terre)(ugh)

Déjà, sorry not sorry pour le titre ahah
The Awakening ?
Oui, James est une momie
BREF J'ai mes propres chapitres à écrire alors j'ai une excuse, voilà !

J ARRIVE PAS A CROIRE QUE TU AIES FAIT CE PDV
En vrai je me demandais ce que tu allais faire de ce personnage, parce que c'est typiquement le genre de gens qui ont FORCEMENT un rôle à jouer, tellement on en parle (comme Vause dans Le secret de la manufacture de chaussettes inusables. Que je suis encore en train de relire, because, reasons).

UNE FIANCEE
(oui je vais tout commencer avec des majuscules - ça me rappelle mes commentaires des EdG pendant mes longues soirées en prépa ahahahaaaaaaaaa ça me manque pas (les EdG oui. Pas la prépa))
Wait, pourquoi la béquille?
Ah ok
Ooooh Adam <3
Ah, tu y tiens à ta pluie battante ahah, c'est la 2è fois que tu le répètes ;)

Quelques secondes plus tard, la sonnette sonna dans son propre appartement. Une coïncidence, se répétait Alan en allant ouvrir.


J'avais pas vu le "propre" et du coup je croyais que tout ce qui arrive après était encore dans le passé. Autant te dire que j'étais duper ahah

MOLLY ?????
(Y a un truc que je déteste dans les bbsittings, c'est quand on entend le bruit des apparts adjacents et que du coup on sait jamais si c'est les enfants qui font la java ou juste les voisins. Eurgh)

Ooooh c'mon Alan, c'est pas si terrible des Sorcières

-Et ma sœur, précisa Molly en fronçant du nez. Quelles idées elle n’a pas celle la …

YOUR BABY BROTHER'S GIRLFRIEND POUAHAHAHHA
Sérieusement, tu devrais revenir dans sa vie juste pour l'embêter à propos de ça.

Stabilité ? Mon oeil. Eve a pas l'air d'accord.

Le discours de Molly me fait penser au Obscurus et CA NE ME FAIT PAS PLAISIR

Poux-de-lard pouahahahhh

God, Adam a l'air terriblement beau ahah
AH MA MAIN AU FEU QU ELLE EST ENCEINTE
Ca se confirme ahahahhahaha I love babies

J'espère qu'Eve n'est pas apparentée aux Dursley. Mais je ne pense pas.

LE VENTRE PLEIN DE NOUILLES D EVE
Sweet Jesus, elle y va fort.

Okay alors résumé de la premère partie : C'était une trop bonne idée de faire ce pdv aaaaah ça s'intègre hyper bien à l'histoire et c'était trop chouette !!*

Allez, DEUXI7ME PARTIE

-Euh … Ce n’est pas que je ne veux pas mais … Ma petite-amie est assez jalouse.
-La mienne aussi, répliqua Molly avec un sourire amusé. J’espère que votre amie n’est pas trop jolie.

Ahahahahahahahhaha bien joué Molly pouahahahah

-Je vais la tuer.

Puahaha cramée Lucy

AAAAH JAI HAAAAATE QUIL Y AILLE JESPERE QUE CEST DANS CE CHAPITRE LAAAA
GENRE le Ministre va se déplacer pouahahah

Je t'aurais tout à fait détester olalalalal

BREF du coup mon résumé de la première partie vaut aussi pour celle-ci, c'était vraiment une idée topissime! Ca va être trop marrant l'engueulade générale à Poux-de-lard :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

Merciiii j'ai hââââ^te

SofiaLove05
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Re: Lucy Weasley [Harry Potter]

Messagepar SofiaLove05 » 2017-10-08T12:36:42+02:00

Trop bien :geek: :mrgreen:

Vite la suite ❤️❤️

cochyo
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Re: Lucy Weasley [Harry Potter]

Messagepar cochyo » 2017-10-09T10:43:30+02:00

Salut ! Déjà désolé pour le retard ! J'étais en Normandie et je captais très mal.
Maintenant le chapitre :
Merci pour la petite référence personnel :D et j'adore roald Dahl donc ....
Ensuite effectivement je m'y attendais pas du tout au pdv mais des que j'ai capté qui c'était je me suis dit " toi tu vas devoir aller a Poudelard ! "
Sinon voilà c'etait sympa a voir ( ou a lire plutôt)... En plus ne t'avais demandé comment ça se passé du cote de molly. Bon c'est pas son pdv mais on a une petite idee.
Petite question : tu l'a peut être dis mais le nom de jeune fille de Susan c'est bien Bones ?

PS : un petit coeur tendre ?! :shock: voilà qui est vexant :lol:

annabethfan
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Re: Lucy Weasley [Harry Potter]

Messagepar annabethfan » 2017-10-13T17:25:46+02:00

Euh...J'avais pas fait gaffe mais j'ai pas commenté le dernier chapitre ^^ Honte à moi!

Bon du coup je me contenterais de dire qu'il était génial, revoir James (bientôt réveillé) m'a fait mais alors tellement plaisir je suis trop contente!!! Keur sur toi ^^ Juste... "Andrew Drinkwater"? :lol: T'as été le chercher où ce nom de famille :lol: :lol: Oh et j'étais trop contente en lisant la référence à ATDM "desquelles Lucy ressortait « cuisine », « tartelettes au citron », « Bousoufflet » et « Quidditch », t'es trop adorable!
Et voilà désolée je vais pas faire de "vrai" commentaire pour celui-ci parce que le prochain est hyper long, so...

Passons à celui de cette semaine!
Je m'attendais tellement pas au point de vue d'Alan! C'est hyper intéressant d'avoir son histoire, son sentiment vis-à-vis de la magie. J'avoue que je m'y attendais pas, mais au fond c'est logique quand il explique pourquoi il ne veut pas connaître le monde magique et revoir ses frères. C'est vraiment touchant même si j'ai envie de le baffer ^^ N'empêche que ça touche plein de thématique, l'intolérance, une forme de racisme dans le fond, et c'est hyper intéressant...

-Je suis désolée de vous le dire, mais cela fait que dans les faits, vous ne valez pas mieux que votre père.

Susan y va fort...

Oh Adam … Comment fais-tu pour te regarder dans le miroir ?

Cette phrase bon sang... Magnifique

Rien ne valait une bonne vieille engueulade sportive pour forger les premiers liens.

M'en parle pas, on est parisien et ma tante, oncle et cousins sont marseillais... Je te dis pas les soirs de match :lol: Et moi je sais jamais qui choisir vu que j'habite à Paris mais que je suis née à Marseille (pas prévu, je suis prématurée mais bon ^^) donc c'est trop galère :lol:

Eve était d’un naturel tumultueux, mais en ce moment, ses humeurs avaient tendances à être changeante

Je prends le pari, elle est enceinte!

-Dis donc, tu manges pour deux, la taquina Alan.

Ok je suis trop sûre de moi!

-Je suis enceinte.

Ok c'est même pas marrant, je commente vraiment en allant et je vois mes théories révélées deux lignes plus loin :lol:

Il enfouit son visage dans ses mains et sanglota éperdument.

Pauvre Eve, c'est pas de sa faute mais c'est sûrement pas la réaction qu'elle attendait!

-Poux-de-lard, je crois.

Presque ça :lol: :lol: :lol:

Cela attestait de ce qu’elle démontrait la veille : elle était normale

J'aime beaucoup le fait qu'Alan considère Molly normale parce qu'elle est lesbienne! C'est juste...génial comme point de vue!

-Donc les balais c’est vrai !

:lol: :lol:

-Gethin c’est celui du milieu ? chuchota Eve à Alan.
-Non, le plus petit.

Eve m'éclate! Elle est juste géniale, j'ai hâte de la voir rencontrer Lucy!
Au fond les deux frères ont un peu le même goût en matière de femme, elles sont assez semblables dans le caractère! :lol:

-Une affreuseté, intervint Fred en revenant avec Eve de la cuisine. Elle m’a privée de la coupe pour ma dernière année, cette gourde. Saloperie. Non, en fait la saloperie c’était Lucy. Et Montague. Et si, quand même Daphnéa.

:lol: :lol: :lol:

-Des dragons, des inondations dans les dortoirs … Chouette école, Poudlard.

Et attends, on t'a pas raconter la fois où un élève est mort dans un Tournoi! Où la fois où des élèves ont failli se faire tuer par un chien à trois têtes! Ou encore le prof qui était un mangemort! Non franchement Poudlard c'est top!

-Lui ? douta alors Molly. Face aux Zabini ?

Oh la rencontre!

Elle est bizarre, ne faites pas attention et si elle vous parle de Ronflaks Cornus, ne répondez pas

Par contre si elle vous parle de Joncheruines :lol: :lol:

(pour voir James ou tuer Lucy, le suspens était entier)

Je dirais les deux sans me prononcer sur l'ordre!

A vrai dire de base, vous n'auriez jamais dû le voir, une des scènes de fin que j'avais imaginé c'était Adam et Lucy qui toquaient à la porte d'Alan et vous planter là Vous m'auriez détesté non?

Je te dis pas à quel point j'aurais été frustré!!!!

Ahhh c'était grandiose comme chapitre, juste épique, et je veux trop la suite!!! Je veux voir James réveillé, la rencontre entre Lucy et Alan, les retrouvailles entre les trois frères, la famille Zabini, et les ados qui vont se faire engueuler par les parents!!!

Perripuce
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Lucy Weasley - Chapitre 36 - 1 [Harry Potter]

Messagepar Perripuce » 2017-10-17T17:57:59+02:00

OUI J'AI UN PEU DE RETARD.

Mais ça risque de redevenir comme avant parce que j'avais atteint LE point que je voulais atteindre, à savoir ce chapitre. SAUF QUE ce chapitre a eu teeeeellement de version dans ma tête, des milliers - que dis-je? - des plus rocambolesques, des trucs qui partaient dans tout les sens ... Bon, ce chapitre est quand même grave parti en couille et très franchement je suis désolée de vous donner un tel résultat, milles excuses x)

Bon sinon, que dire? LE TOUR DE FRANCE PASSE PAR LES HDF AHAHAHAHHA BIENVENU DANS "L'ENFER DU NORD" (les secteurs pavés, vous connaissez? Ah non vous avez pas de Paris-Roubaix chez vous, rolallala votre vie est triiiiiste, c'est mon plaisir d'aller voir Paris Roubaix tout les ans !)

ET LA FRANCE EST A LA COUPE DU MONDE C EST MERVEILLEUX JE SUIS HEUREUSE J AI EU PEUR MAIS JE SUIS HEUREUSE.

Sinon quoi de beau dans vos petites vies?

Allez j'arrête : BONNE LECTURE :D (et merci pour vos commentaires, exceptionnellement j'ai pas trop le temps de répondre mais KEUR <3)

ET ALERTE SCOOOOP YAURA NICOLAS FLAMMEL DANS LES ANIMAUX FANTASTIQUES DEUX AAAAAAAGH

ET DEUX PARTIES


Chapitre 36 : ... et c'est pour cela que tout Poudlard est au courant.


-File le bacon, Scampers.

Adam prit sa baguette et fit léviter le bol de bacon jusque Luke, qui l’attrapa d’une main leste. Lucy en profita pour prendre une tranche et la mettre dans son assiette.

-Quelle heure elle a dit, McGonagall ? s’enquit Shannon.

Elle n’avait pas touchés aux différents plats autour d’eux, ce qui interloqua Lucy. Elle se contentait de rester assise, les genoux contre sa poitrine et à regarder tout le monde manger.

-Midi, répondit Lysander, des œufs brouillés plein la bouche. Enfin j’crois. Je perds la notion du temps, ici.

Lucy eut un menu sourire. Autour d’eux, les elfes de maison s’affairaient avec précipitation en prévision du déjeuner qui se profilait. Ils étaient retranchés dans la cuisine depuis le matin, profitant des largesses des maitres des lieux pour se nourrir. Oncle Harry s’était dépêcher d’aller quérir le professeur McGonagall quand il avait découvert les filles. Il était très tôt – cinq ou six heures du matin d’après Lucy – et elles l’avaient découvert en robe de chambre à carreau écossais, les yeux écarquillés devant l’exploit des jeunes filles. Puis les ailes de son nez s’étaient mises à frémir et Lucy sut qu’elles allaient passé un sale quart d’heure. Comme elles l’avaient prévues, elles racontèrent toute l’histoire et évoquèrent l’implication de Lysander et Adam. Elles avaient délibérément tu le rôle de Luke. Mais Lucy fut désespérée quand, lorsque McGonagall avait exigé de tirer du lit les impliqués, Luke passa la porte de l’infirmerie avec Adam. Il avait jeté un regard noir en secouant lentement la tête, l’air de dire « non mais sérieux, Weasley ? ». La directrice avait soupiré en le voyant, mais n’eut pas l’air surprise outre mesure. Ils avaient passé une heure à tout lui expliquer, à elle et Harry : leur enquête, la volonté de Lucy de faire un antidote suite à la suspicion de l’implication d’un professeur … Luke s’était séparé à regret de son carnet d’investigateur pour le confier à Harry. Les yeux de l’Auror s’étaient écarquillés à mesure qu’il reconnaissait les scènes des photos. Puis, une fois le récit terminé et que la directrice en ai eu assez de répéter qu’ils avaient été inconscients, beaucoup trop téméraires et sûr d’eux, qu’ils auraient dû parler des photos à quelqu’un et qu’elle allait veiller à ce que leur témérité soit punie, ils furent renvoyer dans leurs dortoirs sans ménagement. Entre deux, Hannah était arrivée et s’occuper de James, qu’ils entendaient régulièrement ronfler et marmonner. Harry voulut les accompagner jusqu’à leurs Salles Communes respectives, mais quand ils sortirent enfin de l’infirmerie, c’était déjà l’heure du petit-déjeuner et nombre d’élèves se dirigeaient déjà vers la Grande Salle. C’était le cas de Lily, qui s’était précipité sur son père, lui sautant au cou en pleurant.

-C’est vrai pour James ? Tout le monde dit que c’est vrai … Dis moi que c’est vrai, je t’en prie …

Les cinq autres échangèrent des regards paniqués et Lucy se promit d’étrangler Louis à la première occasion. Les élèves dans le Hall murmuraient, les pointer du doigt. Des sourires se lisaient sur les lèvres et l’appréhension dans les yeux.
Tout le monde était au courant.
Lucy s’était sentie comme prise au piège, suffoquant. Elle avait jeté un regard suppliant à oncle Harry, affolée. L’Auror avait refermé ses bras sur Lily et hoché en direction de Lucy. Il n’y en fallut pas plus à la jeune fille pour attraper les deux personnes les plus proches d’elle (Lysander et Shannon, il lui semblait) et les fit s’engouffrer dans le couloir le plus proche.
Il avait été hors de question qu’ils affrontent cela maintenant.
C’était Adam qui avait eu l’idée de la cuisine. Affamé, Luke avait été le premier à accepter. Dès lors, ils y étaient retranchés, mangeant – pour certain du bout des lèvres – tout ce que les elfes de Maison leur donnaient. Ils étaient assis en cercle dans un coin de la cuisine.

-Mais qui a su ? songea Adam à voix haute. On était que cinq à savoir…

Shannon et Lucy échangèrent un regard discret. Elles savaient qui avait connaissance de ces faits et la préfète de Serpentard était persuadé que son cousin passerait un très mauvais quart d’heure s’il croisait la route de la Poufsouffle.

-Nous sommes à Poudlard et ce qui se passe est un secret, marmonna Lysander avec défaitisme. C’est pour cela que tout Poudlard est au courant.
-Boh, fit Luke en haussant les épaules. Il suffit qu’un malin se soit amusé à tourner autour de l’infirmerie avec des oreilles à rallonges et … Boum.

Lucy se mordit nerveusement la lèvre, se demandant s’il fallait parler de Louis ou pas. Shannon chercha son regard, se posant sans doute la même question. Finalement, elles ne dirent rien, trop abattues.

-Je ne suis pas prête à affronter Poudlard, avoua Shannon en ramenant un peu plus ses jambes contre elle. Je veux dire … Je pensais qu’on allait pouvoir garder le secret …
-Pareil, fit Adam avec une certaine amertume. J’aime bien l’anonymat.

Ils paraissaient tout les deux dépités et Lucy les comprenait. Ils étaient du genre discret, qui ne fait pas de vague et supportent mal que le regard des autres soit plaqué sur eux. Adam n’avait jamais supporté la visibilité qu’apportait le fait d’être joueur de Quidditch et Shannon était d’une timidité maladive. Non, vraiment, si tout Poudlard était au courant, Lucy doutait qu’ils apprécient la chose.
Lysander, Luke et Lucy étaient plus habitués à ce genre de chose. Luke et Lucy pour leurs noms de familles, avec différentes conséquences dont ils avaient appris à faire face. Lysander à cause de son air légèrement loufoque – mais le préfet était tellement plonger dans sa bulle que Lucy doutait que ça ne l’atteigne réellement.

-Bof, intervint Luke en haussant les épaules. Vous en faites pas, ça va passer. Bientôt tout le monde reviendra et on arrêtera de parler de vous pour parler du retour du grand James Potter.

Lucy sentit son cœur s’envoler de sa poitrine. Car oui, ça restait la grande information. James allait revenir.
Ils avaient réussis.
Un sourire insensé se forma sur ses lèvres et Luke eut un grand geste pour la désigner :

-Vous voyez ? La préfète approuve !
-Quoi ? Ah. Euh ouais un peu. Ça va finir par se tasser. En plus derrière il y a les finales de Quidditch qui arrivent alors …
-Géniale, grommela Adam en passant une main sur son visage. Et quand est-ce que l’attention s’éloigne de ma personne ?

Lucy lui donna une légère tape derrière la tête, auquel Adam répondit en s’éloignant, une moue boudeuse aux lèvres. Luke mangeait allégrement son bacon en regardant les elfes travailler. Apparemment, il y avait du chou de prévu pour ce midi et cela révulsait l’estomac de Lucy. Ils attendirent quelques temps en silence, puis Lysander annonça qu’il était temps d’y aller. Ils prirent les provisions que leur offraient les elfes et quittèrent la cuisine, la mort dans l’âme. Ce n’était pas un secret : ils savaient que McGonagall était en train de s’entretenir avec leurs parents, et aucun d’entre eux n’avaient envie d’affronter leur jugement. Pas même Lysander, étonnement morose depuis ce matin.

-La chanceuse du groupe, c’est Weasley, grommela Luke, qui semblait le plus réticent à rejoindre la directrice. Quoi ? (elle lui jetait un regard outré). Tu vas vraiment me faire croire que tes parents vont se déplacer ?

Lucy ravala un commentaire acerbe. Evidemment que ses parents ne viendraient pas. Ils étaient beaucoup trop occupés au Ministère. Dans le meilleur des scénarios, ils envoyaient Papy Weasley – sa gentillesse naturelle l’empêchait totalement d’élever la voix sur ses enfants. Dans le pire, c’était Mamy Weasley – dont l’âge n’avait fait que renforcer la puissance vocale. Mais le cas le plus probable était qu’ils envoient Molly, et ce n’était pas pour plaire à Lucy : elle doutait que sa sœur soit ravie de ces faits.

-Chanceuse, ouais, ironisa tout de même la jeune fille. Tu vas voir la joyeuse beuglante que je vais recevoir demain. D’ailleurs, je m’étonne de ne pas encore en avoir.
-Pareil, admit Shannon en tripotant sa chaine. Ça aurait été Zephan …

Lucy leur jeta un regard peiné. Ce qu’ils avaient fait été extraordinaire, mais ça risquait à tous de leur causer des problèmes familiaux. Ses yeux s’attardèrent sur Luke un instant, car elle savait qu’il était sans doute celui qui en souffrirait le plus. Ses parents devaient s’étrangler d’indignation, actuellement – notamment s’ils comprenaient, voyant une moldue dans les locaux, que Luke s’était associé à des gens qu’ils considéraient indigne d’eux. Elle priait pour qu’Elen Donovan n’ait pas trop subi leurs remarques acerbes – comme Molly, ou quiconque était venu pour elle. Ils traversèrent le château discrètement, prenant soin d’éviter les couloirs fréquentés et passèrent quelques fois sous sortilèges de désullusion. Les élèves commencèrent à sortir de cours pour le déjeuner : tout Poudlard était en ébullution. Lucy était ravie de voir la vie revenir à l’école – mais elle avait espéré que sa vitalité ne soit pas contre elle. Finalement, la gargouille fut enfin en vue, Harry Potter à ses pieds, les attendant. Le sourire qui éclairait son visage dénoua le nœud douloureux dans les entrailles de Lucy.

-Roxanne est venue deux fois me demander où tu étais, plaisanta l’Auror. Il paraît que vous vous cachez.
-Il y a eu des fuites sur ce qu’il s’est passé cette nuit. On a préféré se faire discret.
-Ce qui s’est passé hier est un secret, cita Harry avec un sourire amusé. Et c’est pour cela que tout Poudlard est au courant.
-On nous l'a dit …, grommela Luke en levant les yeux au ciel. Dites, Monsieur Potter … A quel point on va se faire déchirer, là dedans ?

Lucy lui donna un coup de coude, mais elle fut horrifiée de voir une ombre passer sur son visage quand son oncle. Pourtant, il s’efforça de sourire d’un air rassurant.

-Ne vous en faites pas, votre directrice sait être juste. On y va ? Vous ne voulez pas la faire attendre ?

Ils hochèrent la tête sans conviction. Harry se retourna, donna le mot de passe et la gargouille s’anima, dévoilant le passage vers le bureau de la directrice. Après des échanges pressants de regards, ce fut Lysander qui s’y engagea le premier derrière Harry, Lucy sur ses talons. Luke fut le dernier à monter, la mâchoire contractée, le regard dans le vide. Harry toqua quelques coups à la porte et les pria de l’attendre sur le seuil. Lucy se rapprocha de Luke, soucieuse.

-Ça va aller ? lui souffla-t-elle doucement.

Un rictus amer déforma les lèvres de son ami.

-Ça va toujours, Weasley, t’inquiète. Et sache que je t’en veux encore d’avoir essayer de me maintenir à l’écart. Qui est l’enquêteur en chef ?
-Je voulais juste te protéger, protesta-t-elle avec une moue. Tu n’as beau dire qu’il n’y a pas de problème, on sait très bien que c’est faux.
-Tu vois, Weasley, c’est précisément pour cela que je ne te dis rien. Tu essaies toujours de mettre son grain de sel pour « arranger les choses » et c’est extrêmement agaçant.

Pour toute réponse, Lucy lui donna un coup de poing dans le bras et Luke lui ébouriffa les cheveux en retour.

-Pardon de prendre soin de toi.
-Lucy, soupira Luke en levant les yeux au ciel. Je n’ai pas besoin qu’on prenne soin de moi, je t’assure. Contente-toi de … continuer à me frapper et m’aider à avoir mes BUSEs, d’accord ? Le reste je gère.

Non, il ne gérait pas du tout, et elle le voyait à l’appréhension qu’il tentait de masquer dans son regard. Elle fut tentée de lui prendre la main et de la serrer pour lui assurer que tout irait bien, mais elle doutait que Luke accepte – et que tout irait bien. Elle remarqua qu’Adam aussi couvait Luke d’un regard inquiet, regard auquel Luke répondit par un gros soupir agacé et Adam détourna les yeux. Harry revint à ce moment et leur ouvrit la porte avec un sourire rassurant.

-Je ne suis pas sûre de vouloir rentrer, en fait, murmura Shannon en se cachant derrière Lysander.
-Oh je vous jure, marmonna celui-ci en poussant Shannon devant lui sans ménagement. Vous êtes une bande de bébé-Botrucs.
-Calme, Scamander, rétorqua vertement Luke. Tu n’étais pas super rassuré y’a quelques minutes.
-Personne ne va vous manger, les rassura Harry avec un grand sourire. Très franchement, sinon croyez-moi, j’aurais été digérer depuis longtemps. Très longtemps. Ma première année, en fait.

Lucy laissa échapper un rire nerveux. Il était vrai que si Harry avait réussi à finir sa scolarité à Poudlard avec tout ce qu’on racontait, ils n’avaient pas tant à craindre. Ce fut sans doute grâce aux yeux doux et au sourire rassurant de son oncle qu’elle réussit à mobiliser ses forces pour entrer la première dans le bureau. Elle le regretta presque aussitôt.
La première chose qu’elle vit fut le regard venimeux d’Enobora Zabini, la mère de Luke. Ses cheveux d’un blond très pâles étaient relevés en un chignon strict et ses yeux très bleu la transperçait de part en part. A ses coté, Blaise Zabini se contenta d’un regard froid mais assez indifférent. Et à coté de lui … a coté de lui …

-Oncle Percy, jappa Lysander, stupéfait.

Percy Weasley eut un grand sourire, crampé droit sur sa chaise, ses lunettes en écailles plantées sur son nez d’un air digne. Lucy s’immobilisa, figée. Elle s’attendait à voir Molly, voire ses grands parents.
Pas le Ministre lui-même.
Un sourire retroussa les lèvres de Percy.

-Bonjour, Lucy. Tu peux t’avancer, s’il te plait ? Tu empêches tes camarades d’entrer.

Mais Lucy ne bougea pas d’un pouce. Elle dévisagea son père, interdite, tentant de décrypter l’expression de son visage, la lueur dans ses yeux bruns. Puis Lysander la poussa doucement dans le dos pour qu’elle avance. Lucy retrouva alors ses esprits et s’approcha doucement de son père.

-Tu n’as pas un travail ? s’enquit-t-elle, retrouvant un peu de sa malice habituelle devant lui. Genre, assez important ?
-J’ai laissé Hermione à la tête du Ministère le temps que je règle ton cas, jeune fille.

Mais son ton n’avait pas l’air si réprobateur et Lucy sentit son cœur s’alléger quelque peu. Elle s’autorisa alors à regarder à la droite de son père. La femme aux cheveux auburn et l’homme aux cheveux blonds devaient être les parents de Shannon, ce que la Poufsouffle confirma en se plantant derrière eux. Lucy sentit le malaise la prendre quand elle remarqua la cicatrice sur le visage de Susan Finnigan ou la trace de brulure sur le dos de la main de son mari. Lysander s’était quant à lui rapprocher d’une femme aux cheveux blonds emmêlés et un grand sourire s’étira sur les lèvres de Lucy.

-Bonjour tante Luna.

Luna Scamander eut un sourire tendre pour Lucy et se leva prendre sa lointaine nièce par alliance dans ses bras.

-Ton père ne te le diras pas, mais tu as bien fait, lui souffla-t-elle d’entrée à l’oreille. Je suis fière de vous.

Elle s’éloigna un peu, son sourire flottant sur ses lèvres, et retourna s’asseoir pour s’adresser à Lysander :

-Ton père n’a pas pu venir. Il est au Pérou cette semaine et je n’ai pas eu la foi de le ramener.
-Tu as bien fait ! la rassura Lysander, souriant lui aussi. Il fait quoi, une nouvelle piste pour les Ronflaks Cornus ?

Lucy se retint de frapper le plat de sa paume contre son front et le regard peu amène que son père adressa à Luna montrait le même sentiment d’agacement qui s’éprenait de lui. Fort heureusement, ils ne s’attardèrent pas sur les Ronflaks Cornus. Luke était rentré lui aussi, le visage impassible. La seule personne à rester à l’extérieure – et c’était surprenant – était Adam. Luke lui jeta un regard sidéré mais la préfète vit à la tension dans ses épaules qu’il se retenait visiblement d’éclater de rire. Lucy se rendit alors compte que, tout obnubilée qu’elle avait été par la présence de son père, elle n’avait pas vu Elen. Ni aucun visage qu’elle avait vu au Pays de Galles. Elle se recula d’un pas pour apercevoir qui était venue pour Adam et retint un cri de surprise. Aux cotés des Zabini – qui avait eu cette idée ? – nonchalamment appuyée contre sa chaise, les mains croisées sur une béquille, un jeune homme aux cheveux bruns et aux yeux noisettes fixait la porte ouverte, les traits crispés. Elle n’avait vu ce visage qu’une seule fois, en photo et il avait un peu changé : ses cheveux étaient plus courts et son visage avait perdu toutes les rondeurs de l’enfance.
Mais il était impossible de ne pas reconnaître Alan Scampers.
Lucy jeta un regard épouvanté à Shannon, qui le lui renvoya. Susan parut voir leur trouble et eut un léger sourire, penaude.

-Il se pourrait que tout ne ce soit pas passé comme prévu.
-Pas comme prévu, répéta Shannon d’une toute petite voix.

Cette fois, Luke n’en put plus : un éclat de rire incontrôlable s’échappa de ses lèvres et ses parents lui jetèrent un regard réprobateur.

-Oh bon sang, haleta le préfet en tentant de se calmer. Ça, c’est signé. Tu ne peux vraiment pas t’en empêcher …
-Ah non ! protesta Lucy, comprenant que Luke l’accusait d’avoir intrigué. Cette fois je suis innocente !
-Taisez-vous ! exigea McGonagall avec fermeté. Scampers, veuillez rentrer. Si ça ne vous dérange pas, j’aimerais en finir au plus vite.

Un pas après l’autre, et visiblement à contrecœur, Adam entra dans la pièce et ferma la pièce derrière eux, le visage fermé. Ses yeux n’étaient posés sur personne en particulier et Lucy sentit ici son regard bruler et elle détourna son visage pour éviter d’avoir à croiser les flammes dans ses iris.

-Surprise.

Lucy mit un moment à comprendre que cette voix était celle d’Alan Scampers. Il tenta d’avoir un ton neutre, mais la jeune fille l’entendait, cette espièglerie et cette gêne qu’il tentait de cacher. Adam posa enfin un regard sur son frère, restant à bonne distance de lui. Il essayait de rester impassible mais Lucy voyait ses poings serrés pour empêcher ses doigts de trembler. Elle tenta de chercher une réponse dans les yeux de Susan. La mère de Shannon lui retourna un regard désolé et elle fut presque persuadée de la voir articuler : « c’est de la faute de Molly ».

-Je veux des explications, exigea alors Adam, toujours en respect de son frère, une colère contenue dans la voix.
-Des sorcières m’ont suivies de façon peu discrète, railla alors Alan.
-Molly, précisa alors pleinement Susan. Elle est mauvaise en sortilèges de métamorphose corporelle et ne souhaitait pas en avoir l’usage.
-Je vais la tuer, marmonna Lucy avec humeur.

Un sourire retroussa les lèvres d’Alan – un sourire qui ressemblait beaucoup trop à celui d’Adam.

-Ça va être drôle, quand vous allez vous voir, parce qu’elle aussi elle aimerait bien te tuer. Euh. Lucy, je suppose ?

La préfète piqua un fard et hocha brièvement la tête. Adam passa une main troublée sur son visage et McGonagall parut presque compatissante.

-Molly. Et je ne te demande pas ce que Molly faisait là, Lucy …
-Ce n’est pas elle, se dénonça Shannon d’une petite voix, alors que Lucy sentait son cœur dévaler sa poitrine. C’est moi qui ait envoyé une lettre à ma mère. Mais je ne pensais pas …
-Oh par Merlin, fit Luke, qui se retenait visiblement de rire. Ça ne change rien à l’affaire. Weasley, tu as même fini par pervertir Finnigan.
-Ah oui parce que c’est toujours de ma faute ? ragea Lucy avec un regard noir pour son ami. Je suis la source de tous les maux de Poudlard ?
-Non, juste les notre.
-Weasley, Zabini ! cingla McGonagall, les ailes du nez frémissante. Il ne sert à rien de trouver un coupable, enfin ! Monsieur Scampers, nous avons tenté de joindre votre mère et votre sœur, qui sont toutes deux indisposées. Pardonnez-nous de cette scène, mais c’était soit votre frère, soit votre père.

Lucy retint une grimace et elle se rendit compte que tous se jetaient des regards gênés. Assurément, Alan ce n’était pas parfait, mais c’était mieux que le père Scampers.

-Maintenant, entonna-t-elle avec fermeté. Je sais que la situation est assez tendue, mais je vous demande à tous de prendre sur vous pour les prochaines minutes. Nous sommes ici pour discuter de ce que vos enfants ont fait.
-Ou frère.
-Ou frère, pardon Mr. Donovan.

Adam parut alors s’étrangler et Lucy sursauta, surprise. Elle dévisagea Alan, qui n’avait pas sourcillé, sa béquille et ses yeux un peu triste. Evidemment. Leur nom de famille venait de leur père. Si Alan était partie pour couper tout pont avec son passé, il était compréhensible qu’il ait abandonné le nom du père pour celui de sa mère. McGonagall promena ses yeux sur l’assemblée, les parents – et Alan – assis sur leurs chaise et leurs enfants à l’arrière – et Adam loin, à l’arrière.

-Vous êtes décidemment la bande la plus hétéroclite que je n’ai jamais croisé.

Un sourire s’étira malgré elle sur les lèvres de Lucy. Ça, ils étaient parfaitement au courant, tous autant qu’ils étaient.

-Ça pour être hétéroclite, ricana le père de Shannon. Je n’aurais jamais cru que ma fille s’associerait avec le fils de Lufoca Lovegood et Enoboria Selwyn.
-Zabini, rectifia la mère de Luke d’un ton glacial.
-Oui, je me doute bien, reprit McGonagall avec aplomb. Bref. Vos parents ont été mis au courant de ce dont vous m’avez parlé ce matin. Vous êtes parfaitement conscience d’être passé outre le règlement – ce qui extrêmement décevant pour des préfets et un préfet-en-chef ?

Lysander, Lucy et Luke baissèrent honteusement le nez. McGonagall prit un parchemin et redressa ses lunettes.

-Vol de matériel, introduction de substance interdites (elle jeta un regard pénétrant à Luna, qui avait fourni quelques ingrédients à Lysander lors de leur sortie à Pré-au-Lard). En confectionnant cet antidote, vous avez risqué vous vies – que ce serait-il passé si un de vos mélanges avait mal réagi ? – et vous avez risqué celle de Mr Potter. Et vous avez caché à l’administration des informations importantes pour l’enquête. Vous avez conscience que vous avez ainsi paralyser l’enquête officielle et fait obstruction à l’investigation des Aurors ?

Lucy jeta un regard peiné à Harry, qui était resté posté derrière la directrice. Mais il sourit doucement.

-Ce n’est pas toi qui va dire quelque chose, je suppose, devina alors Percy, qui voyait bien les sous-entendu du sourire de Harry. Tu as fait bien pire de ton temps à Poudlard. Le polynectar dans les toilettes de Mimi Geignarde, tu te rappelles ?
-Oh par Merlin Percy, ne me rappelle plus cet épisode.
-Dois-je vous rappeler, gronda la directrice à l’adresse des élèves, ignorant la discussion des deux hommes. Que rien que pour la mise en danger d’autrui je peux simplement vous renvoyer ?

Ils échangèrent des regards nerveux. Shannon se mordait la lèvre si fort que Lucy se demandait quand est-ce qu’elle allait se mettre à saigner et Luke portait fréquemment l’ongle de son pouce à ses lèvres. McGonagall les contempla d’un regard sévère derrière ses lunettes.

-Pourtant, je ne le ferais pas.

Lucy sentit un poids énorme s’envoler de ses épaules. Le soulagement était perceptible, si bien chez ses camarades que chez leurs parents. Seul Alan leva les yeux au ciel, désabusé.

-Vous avez un problème, Mr. Donovan ? cingla McGonagall, les paupières plissées.

Visiblement, la directrice et le frère d’Adam semblait déjà s’être appréhendé et Lucy remarqua avec amusement que qu’elle lui jetait le même genre de regard qu’elle pouvait jeter à James ou Louis. Et le sourire sarcastique qui s’étira sur les lèvres d’Alan fit tout comprendre à Lucy : Adam avait de l’espièglerie en lui. Son frère était pire.

-Rien, simplement qu’il n’y avait pas trop de suspens. Ils vous ont sauvé la mise, quand même.
-Ils ont enfreint le règlement et il y aura des sanctions, asséna la directrice avant de lever les yeux sur les concernés. Après vos examens – car vous avez tous BUSEs et ASPICs – vous écoperez tous d’une semaine de retenue.

Alan leva une nouvelle fois les yeux au ciel pendant les autres échangeaient des regards soulagés. Une semaine de retenue, ce n’était pas le revois, ils allaient survivre. Ils savaient ne pas en sortir indemne. Néanmoins, les parents de Luke levèrent sur leur fils des yeux glaciaux et le père de Shannon se tourna vers elle, une moue aux lèvres.

-Ma chérie, je fondais tellement d’espoir sur toi…
-Seamus, siffla Susan en fusillant son mari du regard. Je pense qu’on s’en sort bien avec Shannon.
-D’ailleurs, poursuivit McGonagall, la commissure des lèvres relevée. Il faudra que je vous touche un mot de Zephan …
-Tu vois ! Tu nous as porté malheur !

Lucy vit les épaules de son père trembler et elle se demanda l’espace d’un instant s’il se retenait de rire – mais cela lui paraissait improbable. Alan dressa un sourcil.

-Et pour ce qui est des récompenses ?

Lucy ne sut si Adam voulait s’élancer sur son frère pour l’étrangler, pour s’il réprimait de toutes ses forces le sourire qui souhaitait s’imposer sur ses lèvres. Elle fut également surprise qu’aucune flamme ne sorte des narines de McGonagall.

-Des récompenses ?
-Ils vous ont sauvé la mise, rappela Alan avec un aplomb incroyable. Ils ont réussi là où toutes vos équipes échouaient. Ça mérite une récompense ?
-Mr. Donovan, entonna lentement la directrice. La seule chose dont je suis sûre actuellement, c’est que je suis très contente que ce soit vos frères, et non vous, qui soient nés sorciers.
-Et les écoles qui m’ont renvoyés pensent sans doute le contraire. Donc, cette récompense ?

Cette fois, malgré tous ses efforts, il s’échappa ce sourire sur les lèvres d’Adam. Il le fit aussitôt disparaître, mais Lucy l’avait perçu. Si les Zabini jaugèrent Alan avec froideur et outrance, les yeux de Luna et Seamus Finnigan pétillaient d’amusement. Même McGonagall, malgré une mine froissée, semblait contenir un sourire.

-Les frères se suivent et ne se ressemblent pas, marmonna-t-elle néanmoins.
-Comment pouvez-vous encore douter de cette affirmation, alors que vous m’avez eu après Charlie et que Fred et Georges m’ont suivi ? lui fit remarquer Percy.

Un rire se fit entendre derrière McGonagall mais il n’émanait pas de Harry. Il émanait du portrait d’Albus Dumbledore, qui regardait Percy avec une sorte d’émotion contenue.

-Cela, effectivement, approuva l’ancien directeur. Et je suis intimement persuadé qu’il n’y a rien de mieux que deux frères différents pour construire une relation riche.
-Une relation riche, répéta Adam à voix basse. Ça marche aussi pour l’absence de relation ?

Le sourire d’Alan se figea sur ses lèvres. Lucy fut tentée de lui jeter un regard peiné, mais elle comprenait l’amertume d’Adam. La tête de McGonagall se pencha doucement sur le coté et un sourire désabusé se forma sur ses lèvres. Elle fouilla dans ses parchemins et se leva pour montrer l’un d’entre eux au second portrait derrière elle, celui de Severus Rogue. Ses yeux sombres et froids détaillèrent le parchemin.

-C’est d’une propreté douteuse, commenta l’ancien directeur d’un ton détaché. Mais compte tenu de ce que vous m’aviez montré concernant le Sérum de Basilius décanté … Qui a fait ça ?
-Ça quoi ? s’enquit Lysander.

La directrice retourna le parchemin en leur direction et Lucy reconnut les ratures et l’écriture de Louis. C’était la recette de l’antidote dictée par Shannon. Celle-ci rentra sa tête dans les épaules et Luke n’eut aucun scrupule à pointer son doigt sur elle.

-Avec Lysander, répliqua aussitôt Shannon avec un regard noir pour le Serpentard. On était deux sur cet antidote.
-C’est assez bon, dit alors Rogue. Les larmes du Phénix … Qui a eu l’idée ?

Lysander leva la main, avec une légère appréhension. Les yeux noirs de l’ancien directeur le dévisagèrent, se posèrent sur Luna, avant de se fixer à nouveau sur McGonagall.

-C’est extrêmement dur à manipuler, les larmes de Phénix. Et extrêmement difficile à trouver.
-Fumseck est resté dans la forêt. C’est lui qui a pleuré pour nous.

Le regard de Dumbledore parut légèrement s’embuer. Harry eut lui-même une réaction émue en passant une main sur son visage. Lysander sembla soudainement gêner et se dandina derrière sa mère.

-Fumseck, souffla Dumbledore avec un léger sourire. Tout ce temps et toujours aussi fidèle...
-Il serait capable de vous en fournir plus, Mr. Scamander ? s’enquit McGonagall d’une voix rauque.
-Je pense, évalua prudemment Lysander. Il faudrait que j’aille le voir …
-Nous n’allons pas vous laissez aller seul dans la Forêt Interdite enfin, Scamander, se rabroua la directrice les yeux plissés.
-Sauf votre respect, je me passe de votre permission depuis ma troisième année.

Les yeux de McGonagall se firent perçant et Lucy ne sut comment Lysander faisait pour supporter ce regard. Les épaules de Luke se contractèrent si fort que la jeune fille était persuadée qu’il éclaterait à la prochaine situation cocasse.

-Je ferais comme si je n’avais pas entendu, cingla la directrice. Et reprenons. D’après Mrs. Londubat, l’antidote a l’air de parfaitement fonctionner. Mr. Potter se réveille et ne semble pas souffrir d’effet secondaire. Ne vous méprenez pas. Je reste contrariée et déçue de vos comportements à vous tous. En revanche je suis forcée d’admettre que … vous avez de l’excellent travail.

Lucy réprima le sourire fier qui lui venait de spontanément aux lèvres.

-C’est Shannon et Lysander, en vérité, répliqua-t-elle avec un coup d’œil taquin pour ses amis. Nous on a peu touché à l’antidote.

Shannon lui renvoya un regard gêné, mais Lysander répondit par un sourire. La commissure des lèvres de la directrice se releva légèrement et elle tourna le visage vers les deux blonds.

-Comme l’a dit le professeur Rogue, c’est assez brillant, pour tout dire.
-Ce n’est pas ce que j’ai dit, protesta le portrait de l’ancien directeur.
-Oh Severus, s’amusa Dumbledore. Vous ne l’avez pas dit, mais nul doute que vous l’avez pensé.

Rogue eut l’air scandalisé par le sous-entendu et Lucy vit Albus Dumbledore et oncle Harry cacher de leur mieux leur hilarité.

-Au delà du simple antidote, reprit alors l’Auror avec un sourire. Vous avez eu des pistes vraiment intéressantes et judicieuses concernant l’enquête. Qui se chargeait de cela ?
-Luke, répondirent-ils tous en chœur avec précipitation.

Lucy réprima un soupir de soulagement. C’était le moment de faire briller son ami aux yeux de ses parents – s’ils y arrivaient assez bien, il n’y aurait peut-être pas de conséquences. Les yeux du préfet s’écarquillèrent et toute envie de rire sembla soudainement lui passer. Il leva les mains avec impuissance.

-Avec Scampers. Scampers m’a un peu aidé.

Adam se prit la tête entre les mains, dépité, et Lucy jeta un regard noir à Luke. Ils faisaient des efforts pour le mettre en lumière et lui gâchait tout … Son sentiment d’agacement fut légitimé quand la mère de Luke se tourna vers son fils avec des yeux venimeux.

-Avec un né-moldu, hein ? siffla-t-elle à voix si basse que Lucy doutait que tout le monde entende.

Mais visiblement, Alan et Adam, de l’autre coté d’eux, avait parfaitement saisi les paroles d’Enoboria Zabini et s’accordèrent pour la fusiller du regard. Ils se retenaient apparemment de lui sauter à la gorge. Même McGonagall parut avoir compris la portée de l’échange entre la mère et le fils et plissa les yeux avec suspicion. Harry sourit avec tranquillité.

-Votre fils a fait un travail d’investigation remarquable avec Adam.
-C’est surtout lui, insista celui-ci avec un regard noir pour Luke. Moi je passais mon temps à réviser.
-Vous allez vous renvoyez la balle longtemps ? les interrompit sèchement McGonagall.

Vous n’y êtes pas, professeur. On essaie de sauver sa peau, songea Lucy avec amertume. La mâchoire de son meilleur ami était contracté par la contrariété et son regard était éloquent : il refusait leur pitié.

-Je pense, entonna Alan avec un sérieux surprenant. Qu’on devrait reparler récompense.

Cette fois, McGonagall ne le rabroua pas et se contenta de toiser les parents des Zabini avec une hostilité que Lucy sentait poindre.

-J’avoue avoir fait des calculs ce matin : a quel point ce que vous avez fait était stupide, à quel point c’était brillant … Je refuse de hiérarchisé. Miss Weasley a certes monté cette opération, mais vous avez tous acceptés. Miss Finnigan et Monsieur Scamander sont certes ceux qui ont fait l’antidote, mais si vous n’avez pas volé les ingrédients – quelle idée encore … - alors ils n’auraient pas réussi. Vous êtes tous impliqués jusqu'à cou. Je vous ai déjà annoncé que vous auriez tous une semaine de retenue et évidemment vous ferez perdre des points à votre Maison.

Lucy rentra la tête dans les épaules, attendant que le couperet tombe. La dernière fois qu’elle avait vu le Sablier dans le Hall, Serdaigle était à la lutte avec Gryffondor pour la première place. Qu’adviendrait-il lorsque McGonagall aurait retiré les points d’Adam et Lysander ? Et Serpentard, bon dernier, après les points perdus de Luke et Lucy ?

-Je veux que vous compreniez que ce que vous avez fait est grave, reprit la directrice avec sévérité. Dès que vous aviez eu des informations, vous auriez dû venir nous en parler. Vous vous êtes mis en danger et avez compromis l’enquêtes des Aurors. Jouer comme ça, dans votre coin … Vous aviez vos raisons et nous les avons entendu. Simplement laissez-moi vous dire que cela ne se serait pas passé comme vous l’auriez pensé. Nous vous aurions écouté, bien sûr.
-D’autant plus que vos preuves sont assez solides, enchérit Harry. Vraiment, le travail d’enquête est remarquable.

Les joues de Luke rosirent et Lucy sentit des sentiments contradictoires lui ronger les entrailles. Entendre que McGonagall les auraient écouté – pour les photos, pour son innocence, pour la Potion trouvée dans la réserve – lui réchauffait le cœur mais la gênait également. Elle avait l’impression d’avoir fait cela pour rien et de n’être qu’une pauvre petite idiote qui avait voulu « jouer à Harry Potter ».

-C’est pour cela que je vous mets en retenue, et que je vous enlève des points. Bien sûr, et malgré la déception que vous m’inspirait tous … Vos travaux, si bien l’enquête que l’antidote … était proprement remarquables. Et effectivement cela mérite … (elle lorgna Alan, qui lui sourit avec indolence) … récompense.

Lucy sentit son cœur devenir plus léger et coula un regard sur les épaules de son père, tentant de deviner son humeur à leur tension. Que songeait-il de tout cela, à présent …. ? La directrice soupira profondément et entonna :

-Donc, après calculs, points retirés et points ajoutés … Vous rapportez chacun 100 points à vos Maisons.

Ils échangèrent des regards ravis et troublés. Lucy n’aurait jamais cru, vu la réprobation manifeste de McGonagall, que la balance serait positive mais elle l’était. Elle se promit d’aller jeter un coup d’œil aux Sabliers, car avec les deux cents points que Luke et elle venaient de rapporter … Il se pourrait que Serpentard prenne la tête. Et visiblement, l’Adam l’avait également compris car il poussa un infime soupir presque déçu. Un mince sourire retroussa les lèvres de la directrice.

-Ne vous en faites pas, Scampers, vous rattraperez tout avec la Finale de Quidditch.
-Certainement pas, répliqua Lucy sans réfléchir.

Cette fois, son père se retourna sur elle pour la darder d’un regard agacé. Lucy lui répondit par son plus joli sourire.

-Ma position reste la même sur le Quidditch, Lucy, grommela le Ministre.
-Ça tombe bien, la mienne aussi.
-Pas de sentiments, une belle chute de quinze mètres, coupe pour Serpentard, tout ça, résuma Luke avec un sourire cynique. Mais peut-être ne comprenez-vous pas, Monsieur Donovan ?

Lucy crut qu’Adam allait se jeter sur Luke pour l’étrangler, mais elle se contenta de jeter un regard inquiet sur ses parents. Sa mère eut l’air d’avoir avaler une potion particulièrement amère. Lucy en était à présent persuadé : son ami cherchait à faire enrager ses parents le plus que possible. Il n’y avait pas d’autres explications. Alan toisa Luke, l’air vaguement surpris.

-Non, ça va, Fred m’a expliqué.
-Fred ?!

Lucy dévisagea carrément le frère d’Adam, incrédule, avec l’envie de jeter Molly dans le Lac Noir sans procès. Alan eut un fin sourire.

-Molly considérait qu’il pourrait m’aider à mieux comprendre certaines choses.
-J’ai trouvé que c’était plutôt une bonne idée, intervint Susan Finnigan avec un sourire. Au fait, ils sont ici. A l’infirmerie.

Lucy écarquilla les yeux et se tourna vers la mère de Shannon, incrédule.

-Molly est ici ? Avec Fred ?
-Oh par Merlin, persiffla McGonagall avec humeur. S’il vous plait, taisez-vous Weasley. J’aimerais enfin achever cette discussion qui n’en finit plus. Et cessez de pouffer, Monsieur Donovan !

Alan sembla faire tout les efforts du monde pour cesser de rire et Lucy leva les yeux au ciel. La directrice les toisa tous de ses yeux sévères.

-Bien, je pense que nous en avons terminé. Mr. Potter m’a rapporté que ce qui se passe a été découvert et vous m’en voyez navrée. Faites-vous discrets plusieurs jours. Quand James Potter reviendra, je vous assure qu’on ne parlera de plus de vous. D’autant plus que les finales de Quidditch arrivent à grand pas.
-Merveilleux, grommela Adam.
-Et pour la suite ? s’enquit Luna, l’air songeuse. Il y avait deux autres garçons, non ?

Lucy sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine. James ne serait pas le seul à revenir. Lionel et Alexandre aussi.

-La composition de la potion a été envoyée à Saint-Mangouste, leur apprit alors la directrice. Ils vont refaires des analyses et en fonction du résultat …
-Refaire des analyses ? répéta Lysander, stupéfait. Mais on a tout fait comme il fallait, professeur !
-On l’a même testé sur Mushu, qu’est ce que vous voulez qu’on fasse de plus ? enchérit Luke.
-Mushu ? lâcha Enoboria Zabini avec une telle froideur que Lucy sentit son sang se figer dans ses veines. Qu’est ce que c’est encore que cette bêtise, Luke ?
-Le chat de ma fille, rétorqua vertement Seamus Finnigan, avant de se tourner vers celle-ci. Tu as vraiment … ?

Shannon hocha timidement la tête et un air peiné se peignit sur le visage de son père. Il prit doucement la main de sa fille. Un éclat de rire se fit entendre du coté d’Alan.

-Non sérieusement ? Tu as appelé ton chat comme le dragon dans Mulan ?
-Mr. Donovan ! le rabroua McGonagall avec un regard noir. Scamander, nous devons être prudent. Nous attendons également de voir comme l’antidote agit sur James Potter. Il n’a été administré qu’il a quelques heures …
-Cela se comprend parfaitement, intervint alors – pour la première fois – Percy Weasley. Peut-être y-a-t-il encore manière à l’améliorer – et je dis cela avec tout le respect que j’ai pour votre travail, bien sûr. A votre âge, faire un antidote de cette complexité, c’est merveilleux.
-Merveilleux ? s’étonna Lysander, avant d’ajouter : Merci, Oncle Percy.

Shannon, elle, rougit comme une pivoine face au compliment fait par le Ministre de la Magie lui-même. McGonagall hocha la tête et lança :

-Je pense que nous en avons terminé. Vous êtes tous au courant des tenants et des aboutissants. Ce qui devait être récompensé l’a été – ce qui devait être puni l’a été également. Je pense que je pourrais vous libérer, à présent. Naturellement … Nous sommes d’accord qu’à la moindre prochaine bêtise de ce genre, vous serez exclu ?

Ils hochèrent tous la tête avec contrition puis la directrice se leva et leur fit signe d’y aller.

-C’est bon, retournez en cours. Vous avez des examens importants à préparer. Quand à vous (elle toisa les parents). Veuillez m’excuser du dérangement et je vous remercie d’être venu si vite. Je vous souhaite une bonne fin de journée.

Enoboria Zabini fut la première à se lever. Son regard bleu était si froid qu’il glaçait quiconque le croisait. Elle fit un mouvement sec de la tête à l’adresse de Luke, qui perdit immédiatement toute superbe. Il s’engouffra dans les escaliers à la suite de sa mère, son père sur les talons, le dos raidi par l’appréhension. Personne n’osa bouger alors. Seul Alan se tourna vers la directrice.

-Vous allez faire quelque chose, j’espère ?

Lucy le fixa, estomaquée. Se pourrait-il qu’Alan, guidé par son expérience, avait compris de quoi il en retournait ? Elle contempla les autres parents et vit leur peine et leur gêne dans leurs yeux.

-Parce que je ne pense pas que sa mère soit partie le féliciter, là, insista Alan.
-Il a raison, intervint alors Seamus Finnigan. Enoboria était violente, quand elle était à Poudlard. Vous vous souvenez du règne des Carrow ? Une cinquième année et j’avais l’impression qu’elle était leur principale lieutenante !
-Je n’ai jamais fait attention à elle, intervint alors Harry avec un froncement de sourcil.

Seamus haussa les épaules. Ses mains s’étaient contractées sur ses genoux et sa femme et sa fille lui jetèrent un regard inquiet.

-Elle était très discrète. Une travailleuse de l’ombre. Tu te concentrais sur les grandes gueules de Malefoy ou Parkinson, mais elle … Elle s’est un peu découvert, en septième année, mais tu n’étais pas là pour voir. Elle était … effrayante. Elle te regardait et j’avais l’impression qu’elle lisait dans tes pensées. Je peux t’assurer qu’elle adorait les cours des Carrow … Comment il s’appelait, déjà ?
-Est-ce utile d’en parler devant les enfants ? s’enquit alors Luna en se levant.

Son regard brillait d’un éclat étrange et elle porta machinalement une main à son poignet droit. Lucy avait déjà aperçu quelques cicatrices sur le corps de sa tante par alliance, mais les avait imputé à son métier avec les créatures magiques. Et si elles étaient des blessures bien plus profondes que cela ?
Mais cette discussion sur Enoboria Zabini lui remuait les entrailles. Depuis qu’elle connaissait Luke, elle avait toujours cru que c’était avec son père qu’il avait un problème. Mais cette convocation … comment elle avait réagi … comment le père de Shannon réagissait avec elle … Ce n’était pas Blaise Zabini, le problème. C’était Enoboria.
Lucy sentit la rage bouillonnait en elle. Elle n’avait pas imaginé l’aversion que Luke portait à son père. Alors lui avait-il fait croire qu’il était le problème pour l’éloigner de la vérité ? Lui faisait-il si peu confiance ? Malgré elle, elle jeta un coup d’œil à Adam. Il la regardait aussi, et à son plus grand soulagement, elle n’y vit pas de la rage contre elle à cause de ce qui s’était passé avec Alan. Seulement de l’inquiétude.
Il fallait qu’elle sache.

-Je pense qu’on devrait essayer de le rattraper, proposa-t-elle résolument. Et … d’aller lui faire réviser ses BUSEs.
-Excellente idée, Weasley, approuva McGonagall avec un soupir. Allez-y.
-Je t’accompagne, proposa immédiatement Adam.
-Non, Scampers, vous, vous restez ici. J’ai encore à parler, à vous et votre frère.

Adam renvoyé à la directrice un regard déboussolé et Lucy sentit son cœur faire une embardée dans sa poitrine. A nouveau, leurs yeux se croisèrent et la jeune sut qu’ils pensaient à la même chose.
Gethin.
Lucy tenta de lui faire passer toute son assurance. Elle avait toujours été pour qu’Adam parle de Gethin à McGonagall : de son point de vu, c’était la meilleure façon de le protéger. Mais c’était à lui de prendre cette décision. Pas Adam. Gethin. Une chaise racla à terre et Percy Weasley se leva, le dos droit, le menton relevé.

-Je vais accompagner Lucy. De toute manière, je dois parler aux Zabini de ce qui se passe en ce moment au Ministère de la Justice …
-La loi d’Amnistie ? devina alors Lysander, lâchant cela sans réellement réfléchir.

Lucy le fusilla du regard et Percy soupira.

-Décidemment, vous avez fouillé partout. Mais oui, c’est cela. Elle est en train d’être débattue. Vous ne devriez pas y aller d’ailleurs, Susan ?
-De ce pas, Monsieur le Ministre. Juste le temps de coincer mon cadet – je ne suis pas sûre que Seamus ait la trempe pour le punir.
-Susie ! se scandalisa son mari avec un regard vexé.

Shannon eut un vague sourire entendu. Percy hocha la tête et prit congé de la directrice avant de poser la main sur l’épaule de Lucy et de la pousser vers la sortie. La jeune fille se laissa mener, et eut juste le temps d’entendre Severus Rogue soupirer :

-Encore une fois, des Weasley …
-Taisez-vous, Severus.

***
La suite au prochain poste ...
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Lucy Weasley - Chapitre 36 -2 [Harry Potter]

Messagepar Perripuce » 2017-10-17T17:58:17+02:00

*deuxième partie*


-Tu comptes faire quoi ? Me priver de sortie, m’empêcher d’aller en Roumanie ?

Percy Weasley soupira profondément. Ils s’étaient extrait de la gargouille et avançait dans le couloir avec vivacité. Le Ministre allongea le pas. Ils cherchaient les Zabini dans les étages depuis dix bonnes minutes, sans parvenir à les trouver.

-On parlera de ça plus tard. Je ne pensais pas qu’ils avaient pris tant d’avance, comment on va … ?
-Oh … Attend, j’ai une idée.

Lucy fouilla les poches de sa cape. Ses doigts effleurèrent le parchemins, indécis. Elle jeta un regard troublé à son père, qui la lorgnait avec suspicion. Il finit par soupirer :

-Vas-y, je ferais comme si je n’avais rien vu.

Sa fille lui renvoya un sourire ravi et sortit la Carte de sa poche pour la déplier. C’était elle qui l’avait dans les mains quand Oncle Harry était arrivé et elle s’était empressée de la cacher dans sa cape. Les yeux de Percy roulèrent dans leurs orbites.

-Vous me prenez franchement pour un imbécile. Tu crois vraiment que je n’ai jamais vu Fred et George s’en servir ? Donne-moi ça !

Il prit le parchemin des mains de Lucy, et y plaqua sa baguette. Il récita la formule rituelle sans sourcilier, à la plus grande stupeur de sa fille.

-Je ne savais même pas qu’elle avait été à oncle George, s’étonna-t-elle alors que son père fouillait la carte. Je pensais qu’elle avait été faite par le père de Harry, puis …
-Elle a été confisqué et Fred et George l’ont trouvées et donnée à Harry ensuite, expliqua succinctement Percy. Les idiots, ils pensaient que je ne voyais rien … Je ne disais rien, plutôt. Qu’est ce qui se serait passé si mes parents avaient su …
-Grand-père n’aurait rien dit …
-Oh détrompe-toi, ma chérie. Premier principe de ton grand-père : ne te fie pas à un objet si tu ne peux pas voir où se trouve son cerveau. (Il secoua la carte avec un sourire). Tu le vois, là ?
-Non, admit Lucy avec un certain malaise. En revanche, je vois que les Zabini …

Percy consulta la carte et Lucy le vit hocher la tête. Ils accélérèrent le pas et le Ministre surprit une fois de lui sa fille en la faisant passer par des passages secrets – que parfois elle-même ne soupçonnait pas.

-Ne me regarde pas comme ça, s’agaça-t-il alors qu’il refermait le tableau d’une vieille sorcière devant un chaudron derrière lequel ils étaient passés. Quand tu es préfet, tu dois connaître toutes les techniques, avoir tout les bons tuyaux, c’est parfaitement normal. Sinon, comment veux-tu faire régner l’ordre ?
-Avoue que tu t’en servais aussi pour aller embrasser ma prof de potion dans les couloirs, railla méchamment Lucy.
-Par pitié, soupira-t-il, le coin des lèvres frémissant. Ne parle pas de ça à ta mère.

Lucy eut un sourire mutin et suivit son père dans les corridors. Elle savait que son père, plus que tout autre, était parfaitement au courant de leur enquête et de tout qu’ils avaient découvert – peut-être était-ce pour cela qu’il était venu, plus que pour elle. C’était pour cela qu’elle s’était permis cette blague – gratuite, certes, mais qui permettait s’évacuer la tension. Percy jeta un nouveau coup d’œil sur la carte et s’immobilisa.

-Ils ne sont pas loin, chuchota-t-il alors. De l’autre coté de ce couloir. Il ne faudrait pas qu’on ait l’air de les pister …
-On fait semblant de se disputer, proposa Lucy avec un autre sourire. Ça ne devrait pas être trop compliqué …
-Ne me tente pas, Lucy.

Les yeux de la jeune fille roulèrent dans leurs orbites. Elle prit la carte des mains de son père, marmonna « méfait accompli » avec la pointe de sa baguette et la rangea dans sa cape. Puis elle sourit et haussa la voix :

-J’ai quand même sauvé James. C’est ce qui compte, non ?

Percy lui jeta un regard dérouté, avant de comprendre. La commissure de ses lèvres se releva quand il entonna :

-Je ne dirais pas que ça compte pas, mais tu fais tout de travers, en ce moment, Lucy. (il reprit sa marche en avant, vers le couloir où ils avaient localisés les Zabini). Franchement, tu as pensé à tes BUSEs ?

Lucy leva les yeux. Les silhouettes des Zabini se devinaient au loin, mais elle s’efforça de ne pas trop les détailler pour répliquer :

-Et toi tu ne penses qu’à ça ! Si je ne faisais rien avec les informations que j’avais …
-Que tu as caché ! Pourquoi tu n’en as pas parlé, Lucy ? Ça aurait été la chose la plus raisonnable à faire …
-Pour qu’on me mette tout sur le dos et qu’on me croit coupable ?

Le regard de Percy s’adoucit légèrement. Lucy savait que c’était une dispute factice, mais leurs mots ressemblaient tellement à ce qu’ils aurait pu dire qu’elle en était troublée.

-Franchement, Lucy, reprit le Ministre avec une douceur qui n’était ni factice, ni coutumière. Tu crois vraiment que je t’aurais considérée comme coupable ?

Lucy ouvrit légèrement la bouche, sa répartie la fuyant soudainement. Avant qu’elle n’ait pu réfléchir à une réponse décente, son père secoua la tête et leva les yeux sur le couloir. Son visage se crispa, pourtant ce fut d’une voix pleine de cordialité et de surprise qu’il s’exclama :

-Ah, Zabini ! Vous êtes partis beaucoup trop vite, je n’ai pas eu le temps de vous dire que je devais m’entretenir de certaines choses avec vous.
-Vous me cherchiez, Monsieur le Ministre ? murmura le père de Luke.

Lucy sentit son sang se glacer dans ses veines quand le regard polaire d’Enoboria se posa sur elle. Les yeux de la jeune fille passèrent furtivement sur Luke, appuyé sur le mur, l’air trop digne pour être net.

-Absolument pas, mentit Percy avec un air étonné. J’emmenais Lucy à l’infirmerie, mon aînée nous y attend.

Lucy fit des efforts colossaux pour ne rien laisser paraître. Certes, la capacité de son père à mentir l’impressionnait – mais ils auraient peut-être dû s’accorder avant. Car Molly, ça changeait tout, et elle n’était plus si sûre de vouloir descendre.

-Mais puisque je tombe sur vous … Puis-je m’entretenir de quelques sujets importants ? Lucy ma chérie, tu connais sans doute le chemin …
-Bien sûr, s’empressa de répondre sa fille.

Le regard d’Enoboria Zabini ne laissa rien transparaitre, pourtant Lucy fut certaine qu’une ombre était passée sur son visage.

-Mais bien évidemment, Monsieur le Ministre, déclara-t-elle avec aplomb. Luke, si tu veux bien nous attendre …
-A vrai dire, je comptais sur Luke pour accompagner Lucy, enchérit alors Percy d’un air innocent. Par les temps qui courent, je ne préfère pas laisser ma fille seule dans les couloirs … De toute manière, nous risquons d’en avoir pour un moment. Ça concerne les commissions qui auront lieu une fois que la Loi d’Amnistie sera votée.
-Elle le sera ? s’enquit alors Luke d’une voix beaucoup trop rauque.

Lucy sentit son cœur s’emballer quand son regard sombre se posa sur elle. Elle ne sut rien déchiffrer, et cela l’angoissait d’avantage. Percy eut l’ombre d’un sourire.

-Il y a de grande chance pour la Loi soit votée, mais comme vous avez dû le découvrir – il faudra que l’on reparle de cela également, Lucy – ce sera du cas par cas avec des commissions pour chaque personne touchée par les régimes spéciaux.
-En toute impartialité, je suis sûre, répliqua sèchement Enoboria.

Percy hocha la tête, comme si cela allait de soi et invita les Zabini à le suivre. Lucy tenta de ne pas lui sauter au cou quand il passa devant elle avec un sourire rassurant. Elle se retrouva rapidement seule dans le couloir avec Luke et attendit que les pas de leurs parents s’éloignent pour s’approcher de lui, un air innocent peint sur le visage.

-Alors, on va voir ma sœur ? Tu vas t’éclater, il paraît qu’elle veut me tuer, vous pourrez vous mettre à deux sur moi.
-Oh, la ferme Weasley. Je crois qu’il n’y a que mon imbécile de père qui n’a pas compris cette mascarade.
-Grillée, admit Lucy avec un sourire coupable. Il n’empêche que si on veut que la mascarade continue, il faut aller à l’infirmerie.

Luke lui jeta un regard noir. Maintenant qu’elle était face à lui, elle remarquait son teint blême et la lueur brisée dans ses yeux. Qu’avait-il pu se passer en si peu de temps ?

-Luke …
-Weasley, non, refusa-t-il immédiatement en se redressant. On y va.

Lucy hocha tristement la tête, reconnaissant l’air buté sur le visage de son ami. Ils se mirent en route et la jeune fille se promit d’aller chercher Eléonore dès que possible. Mais il marchait lentement, comme s’il avait du mal à prendre son souffle. Sa tête se balançait et il ne cessait de passer une main sur son visage.

-Luke …
-Ça va, Weasley.
-Non, ça ne va pas. Tu veux qu’on s’arrête, que …
-Ça va !

Mais visiblement, ça n’allait pas. Son visage continuait de pâlir au fil des pas et il finit même par trébucher. Lucy lui rattrapa le bras in extremis, le cœur au bord des lèvres.

-Sinon ça va, siffla-t-elle alors qu’elle sentait Luke trop faible pour se dégager. Sinon, non, tu n’as aucun problème …
-Weasley … S’il te plait …

Lucy remarqua alors que, loin de se dégager, il s’appuyait légèrement sur elle, comme si ses jambes ne pouvaient plus le soutenir. La jeune fille ravala ses commentaires et l’inquiétude lui serra le cœur. Elle passa un bras sur sa taille pour le soutenir et elle fut consternée de voir qu’il ne protesta pas le moins du monde. Elle n’y tenait plus.

-Luke … Qu’est-ce qui s’est passé ? Et ne me dit pas rien !

Elle lui jeta un bref coup d’œil. Son teint était toujours blafard et il semblait respirer avec difficulté. Ses yeux étaient fixés sur un point à l’horizon, sans doute pour s’éviter de vaciller.

-Je pourrais te dire … quand on sera au calme ?
-D’accord, accepta-t-elle à regret. L’infirmerie, ça te va donc ?

Luke hocha la tête avec lenteur. Lucy tenta d’allonger le pas – son ami commençait à s’appuyer de plus en plus sur elle et son poids se faisait sentir – mais Luke avait visiblement du mal à retrouver sa vitalité. Ils descendirent les escaliers avec difficultés et Lucy crut que son cœur allait s’arrêter de battre quand la pointe de son pied se posa sur la marche piégée. Finalement, quand le couloir de l’infirmerie fut en vue, Luke était si affalé sur Lucy qu’elle-même ne tenait plus franchement sur ses jambes et menaçait de s’effondrer. Elle leva le regard sur la porte et vit trois personnes en faction devant, dont une qui bondit sur ses pieds, le regard aussi flamboyant que ses cheveux.

-Molly ! gronda Lucy d’une voix sourde. Si tu veux m’engueuler, attend un peu et viens m’aider !

Ce ne fut pas Molly qui se précipita vers elle, mais Fred, qui prit résolument le bras de Luke pour le passer derrière sa nuque.

-Qu’est ce qui s’est passé, cette fois ? s’étonna la dernière personne présente, à savoir Gethin Scampers.
-Ouvre, on en discute après !

Gethin s’exécuta et lui et Molly tinrent les portes de l’infirmerie alors que Fred, Lucy et Luke s’y engouffraient. Une certaine agitation régnait dans la pièce et la préfète comprit pourquoi quand sa tante Ginny sortit des rideaux qui dissimulaient James, le feu dans les yeux.

-Fred ! Je pensais t’avoir dit de … Oh Par Merlin qu’est ce qui se passe encore ?!
-Ginny ! la réprimanda Hannah en la suivant. James se repose, baisse d’un ton !

Le visage de la femme de Harry Potter se colora de la même couleur que ses cheveux. Hannah se précipita vers Luke, qui s’était affalé sur le lit en se prenant la tête entre les mains, le souffle court. Elle le força à s’allonger, posa une main sur son front, et ses poignets.

-Luke Zabini, soupira-t-elle avec un regard pour Ginny. Oui, il fallait s’en douter …

Elle palpa le visage du préfet, malgré les maigres efforts de celui-ci pour le repousser.

-Lucy peut rester, évalua-t-elle alors. Le reste sort.

Molly et Gethin ouvrirent la bouche pour protester mais la décision d’Hannah était sans appel et ce fut Ginny Potter en personne qui les mit dehors. Avant qu’ils ne passent la porte, Lucy réussit à retenir Gethin et à lui glisser à l’oreille :

-Tes frères sont chez McGonagall.

Elle n’en n’ajouta pas d’avantage et le regard profond et déterminé que Gethin lui jeta lui donna raison. La présence d’Alan n’avait pas l’air de le surprendre – peut-être en parlait-il avec Molly ? – et il devait deviner quelle était la teneur de l’entretien de ses frères avec la directrice. Avant de décamper, il prit Lucy dans ses bras et la jeune fille put constater à quel point il avait grandi. Il lui arrivait à peine en dessous du menton et elle ne doutait qu’il ne la rattrape l’an prochain.

-Merci Lucy.

C’était soufflé, à peine murmuré, mais Lucy l’entendit. C’était étrange, mais entendre ça lui donna les larmes aux yeux et elle serra le petit frère d’Adam contre elle. Depuis ce matin, c’était la première personne qui la remerciait pour ce qu’elle avait fait, sans lui crier dessus, sans ironiser, sans lui dire qu’elle était inconsciente, sans lui jeter des regards vexés. Finalement, Gethin finir par s’arracher et par suivre Fred à l’extérieur. Molly fut la dernière à sortir, les yeux plissés.

-J’en ai pas fini avec toi, la prévint-t-elle avant de suivre les garçons.
-Lucy ma grande, va me chercher la Potion de Force sur l’étagère là-bas, demanda alors Hannah en pointant distraitement le doigt vers un coin de l’infirmerie. La fiole orange. Et Ginny donne-moi le chocolat qui est sur la table de nuit de James.
-Ça a des vertus thérapeutiques le chocolat ? s’étonna-t-elle alors que Lucy se précipitait vers les étagères.
-Non, mais ça fait toujours du bien au moral.

Lucy finit par trouver la fiole orange dont lui parlait Hannah et la saisit avec précipitation. Son cœur battait la chamade. Elle voulait savoir ce qui se passait dans la vie de son meilleur ami, définitivement. Elle tendit la fiole à l’infirmière, qui la versa dans un verre avant de la donner à Luke. Le jeune homme se redressa infiniment mais repoussa le verre de la main. Hannah claqua la langue, agacé.

-Tu vas arrêter de faire ton coq fier, jeune homme, tança-t-elle avec humeur. Allez, bois avant que je ne te fasse avaler ça par la force ! Et après tu vas nous raconter ce qui s’est passée – tu nous crois toutes stupides, ou non ?

Luke dévisagea l’infirmière avec des yeux éberlués. Un mince sourire s’étira avec difficulté sur ses lèvres.

-Un peu ?
-L’arrogance de son père, soupira Ginny en secouant la tête. Hannah je te le laisse – excuse-moi jeune homme, mais ton père et moi on ne s’aimait pas franchement à l’école. Lucy ? J’ai deux mots à te dire.
-Ça ne peut pas attendre ? gémit la jeune fille, autant par désir de rester avec son ami que par souci d’éviter une confrontation avec sa tante.

Car à bien des égards, Ginny était la plus effrayante de toute – sauf peut-être Fleur, l’unique qui avait réussi à faire pleurer James en le grondant, ce qui restait un exploit à ce jour. Son regard était animé de la même lueur qui flambait dans les yeux de Mamy Weasley. Mais elle désigna sèchement le coin qui dissimulait James et Lucy la suivit, la mort dans l’âme. Son moral remonta quand elle vit son cousin dans son lit, ronflant toujours allégrement, en position fœtale. Quelqu’un – tante Ginny sans doute – lui avait coupé les cheveux et avait vainement tenté de les dompter.

-Comment il va ? ne put s’empêcher de demander Lucy.
-Il est dans le gaz. Il se réveille de temps à autre sans trop rien reconnaître et en marmonnant des choses étranges, mais c’est normal, selon Hannah. Il lui faut le temps d’émerger.

Malgré le visage impassible qu’elle abordait, Lucy entendit l’infime tremblement dans la voix de sa tante. Elle passa une main sur le visage de son fils avec une infinie douceur, avant de se tourner vers Lucy.

-Qu’on soit clairs, jeune fille. Je n’approuve pas la moitié de ce que tu as fait – seulement la moitié, parce que l’autre j’aurais sans doute fait pareil, à ton âge. Et avec tout ce qui s’est passé cette année, je suis franchement tentée de te secouer comme un prunier, mais je vais laisser ce loisir à ton père.

Lucy rentra la tête dans les épaules. Le regard de Ginny était à nouveau devenu inflexible.

-Pour autant … Je te remercie de l’avoir fait.

Et sur ce, malgré son air réprobateur et ses yeux durs, elle l’enlaça doucement. Cette fois, Lucy se sentit craquer. Ginny sentait le Terrier, la douceur de vie, la course de longue haleine sur un balai. Elle sentait chez elle. La Weasley, tout ce qu’était Lucy. Les larmes dévalèrent sur ses joues sans qu’elle ne puisse l’arrêter et elle se laissa aller contre sa tante, qui raffermit sa prise sur elle.

-Chut … Doucement Lucy, c’est fini, la rassura-t-elle en caressant ses cheveux. C’est fini ma belle, calme-toi, tu as réussi …
-Je n’ai rien réussi du tout, hoqueta Lucy, la gorge serrée. C’est Shannon et Lysander qui ont fait l’antidote. Moi j’ai juste … j’en ai juste fait qu’à ma tête. A me mettre tout le monde à dos. Molly et papa attendent juste que les choses se tassent pour me sauter à la gorge – comme la moitié de la famille … J’ai voulu faire retrouver son frère à Adam et il doit sans doute me détester maintenant pour ça, d’avoir fait ça dans ton dos, sans le consulter. J’ai … j’ai juste réussi à entrainer Luke dans un complot qui risque de lui faire passer le pire été de sa vie. Je n’aurais pas dû, j’aurais dû penser qu’il … Que la directrice elle … elle appellerait ses parents. Que ça aurait des conséquences, je sais que ça se passe mal chez lui, mais je ne sais pas ce qui se passe, j’ai … juste réussi à le mettre en danger.

Un sanglot lui échappa. Elle ne sut pourquoi elle racontait tout cela – ni pourquoi elle le racontait à Ginny. Elles n’avaient jamais été particulièrement proche – sa tante l’était plus de Rose, ou même de Roxanne. Tout ce qu’elle savait, c’était que ses mots avaient besoin de sortir. Ginny ne disait pas un mot, se contentant de caresser ses cheveux, avec des gestes lents, doux et apaisants, attendant que sa nièce ait fini de vider son sac. Lucy prit une grande respiration.

-Je … je suis juste fatiguée, acheva-t-elle alors. Je … je viens de passer une nuit blanche, je jongles sur plein de front depuis les vacances – la Potion, le Quidditch, les BUSEs – J’en ai marre, je veux juste … rentrer à la maison.

Mais elle n’avait même plus de maison. Ce qu’elle avait, c’était un grand manoir sinistre dissimulait au cœur de Londres et qui servait de résidence à la famille du Ministre. Ce n’était pas un lieu dans lequel elle souhaitait aller. Elle avait envie du Terrier. Cette constatation fit redoubler ses pleurs et Ginny la prit à bout de bras. Elle sécha une larme sur le visage de sa nièce et repoussa une mèche qui s’était collée à sa joue.

-Tout cela, ça va s’alléger. Tu n’aurais plus à penser à la Potion. Ni à l’enquête. Harry se chargera de tout et si tu as le moindre problème, tu sais que tu peux lui faire confiance et aller lui en parler. Et le Quidditch … Oh Lucy, je sais que ça peut paraître important, j’étais comme toi à ton âge, je vivais pour le Quidditch. Mais n’oublie pas que … ce n’est qu’un sport, d’accord ? Le jour où le Quidditch devient plus une pression qu’une passion, c’est qu’il est temps d’arrêter. Alors voilà ce que je te conseille : concentre-toi sur tes BUSEs, d’accord ? Je sais que c’est déjà une pression en soit, mais évacue tout cela en jouant. C’est un équilibre à trouver.

Lucy hocha mollement la tête et essuya les larmes d’un revers de main. Ginny lui tendit un mouchoir qu’elle accepta pour enfuir son nez dedans et y souffler comme une trompette. Cela arracha un sourire à sa tante.

-Tu te mouches comme ton père – et comme Grand-père, aussi, une vraie fanfare ! Ne t’inquiète pas pour eux. Je sais que, malgré ce que tu laisses penser, ton père t’intimide – le grand Percy Weasley très humble et très sérieux. Mais ce n’est qu’une façade. Il est venu plusieurs fois me voir, depuis que James … (sa voix se brisa et elle secoua la tête). Il s’inquiétait pour toi, Lucy. Enormément. Il aurait voulu t’envoyer plus de lettre mais il ne savait pas quoi écrire. Il est juste un peu maladroit. Alors quand il viendra te voir … Ne monte pas sur tes grands chevaux, d’accord ? Laisse-le parler. Ce ne sera pas si terrible que tu ne le crois. Quant à Molly, elle est mignonne et j’adore sa nouvelle amie – elle nous l’a présenté la semaine dernière, une fille charmante – mais ce n’est pas à elle de te faire des réprimandes, d’accord ?

Lucy opina du chez et gratifia sa tante d’un sourire mouillé, mais reconnaissant. Ginny le lui renvoya et l’embrassa sur le front. La porte de l’infirmerie s’ouvrit alors à la volée et la plus jeune des Weasley s’arracha à sa nièce pour retourner en furie vers l’infirmerie.

-Fred, j’espère que cette fois ce n’est … Oh Percy !

Lucy sentit son cœur manquer un battement et émergea doucement des rideaux pour voir son père dans l’encadrement de porte. Il n’était pas seul. Eléonore Zabini l’accompagnait, et elle se précipita sur son frère dès qu’elle le vit dans le lit. Lucy vit d’ici ses yeux se charger de larme et de fureur.

-En plein Poudlard, cracha-t-elle en prenant les mains de son frère. En plein Poudlard cette vieille harpie …
-Norie, la supplia Luke d’une voix encore faiblarde.
-Non ! Franchement, là elle dépasse les bornes ! Ce que tu as fait c’était quelque chose de bien, de juste ! Quelque chose qui redore le blason des Zabini au lieu de le souiller comme elle le fait ! Pourquoi elle voulait … qu’est ce que … ?

La voix s’Eléonore fut réduite à un filet de voix alors qu’elle levait le regard sur Percy, qui les contemplait avec des yeux sombres.

-Désolée, Monsieur le Ministre, bredouilla-t-elle avec contrition. Je … Je me suis laissée emportée, je crois …
-Il n’y a pas de problème, Miss, l’excusa Percy avec délicatesse.

Il prit une chaise et s’assit aux cotés de Luke. Lucy ne bougea pas d’un pouce, figée par le regard grave que son père adressait à son meilleur ami.

-Maintenant, nous allons parler en toute franchise, Luke. Il n’y a personne dans cette infirmerie, si ce n’est mon neveu endormi et l’infirmière dont je veux qu’elle entende ce que vous avez à nous dire.
-Qu’est ce qui vous dit que j’ai quelque chose à dire ? répliqua Luke.
-Oh tu vas t’adresser au Ministre sur un autre ton, jeune homme ! s’indigna Hannah avec un regard assassin. Et cessez de nous prendre pour des idiots, je suis infirmière et pas aveugle : à chaque retour de vacance je te retrouve dans le même état : faiblesse, esprit perdu, manque de sommeil flagrant … Tu crois que je n’ai pas remarqué que c’était pour toi qu’Henry Llod venait chercher des Potions de Force à chaque début de trimestre ? Maintenant il est temps d’arrêter de nous prendre pour des imbéciles. Si tu veux que ça s’améliore, il faut nous en parler.
-Si vous voulez que Lucy et ma sœur sortent, je pense qu’elles y consentiront, ajouta Percy avec bienveillance. Mais il vous faut nous parler de ce qui se passe chez vous – de ce qui s’est passé dans le couloir. Ça ne sortira pas de cette pièce.

Le regard de Luke passa de Hannah à Percy, et Lucy vit vaciller la résolution dans ses yeux. Eléonore lui pressa la main.

-Ils ont raison, Luke.
-Mais, protesta-t-il néanmoins. Ce … Ce n’est rien …
-Si, c’est quelque chose.

Lucy n’aurait pas voulu intervenir, mais pourtant, les mots s’échappèrent de sa bouche sans qu’elle ne puisse l’en empêcher. Le regard de la pièce se tourna vers elle et à sa plus grande horreur, elle sentit les larmes lui remonter aux yeux. Elle les chassa d’un battement de cil. Luke posa les yeux sur elle et elle soutint son regard sombre. Il était épuisé, tiraillé. Finalement, après une minute de silence insoutenable, il lâcha du bout des lèvres, sans quitter Lucy du regard :

-Ma mère est une legitimens.

Lucy fronça les sourcils sans comprendre. En revanche, Percy hocha la tête l’air compréhensif et Hannah lui fit des gros yeux.

-Et … elle force ton esprit, c’est ça ?

Luke hocha laconiquement la tête et détourna les yeux de Lucy. Eléonore serra un peu plus les doigts de son frère. Ses yeux brillaient.

-Elle est assez douée, continua Eléonore, la voix brisée. Avec moi ça va … Je la laissais effleurer mon esprit, voir ce qu’elle voulait voir. Quand je sentais son esprit effleurer le mien … Je pensais souvent à mes cours ou à Marcus. Au Quidditch, à la limite. Elle était satisfaite et me laissait tranquille.
-Je ne suis pas aussi sage que Norie, ricana amèrement Luke. Je ne supportais le moindre effleurement, de sentir sa présence. Alors je résistais. Si je résistais, elle partait du principe que je lui cachais quelque chose et … elle forçait.
-En même temps tu l’as toujours cherché, répliqua Eléonore avant de se tourner vers Hannah. Luke n’a jamais su faire profil bas … Il fallait toujours qu’il trouve le moyen de faire enrager nos parents. Ça a empiré, quand il est entré à Poudlard.

Son regard passa brièvement sur Lucy avant de retourner sur Hannah. Lucy sentit ses doigts se crisper sur les rideaux, et son cœur montait à ses lèvres.

-C’est grave ? demanda-t-elle timidement. Quand on force ton esprit ?
-Lucy, entonna doucement Ginny en la prenant doucement par l’épaule. Ça a des impacts physique, quand on force ton esprit. Ça te demande beaucoup de force de résister, je pense … (elle leva son regard brun sur Luke). Je suppose que ça explique ta faiblesse, non ?

Luke haussa les épaules.

-Je vous avais dit, c’était rien.
-Rien ? répéta Percy d’une voix sourde. Enfin Luke … La violation de l’esprit, ce n’est pas rien et si ça n’en tenait qu’à moi, la légitimentie serait strictement encadrée pour éviter des abus de ce genre. Forcer l’esprit de quelqu’un, ça peut finir par le briser psychologiquement. Si à chaque vacance elle te fait subir ce traitement … Par Merlin, Luke. Ça prouve que tu as une grande force mentale, pour avoir tenu jusque là.

Luke rougit jusque la racine des cheveux et jeta un regard incertain au Ministre. Lucy sentit son cœur se gonfler de reconnaissance pour son père.

-Bien …, entonna alors son père. Entamé une procédure serait longue, mais …
-Une procédure pour quoi ? s’enquit brusquement Luke. Pour que vous me retiriez de chez moi ?

Les sourcils de Percy se haussèrent devant le ton ouvertement hostile du préfet.

-Pourquoi pas ? Ça t’éviterait à subir tout cela vacance après vacance, tu pourrais …
-Je ne veux pas de votre pitié.
-Luke ! sifflèrent Lucy et Eléonore en même temps.

Cette dernière agrémenta sa remarque d’une tape derrière la tête. Ses yeux flamboyaient quand elle se tourna vers Percy.

-Ecoutez Monsieur le Ministre … Je vous remercie de votre proposition, elle nous touche. Mais comme vous le dites, une procédure serait beaucoup trop longue. En mars prochain, Luke aura dix-sept ans. Je pense que … (ils échangèrent un bref regard). Oui, on peut tenir jusque là.
-Vous ne voulez même pas que l’on interfère ? s’étonna Ginny, les yeux écarquillés. Que j’aille rappeler à Zabini à quel point je jette bien les sortilèges de Chauve-Furie ?
-Ginny, ne t’en mêle pas, répliqua Percy en levant les yeux au ciel. Néanmoins, je suis d’accord sur le fait qu’on puisse prévenir vos parents que s’ils se passent quoique soit … La loi d’Amnistie ne s’appliquera pas à eux. Un des critères est une exemplarité irréprochable du point de vue de la citoyenneté.
-Vous êtes gentil, reprit Eléonore avec un sourire amer. Mais qu’est ce qui se passera pour nous si nos parents savent qu’on vous a parlé ?
-Je serais plus subtil, promit Percy solennellement. Bien évidemment, je me baserais sur les rumeurs, et parlerez plus de violence physique si cela peut brouiller les pistes.

Luke et Eléonore échangèrent un nouveau regard, avant que l’aînée n’hoche la tête en signe d’acceptation.

-Et faites peser les soupçons sur mon père, conseilla Luke, visiblement à contrecœur. C’est comme ça qu’on fait depuis des années.
-Et ça marche très bien, ne put s’empêcher de grommeler Lucy.

Un mince sourire s’étira sur les lèvres de Luke.

-Ne râle pas, Weasley.
-Et en attendant …, poursuivit enfin Percy avec un regard sévère pour Luke. Fais attention. Adopte la méthode de ta sœur. Fais profil bas. Quand tu sens ta mère effleurer ton esprit, pense à des choses bégnines. Essaie de faire comme si tu t’étais assagi.
-Et laisse-nous sauver tes fesses quand on te le propose, ajouta vertement Lucy. Parce que là franchement, ce n’était pas faute d’essayer.
-Je sais. Désolé Weasley.

Les yeux de Lucy roulèrent dans leurs orbites alors qu’Eléonore jetait un regard incendiaire à son frère. Percy eut un mince sourire.

-Néanmoins, soyez-en certain. Si j’ai écho du moindre incident, j’interviendrais, que vous le vouliez ou non.

Le frère et la sœur Zabini baissèrent le nez et Hannah les regarda en secouant la tête, l’air réprobatrice. Lucy comprit que si cela ne tenait qu’à elle, elle aurait retiré les enfants à leurs parents sans tarder. Quelques coups furent toqués à la porte de l’infirmerie et la tête de Fred passa doucement dans l’entrebaillement.

-Non tante Ginny promis je viens pas voir James ! promit Fred en levant les mains en signe d’innocence. Les Scampers sont là et ils disent que la directrice vous réclame, Mônsieur le Ministre.
-Ça suffit, Fred, soupira Percy, plus las qu’agacé. J’arrive.
-Tu es demandé de toute part, plaisanta Ginny alors que Fred s’effaçait. Une vraie vie de Ministre.

Percy eut un infime sourire mais Lucy vit passer une ombre sur son visage. Elle n’eut pas le temps de s’interroger car son père se leva soudainement et s’adressa à Luke.

-Au moindre problème, n’hésitez pas à me contacter, je ferais tout pour me rendre disponible.
-Moi aussi venez me voir, proposa Hannah avec empressement. A toute heure, de tout temps. Dois-je prévenir la directrice, peut-être ?
-Vous n’allez pas prévenir la terre entière non plus ? s’agaça Luke en se redressant brusquement.

Mais cet effort parut trop grand et il se laissa retomber dans ses coussins. Percy eut un sourire indulgent.

-Seulement votre directrice. Ça je n’ai pas le choix, je suis désolé. Comme je dois aller la voir maintenant. Je vous les laisse, d’ailleurs, Hannah. Lucy ? Tu m’accompagnes ?
-Bien … Ça dépend, je peux frapper Luke avant de partir ?
-Lucy !

Près de la moitié de la salle avait prononcé son nom d’un air agacé mais Luke éclata d’un rire étranglé. Lucy eut un petit sourire et Ginny la poussa dans le dos pour l’inciter à avancer. La jeune fille rejoint son père, et après un dernier sourire pour Luke, elle s’engouffra dans le couloir à la suite de son père. De l’autre coté, Fred était assis en tailleur sur le sol, Molly adossée au mur juste à coté d’eux. Gethin et Alan étaient à l'écart, parlant à voix basses, l'air profondément plongé dans leur discussion. Ils jetèrent un regard à Lucy quand ils sortirent de l'infirmerie. Gethin semblait avoir les yeux rouges.

-Adam est là-bas, indiqua-t-il d’une voix étouffée en pointant l’autre bout du couloir. Je crois que ta cousine le dispute.
-Roxanne ? devina Lucy en discernant les éclats de voix plus loin.
-Ouaip, confirma Fred avec un sourire. Elle avait l’air assez remontée. Et elle l’est aussi contre toi, si tu veux savoir.
-Comme tout le monde, ricana Molly.

Lucy lui jeta un regard noir et fut surprise de voir son père faire de même. La main de Percy se plaça au creux du dos de sa fille, et l’incita à avancer.

-Je vais voir la directrice, dit-il à Molly. On se reverra sans doute au Ministère – si vous n’oubliez pas d’y aller, ton cousin et toi.
-T’inquiète, oncle Perce, le rassura Fred avec un sourire goguenard. J’emmènerais pas ta fille sur les chemins de l’école buissonnière.
-Oh droite comme elle a l’air, ça doit être un sacré défi, commenta Alan.
-On vous a demandé votre avis à vous ? répliqua Molly. Occupez vous de frères.
-Oh, je crois que je ne peux rien faire pour Adam, dans l’immédiat. Dites-moi, Fred, elle est dangereuse, votre sœur ?
-Moins que Lucy.
-Va te faire voir.
-Lucy.

Pour marquer sa réprobation, Percy la poussa encore plus et ils avancèrent dans le couloir. Lucy jeta un regard noir à Fred. Au détour d’un couloir, elle aperçut Roxanne, qui agitait les bras d’un air énervé et Adam, les bras croisés devant elle, stoïque. Elle accrocha à peine son regard avant qu’il ne fut hors de sa vue.
De toute manière, il fallait qu’ils parlent.
Son père lui donna un mouchoir et Lucy le fixa dans comprendre. Il sourit doucement.

-Tu n’arrêtes pas de renifler. Enrhumée ?
-Mouais, marmonna-t-elle en acceptant le mouchoir. On va dire ça.

Elle se moucha bruyamment, provoquant le léger éclat de rire de son père. Puis son visage se fit à nouveau grave et il entonna :

-Je pense que je n’aurais pas le temps que j’aurais voulu pour te parler. Ma chérie, ce n’est pas que je ne veux pas m’occuper de toi mais … Je dois retourner au Ministère au plus vite, je ne sais pas si nous aurons une autre occasion de parler …
-Tu as plus important à faire, le coupa Lucy, le nez toujours dans le mouchoir. Je comprends, t’inquiète.

Elle se mordit immédiatement la langue en remarquant la lueur presque blessée dans les yeux de son père. Le conseil de Ginny lui revint alors en mémoire et elle regretta de l’avoir interrompu.

-Lucy, je ne suis pas venu pour me battre avec toi. Je suis venu parce que je sais qu’en père je n’ai pas toujours était très présent et qu’il me semblait important que je le sois là. Non, pas pour t’engueuler, comme tu peux le penser. Parce que je sais que les choses n’ont pas dû être facile pour toi ses derniers temps.

Il marqua un temps d’arrêt. Lucy se tut religieusement, malgré les dizaines de piques qui lui venaient à l’esprit.

-Alors évidemment ce que tu as fait c’est inconsidéré et stupide. Bien sûr que si tu étais venu me voir avec les informations que tu avais, je t’aurais cru et je t’aurais aidé. Et ça m’a fait mal de constater que … tu n’avais pas assez confiance en moi pour cela. Que tu préférerais te débrouiller toute seule plutôt que me demander de l’aide.

Il ricana un peu.

-Je pense que ça illustre parfaitement comment j’ai échoué en tant que père.
-Echouer … Oh papa.

Lucy lui prit le bras pour le forcer à s’arrêter et à lui faire face. Son père, si stoïque, si sûr de lui, si froid, si obsédé par la réglementation de la taille des fonds de chaudrons … Sa carapace de parfait politicien commençait à se fendiller.

-Mais enfin, bien sûr que non, non tu n’as pas échoué …
-C’est gentil de me remonter le moral, ma fille, soupira Percy en reprenant sa marche en avant. Mais cesse de m’interrompre, je ne compte pas te faire monter tous les étages de Poudlard, il faut que tu t’occupes de ton ami.
-C’est bien ce que tu as fait, ne put s’empêcher de dire la jeune fille. Pour Luke.
-La moindre des choses. Et c'est loin d'être assez. Si j'avais pu je les aurais arraché à cette famille malsaine. J'aurais peut-être dû t'écouter agir un peu plus tôt ...

Lucy le dévisagea un instant. Puis, sans réfléchir outre mesure, elle lui sauta au cou et déposa un baiser sur sa haute pommette.

-C’est déjà beaucoup. Merci, papa.

Percy resta un instant figé, sans réagir. Puis ses bras se refermèrent sur sa fille avec automatisme et elle se laissa aller contre son torse. Il était grand et filiforme. Et il avait maigri depuis la dernière fois qu’elle l’avait enlacée – et quand était-ce ? Lucy n’avait aucun souvenir. Ça devait faire une éternité … Et ça n’arriverait plus de ci-tôt. Alors elle se contenta de profiter, de respirer son odeur. Il sentait le vieux parchemin, le Ministère. Mais aux fins fonds de sa cape, au cœur des fibres de tissu, au sein même de son être, lui aussi sentait le Terrier. Il sentait la maison. Il était chez elle.

-Merci à toi, ma chérie, murmura alors Percy à son oreille. De ramener le courage dans notre famille.

Lucy sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle serra son père un peu plus fort contre elle. Tant pis.
McGonagall attendrait.

VOILAAAAAA Donc un chapitre peut-être pas à la hauteur de vos espérances (pour ceux qui voulaient la grande retrouvailles des Scampers et tout > dur de faire ça bien du point de vue de Lucy) mais j'avais plein de truc à dire. Alors évidemment dans les prochains chapitres y'aura des compléments, notamment sur les situations de Luke et Adam, ne vous en faites pas.

BONNE SOIREE

cochyo
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Re: Lucy Weasley [Harry Potter]

Messagepar cochyo » 2017-10-17T19:30:23+02:00

Pas de grand discour. Juste : bravo. Ça exprime très bien mon ressentit après ce chapitre.

Bff47
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Re: Lucy Weasley [Harry Potter]

Messagepar Bff47 » 2017-10-17T20:54:46+02:00

OH la la !!

C'était vraiment un chapitre trop génial !!! Comme d'habitude d'ailleurs !!! Tout tes chapitres sont géniaux !!

Mais là ... Pff, je sais pas trop quoi dire en fait ! EN fait ma première impression tout de suite c'est que j'aime beaucoup tes personnages, ceux que tu as créés, Lucy, Adam, Luke (je t'aime tellement ^^), Lysander, Shannon, Molly, Fred etc ... ET tu coup, chaque fois que je lis tes chapitres, toutes les semaines (à peu de choses près ^^), je suis vraiment trop contente de le retrouver, de prendre leurs nouvelles, etc ...

Mais cette fois, c'était doublement trop cool, parce qu'en plus on a pu revoir plein de personnages de JK Rowling, et ils m'avaient trop manqué : McGonagall, Percy, Susan et Seamus Finnigan, Luna, Ginny, Harry (je sais que tu l'aimes pas ... Et bien sache que tu as tort, il est vraiment extraordinaire je trouve !! Bon, enfin chacun son avis quoi, c'est pas grave si tu l'aimes pas^^. De toute façon j'ai trouvé que tu avais gérés ses dialogues, son caractère, donc, franchement, bravo à toi !!!!!!!! ), et puis même les tableaux d'Albus et de Severus !! C'était une trop bonne idée, j'étais trop contente de les revoir aussi ceux-là.

Voila, en plus dans ce chapitre il y avait plein de petites références du passé, ça me fait trop plaisir ; je pourrai pas toutes les nommer mais là à chaud j'ai retenu, le passé de Percy (et sa petite amie), Harry qui s'est retrouvé dans leur situation une bonne dizaine de fois, les relations Frères/Frères des Weasley et des Dumbledore, le parcours de la carte du Maraudeur, la période du règne des Carrow etc ...

Donc c'est Luna qui a fourni les ingrédients à Lysander ? Moi je pensais qu'il les avait cherché lui même grâce à une certaine valise ... Mais après réflexion, après tout, c'est peut être et surement son père qui l'a en sa possession en ce moment.

Sinon, le personnage d'Alan est beaucoup trop bien ! J'aime son espièglerie ! (quel mot bizarre ! et pas du tout naturel ! ). C'est vraiment un plaisir de lire ses répliques. Il me tarde d'avoir le point de vue de Adam à son sujet !! J'espère qu'on continuera à le voir souvent ... (enfin souvent ... j'imagine que c'est bientôt fini, on se rapproche du but là, non ?)

Que dire de plus ... Le moment de craquage de Lucy était bien aussi, très réaliste je trouve ! Bravo à toi !

Et qu'est ce qu'il a foutu Louis ?? Comment ça se fait que tout le monde soit au courant ?? C'est pas top ça !!

Et enfin ... Luke !!!!!!!!!!!!!!! Ah la la... C'était inattendu ... Moi je m'attendais pas à des coups physiques (pk sinon c'était tout pareil qu'Adam) du coup je m'attendais plus à des sortilèges comme le doloris, quoique une sortilège Impardonnable c'est peut être un peu exagéré... Au final, tu as trouvé la bonne solution je trouve ! La violence de la legilimancie... N'empêche je sais pas si a leur place je ferai comme Norie ou comme Luke ... Personnellement j'arrive très bien à comprendre qu'on soit trop orgueilleux pour accepter sans broncher de se faire fouiller le cerveau, sans opposer aucune résistance !!! (je crois que moi aussi je suis un poil orgueilleuse ... ou peut être plus qu'un "poil"^^). Et très bonne idée que ce soit là mère ! ça, je suis sure à 100% que personne ne s'y attendait !!

Voila, bon, bein j'ai plus d'inspi je vais m'ârreter là, je suis trop crevée !!

Alors, a+ !

SofiaLove05
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Re: Lucy Weasley [Harry Potter]

Messagepar SofiaLove05 » 2017-10-18T13:20:00+02:00

Je sais même pas quoi dire
Ah si en fait : parfait juste parfait
Bravo :mrgreen: :mrgreen: ❤️

Mimie99
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Re: Lucy Weasley [Harry Potter]

Messagepar Mimie99 » 2017-10-18T23:27:34+02:00

Coucou!

Bon je vais essayer de faire un commentaire un peu plus constructif que : fantastiques chapitres. Seulement voilà je ne garantis rien niveau "cohérence" :lol:

Alors commençons par le chapitre 35 (ou le deuxième chapitre 34 ;) )
Tout d'abord, c'était vraiment bien un chapitre du point de vue d'Alan! J'avoue que je ne m'y attendais pas du tout! Mais ça l'a apporté un peu de changement (pas que j'en avais besoin, mais c'était cool). N'empêche j'avais vraiment envie de lui donner une petite (?) claque derrière la tête pour son entêtement face à la sorcellerie et donc à son avis du "je-ne-veux-plus-en-entendre-parler-de-cette-chose-qui-a-ruiné-ma-vie". Oui, oui, je sais que c'est normal, seulement... il s'entêtait vraiment! (en même temps... je suis mal placée pour parler d'entêtement. Je le suis beaucoup trop :lol: ) Toujours est-il que j'aime bien sa relation avec sa fiancée la si gentille Eve :lol: Et je ne sais plus qui a dit que les deux aînés Scampers avaient un goût similaire en matière de fille, mais je suis d'accord! Le jour où Eve et Lucy vont se rencontrer, ça va être épique :lol: Surtout si elle parle de Quidditch/Foot. Sinon j'ai bien aimé l'apparition de Fred dans ce chapitre et aussi de Molly, sans parler de Susan. Enfin, pour faire court... C'était vraiment un excellent chapitre!

Chapitre 36...

Il s'est passé plusieurs choses en peu de temps, ça c'est sûr! En commençant par la scène dans la cuisine :lol: Je ne sais pas trop pourquoi, mais je l'ai bien aimê. Peut-être à cause du "File-moi le bacon" du tout début? Peu importe. :roll: J'ai vraiment apprécié de voir Percy sous un autre jour dans ce chapitre, j'avoue que je ne l'ai jamais vraiment aimé, trop sérieux, peut-être. Mais mon point de vue a changé, du moins un peu, avec ce chapitre. ;) Ensuite j'avoue que les répliques d'Alan étaient assez drôles, surtout qu'il ne se gênait pas pour "parlementer" avec tout ce beau monde (McGonagall entre autre). :lol: Et après... LA MÈRE DE LUKE EST COMPLÈTEMENT FOLLE. Voilà fallait que je le dise. Et je ne lui ferai pas l'honneur de dire son nom. Voilà. Sérieusement je plains Luke (ne surtout pas lui dire). Ce que je me demande c'est... à quel point est-ce que son père est impliqué dans tout ça? Parce que ce serait vraiment tordu qu'il soit lui aussi une victime dans tout ça :shock: Enfin, bref, je n'y crois pas vraiment, ce serait trop... fou. :? Je ne sais pas trop pourquoi, mais je n'ai pas l'impression que le petit groupe va rester tranquille pour le reste de l'année. C'est IMPOSSIBLE! Et je sens qu'après toute cette joie il va avoir un nouveau truc horrible, j'ignore lequel, mais... j'ai pas l'impression que les prochains chapitres seront "si" calme que cela... :( Bon, il y a vraiment beaucoup de trucs à dire, mais je m'arrête ici pour le chapitre.

En gros les deux chapitres étaient fabuleux. Donc je t'invite fortement à continuer sur cette voie :lol: Je plaisante! (à moitié) Pas de pression surtout, hein! ;)

Sinon, pour répondre à ta question générale adressée à tout le monde. Ça va à peu près bien ma vie, j'essaie de reprendre l'écriture de ma fanfic, mais j'écris mieux en plein milieu de la nuit (va savoir pourquoi...) et avec les cours... bref. À part de ça... j'ai écouté les deux premiers Hobbit en version longue (perso je trouve que ça vaut la peine) :D Je te le partage seulement à fause de ton image de profil, bref, je m'arrête sur la tranche de vie.

Retour au sujet de ta fanfic. Je t'encourage pour la suite, je sais ce que c'est quand on a enfin écrit le chapitre qu'on attendait et imaginait depuis un LONG moment. Mais je suis sûre que tu vas parvenir à nous concocter de supers nouveaux chapitres, même si ça doit être au bout d'un mois! J'attendrai patiemment ;) Pour conclure, bonne écriture prochaine! J'ai hâte de voir la suite!

P.S: Désolée, je ne croyais pas écrire aussi long à la base :shock:

annabethfan
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Re: Lucy Weasley [Harry Potter]

Messagepar annabethfan » 2017-10-19T19:53:54+02:00

J'allais commencé à commenter le chapitre de Cazo, mais ça commençait par "Noël n'eut pas la saveur des années précédentes. Porteur d'espoir d'habitude, il ne fut cette fois que nostalgique. Jenny était morte, la situation semblait plus noire de jour en jour. Pour Lily et James, c'était un Noël sans leurs parents, à l'exception de Fleamont Potter. Pour tant d'autres Sorciers en Grande-Bretagne, c'était un Noël dans la peur, dans le deuil. Trop de vies avaient été brisées. " donc je vais me garder ce chapitre de franche rigolade pour ce week-end et commencer par Lucy :lol: :lol:

Note: Ca se trouve je vais m'arrêter à la première partie, c'est que Quotidien commence bientôt et je ne rate jamais Quotidien donc... Bref commençons!

elles l’avaient découvert en robe de chambre à carreau écossais

What else j'ai envie de dire ^^

ce qui se passe est un secret. C’est pour cela que tout Poudlard est au courant.

Ca pourrait devenir la devise de l'école cette phrase n'empêche! Qui avait citer cette phrase en premier déjà? Dumbledore? (Comme la moitié des trucs classe mais je demande quand même ^^) Ou c'est juste une phrase comme ça?

Bientôt tout le monde reviendra et on arrêtera de parler de vous pour parler du retour du grand James Potter.

James va leur voler la vedette en deux secondes, ils vont rien comprendre :lol: :lol:

A quel point on va se faire déchirer, là dedans ?

:lol: :lol: :lol: Cette formulation :lol:
En plus pour le coup c'est un sujet qu'Harry maîtrise, il a été à leur place assez souvent (bon sauf la partie avec les parents certes... cette remarque plombe l'ambiance et ouais...un peu comme le début de chapitre de Cazo n'est-ce pas?)

Vous êtes une bande de bébé-Botrucs.

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Très franchement, sinon croyez-moi, j’aurais été digérer depuis longtemps. Très longtemps. Ma première année, en fait.

Qu'est-ce que je disais!

-Oncle Percy, jappa Lysander, stupéfait.

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-Ton père ne te le diras pas, mais tu as bien fait, lui souffla-t-elle d’entrée à l’oreille. Je suis fière de vous.

On peut toujours compter sur Luna pour être le parent cool!!

-Oh bon sang, haleta le préfet en tentant de se calmer. Ça, c’est signé. Tu ne peux vraiment pas t’en empêcher …

:lol: :lol: :lol: Je suis morte, Luke est génial :lol: :lol: Best reaction ever!

-Weasley, Zabini ! cingla McGonagall, les ailes du nez frémissante

Un jour elle va avoir des problèmes de nez...

-Vous êtes décidemment la bande la plus hétéroclite que je n’ai jamais croisé.

C'est une belle entrée en matière pour un sermon!

Le polynectar dans les toilettes de Mimi Geignarde, tu te rappelles ?

Hermione surtout s'en rappelle très bien je pense :lol: N'empêche on sent la désapprobation dans la voix de Percy c'est très drôle! Et Harry est décidément trop cool comme adulte (pas comme dans un certain nouveau tome dont je tairais le nom)

-Rien, simplement qu’il n’y avait pas trop de suspens. Ils vous ont sauvé la mise, quand même.

Alan, c'est pour le suspens bon sang! Aucun côté dramatique ce gars ^^

vous écoperez tous d’une semaine de retenue.

C'est tout? Enfin je suis contente pour eux, mais c'est pas un peu...léger pour ce qu'ils ont fait quand même? (Bon pas qu'Harry est jamais eu pire mais)

-D’ailleurs, poursuivit McGonagall, la commissure des lèvres relevée. Il faudra que je vous touche un mot de Zephan …
-Tu vois ! Tu nous as porté malheur !

:lol: :lol: :lol:

-Mr. Donovan, entonna lentement la directrice. La seule chose dont je suis sûre actuellement, c’est que je suis très contente que ce soit vos frères, et non vous, qui soient nés sorciers.

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-Les frères se suivent et ne se ressemblent pas, marmonna-t-elle néanmoins.
-Comment pouvez-vous encore douter de cette affirmation, alors que vous m’avez eu après Charlie et que Fred et Georges m’ont suivi ? lui fit remarquer Percy.

Un rire se fit entendre derrière McGonagall mais il n’émanait pas de Harry. Il émanait du portrait d’Albus Dumbledore, qui regardait Percy avec une sorte d’émotion contenue.

I'm not fangirling, no...ou peut-être juste un peu. Tu es un génie Perri!

-Une relation riche, répéta Adam à voix basse. Ça marche aussi pour l’absence de relation ?

Et.......comment casser l'ambiance, leçon n°1 par Adam mesdames et messieurs!

Ok vas-y tu m'as achevé avec toutes tes références... Rogue, Dumby, Fumseck...t'en as d'autres des comme ça? ^^

-Sauf votre respect, je me passe de votre permission depuis ma troisième année.

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Qui se chargeait de cela ?
-Luke, répondirent-ils tous en chœur avec précipitation

On est l'enquêteur en chef ou on l'est pas!

« jouer à Harry Potter ».

Après "filer à la Weasley", et encore une expression pour le langage courant! ^^

avec l’envie de jeter Molly dans le Lac Noir sans procès

Ca faisait longtemps tiens!

-Non sérieusement ? Tu as appelé ton chat comme le dragon dans Mulan ?

Enfin quelqu'un susceptible de capter la blague :lol:

-Je n’ai jamais fait attention à elle, intervint alors Harry avec un froncement de sourcil.
Seamus haussa les épaules. Ses mains s’étaient contractées sur ses genoux et sa femme et sa fille lui jetèrent un regard inquiet.
-Elle était très discrète. Une travailleuse de l’ombre. Tu te concentrais sur les grandes gueules de Malefoy ou Parkinson, mais elle … Elle s’est un peu découvert, en septième année, mais tu n’étais pas là pour voir. Elle était … effrayante. Elle te regardait et j’avais l’impression qu’elle lisait dans tes pensées. Je peux t’assurer qu’elle adorait les cours des Carrow … Comment il s’appelait, déjà ?

J'ai beaucoup aimé ce passage, avec la suite sur Luna etc, ça resouligne qu'on avait que le point de vue d'Harry et qu'il a manqué certaines personnes que d'autres personnages connaissent, notamment en 7ème année. Et puis comme d'habitude, le rappel du passé et du règne de Voldemort qui plane sans cesse même 20 après est fascinant. En fait j'adore la façon dont tu inclus les références et les anecdotes du passé sans que l'histoire du présent en pâtisse (c'est le verbe pâtir que je viens de bien conjuguer ou le verbe pâtisser haha?), c'est vraiment incroyable et intéressant.

Voilà, une première partie vraiment géniale, je commenterais la suite demain sans faute ;)

annabethfan
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Re: Lucy Weasley [Harry Potter]

Messagepar annabethfan » 2017-10-20T14:17:48+02:00

Et donc je reviens pour la 2e partie!

-Vous me prenez franchement pour un imbécile. Tu crois vraiment que je n’ai jamais vu Fred et George s’en servir ? Donne-moi ça !

Il prit le parchemin des mains de Lucy, et y plaqua sa baguette. Il récita la formule rituelle sans sourcilier, à la plus grande stupeur de sa fille.

Je tombe des nues aussi! Genre Percy qui se sert de la carte des Maraudeurs... Non ça va pas ensemble dans ma tête :lol: Mais au fond c'est logique et ça montre que Percy est tellement plus qu'il n'y paraît, j'aimerais en savoir plus sur lui en réalité, c'est dommage que Rowling ne nous ait pas donné plus d'infos sur lui, sur ses motivations et ses sentiments.

-Franchement, Lucy, reprit le Ministre avec une douceur qui n’était ni factice, ni coutumière. Tu crois vraiment que je t’aurais considérée comme coupable ?

C'est dingue ce qu'en une scène Percy remonte dans mon estime!

-Oh, la ferme Weasley. Je crois qu’il n’y a que mon imbécile de père qui n’a pas compris cette mascarade.

J'aurais pourtant accordé plus de crédit à Blaise mais bon ^^

Luke était si affalé sur Lucy qu’elle-même ne tenait plus franchement sur ses jambes et menaçait de s’effondre

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Moi en stress pour mon bébé Luke!!!!

ce fut Ginny Potter en personne qui les mit dehors.

Quel honneur n'empêche :lol:

-Tu vas arrêter de faire ton coq fier, jeune homme, tança-t-elle avec humeur. Allez, bois avant que je ne te fasse avaler ça par la force ! Et après tu vas nous raconter ce qui s’est passée – tu nous crois toutes stupides, ou non ?

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sauf peut-être Fleur, l’unique qui avait réussi à faire pleurer James en le grondant, ce qui restait un exploit à ce jour

Je m'en tape je veux l'histoire en bonus ou en flash-back Perri!!!

-Je n’ai rien réussi du tout, hoqueta Lucy, la gorge serrée.

Lucy me fait trop de peine! On l'a voit jamais vraiment craquer, elle est toujours au taquet tout le temps avec les autres... Ah *câlin*

-Qu’est ce qui vous dit que j’ai quelque chose à dire ? répliqua Luke.

Vas-y Luke t'es intelligent, penses à ta question deux secondes... Oh je dirais juste que tu viens de t'effondrer après une "discussion avec tes parents" et que tout le monde est mort d'inquiétude pour toi (dont moi jeune ingrat)!

-Et … elle force ton esprit, c’est ça ?

La formulation fait pense à un viol, ça souligne l'horreur de la chose.
Je trouve que c'est une excellente idée que tu as eu, on pensait plus à une maltraitance physique, un peu comme Adam, mais en fait là ça rattache l'histoire au monde sorcier. C'est intéressant de voir comment Enoboria détourne une pratique magique pour faire du mal et c'est tellement affreux... Oh Luke!

Que j’aille rappeler à Zabini à quel point je jette bien les sortilèges de Chauve-Furie ?

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la directrice vous réclame, Mônsieur le Ministre.

J'entends le sarcasme juste dans cet accent circonflexe :lol: :lol:

-Je vais voir la directrice, dit-il à Molly. On se reverra sans doute au Ministère – si vous n’oubliez pas d’y aller, ton cousin et toi.
-T’inquiète, oncle Perce, le rassura Fred avec un sourire goguenard. J’emmènerais pas ta fille sur les chemins de l’école buissonnière.
-Oh droite comme elle a l’air, ça doit être un sacré défi, commenta Alan.
-On vous a demandé votre avis à vous ? répliqua Molly. Occupez vous de frères.
-Oh, je crois que je ne peux rien faire pour Adam, dans l’immédiat. Dites-moi, Fred, elle est dangereuse, votre sœur ?
-Moins que Lucy.
-Va te faire voir.

:lol: :lol: :lol: :lol: Best dialogue ever!

Elle accrocha à peine son regard avant qu’il ne fut hors de sa vue.

Je trépigne littéralement d'impatience! Je veux la discussion entre Adam et Lucy après tout ça ^^ Et retrouvailles des Scampers!!

si obsédé par la réglementation de la taille des fonds de chaudrons

:lol: Je revois encore Fred et George se moquer de lui!


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