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Extrait de From the past : Tome 1 - Adaptation ajouté par JB2S 2015-03-20T00:32:22+01:00

Le bruit métallique d’un chariot qui roule me sortit de mon long sommeil. Puis la lumière, une lumière vive qui m’aveuglait complètement. Le chariot s’arrêta brutalement tandis que je percevais des chuchotements. Ma vision commençait à revenir peu à peu, mais les silhouettes blanches que je distinguais restaient floues. Où étais-je ? Que m'était-il arrivé ? Je n'avais pas le moindre souvenir de ce qu'il s'était passé. J’étais inquiète mais ce n'était pas une inquiétude ordinaire. Mon instinct me disait que j’étais en danger, en danger de mort, qu'il fallait que je reste discrète et que personne ne s'aperçoive de mon réveil. C'était un sentiment très étrange qui s'imposait à moi en-dehors de toute autre considération pragmatique. Je devais fermer mes yeux en attendant. En attendant quoi ? Je ne le savais pas.

Je fermai alors mes yeux et tentai d'entendre la conversation qui se tenait à quelques mètres de moi. Je parvins à distinguer les voix d'un homme et d'une femme. Le plus étrange était qu'avant même d'entendre quoi que ce soit d'intelligible provenant de l'homme, il m’apparut comme quelqu'un de profondément antipathique, de dangereux. En revanche, la voix de la femme, bien que son ton fût ferme, était rassurante et je sus immédiatement que je pourrais lui faire confiance.

Que m'arrivait-il ? Avais-je perdu la tête ? Comment pouvais-je prétendre ressentir toutes ces choses alors même que je ne les connaissais ni l'un, ni l'autre, ne les avais qu'entre-aperçus dans un flot de lumière et n'entendais pas distinctement leurs propos ? J’étais de plus en plus perturbée. En plus de cette situation pour le moins inquiétante, j’avais le sentiment de sombrer dans la folie. Toute personne sensée aurait signalé son réveil. Après tout, ils devaient être médecins. Mais je n'en fis rien, mon instinct m’interdisant de le faire.

Tout d'un coup, l'homme haussa le ton et je fus enfin en mesure d'entendre leurs propos.

— Je ne te demande pas ton avis Kate. Je connais les risques, s'énerva-t-il.

— Mais, on peut encore attendre un peu. Elle ne nous sera d'aucune utilité si elle meurt !

Quoi ? Mon sang se glaça dans mes veines.

— Tu perds ton temps. Les enjeux sont trop importants, ce n'est plus moi qui décide. Ils ont besoin d'elle maintenant et sont prêts à prendre le risque.

— Trouve quelqu'un d'autre pour le faire ! Je refuse d’être mêlée à ça. Nous avons prêté serment Stan !

— Tu es devenue folle ? Tu sais pourtant ce qu'ils te feront si tu leur résistes ?

— Eh bien qu'ils le fassent !

Une porte s'ouvrit au loin et ils chuchotèrent à nouveau. À mon grand désespoir, je n’entendis plus un mot.

Mon instinct ne m’avait donc pas trompée, j’étais bel et bien en danger, les propos de ladite Kate ne laissant plus aucun doute à ce sujet. Mais pourquoi ? Que me voulaient-ils ? J'avais beau chercher une raison, quelque chose qui pourrait expliquer ma situation, rien ne me venait.

Et puis d'abord, quelle était-elle ma situation ? Je fis le point. J’étais attachée sur une sorte de lit médicalisée, je ne me souvenais de rien, ne sentais quasiment plus mes membres mais ressentais, en revanche, tout un tas de sentiments inexpliqués et, surtout, une femme nommée Kate devait me faire, sous la menace, quelque chose de dangereux, susceptible de provoquer ma mort ! Mais comment en étais-je arrivée là ?

Après beaucoup d'efforts, je fus en mesure d’identifier mon dernier souvenir : la belle journée d'automne, la caresse de mon père, l'odeur d'herbe tondue puis celle de... de piscine ? J'avais bel et bien senti l'odeur caractéristique de piscine alors que quelqu'un me maintenait et puis, plus rien. Que cette odeur pouvait-elle bien signifier ? Je gambergeai un long moment, jusqu’à ce que je fusse certaine d’avoir trouvé la réponse : il ne pouvait s’agir que de l’odeur du chloroforme. Je n’aurais jamais pensé que mes cours de chimie puissent m’être un jour d’une quelconque utilité. Je me trompais. Le chlore, utilisé dans les piscines, est l'un des composants du chloroforme, ce qui expliquait que j'avais assimilé son odeur à celle caractéristique des piscines. C’était la seule explication logique.

J'avais donc été droguée, puis enlevée.

Mais alors pourquoi étais-je sur ce lit roulant ? Ne pas savoir ce qui s’était passé ni ce qui allait m'arriver tout en ayant la certitude que j’étais en danger me fit perdre pied. J'avais envie de hurler, de leur demander pourquoi mais je restai inexplicablement silencieuse. Je pensai à mon père, à l'inquiétude qu'il devait ressentir, à ma mère aussi, dont je m’étais moquée « Mais que veux-tu qu'il m'arrive » lui avais-je répondu. Elle devait tellement culpabiliser… Après tout, c’était elle qui avait convaincu mon père de me laisser sortir. Pauvre maman ! Je tentais de me rassurer en supposant que toute la ville devait être à mes trousses. La disparition de la fille unique du maire, ce n’était pas rien. On finirait bien par me retrouver, enfin, je l’espérais...

Alors que je tentais de ne pas succomber à la panique en me rassurant tant bien que mal, je fus emmenée dans une autre pièce. J’entendis des pas, une porte qui s’ouvre, puis se referme. J’attendis prudemment ce que j’estimais être cinq bonnes minutes.

J’ouvris les yeux pour la seconde fois.

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