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Commentaires de livres faits par GabrielleViszs

Extraits de livres par GabrielleViszs

Commentaires de livres appréciés par GabrielleViszs

Extraits de livres appréciés par GabrielleViszs

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
Et si tout n'était qu'un mauvais rêve ? L'explosion d'un palais et de son roi dès le départ pourrait être l'entrée en matière d'un nouveau monde. Adam, Isaac et Ryan se réveillent dans une plaine inconnue. ni la forêt aux alentours, ni les ruisseaux ne ressemblent en rien de ce qu'ils connaissent. Et si ce voyage allait changer leur vie ?

Je remercie les éditions De Saxus pour l'envoi de ce premier tome de cette saga. Amisseum, que se cache derrière ce nom ? L'explosion du prologue ne nous en dis pas plus, il faut continuer notre chemin et tomber sur Adam en premier, puis ses deux amis. Un voyage dans un autre monde. Ils vont découvrir que ces terres leurs sont inconnues et qu'ils vont devoir se battre pour prouver qu'il ne sont pas méchants malgré les apparences. À peine arrivés dans un village, deux morts sont découverts. Des inconnus qui sont là le même jour où deux cadavres sont découverts dans des positions très étranges. Si avoir la tête de son ami dans les mains peut être catalogué comme bizarre. Adam, Ryan et Isaac vont devoir fuir, tels des pestiférés qui voient une horde de "paysans" leur courir après pour leur faire la peau, alors qu'ils sont innocents.

Un début chaotique pour trois jeunes hommes qui viennent d'ailleurs, d'un autre monde. Celui où la technologie fait foi, où la vie est continuellement programmé, l’électricité, le travail, notre monde. Ils viennent du notre et ont été propulsé, on a un gros doute sur la façon dont cela s'est produit au début de l'histoire, proche du royaume de Mirabilis. Royaume, ou plus précisément un monde avec cinq grands royaumes et un semblant de paix depuis quelques années. Une Sordide Guerre a fait son office il y a un peu moins de 15 ans. Les traces sont toujours présentes dans le cœur des hommes et des femmes qui vivent maintenant en paix bien fragile malgré tout. Avec un roi nommé Garamei qui semble cacher des éléments pour le bien de tous. Parfois les secrets sont bien trop lourd à porter et faire des dégâts auxquels on n'aurait pas pensé.

Adam est le grand frère de Nina, une petite sœur malade qu'il a perdu de vue depuis son arrivée dans le royaume. Cela le rend triste, nerveux, obsédé de pouvoir rentrer chez lui pour la voir avant que le pire ne soit venu. La peur de la perdre, qu'elle meure alors qu'il soit encore dans ce monde le taraude. Ryan semble plutôt bien mieux s'adapter aux nouvelles conditions de vie, comme s'il avait envie de rester. Quant à Isaac... il est entre les deux, même si rentrer pour sa grand-mère serait ce qu'il voudrait. Nous connaissons leur passé respectif dans les grandes lignes et cela suffit largement pour comprendre leurs réactions et leurs pensées. Chacun d'entre eux a eu un rêve, juste avant d'ouvrir les yeux sur ce nouveau monde, un de ceux qui s'efface trop vite et ne laisse que des bribes en mémoire. Malgré tout, ils vont réussir à regrouper le maximum pour tenter de comprendre ce qu'ils ont vu réellement.

Se confronter à une réalité qui n'est pas la leur les rend d'abord méfiant. Il faut dire aussi qu'ils ont failli mourir plusieurs fois, emmené de force en prison digne du moyen-âge, pour finir dans un palais en tant qu'invités d'honneurs. Les trois amis vont vivre une aventure incroyable où se mêle la magie, la trahison, les combats. Leur destin est complètement bouleversé, avec leur avenir bien incertain. Vont-ils réussir à rentrer ? Adam le veut plus que tout et décide finalement d'aider le roi Garamei pour cette raison et aussi parce que sa fille Aga est belle comme un cœur, même s'il a décidé de le nier à tout le monde et même à lui. Les liens se font et se défont les uns avec les autres. Trois jeunes hommes qui ont décidé de passer une épreuve pour le royaume de Mirabilis vont être entraînés par de sérieux capitaines, des pointures en quelque sorte, ceux qui sont considérés comme les meilleurs de leur royaume.

Et puis il y a une pierre bleue, une Moonstone (pierre de lune) qui est recherchée. Pour son pouvoir, pour ce dont elle est capable de donner en puissance, pour ce qu'elle apporte aux yeux de certains : la peur dans le regard de ses adversaires, de ses ennemis. Elle a une histoire ou plutôt toutes ces pierres ont une histoire qui remonte à loin, très loin. La magie est toujours présente dans ce monde depuis la nuit des temps. Elle existe sous plusieurs formes, essentiellement celle du "suun". Ce pouvoir qui est en chacun d'entre eux, dans l'air, dans chaque être vivant. Nous découvrons la manière dont tout est construit, expliqué, décortiqué. Tout comme les lieux, les descriptions nous transportent dans cet autre univers. C'est dépaysant et un soulagement de se reposer entre deux vallées, alors qu'une petite brise passe tranquillement, juste avant de se faire attaquer par un personnage qui n'est pas tout seul dans sa tête.

Les trois jeunes gens sont tombés dans un monde qu'ils n'osaient pas imaginer. Les gens sont à la fois différents et identiques. S'ils retrouvent des humains, ils vont tomber également sur des géants et autres créatures. Les vêtements sont différents, un peu notre moyen-âge dans certaines coutumes, certains habits, un peu en avance pour leur époque. Pas d'électricité même si un personnage semble s'en approcher, tout comme du fait de voler (dans les airs, tel un oiseau). Leur évolution semble plus restreinte que la notre et pourtant ils ont énormément d'avance sur des points que nous n'avons pas : la magie. La notre n'est qu'une illusion, la leur est réelle, utilisable et maitrisable. Elle est capable de se développer en chacun d'eux jusqu'à obtenir son maximum. C'est ce que vont devoir apprendre Adam, Isaac et Ryan d'une manière ou d'une autre.

La menace est bien réelle sur le royaume de Garamei et ce roi a besoin d'eux pour s'en sortir. Ils ont été envoyé, pour ça ? C'est une question que nous pouvons nous poser et la réponse à cette question reste en suspend. Eux font essentiellement cela pour retourner chez eux, mais quel est le rapport ? Il y a beaucoup de zones d'ombres, que ce soit autour du Roi, que de la plupart des personnages. Des "invités" encapuchonnés dont seule la voix parvient à nos oreilles, des hommes et des femmes qui jouent double jeu, voire triple. Il est difficile de savoir vraiment qui est derrière cette future guerre qui est à l'horizon, car cette paix fragile est sur le point de s'effondrer. Qui est à l'origine de cette fracture ? Qui veut encore une guerre sans pitié ?

Les trois amis sont un peu comme des aimants, même s'ils s'engueulent, ils restent soudés, quoi qu'il se passe. Dans les combats, les confrontations, ils sont toujours ensemble à chercher et trouver la solution pour arriver à leur but. La plupart du temps cela se passe dans la douleur. Les entraînements doivent les endurcir, car ce qui les attend est bien plus grand que n'importe qui. Leur amitié est éprouvée, leur confiance est solide, aucun d'entre eux ne lâchera l'affaire et n'oubliera son ami. Ils sont solides ensemble quoi que cela puisse leur en couter. Un passage important montre que le roi préfère cacher des éléments à ses invités. Est-ce un bien ou un mal, seul l'avenir nous le dira, toujours est-il que pour le moment aucun des trois amis ne sait ce qui se passe chez eux.

Dès le départ, l'aventure est enclenchée. Les temps morts sont très très court pour nos hommes. Ils arrivent, découvrent ce monde, sont pourchassés, traqués par des bêtes étranges, mordus jusqu'à en devenir quelque peu froid, puis enfermés dans un cachot, tout cela en moins de deux jours. Et puis leur vie prend un nouveau tournant et les voila dans une tourmente indescriptible. Refuser et se retrouver bloqués ou accepter et avancer ? De nombreux choix difficile qui les éloigne un peu plus chaque jour de leur famille, de leur maison. Les actions ne manquent pas. Seul bémol, je me suis posée la question de leur âge, car à un moment donné l'auteur nous indique que ce sont des adolescents, puis des hommes, des garçons, des jeunes hommes... Je les placerais dans la vingtaine, mais parfois leurs réactions les met plus jeune, rien n'est moins sur.

L'univers crée est passionnant et bien que cette saga soit indiquée en jeunesse, elle s'adapte plutôt bien aux adultes (seul le vocabulaire est parfois le même, mais cela va bien au récit). Le rythme est soutenu, les actes s'enchainent, les complots aussi et les questions sont de plus en plus nombreuses, tellement que je me suis demandée à plusieurs reprises si celui que je soupçonnais était bien du mauvais côté. La fin se termine de manière assez abrupte, par chance j'ai eu le tome 2 à lire en même temps, donc je savais quoi faire : continuer cette passionnante histoire.

http://chroniqueslivresques.eklablog.com/amisseum-tome-1-les-terres-inconnues-maes-larson-a187944252
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Des hommes disparaissent, des hommes mariés depuis pas mal de temps, pour ne pas dire des années. Mais si au début c'était un de temps en temps, maintenant les disparitions semblent être de plus en plus nombreuses. Jusqu'à ce qu'un jour, un célibataire disparait : Oscar Maltanar ! Si certains s'en fichent royalement du fait que plus personne ne l'a vu, avec les nombreux ennemis qu'il a les suppositions sont très nombreuses, il n'en est pas de même pour son amie Leonida (pas de S, sinon je vais chercher un de ces merveilleux chocolats à grignoter), avec un soupçon de café pour l'agrémenter).

Pour le meilleur et pour le pire, Esteban et Leonida ne pouvaient pas imaginer que cette phrase irait parfaitement bien avec leur nouvelle vie. Après les nombreuses péripéties dans les fils du destin, nous les retrouvons un peu plus tranquille dans leur habitat. Bien entendu les ennuis ne sont jamais très loin et en tant qu'anciens inspecteurs, rien ne leur sera épargné. Être tranquilles, vivre d'amour et d'eau fraîche, de béatitude et de futurs projets en tout genre, la question des enlèvements de ces hommes leur revient aux oreilles. Et si lui veut aider, elle non. Le futur ne se construit pas seul, il faut être deux pour aller dans la même direction. Se battre ensemble, vivre ensemble, mourir ensemble est une philosophie de vie que certains n'ont pas. Leur direction diverge, les laissant à moitié entêtée.

Esteban s'en veut terriblement de tout ce qui s'est passé dans le tome précédent. c'est un personnage qui ne montre pas facilement ce qu'il ressent lorsqu'il pense au passé. Il est amoureux de Leonida et compte avancer avec elle. Lorsque cette enquête leur tombe dessus, il ne voit que l'aide qu'il peut apporter, pas les ennuis qu'il pourrait rencontrer. Il est plus vif, et plus instable aussi qu'elle. Leonida est plus réfléchie, le passé est derrière elle, seul l'avenir compte. Alors une enquête de son ancien chef qui l'a mise dehors, non merci ! Elle ne veut plus de ça. Cette femme est connue comme le loup blanc, une personnalité, une célébrité même qui est synonyme de tellement de bonnes choses.

Dans le même temps, Oscar est enlevé, détenu dans une cage improbable, avec d'autres hommes. La fatigue, le manque de nutrition, le mental qui se fait rudoyer en plus de son corps, Oscar n'est plus le même. Son mental en a pris un coup et malgré tout, il tente le tout pour le tout. Quitte à être tué, il veut choisir sa mort, mais pas comme cela. (Le cela vous intrigue, pas vrai ?) Oscar va devoir se combattre ainsi que ses principes, ses amis en plus de tout le reste. Des personnages ont tenté de le briser totalement, de faire de lui un esclave, il va montrer qu'il ne se soumettra pas, jamais, même si pour cela il doit enrôler d'autres hommes comme lui. Piégés, tous ces hommes ont une fonction, enfin pour ceux qui sont encore en vie. Et cette fonction est véritablement hallucinante.

L'enquête apporte de nombreuses ramifications : Qui enlève ses hommes ? Pour en faire quoi ? Qu'y a-t-il derrière tout cela ? Pourquoi des personnages veulent absolument que Leonida soit positionnée de cette manière ? Et Esteban dans tout cela ? Tout du long du récit, je n'ai eu de cesse de me poser des questions, avec l'envie pressante de savoir ce qui se cache derrière tout cela. Des gorgones, rhinocornes, grimposarbre, serpentard, roi et reine, et autres créatures peuplent les différentes planète de la galaxie et même au-delà. L'univers est à la fois complexe avec tout ce qu'il comporte et simple dans le sens où une mainmise semble arriver frontalement. Si certains personnages ne voient rien venir, pour autant dire quasiment tous, il s'agit d'une véritable toile d'araignée qui se referme sur les personnages principaux. Ces derniers vont vraiment avoir à faire pour rester en vie.

Une suite à la hauteur de son premier tome où nous retrouvons les personnages qui ont tant mis dans leur propre vie au point d'en changer. Une fois de plus, ils vont devoir faire face à un gigantesque complot qui ne sera pas facile à arrêter, si ce n'est à ralentir. La foi est immense lorsque l'on croit en ce que l'on fait, c'est le cas de ces kidnappeurs qui n'hésitent pas à affronter quiconque sera en travers de leur route. Leur suprématie fait frissonner de peur, même le plus puissant, car devant une armée, lorsque l'on est seul, c'est difficile de s'en sortir indemne, il suffit de voir les traces de sang dans les cellules pour comprendre que personne ne joue, tout est vrai. Dalfo Mercantorus est toujours dans les coups fourrés sans mauvais jeux de mots, il est capable de tout pour obtenir de l'aide de son ancienne meilleure agent.

Le danger est présent du début à la fin, nous ne pouvons que sentir cet état permanent de stress de se dire qu'Esteban ne sera pas une énième victime, que Leonida sera bien de la partie, que les méchants vont bien réussir à se faire avoir à un moment donné. Ce n'est pas parce qu'ils ont des armures, des casques qui protègent leur visage ou des glaives à leurs hanches que ces personnages sont tout puissants tels des Dieux. Le complot est grand, gigantesque avec des espions au sein de toute la société. La trahison est d'autant plus grande, surtout lorsque l'on ne s'y attend pas. J'en suis restée assise lorsque les derniers mots m'ont scotchée sur qui est encore dans cette histoire sombre. La suprématie, le besoin de gouverner, de détruire, le pouvoir n'est pas une simple affaire d'envie, mais de POUVOIR le faire, le créer, le construire. Ce pouvoir qui donne aux personnages une poigne de fer, en plus de leur capacité à se battre.

Un bon coup de pied aux fesses et c'est reparti et non pas de mars et ça repars, (Quoi ? Je ne suis pas focalisée sur la bouffe, mais le chocolat !) Réparer des pots cassés, avancer ensemble, la confiance va devoir être renforcée. La relation entre Leonida et Esteban est mise à rude épreuve, c'est à eux de démontrer que quoi qu'il se passe, ils sont capables de faire face et de se retrouver. Reste à savoir comment tout cela va se terminer. La fin est sur plusieurs tableaux, avec la vision des différents personnages là où ils sont. Je peux vous assurer que cela craint pour certains ! Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et remercie une fois de plus Chris pour cette lecture. Un travail de longue haleine est entre vox mains !

http://chroniqueslivresques.eklablog.com/karmenyta-tome-2-l-union-sacree-chris-red-a187942814
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Merci à Lucille pour sa proposition de lecture de son premier livre, qui plus est un fantasy audacieux. J'admets que la couverture de l'epub que j'ai reçu reflète bien le thème de la fantasy, mais, en cherchant le lien d'achat, je suis tombée sur une autre qui est, à mon sens, bien plus en accord. Vous la trouverez tout en bas de cet article et cette image va parfaitement bien avec ce qu'il y a à l'intérieur.

Senia, 10 ans, cachée dans une armoire, assiste impuissante à la mort de ses parents. Même si ces derniers ne l'aimaient pas, elle est tout ce qu'il lui restait et cette perte est quelque peu douloureuse. Alors que la garde la retrouve, un homme du prénom de Veomian qui s'occupe de tous types d'enquêtes, la prend sous son aile le temps que dure la recherche des tueurs. Malheureusement rien ne vient et il va devoir remettre Senia à un orphelinat. Plusieurs cas de conscience se posent. La première ils ne sont pas de la même caste, à savoir que Senia est née Poussière, la plus basse des humains. Cela ne signifie pas qu'elle est idiote, simplement qu'elle est juste bonne à vivre dans une pitié complète. Veomian et sa femme Aesia ont lié avec Senia des liens forts en seulement quelques jours, mais ils n'ont pas le droit de la garder. Alors qu'il ne reste plus qu'une seule nuit, Senia va sauver une fillette de son âge, une Privilégié. Son père, monsieur Fet'Melek lui propose un contrat : devenir le garde du corps de sa fille tout le temps que durera ses études, et par la suite, Senia accédera à sa demande : devenir une privilégiée. Nous retrouvons 6 ans plus tard la jeune fille de 16 ans dorénavant qui a accomplit bien des choses, mais ce n'est que le début.

Un soupçon de magie, ou plutôt de don pour chacune des castes, enfin presque. Certains n'ont que le don de se mettre dans les ennuis. Les pouvoirs ne sont pas toujours visibles. Si ceux de la poupée sauvée par Senia du prénom imprononçable de Miodanscelle Fet'Melek (d'ailleurs je cherche toujours la signification, mdr) sont plutôt visibles dans plusieurs cas, celui de Senia est une sensation, celle de détecter le danger sur qui et surtout qui va attaquer. C'est vraiment un don essentiel, surtout pour un garde du corps. Le lien entre les deux jeunes filles est étonnant si nous considérons la façon dont les personnages se côtoient. Nul ne peut aller dans un coin de la ville s'il n'a pas la bonne couleur de peau, ce qui est facile pour chacun d'entre eux de se reconnaître. Mio et Senia sont "amies", la première aimerait vraiment que Senia se détache un peu plus de son côté "je suis le garde du corps, que personne ne m'approche, blablabla" et Senia aimerait que Mio arrête d'être trop joyeuse. Autant dire que Mio est une jeune fille qui croque la vie à pleines dents et ne sait pas se taire : ses opinions ? Elle les crie haut et fort, ce qui dérange beaucoup de mondes.

Les études, les compagnons d'école, les deux filles ont de quoi faire, surtout qu'il y a une tentative de meurtre sur la personne de Mio, et d'autres privilégiés, une fois par mois environ au sein même de l'établissement. Très sympathique cette vie, mais passons, si Mio arrive à s'y faire, nous aussi ! Et puis, il y a ce garçon qui arrive et qui chamboule tout. Eh non, pas les sens de ses demoiselles, mais plutôt le fait qu'il devient le deuxième personnage que personne ne veut regarder : il est une Ombre, prénommé Ackis. Et une Ombre est un espion du Conseil des Douze. Alors forcément, lorsque l'un d'entre eux sort de sa grotte pour venir dans une école de lumière, cela fait jaser. S'il est là, c'est qu'il y a un futur VRAI mort ? Qui est dans le coup ? Qui en veut à qui ? Un cadavre est promis lorsqu'une Ombre est dans les parages et c'est dangereux. Une Ombre, c'est un personnage qui est le plus dangereux de tous les autres. Il est capable de se fondre dans... l'ombre, oui !!! Je n'en dirais pas plus, mais il a de nombreuses capacités qui donnent envie.

Je pense que tout le monde a compris : ce monde est violent. Dans l'enceinte des Poussières, il ne fait pas bon d'être un enfant au vu de ce qu'ils doivent effectuer. Quant aux autres endroits, ce n'est pas mieux, c'est juste caché par la dorure et la beauté des choses, pas par le coeur des gens. Bien entendu nous rencontrons de très bonnes personnes qui ne pensent qu'à trouver des coupables, mettre de l'ordre dans la ville Imwin et obtenir un semblant de paix partout, même si tout cela est vraiment utopique. Il est facile de transposer ce monde à celui que nous connaissons. Les trahisons, les sacrifices, les besoins de plus, les échanges pervers, les demandes perverses, il y a toujours du bon quelque part, comme il y aura toujours des gens qui seront près à tout pour un morceau de terre ou du pouvoir. Ce monde crée n'est pas si éloigné du notre, si ce n'est que nous n'avons pas le don de nous tatouer tout seul (et ça, qu'est-ce que j'adorerais pouvoir faire !).

Les relations évoluent au fil du temps, tandis que dans l'ombre, les meurtres deviennent de plus en plus nombreux. Senia ne cesse de protéger Mio de tous les dangers. L'auteur nous dévoile également un fait qui s'est produit sur ce garde du corps et le peu divulgué donne envie de la prendre dans nos bras et de lui dire que tout ne se passe pas de cette façon. Senia s'est fabriquée une carapace qui l'a rend plus dur qu'elle ne veut paraître, mais c'est grâce à cela et son don qu'elles sont encore en vie. Et pis l'Ombre va devenir autre chose qu'un problème. Le lien qu'il va créer avec les jeunes filles et surtout Senia est de plus en plus profond, près à tout l'un et l'autre pour protéger ceux qu'ils aiment. On ne peut pas oublier qu'ils n'ont que 16 ans, car certaines réactions sont assez joueurs, lorsque le récit le permet, ce qui est rare. Leur responsabilité, pour les uns et les autres n'est pas anodine, elle prépare le terrain pour la fin de ce tome et la suite (que j'attends avec IMPATIENCE).

Il n'y a eu qu'un moment, vers le milieu du livre où j'ai ressenti une légère baisse dans l'histoire, pour mieux repartir. Senia est un personnage que l'on suit avec grand plaisir. Rien ne lui est épargné. Entre les tentatives de meurtres frontales, les tentatives d'empoisonnement, les déceptions, les coups bas, les coups physiques, les punitions, les humiliations, Senia est un personnage qui s'est construit petit à petit jusqu'à devenir cette jeune femme qui se bat pour sa survie et celle des siens. Le lien du sang n'est pas le plus important, c'est celui du cœur qui parle. Parents adoptifs de quelques jours, à la fille d'un éminent Privilégié qui voit sa famille se réduire à peu. Il y a tellement de choses à dire, que je ne sais plus comment continuer. L'intrigue est bien ficelée avec un nombre de personnages assez restreint. Les sentiments sont abordés par les personnages de manière simple et efficace. Mio n'est pas une peste de Privilégié, pourtant elle le pourrait. Non, tout ce qui lui importe c'est sa façon d'apprécier les gens, elle ne regarde pas la couleur, elle attend, enfin pour presque tous.

C'est également une enquête multiple, car il faut réussir à trouver qui se cache derrière tous ces crimes impunis. Qui tire les ficelles ? Les noms tombent, les grandes maisons aussi, mais au final, est-ce le bon chemin ? Senia va devoir trouver des alliés et montrer que la torture n'est pas que physique. La façon dont l'auteur aborde les personnages et nous les présentent les rendent humains. Ils ont leur caractère, leur propre histoire que nous apprenons petit à petit et il en reste encore à découvrir. J'en viens à la fin de ce tome. J'ai le coeur arraché, littéralement ! Non, mais j'ai cru que j'allais balancer le livre tellement j'avais les larmes aux yeux. Comment et surtout pourquoi terminer de cette façon ? Ces derniers combats, car il ne s'agit pas que d'un seul contre un ennemi, mais aussi celui contre soi-même sont difficiles. Senia a combattu toute sa vie et pourtant elle n'a que 16 ans. Les coups, la torture, les bagarres, tout cela pour ça ??????? Comme si elle n'avait pas encore assez souffert, voila qu'elle va encore perdre un morceau d'elle-même dans tous les sens du terme. Son avenir devient autre, il ne sera plus jamais le même et ne sera probablement pas celui qu'elle rêvait. Mais c'est une sacrée ouverture pour le tome 2.

En conclusion, un récit original, prenant, avec des personnages qu'on a du mal à quitter. Une fois commencé, il est extrêmement difficile de le lâcher et arrivée au point final, un seul hurlement de désespoir ne peut sortir d'entre les lèvres. J'ai vraiment du hâte de connaître la suite.

http://chroniqueslivresques.eklablog.com/la-cite-des-sang-pur-tome-1-d-ombre-et-de-poussiere-lucille-chaponnay-a187751152
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date : 24-05
J'ai eu la chance d'être tiré au sort par la tour Babelio, que je remercie pour cette excellente lecture. J'avais eu l'occasion de découvrir la couverture de la maison d'édition Evidence et le résumé était vraiment très tentant.

Depuis cinq ans, Marion Dell, auteur célèbre, se cache du monde et n'écrit plus, jusqu’à ce fameux jour où elle accepte une dédicace en librairie. Une seule et unique journée pour la sortie de son nouveau livre "cache-cache avec les Ténèbres" où elle "verra" défiler de nombreux fans dont un qui va particulièrement l'indisposer. Un parfum de trop, une attitude trop doucereuse, Marion résiste comme elle peut pour faire bonne figure face à tout ce monde autour d'elle. Vint le soir où la fatigue l'entraîne chez elle avec son assistante Evelyn, car l'auteur a besoin de quelqu'un à ses côtés, elle est aveugle. Enfin pas totalement, mais les ombres qui composent sa vision la force à ne pas vivre seule même si elle est tout à fait capable de naviguer dans son manoir. Ce même soir, un homme pénètre dans la demeure et s'amuse à dessiner des obscénités sur les murs jusqu'à ce qu'il se retrouve face à Evelyn. Si elle arrive à se défendre et à porter des coups, la chute dans l'escalier lui brise la nuque. L'homme décide de s'en prendre à Marion qui arrive tant bien que mal à s'en sortir grâce à son ordinateur qu'elle lui balance dans le nez. Ouille, cela doit bien lui faire mal.

Un épisode à la Columbo ! Nous savons qui est cet homme, un dénommé Jackson, enfin c'est le prénom qu'il donne pour la dédicace, mais il n'y a que le lecteur qui le sait. Les flics, eux ? Ils n'en savent rien et doivent mener une enquête de plus en plus difficile. Car cet homme, dont le portrait robot a été établi par Marion (avec les éléments qu'elle a pu déterminer au départ, puis un autre témoin) n'en est pas à son premier coup d'essai. D'autres femmes ont déjà eu sa visite, sans qu'il n'y ai de mort, mais des vols et viols de l'intimité. Ce qui est tout aussi grave, car personne ne peut se sentir à l'abri après tout ce qui a été fait. Quand je parle d'un épisode à la Columbo (mais Jack n'est pas du tout cet homme), c'est que nous savons qui est l'auteur de ses horreurs et nous suivons l'enquête en hurlant presque que les flics sont débiles parce qu'il est là, devant eux ! Et personne ne s'en rend compte... Parce que les indices ne sont pas probant. Pas d'ADN, pas d'empreintes, rien !

Le fétichiste est doué. En quatre ans, il prend son temps pour choisir ses victimes, celles qu'il doit faire redescendre de leur piédestal. Sept victimes avant d'arriver jusqu'à Marion, mais comme il n'y a pas vraiment de "gros crimes" la police a mis de côté ce dossier. De simples vols, quelques photos, rien de méchant (GRRRRRRRRRRRRRRR), car ils ont beaucoup d'affaires plus importantes. La police de la petite ville reprend les rênes de cette affaire oubliée dans un recoin poussiéreux des flics de la grande ville et décident de s'y attarder. Il y a eu un meurtre qui aurait pu être évité si et seulement si le travail avait été fait correctement. J'en reviens à ce fameux Jackson, nous apprenons qui il est, nous le suivons pas à pas dans sa vie quotidienne, dans ses pensées et le pourquoi il fait ce qu'il fait. Jusqu'à ce fameux soir où un déclic se produit en lui et que son subconscient l'envoie dans une autre direction.

La police de cette petite ville est composée de Jack Whitlow qui compte attraper cet homme d'une manière ou d'une autre. Il reprend les éléments un par un, allant jusqu'à rencontrer toutes les victimes. C'est sans compter sur Marion qui "s'amuse" aussi de son côté à faire des déclarations publiques pour le retrouver. Jack est un bourreau de travail et cette enquête est complexe. J'ai beaucoup aimé le passage avec le psychiatre, pour en apprendre plus sur l'état d'esprit de cet homme qui semble dérangé et qui nous montre comment peut évoluer l'esprit d'un personnage tel que lui. D'ailleurs il ne se trompe pas pour cette évolution. L'enquête est d'abord menée assez lentement, avec les descriptions de tout ce qui s'est produit avant, puis tout s'accélère. Les indices arrivent de plus en plus, les témoins même s'ils ont des soucis avec leurs yeux arrivent à s'approcher de celui qui est LE coupable. La confrontation entre les anciens collègues qui ont débuté sans jamais terminer cette affaire et lui est vive. Jack n'a pas envie qu'on lui pique cette enquête, car elle est celle qui peut montrer que leur petit commissariat n'est pas si petit que cela et surtout il veut mettre cet homme sous les verrous.

Il faut une erreur, une seule et sans le savoir il l'a faite : laisser Marion en vie, même si elle ne l'a pas vu. Dommage pur lui, son instinct de survie se met en fonctionnement, mais lui fait faire de plus en plus d'erreurs. Une part de ce personnage est dans la noirceur la plus profonde, tandis que l'autre est dans le doute perpétuel de ce qu'il a fait. Cet homme est le point commun de toutes ces femmes qu'il a "visité", mais où, quand, comment, pourquoi ? C'est à l'équipe de Jack de le trouver et cela ne sera pas facile. L'heure est bien notée à chaque étape. Marion a une sacrée volonté de fer de vouloir vivre, car elle va vivre un véritable enfer. C'est une femme qui ne se laisse pas abattre, le destin l'a rendu aveugle à 98% alors qu'elle n'était qu'une enfant et pourtant elle ne veut pas de l'opération qui pourrait lui rendre la vue. C'est une battante, même si le monde extérieur lui fait peur. Ce personnage est fort et démontre que le handicapé n'est pas forcément celui qui se voit.

Être reconnu est l'un des sujets important dans le récit. La course contre la montre est en marche. Il faut trouver ce fétichiste qui accélère le mouvement. alors qu'il attendait des mois avant de recommencer à voler des objets personnels et de faire des photos pornos avec les femmes droguées, les mois sont devenus des jours, voire des heures. Le danger est de plus en plus proche. Tout va de plus en plus vite. Les actions de cet homme sont de plus en plus nombreuses. La police est sur les dents. Marion qui engage des gardes du corps. La violence n'est pas décrite à proprement parler du départ. C'est léger du début, puis augmente au fur et à mesure des pages qui défilent. Le statut de la femme est mis en cause. Pourquoi seraient-elles les seules à subir cet outrage alors que des hommes aussi font la même chose que le fétichiste indique comme causes ? (La phrase est mal tournée, mais je n'arrive pas à la mettre dans le bon ordre !)

Je ne connaissais pas l'auteur (enfin je ne le connais toujours pas, je ne l'ai pas barricadé chez moi mdr), je parle de sa plume (oui, oui, la logique aussi), mais j'adore sa façon d'amener les éléments, de les combiner les uns après les autres et de ne pas donner tout de suite LE coupable aux flics. Il est clair que cette partie est importante, celle qu'il faut laisser du temps aux choses pour avancer. Je verrais bien ce livre en film, il est à la fois pétillant et bourré d'action, de suspense et de frissons garantis. La fin est grandiose et j'attendais de voir jusqu'où iraient tous ces personnages. Je suis trop contente et je dois admettre qu'un bon coup de fusil à pompe peut faire la différence. Quant à l'épilogue, j'étais certaine qu'il y aurait ce style de relations au final. Je ne peux que le recommander chaudement ce petit !

http://chroniqueslivresques.eklablog.com/le-fetichiste-michael-fenris-a187735754
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Je remercie Juno Publishing pour cette découverte. J'avais besoin de changer de registre, après le Mal partout qui veut une apocalypse, je me suis dis que ce livre pourrait me faire souffler un peu. Un peu de fantastique, un peu de romance, définitivement j'avais changé de registre, enfin presque, au final il y a tout de même un gros vilain, le même qu'un peu partout, mais passons.

Lorsque Shelley reçoit un dossier d'inscription d'un dénommé Théo, vampire de surcroit, car il veut trouver LA femme de sa vie, autant le dire tout de suite, il n'est pas pris au sérieux. Non, mais qui oserait se prendre pour un vampire de 126 ans, pour amuser la galerie ? Les vampires n'existent pas, voyons, tout comme les loups-garous, les sorciers et autres créatures que nous voyons dans les livres. Que nenni, ils sont tous là et depuis longtemps. Sauf que les humains ne le savent pas. Shelley, directrice de l'agence matrimoniale supernaturelle va tout faire pour ne pas prendre son dossier, jusqu'à trafiquer son propre logiciel pour qu'il ne trouve personne. Sauf qu'il y a UN dossier qui va lui correspondre : LE SIEN ! Shelley trouve toujours une personne pour n'importe qui, sauf pour elle. C'est une célibataire endurcie. Hors, c'est impossible... Impossible ? Non, il y a bien une entourloupe mais pas de la part de Shelley.

Qu'à cela ne tienne, elle va aller à ce rendez-vous, pour lui prouver qu'ils ne sont pas compatibles et surtout pour tenter de lui apprendre les bonnes manières. Enfin si elle ne lui balance pas de la nourriture à l'ail à la figure. Parce que disons que Shelley est vive, pleine d'entrain et prête à tout lors de leur première rencontre pour lui faire comprendre qu'il n'est qu'un fou. Et lui sait que c'est ELLE la femme de sa vie (où, comment, pourquoi, cela reste un mystère par contre, il le ressent de cette manière, point final). Quant à elle, il faut passer outre qu'il a des crocs qui se montrent quand il le désire, que c'est un vrai vampire et qu'il n'y a pas que lui qui existe en tant que créatures.

Les personnages sont hauts en couleur et Shelley comprend qu'elle devient un élément central dès qu'elle reçoit des menaces de mort. Elle doit arrêter de chercher des âmes sœurs pour toutes les créatures qui s'inscrivent, autrement elle risque de se faire embarquer en enfer. D'où le Mal qui est encore présent sinon cela ne serait pas drôle. Comment imaginer avoir une vie tranquille au cœur d'une petite ville où au final la vérité semble faire mal ? J'ai beaucoup aimé le personnage de Ebony. Un petit bout de femme qui arrive à vivre grâce à la Vodka quotidienne qui la plonge dans la réalité. Sa boutique est l'endroit où elle, ainsi que Shelley, Kim et d'autres propriétaires viennent pour passer un peu de bon temps ensemble autour d'une boisson ou d'une pâtisserie. Un moment de détente comme un autre, mais qui dévoile la personnalité de chacune d'entre elles.

L'intrigue semble simple au début et puis il y a comme un effet boule de neige dès que la première demande d’inscription d'un vampire arrive à l'agence. Tous les malheurs du monde semblent se concentrer sur la personne de Shelley. Menaces de mort, branche qui tombe à pic (ah non, ça ce n'est pas pour elle), feu, magie puissante... Théo est capable de se montrer comme un abruti, surtout lorsqu'il observe un ordinateur. C'est un homme enfin un vampire, capable de tout pour obtenir ce qu'il désire. Un gentleman qui sait également parler comme les hommes de maintenant, avec des gros mots, mais c'est assez rare. La soirée qu'il a toutes les semaines avec ses amis montrent également que malgré leurs différences, ils sont assez proches pour passer une soirée de jeux sans avoir envie de se bouffer. C'est amusant de lire que certaines particularités ont des odeurs qui peuvent repousser n'importe qui, ou attirer un sujet. Il est clair que le navet, le choux, ou le purin est parfait pour faire fuir, mais sans savoir qu'on dégage ce délicieux fumet (parce qu'on est une créature différente, ou qu'on use de magie par exemple) c'est drôle de voir les nez se retrousser.

L'écriture reste fluide et amène l'histoire dans le comique, oui, c'est cela, il s'agit plus d'un chick-lit que d'une simple romance fantastique. Surtout qu'il n'y a rien de simple. Les chemins pour arriver à un but sont détournés. Les personnages tombent sur plus d'un os et comprennent vite que pour rester en vie, enfin ceux qui ont encore un cœur qui bat, ils doivent faire des sacrifices. Le cœur ou la raison, la vie amoureuse ou la vie de travail, le choix devient compliqué. Et puis la soirée d'halloween semble parfaite pour créer des liens. Il est clair que les créatures peuvent circuler au milieu des humains déguisés sans être perçus comme des monstres.

Je ne peux pas nier qu'il y a beaucoup d'humour, au détriment du manque de descriptions pour certains passages. L'histoire va beaucoup trop vite à mon gout, l'amour fou les prend en un regard, voire un troisième pour Shelley et sinon tout va bien. Le fait que Théo et la demoiselle deviennent des inséparables en moins d'une nuit. Dans un monde où il ne devrait exister que des humains, les créatures sortent de l'ombre et personne ne trouve ça anormal. Surtout lorsqu'elle le dis à sa meilleure amie Kim, il ne lui faut qu'à peine une heure pour sauter de joie. OK, il faut dire aussi que la plupart des habitants sont des créatures surnaturelles, donc pour le coup, la normalité se pose bien là. J'ai trouvé qu'il y avait énormément d'éléments en peu de pages, nous n'avons pas toujours le temps de nous y faire. C'est dommage, étoffer un peu plus pour expliquer plus en détails le passé des parents de Shelley par exemple, surtout avec cette histoire avec Lucy aurait été intéressant. Ou encore avec le fait que la magie est si puissante (ils sont où les cours de magie pour apprendre à la maîtriser ?) Quant à la façon dont ils s'en sortent, je suis désolée, mais pour le coup je suis dubitative. Le grand Satan qui se fait avoir de cette manière, c'est risible.

En conclusion, d'une manière générale je me suis amusée avec cette histoire, pas de prise de tête c'est ce dont j'avais besoin, même s'il y a de nombreux points que j'ai trouvé trop légers. Le côté burlesque a été un peu de trop pour moi, mais je suis certaine que c'est un livre qui plaira énormément à un bon nombre de lecteurs.

http://chroniqueslivresques.eklablog.com/agence-matrimoniale-supernaturelle-tome-1-vampire-recherche-une-femme--a187343430#comment-95587360
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Kelton, Australie.

Merci aux Flammarion Jeunesse éditions pour cette découverte. VERITE. Encore heureux vu que c'est la vérité. Une couverture digne des suspenses pour les adultes et une lecture plus que plaisante.

Trois parties composent le livre, L'assassin, Paria et Fugitif. Trois étapes importantes dans la vie de Jarli, avec un J et pas Charlie ! Une fin de soirée très peu enjouée à la sortie d'une réunion parents-professeurs où son père et lui rentre chez eux tranquillement... jusqu'à ce qu'un 4X4 les percute de plein fouet à deux reprises. Pas de coïncidence, une fois aurait pu passer, deux c'est trop. On cherche à les tuer ! Pourquoi ? Pour l'application Vérité que Jarli a créée et qui est téléchargée gratuitement par des millions de gens ? Oui, car Jarli a programmé une application et l'a mise sur la toile. 90% est de lui, le reste sont des codages qu'il a pris, mais il a nommé les créateurs. Et puis c'est une application qui indique qui ment, à la seconde près. Tentative de meurtre pour ça ? Probablement, car l'appli fonctionne parfaitement bien et pourrait poser des problèmes. Et si ce n'était pas cela ? Qu'est-ce que cela pourrait bien être ?

Une enquête intrigante qui nous entraîne dans une petite ville d'Australie où les serpents s'amusent à glisser sur les doigts de jeunes filles. Scène très sympathique à découvrir. MENSONGE. OK, j'avoue que j'en ai eu des frissons. Qui voudrait tuer Jarli et son père ? Et si ce n'était qu'une illusion ? Car cette route est dangereuse, il y a déjà eu 2 accidents mortels peu de temps avant. Sans compter qu'il n'y a pas de traces au sol, pas de témoins. La police ne comprends pas ce que dis le jeune collégien, surtout que le père accidenté leur avoue ouvertement qu'il ne se souvient de rien. MENSONGE. Pourquoi son père dirait des mensonges, à moins qu'il ne sache quelque chose ?

Beaucoup de questions sans réponses et nous restons focalisés sur le fait qu'il y avait bien un petit vieux au volant d'un boui-boui pas possible qui les a fracassé. Par la suite, les ennuis n'arrêtent pas de tourner autour de Jarli. Pauvre gamin, il échappe de peu à la mort à plusieurs reprises. Il dérange quelqu'un ce petit, on pourrait presque pleurer pour le sort qui pourrait lui tomber dessus. DEMI-VERITE. Non je ne vais pas pleurer pour son sort, quelle idée aussi de créer une appli pareille ? Un coussin mortuaire, des balles qui fusent, un saut du haut d'une falaise pour échapper à ces fichus balles, MENSONGE, bon ce n'était pas une falaise, c'était bien plus petit, mais il a été obligé de plonger dans une eau boueuse : Beurk !

C'est une course contre la mort, la sienne, celle de ses amis, de sa famille. Jarli doit découvrir ce qui se passe, surtout que l'accident semble être un début de piste. Un cambriolage qui les laisse sans un gramme de modernité (autant dire de suite que la télé, les PCs et autres accessoires ont été volé) et tout cela en très peu de pages. Alors la suite part au quart de tour. Difficile pour Jarli de suivre tout ce qui se passe. Le livre se déroule sur 2 jours. Deux malheureuses journées où sa vie prend un tournant et pas le meilleur. Entre les journalistes qui sont sur le qui-vive, la police qui ne comprend rien, les menaces de mort et tout ce qui suit, oui, nous pouvons dire que la vie de Jarli et ses amis est bouleversée ET mouvementée.

Et des amis, il en a encore, même si depuis qu'il est sur le devant de la scène avec cette appli, il perd des soi-disant amis. Bess est sa meilleure amie et Anya le devient de plus en plus. Tous les trois vont montrer ce dont ils sont capables. Bess a beau être en béquilles, elle a un cerveau en parfait état de fonctionnement et les béquilles sont des instruments pouvant être considérées comme des armes. Anya est plus intrigante dans le sens où l'auteur divulgue un tout petit peu sur elle et sa famille, qui vient de Russie. C'est une jeune fille qui en connait un rayon sur beaucoup d'éléments. J'adorerais en savoir plus encore maintenant que l'auteur m'a mis l'eau à la bouche. Quant à Jarli, il ne supporte pas le mensonge, c'est pour cela qu'il a crée l'appli, mais toute vérité n'est pas forcément bonne à dire ni à entendre. Pourtant il y a des moments de vérité qui font mal.

Tout le monde ou presque utilise cette appli ce qui donne de bons moments d'humour. MENSONGE. Si pour le lecteur c'est drôle de voir, ou plutôt d'entendre tous ces petits "bip" lorsque quelqu'un raconte n'importe quoi. Si certains adultes pensent qu'il ne s'agit que de petits secrets sans grande importance, le logiciel détecte surtout ceux et celles qui racontent des idioties pour un sujet grave. Et quand il s'agit de la police, il vaut mieux jouer carte sur table, ou savoir fuir sans se faire repérer. Ce qui n'est pas toujours le cas, de ne pas se faire repérer.

Venons en à la famille de Jarli, le père travaille dans une petite entreprise qui garde des informations, la mère est un peu folle et ne comprends pas toujours ses enfants, quant à la sœur et bien je me dis que bientôt nous pourrions peut-être avoir un avis sur elle et son journal intime qui a disparu. Affaire à suivre donc. Et en parlant d'affaires à suivre, nous connaissons ceux qui sont derrière tout cela et le pourquoi. Enfin, presque, car il y a un gros bonnet dans les parages bien dans l'ombre et le pourquoi reste encore un peu flou malgré tout. Que se passe-t-il réellement au final ? Pourquoi la gentille petite note pour Jarli ? Aurait-il mis le doigt dans quelque chose ?

En conclusion, un récit qui démarre sur une tentative de meurtre et qui finit en menace, tout cela sans oublier que Jarli est obligé de courir pour sauver sa peau et celle de ses proches. Pas de temps mort pour les personnages et beaucoup de stress passé et à venir !

http://chroniqueslivresques.eklablog.com/les-chroniques-de-kelton-tome-1-l-appli-verite-jack-heath-a187444360
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Je remercie de nouveau la maison d'éditions Evidence pour la lecture de ce second livre de Jean-Christophe Chaumette. Une couverture qui met en évidence sur quoi nous risquons de tomber et que cela ne sera pas de tout repos.

En vérité, je vous le dis, le monde devient fou. Les pauvres ères avancent en état de choc, après un massacre en bonne et due forme de toute sa famille. Mais soyez attentifs, et retenez ceci : il faut toujours se méfier de l'eau qui dort, car la surface a beau être la plus propre possible; ce qui se cache en dessous est bien plus sombre qu'un marais.

La première enquête est macabre, des morceaux partout, des corps en lambeaux, déchiquetés, du sang sur les murs, la nouvelle décoration de noël par des intestins est tout simplement en accord avec la période du Père Noël. Des recherches afin de déterminer ce qui s'est passé et le pourquoi ? Pourquoi des symboles sataniques au sol ? Des chiffres qui font échos au Mal absolu. Suicide collectif ou meurtre, peu importe, les cadavres sont là et les questions en manquent pas. L'horreur sans nom est capable de mettre à mal même le plus aguerri des policiers.

Vigdis Gehrke, journaliste finlandaise enquête depuis trois ans afin de pouvoir écrire un livre sur tout ce qui se rapporte aux chamans, médiums, magiciens, guérisseurs et autre personnage qui pense avoir une science infuse de ce qui se passe en dehors de notre monde réel. Le paranormal qu'elle découvre commence sérieusement à lui taper sur le système et encore plus lorsqu'elle rencontre un dernier personnage : Lamond Kerr, un homme qui se prétend guérisseur et qui a des preuves sur tout autre chose. Il s'agit de trouver les quatre éléments et les rassembler pour sauver le monde de l'apocalypse.

Son règne arrive et seule une poignée de personnes seraient capable de le combattre et de l'anéantir. La prophétie est claire et nette, le seul vrai problème, c'est qu'il est difficile de découvrir qui sont ses personnes qui vont faire partie de l'Histoire. Si nous avons les deux premiers, les deux suivants sont plus exigeants à débusquer, sans compter qu'il y aura toujours le problème de savoir comment combattre une entité de cette... forme. L'apocalypse est en marche depuis bien avant le commencement du livre. Le Mal a réussi à entrer en douce sur notre terre et diffuse des actions et des pensées afin d'appuyer SA position. Car IL est capable de tout et surtout de patience.

La Patience est une vertu, pourtant IL en regorge pour obtenir ce qu'IL désire. Tandis que nous, pauvres humains ne pouvons que subir. Enfin, subir est un bien grand mot, car il suffit de ne pas être un mouton, mais pour cela il faut user de conscience et de curiosité et non de suivre LA voix. Non, pas de "ici la voix qui vous parle", nous ne sommes pas dans une téléréalité, nous sommes dans LA réalité. Ce monde où tout homme est capable du pire comme du meilleur, mais ce fameux meilleur est de plus en plus faible. Les bons sentiments s'étiolent, l'amour, l'amitié sont devenus de simples émotions dont la plupart mette de côté, ne voulant plus faire le Bien autour d'eux. L'égoïsme a pris le pas sur tout le reste, l'égoïsme et l'envie d'avoir toujours plus.

Les personnages sont nombreux sans l'être. Des milliards d'humains qui vont vivre une aventure hors du commun, pour un but ultime sans le savoir et une bonne poignée que nous suivons dans un périple tortueux. Le physique et le mental vont devoir travailler durs pour trouver une solution, car il s'agit de notre monde, tel qu'il est, qu'il soit bon ou non. Car nous avons toujours notre libre-arbitre, celui de choisir ce que nous voulons être, ce que nous voulons faire. Le libre-arbitre est ce qui fait qu'il nous distingue des animaux, même si certains êtres humains sont bien pires. La bêtise humaine est capable de mettre le monde a mal et il suffit d'une faille pour qu'IL s'engouffre et s'amuse à nos dépens.

Livre de la messagère, les éléments de l'air, du feu, de la terre et de l'eau sont en place. La direction est à prendre, il s'agit dorénavant de choisir la bonne et de ne pas garder trop longtemps les visières d'un autre monde. En ces temps froids, l'hiver a pris place, décembre est un mois de fête, mais il ne s'agit pas que de ce moment festif. Son arrivée, le bienheureux a montré la voie, croyant mourir pour une faute, alors qu'il n'était sur la croix que pour revenir plus fort. Mais il n'était pas le seul, car s'il est la main droite du Bien, la main gauche du Mal est aussi celle à laquelle nous ne pensons pas toujours. Il faut un équilibre, le bien n'existe pas sans le ma et inversement. L'apocalypse est lancée, les écrits l'ont prédit. Il y aura toujours le pouvoir de lire les mots et de les comprendre car une page ne peut vivre sans être décrypté.

L'écriture est un art pour cet auteur. Capable de nous emporter dans son monde et de nous indiquer les chemins qu'il faut suivre. L'ambition d'une seule personne est capable de créer de nombreux dégâts. Notre propre passé nous l'a déjà montré, nul besoin d'une entité d'une autre dimension pour le comprendre. Le Mal est ancré en chacun de nous, c'est à nous de faire LE bon choix. Ce monde dépeint n'apporte pas toutes les réponses à nos propres problèmes, il est là pour nous faire prendre conscience de ce que nous faisons. Chacun de nos gestes, chacune de nos paroles est capable de faire autant de bien que de mal. Cette dualité est en nous. Le fameux libre-arbitre qui fera que nous sommes ou non sur la bonne voie. Il est clair que l'entité ici ne fait que confirmer qu'il ne faut pas grand-chose pour nous pousser sur le mauvais chemin.

Alors oui, il y a une partie énorme sur Dieu et ses saints, sur La bible et son contraire, sur tout ce que nous ne voyons pas et que certains pensent qu'ils existent. Le thème est fort, puissant, pouvant entraîner dans son sillage même le plus réfractaire à ce côté fantastique. Pourtant l'horreur est bien humaine, c'est de la main de l'Homme que tout se produit, pas celle de cette entité, pas LA sienne. Car nul doute qu'IL en est capable, ce dont nous ne pouvons douter. Faire partie de l'élite sous la forme d'un veilleur, d'un messager, d'un archiviste ou d'un maître de combat est un rêve et une malédiction à la fois. Des personnages qui pensent devenir fous, d'autres qui sont certains de ce qui va arriver. Bien entendu tous ne s'en sortent pas, nous sommes en pleine apocalypse, silencieuse, furtive et parfaitement contrôlée (sauf quelques dérapages comme partout) tous ne s'en sortiront pas.

Petit bémol, le glouton aurait pu être un peu plus exploité, tout comme son ami qui a de sacrées connaissances. Ah oui et pour un titre où il y a écrit "horreur" sur la couverture, je m'attendais à bien plus que les scènes que nous avons qui au final pourraient passer plus pour un thriller. Ce n'est pas un bémol, juste une constatation et dans un sens, le fait qu'il n'y en ai pas beaucoup, pour ceux et celles qui pensent avoir du mal avec ce thème peuvent le découvrir sans laisser de cris intempestifs.

J'ai omis certains détails, mais en relisant entre les lignes je les donne déjà. Une quête qui n'est pas sans armes, sans moyens humains, sans moyens financiers. Le monde tel que nous le connaissons est pris d'assaut. La planète ne sait plus où elle en est, car le casque qu'elle porte ne l'aide pas, bien au contraire. Le côté fantastique est tellement bien amené que nous ne pouvons que nous laissez prendre au jeu. Le démon n'a jamais bien loin, les vices, le jeu, l'argent, tout est lié. Et encore je en parle pas des diverses croyances, des religions, de la race, de croire ou non en un autre monde, en un autre esprit.

En vérité, je vous le dis, l'arpenteur de mondes a encore de beaux jours devant lui, même s'il a du soucis à se faire. Tant que l'homme ne comprendra pas qu'il est maître de son destin, il y aura toujours un personnage qui reprendra le flambeau, la preuve ? Dans l'épilogue bien entendu, mais avant d'en arriver là, il vous faudra traverser de nombreuses épreuves, voyager dans plusieurs pays et ne pas avoir peur de mettre les pieds dans une combinaison. Sauver le monde, cela a l'air facile, hein ? Bon, moi je vais préparer les armes, on ne sait jamais...

http://chroniqueslivresques.eklablog.com/l-arpenteur-de-mondes-jean-christophe-chaumette-a187310222
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date : 09-05
Je remercie la maison d'éditions Evidence pour l'envoi de ce livre numérique. Lorsque je suis tombée sur un personnage, celui d'Eve, je me suis dis que ce n'était pas possible, je la connaissais. Cela m'a torturé jusqu'à ce que je tombe sur l'une de ses premières éditions chez Lokomodo. En fait je l'avais déjà lu, mais il y a bien longtemps, avant même que j'ouvre ce blog si je ne me trompe pas.

Découpé en deux parties bien distinctes, le Niwaâd est un récit qui suit les traces de Nashguen. Cet homme a l'apparence d'un vieillard boiteux a réussi à terrasser un lutteur invaincu depuis de nombreux combat. Sans compter qu'il était immense et que sa force colossale avait déjà fait de nombreux dégâts. Nashguen est simple, avançant au gré de sa quête. Lors d'un rêve, où le cauchemar venait de lui prendre sa femme, ses enfants, son village, ce mot est là, présent en lui sans qu'il ne sache ce que c'est. Une personne, un groupe de personnes, une arme ? Peu importe, il s'agit de ce qui abattra une muraille. Ce même mur qui cache quelque chose que personne n'a jamais vu. Les Dieux seraient derrière cette cloison ? Tout est possible, car personne ne l'a jamais traversé, protégé par des prêtres et la croyance populaire.

La première partie, nous sommes au coeur de ce périple. Celui de suivre les traces de Nashguen et de l'emmener à la recherche de ce mot perdu. Personne ne l'a jamais entendu, si ce n'est un griot Slim Ali, un jeune homme qui a la chance de pouvoir vivre de son art : raconter des histoires au gré de ses pas, l'amenant à cette rencontre avec le boiteux. En ces temps-là, le mur existait pour cacher les Dieux des pauvres humains. C'est ainsi que ces derniers ont eu l'idée de regarder derrière, mais comment faire ? Bien plus haut qu'une falaise, impossible à gravir, nul ne peut imaginer un jour passer de l'autre côté. Ce que chacun a est bien plus que suffisant, mais l'ignorance n'est pas la plus belle preuve des Dieux, au contraire, elle affûte les envies, le besoin de connaissance.

Nashguen a ce besoin de découvrir ce qui se cache derrière le Niwaâd et il n'est pas le seul. Dans son sillage, Slim Ali sera le premier à croire en autre chose que la noirceur de leur monde. Leur rencontre avec Al-Moutawakkil le prévôt va les amener à se poser de nombreuses questions. La vie de chacun est décrite sans chercher à savoir si la sensibilité des lecteurs pourraient être choquée. Personnellement il en faut beaucoup pour plomber mon moral, mais peut-être que d'autres auraient des envies de refermer le livre de temps en temps, pour mieux y revenir. Ce côté fantasy est sombre, affolant, d'une noirceur insoutenable. Les enfants enlevés, vendus, pour la prostitution, le travail ou tout simplement la nourriture humaine... Un monde dans lequel il vaut mieux être bien portant et méfiant pour avoir une chance de survie.

En ces temps-là, des enfants sont sacrifiés aux Dieux, pour une raison quelconque, unique en son genre. La main-d’œuvre gratuite est donc ce que les adultes les plus sombres ont décidé de construire. Ce n'est pas un onde sain pour personne, pas même les prêtres. La mort est un cadeau insoupçonnable, mourir pour une noble cause ? Certains l'ont bien compris. Se distinguer n'est jamais bon, dans un monde ou l'autre, il faut être capable de suivre le mouvement et se faire tout petit... à moins que de s'appeler Nashguen et de continuer sa voie sans se soucier du quand dira-t-on. Cet homme est obsédé par le Niwaâd. Que peut bien se cacher derrière cet unique mot de six lettres ? L'engouement pour cette quête va laisser de nombreuses traces sanglantes. Les combats de lutteurs ne sont pas les seuls à entasser les cadavres. La lutte est permanente pour survivre.

Le bonheur se résume à peu de choses : ne pas être dérangé par des guerres, avoir tous ses enfants autour de soi et pas enlevé ou emmené de force par les prêtres pour un sacrifice, être bien portants, avoir de quoi nourrir sa famille, faire croire que nous sommes contents de vivre dans ce monde et tout devrait aller pour le mieux. Si ce n'est qu'une confrérie de Blasphémateurs compte bien un jour renverser le pouvoir et pourquoi pas tenter de lire le livre d’Uzmul. Il a la science infuse, il aurait ce don de donner les réponses à toutes les questions que nous nous posons. Il est cet écrit qui peut changer la vie d'un homme. Et pourquoi pas de trois ? Nashguen, Slim Ali et Al-Moutawakkil vont faire cette rencontre qui va changer leur destin à jamais.

Nashguen ne peut être détourné de sa quête. Il préférerait mourir plutôt que de ne pas savoir. Cela va l'entraîner au-delà de ce qu'il croyait, bien au-delà de tout ce qu'il a déjà vu ou parcouru. Cette quête l'entraîne au-delà du mur.

En ces temps-là, la seconde partie débute sur un autre personnage. Est-ce le paradis ? Est-ce l'endroit des Dieux ? Eve saurait peut-être nous le dire, ou Youri, ou bien Clara. Toujours est-il que la quête de Nashguen ne s'arrête pas à ce passage. Il va continuer à vivre son aventure d'une manière différente. La noirceur semble avoir disparu, pourtant en grattant bien la couche de lumière, cette noirceur est bien ancrée, n'importe où. Il ne s'agit pas de cacher la lumière d'un côté et de la montrer de l'autre, les décisions de chacun de ses personnages apportent un point commun : riche ou pauvre, le désespoir est partout. Il ne suffit pas de voir pour le croire, il faut surtout vivre pour comprendre ce qui se passe réellement.

La comparaison des deux côtés de ce mur est fidèle à n'importe quelle époque. Il y aura toujours ceux qui VONT subir et ceux qui FONT subir. Nous avons beau nous débattre, tenter de nous soustraire à ceux qui ont le pouvoir, rien ne peut y faire, si ce n'est le Niwaâd. Et pour y parvenir, pour découvrir ce qui se cache derrière ces six lettres, il faut pouvoir aller de l'avant, oublier ce qui nous entoure et garder l'essentiel. Si la première partie nous dévoile les horreurs sans les cacher, son opposé est parfaitement écrite dans la seconde. Croire qu'un monde est peuplé de sauvages parce qu'ils se battent pour ce qu'ils croient juste ou non n'est qu'une idée. Tout comme celle d'imaginer un monde où tout est parfait, c'est risible. L'auteur ne s'embarrasse pas de fioritures, il montre les deux côtés sans exception. Le plus horrible ? Il faut le lire pour le découvrir.

Par contre il y a des descriptions trop longues à mon gout sur ce monde horrible. Un peu trop de répétitions sur certains points, surtout sur les enfants. J'ai une bonne mémoire, une fois lu les sévices qui pouvaient leur arriver, pas besoin de les redonner en paroles ou encore sous d'autres descriptions. Cette noirceur est bien assez décrite un peu partout pour assommer encore plus le lecteur. c'est vraiment LE point négatif pour ma part dans ce récit. Le bonus? L'écriture est percutante, les mots sont justes et il y a une ligne directrice du début à la fin. Le fameux fil rouge conducteur dont nous aimerions ne pas perdre est toujours présent. La noirceur n'est pas que description, mais également les mots choisis avec soin pour apporter le détail qui va ouvrir une porte dont nous n'aurions pas aimé être les témoins.

En ces temps-là, la conclusion s'impose. Le Niwaâd est un mot composé de six lettres qui va rendre la vie d'un personnage bien plus intrigante et intéressante que s'il était resté sans savoir. Il nous entraîne dans sa folie de connaissance avec une curiosité dévorante et un regard sur ce qui nous entoure. L'évolution de son monde, sa force de caractère pour continuer d'avancer malgré les nombreux obstacles. Nous-même nous jetons un autre regard sur notre monde, surtout en sachant ce qu'est le Niwaâd !

http://chroniqueslivresques.eklablog.com/le-niwaad-jean-christophe-chaumette-a187271292
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date : 05-05
Je remercie la maison d'éditions De Saxus pour l'envoi de leur nouveauté. Il y a des matins où il vaudrait mieux rester couchée, c'est le cas de notre personnage principal qui se retrouve dans une panade pas possible. Les fantômes du passé ? Il n'y croit absolument pas ? C'est bien dommage, cela lui aurait probablement été d'une très bonne utilité.

1974, une naissance difficile. Le couple Parker qui attend ce bébé avec impatience. Et puis les cris, le sang, le drame. Les cris de la mère porteuse, ceux du bébé ? Le sang dans la pièce de naissance. Et ce drame dont nous ne pouvons que nous douter, vu que le bébé lâche un vagissement dans cette nuit froide et morne.

2018, Ellie Parker est agent du FBI. Parker, tiens donc, bon nous savons déjà dans quelles circonstances il est né. Un crime affreux le dépêche dans une vieille maison, dans un quartier pauvre, au fin fond de la salle de bain, dans la baignoire. Le corps ravagé par du débouche-tout... L'image est très sympathique.

C'est un beau cadeau, tu ne trouves pas ?

Alors que la police de Pomona se chamaille avec le FBI, Ellie doit comprendre comment une vieille femme, enfin ce qu'il en reste a été tué et pourquoi. Une femme sans histoire, à la retraite, qui était infirmière dans plusieurs institut psychiatrique. Elle a toujours fait son travail sans aucun problème particulier, alors ce ravage est véritablement étrange. Étrange comme le fait qu'une lettre est arrivée dans le magasin face à la maison au nom de Ellie Parker. Étrange comme le fait que l'un des bidons qui a été utilisé pour détruire le corps a une empreinte de ce même agent. Étrange...

Oui, ça va on a compris que tout était étrange dans cette histoire !

Une enquête ficelée du début à la fin, que l'on a du mal à croire qui est le vrai coupable. Même si j'avais des doutes sur un personnage, celui d'Abel; il y a aussi Jim, Ellie bien entendu (même si je n'avais pas envie d'y croire) ou encore Morgan (lui ne m’inquiétais pas plus que cela, mais sait-on jamais !) Bref il n'y a pas de personnages qui ne posent de problèmes... Pour faire court, ils peuvent être tous coupables, ou tous innocents, enfin non, pas Jim.

On s'est déjà croisés, toi et moi...

Non, Jim, lui, on le sent du départ. Il a le nez fouineur, les yeux de porcins, la langue pendante, bref le pervers dans toute sa puissance. Nicolas nous le décrit parfaitement bien de telle manière que nous ne pouvons pas nier qu'il n'est pas étranger à certains faits. Pour les autres, c'est plus complexe, beaucoup plus complexe. Ellie est un homme particulier. Il a perdu ses parents il y a 10 ans et depuis il ressent une carapace autour de lui, tentant de le protéger. Il ne montre pas ses sentiments, même avec Clara, sa compagne depuis 7 ans. C'est un homme d'action, froid, cassant, il ne lâche que peu de mots, juste le strict minimum et encore. Clara est pleine de vie, adorant marcher sur les planches du théâtre où elle joue le rôle de Lady MacBeth. Sa meilleure amie, Blair Anderson, journaliste est à l'affût du moindre détail croustillant. Entre elle et Ellie il y a une guerre froide.

Tu sais que tu peux la tuer si elle te déranges...

Blair est une fouine-merde qui a des bras très longs. Elle est capable de remuer ciel et terre pour avoir l'INFO qui la montera au créneau. Faire la UNE avec LE TUEUR serait même parfait. Tout montre que c'est Ellie et les conclusions hâtives ne sont pas en cause. Le doute s'installe, surtout lorsqu'un second cadavre est retrouvé dans un box. Les identités sont positionnées sur de petits bouts de papier, attachées au gros orteil, dans le bon sens. Nicolas a dû avoir un prix de gros sur les cadavres, car ce ne sont pas les seuls qui vont peupler la morgue de Los Angeles. Sans compter les menaces, enlèvement, les forces du Mal sont bien présentes.

Bientôt nous nous retrouverons...

Une enquête qui suit son chemin, sans partir dans tous les sens. D'abord Los Angeles à notre époque, ensuite un orphelinat il y a bien des années. Le personnage d'Abel, est-il réel ? Assurément, mais qui est-il ? C'est LA question à des milliers de dollars. Pourtant si nous le suivons c'est qu'il a un rôle à jouer. Une quête d'identité, un besoin primaire de savoir qui il est, comme tous les enfants qui arrivent dans ces établissements. La psychologie de ce personnage, ainsi que celle des autres est décryptée. D'ailleurs une question : si un personnage entend des voix, est-ce normal ?

Bien entendu, tu ne peux pas me fuir...

Chacun a une particularité, Ellie a une mémoire eidétique. Si certains pensent que c'est un don, lui considère cela comme une malédiction. Se rappeler du moindre détail, que ce soit une scène de crime ou la première fois qu'il a rencontré Clara est gravé dans sa mémoire. Pour la vie quotidienne cela peut être une bonne chose, pour un crime, ce sont les détails gores, la moindre gouttelette de sang qui s'imprègne dans sa rétine. Tout tourne autour de lui, qu'il le veuille ou non. La toile d'araignée se resserre de plus en plus autour de son cou quitte à le perdre définitivement. Et ce ne sont pas ses collègues de travail qui peuvent y faire grand chose, enfin officiellement. Des protagonistes du passé refont surface, apportant encore plus de questions sur l'instant.

Je n'attends que cela...

Une plume entraînante, juste, saisissante. Les mots nous aspirent littéralement au cœur de cette scène macabre. Quand tout semble perdu, il n'y a pas de lueur d'espoir au bout du tunnel. Il y a tellement de questions tout le long du récit que je ne pourrais pas toutes les mettre ici. J'ai trouvé un semblant de réponses avant le final, car il y a bien une personne qui tire les ficelles de tout ce carnage. Dédoublement de personnalité ? Schizophrénie ? Pervers narcissique ? Le face à face final est grandiose. Un grand sourire lorsque j'ai compris qui s'en était sorti. Il suffit de peu, une chanson, la même course, le même chemin... Un pied de nez à la société.

Je ne suis qu'un fantôme, le tiens Ellie...

Fantôme or not fantôme, cette ombre du passé qui poursuit inlassablement le personnage principal et le torture de toutes les manières possibles. C'est un jeu de chat et de souris qui ne cesse qu'à la toute fin. La fin d'un cycle, la fin d'une monstrueuse histoire, la boucle est bouclée de manière admirable. Nous sommes tous l'ombre de quelqu'un, un lien avec un passé connu ou non. William Shakespeare a trouvé son maître en un personnage. Chapeau bas Maître Nicolas, vous êtes un auteur que je continuerais à suivre les yeux fermés !

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date : 02-05
Je remercie Jordan pour m'avoir proposé de découvrir son récit. La couverture est magnifique même si maintenant que le livre est terminé, je me demande encore à quoi elle correspond par rapport aux nombreuses scènes du livre. Dans tous les cas, elle attire l’œil et demande à ce qu'on prenne le livre entre les mains.

Ohën traque des monstres dans la forêt. Au lieu de tomber nez-à-nez avec une seule de ces bestioles, il y en a 3. Trois goules qui ont grande faim, malgré le fait qu'elles sont déjà en train de dévorer un reste d'être... humain peut-être... Toujours est-il que BANZAÏ ! Il va devoir faire avec. Ce n'est pas l'envie de leur proposer de danser, mais il se peut que le sang qui dégouline n'est pas très jouissif. En plus cela peut rendre glissant certains pas, donc il vaut mieux penser à une autre forme de danse.

- Avec trois affreuses créatures qui dévorent la viande crue ?

- Oui, mais lorsqu'elles ont leur physique d'humaine, ce sont des bombes !

- Charmeur !

Un pacte est né cette nuit. Après plusieurs craquements d'os, des coups de coudes et autres coups portés, bien entendu. Il ne faut pas imaginer que cela ne s'est pas fait sans douleur. Ohën est un homme qui est capable de tuer à mains nues, mais contre trois créatures, c'est beaucoup plus compliqué. Pourtant, il est doué le petit et arrive même à faire le fanfaron (comme toujours d'ailleurs). Shary est l'une de ces goules et va donc accepter son offre (qui est toute aussi surprenante que d'offrir des bébés à un alligator) en échange d'une pierre. C'est du donnant-donnant.

Ohën s'incline d'un sourire. Emportant avec lui Fëir, son meilleur ami depuis son enfance, tous deux des assassins hors pairs (très bien payés pour leurs derniers gestes envers leurs victimes) ils vont devoir accomplir une dernière mission avant de tirer définitivement leur retraite. Car oui, à force de tuer des gens, Fëir a bien envie de trouver un petit coin tranquille avec son ami et que tous deux trouvent une femme et fondent une famille. Rien de plus traditionnel en somme, même pour un assassin. Sauf que cette dernière mission..

- Est une vraie catastrophe ambulante !

Merci pour ces mots, oui notre chère mission, qui est de tuer toute une famille royale va tomber dans un traquenard plus gros qu'eux. C'est un dernier combat afin d'être libre et de vivre leurs vies comme ils l'entendent. Les deux compagnons entrent sur le domaine, se faisant passer pour de puissants chasseurs noirs et c'est là que tout commence.

- Oui, enfin il y a aussi cette histoire où Ohën s'est un peu foutu de la gueule...

- Chut, pas tout de suite !

Bien, reprenons, nos deux compagnons vont devoir se battre, se séparer et emprunter un chemin bien différents. Ohën embarque avec lui la fille du roi, Léna afin de récupérer l'or promis par un type dont on se fout royalement pour l'instant. Quant à Fëir, lui va vivre un sacré calvaire.

- Pourtant, tu as dis que tous deux étaient les meilleurs amis depuis l'enfance ?

- Oui, et ils le sont et seront toujours deux entités indissociables.

Si après le premier chapitre nous nous posons la question de pourquoi on voit Ohën s'amuser si joyeusement avec des goules, et on passe à une nouvelle mission comme si de rien n'était... Non, il y a un lien, suffit de lire l'histoire. Je sais c'est mesquin, mais ce n'est pas drôle si je vous raconte tout. Bref, Ohën est un assassin et fidèle à celui qui lui donne le plus d'argent. L'or est tout ce qui compte en plus de son amitié très forte avec Feïr.

- Ne cherchez pas plus que de l'amitié, ils aiment les femmes et ne s'amuseraient pas entre eux.

Ils ont tous les deux vécus des choses incroyables, terrifiantes. Très jeunes, perdus dans la rue, livrés à eux-mêmes, ils ont été recueillis par un homme Golkren.

- Allez, raconte un peu son histoire à ce bouffon.

Bien, Golkren est tout sauf un homme bon, même si dans son esprit il le pense très fortement. Si l'un de ses... enfants arrivent à se sauver et ceci à n'importe quel âge, il les traque. Pas besoin de faire un dessin, il est mauvais, pire que la peste, s'amusant à des combats clandestins.

- Ah je me souviens, les arènes, les gladiateurs et tout ce qui va avec, mais c'était il y a longtemps.

- Oui, sauf que là, ce ne sont pas des gladiateurs, mais passons.

Après des années de souffrances, de bagarres en tout genre et de tueries, Ohën et Fëir vivent de leurs talents. Et cela les a amené devant cette porte de chambre. Ohën va sauver la fille (on n'oublie pas l'or pour sa tête sur ses épaules) et partir avec son fardeau. La suite n'est que souffrance et une lueur d'espoir par endroit. Leurs chemins se séparent, tandis que Ohën est obligé de se coltiner miss-je-tombe-dans-les-pommes-tout-le-temps et donc ne marche pas, sans oublier la version je suis une femme qui se fout dans les embrouilles à chaque pas fait en dehors du chemin tracé par son "sauveur". Entre les deux c'est l'amour fou !

- Autant le dire le premier qui peut étriper l'autre serait parfait dans ce rôle.

Une mission qui ne va pas du tout dans le sens de notre cher Ohën. Il doit se battre contre des goules (il y en a toujours des bêtes comme ça, mais c'est normal vu ce qu'il leur a fait), des hommes de mains (bon ceux-là il les avait payé pour l'aider dans sa mission, mais il faut dire que partir sans les payer, cela les a rendu quelque peu mauvais, enfin plus qu'ils ne l'étaient) Et puis il y a sa propre conscience qui lui joue des tours.

- Comme moi quoi !

- C'est ça comme toi, sauf que si je le désire, je te boucle définitivement.

- Oh, mais c'est qu'il essaierait de me faire peur.

Gnia, gnia, gnia. Une route peu sûre donc, de nombreuses épreuves, le fait de voyager avec un paquet d'or et non son meilleur ami, les deux jeunes gens vont devoir faire avec. Dur, dur de devoir entendre les jérémiades de l'un et les fourberies de l'autre. Ohën se sent obligé de l'emmener jusqu'au bout du monde. Une force en lui ne le lâche pas, commettant des actes dont il ne voit que des souvenirs, tels des bribes de rêves dont personne n'a envie de se rappeler.

Le monde crée par l'auteur est purement fantasy, sans oublier ce qui se cache dans l'ombre. Des assassins de n'importe quel âge, des combats, une quête (même si c'est pour devenir plus riche qu'ils ne sont) des âmes tourmentées et ce besoin de se retrouver comme avant. Si vous pensiez que le livre irait tranquillement, passez votre chemin. L'action est au rendez-vous, tout comme le torturage (Chut, il n'existe pas, mais c'est un mot qui veut tout dire) des méninges de Ohën. La richesse n'est rien sans son ami, sans ressentir son amitié. Et ce n'est pas tout, car il va découvrir d'autres sentiments dont il n'aurait pas voulu, pas lors de cette dernière mission. Oh ce n'est pas non plus transcendant, cela vient petit à petit vers la fin du livre, pour se terminer au point final. Logique me diriez-vous vu qu'après, il n'y a plus rien.

L'aventure est empli de descriptions donnant l'illusion d'être entrée sur les mêmes terres qu'ils vont fouler. Les diverses rencontres avec des créatures n'existant pas dans notre monde (bien que les rats existent, je ne suis pas certaine que ceux-là sont de la même taille) montrent également notre empressement à prendre n'importe quelle arme pour rester en vain, tout du moins pour tenter de rester en vie. Car les menaces sont nombreuses. Par chance, Ohën est doué, vif et surtout jovialement cynique ce qui l'aide à se dépêtrer de situations dangereuses.

- Le sang va couler à flot, les morts vont tomber par dizaines, on continue ?

- Non, cela va aller, ils ont très bien compris où tu veux en venir.

- Tu es si... déprimant !

- Je prends cela pour un compliment, merci.

Princesse est dérouté, perdue, mais volontaire, enfin lorsqu'elle ne sombre pas dans l'inconscience. L'auteur nous laisse un passé de cette damoiselle qui donne des envies de meurtres. Enfin de ressusciter des morts pour les tuer une seconde fois. Au final, les deux personnages premiers ont bien plus en commun que lors de leur premier regard. La fin, même douloureuse est parfaitement logique. Comment imaginer une autre fin ?

- Du sang ! Du sang ! Et la mort... par... décapitation !

Je me disais bien aussi qu'il allait en vouloir encore plus.

En conclusion, c'est surtout l'histoire d'un homme qui voit sa destinée arriver à grands pas. Son âme est liée à un chemin dont il ne peut ne pas se soumettre. Le calvaire d'une vie se retrouve dans le reflet de son semblable. Il suffit d'un sacrifice pour que l’éphémère attitude dévoile enfin la lumière qui était tant cachée.

- Amen !

http://chroniqueslivresques.eklablog.com/sang-rancune-jordan-breton-a186289938
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date : 01-05
e remercie Nicolas pour m'avoir envoyé son livre par le biais du site simplement. Le résumé est tentant, la couverture un peu moins.

Disparaitre définitivement. C'est ce que Cédric fait au moment même où nous ouvrons le livre. Fuir avec de l'argent, se faire oublier, et ne plus exister pour tous ceux qui le connaissent. Vaste programme que voilà. Il est parti, laissant derrière lui femme, enfant, compagnons de travail et des dettes. Pourquoi est-il parti ? Qu'est-ce qui se passe dans la tête d'un homme pour prévoir son coup des mois à l'avance et faire sa valise sur un coup de tête. Illian et Nils, ses associés arrivent le jour même de sa disparition. Si rien ne pouvait prévoir cette fuite en avant, la suite des événements restent un véritable brouillard pour ceux qui restent.

Cédric est un homme de 50 ans, pas un jeunot qui aurait pu partir avec une donzelle, quoi que cela pourrait être possible. Associés avec une entreprise belge, vivant au Brésil et travaillant la terre, il prépare le terrain. Dans tous les sens du terme. Les événements suite à son départ précipités amènent ses associés à se poser de nombreuses questions. Pourquoi ? Depuis quand ? Comment ? Qui était au courant ? C'est un combat qui risque de porter préjudice au Belge. Ils ne vivent pas là-bas, ne font que passer quelques jours tous les deux mois environ. Ils ne peuvent pas voir ce qui se passe, ni même comprendre réellement leur vie. Comment les suivre de cette façon, car nul n'est à l'abri d'un mauvais coup. Le Brésil est un pays de rêve pour les touristes, mais ceux qui y vivent ne sont pas de cet avis. L'inégalité est plus que présente, pour survivre il faut souvent magouiller et couper dans le tas.

Un pas après l'autre, si au départ Maria, la femme de Cédric ne sait rien et en plus est complètement abasourdie, la suite des événements nous montre qu'elle est futée, avide d'argent et complètement timbrée. C'est un personnage qui est fort, son passé dévoilé, nous comprenons ce qu'elle a déjà vécu. Au lieu de montrer un instinct maternel, elle a les mêmes gestes pour Pedro, son petit-fils. (Pas de réel spoiler, nous l'apprenons très vite). Maria est présente pour ses intérêts, complètement bloquée dans ce qu'elle pense lui revenir de droit. La bataille juridique avec la firme Belge est dure, surtout que les certains hauts fonctionnaires peuvent être achetés.

Illian et Nils vont devoir se battre, c'est une guerre des nerfs qui débute et qui prend de l'ampleur. Fourberies, cachotteries, coups bas, tout est bon pour récupérer de l'argent. Nos deux hommes vont avoir du fil à retordre pour maintenir à flots. Trouver des hommes de valeur devient difficile. Le Brésil est un rêve, pourtant il va devenir un cauchemar. Le manque d'argent, les personnages secondaires qui prennent de l'importance et montrent les crocs, c'est un tout qui va leur mettre des barrières. Je ne vous dis pas comment tout cela se termine. J'ai apprécié voir les moyens mis en œuvre pour contrer un système pareil. Rien n'est évident, si en France cela se serait déjà résolu en trois coups de cuillères à pot, là-bas, il faut des mois et des mois pour tenter d'aboutir à un objectif acceptable.

L'intrigue reste focalisée sur ceux qui restent avec des flashbacks de la vie de Cédric, mais surtout de Maria et de Rosse. Des souvenirs pour les amis de Cédric lorsqu'ils ont découvert ce paysage où tout était possible. L'auteur nous apporte des éléments, des descriptions sur ce qui les entoure. Il est clair que la forêt est importante, tout comme la terre qui n'est pas forcément la meilleure pour les plantations. Les pensées de chacun nous montre la façon dont ils perçoivent ce destin tortueux. Il faut lire pour comprendre la manière dont ils fonctionnent tous. Si certains sont plutôt zen, attendant ce qui va se passer pour tenter de gérer, d'autres sont déjà sur les nerfs.

Être abandonné n'est pas anodin pour quiconque, surtout lorsque l'on est un enfant de 6 ans. Celle qui fait office de mère a la rage. Elle est capable de tout, d'aller chercher la moindre parcelle pour obtenir ce qu'elle désire, quitte à aller voir un puissant magouilleur. Elle veut garder ce qui ressemble à un ranch familial, la Fazenda laja. Ce lopin de terre, avec sa maison qu'elle n'entretient pas, ses animaux dont elle ne s'occupe pas, ce jardin où ne pousse que des herbes folles. Cette propriété qui est celle de la filiale Belge, qui devrait ne pas lui revenir, car ce n'est pas elle l'associée. Elle n'est rien, juste un détail dont il faut réussir à composer avec. Et pourtant, pourtant il n'y a pas de solution de facilité. Il y a l'Humain avec un grand h. Personne n'est vraiment bien avec sa conscience lorsqu'il faut mettre une femme dehors, surtout avec un enfant.

L'écriture est assez froide et va parfaitement bien avec cette affaire. C'est objectif, il n'y a pas de moment où nous pourrions chouiner pour un oui ou un non. Nous avons les éléments bruts, tels qu'ils arrivent. Suivre les aléas sans prendre parti est un bon point également. C'est complexe comme affaire, imaginez un homme qui part avec la caisse et pouf, plus rien. Seuls quelques mails qui viennent sur sa boite dont ils n'auront jamais de réponses. Quelques mots de certains personnages, mais sont-ils vraiment les derniers échanges ? La trahison semble être de mise et cacher des choses prend le pas. Rosemeir laisse un gout étrange en bouche. Il sait, ne dit que ce qu'il veut et son franc-parler est froid, glacial. C'est un personnage très intéressant qui arrive à tirer les ficelles à sa façon et apporte un suspense supplémentaire.

Défauts ? Quelques longueurs par endroit sur des points qui n'avancent pas vraiment l'histoire et à contrario, nous ne voyons que très peu Cédric. En d'autres termes, nous en savons pas réellement ce qu'il a fait, après sa fuite. Je pensais que l'histoire allait tourner autour de lui, et c'est différent (ce qui n'est pas un défaut, je précise même si c'est dans ce paragraphe) Au final, nous avons peu d'éléments sur ce personnage, le récit étant plus basé sur tous les autres. Nous n'avons que tous les autres personnages et ce qu'ils pensent ou agissent. C'est dommage, même si la fin laisse prévoir une hypothétique suite. Il m'a manqué un peu (beaucoup) au sujet des cartels. Nous sommes au Brésil et au vu de certains personnages, il est évident qu'ils ont le nez fourré dans cette affaire d'une manière ou d'une autre. Surtout que nous avons des passages à la fin qui vont dans le sens de la vengeance froide.

En conclusion, l'intrigue est complexe. Il y a beaucoup de choses autour de ce vol, car il s'agit bien d'un vol qualifié. Pas de violence, mais ce vol va changer la vie de tous ceux qui restent. L'auteur a fait ce choix de ne pas s'attarder sur celui qui part, mais ceux qui vont être dans la panade. Enquêter n'est pas forcément une seconde nature. Ce récit n'est pas de tout repos et montre ce que l'Homme est capable de faire, dans le bien comme le mal.

http://chroniqueslivresques.eklablog.com/destins-obliques-nicolas-wolters-a186381562
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Je remercie les éditions Heartless pour cette nouvelle lecture. Je n'avais lu que le début du résumé et la couverture m'a totalement happée.

Un hôpital délabré... Un oiseau piailleur... Plus personne dans les rues... Ou presque.

La vision funeste d'appareils de maintien en vie éteints...

Et un clignement de paupières, jusqu'à ce qu'un oeil droit observe ce qui l'entoure.

Chris se réveille d'un coma, long, très long. Il ne sait pas depuis combien de temps il est dans ce lit, mais tout porte à croire que cela fait longtemps : il a perdu pas loin de vingt kilos et ne sent que des fourmillements partout dans son corps.

6 ans, c'est le temps qu'il a mis à dormir. 6 longues années où la vie a radicalement changé.

Chris ouvre les yeux sur sa chambre miteuse, les aiguilles plantées dans son corps pour le maintenir en vie sont rouillées. (TETANOS ? En même temps vu son état de fragilité qu'il choppe ou pas une saloperie ne changera pas grand-chose.) Sinon à part ça, tout va bien ? En fait ce n'est que le début.

L'hôpital est désert (ça je l'ai déjà signalé), plus de personnel (ce qui tombe sous le sens), plus rien pour soutenir notre comateux réveillé.

La désolation du monde est déjà en marche depuis des mois, des années même et il va falloir que Chris puisse vivre malgré tout.

Malgré tout, c'est bien les deux mots.

Tout ce qui s'est passé durant son sommeil, son fils, son ex-femme, sa compagne, il n'y a rien de proche à son réveil. (Si ce n'est ce pervers qui en fait que passer... passons donc)

Un chapitre sur deux (presque) Chris nous livre son passé et donc ce qui est devenu son présent. Son fils est malade, il va forcément mourir avant ses parents. L'espoir est mince, Chris n'y croit plus. Alors cet arbre était-ce lui qui ne l'a pas vu à moins qu'il ne soit tellement proche du désespoir qu'il la pris entre ses bras ? Chris nous délivre sa souffrance de ne pas savoir si Tim est encore en vie ou non. Il a le cœur et le corps meurtri. Le passé le rend amer, le présent le terrifie et l'avenir n'en parlons pas.

Passé - Présent - Futur...

Le passé est un nombre incalculable d'événements qui l'ont rendu à ce stade. La vie n'a pas été tendre avec lui, les ennuis qu'il a lui même construit ne sont qu'une infime goutte d'eau dans ce désordre mondial. (Même si ce n'est pas de l'eau qui devrait être bu, mais un bon coca-whisky, enfin non, juste le Whisky c'est mieux, bien mieux pour votre santé) Une rencontre, puis une autre, tout ce que Chris a pu faire dans son passé se montre une ébauche de ce qu'il va subir. Et s'il avait su ? Et s'il savait ? Tout n'est que questions posées, pions mis en place sur un immense échiquier. La reine est prise par le fou pour donner naissance à une monstruosité, c'est tout à fait l'image que j'ai lorsque je pense à Flo.

Le présent est là, sous nos doigts. Chris ne peut pas marcher, ne peut quasiment pas bouger. (sévices, si tu nous entends...) Bien entendu personne n'a pensé à lui laisser de quoi se nourrir (en même temps, il a dû être considéré comme mort clinique pour qu'on le laisse là dans son lit sans nutritif). Les larmes, l'incompréhension, le pourquoi je suis toujours en vie ? (ça aussi, pourquoi ????) Pourquoi lui ? Cette question revient sans cesse. Ses jambes le font souffrir, plus de fractures pourtant, mais sans un travail de kiné, difficile de remarcher normalement (pour ça, merci à l'auteur d'avoir respecté la médecine et de ne pas avoir fait de Chris un héros qui peut tout faire en un quart de seconde - non pas de cape dans le dos !)

Le futur ? Villes désertiques, pollution en tout genre, zombies affreux (c'est pas des zombies à proprement parlé, mais ça le fait bien dans le texte là), pas d'essences, recherche de la nourriture perpétuellement = Apocalypse Now ! C'est ici et maintenant et plus tard que l'apocalypse est engendré. La fin justifie les moyens et tout ce qui va avec. e qui se passera après ? C'est une très bonne question. Trouver des réponses, garder l'espoir et apprendre des horreurs... Horreur qui soit dit en passant nous sont décrites, mais pas pour Chris. (dans le même temps, nous ne sommes pas dans son état de délabrement non plus)

Ce n'est pas sa guerre, mais celle de tous ceux qui sont encore en vie. Chris est le personnage principal avec ses défauts, ses espoirs, ses crises de nerfs, ses évanouissements, sa façon d'avancer (chaise roulante, brouette, bus, rampant aussi, etc) son coeur et sa lumière vive qui attire. C'est un homme complexe, oui un homme car il pourrait être réel. Il a une vie, oups pardon, avait une vie de famille, des envies (de clopes, de coucher, d'en finir, de détruire, de vivre). Si son coeur bat toujours c'est dans l'espoir d'en apprendre plus sur son fils.

Ils arrivent.

Là, sans attendre, ils sont là, à sa porte.

Rick et Linda. Deux personnages qui se battent pour survivre avec un certain nombre d'autres. Par chance, ils sont du côté des gentils (car oui il y a les dingos et les survivants et puis d'autres aussi, mais ceux-là on va tenter de les oublier). Deux personnages qui en ont déjà bavé plus que de raison avant tout ce qui s'est produit. Alors maintenant, c'est un peu une routine pour eux. Se lever, se battre, courir, sauver ceux qui en valent la peine, agrandir leur groupe, surveiller, faire des quarts, chercher de la nourriture, échapper aux dingos, tirer à vue, souffrir de la perte de l'un d'entre eux, enterrer comme ils peuvent, partir loin et recommencer encore et encore. Une vie tranquille en somme.

- Angoisse es-tu là ?

- Oui chère amie curiosité, je suis là avec pleins de nouveaux amis.

- Ce n'est pas possible !!!!!

- Bien sûr que si, nous avons à ma droite, poison, vengeance, haine et un truc qui gratte la peau telle une sangsue, l'espoir ! Et à ma gauche, nous avons tristesse, catastrophe, fractures, douleur, désespoir... Que de si doux amis que voila.

- et descriptions ?

- Oh que oui, l'auteur nous en fait profiter, beaucoup trop à mon gout, malheureusement, je me perdais dans ses descriptions que j'en perdais le fil de ses hommes et femmes qui passaient au travers du fil de mon épée.

NE VOUS ATTACHEZ PAS AUX PERSONNAGES !

Sérieusement, il ne faut pas, c'est une dystopie, un post-apocalyptique, une destruction massive ! C'est tout à fait le genre de livre qui vous arrache des larmes si vous aviez un chouchou. Pas de quartier ! (ni de pommes ni de poires et encore moins d'oranges !) Fluidité dans les actes, fluidité dans les nombreux combats, les événements s'enchaînent et ne laissent que peu de répit aux survivants. D'ailleurs en soufflant fort sur la maison de pain d'épices, un personnage m'a intrigué et avant d'arriver à la fin je savais déjà qui il pouvait bien être. Je parle bien sûr de... ah bah non, vous ne saurez pas. Toutefois, il y a des protagonistes qui vont et viennent tranquillement entre les pages du récit en tentant de ne pas prendre de coups. L'ado à la capuche muet, Balthazar, Simon, Carlos... Il y en a tellement que je ne les compte pas. J'adore le dernier coup sur Carlos, il le méritait amplement.

Découpe du livre : 3 parties.

J'ai adoré la première partie. L'approche du personnage, du monde qu'il va découvrir, de ce qui s'est produit de sa façon de voir les choses, son passé qui remonte à la surface, de ce qu'il a déjà subit et continue a subir.

J'ai un peu moins apprécié la seconde. Je sais que les descriptions ont été longues à ce stade et j'avais hâte d'en découvrir beaucoup plus que sur le sol rocailleux.

La troisième partie un peu moins également. Il ne s'agit plus de Chris à proprement parler, mais de ses amis (anciens et nouveaux) de comment la terre a pu tourner si mal, comment tout cela a bien pu venir. Tout cela à cause d'une identité, un besoin, une vengeance, une idée fixe, l'ambition d'une pognée de dégénérés, une... Tout un tas d'événements mis bout à bout qui ont eu un impact à plus ou moins grande échelle.

- Conclusion ? Les Hommes sont tous des aberrations de la nature ! Il faut les éradiquer pour obtenir une eau fraîche et de l'herbe verte à chaque coin de rues.

- Mais bien sur, et la marmotte...

- Laisse cette foutue marmotte dans son gouffre ou je m'occupe de faire un manteau de sa peau !

- Susceptible en plus.

- Que nenni, les personnages sont attachiants, (je l'avoue dans un simple murmure), les événements sont crédibles (My GOD, on est dans la panade si quelqu'un de puissant pas d'impuissant, lit cet ouvrage !) Juste...

- ouais on a compris, trop de descriptions par moment et des trucs bizarroïdes qui viennent d'un passé vraiment lointain.

- C'est ça !

http://chroniqueslivresques.eklablog.com/le-jour-qui-ne-vient-jamais-sylvain-reverchon-a186157822
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date : 30-04
Rory est photographe, elle adore les vêtements gothiques et ne cesse de penser à ce jeune homme qu'elle a connu il y a dix ans. Alors qu'elle avait 18 ans, elle est partie retrouver son père, malheureusement décédé en Irlande. C'est là-bas qu'elle a rencontré Mal, un musicien de rue qui vit au jour le jour. Entre les deux c'est une histoire banale de peu de temps où le coeur a décidé de ne pas rester sur le bord de la route. Rory doit repartir chez sa mère, faire ses études, Malachy Doherty ne veut pas partir de chez lui. Il aime son pays, sa vie de bohème. Avant de partir ils vont signer un contrat sur une serviette en papier. S'ils se retrouvent un jour, sans que l'un des deux ne cherche l'autre, alors ils seront obligés de tout lâcher et de se marier, ensemble bien entendu.

Cela peut prêter à sourire, deux jeunes qui se promettent une telle chose, pourtant lorsqu'ils vont se retrouver dix ans plus tard dans une soirée, la donne a changé. Mal semble avoir changé, ce qui est logique, mais dans le mauvais sens. Il est amer, marié et semble détester voire haïr Rory. Tandis que cette dernière est avec Callum depuis quelques mois sans oublier Mal. Ses dix années ont été difficiles pour lui comme pour elle. Alors lorsqu'ils se retrouvent après ces dix années, les souvenirs remontent à la surface. Des souvenirs à la fois emprunt de tendresse et de douleur. Rory a dû surmonter la mort de ce père qu'elle ne connaissait pas. Elle a découvert une demie-sœur encore en vie, un demi-frère enterré depuis pas mal de temps. Lorsque l'on a 18 ans, les repères s'effritent et les années ont passées. Joindre les deux bouts, avancer dans ce qu'elle désirait faire plus que tout. Quant à Mal, ses dix années ont été lourdes de conséquences pour lui.

Le livre est découpé entre le passé de chacun d'entre eux, plus particulièrement celui de Mal et leur présent. Ce n'est pas un chapitre sur deux, mais presque. Nous découvrons donc la façon dont ils se sont rejoints lorsqu'ils étaient plus jeunes. Entre deux, leur fameuse retrouvaille piquante. Et puis le pourquoi ces retrouvailles, ce qui s'est passé pour lui comme pour elle. Pourquoi tant de rancœur, pourquoi n'arrive-t-il pas à lui parler correctement ? Et puis ce retour ensemble en Irlande pour un projet avec l'un des plus grands chanteurs Asthon Richards est également une question que l'on peut se poser. Nous ressentons très bien le fait que Mal est en colère, le pourquoi reste assez flou. J'avais dans l'idée qu'une tierce personne était dans le lot, bingo, c'était bien cela. Je ne dirais pas la facilité, mais la logique. Lorsque nous avons suivi un peu ce qui se produit auprès de Rory, il était clair et net que ce pourquoi ne pouvait pas être autre chose.

Ce n'est pas mon livre préféré de l'auteur, il y a eu des moments de flottements et des décisions prises qui m'ont paru un peu de trop. Trop de monde autour d'eux qui les empêche à un moment donné ou à un autre d'avancer dans une seule et même direction. La jalousie, la peur, le fait de vouloir protéger à tout prix son enfant, les mensonges qui ne s'arrêtent pas... j'ai eu l'impression que l'histoire partait un peu dans tous les sens surtout lorsqu'il y a Ashton dans les parages. Il est caricaturé avec la drogue, l'alcool et d'autres thèmes encore. Il y a bien entendu une cause à tout cela, la folie des étudiants repris par des adultes est assez puéril en un sens. Vu que je suis dans ce qui m'a dérangé, il y a cette histoire de barre de chocolat, je n'ai pas vraiment compris le sens de ce passage. Le fait que certains personnages parlent également, ont un rôle particulier dans cette histoire et osent écrire qu'ils ne sont pas si méchants que cela, que sans leurs actes, ils n'en seraient pas là, c'est un point auquel je n'ai rien ressenti de bon pour eux.

Il faut de la patience pour avoir le fin mot de l'histoire. Le fait qu'ils se retrouvent est une chance sur un millier si ce n'est pas million. Tout ce qui se produit a son explication à un moment donné de l'histoire. Au moins nous n'avons plus de questions sur les deux personnages principaux, si ce n'est de savoir s'ils sont complètement cinglés ou non. La famille est un sujet important, il prend une grand place dans leurs cœurs. Père ou mère, grands-parents ou frères et sœurs, ils ont tous une part du cœur de chacun d'entre eux. Il n'y a rien de tout blanc ou tout noir dans l'histoire, il y a surtout beaucoup de non-dits.

La colère, la haine, l'envie de détruire l'autre est tout à fait compréhensible, même s'il aurait pu essayer de lui parler avant de la condamner. Rory est complètement perdue depuis qu'elle le revoit. Elle qui l'avait en tête, sous la peau, totalement accro à lui ne comprend pas sa façon d'agir et de lui mentir. Il a été son premier amour et elle n'en a pas eu d'autres. Cela a été lui, c'était lui et c'est toujours lui. Il est imbuvable, infâme et pourtant nous sentons bien qu'il cache quelque chose. L'écriture est fluide et même s'il y a des scènes de sexe qui ne sont, à mon sens, pas toutes obligatoires, la relation entre les deux reste cohérente, jusqu'à un certain point. Lorsque tout chavire, lorsqu'il faut rattraper les erreurs, l'auteur inspire à ses personnages encore plus de pulsions et de passions dans leur dialogues et leurs actes. Quant à Mal il refuse de se laisser aller, de lui ouvrir de nouveau son cœur, jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il s'est fourvoyé.

Le récit est rapide, stimulant, car nous avons envie de savoir le fin mot de l'histoire. Callum est un personnage complexe également qui apporte pas forcément de la fraîcheur, mais une dose d'humour et de problèmes en supplément. J'ai parfaitement détesté la fameuse demie-sœur de Rory, c'est une véritable peste, je n'ai pas d'autres mots pour elle. Arrivée au final, Kathleen reste pour moi une belle s...pe. (On peut imaginer soupe, mais non, ce n'est pas ce mot). La jalousie est ancrée en elle, tout comme cette histoire de testament et d'argent qui n'a d'ailleurs pas de sens pour Rory, il faut bien le dire. L'auteur montre que les irlandais ont la rancœur tenace et en plus sont mesquins... Pas très sympa pour eux, mais ouf, ils sont aussi capable de s’entraider et de se protéger. J'ai trouvé amusant la façon dont leur histoire débute et se termine. Nous ne pouvons pas nous ennuyer, c'est impossible, il se passe tellement de choses que cela serait mesquin de dire le contraire. Les événements s’enchainent, le passé se dévoile de plus en plus et les personnages secondaires apportent autant de bons comme de moins bons.

En conclusion, la passion est déchirante entre Rory et Mal. Nous nous doutons bien comment tout cela va se terminer, il leur faudra passer de nombreux obstacles et secrets avant d'arriver à une fin plus joyeuse que ce qu'ils vont vivre entre ses pages.

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date : 29-04
Par le biais du site simplement, j'ai eu l'opportunité de découvrir ce prequelle. Je remercie l'auteur pour sa proposition de lecture. La couverture est très belle et amène déjà une envie de connaître ce qui se passe derrière cette image. Il s'agit d'une nouvelle, à peine 50 pages, donc je ne vais probablement pas écrire une chronique aussi longue que d'habitude, quoi que... cela est bien possible.

Siobhan, 16 ans, se lève avec son petit frère de 12 ans pour aller à chacun de leur travail. Nous suivons la jeune fille dans l'enceinte d'une taverne tenu par son oncle. Sa tante venant d'accoucher, il a besoin d'aide et c'est soit elle y allait, soit elle était viré de chez elle. son père est assez dur, mais il a ses raisons. La vie est dure. Le monde dans lequel ils évoluent tous n'est pas facile : chaque personne qui use de magie de n'importe quelle forme que ce soit est obligé de devenir un ou une esclave. Alors que Siobhan rentre chez elle, après une dure journée de travail, des mots avec son père, car elle a une fois de plus osé dire non à une invitation à un mariage (le sien bien entendu) elle va déclencher un incendie. Un de ceux qui n'est pas normal, prenant naissance sur elle-même. Ils vont devoir s'enfuir afin d'éviter d'être donné à la milice, mais les voisins ont tout vu et la milice arrive chez eux.

C'est la façon dont Siobhan devient ce qu'elle va devenir à la fin de cette nouvelle, et donc il est clair que nous la retrouverons ainsi, surement des années après ces événements dans la suite de l'histoire (qui n'est pas encore paru). Nous découvrons le monde crée par l'auteur, un brin de médiévale, avec de la magie, ce que j'aime par-dessus tout. Ce mélange qui nous parle de dragons, qu'ils soient encore en vie, ou non, qu'ils soient réels ou non. Ce mélange qui nous montre les différences sociales comme il en existe dans tous, et qui prend forme sous nos yeux. La magie est interdite, enfin une certaine forme de magie n'est pas désirée. Comme si les personnages décidaient de ce qu'ils peuvent avoir ou non, comme si la nature n'était déjà pas capricieuse.

Siobhan est une jeune fille qui rêve d'aventures, de ne pas rester chez ses parents, de vivre autrement. Être obligée d'épouser un homme qu'elle ne connaît pas ou peu ne lui convient pas. Elle veut parcourir le monde d'une manière ou d'une autre. Son attachement à son petit frère et sa famille est réel et profond. Bien qu'elle ne soit pas d'accord avec son père, elle le respecte, jusqu'à un certain point. La suite des événements après la trahison des voisins est tout sauf réjouissante. La vie de Siobhan change radicalement. Être esclave va lui ouvrir certaines portes qui ne se refermeront jamais. Son pouvoir est présent, sa liberté a un prix, mais lequel ? Il ne faut pas s'attendre à des licornes dans le ciel, à des câlins par milliers. Cette épreuve est forcément nécessaire, cruelle aussi, mais nécessaire pour qu'elle puisse choisir sa destinée, son chemin.

Nous en apprenons peu sur sa famille, son petit frère travaille déjà pour aider à subvenir aux besoins de ses parents qui eux travaillent dur aussi. Son père semble avoir du poids dans la société fondée, mais juste un peu. Je pense que son père désirait par-dessus tout protéger sa famille, sa fille de ce don qui n'est pas bien vu. Bien qu'il soit un homme important cela ne les évite pas de se faire mettre en prison et sa fille vendue comme esclave. La position sociale ne fait pas tout, mais l'argent si. Il suffit d'avoir ce qu'il faut pour s'en sortir, ce qui n'est pas le cas de tout le monde.

La méfiance des voisins, ceux qui vous connaissent tous depuis votre naissance sont capables de vous tourner le dos. Ce monde ne rend pas les choses faciles pour quiconque est différent. Alors que vous avez joué avec des enfants, les parents se détournent, ne vous regardent plus, vous maudits même, tout ça parce que votre corps n'est pas comme le leur, parce que vous avez un don qui est devenue une malédiction aux yeux des plus puissants.

Siobhan va également rencontrer d'autres personnages, qui l'aideront d'une manière ou d'une autre à passer outre certains points. Les échanges sont brefs et intenses, laissant des questions sans réponses. Que va-t-elle décider au final ? Nous avons une ébauche, nous pouvons la voir traverser ses épreuves et imaginons ce qu'elle peut ressentir. La colère, la vengeance qu'elle apporte. Ce sentiment d'impuissance face à l'adversité qui la ronge.

Alors oui, c'est une nouvelle, donc c'est court. Elle se lit très vite, trop vite même, on aimerait en avoir un peu plus, voire beaucoup plus juste sur ce début, même si j'ai envie de savoir ce qui se passera par la suite, ce qui est tout à fait normal. C'est une ébauche de ce que nous aurons plus tard au niveau de l'écriture qui me convient. Reste plus qu'à attendre le premier tome qui va suivre afin de connaître le futur de Siobhan.

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Un livre de ma HAL qui est enfin lu, youpi !! Bon j'avoue que celui-ci n'est pas resté très longtemps contrairement à d'autres qui attendent encore un peu. Mon fils devait le lire et puis avec le confinement, le fait d'avoir les cours à la maison en direct par écran interposé, il a préféré attendre un peu. Je peux le comprendre vu qu'il a déjà les lectures obligatoires. Bref il n'y aura que mon avis, mais pas de panique je suis une grande enfant ! Le livre est aussi beau que le premier, couverture cartonnée, papier de couleur crème et épais, il n'y a que la couleur qui change véritablement, mais c'est un bel objet à avoir dans sa bibliothèque.

Nous sommes de retour auprès de Samantha et de son petit frère Jérémy chez eux, alors qu'ils recherchent toujours leur oncle Paul. Une paire de lunettes débusquée et les voila sur le qui-vive. Pas besoin d'avoir lu le premier épisode de leur aventures, même si c'est un plus pour comprendre que le monde de ces deux-là est surprenant, pour aller de l'avant. Ils vont découvrir un mot qui va être très important pour la suite des événements. Pour ceux qui ont déjà eu l'occasion de lire le premier Samantha il faut bien comprendre que tout ne se passe pas comme sur un long fleuve tranquille.

Des clowns déjantés, bien pire qu'ils ne devraient l'être s'amusant à envoyer des galettes en acier sur les gens, des tapis roulants sous des lieux improbables mais pourtant qui seraient logique vu la place existante en dessous des bâtiments et une grande sœur qui vit à l'autre bout du pays qui a l'intention de sortir une pièce de théâtre avec des licornes. Aurais-je oublié de parler également des animaux non domestiqués qui vont vivre chez les parents ou encore du fait que Paul est un intriguant qui arrive à ses fins ? Et sinon tout cela n'est qu'une grande aventure parfaite pour s'évader surtout en ces temps confinés. Et c'est tant mieux !

Alors, déjà la grande sœur qui a réceptionné tellement d'argent qu'elle a changé de nom, de patrie, a osé construire un palais et veux des animaux vivants dans sa pièce, déjà là il y a une entourloupe. Et bien non, son intelligence a dû faire sa malle, à moins qu'elle n'en avait jamais eu, bref ce n'est pas le plus important, mais dans la famille de Samantha je demande la fêlée de service : c'est elle, Buffy. Et avec son majordome légèrement pirate sur les bords de Nathaniel Tate nous avons le droit à délire sur délire. Alors que Jérémy et Samantha arrivent pour un weekend chez elle, dormir dans le foin est très sympathique, mais ce n'est qu'un début

Un début d'aventures abracadabrantes qui donnent le sourire. Grâce à un jeu de piste, Jérémy et Samantha vont se retrouver dans divers pays. Quels enfants n'a pas envie de vivre une aventure à 1000 à l'heure loin des parents pour tenter de retrouver un oncle cher à leur cœur ? De nombreuses surprises en tout genre, des découvertes sans bouger de son canapé, ou lit. C'est très imaginatif et permet à quiconque de visiter des pays. L'auteur a mis pas mal de schéma pour des dispositifs que nous voyons tous les jours qui expliquent les fonctionnement du matériel mais a rajouté sa petite touche personnelle pour aller avec son histoire.

Tout va très vite, les voyages s'enchaînent, les indices sont parfois minces, parfois inexistants et même si par moment Samantha a envie de baisser les bras, elle ne peut pas oublier son oncle Paul qui a disparu. Il faut le retrouver. Les passages secrets sont nombreux et nous avons vu dans le premier tome qui a le plan et par où il fallait passer pour trouver certaines ouvertures et ainsi accéder à d'autres pays. J'adore ce système de passages secrets, comme dans une grande maison, mais là c'est carrément la planète entière qui en est fournie et en plus il est possible d'être d'un point à un autre en moins d'une heure. Le progrès est fantastique. Bien entendu il ne faut pas chercher de points non farfelus, ici tout est fait pour les enfants et que leur imagination se développe.

Les personnages sont jeunes (je ne parle pas encore des parents). Samantha et Jérémy n'ont pas toujours le même point de vue et si Sam est la plus grande, parfois elle a des réactions énervantes. La plus grande ne signifie pas toujours qu'elle a raison. Il se trouve que Jérémy, bien qu'il ne se souvient que de choses inutiles est parfois d'un grand secours. Par contre lorsqu'il s'agit de son équipe de baseball il est plus que perdu. Il a tout de même des moments qui font de lui un simple enfant qui a des désirs surtout lorsqu'il croit dompter un dinosaure. Je crois que ce moment est faramineux. Par chance, sa mère est vétérinaire donc elle arrive à déjouer pas mal de choses qui auraient pu être catastrophique. Les parents justement ne se rendent pas compte de tout, à moins qu'ils ne soient dans le coup ? Comment le savoir... Dans tous les cas, les parents arrivent tout de même à ramener la cavalerie comme il faut, comme quoi même un enfant a toujours besoin de son père ou de sa mère, mdr.

Il y a quelques chapitres qui sont vu des méchants. En même temps, venant de clowns je en vois pas ce qu'il pourrait y avoir de bien là-dedans. Non, mais sérieux, des clowns... Je déteste ces bêtes-là, cachés derrière leur nez rouge, faisant des farces à longueur de temps. C'est normal que leur cerveau soit complètement disjoncté. Les crêpes party et autre lancers sont vraiment très sympathiques. Sans oublier leur allergie aux épices en tout genre. Ce sont vraiment de sacrés personnages qui mettent des bâtons dans les roues des enfants, parce qu'ils désirent avoir Paul pour eux. Tant qu'à faire !

Petit bémol, je n'ai pas eu le même enthousiasme que pour le premier, il est légèrement en dessous de l'autre dans le sens où j'ai trouvé cetrains passages assez long. Rien de bien grave en somme, juste quelques pages alors que dans le premier tome il y avait de l'action plus présente.

En conclusion, un second tome qui nous embarque au Mali, Australie et autres pays. Des personnages hauts en couleur, un Jérémy qui est un peu plus mature par moment. L'univers de Buffy est tout de même bien étrange, mais il va parfaitement bien avec cette histoire qui ne manque pas de surprises.

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Je remercie la maison d'éditions Flammarion Jeunesse pour la réception de ce premier tome. Mon fils avait l'oeil dessus et lorsqu'il est arrivé, j'ai eu un peu de mal à le récupérer.Il l'a lu plusieurs fois, surtout certains passages, autant dire que l'âge choisi est parfait : il va bientôt avoir 13 ans et se voit déjà à la place de ses héros. Le livre est presque un livre objet, couverture rigide, papier épais, il est agréable à porter et tourner les pages est un vrai plaisir.

L'oncle Paul pyjama a disparu. Vendredi tranquille et paf, il n'est plus là du weekend pour faire des gaufres. Les jours se suivent et Paul ne revient pas. Où est-il passé ? C'est là qu'entre en scène Samantha, une jeune fille de 11 ans et son petit frère Jeremy. Ils vont partir à la recherche de cet oncle qui ne donne plus signe de vie. Une lettre, un message pour eux deux et leur grande sœur qui vont changer leur destin radicalement. Si la plus grande obtient un chèque phénoménal afin de le dépenser en futilité, Samantha reçoit un vieux parapluie et Jeremy une équipe de baseball. Inégalités ? Hum, c'est étrange tout cela. L'aventure est au rendez-vous, il n'y a qu'à bien se tenir aux barreaux des échelles !

Comment la disparition d'un oncle peut amener tout cela ? Il suffit d'un plan, d'un aventurier, d'une menace et c'est l'escalade. Les flics préfèrent manger plutôt que de rechercher cet homme. Et puis il est majeur et puis il est peut-être mort, donc pourquoi le chercher ? Il est adulte, même s'il traîne souvent en tong orange avec un pyjama, tous les jours. Il est peut-être un peu fou, un peu étrange, mais on l'aime bien, surtout les neveux et nièces. Alors que les semaines semblent être toujours les mêmes, un indice va les frapper de plein fouet. Si la plus grande est partie à Hollywood tenter sa chance, Samantha va découvrir des passages secrets vers d'autres villes très éloignées les unes des autres. Va-t'elle retrouver son oncle avec Jeremy ? C'est une bonne question, toujours est-il que tous les deux, le frère et la sœur vont vivre une sacrée aventure.

C'est cette aventure que mon fils a adoré. Ils vont et viennent dans des engins qui se rapprochent de la réalité, avec bien entendu des petites choses qui font que la science-fiction n'est pas loin. Seattle, Paris, l'Italie, l’Égypte, les villes, les pas se suivent et ne se ressemblent pas. Le danger ne se voit pas venir, les ombres, la fameuse PLUIE, les étoiles de ninja font leur apparition. Pas besoin de les voir, il suffit de les sentir : leur odeur les rend facile à identifier. Les illustrations sont très bien amenées. Il y a plein de petits détails qui apportent beaucoup d'éléments d'histoire, de géographie, d'imagination. C'est un très beau mélange, tel que mon fils désire visiter le Louvre afin de vérifier si l'ouverture existe bien, si la tour Eiffel n'aurait pas ce fameux boulon différent. J'ai énormément souri en l'entendant parler, lui qui n'aime pas trop l'histoire a envie d'en savoir plus grâce à ce récit. Peut-être que je vais réussir à le faire aimer notre passé ?

La réalité se mêle a pas mal de faits qui ne le sont pas. C'est rafraîchissant et cela donne du pep's à l'histoire. Par moment les personnages vont un peu dans tous les sens, la folie semble guetter quelques uns d'entre eux, mais c'est pour la bonne cause. Nous découvrons Paul au travers du regard de ses neveux et nièces, de son frère et de sa belle-sœur. Il ne montre pas forcément l'exemple, adore les vieilles choses et cache beaucoup d'éléments de sa vie. Il est capable de cacher sa vraie nature pour protéger les siens et de disparaître pour qu'ils restent en vie. Les bagarres sont drôles et la maman que je suis n'aimerais pas que son fils se batte de cette façon, mais dans le même temps j'en serais fier car il serait capable de se débrouiller tout seul contre autant d'ennemis.

Le métro ultra rapide, les égouts bien sombres, le tuyau d'air, la fontaine vive, il y a de quoi faire entre ses pages. La couverture et la façon dont l'histoire est amenée pourrait facilement être une série animée sur une chaîne d'animation. Le langage est adapté à l'âge des futurs lecteurs et cette touche de folie qui ne quitte pas les pages donne un bon rythme facile à suivre. La preuve, j'ai dû ruser pour récupérer l'ouvrage et le lire en douce. Les petits lecteurs vont adorer découvrir les divers pays sous le regard des jeunes héros. Si cela peut leur donner envie de parcourir le monde, c'est un plus.

Samantha et Jeremy se chamaillent souvent. Frère et sœur s'aiment beaucoup, mais n'ont pas toujours les mêmes idées. Chacun a envie de suivre son instinct. Même si la colère peut les rendre méchant l'un envers l'autre, ils seront toujours prêts à sauver l'autre. Ils réagissent tel les enfants qu'ils sont et ne trouvent pas la solution miracle. Ils leur faut réfléchir longuement, chercher pour trouver LE détail qui va les amener à l'étape suivante. Un vrai parcours du combattant, une aventure digne des Indiana Jones miniatures.

En conclusion, une histoire un peu folle avec beaucoup de rebondissements. Les personnages bougent énormément comme tous les ados (et je sais de quoi je parle, vu que je travaille dans un collège, mdr). La recherche de l'oncle Paul devient une véritable aventure avec du danger. Vivement la suite !

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Par le biais du site simplement, j'ai eu la demande de l'auteur de venir découvrir sa plume. J'ai juste vu polar et un résumé plus que succinct qui ne me donnait pas vraiment d'idée. Pourtant comme je suis une grande curieuse, j'ai accepté avec grand plaisir et je ne le regrette pas. D'ailleurs je le remercie pour cette proposition !

La plume de l'auteur n'est pas habituelle des plumes que j'ai déjà pu lire. Les mots découlent librement tout en laissant les métaphores prendre le pas. Le roman est court certes, mais très bien amené, même si la première page m'a plongée étrangement dans un monde que je ne connaissais pas. Il suffit de peu pour entrer dans une nouvelle écriture. Celle-ci est fluide, légère et brodée dans le bon sens du terme par de jolies phrases. Elles ne sont pas pompeuses ni incompréhensibles, elles sont justes et amusantes en un sens. L'écriture est presque poétique, il a son style bien à lui et cela me plaît énormément !

Pourtant dès le départ nous arrivons déjà en terrain miné. Rosa est enceinte. Son compagnon, Julien la quitte pour son frère. Alors qu'il est sur sa moto, sur la route pour Paris, il a un accident terrible et décède. Quelques temps après, Rosa appelle son frère et décide de le rejoindre, elle a besoin de se retrouver, de recommencer à vivre après cette tragédie. Ce frère, Driss Sebastian (tiens, comme l'auteur...) habite la capitale depuis ses 17 ans. Il était parti du Poitou sous un coup de tête et a tenté sa chance. Si les débuts ont été difficile pour lui, il a su trouver des amis, des collègues de travail et potentiellement un petit ami, Pierre. Malgré tout cela, Driss se pose de nombreuses questions sur son homosexualité sans compter des cauchemars qui lui tombent dessus dès qu'une de ses amies est retrouvée morte chez elle.

Il y avait forcément un crime, sinon cela ne serait pas drôle. Julie est décédée des mains d'un personnage qui se fait appeler "Le Protecteur". Un homme ou une femme qui a décidé de protéger ? Qui ? C'est un peu la question que nous pouvons nous poser, qui veut-il protéger ? Lui-même ou quelqu'un d'autre ? Et si ce n'était qu'un détraqué après tout ? Toujours est-il que ce fameux protecteur a laissé un gentil mot à Pierre bien avant que l'on ne retrouve le premier corps. Car oui, il ne s'agit plus d'un meurtre que nous allons tenter d'élucider, mais d'un véritable cauchemar ambulant. Des personnages sont tués, pourquoi ? Driss serait-il le prochain sur la liste à moins qu'il ne soit lui-même le tueur ? Cette dernière possibilité est trop facile, pourtant depuis qu'il a ses cauchemars son caractère est quelque peu changeant. Rien de très probant, c'est plutôt léger. Tant de questions sans réponses, cela donnerait la migraine.

L'enquête menée par Arno, un autre ami de la famille comprend très peu d'indices. Les corps ont tous le même type de preuves, mais impossible de trouver un point commun autre que Driss. Les agressions écrites sont des indices qu'il ne faut pas négliger. Les menaces sont donc bien réelles. Quelqu'un rôde autour de tout ce petit monde, bien décidé à exterminer les uns après les autres les personnages. Nous avons beau nous creuser les méninges, impossible de savoir qui est derrière tout cela, jusqu'à ce qu'un mot d'Arno me titille l'oreille. Et si... Et si... Oh bon sang, si c'est cela, je me suis posée la question et des "non, cela ne serait pas possible" se sont échappées de ma bouche. À ce moment précis, j'ai su qui était derrière tout cela et le pourquoi commençais à faire son œuvre même si cela pouvait sembler totalement dingue. Nous ne connaissons pas les gens tant que nous ne vivons pas avec.

Nous avons donc un jeune homme qui semble persécuté. Pourtant il n'a pas mérité cela. L'enquête l'entraîne dans des couloirs sombres qui pourraient rendre dingue n'importe qui. L'intrigue est menée en s'attaquant sur plusieurs fronts. S'il y a bien la signature du protecteur qui s'amuse comme un petit fou à les rendre tous chèvres, il manque cruellement d'éléments pour le trouver. Car il s'agit d'arrêter un tueur sadique et précautionneux. L'auteur nous entraîne dans une histoire où la psychologie de Driss, même si elle n'est pas très poussée, nous montre son sentiment d'insécurité et de culpabilité. Qu'il soit coupable ou non, il se sent mal. Il a perdu des amis, tente d'aider la mère de la première et se retrouve en prison. Un simple détail qui a toutes son importance par la suite. Le crime était presque parfait, car tout coupable est retrouvé à temps ou non.

Concernant les autres personnages nous les côtoyons assez légèrement. Nous n'entrons pas dans leur vie plus que cela, mais cela ne m'a pas vraiment manqué, ce qui est assez étrange, car habituellement j'aime toujours en savoir plus. Nous avons le strict minimum nécessaire, juste assez pour avancer dans l'enquête pour placer tout le monde autour de Driss et de sa sœur Rosa. Arno est un flic qui a du mal avec cette enquête, parce que cela l'approche d'un peu trop près. Quant à Pierre, il semble amoureux de Driss, à moins que ce ne soit qu'une passade ? Je me suis focalisée sur ce personnage principal qui nous ouvre grand les portes de chez lui et de son âme. cette âme qui est torturée durant l'enquête.

Le protecteur est doué dans les mots, dans ces crimes, dans sa manière d'aborder les corps. Le sadisme est à son comble, sans que nous suivons ses méfaits. Nous les constatons du même regard que les policiers, ou de n'importe quel autre personnage. Ce protecteur a bien préparé son chef d’œuvre, car c'est de cela qu'il s'agit. Une maitrise de ses gestes, de son caractère, une attente longue pour obtenir ce qu'il désire. Ce personnage se comporte comme monsieur (ou madame) tout le monde en permanence. Le protecteur est capable de se transformer en caméléon d'où la difficulté de mettre la main dessus. Il n'y a pas de scènes gores, ni même de penchants malsain, l'auteur a su créer une atmosphère sans mettre du sang partout, pourtant il doit y en avoir !

Le récit s'annonce empli de suspense et de rebondissements. Plusieurs crimes qui se succèdent sans que la police n'arrive à coincer celui qui est derrière tout cela. Nous suivons Driss dans sa vie active, avec ses doutes, ses espoirs, ses envies et puis il lui arrive ce qu'il arrive. La perte d'un être aimé peut changer à tout jamais une vie. C'est un personnage auquel nous nous attachons facilement. Il s'est battu pour obtenir ce qu'il désirait dans la vie et en profite tranquillement. La culpabilité humaine fait partie intégrante de l'humain. Il est difficile de passer outre surtout lorsque c'est si proche de soi. Lorsque nous arrivons au final, je l'ai trouvé un peu trop rapide à mon gout. La clé de ces crimes est avancé par un personnage qui aurait pu être exploité un peu plus tôt, même s'il apparait juste avant le final. Par contre j'ai été très surprise de voir ce protagoniste et ce qu'il donne comme explication ne peut pas nous laisser de marbre. Sans le vouloir ce personnage a été tel un voyeur caché dans l'ombre, découvrant ce qui se passait avant même le début de l'histoire.

Polar, policier, l'enquête nous entraine dans le côté le plus sombre de l'humain. Ce final n'est pas forcément sous forme d'une explosion, mais il a le mérite de remettre les choses au clair et de montrer que le plus sombre est capable de s'éclaircir jusqu'à laisser apparaître une lueur d'espoir.

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Cela fait un moment que j'ai reçu ce livre par le biais de Southeast Jones. Je le remercie ainsi que la maison d'édition Séma. J'aime beaucoup la couverture, même si une fois la lecture terminé j'ai trouvé que le personnage masculin faisait plus vieux sur la couverture par rapport au texte, mais en même temps, il se trouve que je dirais que la logique est dedans. Ne cherchez pas le confinement me rend encore plus folle que d'habitude.

Être un chercheur du temps, c'est quoi ? Courir après les minutes qui se perdent (OKay, en ce moment il n'y en a pas beaucoup qui s'enfuient vite, mais passons) ? Chercher une aiguille dans une montre récalcitrante ? Deviner ce qui se passe derrière une horloge ? Plonger au cœur de la minuterie ? Chercher le temps... En fait, rien de bien compliqué pour nos deux voyageurs. Le professeur Fertennant est en recherche constante d'un ou d'une assistante afin de les aider à avancer dans leurs projets, mais également à parcourir le monde. Ce n'est pas le où mais le quand qui importe. Quand allons-nous voyager ? L'époque peut être décisive en fonction de la demande. Il ne s'agit pas de courir après le temps, l'horloge biologique n'est pas pris en ligne de compte. Il s'agit de rencontrer ou de voir celui ou celle que l'on désire, pour en apprendre plus sur sa vraie vie. Pour une fan du Doctor Who, rien de plus simple que de faire une "légère" comparaison avec lui. Un homme venant d'ailleurs qui parcourt le monde afin de comprendre certains éléments pour faire très court. Un tardis, un ou une assistante et le Doctor et les voila qui partent dans un autre monde, une autre époque. Ici point de tardis à l'horizon, mais plutôt des souliers rouges (comme ceux de Dorothy ?) pour changer d'époque.

Le dernier assistant en date semble avoir fait la bourde de trop. Clarence Fertennant le pousse vers la sortie gentiment une fois revenu du Caire, en juin 1886. La découverte semble avoir bouleversé Clarence. Il se pose de nombreuses questions et nous aussi d'ailleurs. C'est quoi ce délire ? (Non, non, non, il faut lire le livre pour savoir le début, déjà !) Bref, Clarence cherche un nouvel assistant et tombe sur Roxane Marty, une rousse pulpeuse, petite par la taille, grande par le cœur. Une vraie pépite de joie à l'état pur. Il l'a déjà vu dans la bibliothèque où elle travaille et prépare sa thèse. Etudiante en Lettres modernes il a déjà pu la voir à l’œuvre et aime ce qu'il voit. L'histoire la passionne, bien que sa thèse soit sur Edgar Allan Poe, mais quoi de plus beau que de pouvoir la terminer en ayant réussi à le rencontrer ?

Clarence la prend sous son aile, bien qu'il aimerait la voir autrement que son élève, mais passons. Clarence est un homme qui a vécu plusieurs vies, c'est ainsi que je le vois, que je le ressens et la façon dont l'auteur nous le présente. La curiosité est bonne si elle est contrôlée. Vivre à plusieurs époques est très intéressant pour nos deux chercheurs. Ils vont apprendre et découvrir une autre façon de vivre. Les époques changent et leurs sentiments aussi, mais ce n'est qu'un détail dans l'histoire. La tendresse entre eux est indéniable, pourtant depuis le début du récit, il y a une mélancolie qui ne cesse de grandir lentement, mais sûrement. Peut-être est-ce le choix des mots ou tout simplement parce que l'on pressent la fin ? Une fin qui est à la fois triste et épanouie. C'est difficile de trouver les bons mots, car nous ressentons forcément une petite pointe de tristesse pour ce qui se produit et en même temps une petite lueur d'espoir dans cette autre vie qui s'ouvre à l'un des personnages.

Le professeur a déjà vécu de nombreuses "aventures", il sait ce qui est bon ou non au fil du temps. Au gré de ses bonds dans l'histoire, il a rédigé un contrat de ce qu'il faut faire et ne pas faire. Les divers épisodes se suivent sans se ressembler. C'est telles plusieurs histoires en une. Les aventures changent de lieu, d'années, de personnages. Edgar Allan Poe bien entendu, mais également Viviane en Brocéliande, Jane Austen en Angleterre, Molière et sa muse si particulière, Sarah Bernard... Cette dernière j'avais eu la chance, non pas de lui parler, ce qui aurait posé un problème de décalage temporel mais de visiter le musée qui se situe sur l'ile de Belle-Île située proche des côtes du morbihan, en Bretagne, avec ce qu'elle a fait de sa vie. Un sacrée bout de femme qui vivant en dehors du temps. Peut-être est-ce qu'elle a réellement eu cette chance, qui sait ?

Roxane est une étudiante brillante, qui pose de bonnes questions et agit selon son instinct, provoquant quelques remous sans grande importance, jusqu'à ce fameux soir où elle va revenir quelques années en arrière, seule. C'est après cette "visite" qu'elle va comprendre énormément de choses sur elle-même et le voyage dans le temps d'une manière générale, même si elle avait déjà de bonnes notions. Le bien, le mal, dans leur cadre il est difficile de déterminer avec certitudes ce qui fait que l'on peut passer de l'autre côté de la barrière ou non. Elle et Lui. Deux caractères opposés, lui si posé et elle si vive. Pourtant il en était autrement au début de ses voyages, autant le dire, il y a des siècles. Clarence est un homme mystérieux, une belle âme et des décisions qui ne lui facilitent pas la tâche.

Tout pourrait aller pour le mieux, s'il n'y avait pas des libellules bleues, des papillons noirs les fameux papillons de l'oubli, ces petites choses qui passent et nous prédisent qu'il va se passer quelque chose. Comme une ancienne amante qui revient sur ses pas pour obtenir une vengeance, pour se sentir mieux ? Le temps ne fait pas tout dans une déception, le temps n'atténue pas forcément les plaies béantes. Clarence est un homme qui a aimé les femmes et les aime toujours, mais l'une de ses histoires va lui revenir en plein voyage. Ce n'est pas un secret de polichinelle, c'est cette rencontre qui nous fait nous sentir petit devant l'immensité d'une douleur. Certaines choses devraient rester loin de tout, perdu au fin fond d'une grotte serait pas mal également. Loin de la civilisations, des premiers mots, peut-être. Un petit tour de chaussures, un brin de fantaisie et beaucoup d'émotions en perspectives.

Les épisodes sont courts accélérant les divers voyages. Peut-être est-ce pour cela qu'il y a des détails temporels qui sont quelques peu différent du titre de l'épisode ? La vision a peut-être un léger problème, car Baudelaire a dû perdre de nombreux centimètres pour se retrouver le nez dans la poitrine de notre petite Roxane. Cela n'enlève pas le charme de la rencontre, nous imaginons sans peine les joues rougies de notre étudiante, discutant avec un tel homme que lui ! Je regrette juste que les épisodes soient si courts. J'aurai aimé en découvrir d'avantage, l'auteur touche à peine du doigt les rencontres, les avantages et les inconvénients pour les faire revenir aussi vite. Après la fin du livre, nous avons le pourquoi ces épisodes sont ainsi et je peux le comprendre, cela ne m'enlève pas cette envie de plus.

Une belle histoire temporelle qui nous invite aux voyages d'époque. La mélancolie ne m'a pas quitté tout du long du récit, comme en attente de cette fin. Elle n'est pas abrupte, elle est ce qu'elle est, avec la possibilité d'oublier, de ne garder que la beauté et l'espoir. Le choc des époques n'est pas si grand, le langage par contre... C'est ce qui m'a mis la puce à l'oreille. Clarence est plus vieux que Roxane, une manière de s'exprimer plus juste, plus mesurée aussi, presque aristocratique. La jeunesse face à (non pas la vieillesse tout de même) mais à la maturité de celui qui sait ce qui c'est déjà passé. L'avenir reste incertain, pourtant Clarence ne compte pas y aller, il se garde les surprises. Sa vie ne semble pas de tout repos, ses nombreuses vies. Les explications de certains phénomènes restent dans une logique à faire peur. Les passés de l'un et de l'autre sont sombres, pas besoin d'avoir de détails, nous sommes capables de découvrir ce qui leur est arrivés à une période de leur vie. Ces événements qui les ont amenés à ces choix, à se rencontrer, à vivre pleinement cette aventure.

Peut-être que l'amour en fin de compte est le seul sentiment qui peut survivre au temps, qui sait ?

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date : 12-04
Par le biais du site simplement j'ai eu la chance de découvrir cette maison d'édition ainsi que cet auteur. La couverture m'avait intriguée et le résumé très tentant, c'est pourquoi j'ai fait la demande il y a un petit moment pour le lire. Je les remercie pour l'envoi de ce service presse.

Le livre est souvent écrit de la vision de Léna, la spécialiste en criminologie et quelques paragraphes à la troisième personne. Léna et Lara sont sœurs, jumelles. Liées, connectées, elles vont devoir travailler de concert sur une enquête de disparition d'un homme à Châtre, une petite ville de l'Indre. Lara est promue depuis peu en tant que commandant de la Brigade criminelle de Bourges, tandis que Léna a un cabinet à Poitiers. Cette disparition intrigue tout le monde et c'est tout naturellement que Lara a demandé à sa sœur de venir la rejoindre en tant que consultante. Les premiers jours, les deux soeurs rament un max pour avancer dans l'enquête. Rien ne semble aller, personne ne sait où il est passé. Et puis une autre disparition d'un autre homme, un de ses "amis" apparemment. Et une autre, jusqu'à ce qu'un corps est retrouvé dans un parc, à l'heure où des gamins traînent pour aller à l'école. Et justement, ce sont des adolescents qui ont vus ce qui restait du corps. Il semble entier, mais a été découpé en morceaux.

L'enquête n'est pas totalement au point mort du départ, il y a des choses étranges qui apparaissent sans vraiment savoir d'où elles viennent. Des jumelles dans une enquête, cela change dans le sens où elles sont liées. Du départ l'auteur nous donne déjà de petits détails sur leur fonctionnement lorsqu'elles étaient plus jeunes. La distance qu'elles ont dû mettre entre elles pour le travail n'est pas un frein. Elles arrivent toujours à se débrouiller pour se voir et partir en vacances. Le livre est à la fois sur la recherche de ses hommes, s'ils sont toujours en vie, on sait déjà qu'il y en a un qui y passe de façon confinés, et le lien entre elles qui les fait avancer sur le même chemin. J'ai déjà pu constater ce phénomène du lien fort entre des jumeaux, une de mes amies a deux frères qui sont jumeaux. L'un des deux est un peu plus "libre" que l'autre dans le sens où il a besoin de voir son frère, cela le dérange un peu quand il ne peut pas, mais ce n'est pas très grave, tandis que l'autre est carrément malade s'il ne peut pas être avec lui. Lorsque l'un des deux a dû partir pour un autre pays pour son travail durant des mois, nous avons pu voir cet effet s'accentuer.

Revenons-en à l'enquête. Un homme, puis deux, puis trois... un tueur en série ? Pourquoi ? Quel est le lien entre eux ? Ils sont "amis" et auraient travaillés ensemble dans un asile psychiatrique, fermé depuis bien des années. Et c'est tout ce que vous saurez sur l'histoire, car même juste avec ça, je n'ai rien dis. Il y a tellement de points à débusquer, à trouver, à comprendre. L'histoire est sombre dans tous les sens du terme. Les meurtres déjà d'une manière générale ne sont pas très joyeux. Ensuite il y a cette sombre affaire de disparitions plus poussée. Enfin il y a Lara et Léna et leur passé respectif qui se dévoile peu à peu. Les cauchemars, une mémoire qui reprend du service, une mère complètement fêlée, il n'y a pas d'autre mot pour elle.

je vais parler d'elle maintenant même si je sais que je ne vais pas l'oublier de sitôt. Je ne la comprends pas. Une mère est sensée aimer tous ses enfants, en prendre soin, les aider à grandir pour être le meilleur qui soit. Elle est capable de mentir sans tourner le regard, capable de se créer une vie différente pour oublier. Comment peut-on oublier ce qui s'est produit ? Contrairement à son mari, cet homme, un psy également n'a pas oublié mais à tout fait pour que les filles ne sentent au mieux. Leur vrai père est mort il y a longtemps, pourtant il y a des moments où Léna doute. La relation parents-enfants est complexe dans le sens où des éléments sont cachés. Tout cela pour un vrai bonheur ou juste un bonheur éphémère ?

Les personnages de Léna et Lara sont bien distincts. Elles ont chacune leur caractère. Léna est plus froide que Lara par contre elle a beaucoup de mal avec un cadavre (en même temps, qui n'en aurait pas !) et la morgue. Et ce qui m'a mis la puce à l'oreille c'est le changement de caractère de Lara a un moment donné de l'histoire. Un laissez-aller trop grand qui m'a chiffonné. L'enquête lui porte vraiment sur les nerfs, tout comme la fin. Là par contre je l'avais vu venir (j'ai adoré regardé Profilage donc j'avais déjà de la matière). C'est bien fait, tout comme l'écriture sauf pour les fringues, les personnages avaient les mêmes ? J'ai eu un peu peur au début, avec les explications directes sur l'enfance des soeurs et puis je me suis prise à chercher et comprendre ce qui se passe. D'autres personnages gravitent autour d'elles. Il y a d'abord les parents, dont j'en ai déjà parlé au-dessus, puis le lieutenant Fabien Perrault qui vient d'enterrer ses parents, le lieutenant Nicolas Trovinsky, David le garde-champêtre, les deux urbexeurs, Von Hoffen médecin de son état.

Pas de panique pour ceux qui ne connaissaient pas ce que cela signifie, l'auteur explique bien ce terme. D'ailleurs il y a une recherche au niveau de la psychologie qui est très intéressante. La triade noire, je me suis demandée ce que c'était et une fois le livre refermé je me sens moins bête. Pas plus intelligente, mais au moins je sais ce que cela signifie en terme de psychologie. Car tout est là, sous notre nez depuis quasiment le début du livre. Ce qui se passe dans l'esprit humain est complexe et ici l'auteur nous en parle sans en faire étalage. Si on regarde bien la couverture, nous apercevons 2 femmes et derrière elles un masque blanc, avec une larme. Ce masque blanc est très important pour cette enquête, il recèle de nombreux secrets qui font froid dans le dos. Ce livre peut être terminé de cette manière, mais je vois bien une suite, surtout qu'il y a des miettes de pain déposées ici et là qu'il serait possible d'avoir une suite. Le seul point qui me chiffonne est la relation de Léna avec un des personnages. Elle est posée là, un peu comme si l'auteur l'avait oublié par moment, c'est dommage, dans le sens où je n'ai pas vu l’intérêt de ce détail. Oups, j'allais oublier cette petite fille, un souvenir ou un "fantôme" ?

En conclusion, un roman court mais intense. Ce roman recèle de nombreux secrets et une profonde réflexion. Nous avons encore de quoi découvrir l'esprit humain. Merci pour les explications et s'il y a un jour une suite, je suis preneuse !

http://chroniqueslivresques.eklablog.com/la-triade-noire-ashe-costa-a184555586
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Je l'attendais ce tome, depuis que l'auteur m'avait prévenu que c'était dans le dossier 5 que nous en saurions plus sur Virginie. Et maintenant que le livre est refermé je ne peux dire qu'une chose : c'était quitte ou double ! Merci à l'auteur pour m'avoir fait confiance une fois de plus, pour moi, c'est du double sans problème. Je continuerais avec plaisir cette série et pourtant je n'aime pas quand il y a trop de livres.

Alors que Marc et Virginie sont au restaurant, une phrase dite par un homme de passage va la replonger dans un passé lointain, très lointain. Il y a de cela 17 ans, quelque chose lui est arrivé. Son esprit l'avait bloqué, sa mémoire lui cachait les actes dont elle a fait l'objet. Un accent, une voix, des mots et la voila qui ne se sent pas bien. Toutes les images lui reviennent d'un coup sans qu'elle n'arrive à y faire face.

L'auteur reste dans le même ton, assez froid, pas trop de détails dans l'écriture, juste le strict minimum. Il n'y a pas de fioritures, l'essentiel est là. Si le premier dossier donne une impression d'étrange, nous nous habituons très vite à son style pour se dire que nous sommes contents qu'il y en ai un derrière qui nous attend encore. Ici cela arrange énormément de ne pas avoir trop de détails. L'auteur nous laisse notre imagination faire le travail et cela suffit amplement pour faire la part des choses. Il y a 17 ans, Virginie a disparue durant 5 jours et le peu que nous avons suffit à combler les trous. Par chance, elle est en vie.

Son histoire est tragique et nous nous en doutions lourdement depuis quelques temps. Une histoire qui n'est pas uniquement focalisée sur elle et ça, c'est le plus glauque. Ses souvenirs vont lui montrer ceux qui sont dans le coup. Avec les détails qui lui reviennent en pleine figure, c'est comme si elle venait de le vivre. Son esprit avait fait le tri de manière à ce qu'elle se protège. Nous ne pouvons que mieux comprendre le pourquoi elle ne voit personne. Le traumatisme était trop grand et son corps sait se défendre. Le fait que Marc soit aveugle est également un bon point pour une chose : ce qu'elle annonce signifie que sa peau a souffert par endroit. (et comme elle prend des bains avec Marc à ses côtés pour parler de chose et d'autre en tout bien tout honneur, forcément il ne peut pas savoir).

L'enquête est difficile, pour tout le monde. Trouver les coupables ne sera pas chose facile et ouvrir officiellement une enquête de ce type sans preuves matérielles est illusoire. Pourtant Marc (toujours avocat même si je ne l'ai pas écrit) ne va pas s'arrêter là. Benoït est toujours fidèle au poste, ce policier est un ami fidèle également de ces deux-là et si on a touché a Virginie, il n'aime pas du tout. Entre les relations du premier et les collègues de boulot du second, des filatures, des coups de fil, des recherches qui vont les mener à des lieux lointains, perdus sans réelles possibilités de connaître l'endroit précisément.

Marc l'avocat aveugle, Virginie ses yeux, Benoît le bras armé, cela aurait pu être le début d'une bonne blague si nous n'étions pas dans un policier sombre. Comme dis précédemment, l'enquête est difficile, nous sommes sur les nerfs car nous avons appris a connaître la jeune femme et à l'apprécier. Ce qui se passe pour elle, ses émotions, ses actes, sa façon de gérer reste dans le domaine du réalisme. Elle doit digérer ces visions, digérer le fait que peut-être les coupables vont s'en sortir, digérer le fait qu'ils sont doués et ont des avocats qui ont la dent plus que dure. Marc est doué en affaire, mais là il pourrait peut-être se faire écraser comme un vulgaire insecte. Plus nous avançons dans le récit et plus je n'avais qu'une envie : tous les tuer ! C'est comme avec les enfants, une personne les touche, j'ai cette rage en moi qui jaillit de nulle part, prête à tuer tous ceux qui sont dans cette histoire, comme dans ce dossier numéro 5.

Les coupables sont approchés de manière particulière, différente que dans le cadre d'une enquête ouverte par le parquet. Il leur faut des preuves et ne pas les créer bien entendu. La justice rendra-t-elle son verdict comme il le faut ? Est-ce qu'un juge est capable de donner son mot de fin sur des personnages aussi sombre, aussi pervers, aussi noirs ? C'est difficile, comme la façon de visualiser ce dossier. comme je l'ai dis, la chance est que l'auteur nous laisse juge de ce qui a pu se produire. Nous voyons Virginie différemment à un moment donné. Les années n'ont fait que lui cacher ces affreux souvenirs. Lorsqu'elle déballe à demi-mots son calvaire, ses émotions ressortent : dégout, haine, tristesse, la vengeance en ressort tel un fil conducteur.

Je ne peux que comprendre la fin. Le jugement est posé, il n'y a plus aucune échappatoire possible. Je ne peux en dire plus car cela serait donner ce qui se produit. J'aurai réagi de la même manière et je me dis que si j'avais des amis pareils, je ne les laisserais pas s'échapper. Ce dossier montre également que l'amitié est bien plus forte que n'importe quel sentiment. C'est pure, il n'y a aucune attente derrière un mot ou un geste, c'est une offre qui a été faite sans attente de retour. Beaucoup d'émotions transparaissent au travers des mots, l'auteur n'en est pas avare. Je me doute que certains n'auront pas forcément les mêmes idées que moi concernant ce final, mais il est abouti. Comme pour tous les autres dossier, celui-ci peut être lu indépendamment des autres.Le plus dur dans cette histoire c'est que nous ne savons pas tout, jusqu'au point final. Et le dernier moment est encore plus surprenant que les autres.

En conclusion, un dossier qui se termine sur une note d'espoir. L'enquête a été dure psychologiquement pour les personnages. Marc, Benoit et Virginie ont eu une histoire qui les a lié encore plus qu'ils ne l'étaient. Leur amitié est forte et se resserre un peu plus. Le passé va enfin pouvoir se refermer pour Virginie et peut-être qu'elle arrivera à avancer d'une manière différente et réussir à aider Marc d'une autre façon !

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Je me décide enfin à terminer certaines séries à moi. J'ai décidé de débuter avec Cat et Bones, une série que j'ai beaucoup apprécié. Ma hantise c'est de me dire que une fois le livre refermé, je n'aurais plus d'aventures avec ces deux-là. Ce n'est pas tout à fait le cas, car cela m'a rappelé qu'il y a la série avec Vlad que je n'ai pas terminé, donc je les verrai surement encore un petit peu.

C'est le dernier tome, mais peut-être qu'un jour il y aura une suite, car les derniers mots nous laissent avec une hypothétique suite. Il se termine bel et bien, il n'y a que l'aventure qui pourrait partir sur un autre personnage, mais passons. Les vacances c'est bien, mais pour Cat et Bones cela signifie surtout qu'ils sont bien peinards dans leur coin. Jusqu'à ce que Don, l'Oncle de Cat refasse surface et annonce une potentielle guerre entre toutes les créatures autres que humaines. Bien que ces dernières risquent de subir ce qu'on pourrait appeler une éradication. L'agence pour laquelle Cat a travaillé est toujours ouverte, pas de spoiler ici. Il y a toujours un vilain à sa tête, mais ce dernier semble totalement obsédée par Cat. Ce n'est pas la femme qu'il convoite, mais plutôt son patrimoine génétique. 4 amis de notre couple ont disparu. Enlevés, tués, ils sont aux abonnés absents depuis des semaines. Les rechercher va plonger Cat et Bones dans une horreur sans nom et pourtant elle en a vu des choses.

Les choses ne changent pas pour notre couple. Ils ont vu, connu et faits de nombreuses choses dont ils ne sont pas toujours fiers, mais là cela dépasse complètement ce dont ils sont capables. Créer des monstres est une nouvelle manière de passer le temps. L'ancienne équipe de Cat est quelque part, un monstre la veut elle, mais qui tire les ficelles ? Car cet homme ne peut pas avoir toutes les cartes en main. Il lui faut de l'argent pour toutes les installations dont il a la charge. L'esprit fou il l'a, mais quelqu'un est forcément derrière tout cela. Qui veut que les goules, les vampires et autres créatures se fassent la guerre jusqu'à ce que mort s'ensuive ? Le personnage qui est derrière est bien caché, bien placé aussi. Il ne suffit pas d'avoir le pognon, il faut aussi les reins solides et je peux vous assurer que lui, il a ce qu'il faut !

J'ai adoré retrouver Cat, Bones aussi, et Ian, un peu de Vlad, Mencheres, Tate, Denise, Charles et une nouvelle Katie. Ian ne change pas, il a toujours ce petit côté craquant énervant, amusant la galerie et jouant de ses charmes. Denise a une part plus importante dans les enjeux et Charles qui ne le voit pas d'un bon oeil, comme à chaque fois. Mencheres toujours aussi bavard, mdr, et puissant. Vlad ne change pas de ce que je me souvenais, tranchant comme une lame dans ses mots. Bones est un peu plus puissant. Quant à Cat, elle et son mari sont toujours aussi accro l'un à l'autre, mais l'auteur a réussi à ne pas les faire se sauter dessus à tout bout de champs, ni à coucher n'importe quand. C'était une partie que j'avais du mal à un moment donné. Je n'ai pas parlé de Katie, il faut la découvrir et bien que l'on se doute de comment elle est arrivée là, c'est plutôt bien ficelée comme histoire, si on peut dire, surtout lorsqu'il s'agit d'expériences scientifiques d'un fou furieux.

L'action ne manque pas, le temps de pause est rare, sauf le passage avec Vlad qui est un petit clin d’œil à sa série. Il faut se creuser les méninges pour arriver à tout. Marie est un personnage récurrent qui ne manque pas de puissance, une fois de plus, mais les compromis peuvent exister, si on met assez dans la balance. Oh bien entendu il n'y a pas de tout beau tout rose, ce n'est pas possible avec ce qu'on pourrait appeler une déesse des morts, mais il faut bien reconnaître qu'elle fait toujours froid dans le dos. En même temps, les fantômes, la mort, le contrôle, tout ça, tout ça quoi. La vie paisible de ses vacances semble bien loin dès qu'ils vont devoir se battre pour que le monde ne se déchire pas. Il y a pas mal de non-dits qui fait hérisser les poils. J'ai bien cru que j'allais tuer définitivement Bones. Le chacal, lorsqu'il s'y met, il est capable du pire, comme du pire !!!!! J'ai eu un saut au cœur en arrivant au passage près du lac. Non mais ce n'est pas possible d'être aussi con ! En tout cas, cela a super bien fonctionné, j'y ai cru sans aucun problème.

J'ai parlé de Denise, qui a un tome à elle d'ailleurs en spin-off que j'ai déjà lu depuis longtemps. Elle est aussi fêlée que Cat quand il s'agit d'aider ceux qu'elle aime. Elle a une capacité surprenante à être dans la peau de l'autre qui est géniale. Elle parle peu, mais agit énormément même si elle n'est pas sure de pouvoir s'en sortir. Son couple avec Charles est à la fois adorable et fou. Ils sont tous les deux des amis de Cat et Bones et aussi amoureux que ces derniers. Possessif est le mot d'ordre pour ces quatre amis. Il leur est difficile de voir leur conjoint en mauvaise position et encore sans qu'il ne le sache. Je n'ose imaginer le temps qu'il faudra à Charles pour comme qui dirait oublier une fâcheuse situation qui en a mis plus d'un en état de "mort". Et puis il y a les gardiens, ceux-là j'avoue que j'avais oublié qui ils étaient, mais cela revient très vite.

Ce dernier tome regorge donc d'actions, d'humour, de réflexion et d'émotions. Nous avons peur par moment, nous sautons de joie à d'autre et la vengeance est un plat qui se mange froid ! Des passages sont courus d'avance, nous nous doutons comment cela va se terminer, mais, MAIIIIIIIS, comment vont-ils faire ? C'est ça le plus important. Il y a une sacrée tension dans le récit et les ennemis vont être nombreux, plus qu'on ne peut le croire. Je suis déçue de les quitter dans cette série, mais je suis très enthousiaste de l'avoir malgré tout terminé. Ils sont enfin hors de la tombe pour un bon moment :)

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Merci à Fleur Hana pour sa nouvelle sortie. J'avais eu l'occasion de découvrir sa plume sous différents thèmes et je dois admettre que je la préfère dans le fantastique. Je crois que R.O.S.E. a été mon préféré à ce jour. Une sublime couverture (j'adore ce tatouage !!!!), les couleurs m'ont énormément plu et le fait de ne pas avoir le visage est très sympa, nous pouvons imaginer notre héroïne.

Enfin Héroïne ? C'est tout de même un démon, une ramasseuse d'âme pour le compte de Lucifer. Ceux qui vivent en dessous, dans des palais et des villes comme les nôtres, sauf que c'est sous terre, qu'ils ont des pouvoirs terribles et une immortalité qui ne plaît pas à tout le monde. D'ailleurs, je pose les pieds dans le plat, mais Dieu a clamsé... Qui ? Quoi ? Où ? Comment ? Suicide ou petite aide ? Et puis ils sont sensés être immortels donc, c'est quoi le délire ? Ouf, c'est sorti et puis au fil de l'écriture, nous avons des indices. Des petits nuages semés un peu partout qui nous montre la voie. De la liberté ? Alors ça, c'est encore une autre histoire. Elizabeth, appelez-là Eliza sinon vous risquer de ne pas vous rendre compte que vous êtes bel et bien mort, a le droit et LE DEVOIR de former un nouveau. Un petit jeune dont on ne connaît rien qui lui est collé aux basques, pardon bottes pour devenir également un faucheur. Pif, paf, boum, un ange passe et ce n'est pas une expression, une âme à récupérer, un cadavre d'humain à laisser en l'état et des vilains pas beaux qui viennent mettre leur nez où il ne faut pas. enfin c'est surtout leurs dents, crocs et autres qui viennent bouffer ce qui reste du cadavre, sympathique !

Les ennuis ne sont plus très loin... Un semblant d'enquête pour ne pas dire que c'est ça où les fesses d'Eliza ne vont pas que griller en enfer. Du départ nous comprenons très bien qu'elle n'est pas en odeur de sainteté (ouh la boulette !) Elle a osé dire non à un démon puissant dès son arrivée, la vilaine. Comment pouvait-elle dire non je ne coucherais pas avec toi ? Forcément elle se fait déjà un ennemi et la rancoeur est tenace. Plus de 300 ans après, il lui en tient toujours rigueur. Sa main gauche ne devait plus fonctionner, ce n'est pas possible autrement. C'est que c'est vraiment irascible ces petites bêtes-là. Toujours est-il que Lulu l'a à la bonne, mais pour combien de temps ? Personne ne peut le savoir. Entre des âmes volées sous son nez, un apprenti qui est blessé lors d'un combat, un mentor qui disparait, des aberrations qui s'amusent avec les nerfs de chacun, je continue ? Nooooon, pas besoin, tout le monde a bien compris que notre chère Eliza est dans la merde !

C'est un personnage féminin qui est fort. Indépendante, adorant jouer avec ses armes et détestant les autres, quel qu'il soit. Humains, anges, démons et autres brouillons du même genre elle n'aime personne. Alors quand son jeunot rapplique et la suit comme son ombre pour savoir c'est quoi le boulot exactement. Oui, parce que cela a l'air simple comme ça, mais en fait non. Il y a plusieurs niveau pour récupérer une âme pour le roi de l'enfer. D'ailleurs ce dernier s'amuse à mettre en scène lorsqu'il en a envie, juste pour emmerder Eliza, sinon cela ne serait pas drôle. La hiérarchie est très bien expliquée et la façon de faire pour récupérer les âmes à la mort ou après également. Léandre, c'est le nouveau, a un humour bien particulier qui correspond à celui d'Eliza : humour pourri bonjour ! La blague la plus vaseuse sera pour... roulement de tambour : à vous de trouver parce que j'avoue qu'entre les deux c'est du donnant-donnant.

Les démons et les anges n'ont pas le droit de se faire la guerre, bah voyons. Impossible de se piquer une âme, c'est même pas drôle et encore moins de tuer Olive, enfin l'ange guerrière qui a failli être tué et sauvé par Eliza. Ouinnnnnn, ça aussi cela n'aurait pas dû, mais parfois ce n'est pas grave, si personne ne le sait. Sauf qu'il y a des yeux et des oreilles partout. Fleur nous offre de nombreux personnages avec des situations cocasses par moment, dures à d'autres. Nous ressentons bien les émotions, les sentiments de chacun des personnages pour les autres. Léandre apprend vite, s'amuse comme un fou et dédramatise un max les actions qui seraient plus explosives qu'elles ne le sont déjà, si c'était possible. À force les deux s'apprivoisent un minimum et arrivent même à trouver un terrain d'entente. Et puis il y a cet ange (non pas de sexe, ni d'amour entre Eliza et lui) mais Hadriel c'est un guerrier qui a tellement de "vengeance" en lui qu'il est difficile de comprendre pourquoi il est un ange et pas un déchu. Son histoire est très touchante. Et la racisme existe partout...

Le surnaturel est bien expliqué, peut-être un peu trop. Je pense surtout aux nombreuses descriptions des lieux. D'accord, les premières sont super importantes, et savoir que Lucifer s'amuse à modifier les plans, OK, par contre j'ai trouvé un peu trop de descriptions par la suite sur les bâtiments. Eliza, faucheuse devenue ambassadrice, là j'ai carrément rigolé, qui est derrière tout cela ? Non parce qu'une femme comme elle devenir ambassadrice ? C'est franchement une rigolade, pour nous, pas pour elle. Elle est aussi diplomate qu'une bombe prête à exploser, autant dire qu'elle va plomber certaines relations. Les métamorphes, des brouillons comme tant d'autres, des fées et autres créatures, font leur apparition, pour des crimes qu'ils n'ont pas commis. Je pourrais écrire une fois de plus qui est derrière tout cela, mais ce ne serait que me répéter.

Hadriel est un personnage attachant, tout comme Léandre, Olive, la Mort, Eliza bien sur, Peter, Marion nécromancienne, même Lucifer à sa manière. Tous sont différents et attachants à un niveau différent, mais on ne peut pas les mettre de côté. Bien que nous n'ayons pas le passé de tous, il y a forcément un petit truc qui les rend tels qu'ils sont. Probablement le fait que le texte est à la première personne et que nous plongeons directement dans le corps d'Eliza. Elle voit, elle agit, elle parle, c'est une femme qui s'en fiche des convenances, juste pour sauver sa tête. L'enquête va mener les deux camps à cohabiter de gré mais surtout de force pour dénouer tout ce qui se passe. L'histoire ne traîne pas en longueur, nous en apprenons toujours sur les personnages, les situations, les événements. Et cette fin... NONNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNN ou NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON, mais c'est quoi cette fin ! Sérieux je en dirais pas que je suis dégoutée, parce que c'est bien pire que cela. Le Cliffhanger de ouf !

Vous l'aurez compris, à part des détails, j'ai énormément aimé ce premier tome. Des personnages travaillés, de l'humour qui ne manque pas, de l'action comme il faut. J'ai hâte de découvrir la suite et de continuer à vivre les aventures avec ces personnages.

http://chroniqueslivresques.eklablog.com/eliza-knox-tome-1-veuillez-rendre-l-ame-fleur-hana-a184247370
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date : 28-03
Un grand merci à Vanessa (que j'adore et suis depuis quelques années déjà) et merci aux éditions Pygmalion pour cet envoi. Lorsque j'ai reçu le mail j'ai eu le sourire gigantesque. J'allais découvrir la nouvelle histoire de Vanessa et quelle histoire. Elle part de la légende de Mulan, pas celle de Disney, non la véritable.

Ah Mulan, l'un de mes dessins animés préférés. Une femme qui se déguise en homme, prend les armes pour défendre son pays, ses convictions. Une femme qui ose pointer du doigt les travers. Une guerrière qui n'a peur de rien, sauf de ses propres sentiments et qui a un dragon comme compagnons, petit le dragon, mais un dragon tout de même ! C'est un combat, romancé pour les besoins de Disney, mais c'est un dessin animé qui a montré beaucoup de courage, de puissance, d'affront et de respect. Ce personnage est fort, rapide, fluide, prêt à défendre la veuve et l'orphelin. Nous pouvons retrouver l'ensemble de ces thèmes et même un peu plus dans ce récit.

Donc forcément, nous nous doutons que le guerrier qui tient un bokken entre les mains est une guerrière, mais ce n'est pas dessus que l'on va s'attarder, sinon cela serait trop facile. Alors le bokken est un sabre de bois (j'en ai un qui me vient de mes cours d'aïkido) qui est fait essentiellement pour se défendre. Il a la forme d'un katana. Du départ nous suivons ce personnage qui entre dans une manifestation, tranquillement. Fouillé par les flics, il entre sans problème, continue son chemin pour récupérer tranquillement son bokken. Une fois en main, il se met en travers du chemin pour protéger les manifestants des attaques policières. Rien de plus, rien de moins. Il est présent à chaque fois que le combat semble inégal. Il devient un nouvel espoir pour les gens qui n'ont plus confiance en l'état. Un petit gout de déjà vu ? De déjà vécu ? Certes, mais qu'à cela ne tienne, il s'agit de la plume de Vanessa (quoi ? Je ne suis pas objective ? Peut-être, mais quand c'est bon, c'est bon !), un sujet "d'actualité", un conte revisité, une histoire prenante, pas d'autres mots possibles. Sans oublier un bon thé à déguster durant cette lecture.

Seul un homme serait-il capable de faire autant ? La société a besoin de recommencer à zéro : plus de respect envers soi-même, les autres, la nature. L'Homme avec le grand H veut se retrouver, abolir les privilèges, veut un monde plus juste. Nantes est le lieu où se passe ces événements. Être pacifique semble convenir à ce personnage au bokken, jusqu'à ce qu'un événement terrible se passe devant lui et le change, à jamais ?

Le livre se lit vite, trop vite. Pas parce qu'il est court, j'ai déjà eu des lectures pénibles avec moins de pages, non ici c'est comme si les pages étaient vivantes et vous entrainaient dans son monde. Nous suivons So Yun, appelée Sophie par moment qui se pose un bon nombre de questions. Elle veut changer les choses, déteste le futur ex prétendant que son père veut lui mettre dans les pattes, parce qu'il est beau, intelligent, parfait... Bref, c'est le type qui cache sa véritable nature sous un masque jovial, le petite coquin ! Bref So Yun en a assez de l'image de la femme au fourneau, elle veut vivre comme elle l'entend. Elle apporte un petite touche de fantastique, je dirais plutôt un soupçon de surnaturel qui passe très bien, car cela peut aller avec le fait des croyances de la jeune femme. Un peu de médium peut-être.

La rencontre de So Yun avec Sirin reste dans le domaine du possible. Cette dernière a crée un vlog sur cet homme qui est nommé comme le défenseur du peuple. Sirin va donc chercher à le croiser, jusqu'à le rencontrer. Un banal accident qui met les nerfs, reprend un fait réel sur un homme (attention, la scène est brute, directe, sans fioritures, cela peut heurter certaines personnes, mais promis, elle est courte) et donne des hauts le coeur. Ces deux femmes vont se découvrir. Le secret est dévoilé, mais cela ne semble pas poser de problèmes à So Yun. Au contraire, on ressent une forme de soulagement. Quant à Sirin, c'est une autre histoire, elle l'avait senti et ne compte pas dévoiler cet état de fait.

Entre les deux femmes il se passe quelque chose. C'est difficile à définir au premier abord. Et puis il y a la fameuse scène où les deux étaient témoins. Cela resserre des liens invisibles et peut créer un phénomène vu uniquement par l'une d'entre elles. Le côté humain est pris en compte à chaque instant. Que se soit lors d'une remise en question ou d'un combat, la réflexion est de mise, jusqu'au relâchement, jusqu'à la rage, la colère. Cette fureur qui va amener les personnages à des extrémités qu'ils n'auraient pas cru. Rien n'est simple dans ce récit, il s'agit d'un combat contre les autres, mais aussi envers soi-même. Si on se perd de vue, que nous reste-t-il ? Les affrontements sont douloureux et bien réels. Vanessa se met à la place de chacun des protagonistes, hommes, femmes, militaires, CRS, blessé. Elle nous donne leur réaction, un instant de vie pour chacun et ce qu'ils pensent sur ce qui se passe.

L'engagement de chacun est différent, mais c'est leur choix, pouvant amener à des événements qu'ils n'ont pas choisis. Les ordres pour certains peuvent paraître mauvais, pourtant ils ont été conditionné et vont les suivre, à contrecœur. Cela donne matière à réflexion. La plume est fluide, légère comme les gestes de So Yun. Le récit est à la fois prenant et surprenant. Une lueur d'espoir est apparut, il faut s'y accrocher car seul un homme ne pourrait pas aller jusqu'au bout, parfois il faut une aide extérieure, ou être tout simplement une femme.

Les personnages principaux sont forts. Sirin et So Yun aiment leur liberté et se battent pour la garder. Dans un monde qui n'est que révolte, elles vont faire la différence. Bien entendu pas d'un claquement de doigts, pas juste avec une sortie, non, c'est un mouvement qui va prendre de l'ampleur. Elles montrent le chemin à suivre, sans violence, même si à un moment donné l'une d'entre elle va se perdre en chemin. C'est une route qui n'est pas menée sans embûches, mais elle a le mérite de coller à la réalité, notre réalité. La violence engendre la violence. Le pardon que l'on demande n'est pas aussi fort que celui qu'on doit se donner.

En conclusion, l'auteur a su démontrer qu'une légende peut encore être vivante. Il suffit de peu pour être heureux (ouais je vais arrêter avec mes histoires à la noix, promis !). C'est une fois de plus une très belle découverte, je n'aurais pas imaginer qu'un conte revisité puisse donner un si beau et bon récit !

http://chroniqueslivresques.eklablog.com/seul-un-homme-vanessa-arraven-a184114960
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Par le biais du site Netgalley, j'ai eu la chance de pouvoir découvrir ce premier tome de la nouvelle trilogie de Anna Lyra. Je remercie les éditions Harlequin pour l'envoi. Sans le savoir, c'est un premier tome, car rien ne l'indique la couverture, mais je pense qu'il doit être possible de les lire indépendamment comme ses autres séries, ou pas. J'aime beaucoup la couverture, on sent la puissance et les Dieux derrière ce personnage.

Leif, premier fils d'Erik le Rouge prend la mer pour découvrir sa propre terre. Il est le premier né et se doit d'être celui qui diot découvrir un nouveau monde, de nouvelles terres pour y créer son propre clan. Alors que son équipage est déjà en pleine mer, une mauvaise surprise les attend : Erika, la future femme de Thorsteinn, frère de Leif, est à bord. Blessée et l'esprit quelque peu perdu car elle ose lui dire que quelqu'un sur son Knarr veut l'empêcher de retourner chez lui. Ce n'est qu'une femme qui a eu peur de ses fiançailles, voilà ce qui est lancé à bord. Oui, mais quelques incidents semblent venir sur la personne du styrimadr (en d'autres termes le capitaine du bateau) à plusieurs reprises. Et si ce qu'elle avait dit était la vérité ?

Les deux se connaissaient enfants. Elle les collait, lui et ses frères, adorant être dans leurs pattes. Un amour de jeunesse pour Erika envers Leif. Lui ne la voyait que comme une gamine détestable. Les années ont passées et si Erika pense le connaître parfaitement, il n'en ait rien. Elle est heureuse de se marier avec Thorsteinn, un mariage arrangé entre les deux familles depuis longtemps et rien, pas même ce béguin d'enfant ne saurait la faire changer d'avis. De toute manière elle n'est pas sur ce Knarr pour cela. Elle est venue donner un coup de main à remplir les cales et alors qu'elle a entendu deux personnes parler sur le sort de Leif, pouf, un coup sur la tête et la voila embarqué de force sans que personne ne le sache. Jusqu'à son réveil.

C'est une femme de Viking. Si au départ elle semble frêle et fatigante, voire usante, elle se montre forte, téméraire et combattive. Il est vrai qu'elle n'a pas sa langue dans sa poche, elle est entière est généreuse. Et en plus, elle sait se servir d'une arme. Bon, d'accord ce fut par obligation, mais elle ne s'est pas cachée et a préféré se battre pour survivre, plutôt que de se terrer et laisser ses compagnons mourir. C'est un sacré personnage qui arrive à combattre ses propres pulsions et les ennemis pour le bien de tous, s'oubliant par moment.

Leif est un guerrier. Premier fils d'un chef de clan il n'a pas le choix d'être ce que l'auteur nous décrit : froid, distant, généreux, un peu au-dessus des autres sans pour autant oublier d'où il vient. Il est obligé d'être dur et froid par moment. c'est un futur chef qui doit être respecté pour ses choix, ses décisions, pas par peur. Il est le premier à partir en guerre si besoin. Il est là pour chacun d'entre eux et pense que le contraire est vrai. Jusqu'à ce que des détails le titillent. Et si elle disait vrai ? Et si l'un d'entre eux, un de ces compagnons depuis des années serait contre lui ? Partir du Groenland pour une nouvelle terre est un risque qu'il veut et se doit de faire.

Homme et femme d'honneurs, Leif est un roc, capable de se faire du mal plutôt que d'en faire à quelqu'un d'autre. Leurs sentiments sont évoqués, mais le combat interne est énorme. S'il y a un soupçon de romance entre les deux, ce n'est pas le vif du sujet et pour cela je remercie l'auteur. Cela change des historiques où il y a une grosse partie de romance et un peu de récit. Ici nous avons une très grande histoire de viking. La découverte des termes, d'un peuple et de son histoire. L'auteur nous indique à la fin du livre toutes les recherches qu'elle a effectué et cela se ressent énormément dans le texte. J'ai adoré découvrir un peuple qui n'existe plus (ou alors ils sont bien cachés ^^) et les comprendre un peu plus. Je ne les voyais pas comme des sauvages avides de terre près à tuer tout ce qui bouge. Il est clair que l'auteur a pris son temps pour décortiquer leurs us et coutumes.

Le voyage n'est pas de tout repos. Nous en apprenons sur l'équipage, la façon dont ils travaillent, dont ils vivent. C'est intéressant d'imaginer que maintenant ce qu'ils ont fait pourrait s'effectuer en un claquement de doigts. Ils ont du courage, de la ténacité, un code d'honneur qui peut faire défaut à certain. La vengeance ne s'attend pas. Nous passons par plusieurs émotions : la crainte, la peur, la joie, l'espoir, la tristesse... Sur un seul homme, sur une vision un jour d'une terre qui ne serait pas habitée, une expédition est préparée, puis des hommes et des femmes partent sans avoir de certitudes. Le respect est profond, la chance à venir aussi. Qu'il n'y ait qu'un Dieu ou plusieurs, ces hommes et femmes sont respectueux. Par contre ils ont de nombreuses superstitions que Leif doit abattre rapidement s'il ne veut pas que tous ne le respectent plus.

La relation entre Leif et Erika est houleuse du départ. Mais cela, nous le savons déjà qu'ils combattent leurs émotions leurs envies. Les engagements pris par leurs pères ne peuvent pas être retirés comme ils le désirent. Et puis l'honneur, encore ce mot qui revient régulièrement, qui est important, plus que leur propre vie. Il y a de nombreux rebondissements tout le long. Que ce soit à chaque "escale", chaque rencontre avec d'autres peuples, ces Vikings agissent de manière à se protéger. Il y a un certains nombre de personnages dont je me suis attachée. Je pense à ces deux-là, certes, mais aussi Thorvald, Tyrkir, Odlaug, Jorik et Rorik. Je rigole en écrivant ces mots parce qu'il y a des surprises auxquelles je ne m'attendais pas ! Tout est si imprévisible !

En conclusion, j'ai adoré suivre les personnages. Je lirais les autres avec grand plaisir, même en sachant que certains personnages ne sont plus là ! Avec ça, vous êtes servis :)

http://chroniqueslivresques.eklablog.com/les-amants-du-vinland-tome-1-le-souffle-de-njord-anna-lyra-a183995246
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date : 26-03
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Revenons à nos moutons, ou plutôt à nos fantômes. Un homme recherche une jeune femme pour aller vivre en pleine campagne afin de s'occuper de deux enfants, ses neveux : Miles et Flora. Notre jeune femme accepte avec engouement. Deux enfants, un garçon et une fille et cet homme qui lui indique qu'elle devra se débrouiller pour tout. Rien ne doit lui être revenu aux oreilles. Curieuse demande, mais après un accord entre eux, elle part pour Bly, petit village de caractère où Mrs Grose, l'intendante de la maison, l'attend. Les enfants sont adorables, quoiqu'un peu en retrait. Doux, calmes, Miles et Flora ne font pas le moindre bruit, mais paraissent... étranges. Ils semblent ailleurs. Jusqu'à ce que notre institutrice comprenne : ils ne sont pas seuls ! Des êtres surnaturels peuplent les lieux.

Deux fantômes ont élu domicile et pour cause : ils ont vécu dans cette demeure avant que l'institutrice n'arrive. Mrs Grose les a connu, ils ne sont pas si vieux que cela. Que c'est-il passé pour qu'ils disparaissent et reviennent hanter les lieux ? Pourquoi sont-ils présents ? Leurs présences est quelque peu dérangeantes, surtout lorsque l'on apprend comment ils étaient de leur vivant. Le début du récit est plutôt lent, déposant les bases, pour autant nous ressentons une certaine excitation : celle de notre institutrice qui va travailler.

Peter Quint et Miss Jessel. Deux personnages qui sont omniprésents et pour cause : ils sont capables d'avancer en terrain connu. L'air ambiant est stressant : c'est palpable dans le texte, dans la façon dont les personnages principaux agissent. Leurs regards est un élément déclencheur pour augmenter le stress du lecteur. La jeune femme de 20 ans a beaucoup de cran pour son âge. Il s'agit d'une époque où les responsabilités étaient différentes.Les relations également et le langage aussi. Nous nous retrouvons dans un autre style d'écriture et je dois avouer que c'était passionnant. Je ne dirais pas que j'en lirais plusieurs à la suite, mais de temps en temps cela ne fait pas de mal.

Des points restent en suspend : est-ce que l'oncle est au courant de ce qui se passe ? Est-ce pour cela qu'il ne veut rien savoir ? De nombreuses questions arrivent au fur et à mesure du texte lu et nous en avons un certain nombre de résolues. J'ai beaucoup aimé le langage de cette époque. Avec de l'imagination, des tournures de phrases qui nous font chercher le moindre indice. Entre les deux femmes il y a beaucoup de non-dits, de questions, de sous-entendus. J'aime cette manière détournée de l'époque dans un livre. Dans la réalité je déteste cela, je préfère quand il y a de la franchise et qu'on se dise franchement les choses. Mais nous sommes en 2020, ce qui signifie que nous avons modifié de nombreux éléments.

Les descriptions de la maison de campagne est parfaite. Il est impossible de dire que nous n'imaginons pas la maison et les tours qui la compose. Mrs Grose y vit depuis des années. Elle est au courant de certains points de détails qui nous donnent des moments d'effrois. Les sueurs froides s'invitent à la lecture. Surtout que nous apprenons que Miles a été viré du collège où il était. Pourquoi ? Les semaines passent et les événements s'enchaînent. Un homme sur l'une des tours qui les observe. Les accidents deviennent de plus en plus fréquents. La vision de Miss Jessel plus "visible" qu'auparavant. Et ce lac qui est tentant...

L'étrange devient un élément de leur vie. Les apparitions sont-elles bien réelles ? N'y aurait-il pas plutôt un type d'hallucination ? Les enfants ont leur quota de bizarreries. Sont-ils au cœur de ce qui se passe, ou sont-ils innocents ? La fin nous laisse avec plus de questions que de réponses. Je l'ai relu plusieurs fois pour tenter de trouver un sens caché. Je ne l'ai pas trouvé. Avoir le récit sous le regard de la jeune femme nous oblige à voir et à entendre ce qui l'entoure. Une pression est toujours présente, cette même pression qui nous indique que la fin n'est pas forcément celle que nous pensions au départ.

Beaucoup de réflexions, de recherches complètent le récit. Les actes viennent tranquillement, laissant la place à l'esprit. La psychologie est décryptée, nous cherchons encore si ce n'est juste pas une histoire qui est racontée pour faire peur aux autres un soir devant un feu de cheminée... Non, impossible, le lien ressenti entre les personnages est trop fort. Les mots sont forts, la présence de quelqu'un d'autre est palpable entre les lignes du texte. Les fantômes du passé reviennent en force. Le fantastique est amené de manière naturelle, comme si tout ce qui se passait était normal. Le côté dramatique est poussé à l'extrême.

En conclusion, un récit fantastique que j'ai beaucoup apprécié de part la qualité du texte. Je n'ai pas parlé des illustrations, mais elles sont magnifiques ! Mina M. a encore fait un très beau travail.

http://chroniqueslivresques.eklablog.com/le-tour-d-ecrou-henry-james-a183883792
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Surenchère écrit par JPB
date : 23-03
Un grand merci à JPB pour cette nouvelle lecture de la suite des aventures de Marc et Virginie, par le biais du site simplement. La couverture reste dans les mêmes tons que les précédentes, avec un soupçon de couleurs doré en plus. Un léger rappel des personnages principaux est toujours bon à prendre et j'ai trouvé que plus c'est succinct, mieux c'est, comme dans ce tome.

Quatrième enquête pour notre avocat, toujours aveugle et son assistante surnommée Vigie. Deux hommes assez âgés viennent les voir pour qu'ils accèdent à une ventes aux enchères, afin d'acheter un lot, le numéro 21 pour leur patron. Marc et Vigie ont beau poser des questions, ils n'ont pas beaucoup de réponses. Non, ils ne sauront pas qui est derrière tout cela. Oui, ils auront l'argent, qui est déjà prêt. Il faut coute que coute qu'ils puissent acheter le lot et à n'importe quel prix. Les deux petits vieux ont mis largement ce qu'il fallait pour qu'ils ne soient pas à court.

Le lot est acheté, non sans mal, mais avec panache ! Dans tous les cas, c'est avec brio que Virginie est propriétaire d'une table, chaises en bois qui ont un bel âge. La nuit même où elle obtient ses résultats, les deux petits vieux se font tuer, pim, pam, pouf ! D'un coup ! Enfin disons que les tueurs sont des acharnés, limite la mitraillette aurait été moins moche niveau résultats. Bref, ces deux-là (qui étaient également des avocats) n'ont pas fait long feu. Une simple demande d'acheter pour quelqu'un d'autre et voila Marc et Vigie embarqués dans une sacrée histoire, à se demander qui est derrière tout cela et qui veut ce foutu lot ! Un peu de baston, un semblant de méfiance, un soupçon de sadisme, l'enquête est encore plus complexe que les précédentes.

Le lot 21, tout le monde le veut. Pourquoi ? surtout que Benoît, leur ami flic qui s'y connait très bien en vieilleries et autres objets leur a bien indiqué que cela avait de la valeur, mais pas trop. Qu'est-ce qui se cache derrière tout cela ? De la jalousie, de l'envie, oui, mais de quoi ? L'enquête est menée de tous les côtés sans que l'on ne puisse y faire grand-chose. De nombreux personnages font leur apparition. Qui sont-ils réellement ? Pourquoi faire suivre Marc et Vigie de cette façon ? Qui a les pleins pouvoirs ?

L'affaire est intrigante, tout comme les protagonistes. Je pense surtout à cette madame Leperle et son garde du corps Joshua. Est-ce que par hasard il n'y aurait pas un brin de fantastique dans ce récit ? Nous nous posons des questions à leur sujet, surtout celui d'Augustine Leperle. Quel âge a-t-elle vraiment ? De nombreuses suppositions peuvent se faire, un tableau, une idée, une illustration, des mots sous-entendus, hum, j'adorerais en savoir plus sur eux. Revenons-en à notre affaire. C'est un personnage charismatique qui connaît son monde. Elle a une forme de pouvoir qui fait qu'on plie souvent sous son regard. Il fallait bien entendu que Marc soit aveugle pour lui faire comprendre qu'il n'est pas l'un de ses jouets.

Dire que tout a débuté avec une simple affaire de ventes aux enchères ! Nous imaginons bien que l'auteur s'est amusé avec ses personnages pour les emmener encore plus loin que d'habitude. Lorsqu'ils (Marc, Benoit et Vigie) découvrent ce qui se cache derrière cette affaire de meubles à acheter, il est clair que les ennuis grossissent de plus en plus. Il ne faut pas grand-chose pour que les rats débarquent de tous côtés. Si le danger ne leur fait pas peur, les armes si. Pour une fois, ils vont être obligés de se cacher pour survivre.

Le personnage de Virginie s'étoffe encore plus. Elle a eu une réaction surprenante pour quelqu'un qui ne se souvient pas de son passé, pas totalement, pourtant son instinct de survie semble proche du zéro. Seule la vérité lui parle et elle préférerait mourir pour une cause qu'elle croit juste plutôt que de se vendre d'une quelconque manière. Elle prend plus de place, même si c'est l'assistante de Marc, elle a sa place dans ce duo. Elle n'est pas que celle qui bosse pour l'avocat, elle a de bonnes idées

Une suite sans que ce soit une suite réellement, c'est une affaire qui peut se lire sans avoir lu les précédents. L'auteur en met assez dans le texte pour que nous ne nous perdions pas. J'avais senti une légère faiblesse dans le tome 2, l'auteur s'est bien rattrapé avec le précédent et celui-ci ! Les enjeux sont importants, il s'agit de vie ou de mort. L'immortalité peut-être ? Toujours est-il qu'il y a du monde qui désire obtenir le précieux sésame. Tous les moyens sont bons et il est difficile de savoir qui est vraiment le commanditaire, qui est vraiment le gentil, le méchant. Il n'y a rien de tout blanc ou de tout noir dans cette histoire, les variantes sont énormes.

En conclusion, une enquête rondement menée qui nous laisse sur les genoux. Elle va très vite, et au final cela passe bien. La preuve, je l'ai lu d'une traite. Ce n'est pas un policier à proprement parler, ni un thriller, c'est un mélange de tout cela. Il faut également rajouter du suspense, du stress, un brin de poésie. Je me demande si nous retrouverons certains personnages passés dans les futures histoires. À découvrir !

http://chroniqueslivresques.eklablog.com/les-dossiers-de-l-homme-de-l-ombre-dossier-4-surenchere-jpb-a183762190
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