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Goodbye Gandhi



Description ajoutée par Kodai 2015-06-08T16:59:31+02:00

Résumé

Exit le Taj Mahal, le nirvana et autres foutaises pour touristes en mal d’imagination. C’est à une plongée plein pot dans la crudité de l’Inde à laquelle nous convie Mélanie Talcott. Sous couvert de l’enquête policière déclenchée par le meurtre d’une grande figure de l’humanitaire, l'auteur nous immerge dans une Inde moderne et moins attrayante que l'image classique que l'on en a : celle de la corruption ordinaire, de la violence, des meurtres, de la prostitution, de l’humanitaire travesti en tourisme sexuel. Un livre sans complaisance, mais d’une tendresse caustique et un excellent thriller.

..."Vijay Ramalingam avait tellement vu de corps de suicidés, des femmes surtout qui se donnaient la mort en se pendant à un ventilateur, qu’il eut l’immédiate certitude qu’elle s’était pendue avec un foulard ou un linge quelconque, avant que l’évidence ne chasse la logique des apparences. Quelqu’un avait pris la peine non seulement de déposer son corps sur un linceul de fleurs, mais aussi de répandre autour quelques pièces de monnaie et du riz safrané. Quelqu’un qui avait assisté ou organisé ce suicide et qui connaissait les rudiments des rites funéraires indiens et s’était efforcé de respecter, du moins à sa manière, la défunte dont le visage exprimait étrangement plus la sérénité que la peur. Il soupira, se demanda pourquoi cela ne l’étonnait jamais que bien des personnes que l’on qualifiait avec une vénération non dénuée d’envie d’extraordinaires, finissent un jour ou l’autre par se retrouver dans une poubelle, sortit son mobile indien BSNL et appela son supérieur, Ravi Kumar."

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Classement en biblio - 2 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par Kodai 2015-06-08T17:18:11+02:00

Titre du chapitre

Y’a jamais de grandes personnes dans des histoires comme la nôtre

— Va me chercher tes parents ou les responsables de cette farce ! Qu’on en finisse. Ils veulent de l’argent ? Je leur donnerai toutes les roupies qu’ils réclament, plus qu’ils n’en gagneront jamais dans toute leur lamentable vie. Mais après, il leur faudra courir vite. Je leur ferai payer tout ce qu’ils m’auront fait subir. Ils finiront en prison et vous avec !

— Non », répète-t-il d’un ton ferme.

Ils ne bougent pas. Ils ne sourient pas. Ils la dévisagent avec une gravité amusée, presque indulgente. Elle y détecte la même expression qu’elle affiche lorsque l’un de ses enfants, comme elle les appelle, se livre à un acte de cruauté gratuite envers un camarade. Elle hurle si fort, la bouche si grande ouverte, que son dentier en tressaute.

« Quoi, non ?

— Amma, y’a jamais de grandes personnes dans des histoires comme la nôtre. Parce qu’on peut jamais compter sur elles. Elles trouvent toujours une bonne raison pour ne pas faire ce qu’elles ont promis, reprend l’adolescent d’une voix lente, comme s’il voulait que les mots s’impriment en elle. Par contre, la magouille, ça les connait. Chez moi, on se tuerait pour une roupie. J’ai fabriqué une petite alarme électrique pour l’armoire où je range mes trésors. Mon père et mon frère se lèvent la nuit pour me voler l’argent que je gagne à servir le thé dans la rue.

— Mani a raison. Vous plaignez pas, Amma. Nos parents ou d’autres vous aurait déjà battue, peut-être torturée juste pour votre argent et leur plaisir. Et après, sûrement ils vous auraient tuée et fichue toute morte dans la mer, là où on jette les petites filles que personne veut. Vous êtes bien placée pour savoir que nous, les enfants, ici on vaut rien. Si on comptait pour quelque chose, on serait les premiers à le savoir, non ? Moi, je m’appelle Leena et j’ai onze ans. »

Monique Duchemin examine ce corps trop grand pour son âge, impression renforcée par la finesse de la silhouette où l’on devine déjà la femme. Elle déteste autant qu’elle envie cette fraîcheur de la jeunesse qui lui évoque crûment l’effondrement de la sienne. Les mains de la fillette sont barbouillées de couleur. Jaune, rose, bleu, blanc. Elle en remarque les traces sur son churidar délavé.

Ah ! C’est elle qui dessinait le kolam.

Les bribes d’un poème de Prévert griffent sa mémoire : "et sur le tableau noir du malheur, il dessine le visage du bonheur avec des craies de toutes les couleurs."

Un rire sardonique la secoue. Sans se concerter, les enfants défilent devant elle, l’un derrière l’autre, les filles en premier. Cela lui rappelle la cérémonie ridicule du matin. Il y a de cela une éternité, lui semble-t-il. Leena, Muthalagi, Nilâ, Murga, Anarsalam, Praveena, Sendil, Mani. Son regard glisse sur eux, souverain.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par LaureValentin 2016-06-23T03:29:02+02:00
Or

Au premier abord, l’enquête paraît classique : un corps est retrouvé, la police se penche sur l’affaire et les voiles tombent peu à peu. Seulement voilà, la suite ne ressemble à rien de ce que l’on connaît, car l’histoire se déroule en Inde.

Derrière cette enquête menée conjointement par Vijay, inspecteur de police indien, et Léa, enquêtrice française, se cache un véritable cri du cœur. Ce roman est un texte puissant, une dénonciation sans concession des travers de cette Inde dont le touriste et l’Occidental ne connaissent que les monuments historiques, la spiritualité fantasmée et le clinquant de Bollywood. Melanie Talcott y dépeint l’Inde des oubliés, des laissés pour compte, l’Inde des éternels perdants.

La victime est une Française, fondatrice d’une organisation humanitaire de parrainage et d’aide aux enfants de la rue, à Pondichéry. Et sous ses apparences de sainte, Monique Duchemin est loin d’être irréprochable. De la corruption omniprésente qui gangrène la société indienne et empêche le bon déroulement de l’enquête jusqu’au sordide tourisme sexuel, la condition féminine et la misère des basses castes, rien n’est épargné sous la plume directe de Melanie Talcott. Dans Goodbye Gandhi, aucun manichéisme, mais la réalité froide et implacable. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la méchanceté pure et gratuite n’existe pas. Tout le monde a, ou croit avoir, ses propres raisons d’agir (désillusion pour les uns, vengeance pour les autres, cupidité ou encore faiblesse), et ce roman nous rappelle que l’enfer est pavé de bonnes intentions.

Tout au long du roman, les chapitres alternent entre l’enquête et les derniers instants vécus par la victime, avec révélations d’un côté et remises en question de l’autre. L’écriture est incisive et rythmée, et l’auteure maîtrise parfaitement son sujet.

On sort de cette lecture un peu nauséeux, moins naïf sur les réalités du monde et plus humble en tant qu’Occidental.

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Date de sortie

Goodbye Gandhi

  • France : 2015-04-21 - Poche (Français)

Activité récente

Les chiffres

Lecteurs 2
Commentaires 1
Extraits 2
Evaluations 0
Note globale 0 / 10

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