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Je veux que tu arrêtes la balle.

Ah, OK. Mais…

Pfutt ! Le ballon se précipita sur moi. Je lâchai un petit cri aigu, mais la bloquai tout de même contre ma poitrine. Il me regarda comme si j’avais oublié de m’habiller ce matin.

On joue au football, tu n’es pas censée utiliser tes mains.

Comment je pouvais deviner ce qu’il attendait de moi, quand il tentait de me tuer avec un ballon de foot ?

Renvoie-la avec ton pied.

J’obtempérai, propulsant largement plus de sable que lui quand il avait frappé. Puis il shoota à nouveau. Même vitesse, même direction. Pile sur ma poitrine. Je l’attrapai.

Sans les mains, Matthews !

OK, ça commençait à sacrément me taper sur les nerfs, son truc. Je lui relançai le ballon dans les airs.

Il tira.

Cette fois, je fis un pas de côté et laissai le ballon passer à côté de moi comme une flèche.

Qu’est-ce que tu fiches ? demanda-t-il, une expression incrédule sur le visage, en s’approchant de moi.

Tu as dit sans les mains. Tu veux que je l’attrape avec mes dents ou quoi ?

Il éclata de rire.

Non, je te suggère fermement de ne pas faire ça. Pendant un match, tu seras amenée à intercepter la balle. Mais tu n’es pas autorisée à user de tes mains. Alors, utilise ton corps pour la bloquer. Tes épaules, ta tête, mais surtout ta poitrine.

Aha, alors il va y avoir un tout petit problème, là. (Je me pris les seins à deux mains.) J’ai ça !

Je lui avais coupé la chique. Son regard se détacha de mes yeux pour descendre plus bas, mais ne remonta pas. La lueur qui brilla dans ses prunelles me fit presque peur. Comme si j’étais Blanche-Neige et qu’il était… le chasseur. En fait, je ne voulais même pas imaginer quelles pensées lui traversaient l’esprit en cet instant. Je claquai des doigts devant son visage.

Dans les yeux.

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- Les sélections ont lieu demain, Matthews, m’interpella Hunter, une lueur moqueuse dans ses yeux marron foncé. Je peux t’inscrire sur la liste, si tu es intéressée.

Le fait qu’il connaisse ne serait-ce que mon nom me prit au dépourvu.

- Liz et le foot ? rigola Tony à mes côtés. (Et bizarrement, sa remarque était blessante.) Autant essayer d’apprendre le tango à un éléphant. Pas vrai, Liz ?

Je jetai un regard irrité à mon soi-disant meilleur ami qui ne le vit même pas, car le groupe tout entier venait de se joindre à ses éclats de rire.

- L’image de l’éléphant est tout à fait appropriée, commenta Barbie à l’attention de la rouquine assise à côté d’elle, avant de m’offrir un sourire cruel.

Pardon ? Je faisais une taille XS. Certes, mon mètre soixante était loin de son mètre quatre-vingts et des brouettes, digne d’une Amazone, mais je n’étais absolument pas grosse. Je ramassai mon estomac tombé à mes pieds et décidai de punir Tony plus tard pour avoir fait semblant de ne pas entendre la dernière phrase de la blonde. Depuis tout le temps que nous étions amis, jamais il n’avait autorisé quiconque à m’insulter sans lui briser la mâchoire. OK, s’en prendre au minois de Chloé serait un poil drastique comme réaction, mais au moins, il aurait pu dire quelque chose pour ma défense. Vu qu’il paraissait avoir oublié comment on s’y prenait, je rendis son sourire faussement enjoué au clone de Barbie.

- J’ai essayé de vomir mes repas en troisième, mais on dirait que c’est plus ton truc que le mien.

Les rires se turent et Tony s’étrangla sur sa gorgée de Red Bull tandis que les autres membres du groupe faisaient mine de converser entre eux à voix basse. On n’entendait plus qu’un son, un petit rire amusé, en provenance du siège qu’occupait Ryan Hunter. Chloé fronça les sourcils dans ma direction, comme si je venais de parler chinois.

- Tu viens de m’insulter, là ?

Le plus drôle, c’était qu’elle le pensait vraiment. Je levai les yeux au ciel et me mis à siroter mon Coca.

Heureusement, Tony reçut un SMS de sa mère sur ces entrefaites. Mme Mitchell espérait le revoir avant qu’elle et son époux ne doivent quitter la ville pour deux jours. Il regarda mon verre de soda et me demanda si je souhaitais rester avec les autres. J’avalai alors ma boisson en trois secondes dans le même temps.

- Non, je suis prête. Il secoua la tête mais sourit, et me laissa passer devant lui.

- À demain, Anthony, roucoula Barbie.

Je passai outre la montée de jalousie et résistai à l’envie brûlante de lui lancer un regard noir par-dessus mon épaule. À la place, je me concentrai sur le comptage des carreaux au sol jusqu’à la sortie. Un, deux, trois…

- Alors, Matthews ? fit Ryan Hunter au moment où je passais devant lui. Tu t’engages dans les sélections pour faire partie de l’équipe ou pas ?

Je m’immobilisai, sidérée par le fait qu’il puisse être sérieux. Mes yeux se rivèrent sur l’agréable sourire qu’il m’adressait.

- Je…

Les mains sur mes épaules, Tony me poussa doucement vers la sortie.

- Arrête de la taquiner. Elle n’est pas faite pour le foot, point barre.

J’enfonçai les talons dans le sol. Pas parce qu’il avait tenté de me voler ma réponse, mais à cause de l’autre garce, derrière moi, qui venait de pouffer.

- Tu sais quoi ? rétorquai-je en pivotant vers Tony, furieuse et déterminée. Je crois que je vais tenter le coup.

- Tu déconnes, là ?

Voilà qui ne nécessitait pas de réponse, toutefois je haussai les sourcils en le regardant.

- Cool, je t’ajoute sur la liste alors. Rendez-vous à 10 heures sur le terrain.

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Pantelante, je me contentai d’opiner du chef. La plage était enfin en vue, et le soulagement me submergea. Encore quelques foulées, songeai-je en poussant plus fort. Soudain, mes pieds touchèrent le sable.

Et je m’effondrai.

Tombant sur la plage tel un vulgaire sac de farine, je roulai sur le dos et levai les yeux vers le ciel rose pâle. Ryan se tenait debout au-dessus de moi.

Qu’est-ce que tu fais ?

Je meurs.

Mais non. Debout, on n’en a pas terminé.

Moi, si. (Ma respiration ressemblait à celle d’une femme sur son lit de mort.) Mais ne t’occupe pas de moi. Vas-y, continue. Je suis sûre que d’ici deux ou trois heures, quelqu’un passera par là et me décollera du bitume… enfin, m’arrachera du sable… peu importe.

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