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Extrait ajouté par Theobroma 2019-04-21T20:42:33+02:00

Tu n'as suivi que de loin le dossier des taxes imposées aux produits chinois par l'administration Trump. Pour toi, le protectionnisme n'est pas une politique, c'est une opinion. Et une opinion exsude une névrose. Le protectionnisme est la revendication des craintifs, des étriqués. Le symptôme d'un provincialisme aigu.

La sortie de l'euro n'est pas une hypothèse tirée de l'impasse objective de la zone, mais un repli sur soi. Todd l'envisage parce qu'il est replié sur lui ; déjà au collège il se recroquevillait dans la bulle hard-rock de son walkman. Alors que toi, Européen tenace, Européen malgré tout, Européen contre vents et paradis fiscaux, tu te déplies vers l'autre.

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Extrait ajouté par Spika 2019-03-21T08:28:13+01:00

Tu es nombreux.

 

Tu es nombreux mais pas hégémonique comme certaine branche hostile le prétend. Tu n’es pas la pensée unique. Ta pensée, à supposer qu’elle mérite ce nom, est même minoritaire. Mais elle prend de la place. Tu te poses là. Tu es très visible. S’il existe des invisibles sociaux, tu es le contraire d’eux. S’il y a une majorité silencieuse, tu es la minorité audible. Dans les espaces en vue, c’est simple, on n’entend que toi.

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Extrait ajouté par Spika 2019-03-21T08:27:13+01:00

Mais qui es-tu au juste ?

Qui est « tu » ?

Tu es celui qui se reconnaîtra dans ce tu. Tu n’es donc personne, puisque tu ne t’y reconnaîtras pas. Tu diras : je n’ai rien à voir avec ça, rien à voir avec tu. Si par extraordinaire mes mots t’ébranlent une minute, tu te remettras aussitôt d’aplomb, t’époussetteras l’épaule d’une pichenette, repartiras tel qu’en toi-même, inaltérable, imperturbé.

Je t’accorde ne pas adorer non plus qu’on m’emprisonne dans un pronom globalisant. On aime toujours mieux prodiguer des généralités que les subir. Comme toi, je réfute toutes les généralités à l’exclusion de celles que j’énonce. Puisque c’est moi qui le profère, je décrète que mon tu n’est pas une coquille vide. Mes yeux me sont témoins que ce tu générique regroupe à bon droit des individus de chair, à l’existence vérifiable. Vérifiable non pas n’importe où – tu te gardes bien de traîner n’importe où –, mais par exemple dans la ville où je persiste connement à habiter.

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Extrait ajouté par Spika 2019-03-21T08:38:12+01:00

Il y a comme ça plein de choses que, par un tour rhétorique semblable, tu dis ne pas comprendre. Tu ne comprends pas que la guerre persiste partout. Tu ne comprends pas qu’on abuse de la faiblesse d’un enfant. Tu ne comprends pas qu’une prolo de 18 ans choisisse de ne pas avorter. Tu ne comprends pas qu’on aime patauger dans la boue d’une ZAD. Tu es cette commerçante du docu historique de Watkins qui ne comprend pas que ses employées désertent sa boutique pour rallier la Commune.

Prise avec une naïveté dont pour ma sérénité je me souhaiterais capable, ton incompréhension est saine comme l’humilité, belle comme le désarroi. Mais le désarroi n’est pas ton fort – tu as l’assurance des tiens. Ton incompréhension n’est pas une demande implicite d’éclaircissement. Tu ne cherches pas à comprendre. Je ne veux pas le savoir, dis-tu parfois à ton fils enlisé dans la justification d’un 8 en maths, mais dans bien d’autres situations ta tournure est à prendre à la lettre. Et cette fréquente volonté de ne pas savoir est un ressort essentiel de ta bêtise.

Ton pas-comprendre exprime un tout-compris. En fait tu comprends tout. Tu affirmes. Tu juges.

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