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Extrait ajouté par ilovelire 2017-04-03T23:21:51+02:00

Grace avait dû consulter le dossier posé sur le bureau de Seth ce matin et lire que son amie était sur une nouvelle mission. C’était un petit jeu entre elles, une sorte de compétition : laquelle bouclait le plus de dossiers ? Laquelle démasquait le plus d’infidèles ? Un léger sourire aux lèvres, Marilyn referma le clapet de son portable. Elle répondrait à Grace plus tard : pour l’instant, elle était en mission et rien ne devait lui faire oublier son objectif, à savoir allumer le brave dossier 413. Gregory Mathewsen consultait sa montre, l’air nerveux. Peut-être était-ce à cause de cette ravissante jeune femme qui ne cessait de le reluquer derrière ses Ray-Ban noires ? Marilyn jubilait : il s’agitait, pressait sa sacoche contre lui, mal à l’aise, toussotait. Elle le dévisageait ouvertement, avec un art inné de la provocation. Elle imaginait facilement les questions qu’il devait se poser… « Qu’est-ce qu’une minette peut bien trouver à un vieux beau comme moi ? Peut-être ai-je l’air d’avoir de l’assurance ? Ou alors, j’ai un morceau de salade verte sur le menton ? »

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Extrait ajouté par ilovelire 2017-04-03T23:21:42+02:00

Marilyn se tenait donc là, assise sur le siège face à sa proie, dans le bus qui l’emmenait vers la station de Marble Arch. Prête pour sa nouvelle mission. Nonchalante, elle se pencha en avant pour fouiller dans son sac coincé entre ses pieds. Son but apparent : fouiner à la recherche de son portable, perdu quelque part entre un Cosmopolitan et un Vogue. Son but officieux : donner un aperçu au brave Greg de sa poitrine florissante grâce au bâillement de son décolleté, pour qu’il se sente tout chose. Après quelques secondes, elle s’empara de son téléphone – la manigance devait rester la plus naturelle possible – et ouvrit le clapet d’un air nonchalant. Grace lui avait envoyé un nouveau message, qu’elle s’empressa de lire : « Ai parlé au Big Boss. Les affaires marchent pour nous. Seul hic : je dois séduire un affreux jojo au sourire édenté. Et toi avec le 413 ? T’m. – G. »

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Extrait ajouté par ilovelire 2017-04-03T23:21:34+02:00

Bien sûr – et heureusement pour les femmes peuplant cette planète –, il y avait aussi eu quelques maris fidèles qui l’avaient gentiment éconduite. Marilyn se souvenait ainsi avec nostalgie d’un monsieur de presque soixante-dix ans. Son âge n’avait pas manqué de surprendre (et de répugner un peu) la jeune femme lorsque Seth lui avait annoncé la mission. Lorsqu’elle avait essayé de gentiment nouer un début de conversation avec le dossier en question, qu’elle avait rencontré de façon tout à fait préméditée chez le libraire, l’homme, un dénommé Gerald, s’était mis spontanément à lui parler de sa femme, en lui disant combien il l’aimait même après tant d’années de mariage. Marilyn, désarçonnée par cette déclaration d’amour, l’avait laissé parler. « Ma femme est si jalouse qu’elle est encore persuadée que je la trompe, voyez-vous. Elle ne m’a pas vu vieillir, la pauvre, elle s’imagine que je suis toujours aussi beau qu’à mes vingt ans, avait-il ajouté en riant. Tenez, je suis sûr que si elle me voyait discuter avec vous elle penserait que je la trompe… Enfin, c’est sans doute la preuve qu’elle m’aime encore, n’est-ce pas ? » Marilyn, touchée par ce discours, était sortie de la librairie quelques instants plus tard en souhaitant une bonne journée au vieil homme. Elle repensait parfois avec douceur à ce dossier si sympathique et à sa femme, qui visiblement l’aimait encore si vivement qu’elle en éprouvait toujours de la jalousie.

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Extrait ajouté par ilovelire 2017-04-03T23:21:28+02:00

Même si elle avait été un peu maladroite sur cette première mission, elle avait malgré tout obtenu un rendez-vous. Elle se rappelait très clairement ce premier homme qu’elle avait dû séduire. C’était un jeune trentenaire, fraîchement fiancé et assez charismatique, en dépit d’un nez aquilin. Marilyn lui avait à peine parlé tant elle avait peur de dire quelque chose qui pourrait la trahir. Mais cela avait semblé suffire : ses sourires et l’air un peu niais qu’elle avait choisi d’adopter avaient séduit le dossier. Lors du rendez-vous, il n’avait fait que parler de lui, et Marilyn l’avait trouvé affreusement égocentrique. Mais elle s’était découvert des talents d’actrice pour faire semblant d’être très intéressée par tout ce qu’il racontait… Et de ne pas être perturbée par son haleine insoutenable lorsqu’il s’approchait un peu trop près d’elle. N’y tenant plus, après des heures de badinage (de son côté à lui) et de souffrance silencieuse (de son côté à elle), Marilyn avait prétexté une violente indigestion et avait filé. Rien de moins glamour qu’une indigestion à un premier rendez-vous, n’est-ce-pas ? Pourtant, l’homme, convaincu qu’elle avait fui parce qu’il la « déstabilisait émotionnellement », avait mordu à l’hameçon. Quelques jours plus tard il tentait de la contacter, laissant un message qui avait provoqué un énorme fou rire à Seth, tant le fiancé coureur de jupons semblait convaincu qu’il avait eu un effet démesuré sur la jeune Marilyn Kane.

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Extrait ajouté par ilovelire 2017-04-03T23:21:19+02:00

La jeune femme choisie, dans ce cas précis « Marilyn Kane », délaisse alors ses vêtements d’étudiante bien rangée et revêt sa tenue de Honeytrap, aussi sexy que Wonder Woman. Elle a pour mission première de « brancher » Greg, de l’aborder, de nouer un premier contact. Objectif de ces rencontres a priori dues au hasard ? Fixer un rendez-vous. S’il vient, l’opération se poursuit avec un faux numéro. Si le mari piégé l’accepte et, pire, décide de s’en servir, le piège se referme. En effet, tout message transi d’amour, tout appel impatient et langoureux est immédiatement et irrémédiablement transféré vers le répondeur de Seth Borrow. Le petit chéri a alors perdu la partie : Rosa a les cartes en main, à elle de jouer et de sermonner Monsieur ou de le quitter. Après tout, Rosie-Rosa est encore bien conservée et pourrait se permettre d’entamer une nouvelle vie.

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Extrait ajouté par ilovelire 2017-04-03T23:21:11+02:00

Seth fixe un rendez-vous à sa nouvelle cliente. Rosa-Rosie se retrouve alors face à un questionnaire qu’elle doit remplir sans rougir, sous le regard compatissant du jeune homme : pourquoi veut-elle faire appel à une Honeytrap ? Pourquoi a-t-elle des soupçons sur Greg-chéri ? Quelles sont les habitudes de ce dernier ? Ses horaires ? Son plat préféré ? Et, bien sûr, question primordiale, quel est son type de femme ? Une fois le questionnaire dûment complété puis étudié par le manager, la Honeytrap la mieux adaptée est choisie parmi une trentaine de jeunes Londoniennes de tous styles portant des pseudonymes séduisants.

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Extrait ajouté par ilovelire 2017-04-03T23:21:04+02:00

Ainsi, notre Rosa est femme au foyer. Elle se lève pour préparer le petit-déjeuner de son homme, dépose les petits Craig (dix ans) et Gordon (quatre ans) à l’école, fait le ménage, prépare le repas, va chercher les enfants, les ramène en classe après manger, retourne les chercher pour 15 heures, prépare le souper de son Greg… Rien de bien dérangeant jusque-là. Sauf que, lorsque Greg rentre du boulot, exténué après un week-end entier de séminaires, il aimerait pouvoir se détendre en compagnie de sa Rosie. Seulement voilà, Rosa porte un tablier mémère taché de compote de pommes, son mascara mis à la va-vite a coulé après qu’elle a épluché un oignon et elle porte encore ce jean très confortable mais informe. Et Rosa-Rosie n’est pas sans remarquer que, depuis quelques mois, son homme est moins indulgent, plus rêveur, moins intentionné, plus absent. Il ne rentre plus avant 21 heures et les excuses sont toutes plus bidons les unes que les autres : séminaire patati, compte-rendu patata, etc. Rosie n’est pas dupe : son Greg s’éloigne d’elle. La paranoïa s’installe. Le séminaire en question ne s’appellerait-il pas Carmen ou Beverly ? En désespoir de cause, l’épouse éperdue envisage diverses possibilités : le faire suivre, le menacer, écouter ses messages sur son répondeur, renifler ses chemises en quête d’un parfum capiteux non identifié, le traîner en justice pour adultère présumé… Mais, sans preuves, aucun intérêt. Rosie-peut-être-cocue a déjà entendu parler d’Elles par bouche-à-oreille grâce à sa nièce Caroline, mais elle n’aurait jamais cru qu’elle ferait appel à leurs services un jour… Les Honeytraps.

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Extrait ajouté par ilovelire 2017-04-03T23:20:56+02:00

Revenons aux choses sérieuses. Tout le business de cette entreprise est fondé sur la paranoïa des femmes – justifiée ou non – concernant la fidélité de leur compagnon. Surfant sur cette vague, Chase Netherland, celui que tout le monde surnomme, chez les Honeytraps, le « Big Boss », décide de fonder sa première agence à Londres en 1995. Elle rencontre rapidement le succès et Netherland sent qu’il tient là un filon inépuisable qui peut le rendre riche. Très riche. Il ouvre donc une deuxième agence à Liverpool. Puis une troisième à Cardiff. Et, finalement, la dernière en date à Newcastle. L’entreprise est prospère alors qu’elle œuvre dans l’ombre. Pas de publicité tapageuse. Les Honeytraps se font essentiellement connaître par bouche-à-oreille. De femme trahie à femme trahie.

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Extrait ajouté par ilovelire 2017-04-03T23:20:50+02:00

Marilyn avait estimé pouvoir faire confiance à l’instinct sûr de sa nouvelle connaissance. Deux jours plus tard, elle devenait officiellement membre à part entière de la petite communauté ultra-secrète des Honeytraps. Son rôle ? C’est vrai ça, me demanderez-vous, qu’est-ce qu’une Honeytrap exactement ?

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Extrait ajouté par ilovelire 2017-04-03T23:20:40+02:00

Bien décidée à s’amuser, Marilyn choisit de commencer prématurément l’étape deux : séduire la cible. Passant une main élégante dans sa longue chevelure indisciplinée, elle ramena ses cheveux en arrière, se donnant ainsi un air incontestablement sauvage. Une sauvage qui portait une robe orange aussi minuscule qu’adorable et qui se tenait perchée sur des Jimmy Choo, de larges lunettes de soleil aviateur posées sur son petit nez. Le dénommé Gregory Mathewsen leva les yeux de son quotidien une fraction de seconde pour détailler la jeune femme qui, en s’agitant, avait attiré son regard. Marilyn sourit intérieurement. Il était pris au piège. Il cèderait, ce n’était qu’une question de jours, de semaines tout au plus.

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