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Extrait ajouté par Naheiko 2019-02-22T15:23:56+01:00

Becca faisait les cent pas en se morfondant, rongée par la solitude. Elle finit par se laisser tomber sur le divan et se roula en boule. Elle allait bientôt devoir recontacter son père et donc inventer un nouveau mensonge. Il pensait qu'elle visitait l'Europe, mais s'il découvrait qu'elle n'avait jamais quitté la Californie il ne s'en remettrait pas.

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Extrait ajouté par Naheiko 2019-02-22T15:19:30+01:00

Brute, inquiet et furieux, se forcait à rester assis. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer toutes les horreurs que Becca était peut-être en train de subir. Il n'avait jamais oublié ce que les femelles hybrides avaient enduré entre les mains du personnel de Mercile. Ils les avaient examinées sans la moindre compassion, parfois par le biais de la chirurgie exploratoire, sans même les anesthésier.

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Extrait ajouté par Saya80 2019-02-21T23:31:14+01:00

Il suivit la musique et s’arrêta sous l’arcade menant au salon. Becca était assise au bar, accoudée devant une bouteille et un verre minuscule. Comme si elle devinait sa présence, elle tourna la tête. Il vit à son sourire et à ses yeux brillants qu’elle avait trop bu. Maladroitement, elle lui fit signe d’approcher.

— Salut, beau gosse. Tu veux un verre ?

Elle avait la voix pâteuse, et la manière dont elle venait de l’apostropher le mettait mal à l’aise.

— Je m’appelle Brute. Je ne connais aucun Hybride capable de se choisir un tel nom.

— Je sais comment tu t’appelles, répliqua-t-elle avec un petit gloussement. Tu es mignon et tu le sais, hein ?

Elle le trouvait attirant. Cela le laissait sans voix.

— Tu veux un verre ? répéta-t-elle en tapotant le siège voisin du sien. Ça ne brûle même plus le gosier.

Il fit un pas dans la pièce.

— Je ne bois pas d’alcool, mais merci quand même. Tu en as bu combien ?

— J’en sais rien. (Elle bougea un peu sur son siège et manqua de tomber). Pas assez, en tout cas. Je suis encore consciente.

— La consommation d’alcool rend ivre, émousse les réflexes et fausse la logique.

Elle éclata de rire.

— Tu es trop mignon.

Il haussa les sourcils. Personne ne lui avait encore dit cela. On l’avait traité de bête féroce ou de salopard, entre autres termes fleuris, mais jamais on ne lui avait fait un tel compliment. Il commençait à se faire du souci pour l’équilibre mental de la jeune femme.

— Tu ferais peut-être mieux d’aller te coucher. Il paraît que les choses paraissent toujours plus roses le matin.

— Il est trop tôt. Viens par là, l’invita-t-elle en tapotant de nouveau le tabouret. Je vais pas te mordre.

— Tu n’as pas peur que ce soit moi qui te morde ?

Il ne put résister à l’envie d’entrouvrir les lèvres pour lui montrer ses canines, mais, curieusement, elle ne semblait pas en avoir peur, contrairement à tous les autres humains qu’il avait rencontrés.

— Non. Allez, approche. Tu es un peu flou, déclara-t-elle en fronçant les sourcils avant de glousser comme une adolescente. Je ne bois pas souvent mais, quand je me décide, je n’y vais pas avec le dos de la cuillère.

Encore une expression qu’il ne connaissait pas. Il s’approcha prudemment d’elle. C’était une mauvaise idée, il en était persuadé. Il aurait mieux fait de monter dans sa chambre, mais son inquiétude avait pris le dessus. Elle avait besoin de quelqu’un pour la protéger. Son compagnon n’était plus là pour le faire et son père ne vivait pas avec elle. C’était donc à lui de veiller à ce que rien de fâcheux ne lui arrive tant qu’elle était dans cet état.

Il s’assit, bien trop près d’elle à son goût, et se mit à prier qu’elle ne vomisse pas, comme c’était parfois le cas dans les films.

— Je ne comprends pas pourquoi tu infliges cela à ton corps.

— Les calories, tu veux dire ? demanda-t-elle en se regardant. C’est vrai que j’aurais quelques kilos à perdre. Je reste assise toute la journée au boulot mais, après tout, je n’ai personne à séduire.

— Les calories ?

— Oui, parce que je suis un peu trop ronde.

Il l’étudia attentivement.

— Tu es très petite. Tu ne dois pas être bien lourde.

— Je pèse soixante-douze kilos, dit-elle en éclatant de rire avant de plaquer la main sur sa bouche. Mais je mens toujours sur mon poids. Je dis que je pèse dix kilos de moins.

— Pourquoi ?

— Pour quelle raison je mens ? (Elle se pencha vers lui et lui posa la main sur le torse.) Toutes les femmes font ça. On ment sur notre poids, sur notre âge et sur notre expérience sexuelle.

Il n’y comprenait rien et la chaleur de la paume de Becca sur sa poitrine ne l’aidait pas à réfléchir, bien au contraire.

— Pourquoi ? répéta-t-il.

— Tu veux savoir un truc sur les humains ? Ce sont des menteurs. Les hommes comme les femmes. Si tu vois nos lèvres s’ouvrir, attends-toi à entendre n’importe quoi. C’est dans la nature humaine. Personnellement, je déteste avouer que je n’ai couché qu’avec deux hommes, parce qu’on trouverait ça pitoyable. Et je mens sur mon âge parce que j’approche des trente ans. C’est un cap terrible pour une femme. Et, pour le poids, les vêtements amples aident à camoufler les bourrelets.

— Les quoi ?

— Tu sais, les rondeurs disgracieuses.

Il la regarda de la tête aux pieds, s’arrêta à ses seins, fronça les sourcils et releva la tête.

— Je ne vois rien de disgracieux.

Elle lui prit la main et l’attira jusqu’à sa taille.

— Appuie.

Il obéit. L’élasticité de son corps et la souplesse de sa peau à travers ses vêtements le laissèrent sans voix.

— Tu sens ? Des poignées d’amour.

Il ôta la main.

— C’est très agréable.

— À toucher, peut-être, mais pas à voir. Qu’est-ce que tu es gentil, soupira-t-elle en lui tapotant le torse. J’espère que les membres de l’équipe de mon père ne déteindront pas sur toi. Les hommes peuvent être de vrais abrutis, mais, toi, tu es différent.

— Je suis franc.

Elle plissa les yeux, se lécha les lèvres et descendit un peu la main pour en recouvrir son cœur.

— Ne change pas.

— Je n’aime pas la dissimulation.

— Moi non plus. (Avec une grande inspiration, elle recula, retira sa main et fit face au bar.) Mais c’est souvent nécessaire.

— Je ne comprends pas. Tu as des secrets à protéger ?

Elle leva son verre, en but une gorgée, puis le reposa avec une grimace.

— Je ne sens plus la brûlure, mais le goût est merdique.

Il inspira. L’odeur vile de l’alcool était bien là, mais il ne sentait rien qui pouvait rappeler les excréments.

— Ne bois pas ça.

— Ça aide, répondit-elle, le regard fixe. Par moments, j’ai envie d’oublier des choses. Quand je suis triste, ça me permet de les effacer.

— Tu as besoin de soins ? demanda-t-il, plus inquiet que jamais.

Il se pencha vers elle et la renifla plus attentivement. Elle sentait la fraise, les céréales et la lessive, mais il ne repéra aucune odeur de maladie.

Elle tourna la tête vers lui et lui sourit.

— Qu’est-ce que tu fais ?

— Tu n’as pas l’odeur chimique des humains qui prennent des médicaments. Elle ressort toujours par les pores. Tu es malade ?

— Non, c’est juste que j’ai un goût de merde en ce qui concerne les hommes et que mon père me rend dingue. Je pense que mon grand-père m’a laissé le pavillon parce qu’il se doutait que, sans ça, je couperais les ponts avec mon père. On ne s’entend pas.

— C’est dur d’avoir des parents ?

Elle lâcha son verre et se tourna vers lui.

— Tu n’en as pas idée ! Il est insupportable.

Elle posa la main sur sa cuisse, juste au-dessus du genou, et il baissa les yeux pour regarder ses petits doigts recroquevillés sur son pantalon.

— Il peut être si con par moments, à vouloir tout contrôler et tout juger. Quand j’étais plus jeune, il fallait toujours que je sois parfaite, sinon j’avais droit à un sermon. Lui, il ne l’est pourtant pas du tout, mais j’étais censée l’être.

— Est-ce que les humains sont tous aussi tactiles ? demanda Brute en relevant la tête.

Elle baissa les yeux, éclata de rire et lui serra la cuisse.

— Désolé, s’excusa-t-elle en le lâchant. Tu as vraiment des yeux magnifiques, je te l’ai déjà dit ? Je les trouve superbes. Tu vois en couleur ?

— Oui, ma vision est parfaite.

— Mon père pense que tu as des gènes de lion ou de panthère. Tu as une queue ?

Cette question le laissa bouche bée.

— Ça ne changerait rien, d’ailleurs, continua-t-elle comme si de rien n’était. Je te trouverais toujours aussi sexy.

— Ma peau est naturellement plus chaude que la tienne, mais je n’ai pas de queue.

Elle recommença à glousser, amusée par cette réponse. Brute aimait le son de son rire et les petites rides que cela faisait apparaître sur ses joues. Elle se lécha de nouveau les lèvres.

— Ce que tu peux être marrant ! Tu danses ?

— Oui.

— J’en étais sûre, répondit-elle en regardant ouvertement son torse avant de soupirer. Mais tu es hors limites. Évidemment. J’ai vraiment pas de veine, je te l’ai déjà dit ?

— Tu as envie de danser ? (Les paroles de la jeune femme lui semblaient incohérentes, probablement à cause de l’alcool qu’elle avait ingurgité.) Il se trouve que j’aime beaucoup ça.

— J’ai pas de billets sur moi.

Elle éclata de rire et faillit glisser de son tabouret. Brute la rattrapa délicatement par la taille pour l’aider à conserver l’équilibre.

— Danse avec moi.

Il se leva et l’incita à faire de même. Elle vacilla un instant. Il remarqua alors qu’elle était pieds nus et que ses chaussures étaient par terre, à côté du tabouret.

— Le rythme lent t’endormira. Je ferai en sorte que tu ne tombes pas.

— Tu veux que je m’endorme ? demanda-t-elle en se collant à lui, minuscule et molle dans ses bras. C’est logique, après tout. La plupart des hommes auraient envie de violer une femme dans cet état.

— Tu es soûle et tu ne sais plus ce que tu dis. Jamais je ne ferais une chose pareille.

— Dommage, marmonna-t-elle en posant la main sur son torse tout en serrant les doigts sur son biceps. Montre-moi ce que tu sais faire, beau gosse.

Sans prêter attention au rythme soutenu du morceau de rock, il l’agrippa fermement pour éviter qu’elle tombe en cas d’évanouissement et se balança doucement.

— Tu sens super bon, murmura-t-elle en lui caressant la peau du bout des doigts. Et tu es vraiment costaud.

— Merci. Je ne représente aucun danger pour toi.

Elle se serra contre lui et il vit qu’elle avait fermé les yeux.

— Je n’ai pas peur de toi.

Le léger contact des ongles de Becca sur sa peau faisait naître en lui une érection incontrôlable. Cette cohabitation était décidément une mauvaise idée, surtout avec une femme qui buvait et qui admettait manquer de franchise.

— Tu as une copine, Brute ?

— Non.

— Il y en a qui ne savent pas ce qu’elles manquent. Tu es trop chou de danser avec moi.

— Encore un terme dont je n’avais jamais été affublé, dit-il en souriant. Tu es amusante quand tu bois, Becca.

— Merci. (Elle lui lâcha les bras et posa les mains sur ses épaules.) Est-ce que tu t’es senti insulté quand je t’ai demandé si tu avais une queue ou si tu voyais en couleur ? C’est sorti tout seul, désolée. Ce sont des questions taboues ?

— Pas du tout. Tu éprouves de la curiosité pour moi, comme j’en éprouve pour les humains.

Becca leva la tête et ouvrit les yeux. Voyant qu’elle ne bougeait plus, Brute s’immobilisa lui aussi et soutint son regard.

— Tu as de l’ADN de lion ou de panthère ?

— Je n’en sais rien. On n’a pas retrouvé mon dossier.

— Je peux toucher tes cheveux ? Ils sont si beaux et si longs que j’en meurs d’envie depuis tout à l’heure. Quel dommage que tu ne les lâches pas.

Cette requête le surprit.

— Si je ne les attache pas, ils me gênent. Vas-y si tu en as envie. Ils poussent très vite, je vais bientôt devoir les recouper.

Elle se pencha vers lui et il fit passer sa queue-de-cheval par-dessus son épaule. Becca lui caressa les cheveux et sourit.

— Je t’en prie, ne fais pas ça. Ils sont aussi soyeux qu’ils en ont l’air, ce serait un crime.

Il avait envie de lui demander lui aussi s’il pouvait toucher sa peau douce, mais il se retint, car il savait que ce serait incorrect.

— Je vais me coucher, dit-elle en lâchant sa queue-de-cheval et en laissant glisser les mains sur son torse. Ouais, je crois que ça vaudrait mieux.

— Je vais t’escorter jusqu’à ta chambre. Tu ne tiens pas très bien debout.

— OK, merci.

Elle recula d’un pas et il la lâcha. Elle vacilla un instant, puis pivota sur elle-même et se dirigea vers l’arcade. Brute la suivit comme son ombre. Contrairement à ce qu’il craignait, elle franchit l’escalier sans encombre. Une fois à la porte de sa chambre, elle tourna la tête et le regarda droit dans les yeux.

— Bonne nuit, Brute. Fais de beaux rêves.

Il hocha la tête, se retenant de lui dire que, lorsqu’il rêvait, il faisait toujours des cauchemars qui lui rappelaient sa captivité. Il lui arrivait de se réveiller en sursaut, trempé de sueur, persuadé qu’il était toujours prisonnier.

Elle ferma la porte mais il resta plusieurs secondes immobiles, l’oreille tendue, pour vérifier qu’elle ne s’évanouissait pas. Il entendit le glissement des vêtements de la jeune femme et il ferma les yeux pour essayer de penser à autre chose. Il éprouvait une envie irrépressible de la voir nue. Lorsque le sommier craqua sous son poids, il ne bougea toujours pas et attendit encore quelques minutes le temps que sa respiration lui indique qu’elle s’était endormie.

Il poussa un grand soupir, ouvrit les yeux et redescendit pour couper la musique et vérifier que toutes les portes étaient bien fermées. Il ne se sentait pas chez lui dans cette maison, loin des siens, seul au milieu des humains.

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