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La leçon la plus difficile dans l'existence est d'apprendre à accepter qu'on ne peut pas tout contrôler.

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CHAPITRE 1

* * * * * * *

ADRASTÉE

1.

La géante gazeuse orange, Zeus, immense et basse sur l’horizon, luisait d’une demi-clarté rougeoyante. Autour d’elle, un vaste champ d’étoiles scintillait sur le fond noir du cosmos, tandis que sous le regard implacable de la planète s’étendait un désert gris zébré de roche.

Seul un petit groupe de bâtiments rompait la monotonie de cette surface désolée. Dômes, tunnels et enclos vitrés, lieu de vie isolé au cœur de l’environnement inhospitalier.

Dans le labo exigu du complexe, Kira bataillait pour sortir le séquenceur ADN de sa niche dans le mur. Sans être volumineux, l’appareil était lourd et ne lui offrait pas de bonnes prises.

– Bordel ! pesta-t-elle avant de rajuster sa position.

La majeure partie de leur matériel allait rester sur Adrastée, la lune de taille terrestre qu’ils prospectaient depuis quatre mois. La majeure partie, mais pas la totalité. Le séquenceur ADN faisait partie du kit élémentaire de l’exobiologiste, et, où qu’elle aille, il la suivait. En outre, les colons qui allaient bientôt arriver à bord du Shakti-Uma-Sati disposeraient de modèles plus récents et plus performants que ce bazar portatif à bas coût que la compagnie lui avait fourni.

Kira tira de nouveau. Ses doigts glissèrent ; elle eut le souffle coupé lorsqu’une arête métallique lui entailla la main. Elle lâcha l’engin, examina sa peau et vit suinter une fine traînée de sang.

Avec un rictus hargneux, elle donna un grand coup dans le séquenceur. Cela ne régla pas son problème. Le poing serré sur sa blessure, elle fit les cent pas en attendant que la douleur s’estompe.

En général, la mauvaise volonté des machines ne la dérangeait pas. En général… Mais, ce jour-là, tristesse et appréhension l’emportaient sur sa raison. L’équipe devait partir dans la matinée du lendemain, décoller pour rejoindre son transport, le Fidanza, qui orbitait déjà autour d’Adra. D’ici quelques jours, les dix membres de la mission de prospection seraient plongés en cryo, et, lorsqu’ils se réveilleraient sur 61 Cygni vingt-six jours plus tard, tous se sépareraient et elle ne reverrait pas Alan pendant… elle ignorait combien de temps. Au moins des mois. Plus d’un an s’ils jouaient de malchance.

La jeune femme ferma les yeux et renversa la tête en arrière. Peu importait combien de fois Alan et elle étaient passés par là, cela n’en devenait pas plus facile. Plutôt le contraire, d’ailleurs : cela tournait au calvaire.

Ils s’étaient rencontrés l’année précédente, sur un gros astéroïde que la compagnie minière Lapsang Trading envisageait d’exploiter. Alan y conduisait une étude géologique. Quatre jours – voilà le temps qu’ils y avaient passé tous les deux. Si le rire d’Alan et sa tignasse cuivrée hirsute avaient attiré Kira, c’était son application méticuleuse qui l’avait impressionnée. Il excellait dans son domaine, et ne perdait pas son calme dans les situations d’urgence.

Kira était alors célibataire depuis si longtemps qu’elle n’y croyait plus, mais comme par miracle Alan avait fait irruption dans sa vie, et en un clin d’œil elle avait eu quelqu’un à choyer. Quelqu’un qui la choyait.

Ils étaient restés en contact après cette mission, s’envoyant de longs messages holo à travers l’espace interstellaire, et, grâce à un mélange de chance et de manœuvres administratives, ils avaient réussi à se faire engager sur les mêmes projets à plusieurs reprises.

Pourtant, cela ne suffisait pas. Ni à l’un ni à l’autre.

Deux semaines plus tôt, ils avaient soumis un dossier à leur direction pour recevoir les mêmes affectations en tant que couple, mais rien ne garantissait que leur demande aboutirait. Lapsang Trading accroissait son activité dans de nombreuses zones et le personnel manquait.

Si on ne satisfaisait pas à leur requête… la seule possibilité pour eux de vivre ensemble sur le long terme consisterait à changer de métier, à en trouver un qui n’exigeait pas autant de voyages. Kira l’envisageait – elle avait même consulté des offres d’emploi sur le réseau la semaine précédente –, mais elle ne se sentait pas le courage de demander à Alan de tirer un trait sur sa carrière pour elle. Pas encore en tout cas.

Pour le moment, ils étaient suspendus au verdict de la hiérarchie. Vu le temps qu’il fallait aux messages pour atteindre Alpha du Centaure et la lenteur du service RH, ils ne pouvaient pas escompter une réponse avant la fin du mois suivant. Et d’ici là, Alan et elle auraient déjà été expédiés à des années-lumière l’un de l’autre.

C’était frustrant. L’unique consolation de Kira était Alan lui-même ; le jeu en valait la chandelle. Tout ce qu’elle désirait, c’était être avec lui.

Elle se rappela la première fois qu’il l’avait serrée dans ses bras, la merveilleuse sensation de chaleur et de sécurité qu’elle avait éprouvée alors. Elle songea à la lettre qu’il lui avait écrite après leur première rencontre, à ses propos sensibles et empreints de vulnérabilité. Jamais personne n’avait encore déployé autant de sollicitude à son égard… Il avait toujours du temps à lui consacrer. Il multipliait les gestes de gentillesse, petits ou grands, comme l’étui personnalisé qu’il lui avait fabriqué pour son microlab avant qu’elle parte en expédition en zone arctique.

Ces souvenirs auraient dû la faire sourire, mais elle avait encore mal à la main et ne pouvait chasser de ses pensées ce que la matinée lui préparait.

– À nous deux, saloperie, lâcha-t-elle avant de retourner d’un pas vif jusqu’au séquenceur et de tirer dessus de toutes ses forces.

L’appareil bougea avec un crissement de protestation.

Source : kobo.com

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On ne se laisse pas déborder par sa colère. Pas quand il y a des vies en jeu. La violence est un outil. Ni plus ni moins.

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- La route qui nous mène à notre but n'est que rarement en ligne droite. Ce sont ses tours et détours qui rendent le voyage nettement plus amusant...

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L'organisme était un amas de contradictions. Il s'agissait à la fois d'une armure et d'une arme ; il pouvait être dur ou mou ; il pouvait s'écouler telle de l'eau ou s'avérer aussi rigide qu'une poutrelle métallique ; c'était une machine aussi bien qu'une créature vivante.

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La géante gazeuse orange, Zeus, immense et basse sur l'horizon, luisait d'une demi-clarté rougeoyante. Autour d'elle, un vaste champ d'étoiles scintillait sur le fond noir du cosmos, tandis que sous le regard implacable de la planète s'étendait un désert gris zébré de roche.

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Croquez le chemin à pleines dents avant que celui-ci ne vous croque.

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Ce serait la fin. Pas de redémarrage à partir d'un point de sauvegarde, pas de récupération de fichier. Rien de tout cela. Une seule vie, une seule chance de faire les choses de la bonne manière, une mort définitive en cas d'échec. Naturellement, c'était le cas pour tout le monde. Personne ne se voyait octroyer le droit de recommencer au niveau précédent.

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L'île était un tas de roches déplaisant et couleur rouille, assez vaste pour que Kira ne puisse en distinguer l'extrémité, seulement le rivage le plus proche. Elle était cernée d'une eau grise semblable à une plaque de plomb battue au marteau. La pointe des vagues était rehaussée de l'éclat orangé du ciel sans nuages. Un océan toxique, composé de cadmium, de mercure et de cuivre.

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La leçon la plus difficile dans l'existence est d'apprendre à accepter qu'on ne peut pas tout contrôler.

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